Voilà la suite.


oOo Mère et Fils oOo

°°O°°

Chapitre II

Plusieurs jours passent.

Un elfe a soigné Drago et ses marques disparaissent lentement. C'est Narcissa qui a envoyé l'elfe. Drago n'a pas reparlé de cette nuit. Ce matin, elle est attablée à sa place de maîtresse. Le siège en face d'elle est vide. Depuis trois jours, Lucius n'est pas rentré au Manoir. Narcissa l'imagine au milieu de prostituées, bouteille en main. Drago entre dans la grande salle et s'assied en ignorant sa mère. Il se dépêche de manger et se lève, prêt à sortir.

- Où vas-tu ? Demande Narcissa.

- Le Lord demande à me voir.

Narcissa tressaille mais Drago n'est plus là, pour le remarquer. Elle soupire et se laisse aller dans son siège. Son fils va encore passer une heure à se faire torturer. Drago le sait, Narcissa le sait, et pourtant aucun n'en parle. Narcissa maudit en silence son époux et son Maître, sa sœur, Bella et Severus Rogue. Puis, elle se lève à son tour, et va à son salon privé. Elle s'installe dans son fauteuil et regarde au dehors.

°oOo°

Drago rentre quelques heures plus tard. Il a la gorge brûlante d'avoir hurlé. Il passe devant la porte entrouverte du salon de sa mère. Il colle son oreille contre la porte et seul le silence lui parvient. Alors, il pousse la porte. Le salon est plus chaleureux que dans son souvenir. Normal, pense-t-il, la dernière fois qu'il y est allé, c'était il y a six ans. Avant son entrée à Poudlard, en fait.

Les murs de pierres et les dalles grises sont froids, mais les tableaux colorés et les rideaux dorés réchauffent la pièce. Le feu brûle et Drago se doute qu'un elfe vient de le raviver. Dans un fauteuil bleu, placé près de la fenêtre, Narcissa Malefoy dort. Une mèche échappée de son chignon se soulève et s'abaisse au rythme de sa respiration paisible. Une main est posée sur son ventre alors que l'autre tient un livre posé sur l'accoudoir. Drago l'observe et il la trouve belle. Jamais, il ne l'a vue aussi fragile, aussi calme.

Il reste là, debout, conscient de violer l'intimité de sa mère. Soudain, elle gémit et remue. Ses yeux d'azur s'ouvrent et rencontrent ceux de son fils. Elle bondit sur ses pieds et lâche son livre qui s'écrase sur le sol. Elle reprend son masque et demande d'une voix neutre, bien qu'elle soit furieuse qu'il l'ait surprise dans son sommeil.

- Tu veux quelque chose, Drago ?

- Il n'y a rien, Mère. Je passais devant votre porte et n'entendant aucun bruit, je me suis inquiété. Ne m'en voulez pas.

Il incline la tête, après ce mauvais mensonge et Narcissa se retient de le gifler.

- Ne soit pas insolent avec moi. Je ne t'ais pas élevé ainsi.

- En effet. Vous ne m'avez pas élevé du tout.

Drago fait volt face et sort, laissant sa mère, désemparée.

°oOo°

C'est une semaine après qu'il ait battu son fils, que Lucius rentre enfin au manoir. Il arrive en transplanant, au milieu de la nuit. Narcissa, allongée sur son lit, l'écoute, traverser le couloir qui longe sa chambre, jusqu'à ses appartements de seigneur et maître. En chemin, il fait tomber des vases qui se fracassent au sol. Narcissa a peur qu'il ne vienne partager son lit, mais ivre, il rejoint sa propre chambre. Il y a bien longtemps déjà qu'il ne visite plus son épouse. Narcissa se rendort avec comme un nœud à l'estomac.

°oOo°

Une respiration au creux de son oreille la fait se réveiller. Elle tombenez à nez avec les yeux gris de Lucius. Celui-ci est penché sur elle et la fixe de son regard torve. Retenant un cri, Narcissa roule sur le côté et se redresse, un drap autour d'elle.

- Que me vaut le plaisir de ta visite ?

Le tremblement de sa voix est maîtrisé et de toute manière, Lucius est bien trop ivre pour s'en rendre compte.

- Je viens accomplir mes devoirs d'époux….

- A 4H30 du matin ?

Narcissa regarde autour d'elle dans l'espoir de gagner du temps. Rien que de penser aux mains de Lucius sur sa peau la fait frissonner de dégoût.

- Je le fais à l'heure qu'il me plait, grogne Lucius en s'asseyant sur le lit. Allons, Narcissa, ajout-t-il en la voyant grimacer, n'es-tu mas mon épouse qui me doit respect et obéissance ?

- Et toi, n'es-tu pas mon mari, celui qui me doit amour et fidélité ?

Lucius n'écoute pas. Il regarde Narcissa qui panique de plus en plus.

- Tu faisais moins la fière, il y a huit jours, Narcissa, fait remarquer Lucius avec un sourire mauvais.

- J'aimerais que tu sortes, Lucius, ordonne Narcissa. Tu n'es pas en état de faire quoi que ce….

- Tu m'insultes, femme !? Rugit Lucius, en faisant sursauter Narcissa.

Elle sort du lit, un drap l'entourant, et le contourne, les yeux rivés sur son époux. Elle met ses chaussons et sa robe de chambre, avant de laisser tomber le drap. Lucius ne la quitte pas des yeux. Narcissa cherche la poignée de sa porte, à tâtons et l'ouvre. La lumière du couloir éclaire sa chambre.

- Je serais toi, je ne ferais pas un pas de plus, prévient Lucius.

- Sinon quoi ?

- Sinon, je te tue.

Lucius est très sérieux. Une lueur démente brille dans ses yeux. Narcissa lui sourit, glaciale.

- Il faudrait déjà que tu sois sobre, mon amour….

Elle sort dans le couloir et claque la porte.

Elle s'adosse contre le mur et respire calmement. Elle tourne la tête à gauche et tombe sur la porte ouverte de la chambre de Lucius. Elle tourne la tête à droite et voit Drago et ses prunelles argentés, posés sur elle. Drago et son visage neutre.

Elle détourne les yeux et passant prés de lui, elle prit la direction de son salon privé.


La suite demain. Bonne nuit, à vous tous.