Titre : « Vers la douceur »
Auteur : Damoiselle A.
Résumé : Jasper Whitlock est pédiatre à l'hôpital de Seattle où il a la chance de travailler avec le célèbre Carlisle Cullen. Lorsque celui-ci lui présente sa nouvelle femme, Esmé, il sait qu'elle cache quelque chose… BS/JW All Human
NDA : Bonjour à tous !
Je tenais à remercier profondément mon voisin pour m'avoir permis d'accéder à internet et donc de poster ce nouveau chapitre sans retard malgré mon déménagement.
Bonne Lecture !
A.
Merci à CDG pour la correction de cette fiction ^^.
CHAPITRE SECOND
- Jasper ? C'est Eléazar. Tu es là ? Demanda mon voisin en tapant à ma porte.
- J'arrive, Eléazar, j'arrive, lui répondis-je d'une voix ensommeillée avant de me tourner vers mon réveil. Quatorze heures, parfait. Je m'étais endormi après avoir appelé mon frère. Je me levai pour lui ouvrir la porte.
- Sale nuit pour toi aussi ? Interrogea Eléazar en voyant ma petite mine.
- Oui, deux appels du centre antipoison.
- Carmen m'a appelé pour me dire qu'elle t'avait invité pour déjeuner. Tu viens, il y a des côtes de porc grillées et du gratin de pomme de terre…
- J'arrive, je passe un truc et je viens.
Je refermai la porte et passai me rafraîchir dans la salle de bain. Je troquai mon pyjama contre un ensemble jean tee-shirt avant de passer la porte d'en face pour manger. Je frappai deux coups avant d'entrer.
- Je suis dans la cuisine, Jasper.
L'appartement de Carmen et Eléazar pouvait faire penser à tout sauf à un appartement de la banlieue de Seattle. La disposition de l'appartement était sensiblement le même que dans le mien, à deux exceptions près. Un couloir desservait à droite du salon, deux chambres, une salle de bain et des toilettes. La cuisine était un peu plus grande et on pouvait manger sur une petite table recouverte d'une toile cirée. Les couleurs étaient dans les tons rouges et orangés. La décoration était des plus hispanisantes, sans compter les quelques cactus disséminés çà et là. Carmen était folle de ses plantes. La plupart des objets avaient été importés de son village natal à la frontière des Etats-Unis et du Mexique.
- Installe-toi, me pria Eléazar en pointant un des couverts sur la table. Je pris la chaise en le regardant s'affairer.
- Eléazar ? L'interrompis-je.
- Oui ?
- Je me suis toujours demandé, c'est quoi l'origine de ton prénom ?
- C'est grec, et à la base c'est un prénom féminin.
Je le regardai en penchant la tête sur le côté. J'avais vu peu de méditerranéens sur la côte Ouest des Etats Unis. Je ne pouvais pas savoir si Eléazar était un archétype ou non.
- La Seconde Guerre Mondiale a eu des suites en Europe. Les américains ont essayé d'y mettre leur grain de sel. En Grèce il y a eu une guerre civile. Chaque camp a armé un parti grec. L'Amérique a gagné d'une certaine façon. La Grèce était un point stratégique entre les deux puissances. Vingt ans après la Seconde Guerre Mondiale, un conflit à éclater. Le parti d'extrême droite à renverser le pouvoir en place. Mes parents se sont exilés, ma mère était enceinte de moi. Nous sommes tout d'abord allés en France, puis de là aux Etats-Unis. Ma mère ne supportait plus ni la guerre, ni la politique, changer de continent lui semblait une bonne option. Je suis né aux Etats-Unis, je suis américain de naissance.
- Et pour ton prénom ? Insistai-je alors qu'il s'asseyait et me servait.
- Ma mère voulait une fille. Elle avait peut-être quitté son pays pour toujours, mais ses enfants auraient des prénoms grecs. Eléazar était une reine que Zeus admirait pour sa beauté, il lui a même offert des présents. Par la suite, c'est devenu un prénom masculin, il est apparu dans la Bible car c'était un grand prêtre à l'époque de l'Ancien Testament.
- Tu as un prénom très vieux ?
- Oui, et il n'a pas été porté que par des enfants de chœur, me répondit-il en commençant à manger.
Un silence s'installa entre nous tandis que nous découpions et mangions le repas préparé par Carmen. Je souris à Eléazar.
