Il observait le paysage urbain défilant par la fenêtre de la voiture de luxe conduit par un chauffeur en uniforme, tout ce qu'il y avait de plus cliché. Les vitres teintées lui gâchaient légèrement la vue, mais ça l'indifférait pour le moment. C'était la première fois depuis… sans doute depuis la disparition de sa mère qu'il manquait un jour de cours, et ça ne manquerait pas de faire jaser au lycée. Il venait à peine d'entrer en deuxième année, mais il était déjà connu et reconnu, et son statut de Président du Conseil des Elèves n'arrangerait rien. Mais il avait une bonne raison de faire l'école buissonnière aujourd'hui.

Le véhicule s'arrêta pile devant l'entrée d'un grand bâtiment tout de verre et d'acier, impressionnant tant par sa longueur que sa largeur, et par le logo fièrement exhibé sur la devanture, et permettant à tout un chacun de reconnaître facilement la maison-mère de cette firme internationale. Mais encore une fois il n'en avait cure, le connaissant déjà par cœur, et il sortit de la voiture sans même lever le nez, allant directement vers l'entrée aux portes automatiques où deux gardiens redressèrent légèrement les épaules à son passage, comme n'importe qui voulant se faire bien voir du fils du patron le ferait.

Il passa à côté du comptoir d'accueil en bois massif, ses pas claquant légèrement sur le marbre lisse et si propre qu'on aurait pu manger à même le sol. Un débordement de richesses, que beaucoup enviaient et jalousaient, suintait partout où on posait le regard, et pourtant c'était fait avec un tel sens du chic et de la classe que personne n'aurait pu trouver à redire sur cet endroit sans faire preuve de mauvaise foi. Encore un fois le jeune visiteur préféra se diriger simplement vers les ascenseurs sans s'arrêter pour ne serait-ce que jeter un œil à la salle d'attente où étaient disposés d'élégants fauteuils en cuir, ni au mur du fond décoré d'une véritable cascade d'eau clair tombant presque sans bruit dans un bassin prévu à cet effet.

Il entra dans le box de métal d'une superficie on ne peut plus honorable, et n'eut même pas à ouvrir la bouche pour que l'homme chargé de mener les passagers à bon port, mais aussi de veiller à la sécurité dans cet espace réduit, sorte une petite clef permettant de débloquer l'accès à l'étage le plus haut du bâtiment. Il ne fallut pas longtemps pour qu'ils arrivent à destination, et il sortit de l'ascenseur pour passer à nouveau devant un comptoir, celui de la secrétaire en charge uniquement de l'emploi du temps de la personne à cet étage, et qui s'empressa d'annoncer son arrivée dans le bureau dont les double-portes étaient à présent devant lui.

Il prit la peine de donner tout de même deux légers coups contre les battants de bois laqués, avant de tourner la poignée pour entrer dans la pièce illuminée par la baie vitrée occupant presque la totalité des murs, à l'exception de ceux qui la séparaient du couloir par lequel le jeune homme était arrivé. Un endroit qui imposait un certain respect de part la sa décoration sobre mais chic, tout comme l'homme assit derrière le grand bureau au centre. Malgré tout il s'avança jusqu'à pouvoir s'installer sur une des deux fauteuils idéalement situé devant le meuble, posant au passage son sac au sol. Il n'avait pas perdu de vue l'idée qu'il pourrait peut-être assister aux cours de l'après-midi après tout.

Akashi Masaomi, son père donc, darda son regard naturellement sévère sur lui. Evidemment il ne devait pas être ravi de le voir ici devant lui, plutôt qu'assit sur sa chaise à Rakuzan, mais en même temps il devait se douter que seul un évènement grave devait amener sa progéniture ici.

- Seijûrô.

- Père.

- Ne devrais-tu pas être en cours à cette heure ?

Bien qu'ayant tout l'air d'une question, ça sonnait plutôt comme un ordre d'y retourner, mais l'adolescent ne se laissa pas impressionner, comme toujours. Il avait comprit depuis longtemps qu'il était très capable de tenir tête à son géniteur quand il se savait être dans son bon droit, comme c'était le cas aujourd'hui.

- Un problème d'ordre physiologique m'empêche d'y assister.

