Chapitre 2

Tandis qu'Alex suturait les plaies de leur patiente, dont la grossesse n'était pas en danger, Addison décida de faire un arrêt ravitaillement à la cafétéria. Il était 14h, et elle n'avait rien avalée depuis le petit déjeuner. Elle s'installa à une table, avec pour seul compagnon le journal du matin qu'elle n'avait pas encore eu le temps de feuilleter.

Elle sentait la fatigue la gagner de plus en plus. Elle ferma les yeux quelques instant, et s'abandonna à ses pensées. Alex avait été si charmant. Pas une question n'avait ponctué cet acte de réconfort, pas une maladresse. Elle sentait encore les effluves de son parfum sur son visage, la caresse de sa main sur sa joue… Rien que d'y penser, son corps frissonnait encore. Elle ouvrit les yeux et rougit, honteuse de se laisser aller à des tels égarements en public. Elle plongea le nez dans son journal, espérant y trouver un article qui disperserait ses pensées vers un autre sujet. Brusquement une ombre se dessina sur les lignes de l'éditorial qu'elle parcourait.

Elle se retourna et dévisagea l'homme qui se tenait derrière elle.

« Bonjour beauté. Alors, que prédit ton horoscope ? » Dit-il, le sourire enjôleur.

« Que je devrais t'arracher les yeux et les servir en pitance aux cochons, Mark ! » s'exclama-t-elle. Puis baissant le son de sa voix : « Ecoute, je n'ai vraiment pas envie de te parler mais encore moins envie de me donner en spectacle. Pourrais tu aller voir ailleurs s'il n'y a pas une demoiselle en détresse que tu pourrais consoler ? »

Le rictus de Mark disparu aussi sec. Il s'assit en face d'Addie, lui demandant sur un ton des plus mielleux de justifier son agressivité.

« Ne joue pas à ça. Ce n'est pas le jour, pas le moment… » répondit-elle

« Très bien, je reviendrais te voir plus tard… d'autant plus que nous arrivons bientôt à échéance de notre petit pari et que j'ai prévu un dîner exceptionnel pour fêter cela. »

« Non pas plus tard, ni jamais, Mark ».

Elle se leva, ramassa son journal et se dirigea promptement vers l'ascenseur, ne laissant aucune chance au chirurgien esthétique de pouvoir la rattraper. Elle s'engouffra dans le premier ascenseur qui se présentait à elle, et regagna son service, fulminant contre son ex-amant. Elle poussa violement la porte de la salle de préparation aux interventions. Alex l'attendait, prêt à l'assister pour l'opération de Mme Dickinson. Addison se radoucit en le voyant, pris un kit de décontamination et commença à se laver les mains. Il n'échangèrent pas un mot, mais Addie devinait son regard posé sur elle tandis qu'elle finissait de se préparer. Elle n'osait pas le regarder en retour, trop effrayée par l'idée de ne pouvoir lui résister. Il fit un pas vers elle, les battements de leurs cœurs s'accélérant à l'unisson, mais avant qu'il pût dire le moindre mot, une infirmière pénétra dans la pièce, annonçant que la patiente était prête.

Pendant toute la durée de l'intervention, Alex essaya tant bien que mal de capter le regard de sa titulaire. Imperturbable, elle ne lui jeta pas le moindre regard, ne s'adressant à lui que pour lui expliquer les détails techniques chirurgicaux et lui proposer de refermer la plaie de la patiente.

En sortant du bloc, elle se dirigea précipitamment directement vers la chambre d'une patiente, évitant à tout prix d'être suivie par Alex. Elle ne pouvait pour le moment se confronter à lui, et surtout, à l'euphorie générée par sa présence à ses cotés. C'était une sorte de masochisme, elle avait beau savoir qu'il était le plus bel élixir contre son malheur, elle ne voulait se résoudre à déroger au code de bonne conduite qu'elle avait établi.

Elle dépensa donc une énergie considérable pour éviter Alex toute l'après midi. Elle n'avait pas failli à son objectif, jusqu'à ce qu'elle réalise qu'elle devait aller consulter Ava, la Jane Doe d'Alex. Elle s'approcha de la chambre de la patiente, guettant la présence de son interne à l'intérieur. Fort heureusement, il ne figurait pas auprès d'Ava. Elle entra donc, parcouru le dossier médical, puis demanda à l'inconnue comment elle se sentait.