- J'ai eu des nouvelles de mon frère. Sa femme est enceinte.
- Ça c'est une bonne nouvelle ! s'exclama Eléazar. Il faut la fêter !
Il partit chercher une bouteille de vin et la déboucha avant de nous servir.
- C'est une période de bonnes nouvelles en ce moment, soupira Eléazar après sa première gorgée.
- Pourquoi ? Demandai-je curieux.
- Tu vas avoir un petit dans ta famille, Carmen a enfin eu des nouvelles de ses nièces, et Carlisle a trouvé une nouvelle femme…
Je faillis recracher ce que j'avais dans la bouche en entendant la dernière partie de la phrase.
- Pardon ?
- Mais si, protesta Eléazar en bafouillant un peu, il a rencontré quelqu'un. Elle s'appelle Esmé. Ils se sont rencontrés à l'hôpital.
- Je ne le savais pas. Je suis heureux pour lui…
- C'est sûr qu'il lui fallait quelqu'un. Depuis Eliza…
- Mais ils ont gardé de bonnes relations, répliquai-je.
- Oui, pour Edward. Mais maintenant, il a l'âge de courir plus d'une fille à la fois. Carlisle et Elisabeth ne se sont jamais entendus sur autre chose que leur fils.
- Et Edward comment il le prend ? L'interrogeai-je, en reposant mon verre de vin.
- Pour le moment stoïquement. Carlisle devrait les présenter ce week-end. Il a prévu de se réserver deux jours en famille, enfin du moins c'est ce qu'il a dit au Dr Liam et à Carmen.
Ce week-end, présentation… L'invitation de Carlisle tournait dans ma tête, c'était il y a deux semaines. Nous étions sensés nous retrouver tous les trois pour une sortie, hors de l'hôpital, dans leur maison de campagne. Elle se trouvait dans une petite bourgade, on avait prévu de décompresser là-bas de nos semaines stressantes à l'hôpital. Entre hommes.
Quelle blague !
Je continuai à entretenir la discussion avec Eléazar en changeant de sujet. Je le voyais mal à l'aise de divulguer ces informations, Carmen devait le lui avoir confié en le priant de se taire. Je devais voir Carlisle le soir même pour la relève, il m'informerait peut-être à ce moment-là.
- Et sinon, avec le petit qui va naître, tu vas demander une affectation à Houston ?
La question d'Eléazar me fit réfléchir. Je lui assurai bien entendu que non, que j'irai les voir le plus souvent possible. Mais lorsque je refermais la porte de l'appartement sur lui, l'idée avait fait son chemin dans ma tête. Et pourquoi pas ?
Pour la première fois en dix ans, je pensais sérieusement à rentrer au bercail.
Le retour à l'hôpital avait été brutal. C'était ma deuxième garde de nuit. Je rentrerai plus tôt cette nuit. C'était le prix à payer pour avoir son week-end libre. Je croisai quelques collègues dans le vestiaire, dont mon ami de fac, Benjamin. Il avait été embauché au Harborview après son premier boulot.
- Tu rempiles ce soir ? Me questionna-t-il.
- Oui et toi ?
- Non ce soir je vais voir mes parents et mes frères.
- Tu passeras le bonjour à tes parents pour moi.
- Bien sûr Jasper !
Il sourit avant de me faire une tape sur l'épaule et de passer la porte pour rentrer chez lui. Le plus dur quand on arrivait, c'était de voir les autres partir. J'enfilai ma blouse et me rendis aux urgences.
- Le Dr Cullen est-il déjà parti ? Demandai-je à une infirmière de son service.
- Non, il est avec un patient en salle de réveil.
- Merci.
Je me dirigeai vers les salles de réveil et entraperçu Carlisle à travers la fenêtre. Je lui fis signe. Il pressa la main de son patient, un jeune homme, pour le saluer avant de me rejoindre.
- Bonsoir Jasper, comment vas-tu ?
- Bien et toi ?
- Très bien, répondit Carlisle en plongeant le nez dans son dossier. Que voulais-tu ?
- Je voulais savoir si ça tenait toujours pour ce week-end…
- Oui, je voulais t'en parler, tu as une minute ?
- Mon biper est branché, on peut aller boire un café si tu veux.
