Le garçon de
l'autre monde
Résumé : Un soir de retour de mission, l'Auror James Potter fait une découverte pour le moins surprenante : Harry Potter, Maître des Dimensions et son phénix caractériel, Hélios. Alors que la guerre fait rage et que Voldemort semble rechercher un puissant artefact, l'aide d'un Maître des Dimensions ne sera pas de trop. [suite des Maîtres des Dimensions]
Merci à tous pour vos reviews ! Je suis contente de voir que cette fic vous plaît. Voici donc la suite !
Partie Deuxième
I
Ordre du Phénix
Assis sur le canapé de la maison de James, Harry, qui avait repris sa véritable apparence quelque peu contraint et forcé, était l'objet de tous les regards. Le maître des lieux était assez embêté de la réaction de ses compagnons. Depuis leur retour de mission quelques heures plus tôt, ils surveillaient le jeune Maître des Dimensions comme s'il était susceptible de commettre un meurtre dans la seconde.
Apportant cinq tasses de café, James soupira. Que faire pour détendre l'atmosphère ? Son regard se posa sur Harry qui ne semblait pas réellement mal-à-l'aise face à la réaction des trois aurors. Il caressait Hélios d'un geste machinal, les yeux mi-clos, apparemment perdu dans ses pensées. À quoi pouvait bien songer un jeune homme comme lui ? James avait conscience d'être incapable de l'imaginer. Il se sentait à la fois proche et si lointain de cet étrange adolescent. Soudainement, l'oiseau de feu se redressa, surprenant son maître, et laissa échapper un son joyeux. Presque aussitôt la sonnette caractéristique d'une arrivée par poudre de cheminette retentit. Quelqu'un arrivait.
Par réflexe, Sirius et Severus se saisirent de leur baguette mais ils se détendirent en voyant Remus émerger de l'âtre. Le lycan se figea en découvrant Harry face à lui.
- Hello ! le salua nonchalamment le voyageur dimensionnel alors que son phénix lançait une note joyeuse.
- Qu'est-ce que… ? balbutia le nouveau venu, incrédule.
- C'est une longue histoire, éluda Harry. Au fait, tant que j'y pense, vous avez une potion Tue-Loup dans ce monde ?
Remus s'étrangla.
- Oui, répondit James avec curiosité, pourquoi ?
- Des amis et moi en avons mise une au point à partir de vagues souvenirs de l'originale qui permettait au loup-garou de rester conscience les nuits de pleine lune. Sauf que la nôtre est un peu différente et que prise pendant quelques mois elle permet d'enrailler le processus de transformation en loup les nuits de pleine lune.
Le cœur du Maraudeur fit un bond et il se tourna vers son compagnon lycanthrope qui s'était vidé de ses couleurs. Harry avait dit cela avec une telle décontraction. Avait-il conscience de l'implication de ce qu'il disait ?
- Pourquoi des jeunes gens comme vous se seraient-ils intéressé à une potion pareille ? demanda Severus, suspicieux.
- Notre professeur de Défense contre les Forces du Mal de troisième année était un loup-garou, expliqua calmement le Maître des Dimensions. Le meilleur professeur qu'on est jamais eu dans cette matière ! À part peut-être le professeur Williams, mais c'était différent. Bref, il a dû démissionner parce que notre imbécile de prof de potion a laissé échapper le pot-au-rose ! Un triste jour pour Poudlard, si vous voulez mon avis.
Le silence s'installa quelques instants. Harry promena un regard étrange sur l'assistance avant de se saisir d'une tasse de café et de se mettre à siroter le breuvage d'un air distrait. Il n'en fallut pas plus pour pousser Gideon hors de ses gongs. Il se leva brusquement et pointa sa baguette vers le jeune garçon.
- Ça suffit ! siffla-t-il. Cette histoire a suffisamment duré ! J'ignore par quel moyen tu as abusé James, mais je ne me laisserais pas avoir par ces boniments !
Face à l'auror furieux, Harry ne cilla pas, parfaitement maître de lui-même, tant et si bien que James en arrivait même à se demander qui pouvait bien être ce garçon pour avoir un tel self-control.
- Qui es-tu ? demanda-t-il méchamment.
- J'ai déjà répondu à cette question, signala le Maître des Dimensions.
- Je veux la vérité !
