Disclaimer : les personnages sont de JK Rowling, l'histoire de Shiv5468.
Chapitre deux.
Lucius passait tranquillement sa soirée à la maison. Ça lui arrivait assez souvent ces derniers temps. En fait, l'Assemblée Vespérale mensuelle était quasiment la seule occasion de se divertir qu'il lui restait, et même ça, ça commençait à lui taper un peu sur les nerfs, maintenant que Severus et Smudger était si éhontément entichés et rayonnants de bonheur. Lucius n'avait pas l'habitude d'envier le commun des mortels, et ça le rendait grognon. Il n'aurait jamais avoué qu'il était grognon – les Malefoy n'étaient jamais grognons, c'était bien trop ordinaire… ils étaient inconsolés, ou mélancoliques – mais bon, là, il n'y avait pas à dire, il était grognon.
Oui, il était enfin débarrassé de Narcissa – le divorce serait bientôt officiellement prononcé – mais quelque part, c'était beaucoup moins marrant de filer à l'anglaise pour aller rejoindre des moldues quand il n'y avait personne pour remarquer la manœuvre. De plus en plus souvent, il se rendait compte que s'il avait le choix entre sortir pour une nuit de passion avec une jeune femme désirable, ou rester chez lui avec un bon livre, il choisissait le livre. Ça demandait tellement d'efforts d'être charmant et spirituel, et pour tout dire, une paisible compagnie lui manquait un peu.
Evidemment, avec Narcissa, il n'avait jamais connu de paisible compagnie, plutôt des bouderies sans fin, mais ils étaient séparés depuis suffisamment longtemps pour que ses souvenirs aient atténué les aspects les plus déplaisants de leur relation.
Cependant, être un Malefoy signifiait avoir les moyens, en conséquence, la solution à un problème donné n'était jamais écartée pour une question de coût. Il n'avait pas le moral, et il avait envie de compagnie, donc, il s'était acheté de la compagnie.
Ça le rendait un peu nerveux. Il n'avait jamais eu besoin de ce genre de choses auparavant, et il avait une réputation à maintenir, mais la transaction s'était révélée facile et discrète, et maintenant, la compagne en question était installée sur le sofa, et le regardait de ses grands yeux marrons.
Il l'avait choisie blonde, évidemment : ça allait si bien avec ses cheveux. Et il l'avait appelée Cissa, ce qui n'était peut-être pas du meilleur goût, mais personne n'était là pour le voir, alors ça n'avait pas vraiment beaucoup d'importance.
Il était justement sur le point de demander à Cissa s'il y avait quelque chose en particulier qu'elle aimerait manger quand il sentit les barrières de protection du Manoir s'écrouler dans un fracas terrible.
« Si tu veux bien m'excuser, ma chérie, » murmura-t-il, poli jusqu'au bout des ongles. Il attrapa sa baguette et se prépara à se défendre contre l'assassin déterminé à mettre prématurément fin à sa vie. Cissa, dérangée de sa position confortable sur le canapé, se leva et vient se presser contre lui. Il était évident qu'elle n'appréciait pas cette interruption de leur soirée.
« Ne t'en fais pas. Je ne permettrai pas qu'il t'arrive quoi que ce soit, » dit Lucius, surpris de réaliser à quelle vitesse il avait commencé à ressentir un sentiment protecteur envers sa nouvelle compagne.
Smudger fit une entrée spectaculaire, faisant bondir la porte hors de ses gonds.
Il se tenait dans l'encadrement de la porte, un Elfe de Maison agrippé à sa jambe. « Vous ne devez pas entrer, » insistait la créature. « Vous n'avez pas été annoncé. C'est mal élevé. Le Maître ne sera pas content. » L'elfe fit ensuite de son mieux pour arracher la rotule de Smudger avec ses dents, mais Smudger lui détacha les doigts de sa jambe, avant de l'envoyer à l'autre bout de la pièce d'un coup de pied qui aurait horrifié Hermione si seulement elle en avait été témoin.