Il m'entraina à sa suite dans la salle de repos des médecins. Je m'assis autour de la table tandis qu'il nous versait deux cafés dans une tasse. J'engageai la conversation sur une bonne nouvelle.
- Au fait, j'ai appelé mon frère, Charlotte est enceinte.
- C'est formidable, s'enthousiasma Carlisle, elle en est à combien ?
- Quatorze semaines, ils voulaient attendre pour prévenir tous risques de fausses couches.
- Elle y a été sujette ? Des antécédents ? S'enquit Carlisle.
- Non, elle est superstitieuse.
Nous nous sourîmes et le silence régna quelques secondes. J'avais fait le premier pas, à lui de faire le second.
- Pour le week-end. Nous ne serons pas seuls, à la villa.
Nous y voilà, laissons le venir doucement.
- Je sais qu'Edward vient, émis-je en jouant le jeu de l'ignorant.
- Non, non. J'ai… j'ai rencontré quelqu'un, il y a quelques temps, m'annonça-t-il avec un sourire aux lèvres.
Le doute qui s'était insinué en moi à la révélation d'Eléazar fit place à une certitude. Carlisle avait rencontré quelqu'un. Etrangement mon cœur se serra à cette pensée. Comme un enfant à qui on annonce que son père vient de trouver une nouvelle compagne. Je chassai vite cette impression, avant de me concentrer sur ce que j'allais dire.
- Et c'est bien ? Lui demandai-je.
- Oui, elle est formidable, dit-il et son visage s'éclaira quelques secondes. C'est une très belle femme, elle est absolument charmante.
- Tu l'as annoncé à Edward ?
- Oui, avant-hier, quand je l'ai vu en dehors de l'hôpital. Je voulais t'en parler également mais je n'ai pu te voir qu'aujourd'hui… prétexta-t-il avec un air contrit.
- Ne t'inquiète pas pour moi, je comprends très bien. Comment le prend Edward ?
- Il attend de la voir et de la connaître, soupira mon mentor.
- Ça va bien se passer Carlisle. Je parlerai avec Edward si tu veux, quand on sera à la villa.
Carlisle me fit son plus beau sourire. Celui-là même qui faisait chavirer les infirmières et se pâmer les patientes. Je contins mon rire. Mon biper coupa court à notre café. Je le pris dans ma main avant de me lever.
- Désolé, les urgences, on en reparle, lui jetai-je avant de m'engouffrer dans les couloirs pour rejoindre mon prochain patient.
La garde fut plus calme que celle de la nuit précédente. Je rentrai au milieu de la nuit dans mon mouchoir de poche pour dormir. Je réussi à ne pas oublier le réveil avant de sombrer.
Je me maudissais encore de l'avoir mis une demi-heure trop tôt alors que j'étais sur ma moto. Je rejoignais Edward et Carlisle chez ce dernier. Nous devions partir pour Forks, lieu de villégiature de la famille Cullen, tous ensembles.
La mine basse, les cernes accentuées par le manque de sommeil, le cheveu fou comme d'habitude… Je ne ressemble qu'à l'ombre de Jasper Whitlock, constatai-je en observant mon reflet dans l'une des baies vitrées de la maison de Carlisle. Je sonnai.
- Salut Jasper, me salua Edward en ouvrant la porte à la volée.
Je lui donnai l'accolade avant de le saluer également.
- Petite nuit ?
- Oui, certifiai-je, je pense dormir pendant le trajet.
- Papa t'a mis au courant pour…
- Oui ne t'en fais pas. Je serai là pour toi.
- C'est bien que tu sois là, constata-t-il avant de s'éloigner.
Carlisle était en train de charger le coffre de la voiture. Edward me proposa une boisson chaude, je pris un café avec l'espoir de ne pas m'écrouler juste après qu'on ait pris la route.
- Et ton service d'hier ? Lui demandai-je en soufflant sur ma tasse.
- Ça allait, j'ai veillé le petit Cody. Il réclamait Carmen. Je crois que ne plus sentir de douleur lui fait un peu peur.
- J'irai lui parler si tu veux, lui proposai-je.
- Ce serait bien, conclut-il.
Un silence s'étendit entre nous. Il fuyait mon regard et touillais mollement son café, semblant nerveux.
- Edward qu'est-ce que tu as ? On dirait une boule de nerfs, tu nous fais quoi ?