- Quelle plaie de vivre en ces temps de scepticisme ! ironisa Harry.
- Tu es ridicule, Gideon, intervint Severus, coupant le garçon, tu as vu sa puissance tout à l'heure, pourquoi aurait-il besoin de se faire passer pour ce qu'il n'est pas ? Il lui suffirait d'une formule pour nous mettre KO.
Remus s'avança.
- Peut-être pourrait-on m'expliquer ? fit-il avec la douceur qui était la sienne.
- Moi je n'explique plus rien, persiffla le voyageur dimensionnel, puisqu'on apporte si peu de crédit à mes dires. Puisque c'est comme ça, je vous le dis : je fais grève !
James s'étrangla alors que Severus lançait un regard incrédule au garçon qui affichait une moue boudeuse très enfantine. Comment pouvait-il être à la fois encore un adolescent et un homme ne craignant apparemment ni les Mangemorts ni un des aurors les plus chevronnés de Grande-Bretagne ?
- Je vais t'expliquer, soupira le maître des lieux en s'avançant vers son ami.
ooOoo
Alors que James expliquait la situation à Remus, Severus regardait Terry – ou plutôt Harry puisque tel était son nom – qui semblait concentrer sur une chose inaccessible à l'auror. Il était peu probable, malgré les craintes de Gideon, que ce garçon soit un mangemort. Cependant la crainte du dernier des Prewett s'expliquait aisément : sa sœur et son frère avaient été tué quelques temps plus tôt par un espion mangemort. Les pensées de Severus furent interrompues par l'entrée dans la pièce de Frank Londubat. Le médicomage salua l'assistance, et son regard s'arrêta un instant sur Harry – qui avait, à on ne savait quel moment, repris son apparence d'emprunt. James lui fit signe qu'il pouvait parler sans crainte devant le garçon.
- Réunion de l'Ordre tout de suite au sujet de ce qui vous est arrivé en Irlande, annonça Londubat sans préambule.
- C'est partit, annonça Sirius. Ha… Terry vient avec nous ?
- Oui, répondit simplement le garçon.
- Ta grève est terminée ? le taquina James.
- Je n'ai pas dit ça. Mais je suis curieux de savoir ce que le professeur Dumbledore pense de cette affaire.
- J'en conclus que tu sais déjà ce qu'est l'Ordre du Phénix, releva inutilement le Potter de ce monde.
Harry se contenta d'un sourire pour toute réponse et emboîta le pas à Londubat. Utilisant la poudre de cheminette, le petit groupe arriva rapidement à Poudlard où les attendaient les autres membres de l'Ordre. Voyant le Maître des Dimensions avec les aurors, Dumbledore fronça les sourcils.
- Hello! lança joyeusement le garçon en guise de salut.
Severus avait la vague impression de voir danser une flamme d'amusement dans ses yeux. Que mijotait-il exactement ? Pour une raison qui lui échappait, l'auror pourtant si méfiant – une obligation lorsqu'on est un traître à la famille Rogue et qu'on veut rester en vie – était en confiance en présence de Harry. C'était des plus déconcertant…
- James, fit le directeur de Poudlard. Qui est ce jeune homme ?
- Ce jeune homme, signala le voyageur dimensionnel, s'appelle Terry Star et vient d'Amérique. Et, au passage, il aime bien qu'on s'adresse à lui plutôt qu'à d'autres, professeur.
Le mage et le nouveau venu se fixèrent un moment en silence avant que le premier ne se détourne.
- Bien, commençons la réunion, dit-il à la surprise générale. Si je vous ai réunis ici, c'est en raison des récentes actions de Voldemort. James et son équipe reviennent tout juste d'Irlande où ils sont tombés sur Lorgia Rogue.
Il y eut un murmure, et Severus se sentit mal-à-l'aise. Il croisa alors le regard vert de Harry et sans savoir comment, il se sentit apaisé. Par Merlin, qui était ce garçon au juste ?
- Plus important, reprit Dumbledore, Voldemort semble à la recherche de quelque chose. Probablement un artefact ancien. J'ai appelé des amis archéomages de ma connaissance et ils inspectent en ce moment même la grotte découverte en Irlande. Ils ont cependant confirmés la théorie des flux telluriques et pensent que l'endroit date de plusieurs milliers d'années.
- En quoi un artefact vieux de quelques millénaires intéresse-t-il Vous-Savez-Qui ? s'interrogea le professeur McGonagall.