« Le mieux possible quand vous ressemblez à le femme invisible et que vous ne savez pas vous-même qui vous êtes »

« Vous pouvez voir ça de façon positive, imaginez que votre vie auparavant ne vous plaise pas du tout … c'est un moyen de tout recommencer à 0. Si vous ce que je donnerais parfois pour avoir cette chance »

A peine eut-elle finit de prononcer ces mots qu'elle s'en voulu de s'être ainsi fourvoyée sur le chemin de la confession. Elle ne connaissait pas cette femme et venait de lui dévoiler une part de ses pensées.

« C'est possible, mais je ne peux pas juger, mes souvenirs semblent s'être évanouis à jamais… J'ai du mal à croire qu'une femme telle que vous puisse avoir envie d'autre chose… » lui répondit Ava

« Les apparences sont parfois trompeuses… » Renchérit Addison en masquant difficilement sa tristesse.

« Le bonheur est peut être juste sous vos yeux, sans avoir besoin d'aller le chercher dans une autre vie… » Remarqua l'inconnue avec un sourire.

Addie avait peur de comprendre à quoi ces paroles se référaient. Elle savait Alex proche de sa patiente mais ne savait pas s'il avait partagé avec elle quelques confidences. Avant qu'elle ne puisse éclaircir ce mystère, Alex fit irruption dans la pièce. Il observa un long moment Addison, s'avança vers Ava qu'il salua d'un large sourire. Il jeta un coup d'œil au dossier, vérifia quelques résultats puis pris une chaise pour s'installer à côté de sa patiente. Le tout sans daigner adresser la moindre parole à sa titulaire, furieux d'avoir été ainsi ignoré toute la journée.

Blessée, Addison prétexta d'avoir une patiente à examiner pour s'éclipser. Cette guerre froide devenait plus incisive, et elle ne se sentait pas de taille, en ce moment, à se battre contre lui. Cependant, elle redoutait de devoir se confronter à lui pour une explication. Il avait su panser les plaies de son cœur quelques heures plus tôt, elle ne voulait les rouvrir immédiatement et surtout subir une réédition de la scène du placard. « Les écorchures du cœurs disparaissent-elles un jour ? ». Ce jour là, elle avait souffert presque autant que lors de la mise à mort de son mariage, et bien plus que lorsqu'elle avait entendu parler des incartades de Mark. C'était incontrôlable, déraisonné, parce qu'il n'était qu'un interne, mais elle ne pouvait se soustraire à l'attirance qu'elle éprouvait pour lui.

Un peu plus tard alors qu'elle traversait les couloirs du service de Néonat, elle aperçut Alex. Accoudé au bureau des infirmières, il compulsait les nombreux dossiers qu'elle lui avait chargé de remplir. Elle s'approcha de lui, posa sa main sur son épaule. Le cœur d'Alex failli exploser mais il ne montra pas une once de joie, et ne prit même pas la peine de lui faire face.

« Alex… nous devons parler… je sais que je n'ai pas été très reconnaissante pour le gentillesse dont vous avez fait preuve ce matin… »

Il se retourna, plongea son regard dans le sien et lui répondit : « Est-ce un mécanisme de défense systématique chez vous ? Dès que quelqu'un est proche de vous, vous le repousser automatiquement ? Ou ai-je le droit à un traitement de faveur… »

« Alex… je suis navrée… mais je suis votre enseignante et je me dois de maintenir une certaine distance… il n'y a rien de personnel, je vous assure, mais je ne peux pas me laisser aller à des débordements comme celui auquel vous avez assisté ce matin. Je vous suis sincèrement reconnaissante pour ce que vous avez fait, la façon dont vous avez été là pour moi, mais je n'aurais jamais dû céder ainsi. »

Des sentiments incandescents jaillissaient en elle. D'un côté, la satisfaction d'avoir retrouvé un semblant de contenance et de l'autre, la honte de lui mentir ostensiblement. Elle aurait voulu se jeter sur lui, l'arracher à ses vêtements… mais elle ne pouvait pas. Elle ne cessait de se le répéter. Toutes ces tergiversations lui faisaient perdre la tête. Elle éprouvait tant de sentiments contradictoires qu'elle ne savait pas si son coeur pourrait y résister. Il lui était difficile de continuer à lui faire face.

