Bonjour à tous, c'est encore moi ! Et cette fois, mon chapitre va (enfin) impliquer mes personnages ! N'est-ce pas merveilleux ? Pour celui-là, j'avais envie de poser un peu les choses avant de rentrer dans le vif du sujet. Enfin, vous verrez bien par vous-même.

Bonne lecture !


Chapitre 1 : Amitié, bières et strip-poker ou Un contexte, c'est bien

Si cette histoire ne commence pas non plus par une chaude journée de mai presque 20 ans plus tard, elle commence bel et bien à Paris. Elle commencera très bientôt quoi qu'il arrive, mais un peu de contexte n'a jamais fait de mal à personne.

Antoine Daniel était assis dans le métro et tentait désespérément de poser son regard quelque part où il ne donnerait pas l'impression de fixer quelqu'un d'un air inquiétant / pervers / wesh non mais comment tu m'as regardé là, ou autre. Il finit enfin par trouver un point parfait sur la fenêtre, juste entre deux personnes, et put donc tranquillement se plonger dans ses pensées sans risquer d'avoir à interagir visuellement ou verbalement avec quelqu'un. Ce qui est plutôt triste, quand on y pense… Mais il n'avait vraiment pas le temps pour ça.

Il était en route pour voir son collègue de youtube, Mathieu Sommet, qui avait récemment déménagé dans la capitale. Après l'avoir aidé à monter ses cartons et autres meubles Ikea avec une vis en trop, il venait désormais pour le simple plaisir de voir ce dernier qui, de toute façon, n'avait pas très envie de se retrouver seul en permanence. Comme c'est mignon…

Antoine sourit en repensant au dernier commentaire de ses parents : « Et tu comptes nous annoncer quand que vous sortez ensemble ? ». Après toutes les fanfics qui circulaient sur eux, si mêmes sa famille s'y mettait… À croire qu'à l'heure actuelle, être proche de quelqu'un impliquait nécessairement des sentiments cachés. Néanmoins, cette idée le faisant au moins autant rire que les autres, il ne se plaignait pas trop. D'autant plus que lorsque ça ne le concernait pas, il était l'un des premiers à remarquer le côté gay de certaines relations amicales, donc en fait, il ne pouvait pas trop le faire non plus.

Il descendit à son arrêt quelques minutes plus tard, et dut marcher un instant au soleil pour arriver à destination, pestant contre la chaleur trop élevée, et surtout contre sa tignasse qui décidément n'aidait pas du tout à réguler la température de son crâne. Heureusement pour lui, il atteignit l'immeuble de Mathieu avant que son cerveau soit à point pour être dégusté avec un peu de moutarde, et il se précipita dans le recoin de l'entrée, profitant de la mince zone d'ombre qu'il lui offrait et priant pour que son ami réagisse rapidement à sa sonnerie.

Par chance, il n'eut pas à attendre longtemps et après les présentations d'usage ("Qui ça peut être à ton avis ? Je te rappelle que t'as pas d'amis !", tout ça), il put enfin savourer la douce fraîcheur du hall, dans lequel il s'arrêta quelques secondes avec un soupir de soulagement. Puis, il décida de monter à pied les escaliers parce que vraiment, l'ascenseur de cet immeuble n'était pas du tout rassurant. Étroit, enduit de moquette verdâtre, il faisait des bruits bizarres et avait toujours un petit décroché en descendant. Hors de question de monter dans un truc pareil, fatigué ou non.

Mathieu ouvrit donc la porte à un Antoine un peu essoufflé mais souriant malgré tout.

« Oh, bébé, tu as donc couru pour me voir ! Je savais que tu ne pouvais pas te passer de moi ! s'exclama-t-il d'un ton plein de guimauve.

– Non, ça c'est toi, sourit son invité.

– Je ne vois pas du tout de quoi tu parles, répliqua l'autre en s'écartant pour le laisser entrer.

– Rappelle-moi qui m'a appelé pour un aprem bière-pizza pour la deuxième fois de la semaine ?

– Mais je m'ennuie tout seul !

– Prends-toi un chat. Comme ça tu seras officiellement une vieille à chat.