- Je l'ignore Minerva, admit le directeur. Mais je ne pense pas qu'il veuille simplement se lancer dans la collection d'antiquité.
Une remarque sembla brûler la langue du Maître des Dimensions, mais l'entrée de Maugrey l'empêcha d'intervenir.
- Voldemort est en train d'attaquer Glasgow !
Il y eu un juron coloré – Severus ne savait pas de qui il émanait, mais il résumait bien la situation. Tout le monde s'élança sans attendre.
ooOoo
Albus apparut en plein milieu des hostilités. À ses cotés, un groupe d'aurors semblaient avoir des difficultés face à une horde de Mangemorts. Le mage repoussa quelques sortilèges avant de tenter de faire un bilan des lieux.
- ZEUS ! s'exclama soudainement une voix.
Le directeur de l'école de sorcellerie remarqua alors que des sortilèges avaient été lancés contre lui et, à sa grande surprise, venaient d'être fauchés par des éclairs de lumière blanche avant d'atteindre leur cible. Cherchant la source de ce secours inattendu, il tomba sur Terry Star. Le garçon semblait poser un réel problème aux Mangemorts, les mettant en grande difficulté. Comment un si jeune sorcier pouvait-il posséder une telle puissance ? À ce moment, Dumbledore n'aurait pas voulu avoir à affronter cet américain. Mais selon toute probabilité, bien qu'il mente sur un certain nombre de choses, il n'était pas leur ennemi.
- Ils sont un peu trop nombreux, remarqua le jeune homme en question. À votre avis que font-ils ici ?
Un regard bleu croisa un regard vert à travers leurs lunettes respectives.
- Je ne pense pas, fit Albus en réponse à la proposition muette de M. Star. Regardez le nombre de personnes présentes ici !
Il y avait des centaines de mangemorts luttant bec et ongles contre les Aurors arrivant en nombre des quatre coins du pays. Et l'hypothèse de l'américain laissait un drôle de gout de la bouche du directeur. Une diversion ? Dans quel but ?
- Oh, ça suffit ! s'agaça soudainement Terry en tendant la main vers les encagoulés. Ô Gaïa, mère parmi les mères,
Déclenche pour moi la puissance de la terre !
Soudainement, le sol se mit à trembler sous les Mangemorts – et étrangement pas au niveau des Aurors. Des pics rocheux émergèrent brusquement de terre, enfermant les adeptes du Voldemort dans une bien étrange prison. Interloqué, Albus se tourna vers l'américain.
Accoudé contre un mur, le souffle court, il semblait passablement fatigué mais affichait un air satisfait. Était-ce lui qui… ? Le mage avait du mal à le concevoir. Une telle puissance lui donnait le tournis.
- J'imagine que c'est à toi qu'on doit ce revirement soudain de situation, fit James sur un ton léger en s'approchant de Terry.
À coté de son ami, Sirius souriait.
- Déjà ton truc avec le temps c'était pas mal, mais ça c'est le classe ! s'exclama le jeune Black.
- Tu es désolant, Sirius, siffla Severus. Tu assistes à un acte de haute magie et toi, tout ce que tu trouves à dire, c'est que c'est la classe. Je me demande comment Dianera te supporte !
- Elle a su voir mon charme.
- Bah, remarque, on dit que l'amour est aveugle !
- C'est méchant, ça, Sevy.
- Ne m'appelle pas Sevy !
- Oui Sevy-chou !
Albus se désintéressa de la dispute entre Severus et Sirius, ces deux-là étaient ainsi depuis des années, tout le temps à se chicaner, tout en étant deux grands amis depuis leur entrée à Poudlard. Ils avaient de nombreuses similitudes, tout deux appartenant à de grandes familles de sangs-pur et ayant renié les idées familiales.
Terry les regardait avec un amusement non feint mais également un petit quelque chose dans le regard qu'Albus ne put identifier. Ce garçon était un vrai mystère. D'autant plus qu'il ne semblait à présent que légèrement essoufflé par son intervention.
II
Rencontre
James regardait Dumbledore avec insistance, Harry, Severus, Remus, Sirius et Gideon à ses côtés. Le directeur de Poudlard semblait s'être pris de passion pour le Maître des Dimensions. L'auror voyait de la curiosité dans les yeux bleus mais également un sentiment sur lequel il n'arrivait pas à mettre de doigt. D'autant plus que la relation entre le voyageur dimensionnel et le professeur n'était pas le sujet principal de préoccupation de James.