Le regard noir, la déception lui brûlant le cœur, Alex se contenta d'acquiescer. Il détacha son regard du sien et continua d'écrire dans le dossier qui était ouvert devant lui. Addie ne savait que penser de cette réaction et commençait à se demander si les propos offensants qu'il avait eus dans le placard n'étaient pas en fait un mensonge. Apres tout, cela se tenait, depuis, il lui avait nombre de fois signifié qu'il tenait à elle, notamment lorsqu'il lui avait dit qu'il remarquerait si elle venait à disparaître. Elle ne savait plus que penser et ne comprenait pas pourquoi il l'avait repoussée, si il tenait vraiment à elle.

Elle préféra remettre ce douloureux combat intérieur à plus tard. Toutes ces questions lui tournaient la tête, à moins que ce soit encore les effets de la présence d'Alex à ses cotés. Elle se rendit en salle de pause, voulu se servir un café mais rencontra malheureusement une cafetière désespérément vide. Il lui faudrait se contenter de la machine à café. Tandis qu'elle choisissait son café, elle entendit la porte s'ouvrir derrière elle. Elle se retourna, et grimaça en découvrant Mark. Décidément, cette journée ne finissait pas de lui réserver de mauvaises surprises.

Il s'approcha d'elle, lui offrit son plus beau sourire. Addison ne sourcilla pas, lui adressant à peine un regard. Vexé de ne bénéficier d'aucune faveur, Mark se lança dans une longue plaidoirie, expliquant en long en large et en travers qu'il ne comprenait pas pourquoi elle se montrait aussi froide et distante à son égard. Il lui affirma qu'il se sentait « profondément blessé » par son attitude. Elle l'écoutait à demi, plus préoccupée par son café que par les doléances de ce pauvre Mark. Quand il eut fini, elle jeta son gobelet dans la corbeille, s'approcha de lui et lui glissa à l'oreille :

« Je ne sors pas avec des menteurs, je ne couche pas avec des menteurs… quand tu admettras que tu as été malhonnête et que tu t'es bien foutu de moi, je t'expliquerai pourquoi il n'y aura plus jamais de « nous deux » »

Mark voulu bien évidemment répliquer, mais elle posa sa main sur sa bouche, lui asséna un regard éclair et quitta la pièce. A peine eut elle franchi le seuil qu'elle sentit les larmes naître dans ses yeux. Elle ne parvenait à exprimer tout ce qu'elle ressentait ; la haine, la colère, la déception s'entremêlaient. Elle luttait de toutes ses forces contre les larmes qui menaçaient de s'écouler. Elle inspira profondément et se dirigea vers la salle de réveil pour parler à Mme Dickinson du succès de son opération.

En chemin, son cœur bondit de joie en apercevant Alex. Elle marqua une pause, et l'observa rire à l'autre bout du couloir. Il plaisantait avec Stevens. Ils semblaient proches, elle ne cessait de poser sa main sur le bras d'Alex ce qui exaspérait Addison au plus haut point. Leur complicité était évidente, et Addie connaissait les rumeurs sur leur passé commun. Plus elle les regardait, plus elle sentait la jalousie s'emparer d'elle. Elle ne pouvait s'en défaire, ni cesser de les épier. Elle s'avança et alla à leur rencontre.

Ils ne l'avaient pas remarqué et continuaient de rire. Addison s'arrêta devant eux, et Izzie remarqua immédiatement l'air agacé de la chirurgienne. Elle reprit son sérieux, invitant d'un clin d'œil Alex à faire de même.

Addie ne savait quoi leur dire, après tout, ils n'avaient rien fait de mal et elle n'avait aucune raison valable de s'interposer entre eux. Néanmoins, il lui fallait bien un motif.

« Je croyais que mes dossiers devaient être terminés et classés ce soir, Dr Karev. » fustigea-t-elle. Quelle horreur, elle était abjecte… Pour un peu, on aurait dit Sloan.

