Bonjour !

J'espère que vous avez passé une bonne semaine et que vous allez bien^^ En tout cas, merci à tous et à toutes pour vos messages, vos followers et autres !

Par contre, j'ai oublié de vous préciser que le rating de cette fiction sera susceptible de changer au fil des chapitres.

Sur ce, je vous laisses découvrir ce deuxième chapitre^^ Bonne lecture !


Le lendemain matin.

Emma se réveilla en sursaut, la sonnerie de son réveil résonnant dans la pièce. Elle l'éteignit vivement pour mettre au calme ses oreilles et jeta un regard vitreux aux alentours. Pourquoi était-elle là ? D'un coup, les souvenirs de la veille refirent surface et elle tomba lourdement sur le matelas. D'un mouvement de tête, ses yeux se posèrent sur la place vide à ses côtés. Ce n'était pas un cauchemar, juste la réalité. La blonde se leva dans un grognement, son corps lui faisait un mal de chien, des courbatures dûes à ce lit qu'elle ne connaissait pas. Emma fit un crochet dans la salle de bain pour rafraîchir son visage fatigué puis descendit dans la cuisine. Elle ignora les sentiments de manque, de douleur, de vide, la traversant et se servit un café bien serré. Elle sentait son besoin de caféine pour la maintenir debout. Ce n'était pas dans ses habitudes, certes, mais rien depuis la veille n'était ordinaire. Une fois celui-ci préparé, elle se dirigea près de la fenêtre et posa son regard sur l'extérieur.

En ce samedi matin, le temps était grisâtre, comme souvent en cette période de l'année. La flore environnante préparait assidûment sa floraison, sa renaissance pour le printemps approchant à grands pas malgré le froid encore bien présent. Emma sirota son café encore brûlant de longues minutes, observant les oiseaux virevoltant au gré d'une légère brise, s'attardant largement sur le pommier dénué de feuille, symbole de sa femme. Une larme roula lentement sur sa joue alors que d'autres images envahissaient sa tête. Finalement, elle préféra détourner le regard, occultant au maximum ses émotions et s'installa devant la télé en attendant le réveil de son fils.

Henry montra le bout de son nez et surprit Emma qui malgré le regard fixé sur l'écran semblait ailleurs. Elle pouvait voir la fatigue déformer les traits du jeune homme avec ses yeux mi-clos, le tout accentué par ses cheveux en bataille. Il traîna des pieds jusqu'au canapé pour s'y affaler lourdement.

« Salut... » Dit-il la tête en arrière, ses yeux se refermant aussitôt.

« Salut gamin... Bien dormi ? » Essaya Emma.

« Ouais... Bof... J'ai connu mieux et toi ? »

« Pareil ! »

Ils s'échangèrent un sourire discret. La blonde marcha vers la cuisine et demanda :

« Petit-déj ? »

« Oui, je veux bien ! » Dit-il en la rejoignant.

L'adolescent s'assit tout en croisant ses bras sur le bar afin d'y poser sa tête et de fermer les yeux une nouvelle fois. Un léger sourire amusé étira les lèvres de la blonde sous cette vision.

Elle sortit tous ce dont il pouvait avoir besoin pour son petit-déjeuner pour l'éparpiller sur la table et se servit de son côté un deuxième café.

« Tu vas voir maman à quel moment ? » Demanda Henry, tout en plongeant sa cuillère dans son bol.

Emma prit une gorgée de café et dit :

« Dans une heure max, le temps de me préparer ! » Elle le fixa intensément. « Tu veux venir avec moi ? »

« Je veux bien... Ensuite, j'irais voir Grace et les autres, je pense... »

« Pas de soucis ! Et puis, c'est bien que tu ailles voir des copains pour te changer les idées. » Dit Emma, un sourire aux lèvres.

« Oui, je ne veux pas trop rester enfermé. »

« Tu comptes manger à la maison à midi ou avec tes amis ? »

« Emma, il est déjà 11h30 ! » Annonça Henry en rigolant.

La blonde arrêta son geste en réalisant les propos de son fils et se mit à rigoler avec lui. Elle n'avait vraiment pas fait attention à l'heure, ce matin.

« Effectivement, vu sous cet angle ! »

« Et toi ? Tu vas bosser aujourd'hui ? » Demanda Henry retrouvant son calme.

