S'emparant de son vanity sur le tapis roulant, Blair l'ouvrit avec un empressement non dissimulé. Elle jeta un œil sur le miroir de poche et réprima un juron grossier. Il fallait s'y attendre : elle s'était endormie juste après l'escale à Los Angeles et son maquillage avait coulé. Crétine d'hôtesse de l'air qui avait refusé qu'elle prenne sa trousse de toilette avec elle ! Résultat : vingt d'heures d'avion sans manucure, une migraine épouvantable dû à ces affreux gamins qu'on ne trouve qu'en seconde classe, et un teint digne de Steve Buschemi au réveil !

Elle referma le vanity d'un coup sec et jeta un coup d'œil alentour : et avec ça, aucun commis pour porter ses bagages ! C'était le pompon... Cette fois-ci, c'en était trop : elle s'assit sur une de ses deux valises, et plongea la tête dans ses mains, massant ses tempes douloureuses.

- Besoin d'un coup de main ?

Elle releva la tête et découvrit un charmant jeune homme brun, le regard pétillant et tout sourire. Le visage de Blair se décomposa.

- Toi ?

- Oui, moi... Je me suis dit que tu apprécierais peut-être une présence masculine à ton arrivée. Je te connais : tu n'es pas du genre à voyager léger ... et tu n'es pas sans connaître mes muscles légendaires !

Blair grimaça et se leva. Sans se laisser démonter, le jeune homme passa le sac de voyage en bandoulière autour de son torse, puis s'empara d'une valise dans chaque main.

- Tu te sens la force de porter le vanity ? lança-t-il à Blair avec un sourire espiègle.

La brunette réprima son envie de lui tirer la langue. Mais elle était tellement lasse qu'elle ne se sentait même pas la force de riposter. Bon sang mais qu'est-ce qu'elle faisait là déjà ?

- J'ai graissé la patte aux militaires du poste de sécurité nord, indiqua le jeune homme en tendant le menton vers l'une des quatre portes de sortie. Ils ont augmenté les contrôles depuis les événements d'avril dernier. Ca t'évitera une fouille corporelle ... mais si tu le regrettes, je pourrais m'en charger en arrivant à l'hôtel !

Même éreintée, elle ne pouvait pas laisser passer ça. Plantant ses yeux dans le regard bleuté, elle contre-attaqua :

- Voyons, nous savons tous les deux que je préfère la matraque d'un soldat au crayon d'un gratte-papier !

Et sans plus le regarder, elle marcha d'un pas conquérant vers le poste de sécurité sud, un sourire victorieux aux lèvres.