Le major Lorne observait le scientifique à la dérobée. Le Dr Weir avait pris soin de lui expliquer le caractère inhabituel de la situation. Ce n'était en effet pas tous les jours que la mission consistait en premier lieu à distraire un membre de l'équipe ! Le major était bien sûr au courant de tout l'affaire de la bombe, même s'il n'était pas présent lors des faits. Et il aurait été bien incapable de dire quelle aurait été son attitude dans pareil cas, mais il était assez honnête pour reconnaître qu'il aurait aussi bien pu commettre la même terrible erreur que le colonel Sheppard et le reste de l'équipe. Il ne connaissait pas personnellement le Dr Kavanaugh, et contrairement à la grande majorité des habitants d'Atlantis, il n'avait aucun a-priori négatif à l'égard de ce dernier, ce qui expliquait qu'il ait été choisi entre tous par le Dr Weir pour emmener le scientifique en mission. Et à le voir assis dans la salle de briefing, Stephen était prêt à admettre la nécessité d'emmener cet homme loin de la cité pendant quelques jours. Officiellement, pour entamer des négociations avec un peuple connu des Athosiens, officieusement, pour prendre l'air sur une planète au climat agréable et au peuple accueillant. Après tout, son équipe régulière et lui-même auraient aussi l'usage de ces quelques jours de vacances ! Il intercepta un regard angoissé que lui jetait Kavanaugh de sa place, et se surprit à lui sourire avec sympathie, sincèrement ravi de jouer les Gentils Accompagnateurs pour lui sur cette planète. En retour, le scientifique eut l'air plus que perplexe.

Kavanaugh bouillait d'impatience de passer la porte. Il écoutait d'une oreille distraite les recommandations que le Dr Weir devait sans doute faire avant chaque mission. En face de lui, le major Lorne paraissait très concentré, comme si des informations vitales allaient lui être délivrées sous peu. Tous étaient conscients que cette mission n'avait pas un enjeu capital, mais le jeune militaire jouait le jeu à fond. A ses côtés, les deux autres membres de l'expédition, un homme plus âgé et une jeune femme blonde, échangeaient des regards complices. Ils étaient tous les deux sergents et faisaient partie de l'équipe régulière du sergent Lorne. Cette équipe ne comportait pas de scientifique attitré en raison de la nature de ses missions : le plus souvent de la simple reconnaissance, ou alors des missions de sauvetage quand l'équipe du major Sheppard se mettait dans une situation impossible. Il était d'ailleurs notoire parmi les membres de l'expédition que le jeune major et le colonel récemment promu s'appréciaient beaucoup. D'autant plus étrange, donc, que le major lui fasse une faveur, songea Kavanaugh. Tandis qu'il observait ainsi son équipe du jour, il croisa le regard du jeune militaire, qui lui sourit en retour. C'était un sourire sincère, presque ingénu, et Kavanaugh se sentit curieusement troublé. Il se demandait quel âge avait réellement le major. Il paraissait si jeune ! Mais pour qu'il soit ainsi aux commandes d'une équipe, il devait quand même avoir un minimum d'expérience.

Le briefing se termina enfin, et chacun partit rejoindre ses quartiers pour finir d'empaqueter ses affaires. Le départ devait avoir lieu une heure plus tard. Comme ils descendaient tous de la passerelle de commandement, l'équipe se forma un instant au bas des marches. Kavanaugh, qui les suivait de près, ne pouvait pas les éviter sans paraître grossier. Il ralentit donc et s'arrêta également au bas des marches. La jeune femme blonde prit les devants et, lui tendant une main qu'il fut obligé de saisir. Elle se présenta :

- Sergent Miller, Dr Kavanaugh. Mais vous pouvez m'appeler Ashley, ou Ash. Tout le monde fait ça.

Kavanaugh se sentit curieusement flatté d'être considéré comme un « Monsieur tout le monde » par la jeune femme. Il grommela vaguement des salutations, avant de serrer également la main du sergent Jack Hazard, dit Haz. Le major Lorne quant à lui, avait une poignée de main ferme mais agréable, qui dénotait un caractère droit et honnête. Calvin apprécia ce premier contact avec ceux qu'il commençait déjà à considérer comme son équipe.