Le Maître n'aima pas ça du tout. Il ne comprenait pas pourquoi Smudger faisait une visite si précipitée au Manoir Malefoy – pourquoi il y faisait une visite tout court, d'ailleurs, il n'avait jamais été ré-invité – mais il hésita avant de lui lancer un sort. Il n'y avait pas la moindre raison pour que Smudger l'attaque, et il pouvait toujours être là pour venir le prévenir d'un désastre imminent : après tout, ils étaient de vieux amis. Son dilemme fut résolu quand Smudger lui colla un coup de poing en pleine face, le faisant tomber à la renverse sur le canapé, avant de l'attraper d'une poigne de fer par le cou.
« Qu'est-ce que tu lui as fait ? » demandait-il, secouant violemment la tête de Lucius. « Où est-elle ? »
Lucius, s'il avait été capable de parler, aurait essayé de savoir qui était cette 'elle' dont parlait Smudger, avant d'établir son innocence aussi rapidement que possible. Au lieu de cela, il fut obligé de recourir à une méthode barbare mais efficace pour se libérer de son assaillant : il lui lança un violent coup de genoux dans les testicules. Puis un deuxième.
Smudger laissa échapper un hurlement haut perché, et tituba en arrière, avant de sortir sa baguette dans un grand geste et de la diriger vers l'emplacement présumé du cœur de Lucius. « Bon, connard, qu'est-ce que tu as fait d'elle ? »
Lucius se massa la gorge dans l'espoir de retrouver sa capacité à parler, mais également pour gagner du temps. Cissa, de son côté, était mécontente de l'apparition d'un quelconque parvenu dans sa maison, et plus mécontente encore qu'on maltraite son nouveau compagnon. Elle se jeta sur Smudger et fit tomber sa baguette au sol.
Il y eut quelques minutes assez confuses pendant lesquelles Lucius parvint à attraper sa baguette, Smudger se mit à genoux pour ramasser la sienne, et Cissa, encouragée par son succès, planta ses dents dans le fessier de Smudger.
« Ouille ! » s'exclama-t-il, essayant de la repousser. « Mais pourquoi est-ce que tu as fait ça ? »
« D'après moi, » avança Lucius d'un ton grave, « elle s'est offensée de l'assaut injustifié sur ma personne. C'est une brave petite. »
Cissa remua la queue, mais ne lâcha pas Smudger pour autant.
« Maintenant, je suis un homme raisonnable, alors je ne vais pas te tuer tout de suite, » continua Lucius d'un ton suave, « mais c'est seulement parce que nous sommes de vieux amis, et que je suis un tout petit peu curieux de savoir ce qui a bien pu te passer par la tête. » Il s'installa de nouveau sur le canapé, et ajusta ses robes froissées à sa convenance, sans jamais quitter Smudger ni des yeux ni de la baguette. « Alors ? »
« Tu sais très bien ce que tu as fait, salaud ! »
« Curieusement, non. Peut-être que c'est parce que je suis un tel cerveau du crime. Je passe tant de temps à comploter que ça m'est totalement sorti de l'esprit – pourquoi est-ce que tu ne m'éclaires pas ? »
« Tu veux dire que tu ne sais vraiment pas de quoi je parle ? » demanda Smudger, s'étalant lourdement au sol, et repoussant le chien. Cissa remua la queue, et lui colla sa truffe humide contre une oreille, pensant que tout ça n'était qu'un jeu.
« Cissa ! » s'écria Lucius, sévère, contrarié par le manque de constance de sa compagne.
Smudger savait que Lucius était un salaud de vicieux. Qu'il n'hésiterait pas à mentir, encore et encore. Mais il avait aussi une tendance à se vanter. D'après lui, il ne servait à rien de commettre de mauvaises actions si on ne pouvait pas ensuite s'en vanter auprès de quelqu'un. C'était son genre, il aimait s'écouter parler. S'il avait kidnappé Tonks, il aurait été incapable de résister à la tentation de faire le malin avec Smudger – surtout si celui-ci était sous la menace de sa baguette.