– Ça boit des bières, ça ?

– Une vieille à chat alcoolique en plus ! Où va le monde ?! »

Le temps d'échanger ces quelques mots, Antoine s'était installé sur le canapé et Mathieu avait fait un détour par la cuisine.

« Bière ou verveine ? Demanda-t-il depuis le réfrigérateur.

– Un lait chaud au miel Gisèle.

– Allons Germaine, tu sais bien que c'est mauvais pour ton diabète. »

Mathieu revint avec deux bières en main et en tendit une à son invité qui s'en saisit en le remerciant. Quelques gorgées bien méritées plus tard, il déclara :

« Blague à part, il serait peut-être temps que tu te trouves de vrais amis.

– À quoi bon, puisque tu es là mon amour !

– Mais tu sais bébé, il faut parfois apprendre à se séparer des gens, et fréquenter d'autres personnes pour entretenir la flamme !

– Plus facile à dire qu'à faire, les Parisiens sont quand même des gens très spéciaux.

– Ouais, et les Stéphanois sont tous mineurs aussi…ce qui explique ta taille de nain, soit dit en passant.

– C'était petit, ça…

– Pas autant que toi !

– Ok, Antoine, tu sors.

– Roooh, ça va. C'est toi qui commences, avec tes préjugés.

– Euuuuh…pas vraiment non. Figure-toi qu'hier, j'ai voulu demander mon chemin à une femme qui m'a répondu "non", genre direct et sans appel. "Excusez-moi madame…" "Non.". Et elle est partie comme si j'existais pas !

– Elle a peut-être cru que tu voulais la draguer.

– Vu son âge, elle aurait au moins pu être flattée. Elle avait au moins 50 ans !

– Aaaah, alors comme ça, ton truc, c'est les cougars…

– J'aime mes femmes comme mes jeux de société, gamin ! De 7 à 77 ans, déclara-t-il en prenant la voix du patron, ses personnages ayant fini par devenir un moyen de communication banal pour lui au fil du temps.

– Remarque, c'est vrai qu'avec ta tête, t'as plutôt intérêt à ratisser large…

– Déclara le yéti d'un ton docte qui transpirait le vécu par tous les pores.

– Tu es juste jaloux parce que les femmes sont toutes folles de ma superbe chevelure.

– Parce qu'elle les incite à croire que tu es doux et frais ?

– …Mathieu, tu sors.

– Techniquement, je suis chez-moi.

– Aucune importance. Un tel calembour ne peut rester impuni ! »

« Par la poussière de diamaaaaant ! » s'exclamèrent-ils en cœur en riant comme des hyènes.

Ils n'avaient même pas fini leur première bière. Ça promettait pour la suite.

Un peu plus tard, Mathieu proposa à son invité de regarder un film en mode loque, proposition qui fut acceptée volontiers. Comme ils étaient tous les deux d'humeur navets, ils finirent par se mettre d'accord sur le Projet Blairwitch 2.

« Téléchargé légalement, bien sûr, précisa Mathieu.

– Faible, siffla son ami.

– Mais enfin Antoine, qui vole un film vole une voiture !

– Tu n'as quand même pas payé pour un truc pareil ?!

– Bien sûr que non.

– Aha ! S'exclama Antoine d'un ton théâtral en pointant son hôte du doigt. Je savais que tu finirais par parler, sale pirate ! J'ai passé tout ce temps à te faire croire que j'étais ton ami alors qu'en fait je suis…un agent infiltré !

– Raptor Jésus !

– Ton faux dieu ne te sauvera pas, misérable ! Qui vole un film cambriole une banque, viole un chaton et noie une petite fille ! Au nom de la sainte Patate et de la sainte Pelle, je t'arrête pour meurtre ! »

On dit souvent que la chaleur fait monter l'alcool plus vite au cerveau. Mais là…ils n'en étaient qu'à leur deuxième bière.