Il vit les sourcils de Masaomi se froncer légèrement, signe d'une certaine perplexité, qui se muerait probablement en agacement si il n'étoffait pas un peu ses explications.

- Une démonstration sera plus parlante. Décida-t-il en retirant le chapeau qu'il portait depuis qu'il était sortit de la maison, et qui cachait habilement ce qui lui servait de nouvelles oreilles.

Evidemment il ne s'était pas attendu à ce que son père ait un sursaut de stupeur, pousse un cri ou prenne un air profondément choqué, mais il jugeait tout de même que simplement soupirer en se pinçant l'arrête du nez n'était pas forcément la réaction la plus appropriée au vu de sa situation actuelle. De son humble, ou presque, avis en tout cas. Peut-être que le patron d'entreprise pensait que c'était une nouvelle lubie de son fils, comme l'était à ses yeux sa passion pour le basket. Il ne devait pas le laisser penser ça, mais il fût devancé avant d'avoir pu prendre la parole.

- La possibilité que ça arrive était infime, mais j'aurais dû être plus vigilant. Dit simplement son père en s'adossant presque confortablement contre son fauteuil en cuir.

Le plus jeune était un peu perdu, mais il n'en laissa rien paraître. Même si ça lui semblait incompréhensible sur l'instant, il aurait sans doute le fin mot de cette histoire, puisque son père paraissait au courant de ce qui était en train de lui arriver. Peut-être même était-il lui aussi touché ? Ou l'avait-il été dans sa jeunesse ? La réponse à ses questions lui vint rapidement.

- Sache tout d'abord que ce n'est pas quelque chose que tu tiens de moi. Par conséquent, même si je peux te dire tout ce que je sais sur ton état, je ne pourrais pas te venir en aide plus que cela.

- Maman ?

Un hochement de tête répondit à sa question implicite. Malheureusement les souvenirs qu'il avait de sa mère restaient assez flous dans son esprit, mais il était tout de même sûr qu'il ne l'avait jamais vu avec des oreilles de lion. Il préféra éviter de se perdre dans ses pensées à son sujet maintenant et se concentra à nouveau sur son père, qui avait ce regard un peu lointain qu'il arborait toujours quand ils parlaient de la jeune femme, bien que ce ne soit pas si souvent. Les deux hommes n'avaient jamais été très proches, et ils s'étaient d'autant plus éloignés depuis le décès de la seule femme de leur vie. Dans un sens, le fils était curieux d'en apprendre plus sur ses parents et leurs relations.

- J'ai appris qu'elle avait cette « particularité » peu après nos fiançailles. Passé le choc de la découverte, elle m'a expliqué que les ancêtres de certains Hommes avaient une ascendance différente de ceux étant de la famille éloignées des singes. Ils étaient cousins avec d'autres espèces. Comme tu peux l'imaginer, sans preuves tangibles, je ne l'aurais jamais cru, mais comme toi elle pouvait faire apparaître sur elle des caractéristiques animales.

En effet c'était plutôt difficile à croire, et ça ébranlerait probablement la communauté scientifique si ça se savait. Il n'était un pas un expert de la théorie de l'évolution, mais c'était tout de même étonnant que l'Homme puisse être de la même famille qu'un autre animal que le singe, tout en gardant ses caractéristiques propres. Cependant, il lui avait bien poussé des oreilles et une queue de lion, entre autre, et si il avait le choix entre cette idée scientifique plus qu'étrange, ou se dire que c'était arrivé par magie ou par une farce des dieux, il préférait encore s'accrocher à la première solution. Toute aussi farfelue mais plus terre à terre tout de même.

- J'ai été plongé dans le doute un moment, mais j'ai fini par l'accepter. Puis elle est tombée enceinte de toi. Continua Masaomi, qui ne voulait de toute évidence pas trop s'attarder sur ce qu'il ressentait à l'époque. Elle m'a dit de ne pas m'inquiéter, que ces gènes pouvaient rester latents, comme cela arrivait le plus souvent, et que tu aurais une apparence tout à fait normale. De toute évidence, ce n'est plus le cas.