Ce qui signifiait qu'il n'était toujours pas plus avancé dans sa recherche de ce qui était arrivé à Tonks.
Hermione et Severus étaient arrivés au Manoir Malefoy quasiment sur les talons de Smudger. Cependant, leurs tentatives de le suivre furent retardées par l'elfe de maison meurtri et contusionné qui les accueillit à la porte et refusa de les laisser entrer.
« Le Maître ne veut recevoir personne, » affirma l'elfe.
« J'ai l'impression que le Maître a déjà un visiteur, » siffla Severus. « Ecarte-toi de notre chemin. »
« NON ! » s'indigna l'elfe. « J'ai été un mauvais elfe, et j'ai laissé entrer un Méchant Meussieu, mais je ne vous laisserai pas passer. »
« Oh, bord… » commença Severus en sortant sa baguette.
« Voyons, voyons, Severus. Ce n'est pas la peine d'être si grossier, » l'arrêta Hermione. « Je suis sûre que – comment tu t'appelles ? – essaie simplement de bien faire son travail. »
« Dipsy, Miss, » répondit l'elfe d'un ton boudeur. « Je suis Dipsy. Et je fais bien mon travail. »
« Le truc, tu vois, Dipsy, » expliqua Hermione, « c'est que le gentleman qui vient d'arriver est un ami à nous. Il vient d'apprendre une mauvaise nouvelle, et il est complètement bouleversé. Nous avons peur qu'il ne fasse du mal au Maître, et nous sommes venus pour l'aider. »
Severus afficha un sourire narquois. C'était une affirmation soigneusement ambiguë. Aider qui, au juste ? Smudger ou Lucius ?
L'elfe resta intraitable. « Le Maître jettera un sort au Méchant Meussieu. »
« Le Maître pourra peut-être jeter un sort au, euh, au Méchant Meussieu, » convint Hermione. « Mais nous savons bien que ça pourrait lui créer des ennuis auprès du Ministère. Maintenant, si c'était moi ou Severus qui lancions un sort au Méchant Meussieu, ça ne poserait pas de problème, tu vois ? »
L'elfe y réfléchit pendant un moment, avant d'acquiescer lentement. « Alors vous jetez un sort au Méchant Meussieu, et pas le Maître C'est bien, ça. J'aime bien. Le Méchant Meussieu m'a donné un coup de pied. »
« C'est vraiment un Méchant Meussieu s'il a fait ça, » affirma solennellement Hermione.
« Mais je dois vous annoncer comme il faut. Sinon, le Maître ne sera pas content, » dit Dipsy.
Severus siffla entre ses dents un commentaire sur les elfes de maison et leur infernale stupidité, mais Hermione lui lança un 'chut' autoritaire. « Tu sais qui est Severus, n'est-ce pas, Dipsy ? Et moi, je suis Hermione Granger. Miss Granger. »
L'elfe s'avança cahin-caha le long du couloir, suivi de près par Hermione et Severus. Il remit sa baguette dans la poche de sa robe de chambre, bien conscient de l'impolitesse de se présenter dans la maison d'un homme pour le tenir en joue de sa baguette. C'étaient tout simplement des choses qui ne se faisaient pas. Il était également mal à l'aise à l'idée de faire face à Lucius alors qu'ils étaient en pyjama. Le peignoir d'Hermione, même s'il était parfait pour l'intimité de leur demeure, n'était pas vraiment approprié pour sortir. Si ce genre de choses devait se reproduire régulièrement – et il suspectait que ce serait le cas, parce que sa vie était simplement comme ça – il faudrait qu'il lui trouve de long peignoirs de laine, de préférence avec un motif écossais. Déguiser de la sorte sa future femme en créature asexuée risquait de mettre la pagaille dans sa libido – penser que vous étiez en train d'embrasser McGonagall n'était pas du genre à encourager les mouvements audacieux – mais c'était un sacrifice qu'il devrait faire.