- Quelque chose ? répéta-t-il. Comment ça, quelque chose ?
Dumbledore soupira et se leva du fauteuil de son bureau. Ils étaient rentrés quelques heures plus tôt de Glasgow et avaient été rapidement convoqué par le vieil homme à Poudlard.
- Apparemment, ce qui s'est passé en Écosse était une sorte de diversion pendant laquelle Voldemort et quelques uns de ses adeptes ont cambriolés un petit musée au sud de Londres – tuant dix moldus au passage. Il est donc logique de penser que Voldemort cherche quelque chose.
- Avez-vous une idée de ce que pourrait être cette chose ? s'enquit Gidéon.
Le directeur secoua la tête d'un air désolé.
- Non, fit-il. Je suis dubitatif. Le musée cambriolé ne déplore la perte que d'une pierre taillée, certainement celte, datant de l'antiquité… Rien de formidable d'après les moldus et aucun sorcier ne s'y était jamais intéressé.
Harry fronça les sourcils mais garda le silence. James aurait payé cher pour connaître les pensées du garçon.
- J'ai cependant une petite idée de l'endroit où Voldemort risque d'apparaître la prochaine fois.
Le Maître des Dimensions releva vivement la tête, apparemment très intéressé par la nouvelle. Il n'était pas le seul d'ailleurs.
- La pierre qu'il a volée est très semblable à une autre qui se trouve dans un musée d'une petite ville d'Irlande du Nord. Les scientifiques moldus ont souvent émit l'hypothèse que les deux pierres soient des fragments d'un ensemble.
- Des parties d'un artefact ? fit Severus. Cela pourrait expliquer pourquoi Vous-Savez-Qui s'y intéresse.
Dumbledore approuva de la tête, visiblement satisfait de l'hypothèse de l'auror.
- Je voudrais que vous alliez là-bas pour arrêter Voldemort avant qu'il ne réussisse à se saisir de l'objet.
- Et si ce n'est pas ce qu'il cherche ? s'enquit Remus, hésitant.
- Personnellement, j'ai toujours eu envie de voir l'Irlande ! s'exclama joyeusement Sirius. Au pire on pourra faire du tourisme.
- Désolant ! soupira Severus alors que Harry éclatait de rire.
ooOoo
Bon, d'accord, Sirius devait admettre que ses envies de tourisme avaient brusquement disparues lorsque Dumbledore avait annoncé qu'ils devraient se faire passer pour des moldus. Quelle idée saugrenue ! Bien évidemment, comme tout auror qui se respecte, le jeune Black avait reçu un entraînement en infiltration du milieu moldu. Mais ça ne voulait pas dire qu'il s'y sentait à l'aise !
Harry, toujours sous les traits de Terry Star, évoluait dans ce milieu comme un poisson dans l'eau, ne rencontrant apparemment aucune difficulté à s'intégrer à ce monde sans magie. Sirius en vint à se demander si sa mère n'était pas une moldue. Car, après tout, le garçon était resté très vague son ascendance maternelle. Le Maraudeur tenta d'imaginer qui pourrait bien être l'épouse de son presque-frère, cherchant du même coup à ne pas paniquer en se demandant comment les moldus pouvaient faire tenir ce truc en métal – un abion, disaient-ils, à moins que ce soit un apion ? Peu importait ! – dans les airs sans l'aide de la magie.
« C'est le transport moldu le plus sûr, » avait affirmé Harry. Voilà qui faisait une belle jambe à Sirius !
Bref, ils étaient alors dans l'auberge d'une ville irlandaise au nom imprononçable, face à une moldue horripilante, et Sirius sentait que ses nerfs arrivaient au maximum qu'ils pouvaient supporter. Merlin comment les moldus pouvaient-il vivre sans magie ? C'était un profond mystère ! Arrivant dans la chambre qu'il partageait avec Remus et Gideon, Sirius soupira. Il remarqua très rapidement que celle de James, Harry et Severus n'était pas en meilleur état mais il lui fut parfaitement interdit de résoudre le problème – il aurait pourtant suffit d'un coup de baguette. D'ailleurs Severus semblait d'accord avec lui sur ce sujet.
