Je suis contente que cette histoire plaise à autant de fans. Je vais essayer de poster un nouveau chapitre par semaine pour ne pas vous faire languir trop longtemps, soit une update tous les week end si tout va bien. En espérant que vous soyez de plus en plus nombreux au fil des chapitres à lire cette traduction...


Chapitre 2 : Normalité

J'entendis son réveil soudain, comme si elle était propulsée hors du sommeil. Elle cherchait de l'air, essayant de respirer alors qu'elle frissonnait violemment. On aurait dit qu'elle avait fait un mauvais rêve.

Après avoir murmuré mon nom, elle n'a pas dit grand chose, juste des bribes. Je l'entendis plusieurs fois dire 'non' et 's'il vous plaît' mais la plupart du temps c'était incohérent. Le fait qu'elle est dit mon nom dans son sommeil m'a doublement surpris. D'abord, le fait qu'elle l'ait dit tout simplement. La chaleur de sa voix, la façon dont elle a prononcé mon nom d'une manière si merveilleuse. Puis ensuite vint le choc - le sentiment de chaleur diffus en moi après que je l'ais entendu. J'ai repoussé ce sentiment ; me concentrant à la place sur le sentiment de soif à l'idée de la goûter. Je n'y arriverais pas - surtout pas après qu'elle ait murmuré mon nom. Mais j'avais besoin de la sentir complètement. J'avais besoin de savoir à quoi la vraie soif ressemblait, même juste pour un instant.

Alors j'ai refermé mon livre et respiré profondément, savourant son parfum en moi comme une eau potable pour un homme assoiffé. Il m'intoxiquait. Je sentis mes instincts se réveiller comme si la promesse du sang était proche. Et si je le voulais, je pourrais l'avoir. Je pourrais la tuer maintenant. Prendre chaque goutte de sang de son corps, dégustant la douce ambroisie de ma bouche. Elle serait douce et obsédamment merveilleuse. Elle ne se battrait ni ne crierait. Elle ne pourrait même pas se réveiller. Et même si elle le faisait, elle céderait au sentiment.

Mais la seconde d'après, je l'entendis soupirer à nouveau, ce qui me ramena brutalement à la réalité. Non seulement je ne me pardonnerais jamais de l'avoir tuer, et Aro sera très déçu. On ne savait jamais à quoi s'attendre quand il était dans cet état.

Puis elle se réveilla. Elle avait dormi pendant presque trois heures à ce moment-là. Le soleil n'allait pas se lever avant une heure au moins. La chambre était toujours plongée dans l'obscurité. J'avais éteint la lumière pour que son sommeil ne soit pas troublé. Elle était assise, regardant la chambre autour d'elle. Elle frotta ses yeux, comme si elle essayait de les débarasser des dernières traces de sommeil. Je savais qu'elle ne pouvait pas me voir, mais elle continua à regarder autour d'elle, comme si elle cherchait quelque chose. Savait-elle que j'étais là ? Pouvait-elle me sentir l'observer ?

"Edward ?" Sa minuscule voix emplie la pièce. Elle était effrayée. Elle était dans un endroit étrange dans l'obscurité, apparemment seule. Si seulement elle savait qu'il y avait tellement plus à craindre ici que l'obscurité. J'ai envisagé d'entrer par la porte comme si je n'avais pas été ici, à observer et attendre. Alors j'ai simplement reposé mon livre et me suis levé.

"Oui, Isabella, je suis ici," dis-je, essayant de paraître aussi calme que possible. Je l'entendis repsirer profondément et soupirer.

"Peux-tu allumer la lumère ? Je ne vois rien ?"

J'avais oublié. Je pouvais la voir si clairement sans lumière. La perplexité se lisait sur son visage, la façon dont elle mordait nerveusement sa lèvre. J'y suis allé et ais appuyé sur le commutateur sur le mur, éclairant la pièce brusquement. Elle cligna des yeux rapidement, s'habituant à la lumière crue. Alors elle me fixa. Et je veux dire vraiment fixer. Elle prit son temps, son regard parcourant tout de moi, avant de plonger ses yeux dans les miens. J'avais l'impression d'être evalué et non regardé.

De longues minutes s'écoulèrent sans qu'aucun de nous ne parla. Elle semblait vouloir dire quelque chose, mais ne savait pas par oû commencer. De nombreuses questions se lisait dans son regard. Je voulais y répondre, la mettre à l'aise. Avant que je ne puisse dire une seule chose, quelqu'un frappa à ma porte. J'ai fouillé dans les pensées de la personne de l'autre côté et ai constaté qu'il s'agissait de Demetri. Je me suis excusé poliment de la présence d'Isabella et me suis dirigé vers la porte, sortant dans le couloir.