- En étant tout à fait honnête, je ne le sens pas ce week-end.
- Parce que tu vas rencontrer la nouvelle femme de ton père ?
- Oui. Tu sais… Depuis qu'Elisabeth est partie… enfin même avant, nous ne formions pas une vraie famille. Carlisle était sans cesse à l'hôpital, nous étions souvent seuls ma mère et moi. Quand ils ont divorcé, je suis allé vivre avec ma mère. Et je n'avais qu'une envie : m'échapper à l'hôpital comme le faisait mon père.
- Elisabeth est si terrible que cela ? M'enquis-je curieux. Les deux Cullen n'évoquaient pas souvent cette partie de leur vie.
- Non… Oui… Ça dépend. Elle est maîtresse dans ce qui est de faire culpabiliser quelqu'un en tous cas.
- Et donc cela te dérange que ton père soit avec quelqu'un d'autre que ta mère ?
- Mais non Jazz, tu n'y es pas, prononça Edward en haussant le ton, je n'ai plus quinze ans ! Tu ne comprends pas ? Le fait que Carlisle t'ait invité, qu'il nous présente sa nouvelle femme… Je pense qu'il cherche à se constituer la famille qui lui a toujours manqué. Avec Elisabeth il n'a jamais su ou eu la possibilité d'avoir une vie de famille, malgré ma présence. Tu es ce qui se rapproche le plus d'un second fils pour lui. Elle est ce qui se rapproche le plus d'une femme. Il se bricole ce qu'il n'a jamais eu.
- Et le problème dans tout cela ? Soufflai-je, surpris par la réflexion d'Edward.
- Laisse tomber Jazz.
- Mais si. Ted, parle-moi.
- Il vous a tous choisi pour avoir cette famille. Moi je lui ai échu, parce que je suis son fils. Je me place où dans tout ce bordel ?
La phrase d'Edward me tournait dans la tête en montant dans la voiture. Carlisle m'avait brièvement serré dans ses bras pour me saluer. Une chose était certaine : si Edward avait raison et que Carlisle cherchait à se construire une famille, il manquait des femmes pour compenser les trois handicapés des sentiments que nous étions.
Carlisle prit le volant, Edward à son côté. Je m'étais installé confortablement à l'arrière et nous avions à peine atteint la sortie de Seattle que je m'endormais déjà, laissant le père et le fils en face à face.
- Jasper, réveille-toi.
Je grognai sur Edward. On n'a pas idée de réveiller les gens quand ils dorment si bien. Je regardai ma montre. J'avais fait une sieste d'une heure, autrement dit, il me manquait encore au bas mot six heures de sommeil pour rattraper mon retard.
- Tu as intérêt à avoir une sacrée bonne raison…
- On fait le plein, on va arriver d'ici vingt minutes.
Je me redressai difficilement essayant de faire disparaitre toutes mes courbatures, en étirant mes longues jambes dans l'espace réduit de l'habitacle.
- Tu as pu discuter avec ton père ? Le questionnai-je en me massant la nuque.
- Ca dépend ce que tu entends par discuter. Nous avons épuisé tous nos cas de la semaine et ensuite on a écouté de la musique.
- Vous avez épuisé tous vos cas de la semaine en une heure ? M'exclamai-je douloureusement. Vous n'en foutez pas une…
Edward éclata de rire et se détendit. Carlisle ouvrit la porte avant et entra dans l'habitacle.
- Comment tu te sens Jasper ? me demanda-t-il.
- Très bien, Doc', lui répondis-je en souriant.
- Excuse-moi, reprit-il avec une mine contrite. Déformation professionnelle. Tu avais l'air sur les rotules.
- Il me manque six heures de sommeil.
- Tu les rattraperas ce week-end, assura Edward.
- Bien sûr, d'ailleurs Ted, tu ne voudrais pas partager mon lit, au cas où…
Edward passa du rire à une expression de mal être. Son teint verdâtre était encore plus intéressant à observer.
- Arrêtez, vous avez passé l'âge, intervint Carlisle comme le père qu'il était. Je leur répondis par un sourire éclatant, me massant encore la nuque.