Après tout, c'était un problème facile à résoudre, il lui suffirait de la débarrasser de ce vêtement hideux le plus vite possible.
« Monsieur Snape et Miss Hermione Granger, » annonça Dipsy depuis la porte, interrompant le tableau de 'Victime sous la Menace d'une Baguette'.
« 'soir, Lucius, » lança Severus d'un ton léger. Prudemment, il resta dos à la porte, et garda la main à proximité de sa baguette : il y avait une limite entre être poli et être stupide, et il n'avait pas l'intention de la franchir ce soir. « Je vois que Smudger a commencé sans nous. »
« En effet. Est-ce qu'il y a la moindre chance que quelqu'un me dise ce qui se passe, ou est-ce que je vais devoir deviner ? » répliqua Lucius, avec une trace d'irritation dans la voix.
« Tonks a disparu, » expliqua vivement Hermione. « Nous avons cru comprendre qu'elle était supposée garder un œil sur vous, et Smudger en a tout naturellement conclu que vous pourriez savoir où elle était. »
« Naturellement, » commenta Lucius avec humeur. « Et vous n'avez pas pensé à passer me demander si je l'avais vue, oh non. Vous vous êtes précipités et n'avez rien trouvé de mieux que de me secouer comme un prunier pour me faire parler. »
« Alors ça veut dire que vous ne l'avez pas vue, si je comprends bien, » continua Hermione. « Merde. Ça ne nous arrange pas. »
« Non, je ne l'ai pas vue. Et je suis offensé – mortellement blessé – que vous ayez pu penser que je pourrais faire quelque chose de radical à la petite amie d'un collègue Mangemort. J'aurais pu, si elle avait mis le nez trop près d'un complot machiavélique, me retrouver forcé de lui lancer un Oubliette, mais rien de plus grave. Vraiment ! » Lucius les dévisagea avec hauteur pendant plusieurs secondes, avant de ranger sa baguette.
« Désolé, Lucius, » dit Smudger, ne bougeant pas de sa position au sol. « Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'aurais dû réfléchir avant d'agir. »
Hermione, qui ne se considérait pas comme particulièrement douée pour les relations sociales, remarqua que le silence qui s'installa ensuite avait le potentiel de passer de Gêné à Désastreux si personne ne disait rien. Et avec trois Serpentards qui essayaient de ne pas perdre la face dans la pièce, ce fut à elle que revint la tâche de faire la conversation.
« Mais quel chien adorable, » s'exclama-t-elle, en espérant que ce sujet au moins ne prêterait pas à controverse. « Comment est-ce qu'il s'appelle ? » Hermione se tapota le genou pour l'attirer, et se pencha pour caresser le chien affectueux qui remuait la queue avec enthousiasme.
Lucius plongea le regard dans le décolleté du peignoir d'Hermione, mais ce n'était que par réflexe ; son cœur n'y était pas.
« Cissa, » répondit-il. « Elle a la même passion pour les chaussures, mais elle au moins vient au pied quand on le lui ordonne. »
«Lucius, vous êtes un affreux personnage. » Hermione ébouriffa les oreilles du chien. « Hein que tu es d'accord avec moi Cissa? C'est un affreux personnage. »
Lucius se sentit immensément ragaillardi par ces mots. Il n'avait rien contre le fait d'être qualifié d'affreux personnage – ça semblait suffisamment dangereux pour attirer des femmes se pâmant d'admiration, sans pour autant qu'elles ne se sentent obligées de se cacher derrière des sofas, inquiètes de voir approcher leur dernière heure – ni que leurs petits amis, dans tous leurs états, ne débarquent au petit matin avec des velléités de vengeance.