« J'en sais rien, je verrais une fois sortie de l'hôpital... »

« Ok ! »

Trente minutes plus tard, Henry attendait dans le vestibule, adossé au mur, sa veste déjà sur le dos. Son esprit vagabondait vers sa mère, les yeux dans le vague, une boule nerveuse se forma dans son estomac. Il appréhendait leur visite à l'hôpital, même si il avait déjà vu l'état de Regina. Il ne se forçait pas, au contraire, il voulait lui faire ressentir sa présence, en lui parlant, lui prenant la main. Mais, il appréhendait les pronostics, les derniers résultats d'examens. Soudain, une porte claqua à l'étage, le tirant de ses pensées. Il jeta un œil à sa montre, il attendait depuis quinze minutes.

« EMMA ! » S'écria-t-il.

« J'arrive ! »

Elle dévala les escaliers quatre par quatre et une fois à la hauteur de son fils :

« Je galérais pour le maquillage... »

« Tu as le droit d'être triste, je te rappelle ! » Souffla-t-il, exaspéré.

« Et ça vaut aussi bien pour toi, gamin ! Allez file ! » Lança la blonde dans un sourire en coin.

Ils montèrent tous les deux dans la voiture et partirent en direction du seul établissement hospitalier de Storybrooke. Ils firent un crochet chez le fleuriste prenant un énorme bouquet, ils souhaitaient égayer cette chambre trop froide, trop sobre à leur goût et pensaient que si Regina se réveillait pendant leur absence, elle verrait qu'ils sont là pour elle. Pendant le trajet, plus ils s'approchaient, plus leur stress atteignait des sommets. Après avoir rapidement demander des nouvelles de Regina, ils se retrouvèrent devant sa porte. Emma rentra en première, le souffle déjà court, laissa passer Henry qui portait le bouquet de fleur et referma. Pour tous deux, la vision de l'être aimé allongé presque sans vie et branché à diverses machines, leur comprima brutalement la poitrine. Ils prirent sur eux pour ne pas éclater en sanglots.

Puis Emma s'assit sur un des côtés du lit et vit du coin de l'œil, Henry poser les fleurs avant de l'imiter. Après plusieurs minutes de contemplation, tous deux perdus dans leurs pensées, Henry prit la parole, la tristesse habillant sa voix tout en prenant une de ses mains entre les siennes :

« Bonjour, maman... Tu vois, nous sommes revenus te voir... »

Emma retint les larmes qui menaçaient de couler et replaça une mèche rebelle derrière l'oreille de sa femme.

« Bonjour, mon amour... »

« Nous t'avons apporté aussi un joli bouquet de fleurs... Alors réveille-toi vite pour le voir avant qu'il ne se fane... » Murmura le jeune homme, retenant au mieux ses émotions.

« Tu vas l'adorer, il est magnifique ! » Reprit la blonde.

« Par contre maman, faudrait recadrer Emma, je n'ai pas mangé à midi ! » Chuchota Henry assez fort pour être entendu.

« Hey ! Gamin ! Je dois te rappeler l'heure à laquelle tu t'es levé. Tu as eu droit à un brunsh à la place. Ne l'écoute pas mon amour, c'est sur lui qu'il faut crier ! » S'exclama le shérif se prenant au jeu de son fils.

Ils continuèrent comme ça quelques minutes, jouant l'un avec l'autre, rendant l'atmosphère pesante de cette pièce un peu plus légère. Ils rirent même un peu en prenant à partie Regina dans leur joute verbale. Bien qu'éphémères, de cette manière, ils évacuaient un peu la lourde pression sur leurs épaules, cela leur fit le plus grand bien. Une fois le calme revenu, Emma se leva :

« Mon chéri, je te laisse quelques minutes, je vais voir le Dr Whale pour plus de renseignement... »

« D'accord... »

« Je peux te laisser seul ? Ca va aller ? » Demanda Emma, incertaine.

« Oui... Oui... » Répondit son fils avec un petit sourire.

Une fois seul, dans la chambre, Henry souffla un grand coup, il essayait tant bien que mal de contrôler ses émotions le traversant. Mais en quelques secondes, il s'effondra en larmes. Sa tête entre les mains, il laissa échapper toutes ses peines. L'état de sa mère lui faisait tellement mal, le faisait tellement souffrir qu'il n'était plus en mesure de retenir quoique ce soit. Entre deux sanglots, il reprit la main de Regina pour la poser sur sa propre joue. Une petite partie de lui espérait un miracle, quand sentant les larmes de son fils sur ses doigts, sa mère se réveillerait pour le prendre dans ses bras et enfin le consoler. Rien ne se fit malheureusement et il posa un regard broyé par le chagrin sur son visage encore tuméfié.