Les deux comparses s'installèrent donc devant ce chef-d'œuvre cinématographique qu'est le second Projet Blairwitch, nonchalamment affalés sur le canapé de Mathieu tels deux phoques sur une plage abandonnée, laissant un silence paresseux s'installer entre eux. De temps à autre, l'un d'eux faisait un commentaire, brisant momentanément leur état de torpeur. Ils arrêtèrent avant la fin parce que c'était décidément trop mauvais et presque pas drôle, s'étalèrent dans une autre position tout aussi gracieuse que la précédente et se demandèrent ce qu'ils allaient faire ensuite.

« Un Twister ? proposa soudain Antoine.

– Quelle idée !

– Je sais pas, ça sonnait bien. …un gâteau ?

– C'est quoi ces idées d'enfant de 3 ans ? J'ai même pas ce qu'il faut, de toute façon.

– Un…strip-poker ?

– Là tu m'intéresses, gamin !

– Parfait, sors tes cartes !

– T'es pas sérieux là ?!

– Mais c'est toi qui te plains que j'ai des idées puériles ! Et puis trouve un truc, si t'es pas content !

– … Un château de cartes ? »

Nouveau silence.

« On n'est pas assez bourré pour un strip-poker et tu le sais, reprit Mathieu. En plus j'ai plein de vis-à-vis.

– Aaaah, donc mon idée te plaît en fait !

– Mais j'ai pas besoin de ça pour te voir à poil mon chou.

– C'est vrai bébé love, et de toute façon tu vas perdre. …du coup, on reprend une bière pour avoir le bon taux d'alcoolémie ? »

Ils se fixèrent un instant d'un air mi-désabusé, mi-amusé.

Finalement, quelques bières et deux pizzas plus tard, ils se lancèrent bel et bien dans une partie de strip-poker. Ils avaient fermé les rideaux pour garder un semblant d'intimité, la lumière du jour ayant de toute façon sérieusement commencé à décliner, et s'assirent tranquillement sur des coussins, par terre devant le décor de SLG, riants tous seuls en s'imaginant les réactions des fans s'ils (enfin…surtout elles) savaient ce qu'ils étaient en train de faire devant ce fond qu'ils connaissaient si bien. Ils n'osaient même pas se représenter le nombre de fanfics que cela aurait engendré…

Une fois remis de leurs émotions, les cartes furent distribuées et la partie commença. Antoine prit l'avantage au début, mettant rapidement son ami en caleçon (gros désavantage de telles occupations lorsqu'il fait chaud), mais ce dernier finit par se reprendre et regagner ses vêtements perdus. La partie était relativement égale et les habits retirés étaient souvent vite remis, règle qu'ils avaient établie afin d'éviter que le jeu s'arrête trop vite. Cependant, lorsqu'il commença à traîner un peu trop en longueur, ils décidèrent d'en précipiter un peu la fin en imposant que tout vêtement perdu l'était définitivement. C'était donc au premier qui serait contraint de retirer son caleçon…

Comme Antoine avait des chaussettes que Mathieu n'avait pas, il dût les enlever dès le départ pour qu'ils puissent commencer à égalité.

La partie devint soudainement plus tendue, aucun des deux joueurs ne voulant perdre face à l'autre. Une chemise tomba. Un t-shirt, suivi peu après d'un pantalon. L'issue était proche… Des lunettes…

« Non Antoine, ça compte pas !

– Rooh, ça va… »

Un antre pantalon.

La dernière manche fut serrée. La tension était palpable.

« Si tu te couches, tu pourras garder ton caleçon, déclara Antoine d'un ton sérieux.

– Tu bluffes.

– On verra ça. »

Les mains furent dévoilées. Antoine avait une main pleine aux rois par les dames. Un charmant ménage, vraiment. Mathieu sourit et lui montra un deux de cœur.

« Tu vois, c'est cette carte qui va signer ta défaite.

– Tu te moques de moi.

– Non, répliqua-t-il simplement, avec un sourire qui tenait désormais plus du chat du Cheschire que de l'humain.