- Peu importe le confort, nous ne sommes pas en voyage d'agrément, leur signala Gidéon.
Quel rabat-joie celui-là !
- Si on allait visiter ce musée si convoité ? intervint Harry mettant fin à la question des chambres et de leur confort.
- C'est une bonne idée, jugea James. Allons repérer les lieux.
- Oui chef ! s'exclamèrent d'une seule voix Sirius et Gideon, mi-sérieux, mi-moqueurs.
L'endroit n'avait, extérieurement en tout cas, rien de formidable. Ils s'apprêtaient à entrer lorsqu'un garde à la mine patibulaire les arrêta, leur signalant sans tact ni politesse que l'heure était tardive et que les visites étaient terminées. Sirius le trouva profondément agaçant mais il n'y avait rien à faire. Ils rentrèrent donc à l'auberge où la moldue leur apprit d'un air irrité qu'elle ne servait pas les repas et qu'il y avait un restaurant au bout de la rue.
- Quelle amabilité ils ont dans ce bled ! grommela Severus, qui commencé visiblement à en avoir assez.
- J'ai connu pire, répliqua d'un ton léger Harry. Mon oncle par exemple. Ou Ombrage. Elle c'était vraiment un cas ! Remarquez son plus gros problème c'était pas l'amabilité.
- Ombrage… Dolorès Ombrage ? demanda Remus – il connaissait apparemment la dame.
- Ouais. Vous la connaissez ?
- Elle était à Poudlard avec nous. Quoiqu'elle était un peu plus jeune. À Serpentard je crois. Elle avait une haine profonde pour les hybrides notamment… fit le lycanthrope.
L'image d'une fillette à la voix au perché et vêtue de rose dès qu'elle ne portait pas son uniforme se forma dans l'esprit de Sirius. Il ne put retenir une grimace.
- C'est elle, confirma Harry, elle a enseigné la défense contre les forces du mal pendant ma cinquième année. Elle a même été directrice de Poudlard pendant un moment !
Ses compagnons eurent un air scandalisé.
- C'est une longue histoire, fit le Maître des Dimensions en poussant la porte d'un petit restaurant qui paraissait assez sympathique, mais ça n'a pas duré, Merlin soit loué !
- Tu m'étonnes ! Elle, professeur ? J'arrive pas à le croire !
- Faut admettre qu'on a eu des cas à ce poste ! rit le faux américain. En fait, il n'y avait que celui de troisième année qui était valable…
- Le Loup-Garou ? se souvint Severus, faisant sursauter Remus.
- C'est ça, confirma Harry. C'est bien dommage qu'il ne soit pas resté.
Il semblait sincèrement le regretter, comme la première fois qu'il en avait parlé mais Sirius voyait bien que le lycan du groupe était mal-à-l'aise. Il préféra donc changer rapidement de sujet.
- On s'assoie où ? demanda-t-il en observant les tables.
Un bruit s'échappa de la poche de Gideon. Sirius sourit. C'était un son caractéristique d'un appel par miroir. Il y avait donc quelqu'un qui était encore important pour le jeune homme… Peut-être cette femme qu'ils avaient vue en coup de vent deux semaines plus tôt… En tout cas l'auror s'excusa auprès de ses camarades et prétexta ne pas avoir faim avant de partir. Ils devaient se retrouver à l'auberge. Ses amis échangèrent un regard entendu avant de partir s'asseoir à une table de six que leur avait indiqué le propriétaire des lieux.
Sirius harcelait Harry pour savoir qui était sa mère, soutenu par Severus et Remus alors que James tentait vainement d'arrêter son presque-frère lorsqu'une serveuse s'approcha timidement d'eux. Ils attendaient leurs plats, aussi furent-ils surpris de la voir arriver les mains vides. Visiblement soulagé de pouvoir échapper à l'interrogatoire du jeune Black, Harry, qui était en bout de table, se tourna vers elle. L'auror ricana en voyant la jeune fille s'empourprer et bafouiller face au regard du Maître des Dimensions. Le fils de James – ou plutôt le fils d'un autre James – était donc un bourreau des cœurs. Un vrai fils de Maraudeur !