« Maman... Maman... Que ferons-nous si tu ne te réveilles pas ? Nous serons perdus alors rentre vite à la maison... Emma a besoin de toi autant que moi... On n'est pas vraiment une famille sans toi à nos côtés... »

Il soupira longuement avant de poursuivre :

« Je vous aime toutes les deux, vous êtes deux formidables mères et je ne veux perdre aucune de vous... » Bredouilla-t-il, des spasmes étranglant sa voix.

Il baissa la tête et des larmes s'imprégnèrent rapidement dans le tissu des draps. Il avait beau essayer d'être l'homme fort qu'il devenait mais en face de lui se trouvait sa mère. Il continua lentement, ouvrant totalement son coeur :

« Je ne sais pas si tu m'entends mais réveille-toi, je t'en prie... J'ai encore besoin de toi, j'ai encore tellement de choses à apprendre, que tu dois m'apprendre pour devenir un homme respectable... Puis, je te veux à mon mariage, je te veux en tant que grand-mère... »

Il finit sa longue tirade par une crise de larmes plus violente que les précédentes. Le coma représentait, pour lui, un avant-goût amer de la mort. Des images de son avenir se bousculèrent dans sa tête, sans Regina à ses côtés pendant les grandes étapes de sa vie... Il posa son front délicatement sur le haut de sa poitrine et pleura toutes les larmes de son corps...


Au même moment, dans l'hôpital...

Le shérif attendait, près de l'accueil du service, le Dr Whale. Elle voulait des informations supplémentaires, mais ce dernier ne daignait pas se montrer. Accoudée au comptoir de la réception, Emma claquait rageusement du pied sur le sol, déjà au bord de la crise de nerf. Elle ne souhaitait pas également laisser trop longtemps son fils, seul dans cette chambre. Son regard balayait les couloirs pour essayer d'apercevoir un bout de blouse du médecin. Finalement, n'étant pas de nature patiente, Emma décida de sillonner les couloirs de cet hôpital à sa recherche. Elle parcourut une longue distance à travers les murs blancs, plusieurs services même, tendant l'oreille pour tenter de capter la voix de cet homme. Au détour d'un couloir, elle tomba finalement nez à nez avec lui.

« Ah Whale ! Je vous cherchais ! » Dit-elle dans un sourire aimable.

« Et moi, j'allais à votre rencontre... » Il lui rendit son sourire.

« Que pouvez-vous me dire sur l'état de ma femme alors ? Hier, je n'étais pas en mesure de vous le demander... »

« Je peux le comprendre, ne vous inquiétez pas... Mais venez, allons dans un endroit plus tranquille. »

Emma hocha la tête et le suivit dans une pièce qui semblait être son bureau. Il rangea le dossier du patient qu'il venait tout juste de voir et sortit celui de Regina Swan-Mills.

Il ouvra le dossier et indiqua la chaise à son interlocutrice.

« Non merci, je préfère rester debout ! »

« D'accord, comme vous voudrez... » Il s'assit et feuilleta plusieurs pages du dossier. « Alors commençons... »

« Oui ! Je veux tout savoir, mais évitez le jargon médical ! » Annonça Emma, les mains déjà moites alors que son stress augmentait dangereusement.

« Tout d'abord, Mme Swan-Mills a eu beaucoup de chance dans la collision. Car, d'après les informations recueillies sur place et données par David, c'est le côté droit de la voiture qui a percuté le tronc d'arbre. Et grâce à cela, l'accident n'a entraîné que peu de dégâts physiques et la batterie d'examens effectuée à son arrivée, nous l'a confirmé. Il en résulte seulement deux côtes fêlées, un poignet foulé ainsi que les hématomes et autres blessures visibles »

« Ok ! Ok ! C'est une bonne chose ça... » Souffla la blonde tout en passant les mains dans ses cheveux.