Nous continuâmes à deviser gaiement jusqu'à ce que Carlisle prenne un virage en épingle à cheveu. Je compris après que c'était en réalité l'allée qui menait à la villa. Elle était entourée d'arbres, si bien qu'on n'aurait jamais pensé qu'une habitation pouvait se trouver au bout. Carlisle arrêta la voiture devant une grande bâtisse moderne. La quasi-totalité des murs étaient constitués de baies vitrés, certaines étaient habillées par des rideaux, notamment les pièces de l'étage.
Carlisle sortit immédiatement de la voiture tandis que la porte de la villa s'ouvrait. Edward et moi, nous nous regardâmes. Je vis Edward soupirer, défaire sa ceinture et sortir de la voiture. Je le suivi à quelques pas. Esmé apparut dans l'encadrement de la porte. C'était effectivement une très belle femme. Dans la trentaine, elle était de taille moyenne, des cheveux caramel et un regard doux. Carlisle lui avait apparemment demandé de nous devancer afin de procéder le plus vite possible à la rencontre.
- Edward, Jasper, je vous présente Esmé Platt.
Nous nous avancions pour la saluer. Elle ne nous en laissa pas le temps. Elle devait être au moins aussi gênée que nous, mais elle prit les devants en nous serrant contre elle. Carlisle lui sourit, avant d'aller chercher nos bagages dans son coffre. Esmé nous fit entrer et Edward la contempla quelques instants. Il y avait quelque chose qui passait entre ces deux-là.
- Jasper, tu peux m'aider s'il te plait ? me demanda Carlisle.
- Oui, bien sûr. Où je mets ça ?
- Attends je vais te montrer… murmura Edward. On prend les chambres de l'étage ? demanda-t-il à la cantonade.
- Oui, j'ai préparé la chambre bleue et la chambre grise, avoua doucement Esmé.
- Merci… Esmé, lui répondit Edward.
Le reste de la maison était aussi moderne que l'extérieur. Le mobilier s'agençait parfaitement bien à l'architecture du lieu. L'étage était scindé en plusieurs chambres. Nous prîmes les deux premières. J'avais hérité de la chambre grise.
- La chambre bleue, c'était ma chambre lorsque je venais ici, déclara Edward de l'autre côté du couloir.
Je souris dans ma barbe inexistante. Bien joué, Esmé.
- Je te fais faire le tour du propriétaire ?
J'acceptai. L'étage comportait encore trois autres chambres, un bureau, des toilettes et une salle de bain, tous décorés avec goût. Il y avait un second étage avec une salle de musique, une bibliothèque et s'il se souvenait bien, quelques engins de fitness, installés du temps de sa mère. Nous descendîmes. Le rez de chaussé était construit à partir d'un immense plan libre. Les espaces étaient clairement définis dans cette grande pièce ouverte : cuisine, salon, salle à manger. Le tout formait la lettre L et s'étendait sur le côté droit de la maison. Le reste était occupé par une suite parentale, une pièce sans définition précise, et un espace pour s'occupait des tâches ménagères. Une autre porte nous faisait face, et Edward m'expliqua qu'elle menait au garage.
Nous rejoignîmes finalement les deux amoureux. Esmé était clairement tendue, mais paraissait heureuse de nous voir. Elle avait cuisiné tout un lunch pour nous. Cela tombait extrêmement bien, nous avions tous faim. Nous nous installâmes autour de la table pour déguster les œufs brouillés, le bacon, les toasts et les différents mets préparés. Nous nous aperçûmes très vite qu'Esmé était une excellente cuisinière. Elle n'avait peut-être pas encore conquis Edward, mais elle avait clairement réussi à soudoyer son estomac.
La conversation tournait un peu entre Carlisle et Esmé et Edward et moi. Nous ne savions pas tellement comment créer de lien, et personne ne semblait vouloir faire le premier pas. Fort de cette constatation et de la raison de ma présence en ces lieux, je me jetai à l'eau :
- C'est excellent Esmé, la complimentai-je.
- Merci, me répondit-elle en rougissant de plaisir sous l'œil approbateur de Carlisle.
- Vous avez une formation en cuisine ? La questionnai-je l'air de rien.
Edward me regardait à la fois surpris et satisfait. Il attendait avidement les réponses d'Esmé.
- Oh non pas du tout ! Me détrompa-t-elle en riant. Ce que je sais en cuisine je le tiens de ma mère.
- Elle devait être une sacrée cuisinière alors, reprit Edward sous un ton plein de sous-entendus en souriant.