- Cela vous… euh… dérangerait-il que nous installions une… euh… cliente à votre table ? demanda de façon peu assurée la serveuse. Nous… euh… c'est-à-dire qu'il n'y a plus de place et que… euh…
Harry interrogea ses compagnons du regard. Bien entendu, cela ne les dérangeait pas…
- Pas de problème, fit le voyageur dimensionnel avec un sourire aimable.
Son interlocutrice rougit violemment et manqua faire tomber son plateau. Elle s'en fut vivement alors que Harry la regardait avec incompréhension. N'avait-il pas compris ce qui venait de se passer ? Sirius ne pouvait pas le croire. Pas le fils de James ! D'un autre James, certes mais James tout de même. L'auror allait poser cette question qui lui brûlait les lèvres, lorsqu'une créature de rêve arriva avec la timide serveuse. Elle avait une chevelure de feu et des yeux d'un vert incroyable. Nom d'une gargouille… Sirius secoua la tête. Il était fiancé, par Merlin ! Déjà Harry se tournait vers la nouvelle venue et il eut une réaction étrange. Cela ne dura que quelques centièmes de secondes, mais assez pour attirer l'attention de Sirius. Connaissait-il cette femme ? Décidé à obtenir des réponses, il se tourna vers son meilleur ami. Il cilla en découvrant James complètement bouche bée, limite bavant… L'auror eut une brusque envie d'éclater de rire. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas vu son presque-frère dans cet état.
- Bonsoir, je suis Terry Star, se présenta Harry. Voici James Potter, Remus Lupin, Severus Rogue et Sirius Black.
- Lily Evans, enchantée, sourit la jeune femme.
James s'était remis lorsqu'elle s'assit à coté de lui, en face du voyageur dimensionnel.
- Je suis désolée de vous déranger, s'excusa-t-elle. Mais apparemment cette ville est assez limitée question restaurant.
- M'est avis qu'elle est limitée question tout, remarqua Sirius avec un air détaché. Enfin bon, j'ai déjà vu pire. Mais dites moi, que faites-vous ici, si c'est pas indiscret ?
Le regard de Severus lui fit sentir que c'était indiscret, mais il n'en tint pas compte.
- Je suis dans l'industrie pharmaceutique et je viens de m'installer ici. Je travaille sur un projet d'installation d'un centre d'étude des plantes dans les environs. La médecine naturelle est très à la mode, ces temps-ci.
Sirius n'avait pas la moindre idée que ce que pouvait être l'industrie pharmaceutique, mais, se souvenant vaguement des quelques cours sur les moldus qu'il avait suivis, il savait que la médecine était l'équivalent de la médicomagie.
- Il y a des plantes à vertus curatives ici ? s'étonna Harry.
Le jeune Black n'aurait su dire s'il était intéressé ou simplement poli.
- Pas vraiment… hésita la rousse – Lily Evans d'après ce dont Sirius se souvenait. Mais apparemment il y aurait quelque chose dans cette région qui permettrait aux habitants d'avoir une meilleure santé, une plus longévité bien au dessus de la moyenne, on a même des cas de rémission spontanée de maladie grave…
- Faut que j'm'installe ici ! décréta Sirius. Tu viens avec moi Sevy-chou ?
- Ne m'appelle pas Sevy-chou, grinça Severus entre ses dents.
- Il est très timide, fit le Maraudeur à la jeune femme sur le ton de la confidence.
- Non ! Severus, intervint James alors que l'auror montrait des signes de colère évidents, ne l'abîme pas, on peut encore en avoir besoin.
- J'suis pas convaincu.
- Mais si, mais si, approuva Harry. Et puis s'il n'était plus là, je suis sûr que tu t'ennuierais !
- Certainement pas ! s'indigna Severus.
- Je suis vexé ! annonça Sirius en prenant un air boudeur.
James leva les yeux au ciel d'un air atterré alors que son hypothétique fils riait aux éclats, que Remus tentait de calmer les deux protagonistes et que la jolie Lily tentait tant bien que mal de masquer son sourire.
ooOoo
Le lendemain matin, Harry s'étira dans son lit en laissant ses pensées vagabonder. S'il s'était attendu à rencontrer sa mère – ou tout du moins son double local – dans ce patelin, il voulait bien se faire moine ! Il avait tout d'abord été surpris de voir qu'elle n'était pas une sorcière. En effet, au cours de la soirée il avait fait quelques sous-entendus au monde magique, parfaitement clairs pour un sorcier. Mais elle n'avait pas réagit. Une chose était sûre, c'était une moldue.