"Alors elle est ici," annonca Demetri. J'acquiesçais.

"Tu ne l'as pas encore transformé ?"

"Non, pas encore. Je ne peux pas. Je ne suis... pas prêt. Je la tuerais. Aro a dit que je pouvais avoir plus de temps, pour faire ce que j'ai à faire. Je pense que si je peux surmonter l'attirance de son odeur, si je peux me contrôler ne serait-ce qu'un instant, je serais capable de m'arrêter à temps. Malgré tout, si j'ai besoin de toi, juste pour être sûr, viendras-tu ?" demandais-je. Ses pensées bouillonnèrent. Il pouvait la sentir même dans le couloir. Elle le tentait lui aussi.

"Si tu penses que ma présence s'impose, je viendrais."

"Merci, Demetri."

"A-t-elle besoin de quelque chose ?" demanda-t-il. J'ai réfléchi un instant. Des vêtements de rechange pourraient être utile, ainsi que de la nourriture. Elle avait besoin de manger. Je dis toutes ces choses à Demetri et il me répondit qu'il fera ce qu'il faut pour que quelqu'un apporte ce qu'elle exige. Puis il s'excusa.

Je retournais dans la chambre avec Isabella. Elle regardait mes livres. Je ne savais pas ce que je m'attendais à ce qu'elle fasse. Je pensais peut-être que le temps s'arrêterait lorsque j'aurais quitté la chambre et qu'elle serait toujours assise dans le lit, l'air echevelé mais toujours belle quand je reviendrais. J'avais eu tort. Elle regardait fixement le haut de la bibliothèque et posa ses yeux sur moi. Son regard semblait légèrement moins intense qu'auparavant.

"Une personne va t'apporter de la nourriture et des vêtements," dis-je alors que je traversais la chambre pour la rejoindre. Elle acquiesça. C'était si maladroit. Je n'étais pas sûr de savoir par oû commencer, si je devais tout lui expliquer maintenant. Si elle me posait une question, je lui répondrais mais elle avait l'air d'avoir peur de demander. Mais j'avais besoin qu'elle me parle. J'avais besoin de me souvenir qu'elle n'était pas juste un repas, elle était une fille avec une vie, une famille peut-être, des idées et des intérêts propres. Elle n'était pas juste une énigme, une énigme à résoudre, un corps à transformer. Elle était une personne, qui serait bientôt un vampire. Elle était perplexe mais merveilleuse, effrayée et hypnotisée.

"Qu'est-ce qui t'amènes en Italie ?" demandais-je alors qu'elle se tournait et s'asseyait sur la chaise que j'occupais quelques minutes plus tôt. J'ai avancé et me suis assis sur une chaise à côté d'elle. Je voulais la connaître, apprendre de sa vie. Je voulais me souvenir, quand le temps sera venu, qu'elle était une personne.

"Ce voyage était un cadeau de fin d'études de mes parents. J'ai entendu parler de cet endroit... je croyais que ce serait des vacances agréables... juste visiter... et maintenant..."

Ses mots se bloquèrent dans sa gorge. Elle me regarda de nouveau, la même douleur et la même crainte qu'auparavant. Je voulais les faire s'arrêter. Je voulais lui promettre que je ne laisserais plus jamais quoi que ce soit la blesser. Mais ce serait un mensonge. Parce que bientôt, je la blesserais. J'étais celui parmi tous les autres qui lui semblait sûr. Elle avait tort.

J'ai reculé alors que je pensais à la douleur qu'elle ressentirait. Rien ne la blesserait plus que le changement. Penser à elle en train de se tordre de douleur alors que je pourrais seulement regarder et attendre me donna des frissons. Je ne voulais pas y penser.

"Je ne sais même pas oû je suis," confessa-t-elle doucement. J'ai regardé son visage, son expression confuse.

"Volterra," répondis-je simplement. Je ne savais pas quoi dire d'autre. Mais elle fronça les sourcils.

"Je sais ça ! Mais oû ? Pourquoi suis-je ici ? Je ne me souviens même pas de ce qui m'est arrivé. Je sais que je marchais sur la place et quelqu'un m'a appelé, m'a demandé de venir à lui... Je ne pouvais pas résister."