« Allez, lève-toi de là, Smudger. Tu fais désordre, et après c'est moi qui doit écouter les elfes de maison se plaindre, » dit Lucius, avec un signe de la main irrité.
Smudger se releva du sol très prudemment. « C'est de la faute de Ron, » affirma-t-il.
Severus eut un rictus ironique. « D'habitude, j'ai tendance à mettre les choses sur le dos de Potter, mais cette fois-ci, il semble bien que ce soit de la faute de Weasley. C'est lui qui t'a montré du doigt, Lucius. »
« Hé, j'ai entendu ça ! » dit Ron depuis sa position stratégique près de la porte. Il avait obéi aux règles de la narration qui demandent que quelqu'un arrive juste à temps pour entendre une autre personne dire du mal de lui dans son dos. « Ce n'est pas de ma faute si les gens sautent aux conclusions. Tonks était supposée surveiller Narcissa, pas Lucius. »
« Narcissa ? » demanda Lucius, d'un ton plat.
« Dingue, » commenta Smudger.
« Là, je crois qu'on a un problème, » dit Severus. « Vous savez bien ce qu'on dit des femelles. »
Ils acquiescèrent tous gravement avant de se souvenir qu'Hermione était dans la pièce.
« Euh, qu'elle sont vraiment très intelligentes et qu'on ne devrait jamais les sous-estimer ? » proposa rapidement Ron.
« Exactement, » confirma Smudger, « quelque chose qui ressemble, en tout cas. »
« Dieux du ciel, » continua Lucius, « Narcissa ? »
« Tu l'as déjà dit une fois, ça, » lui fit remarquer Severus, serviable.
« J'aimerais bien voir comment tu le prendrais, si ta future ex-femme commençait à magouiller dans le dos du Ministère, » répliqua Lucius.
« Ça ne m'arrivera jamais, » affirma Severus avec assurance.
« Tu comptes épouser Hermione, non ? » demanda Lucius d'un ton moqueur, « Si tu veux mon avis, c'est quasiment garanti qu'elle va trafiquer dans le dos du Ministère. »
« Elle ne sera jamais mon ex-femme, » corrigea simplement Severus.
Lucius, reconnaissant les signes de l'aveuglement de son ami, n'en dit pas plus, mais secoua tristement la tête. Il faudrait qu'il apprenne par lui-même. « Bien, » reprit-il, « et qu'est-ce que Narcissa est supposée avoir fait, au juste ? Elle a dévalisé un magasin de chaussures ? »
« Elle a été vue en compagnie douteuse, c'est tout ce que je sais. Tonks était supposée garder un œil sur elle et vérifier à quel point ses nouveaux amis étaient peu recommandables. » Ron n'avait pas quitté sa position près de la porte, et attendait que la situation se calme avant de faire des mouvements brusques. Il aimait bien ses oreilles là où elles étaient, même si personne ne partageait son avis.
« Je ne vois pas en quoi c'est si intéressant, » intervint Harry. « Il y a des années qu'on la voit avec des gens douteux. »
« Si c'est à moi que vous tentez maladroitement de faire allusion, » répliqua Lucius, « je vous ferais savoir que je suis un pilier de la communauté. »
Harry ricana et marmonna quelque chose au sujet d'un pilier d'Azkaban. Tout le monde l'ignora.
« Est-ce que quelqu'un a la moindre idée de l'endroit où se trouve Narcissa ? » demanda Smudger. « Nous avons besoin d'un indice. C'est la tradition, de trouver un indice qui pourra nous mener à la demoiselle en détresse, pour qu'on puisse la secourir. Et j'aimerais vraiment qu'on passe à cette étape aussi vite que possible, merci. »
« Il n'a pas tort, » convint Severus.
« Nous ferions mieux de rentrer à la maison, alors. » Avec une dernière tape sur la tête de Cissa, Hermione se releva, dans un craquement de genoux.