– Attends, tu ne comptes quand même pas me faire croire que c'est l'amour qui va te sauver ?! »

Mathieu éclata de rire et hésita un instant à mentionner l'âme des cartes ou le pouvoir de l'amitié, mais il se décida finalement pour une nouvelle réponse sobre :

« Non. »

Son sourire félin et légèrement machiavélique reprit place sur son visage lorsqu'il révéla le reste de sa main, qui contenait les 3 autres amis du 2 en question. Un carré de 2. La face d'Antoine se décomposa tandis que Mathieu jubilait intérieurement. Malgré un mauvais départ, il avait gagné. Gagné ! Tandis que son adversaire poussa un « Noooooooooooooooooooooooooooon ! » désespéré dans une pose théâtrale, les bras levés vers le ciel, il éclata de nouveau d'un grand rire triomphant et s'exclama :

« Je pensais être magnanime, mais avec ce que tu m'as sorti tu n'y couperas pas mon petit Antoine ! Retire ce caleçon et renonce à ta dignité !

– La dignité à la limite, je m'en fous…avec les vidéos qu'on fait.

– Ouais, t'as pas tort » répondit Mathieu d'un ton pensif en reprenant son sérieux…qu'il reperdit aussitôt après en susurrant avec un sourire en coin « À poooooooooil…

– T'es pas sérieux là ?

– Je te rappelle que c'est ce qu'on avait dit ! Et puis il fallait pas la ramener alors que t'avais rien pour te soutenir.

– Trois rois et deux reines, quand même…

– Ils ne pouvaient rien face à mes quatre deux et mon huit ! C'est la révolution gros, s'exclama-t-il avec la voix du hippie ! Maintenant arrête de vouloir retarder l'échéance et enlève-moi ça !

– Maaaaaaaais…avec tout ce que j'ai pu sortir sur ma bite dans What the Cut ?!, t'es sûr que t'as vraiment envie de la voir ?

– Et comment, gamin ! »

Ils continuèrent à se chamailler ainsi pendant plusieurs dizaines de minutes, toujours en caleçon, rappelons-le, jusqu'à ce qu'Antoine cède finalement. Il fut toutefois arrêté par son ami, qui tenait encore à son innocence (lol). Il aimait beaucoup taquiner l'autre et cela apportait une saveur nouvelle et délicieuse à sa victoire, mais au fond, il ne tenait pas plus que ça à ce que son adversaire retire son dernier vêtement.

« Par contre, tu me payes une bière la prochaine fois ! » ne put-il s'empêcher de s'exclamer.

Antoine, qui s'était mis debout, regarda un instant son hôte en silence. Puis, il déclara :

« Ok, je retire mon caleçon. »

Ce qu'il ne fit finalement pas, au grand regret de…personne, en fait.

Ce qu'il ne fit finalement pas, au grand soulagement de tout le monde.

Lorsqu'Antoine repartit un peu plus tard, Mathieu nettoya les restes de pizza et les bouteilles de bière vides avec un sourire. Ce fut une bonne journée.

Son arrivée à Paris n'avait pas été très facile, et il se réjouissait d'avoir eu le soutien de ses collègues et amis de youtube déjà sur place, particulièrement celui d'Antoine Daniel. Toutefois, ce dernier n'avait pas tort en disant qu'il devrait se trouver de « vrais amis » à Paris, même si "vrai" n'était pas le mot qu'il aurait employé. Il aurait plutôt dit…différents. Des personnes qui n'avaient rien à voir avec internet, au moins.

En se connectant sur Facebook, il vit que l'une de ses amies du lycée, qui était partie étudier à Paris et y était restée, lui proposait d'aller boire un verre, ce qu'il accepta avec joie. Il ne l'avait pas vue depuis longtemps, mais si elle n'avait pas changé, c'était toujours un bon moment en perspective. Et puis…les vieux amis perdus de vue, ça comptait aussi.

Se trouver de vrais amis : check.


Voilà pour ce premier chapitre ! Je tiens quand même à préciser que les suivants vont être franchement plus longs et surtout, qu'à partir de maintenant je compte publier à raison d'un toutes les deux semaines histoire de garder un peu d'avance. J'ajusterai au besoin, mais pour l'instant je pense que c'est le plus simple. J'espère juste que ça ne vous laissera pas le temps d'oublier ce qui s'est passé entretemps x)

Sur ce, à la prochaine !