Effectivement, il ne savait pas si ses gènes avaient été « réveillés », ou si il fallait juste attendre qu'il ait atteint l'âge adulte, mais le fait était qu'il avait bien hérité des particularités de Shiori. La deuxième option ne l'arrangeait tout de même pas des masses, ça voudrait dire qu'il avait à présent fini sa croissance, et il n'aurait pas été contre quelques centimètres supplémentaires, même si on ne lui ferait jamais avouer. Côtoyer des basketteurs ne flattait pas vraiment son égo, même si il les dominait sur beaucoup d'autres points.

Il n'allait pas se plaindre de son héritage maternel, mais un autre problème allait se poser à lui à présent. Comment revenir à son physique normal ? De toute évidence, sa mère en était capable, mais elle n'était malheureusement plus là pour lui apprendre à le faire. Allait-il devoir explorer ses nouvelles capacités seul, jusqu'à réussir à les contrôle ? Probablement. Son père l'avait mit en garde dès le début de la conversation après tout, il ne pourrait pas l'aider outre mesure. Il fallait donc qu'il trouve une solution seul, et le plus rapidement possible, afin de retourner à son quotidien, et surtout ses cours dans lesquels il prenait du retard à chaque seconde qui passait.

Il releva légèrement les yeux vers son père, attendant de voir si il allait continuer, mais le trouva seulement le regard fixé sur lui, ou plutôt sur le haut de sa tête. Sans qu'il s'en rende compte, ses oreilles continuaient à retranscrire chacune de ses humeurs, et si elles avaient été dressées tout le long des explications, elles s'étaient à présent plutôt aplatit vers l'arrière, accompagnant ses réflexions pas forcément engageante sur son avenir proche plutôt incertain à l'heure actuelle. Ça devait effectivement être un drôle de spectacle pour que ça accapare l'attention de son géniteur comme ça.

- Bien, je t'autorise à rentrer à la maison pour aujourd'hui, Seijûrô. Finit par dire Masaomi en se reprenant de lui-même. Essaie de trouver comment faire disparaître ces… attributs félins.

Le plus jeune comprenait son hésitation, c'était assez délicat à nommer.

- Ce sera fait le plus rapidement possible. Répondit-il en se levant, tout en remettant son panama sur sa tête. Passez une bonne journée, Père.

Il reprit son sac avant de sortir du bureau, sachant d'ors et déjà qu'il avait du pain sur la planche. Et puis qui sait, il pourrait peut-être même trouver un moyen d'utiliser ses fameux gènes pour qu'ils lui servent de manière positive.


A plusieurs centaines de kilomètres de Kyôto, dans la « nouvelle » capitale japonaise, Tôkyô, se trouvaient deux adolescents, l'un accoudé à une barrière de sécurité devant un enclos, dans le célèbre zoo d'Ueno, l'autre légèrement en retrait, et qui l'observait de façon plutôt insistante. Ça avait d'ailleurs l'air de prodigieusement agacer celui qui se sentait comme un sujet d'étude, mais il préférait ne rien dire, et observer les animaux qu'ils étaient exprès venu voir.

Et ces animaux n'étaient pas, comme on pouvait le penser quand on parlait de ce zoo, les fameux pandas Ri Ri et Shin Shin. Non, ceux qu'ils étaient venus voir, c'était des félins. Des tigres, pour être plus précis. Enfin, il n'y en avait qu'un seul dans l'enclos, et il tournait en rond en tentant vraisemblablement de trouver une position confortable pour faire une bonne sieste au soleil, mais c'était amplement suffisant pour les visiteurs. Ça faisait déjà presque vingt minutes qu'ils étaient là, des dizaines de personnes étaient passées à côté d'eux, s'arrêtant parfois pour prendre en photo l'animal, mais les deux camarades, eux, ne bougeaient pas.

- Tu devrais lui parler, Kagami-kun. Déclara soudain celui qui se tenait le plus en retrait.

- Tu devrais la fermer, Kuroko. Répondit son comparse, non sans une mauvaise humeur évidente. C'était une idée stupide de venir ici.

- Tu en avais une autre ? Demanda le passeur d'un air faussement innocent.

Bien sûr que cette idée n'allait rien donner, mais c'était tellement drôle de taquiner son ami qu'il n'avait pas pu s'empêcher de la formuler. Et si ils étaient vraiment là à présent, c'était bien parce qu'ils avaient usés toutes les autres options. Et que l'ace de Seirin commençait à être totalement désespéré, ce qui alimentait encore plus l'amusement du petit bleu, même si il compatissait aussi beaucoup, au fond. Lui-même n'aurait pas aimé se retrouver dans sa situation, et c'était bien pour ça qu'il essayait de l'aider, tant bien que mal.