« Mais pourquoi diable ? » demanda Lucius.
« Nous avons tous les ingrédients pour un Quaere Locus. Je me suis dit que nous pourrions toujours essayer, » expliqua Hermione.
« Aussi désolé que je sois de mettre un terme à votre carrière naissante dans la Magie Noire, » dit Lucius. « Si Narcissa est impliquée, elle se sera très certainement protégée contre ce sort. Je me souviens d'une fois, au début de notre mariage. Elle avait disparu en catimini dans mon dos, et j'avais justement utilisé ce sort pour la retrouver. Finalement, elle ne faisait rien de pire que de dépenser son argent pour une nouvelle paire de chaussures, mais elle avait été très embarrassée de se faire surprendre comme ça. Elle n'a plus jamais oublié de prendre les plus grandes précautions ensuite, et je ne pense pas qu'elle aura changé ses habitudes parce qu'il s'agit d'une peccadille comme un kidnapping, et non pas d'un sujet aussi sérieux que l'achat de chaussures. » Il sourit, presque tendrement, à ce souvenir. « Non, ce que je vous propose, c'est d'utiliser le Quaere Argentus. Ce sera bien plus efficace dans des circonstances pareilles. »
« Le Quaere Argentus ? » demanda Ron. Hermione fut soulagée de ne pas avoir à poser la question, et donc admettre qu'elle n'avait pas la moindre idée de ce dont parlait Lucius.
« L'or, gamin, » expliqua-t-il. « L'or. Si nous pouvons trouver à quoi ma charmante future ex-femme a dépensé son argent, nous pourrons trouver l'endroit où elle est. C'est beaucoup plus simple que la magie, même si je conviens que c'est moins marrant. »
Hermione soupira. Elle avait vraiment été impatiente d'essayer son sort.
« Ne vous en faites pas, Hermione, » compatit Lucius. « Je suis sûr que nous pourrons vous trouver une autre occasion de pratiquer la Magie Noire plus tard. Vous semblez attirer les ennuis – peut-être à cause de votre tendance à vouloir aider les gens. »
« Ce n'est pas comme si vous pouviez comprendre ça, » marmonna Harry, ignorant complètement le fait que Lucius se montrait en ce moment même très serviable, surtout si on se souvenait que dix minutes plus tôt il en était à repousser une attaque faite à sa personne, sinon à sa vie.
« Est-ce que les gobelins vont aider ? » demanda Smudger. « Vous savez bien comment ils sont. En plus, on est en plein milieu de la nuit. »
« Il y a une vieille superstition qui dit que si les Malefoy retirent leur argent de la banque, le monde magique va s'effondrer. » Lucius eut un rictus. « Ce n'est pas tant une tradition, que la vérité pure et simple. Ils ne peuvent pas se permettre de me payer tant d'argent en une seule fois. J'ai eu l'occasion de me rendre compte que ça tendait à améliorer la propension habituelle des gobelins à se conduire comme des emmerdeurs au sujet des horaires d'ouverture. » Lucius s'assit à son bureau et saisit un morceau de papier. Prenant la plume, il commença à rédiger la note qu'il avait l'intention d'adresser au Directeur de la Banque. « Et puis, tant que le divorce n'est pas prononcé, techniquement c'est toujours mon argent qu'elle a dépensé. »
« En effet, » convint Severus. « Je n'ai jamais bénéficié de cet avantage quand j'ai eu affaire à eux. Mais leur dire qu'on a l'intention d'utiliser leur peau pour recouvrir ses livres s'est montré assez efficace. »
« Nous pourrions toujours obtenir une injonction du Ministère, » proposa Harry, qui ne voulait pas rester sur la touche.