Elle regardait devant elle comme si elle se rappelait la dernière chose qu'elle avait ressenti avant d'être emmenée. Je me demandais ce qui lui était arrivé et pourquoi ils ne l'avaient pas seulement tué. Peut-être qu'ils n'avaient pas remarqué qu'elle était immunisée face à nos capacités et l'avaient emmené à Aro. Cela n'avait pas d'importance maintenant. Ce qui était important, c'était qu'elle était ici à ma charge.

"Isabella," commençais-je. J'allais essayé et remplir certains blancs. Pas tous évidemment - cela ne serait pas bon de l'effrayer face à la mort - mais je voulais essayer de la réconforter, la calmer. C'est alors que l'un des subalternes est arrivé avec des affaires.

Je lui ais d'abord apporté la nourriture - un petit déjeuner complet avec un fruit, un bagel, du jus d'orange et du bacon. L'odeur était légèrement ecoeurante mais elle mangea avec enthousiasme. Je me demandais depuis combien de temps elle n'avait pas mangé. Lorsqu'elle eut terminé, je lui ais donné les vêtements qu'on avait apporté. Six sacs avaient été amené pour elle. Elle allait avoir besoin de vêtements après sa transformation. Elle voulait prendre une douche donc je lui ais montré la porte qui reliait la salle de bain à ma chambre. Elle hocha la tête et prit tous les sacs de vetements avec elle dans la salle de bain.

Elle était incroyablement calme pour quelqu'un que l'on avait enlevé et retenait contre sa volonté. Elle faisait simplement son affaire comme d'habitude, comme si rien ne sortait de l'ordinaire. Etait-ce parce qu'elle savait déjà qu'elle n'allait jamais partir ? Ou essayait-elle de se déguiser et de s'enfuir ?

Elle aurait besoin de chance pour s'échapper de Volterra. En plus du fait que je serais avec elle à chaque instant de la journée et si je n'étais pas quelqu'un d'autre, si elle devait être attrapée, elle serait très probablement tuée. Des vampires désobéissants ont été tués pour moins que ça et elle était simplement une humaine intérressante.

Soudain, il y eut un grand choc et je courus jusqu'à la porte de la salle de bain.

"Est-ce que ça va ?" demandais-je, l'inquiétude transformant ma voix. Si elle ne me répondait pas immédiatement, je devrais essayer de déverouiller cette porte et entrer pour vérifier qu'elle allait bien.

"Je vais bien... J'ai juste... glissé. Je ne suis pas blessée," dit-elle en réponse. Je laissais echapper un soupir de soulagement. Je retournais à la chaise oû j'étais assis et quelques minutes plus tard, la porte de la salle de bain s'ouvrit et elle sortit.

Elle séchait ses cheveux avec une serviette alors qu'elle sortait, la vapeur sortant de la pièce, tournoyant derrière elle. Son parfum était plus fort et plus envoutant que jamais auparavant et je du serrer les dents pour lutter contre le besoin qui faisait rage en moi. Ses yeux évitèrent les miens alors qu'elle restait debout. Elle portait une simple robe d'été bleue. Je profitais du fait qu'elle ne me regarde pas pour l'étudier de nouveau. La regarder créait un autre besoin en moi, un qui ne m'était pas familler. On aurait dit que mon estomac se tordait.

"Que regardes-tu fixement ?" demanda-t-elle soudain. Je n'avais pas remarqué qu'elle me regardait de nouveau. Je ne savais pas quoi dire. Mon silence fut une réponse pour elle - elle rougit, la couleur de son sang sucré colora ses joues. Mes besoins - les deux - s'intensifièrent en moi. Je ne pouvais pas dire lequel des deux était le plus puissant à ce moment. Si je pouvais rougir, je l'aurais fait.

"Pardonnes-moi, Isabella, c'est inapproprié," réussis-je à dire. Elle me regarda, la serviette dans sa main, ses cheveux tombant lâchement sur ses épaules.

"S'il te plait, appelle-moi Bella, je préfère," dit-elle, ne reconnaissant pas mon excuse, ou mes actions de l'instant d'avant. Alors ce serait Bella.

"Qu'est-ce que tu as fait exactement là-dedans ?" demandais-je, me souvenant du choc entendu dans la salle de bain. Elle posa la serviette sur le dossier de la chaise derrière lequel elle se tenait et baissa les yeux vers ses pieds.