« Très bonne, oui, mais sa tête a malheureusement heurté violement la vitre côté conducteur malgré la ceinture de sécurité et l'air bag », reprit le médecin, « Et l'a plongée dans le coma où elle se trouve actuellement... »

Elle vint s'asseoir à cette dernière phrase et lutta de toutes ses forces pour empêcher ses larmes de couler. Elle n'était peut-être pas prête à tout entendre finalement. Et c'est les yeux brillants de larmes et d'espoir, qu'elle demanda :

« Franchement, ma femme a une chance de sortir de ce putain de coma ? »

« Oui, Emma ! Nous sommes sûrs de rien, bien entendu, mais rien n'indique un coma prolongé pour votre femme. » Annonça Whale, le regard déterminé. « La patience sera de rigueur... »

Emma semblait retrouver des couleurs tout d'un coup, son cœur se réchauffa grâce à la certitude du médecin. Bien sûr, beaucoup de zones d'ombres, d'angoisse, subsistaient en elle, mais ils disparaîtront le jour où elle reverra la prunelle de ses yeux...

« Autres choses aussi pour conclure... »

« Je vous écoute ? » Dit-elle en reportant son attention sur lui.

« Regina aurait pu tomber en hypothermie à cause des froides températures de cette saison, mais d'une certaine manière, Pongo a évité cela. »

« C'est-à-dire ? »

« Le chien est le meilleur ami de l'homme, vous le savez. Je ne sais pas ce qu'il faisait là-bas mais après l'accident, il a dû venir près d'elle et dans ce geste, lui a tenu chaud. »

« Dire que je le cherchais partout à ce moment-là ! Et comment pouvez-vous savoir ça ? »

« C'est simple, entre les conditions climatiques, la veste de Regina à l'arrière et son inconscience, elle avait toutes les chances de tomber en hypothermie pendant les recherches. » Finit-il en refermant le dossier.

La blonde resta bouche bée à cette révélation, elle ne s'y attendait pas du tout. Une fois, toutes les informations enregistrées, elle quitta le bureau du docteur, en lui rappelant qu'elle était joignable à toute heure de la journée comme de la nuit pour tous changements sur l'état de santé de Regina.

Après un passage rapide aux sanitaires pour se rafraîchir le visage, heureusement qu'elle portait un mascara waterproof, Emma marcha vivement vers la chambre. Elle rentra pour voir son fils dans la même position. Il posa un regard humide sur elle, la mine ravagée par les pleurs. Son cœur ne fit qu'un bond et elle alla le prendre dans ses bras, qu'il ne refusa pas et elle lui caressa les cheveux. Puis, en s'asseyant dans un fauteuil, elle commença à expliquer son entretien en n'omettant aucun détail.

Quinze minutes, après. Henry décida de partir pour rejoindre ses copains alors après un bisou et une dernière étreinte, il laissa sa mère.

Cette dernière se retrouva de nouveau seule. Elle approcha son fauteuil au plus près du lit et elle entrelaça ses doigts à ceux de sa femme. De son regard, elle parcourut le visage de son amour. Ce bandage au milieu du front, la profonde entaille à l'arcade sourcilière recousue, l'œil au beurre noir puis l'hématome sur sa pommette qui commençaient déjà à se dissiper, et ses yeux finirent leurs courses sur la grosse coupure de sa lèvre également soignée. Peut-être une deuxième cicatrice à cet endroit. Emma arrêta cette contemplation lui brisant le cœur et commença un deuxième discours à son attention... Elle laissa parler son cœur, avec les doutes, les angoisses l'habitant depuis la veille autant que le manque de sa présence à ses côtés dans leur quotidien. Elle déversa toute sa peine en de longues phrases, entrecoupées de sanglots et finit par s'endormir à moitié sur le lit avec la main de Regina posée délicatement sur sa joue. Comme si elle la caressait.

À son réveil, Emma ouvrit péniblement les yeux, ses muscles la faisant souffrir davantage. Elle se redressa dans le fauteuil et se massa la nuque. Elle jeta un œil à l'heure et s'aperçut que l'après midi était bien entamée. Ces quelques heures de sommeil lui firent du bien, elle le ressentait dans tout son corps. Elle regarda, de nouveau, sa femme puis balaya la pièce de ses yeux verts, légèrement endormis. Son bouquet n'était plus le seul présent dans celle-ci, deux autres se trouvaient placés sur une table non loin du lit. Elle sourit et lit les petites cartes accompagnants les fleurs.