« Tout est presque fini. Je faisais une pause, ce n'est pas interdit, n'est-ce pas ? A moins que vous ayez votre propre règlement interne dans votre service… » lui répondit-il aussi sec.

Izzie n'en revenait pas. Le ton de la conversation et la direction qu'elle prenait lui semblait surréel. Elle baissa les yeux de peur de subir à son tour les foudres d'Addison, bien qu'elle ne soit pas son interne.

« Je veux que tout soit fini ce soir, mais si vous voulez prolonger votre garde de quelques heures, libre à vous de bavasser autant que vous le souhaiter » ajouta Addison avant de partir, ne pouvant plus jouer cette mascarade bien plus longtemps. Elle ouvrit la porte du premier placard qu'elle trouva, et s'y enferma. Cette fois-ci, elle ne put s'empêcher de verser un torrent de larmes. Elle se dégoûtait, et pensait qu'Alex ne lui pardonnerait jamais son attitude. C'est comme s'ils étaient remontés dans le temps, au début de leur « collaboration », à l'époque où ils ne se comprenaient pas.

Addie s'en voulait de n'être parvenue à maîtriser sa jalousie. Et pourtant ce n'est pas comme si ce sentiment lui était étranger. Elle l'avait déjà de nombreuses fois expérimentés lorsqu'elle devait se confronter à son ex mari et sa nouvelle petite amie. Il suffisait de jouer de quelques sourires condescendants, asséner un petit pic de temps en temps mais rester courtois et garder sa dignité. Alors pourquoi n'avait-elle pu reproduire le même schéma ? De plus elle ne savait pas ce qu'il se tramait entre lui et Stevens, peut être étaient-ils tout simplement amis.

Maintenant, Addison savait que ses sentiments à l'égard de son interne dépassaient le stade de la simple attraction physique. Elle comprenait que ses accès du jour n'étaient pas dus ni à son divorce, ni à la trahison de Mark. Elle se débattait contre ses sentiments et ce conflit intérieur la rongeait chaque jour un peu plus. Assise dans ce placard, elle ne pouvait penser à autre chose, elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer qu'elle ne retrouverait plus jamais la complicité qu'ils partageaient.

Il fallait qu'elle s'explique, il fallait qu'elle lui dise pourquoi elle avait agit ainsi. Non, elle ne pouvait lui dire, de toute façon, elle ne pouvait raisonnablement entrevoir une relation avec un interne. Mais que pensait-il d'elle ? Lui en voulait-il ?

Elle se décida alors à aller lui parler. Elle sortit de son refuge et retourna au poste des infirmières. Pas d'Alex. Elle soupira, sans trop savoir si c'était de joie ou de déception. Elle croisa Olivia, et ne pu résister à l'envie de lui demander, en prenant un air aussi détaché que possible : « Je cherche mon interne, Karev ? Vous l'avez vu ? »

Olivia lui indiqua qu'il avait fini sa garde il y a quelques minutes et qu'il devait être parti se changer dans les vestiaires.

Addison ne se démonta pas. Elle se dirigea vers les vestiaires des internes et tomba nez à nez avec Stevens qui en sortait. Cette dernière, encore effrayée par l'intervention d'Addison, lui jeta un regard perplexe avant de s'enfuir. Dans l'entrebâillement de la porte, Addie avait cru ne déceler aucune autre présence que celle d'Alex. Elle se décida donc à entrer. Elle se trouva en face de George, en caleçon, qui rougit de confusion. Elle réprima un éclat de rire et détourna ses yeux.

« Je, je cherche Karev » dit-elle timidement

Une voix s'éleva du fond de la pièce : « Et bien vous l'avez trouvé !»

George se changea rapidement puis détala, ne comprenant pas vraiment ce qu'il se passait.

Addison pris soin de vérifier cette fois ci qu'ils étaient bien seuls, puis s'avança. Alex se tenait là, vêtu d'un simple jean et d'un tee shirt. Il rangeait ses affaires dans son casier, sans la regarder. Décidément, il n'allait rien faire pour lui simplifier la tâche. Elle prit une grande inspiration puis se lança :

« Je suis venue pour faire la paix, pour m'excuser… »

« Ecoutez, laissez tomber… » Répliqua-t-il immédiatement « je ne comprends pas pourquoi vous agissez ainsi, mais tant pis… il n'y a pas de problème, ce n'es pas grave… »

Il était toujours le nez dans son casier, et elle ne parvenait à accrocher son regard. Cette situation, ce dédain, lui éventrait le cœur. Elle se jeta à l'eau :

« Il y a une explication, Alex… ce n'est pas très facile à dire »

« Hmmmm » marmonna-t-il tout en continuant de transférer une à une les affaires qui étaient posées sur le banc jusqu'à son casier.