"Je, hum, me suis pris dans le rideau de douche," marmonna-t-elle. Je la fixais un long moment avant de me mettre à rire. Je ne voulais pas, mais l'image d'elle empêtrée dans le rideau de douche était amusante. Elle me fixa de son regard noir.

"Ce n'est pas drôle !" cria-t-elle, mais je vis un sourire sur ses lèvres. Elle essayait d'être en colère contre moi, mais elle ne pouvait pas.

"Encore une fois, je m'excuse. C'est juste... amusant," lui dis-je. Elle se mordit la lèvre pour s'empêcher de sourire.

"Les vêtements te plaisent ?" demandais-je, changeant de sujet.

"Un peu cher, mais ils sont bien," dit-elle, ramenant la serviette à ses cheveux. Elle finit sa routine post-douche puis retourna dans la salle de bain pour accrocher la serviette et prendre les sacs de vêtements. Elle regarda autour d'elle dans la chambre pour trouver un endroit discret oû les mettre et les posa au coin du lit. Elle se mit alors à faire le lit, défroissant les draps et remettant les oreillers à leur place initiale.

"Qu'est-ce que tu fais Is-Bella ?" demandais-je en corrigeant son nom.

Elle me regarda, perplexe. Son expression disait clairement que c'était évident. Je fais le lit, qu'as-tu besoin de savoir de plus ?

"Il n'y a pas besoin de le faire. Tu es la seule qui dormira là et si tu le souhaites, d'autres personnes seront là pour s'en occuper." Je lui ais presque dit ce que nous étions. Cela l'aurait effrayé à coup sûr. Mais elle a juste haussé les épaules et finit ce qu'elle faisait.

"Qu'as-tu fait pendant que je dormais ?" demanda-t-elle lorsqu'elle eut fini. Elle s'assit sur le bord du lit. Le bleu de sa robe se fondait dans la couleur des draps du lit.

"Je devais m'occuper de certaines choses, mais après je suis revenu ici. C'est ma chambre," expliquais-je. Certaines choses avaient besoin d'être omises, mais d'autres devaient être clarifiées.

"Oh. Je suis désolé d'avoir voler ton lit. As-tu dormi sur cette chaise ?" demanda-t-elle. Je souris et secoua la tête.

"Je ne dors pas Bella," lui dis-je. Elle rit comme si je plaisantais mais je restais stoïque. Je jetais un coup d'oeil par la fenêtre. Le ciel était dégagé. C'était le matin maintenant. Le soleil brillerait aujourd'hui aussi. Normalement, je ne devais pas m'inquiéter du fait que les rideaux soient ouverts, ou que quelqu'un voit ma peau. Ici, tout le monde étincelait. Mais maintenant avec Bella, je n'étais pas sûr de devoir les fermer. Serait-elle alarmée de voir que ma peau etincelait comme un bijou dans la lumière du soleil ? Exigerait-elle de savoir qui je suis, demanderait-elle une explication ? Lui dirais-je la vérité ?

Je ne voulais pas la blesser. Mais il y avait des raisons pour que je la transforme. Je devais la transformer parce que Aro, Caïus et Marcus avaient dit que je devais le faire. Ils ne voulaient pas être déçus, mais ne toléraient pas l'insolence. Si je leur désobéïssait délibérément, ils me tueraient. Ils m'aiment, et aimaient Carlisle, ils étaient réticents à l'idée de me tuer, mais ils le feraient si je leur en donnais une raison. Je ne voulais pas le faire, parce que je ne voulais pas mourir, et parce que ça détruirait Carlisle et Esmée.

Je la regardais dans les yeux lorsque je sentis le soleil grimper dans le ciel. Voilà l'heure de vérité. Dans une minute, la lumière du soleil atteindrait les fenêtres. Elle verra qui je suis vraiment. Vais-je me laisser faire ? Serais-je capable d'être ainsi exposé ? Cette fois, j'avais peur. Penser à ce que son visage exprimerait quand elle me verrait m'effrayait.

Mais ce que je vis dans son regard, c'était la résignation. Elle attendait ma réplique, une certaine idée de ce que je voulais qu'elle fasse. Alors je me levais et suis allé à la fenêtre. J'attendis que la lumière m'atteigne. J'attendis d'entendre sa réaction, le dégoût, la crainte, la colère de ma tromperie.

Alors que le soleil se levait, ses premiers rayons entrèrent par les fenêtres ouvertes et touchèrent ma peau. Je me révélais dans sa chaleur. J'entendis son halètement derrière moi.

"Oh mon... Edward."