« Bon rétablissement, Madame le Maire. Toutes nos pensées sont avec vous. Les sept nains. »

« Nous pensons très fort à vous, nous vous souhaitons de guérir rapidement. À bientôt. Ruby et Granny. »

Emma sourit largement en lisant ces quelques mots de soutien. Ce n'était pas juste des mots sur un bout de papier, ces messages prenaient un sens particulier surtout quand on connait la destinataire de ces attentions. À cette idée, son cœur se gonfla de joie pour sa femme. Il était loin le temps, où ils souhaitaient la calciner sur un bûcher, mettre sa tête au bout d'une pique. Elle remit les petites cartes à leur emplacement et s'avança vers le lit. De ses doigts, elle caressa les contours de sa joue, de sa mâchoire...

« Je te laisse mon amour... À demain... Je t'aime... »

Elle déposa un baiser timide sur ses lèvres et quitta la pièce après un dernier regard sur sa compagne.


Les jours suivants se ressemblaient mornes, tristes et l'absence de Regina se faisait de plus en plus ressentir. Henry avait tenu à aller au lycée malgré les circonstances, il ne voulait pas prendre de retard et souhaitait que sa mère soit fière de lui quand elle reviendrait à la maison. Emma, également, reprit le travail, essentiellement pour s'aérer la tête. Le soir, ils se retrouvaient à l'hôpital, prenant des nouvelles tout en tenant compagnie à la reine pour ensuite rentrer à l'heure du repas. Peu de discussions subsistaient entre eux, préférant le silence dans cette grande maison, seules les marques d'affections comptaient ainsi que leur soutien mutuel même muet. Ils ne pouvaient faire autrement sachant qu'ils retenaient leur souffle à chaque visite, redoutant, le pire, malgré eux et les pronostics.

Emma de son côté, pendant les heures de travail, passait la voir. Elle remarquait que les fleurs se multipliaient ici et prenait un réel plaisir à lire et relire les cartes de ses amis comme Nova, Archie ou encore ses parents sauf qu'ils avaient opté pour un bouquet chacun.

Ensuite, Emma prenait place sur le fauteuil et lui parlait longuement avant de s'endormir. Ne trouvant quasiment jamais le sommeil au manoir, elle profitait d'une certaine sérénité, dans cette chambre d'hôpital, pour rattraper quelques heures. La main de Regina toujours posée sur sa joue.

En cet après-midi de milieu de semaine, avant de quitter la chambre, Emma s'attarda de nouveau sur les petits mots lui réchauffant le cœur. Elle les prit dans sa main pour les relire.

« J'aurais aimé qu'un peu de magie de fée, vous aide dans cette épreuve. Bon courage. Nova. »

« En espérant vous retrouver rapidement parmi nous. Archie »

« Pour le bien de tout le monde. Pour le bien de votre famille. J'espère vous revoir vite. David. »

Le shérif replaça les cartes tout sourire malgré l'étau serrant sa poitrine depuis l'accident et après quelques mots glissés à l'oreille de son amour puis un dernier baiser, elle s'éclipsa de la chambre. Une fois dans sa voiture, elle roula vers le poste de police sans aucune motivation, les yeux dans le vague avec l'impression de mourir de l'intérieur, une habitude depuis quelques jours. Pour casser cette mauvaise routine s'installant doucement, Emma décida à la dernière minute de prendre le café chez Mary-Margaret. Elle n'avait vu quasiment personne depuis ce fameux jour hormis David la soutenant à sa manière, Whale et son fils, bien entendu. Il ne fallait pas non plus qu'elle s'arrête de vivre alors après un regard rapide à l'heure, Emma dévia de sa route initiale et se rendit à l'appartement de ses parents. Toujours le même où elle avait résidé un temps avant d'emménager avec Regina. Ses parents se sentaient bien entre ses murs, un petit cocon qu'ils ne voulaient pas perdre malgré les occasions d'avoir plus grand et mieux. Emma gara sa voiture en bas de l'immeuble, appela rapidement David pour le prévenir qu'elle ne viendrait plus travailler de la journée et monta les marches la séparant de l'appartement.

Elle tapa quelques petits coups et attendit que la porte s'ouvre...

« Emma ! Je suis contente de te voir, entre. » Dit Blanche en s'effaçant pour la laisser passer.

« Salut ! » Répondit Emma avec un geste de la main.

Une fois la porte fermée, Mary Margaret entoura sa fille dans ses bras et se dirigea derrière le comptoir. Cette dernière prit place sur une des chaises de bar.

« Je te fais un bon chocolat chaud ? »

« Non, pas aujourd'hui... Un café, s'il te plait. »

La petite brune se retourna vivement, interloquée par ce choix de boisson. Elle fronça légèrement les sourcils et sous cette mimique, la blonde se sentit mal.