Cela expliquait donc qu'elle ne connaisse pas James. En même temps, le Maître des Dimensions avait bien remarqué les regards que se lançaient les deux jeunes gens. Aucun des deux ne laissait l'autre indifférent. Parfait. Restait à trouver comment les rapprocher tout en faisant échec à Voldemort et en trouvant pourquoi la Magie l'avait parachuté ici. Rien qu'il n'ait jamais fait en somme. Il avait bien contribué à la création de couples beaucoup plus incongrus – genre Remus et Narcissa ou le Dragon et ce médecin moldu (1)... Au sujet de Narcissa, il faudrait qu'il se renseigne sur ce que la Serpentard était devenue dans ce monde. De même que pour Veena et Regulus. Et Peter aussi…
- Nous allons voir ce musée ? proposa le voyageur dimensionnel aux aurors alors qu'ils prenaient leur petit-déjeuner qui – oh miracle ! – était servis par l'hôtel.
Ce n'était pas gastronomique, mais au moins, il y avait du café. C'était tout ce que Harry demandait.
- Ouaip ! aboya joyeusement Sirius. Plus vite on aura réglé cette question, plus vite on pourra rentrer dans un monde civilisé. Quoique j'suis pas sûr que James est vraiment envie de partir.
- La ferme Sirius ! grommela l'intéressé.
- Va falloir que vous m'expliquiez ça, fit Gideon avec un sourire en coin.
- Non ! répliqua le chef de la bande d'auror.
Harry eut un regard amusé.
- Dites, intervint-il soudainement. Vous connaissez un dénommé Peter Pettigrow ?
Les trois chasseurs de mage noir se regardèrent.
- Non, finit par dire James. Ça ne me dit rien du tout.
- D'accord. C'était juste pour savoir. On y va ?
Apparemment, Peter n'existait pas dans cet univers – à moins qu'il soit un moldu. Les deux possibilités étaient à retenir. Toujours était-il qu'il n'avait jamais fait partie des Maraudeurs. Décidément, les choses étaient bien différentes ici. Harry soupira. Certes, il était content de pouvoir vivre ainsi avec James, Remus, Sirius et Severus mais… Mais son monde lui manquait. Ses amis, Drago, Hermione, Ron, Neville… est-ce qu'ils allaient bien au moins ? Et Harry pourrait-il rentrer un jour chez lui ? C'était ce qui lui faisait le plus peur. Il secoua la tête, chassant ces mauvaises pensées. Il allait changer de philosophie : Carpe diem ! Demain viendrait bien assez tôt. De plus, s'il parvenait à comprendre la raison de sa venue ici, il pourrait probablement retourner dans son monde.
- Tout va bien Harry ?
La voix de James le tira de ses pensées. Il releva vivement la tête pour voir les trois aurors les fixer.
- Ce Peter, c'était un ami à toi ?
Le voyageur dimensionnel s'étrangla. Queudver, un ami ? Quelle horreur.
- Absolument pas, s'exclama-t-il avec force. Je pensais juste à mon monde. Rien de grave, ne t'inquiète pas, je vais très bien.
C'était vrai. Enfin, certainement.
III
Attaque
Un village tout ce qu'il y avait de plus banal, un musée tout ce qu'il y avait de plus banal, une exposition tout ce qu'il y avait de plus banale.
Harry avait du mal à croire que Voldemort convoite quoi que ce soit dans ces lieux. Il venait d'entrer dans le musée, attendant patiemment que Sirius termine sa conversation avec le guide qui devait leur indiquer la pièce qu'ils recherchaient – ce qui n'était pas gagné, l'homme était affreusement bavard. Le jeune homme se désintéressa donc vite de la discussion, tentant de sentir s'il y avait oui ou non de la magie dans les environs. Quelque chose toucha l'esprit du Maître des Dimensions alors qu'il tentait de percevoir ce qui l'entourait.
« …ez moi… »
Mais cela s'évanouit bien vite. Harry tenta de toutes ses forces de retrouver ce son, sans succès. C'était comme si il avait disparu aussi brusquement qu'il était apparu. Le sorcier eut un soupir intérieur et abandonna – momentanément – la recherche de ce qu'il avait sentit et continua à ouvrir son esprit. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour avoir un résultat, qui le fit sursauter.