En effet, la veille l'adolescent aux cheveux ne s'était pas présenté en cours, et donc pas non plus à l'entraînement, ce qui avait plus que déplu à leur entraîneuse, qui avait donc chargé Kuroko de ramener sa lumière par la peau des fesses le lendemain si il le fallait. Ce que le joueur fantôme avait voulu s'empresser de faire, redoutant comme tout le monde la colère de la jeune femme. Mais en arrivant chez son coéquipier le matin même, il ne s'était pas attendu à un refus farouche de le laisser entrer dans l'appartement, et encore moins à ce qu'il avait vu quand il avait enfin réussit à le convaincre d'ouvrir sa porte, après près d'une heure où il avait poireauté dans le couloir.

Certains l'avaient surnommé le « tigre », probablement à cause de son prénom et de sa férocité sur le terrain, mais il n'aurait jamais pensé que ce surnom lui irait un jour si bien. Il était devenu l'incarnation d'un tigre, de part des oreilles et une queue roux et noir, mais aussi des dents acérées, des mains presque griffues, des pupilles fendues comme celles de n'importe quel félin et de sens beaucoup plus développés que la normale. Si Kuroko avait été choqué ? Oui, il en avait même écarquillé les yeux, c'était dire. Mais Taiga restait son ami malgré tout, et il lui avait promis de l'aider, ou du moins de faire tout son possible dans ce sens.

Malheureusement, après avoir rapidement évincé l'idée d'aller voir un médecin, le rouge ne voulait pas finir en rat de laboratoire comme dans les films de science-fiction, et fait des fouilles approfondit sur internet toute la journée, zappant totalement les cours, ils n'avaient pas eu de meilleure idée que de tenter de trouver quelqu'un d'autre comme le joueur prodigue. Et c'était à ce moment que le petit bleu, voulant détendre l'atmosphère de plus en plus pesante, avait proposé d'aller au zoo pour voir le tigre qui y vivait. Comme ils s'en doutaient, ça ne donnait rien du tout, celui-ci étant un animal tout à fait normal.

Maintenant, non seulement ils étaient sûrs que Riko allait les appeler d'une minute à l'autre pour les sermonner et leur promettre mille et une torture, mais en plus ils ne savaient absolument plus comment essayer d'arranger l'état de Kagami. C'était sans doute une situation proche de l'expression « être au fond du trou ».

N'obtenant pas de réponse de son camarade, Tetsuya se décida à s'approcher pour poser sa main sur son bras. La capuche lui cachait en partit le visage de son coéquipier, mais il sentait bien que ce qui lui arrivait commençait vraiment à lui peser, et il le comprenait.

- Rentrons, on va trouver autre chose. Assura-t-il pour tenter de le dérider.

Il n'aimait pas voir son ami dans cet état, et ses méninges tournaient à plein régime pour tenter de trouver quelque chose qu'ils n'avaient pas encore essayé, et qui ne mettrait pas le nouvel « hybride » en danger.

Un soupire et un hochement de tête plus tard, ils avaient refait le chemin inverse et se trouvaient assit dans le train les ramenant chez Kagami. Ils allaient devoir recommencer à faire des recherches, malheureusement ce qu'ils avaient pu trouver sur internet ne les avait pas vraiment aidé. C'était en grande partie des mythes et légendes, des histoires à dormir debout écrit par des gens qui se prenaient vraiment pour des animaux, des livres ou des films traitant du sujet, mais jamais rien de concret. Pas d'étude scientifique, pas de reportage, de témoignage, pas d'article histoire ou n'importe quoi qui serait en rapport avec la réalité.