« En ce moment, je préfère, c'est tout... » Expliqua le shérif précipitamment.

Cette phrase ne convainquit pas Mary-Margaret, mais elle ne releva pas, préférant reporter sa question à un moment plus propice. Elle connaissait bien sa fille maintenant et savait d'avance qu'un interrogatoire, dans la précipitation, résulterait au mutisme de celle-ci. Elle prépara le café d'Emma et son thé. Elle posa ensuite le tout sur le comptoir puis s'assit.

« Je ne te dérange pas, au moins ? »

« Non, du tout. Je suis toujours ravie de te voir. »

Elles s'échangèrent un sourire.

« Emma, y a-t-il du nouveau pour Regina ? » Demanda Blanche tout en remuant sa boisson.

« Encore dans le coma, juste les blessures physiques qui guérissent... Sinon, pas plus que quand je t'ai eue au téléphone, avant-hier. »

« D'accord... » Elle hocha la tête, se sentant tellement impuissante. « Et Henry ? Je ne l'ai pas vu depuis l'hôpital, comment va-t-il ? »

« Il va... Sans plus... Nous parlons peu, tu sais ! Mais, il porte sur lui toute la tristesse de son cœur... » Expliqua Emma en baissant la tête.

« Ma chérie... » Elle lui releva le visage à l'aide de sa main. « Il sait que tu es là pour lui, n'en doute pas, il veut juste être fort pour toi... »

« Mais il a le droit d'être triste, c'est encore un enfant ! » S'exclama la blonde, tout en buvant un peu de café.

« Je ne dis pas le contraire, mais il devient un homme aussi, et il ressemble un peu à ton père... Ils ne réagissent pas comme nous. Il ne faut juste pas oublier qu'ils sont sensibles et qu'ils ont besoin de nous. »

La brune lut sur son visage, l'agitation se déchaînant dans le cœur de sa fille, et lui prit la main doucement.

Emma souffla d'exaspération sachant que Mary-Margaret avait raison sur toute la ligne. Mais voir son fils dans cet état la rendait folle de rage contre elle-même, contre le monde entier, contre cette vie, elle se sentait si impuissante face à sa douleur. Elle ferma les yeux, essayant d'apaiser les flammes de sa colère.

« En tout cas, je suis persuadé que dès qu'il aura besoin d'aide, il saura venir vers toi... »

« Tu crois ? » Demanda la blonde, incertaine, doutant d'un coup de son rôle de mère.

« Si je te le dis ! » Elle sourit largement avant de poursuivre... « Mais il est surtout comme ses deux mères ! Borné, susceptible, fort et doux le plus clair du temps, un tantinet colérique mais avec un grand cœur ! Un pur produit des Charmings et des Mills, en somme ! »

Les yeux d'Emma papillonnèrent sous les propos de celle-ci, à la fois heureuse et rassurée. Un grand sourire se dessina sur ses lèvres, montrant sa reconnaissance et son apaisement. Décidément, elle avait bien fait de venir. Elle finit son café d'une traite, ne sachant pas de quoi parler, se sentant juste bien ici, un lieu qui ne lui rappelait que peu sa femme.

Mary Margaret la tira de ses pensées en demandant d'une voix douce et se voulant réconfortante :

« Et toi, comment vas-tu ? »

« Ben, ça va ! » Lui répondit-elle sans réfléchir.

« Emma... Tu sais que tu peux tout me dire... »

Elle ne voulait pas parler, pour ne pas craquer, pour ne pas s'effondrer et ne jamais se relever, elle ne pouvait se le permettre, mais la blonde se sentit dans l'obligation de se libérer de ses chaînes. D'une part, le regard compatissant de Blanche qui souhaitait juste l'aider. De deux, son cœur le réclamait tellement fort au vu de ses battements anarchiques, qu'il devînt douleur. Au bout d'interminables interrogations, sa tête perdit la bataille contre son âme et Emma se livra sans détour.

Elle raconta ses longues soirées à se morfondre, enfoncée dans le fauteuil du bureau de Regina, un verre de vin lui tenant compagnie alors qu'Henry dormait à l'étage. L'inquiétude pour son fils, sa femme qui la rongeait chaque seconde de sa vie depuis l'accident. Ce titre de « Sauveuse » qui ne signifiait rien, si elle ne pouvait pas aider son amour. Cette impuissance face à ce drame engourdissait ses membres. Ces excès de colère ne supportant plus cet attentisme. Ces longues crises de larmes qu'elle ne pouvait contenir trop longtemps pendant ses insomnies. La difficulté de vivre tout simplement entre ses murs ayant connu le bonheur, la joie, les rires d'une famille unie.