Smudger ricana. « Je préférerais retrouver Tonks avant ses quarante ans, et pas après, mais merci quand même. »
« J'ai remarqué que de dire 's'il vous plait' marche relativement bien, » dit innocemment Hermione. « Ça ne coûte rien d'être poli. »
« Et si jamais ça ne marche pas ? » demanda Lucius, en pliant la note pour la glisser dans une enveloppe crème du meilleur goût ornée des armoiries de la maison Malefoy.
« Dans ce cas, je demande à Severus de faire les gros yeux. Ça marche du tonnerre. »
Lucius claqua des doigts, et un elfe apparut immédiatement à ses côtés pour prendre sa lettre. « C'est urgent, Dipsy. Tu la délivres en personne, et tu attends la réponse. »
« Oui, Monsieur, » répondit l'elfe, lançant un regard mauvais à Hermione avant de Transplaner : Hermione n'avait pas tenu sa promesse de corriger le Méchant Meussieu.
« Et si le redoutable regard de Severus ne vous permet pas d'obtenir l'effet escompté ? » s'enquit Lucius.
« Dans ce cas, elle leur colle une baffe, pas vrai Hermione ? » répondit Ron.
« Suffit de demander à Drago, » marmonna Harry entre ses dents. « Il aurait de quoi parler. »
Hermione eut un grand sourire, avant de se souvenir que c'était manquer de tact, et de prétendre qu'elle n'avait rien entendu. Harry avait tellement l'habitude d'être ignoré que parfois il devait vérifier qu'il n'avait pas oublié par erreur de retirer sa Cape d'Invisibilité.
« Peut-être que je peux vous offrir le thé pendant que nous attendons, avec une ou deux petites choses à grignoter ? » Lucius convoqua un autre elfe de maison d'un claquement de doigts.
« J'aimerais pouvoir enfin faire quelque chose, » s'impatienta Smudger.
« Si Narcissa est impliquée, alors nous savons deux choses. D'abord, elle ne fera pas de mal à Tonks, parce que même si c'est une sang-mêlée, elle fait partie de sa famille. » Smudger se raidit en entendant parler de sa bien-aimée d'une façon si cavalière, mais se reprit en réalisant que Lucius n'avait pas tort. Ce qu'il venait de dire n'était peut-être pas gentil, mais c'était une bonne nouvelle. « Et la seconde, c'est que ma très chère future ex-femme n'a pas plus de cervelle qu'un Véracrasse. Allons, nous avons vaincu des Seigneurs des Ténèbres, alors je ne crois pas vraiment que Narcissa va nous poser un problème. »
Personne ne lui fit remarquer qu'au moment de la défaite du Seigneur des Ténèbres, Lucius était au lit en compagnie de trois Pépées Sang de Bourbe, afin de s'assurer un alibi en béton armé, et que sa seule contribution avait été une mèche de cheveux. Mais plusieurs personnes le pensèrent si fort qu'on l'entendit presque.
« Nous prendrons du thé pour six personnes, des crumpets, des toasts, et tout ce que les cuisines peuvent préparer d'autre rapidement, » commanda Lucius à l'elfe. « Ce sera un peu comme au bon vieux temps, Severus. Tu te souviens de cette fête qu'on avait l'habitude d'organiser à minuit le soir de la rentrée ? »
« Je me souviens de ce salaud de Rosier qui essayait de becqueter tous les biscuits, » grommela Severus.
« Jusqu'au jour où tu y as ajouté le philtre de luxure. Il a passé tout un trimestre à courir après Bertram Bulstrode, » rappela Smudger.
« Oui, mais il prenait toujours ceux à la crème pâtissière, et c'est ceux que je préfère. » Severus haussa les épaules.
« Tu as bien eu raison, » dit Hermione en lui tapotant le bras. « C'était mal élevé de sa part, et il n'a eu que ce qu'il méritait. »
Smudger sourit un peu. Il était toujours inquiet pour Tonks, mais quand on y pensait, les six personnes les plus dangereuses du monde magique se trouvaient dans cette pièce, et elles étaient dans son camp. Personne n'avait la moindre chance contre eux.