Addie d'interposa entre le casier et son interne. Ce qu'elle n'avait pas prévu, c'est l'étroitesse de l'espace entre les deux. Elle se retrouva donc adossée au casier, son corps quasiment collé au sien. Elle sentit sa respiration s'accélérer, son rythme cardiaque atteindre des sommets. Il posa ses yeux sur elle et la magie opéra aussitôt. Il ne pouvait délier leurs regards. Elle ne maîtrisait plus rien, ni les mots, ni les gestes. Tout ce qui exhalait de cet homme la rendait impuissante.

« J'étais jalouse » soupira-t-elle « J'ai été odieuse parce que j'étais jalouse… je suis navrée… »

Le regard d'Alex s'illumina. Il fut tenter d'ajouter : « Pourquoi ? »

Elle rougit et lui répondit : « vous… et Stevens… vous semblez si bien vous entendre qu'on jurerait que vous…vous savez, êtes un couple »

Il sourit, visiblement touché par l'aveu qu'elle venait de prononcer à demi-mot. « Izzie est une amie, rien de plus… Il y a eu… mais il n'y a plus… »

Addison fut visiblement rassurée par cette révélation. Respirant difficilement, elle suffoquait presque par la force des sentiments qui l'animaient.

« J'ai été stupide » ajouta-t-elle « Ma réaction était totalement inconsidérée… j'espère que vous accepterez de me pardonner, je ne sais pas ce qu'il m'a pris… je crois que je v…. »

Il posa sa main sur son visage, caressa sa joue, et se rapprocha un peu plus. Leurs corps étaient l'un contre l'autre, Addie sentit ses hanches toucher les siennes. Une vague de chaleur l'atteint au même moment. Elle continua de le fixer, et se perdait dans ce regard.

De son coté, Alex ne raisonnait pas non plus. Il aurait souhaité lui en vouloir, il aurait voulu lui faire payer son attitude du jour… mais il ne pouvait pas. Il était comme transformé en sa présence. Et il la désirait plus que tout. Oubliant la hiérarchie, il approcha ses lèvres des siennes. Il sentait son souffle caresser ses lèvres… et ne pu s'empêcher de l'embrasser. Le baiser était doux, tendre et se mua rapidement en un baiser ardent, passionné…

Addison sentit tout son corps vibrer. Jamais elle n'avait été embrassée comme ça, jamais elle s'était sentie aimée comme ça. Elle aurait voulu s'abandonner pour l'éternité dans cette étreinte. Elle posa ses mains sur ses épaules, et devinait ses muscles sous son tee shirt. Elle mourrait d'envie de sentir sa peau contre la sienne.

Alex l'embrassa dans le cou, elle frissonna.

Puis tout à coup, elle se rétracta et le repoussa : « Alex, non, je suis désolée… je ne peux pas… On ne peut pas, je suis votre titulaire, vous êtes mon interne… »

Le temps de reprendre ses esprits, les espoirs d'Alex se brisèrent aussi sec. « Je croyais que tu… je croyais que vous…Je mentais lorsque que j'ai dit que je n'étais pas intéressé, je mentais, Addison… »

« Alex, on ne peut pas…On ne doit pas… Je suis navrée, je suis navrée »

Elle le repoussa un peu plus. De grosses larmes roulaient sur ses joues. Son corps était encore engourdit sous l'effet du baiser qu'ils avaient échangé. Elle titubait presque.

« Mais Addison, pourquoi ne pourrions nous pas… »

« Je suis désolée, c'est impossible… » L'émotion la submergeait, elle ne voulait pas succomber et savait que si elle fondait en larmes, sa gentillesse la désarmerait à nouveau. Elle préféra quitter la pièce, le laissant en proie à une incompréhension totale.