Il quitta aussitôt sa transe, désorienté. Un flux tellurique. Comment ? Lors de la recherche des Horcruxes de Voldemort, il avait étudié les parcours de tous les flux telluriques du Royaume-Uni et jamais aucun n'était passé à cet endroit. Comment, par tous les Mondes, pouvait-il y en avoir un sous ses pieds ? Cela n'avait pas de sens ! Il tenta de se calmer, mieux valait pour le moment que les sorciers de cet univers ne dessellent pas son trouble. Peut-être s'inquiétait-il pour rien. Peut-être cette dimension était-elle plus éloignée de la sienne que ce qu'il pensait, ce qui expliquerait que les flux aient des cours différents. Cela devait probablement être cela, tenta-t-il de se convaincre.
Soudain, un cri le tira de ses pensées. Il vit les aurors sursauter et s'élancer, laissant le guide sur place et leur emboita prestement le pas. Sa concentration rompue, il ne sentait plus le flux tellurique, mais l'endroit tout entier vibrait à ce moment de magie noire. Voldemort était là.
- Et merde, jura le Maître des Dimensions.
ooOoo
Gidéon regardait du coin de l'œil le jeune Terry/Harry. Il était partagé entre sa méfiance à l'égard du garçon et la réaction de ses compagnons qui semblaient avoir adopté le nouveau venu. Tout le monde agissait étrangement en présence de ce gamin – car il n'était qu'un gamin qui n'avait en aucun cas sa place sur un champ de bataille, quelle que fût sa puissance.
On cria et les réflexes d'auror de Gidéon reprirent le dessus quelques secondes après ceux de James. Les deux jeunes hommes s'élancèrent sans attendre. Comme toujours, l'héritier de l'illustre famille Potter avait été plus rapide. Il avait une capacité à réagir promptement qui avait bien souvent sauvé ses collèges. Il était probable que ce soit une des raisons expliquant l'ascension fulgurante du brun. Gidéon devait admettre qu'il l'enviait parfois, sans que cela ne vire à une malsaine jalousie.
Il fallait admettre que sa place n'était pas la plus aisée. Lorsqu'on l'avait assigné à cette équipe, après la mort de deux de ses compagnons de combat, il avait pesté : lui, un auror qui avait fait ses preuves avec une équipe commandée par un nobliau tout juste sorti de formation ? Il avait vite compris son erreur. Il avait fait montre de préjugés en pensant que James, parce qu'appartenant à une des plus vieilles familles de l'aristocratie sorcière, était de la même trempe que ces planqués du ministère n'ayant jamais rien fait sans être pistonnés. Le jeune Potter n'était pas ainsi. Il aurait très bien pu ne pas travailler – même s'il n'y faisait jamais référence, chacun savait qu'il était à la tête d'une fortune colossale – mais il avait décidé de devenir auror et de défendre son prochain. Ça collait tout à fait à son caractère.
Un autre problème s'était posé lors de l'arrivée de Gidéon dans cette équipe : les Maraudeurs. Il n'avait appris que plus tard l'existence du groupe de farceurs unissant James, Sirius, Severus et Remus Lupin. Et lui était venu se mettre au milieu de tout ça. Autant dire que cela n'avait pas plu aux quatre amis. Les premiers temps avaient été difficiles, mais les dissensions avaient maintenant disparues et Gidéon en était satisfait. Aussi peut-être ne fallait-il pas qu'il s'oppose aux autres sur le sujet « Terry Star / Harry Potter ».
Enfin, ce n'était pas la question du moment. Pour le moment, la seule chose qui occupait l'esprit de l'auror était la horde de Mangemort qui venait de surgir dans le musée.
- Et merde, fit le gamin.
Là, Gidéon était parfaitement d'accord. Gros problème. De cinq contre quarante, ce n'était pas très équitable. Sans parler du fait que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom était probablement des les parages. Très gros problème. Quelques sortilèges furent échangés en guise de bonjour – ces Mangemorts étaient très à cheval sur la politesse. L'auror évita de justesse un charme pas tout à fait inoffensif. Déjà, le Maître des Dimensions avait mis hors d'état de nuire une douzaine de Mangemorts avec ses étranges éclairs.
ooOoo
Voici qui conclut cette deuxième partie et marque l'entrée en scène de Lily. J'attends vos commentaires avec impatience !