Si seulement il pouvait trouver quelqu'un dans son entourage qui connaissait tout sur tout, et qui pourrait les aiguiller intelligemment sur une piste sans en faire toute une histoire, et enfin faire disparaitre cet air morose du visage de son meilleur ami…


Akashi s'était confortablement assit sur son lit, dans sa chambre, et avait approché un miroir de plein pied juste devant lui. Il sentait que ses tentatives pour faire disparaître son aspect un peu trop animal à son goût allaient prendre du temps, alors autant se mettre à l'aise. A côté de lui se trouvait une tasse de thé fumant, il avait prit une bonne douche pour se détendre, et avait mit des vêtements d'intérieur agréable à porter. Surtout qu'avec cette queue qui s'agitait tranquillement derrière lui, ça devenait compliqué de mettre des pantalons un peu serrés, comme celui de son uniforme qu'il avait porté toute la matinée. On ne l'y reprendrait plus tant qu'il aurait cette extension au bas de son dos.

Il prit sa tasse de thé pour en boire une gorgée, avant de la reposer sur la table de nuit, puis fit face au miroir, fixant ses oreilles rondes et duveteuses. Si elles avaient réussit à apparaître en une nuit, elles devraient aussi pour disparaître de la même façon, c'était logique. Tout était seulement une question de volonté. Il était Akashi Seijûrô, si il n'était même plus capable d'avoir un contrôle parfait de son propre corps, c'était que le monde s'était mit à tourner à l'envers.

Ses fins sourcils se froncèrent légèrement alors qu'il se focalisait sur son envie de voir ces deux excroissances pelucheuses redevenir des oreilles parfaitement humaines. Il se rapprocha inconsciemment du miroir, toutes ses pensées tournées vers ce seul objectif. Il sentait que quelque chose commençait à se passer, au fond de lui. Comme un instinct qui se rétractait au fin fond de son esprit, lentement, avec difficulté, mais qui finissait tout de même par reculer petit à petit. Il allait y arriver.

La sonnerie de son téléphone portable, hurlant dans ses oreilles à cause de son ouïe plus développée, le fit brusquement sursauter et… feuler. Il n'y avait pas d'autre mot pour décrire le son étonnant qui venait de sortir de sa bouche. Il aurait pu crier, couiner, même si ça aurait été embarrassant, et même grogner, mais non, il avait feulé comme un gros chat en colère. De mieux en mieux…

Assez mécontent, et sa concentration à présent brisée alors qu'il avait été sur point d'atteindre son objectif, il prit son téléphone et décrocha, en le mettant sur haut-parleur puisque le poser contre son oreille était tout bonnement hors de question.

- Tetsuya, c'est rare que tu m'appelles. Dit-il après avoir prit soin de regarder le nom de celui qui avait osé le déranger dans un moment aussi primordial.

Autant dire que sa colère c'était calmée toute seule, même si un certain agacement restait tout de même.

- Bonsoir, Akashi-kun. Répondit son interlocuteur de sa voix sans âme.

Il pouvait parfaitement imaginer son visage inexpressif contre lequel devait reposer son téléphone.

- Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Demanda-t-il, pressé de retenter son expérience avortée.

Il entendu comme un son étouffé venant de l'autre côté du combiné, comme quelqu'un qu'on fait taire en mettant quelque chose contre sa bouche. Et vu les « hmm hmm » énervés qui firent écho à ce son, c'était vraisemblablement ce qui venait de se produire.

- Kagami-kun a un problème. Assura le passeur.

Apparemment c'était le petit bleu la source du problème, mais le capitaine de Rakuzan se garda bien de le dire, il n'avait pas envie d'être mêlé à leurs affaires qui lui semblaient pour le moins étrange à l'oreille.

- Qu'est-ce que je peux faire pour Kagami Taiga, dans ce cas ? Se corrigea-t-il.

D'autres râles, et ce qui lui paru être un grognement, retentirent.

- Il ne veut pas que je te le dise.

- Mais tu comptes le faire. Devina Seijûrô, c'était sans doute pour cela qu'ils avaient l'air de se battre à l'autre bout du fil.

- En effet, je sais que tu ne l'ébruiteras pas.

La situation se calma apparemment du côté du duo, et Kuroko pu reprendre.

- Ça va te paraître étrange, mais Kagami-kun s'est à moitié transformé en tigre, et on ne trouve pas de solution pour l'aider. Est-ce que tu as une idée de ce qu'on pourrait faire pour arranger ça ?