- Merci pour elle et pour moi. Si cela vous plait, je pourrai congeler quelques plats comme je le fais pour Carlisle. Je sais que vous n'avez pas toujours le temps de cuisiner, proposa-t-elle aimablement.
- Je crois, intervint Carlisle, que le plus judicieux serait d'apprendre à ces messieurs à cuisiner seuls.
Devant notre grimace à l'évocation de ce que nous étions capables de préparer, Edward et moi, Esmé eut pitié de nous.
- Je vous donnerai deux ou trois recettes très faciles à faire, mais il y a déjà un nombre impressionnant de barquettes dans le congélateur, sous-entendit-elle avec le sourire.
- Vous aimez faire la cuisine ? demanda Edward.
- Oui, j'adore cela, ça me détend, surtout depuis que je ne travaille plus, avoua-t-elle avec regret.
- Vous ne travaillez plus ? M'enquis-je avec une ride soucieuse sur le front.
- Non, j'ai une formation d'architecte paysagiste. J'ai exercé quelques années avant de devoir m'arrêter.
La tournure de la phrase était étrange, comme si elle s'empêchait de nous dire quelque chose. Carlisle coupa court à cette discussion en me demandant des nouvelles de ma famille. J'eus le plaisir d'annoncer l'arrivée de mon neveu ou de ma nièce. J'ai cru vois passer dans les yeux d'Esmé une lueur de joie qui s'est estompée bien vite. Notre discussion continua sur un ton plus léger, jusqu'à ce qu'Edward se lève de table pour nous proposer une promenade jusqu'à la plage.
Carlisle et Esmé déclinèrent la proposition, que j'acceptai pour leur laisser un temps libre ensemble. Nous partîmes nous habiller avant de sortir. La villa était entourée par la forêt et nous allions la traverser jusqu'à la plage. Un chemin qu'Edward connaissait par cœur.
- Alors ? Lui demandai-je en évitant une branche basse.
- Elle est… bien, articula difficilement Edward.
- Cela te pose un problème ?
- Non. Elle est parfaite pour mon père, c'est déjà bien. Moi, il me faudra encore un peu de temps, mais je pense que je peux l'apprécier.
- Elle a des enfants ? Le questionnai-je.
- D'après Carlisle non, elle a une nièce.
- Jolie, la nièce ?
- Jasper… souffla Edward avec un sourire. Elle risque de faire partie de notre famille, alors, si j'étais toi je ne la toucherai pas.
Je lui envoyais un sourire taquin. J'aimais provoquer Edward, il était un curieux mélange entre son éducation et ses besoins : une éducation de gentleman, des besoins sexuels non négligeables et aucune envie d'attache. Un sacré cocktail, tout en contradictions. Après quelques instants de silence, où nous avançâmes péniblement, il reprit :
- C'est chouette pour Peter et Charlotte.
- Oui, ils y pensaient depuis quelques temps.
- Et toi, me demanda Edward en s'arrêtant, tu penses partir ?
- Rejoindre Houston ? Honnêtement, je ne sais pas. Tout ce que je connais est ici. Mais me rapprocher de ma mère et de mon frère serait une bonne idée, a priori.
- Seulement a priori ?
- Je n'aime pas trop le changement. Je suis en train de mesurer le pour et le contre.
- Je suppose que la pluie ne fait pas partie dans ta colonne pour.
Je lui fis un grand sourire.
- Ne t'en fais pas vous serez prévenu. Et puis cela vous feriez du bien à toi et à Carlisle de venir passer un peu de temps sur la côte Est, au soleil.
- Tu as dit quoi ? Soleil ? Quel est ce mot ?
J'ai pris le temps de bien planter le personnage de Jasper, sa vie, ses manies... Étant donné que c'est quand même lui le narrateur de l'histoire... Je vais vous demander de me faire confiance quant à l'intrigue et la formation du couple.
Je vais vous demander de me faire confiance pour la suite de l'histoire (oui, oui il y a une intrigue et oui, oui j'ai prévu de mettre ensemble Jasper et Bella même si elle est encore inconnue au bataillon ^^).
La rencontre aura d'ailleurs lieu au prochain chapitre ^^. Vos hypothèses et commentaires m'intéressent, n'hésitez pas à les faire partager =").
En tout cas, bonne semaine à tous ! A.