Il ne savait pas exactement pourquoi son ancien coéquipier avait eu l'idée de l'appeler lui pour un tel problème, et il était certain que ce n'était pas une plaisanterie de sa part, mais il s'avérait que c'était parfaitement de circonstance, bien heureusement pour le nouveau tigre. C'était tout de même surprenant que quelqu'un qu'il connaissait se retrouve à avoir le même problème que lui, et en même temps. Cet état se déclenchait donc probablement vraiment à l'adolescence, et ça n'avait pas l'air d'être si rare que ça, ou alors c'était vraiment une étonnante coïncidence. Maintenant qu'il savait qu'il n'était pas le seul, il était curieux de voir ce que ça pouvait bien donner sur d'autres, surtout d'une espèce différente de la sienne.

- Je sais ce qu'il a. Répondit-il. Je viendrais à Tôkyô ce week-end pour que l'on puisse en discuter de vive voix, mais tu peux déjà lui dire qu'avec un peu de volonté il peut faire reprendre à son corps son apparence d'origine.

Et on pouvait traiter autant qu'on voulait le joueur vedette de Seirin d'idiot, au moins il était certain qu'il ne manquait pas de volonté.

Il y eu un moment de flottement, avant que l'adolescent aux cheveux bleu ne réponde.

- Tu es étonnant, Akashi-kun. Merci, nous t'attendons ce week-end alors.

- Bien. Bon courage avec ton tigre, Tetsuya. Sourit-il, un peu amusé en les imaginant tous les deux perdus devant la transformation de Kagami, et se retrouver avec une aide presque providentiel en sa personne.

Il raccrocha sans attendre de réponse, il devait encore s'occuper de lui-même maintenant, il avait assez perdu de temps.

Posant son portable à côté de sa tasse de thé, en prenant bien soin de le mettre sur silencieux cette fois, il reprit son exercice de concentration. Cette fois il ne lui fallut pas plus d'une minute pour retrouver cette état où il pouvait ressentir son instinct être repoussé au fond de lui, et, rien ne venant le troubler, il pu aller jusqu'au bout cette fois. Il fit ses oreilles s'abaisser et s'effondrer pour retrouver leur place initiale tout en reprenant un aspect humain, sa queue se résorba, ainsi que ses griffes et ses crocs. Ses yeux par contre ne changèrent pas beaucoup, il avait toujours eu ce regard félin, d'aussi loin qu'il se souvienne. Maintenant, il savait d'où ça venait.

Satisfait de lui-même, il se leva pour s'observer sous toutes les coutures, et vérifier que plus rien d'anormal ne dépassait. Mais non, il était redevenu exactement comme la veille, et il le sentait aussi au niveau de ses sens, comme si ils avaient régressés. Peut-être pourrait-il trouver un moyen de garder juste ses sens surdéveloppés, sans devoir prendre l'apparence d'un étrange hybride d'homme-lion. Mais ça, encore une fois, il ne le découvrirait qu'en expérimentant avec son propre corps. Ce qu'il n'avait pas le temps de faire maintenant, puisqu'il allait devoir préparer son voyage de ce week-end, mais aussi rattraper les cours et son travail de Président du Conseil qu'il avait manqué aujourd'hui. Sans parler de l'entraînement de basket, il était capitaine de l'équipe après tout, son absence n'avait pas du plaire à ses coéquipiers, ni à son entraîneur.

Il aurait une journée chargée demain, mais au fond, il brûlait d'une certaine impatience de voir un être qui lui ressemblait, même si il ne s'agissait que de Kagami Taiga.


Hellow !

Me voilà enfin avec la suite de cette fic, j'espère qu'il y a encore des gens qui l'attendaient ! XD Et j'espère qu'elle vous a plu !

On est resté sur Akashi encore une fois, mais on s'éloignera (peut-être) un peu à mesure que les autres personnages arriveront ^^ Et désolée pour la science de comptoir, mais j'avais envie d'éviter le "ta gueule c'est magique", j'espère que ça reste un minimum crédible XD

Merci beaucoup à ceux qui ont laissés des commentaires pour le prologue : Aelix, ShiroNeko Nya, Moona Neko, MadLu-chan, Vyersdra, PiuPiu, Yuki, Zi, Cha, laura, Laura-067, choucoupette, akjmat64 et MD864 !

Je vous avez dit qu'il y aurait 16 animaux, mais en fait il y en aura 17, alors n'hésitez pas à tenter de deviner encore ceux qui manquent ^^

Kissus,
Nyny :3