Emma finit son discours à bout de souffle, clignant rapidement des yeux pour ne pas sombrer encore une fois, dans les abîmes de son enfer. Sa tête entre ses mains, elle jetait toutes ses forces dans la guerre contre le chagrin qui la submergeait après cette délivrance.

Mary-Margaret, l'oreille attentive, avait fait le tour du comptoir pour poser ses mains sur ses épaules, ne supportant pas de voir son enfant dans cet état. Pendant qu'elle l'écoutait, elle caressa gentiment son dos, geste désespéré pour l'apaiser. Son cœur se déchirait au fur à mesure de ses paroles, sa poitrine lui faisant horriblement mal. Elle aurait tellement aimé alléger sa famille de cette souffrance qu'aucun ne méritait. Chaque membre n'avait que trop souffert, pendant trop longtemps pour revivre qu'un dixième de cette douleur. La brune pria silencieusement pour le réveil de sa belle-fille, pour leur bien à tous les trois et souhaitait du plus profond de son âme, les revoir réunis, heureux, autour d'un repas familial.

Emma se trouvait, à présent, complètement dans ses bras, cherchant le soutien qui lui manquait cruellement pour lutter. Elle retrouvait une certaine paix intérieure contre sa poitrine, écoutant le battement rapide du cœur de son ancienne colocataire. Elle n'arrivait toujours pas à l'appeler « maman » mais au creux de ses bras, elle éprouvait ce sentiment plus que jamais auparavant.


Le soir, dans le manoir...

Emma s'installa, comme chaque soir, dans le bureau de sa femme, entourée d'une armada de livres. Elle s'assit dans le fauteuil et balaya la pièce du regard seulement éclairé d'un luminaire apportant une touche tamisée. Tout dans cet endroit lui rappelait Regina jusqu'à l'odeur de son parfum pomme-cannelle imprégné dans les cuirs du mobilier. Emma respirait à plein poumons ces fragrances, s'enivrait le corps, embaumait son esprit, ce parfum devenant une addiction. Elle se servit un deuxième verre de vin et fit pivoter son siège pour observer l'extérieur par la baie vitrée... La nuit enveloppait de son manteau noir le jardin, les étoiles scintillaient de milles feux dans l'immensité du ciel, et la lune rayonnait de sa lumière fantomatique élargissant les ombres biscornues qui elles-mêmes flottaient au gré du vent... Son esprit vagabonda rapidement, revoyait les images de son entrevue avec Mary-Margaret. Cette sensation d'apaisement ressentie, dans ses bras, après avoir déchargé toute sa tristesse. Elle en ressentait encore, les effets positifs, dans son corps et en était heureuse. Elle se souvenait de la proposition de Mary-Margaret de dormir, chez eux, avec Henry, mais Emma avait gentiment décliné. Et ensuite, elles avaient parlé de tout, de rien, une discussion légère, plaisante avec quelques rires à l'évocation d'une blague d'un de ses élèves.

La blonde sourit en coin à ce souvenir avant d'avaler une gorgée de vin. Elle remit mieux sa couverture sur elle, le froid commençant à la gagner et resta comme cela, perdue dans les abysses de son esprit, de son coeur pendant un long moment.

« MAMAN ! »

Emma redressa la tête immédiatement, tirée brutalement de sa somnolence. Henry. Prise de panique, son sang ne fit qu'un tour, elle laissa tomber la couverture à ses pieds et courut à toute vitesse, à l'étage. Son cœur tapait fort dans sa poitrine, que se passe-t-il ? Elle ouvrit dans la hâte la porte de la chambre de son fils et se précipita sur la lampe de chevet.

« Maman... Non... Maman... » Marmonna le jeune homme dans son sommeil.

« Henry ! Mon chéri, réveille-toi... » Dit doucement Emma en le secouant légèrement et voyant la terreur déformer son visage. « Henry ! »

« Maman ! » S'exclama-t-il en ouvrant les yeux, totalement affolé. « Emma ! »

Il fondit sur son corps brusquement et pleura chaudement au creux de son cou. Elle l'entoura de ses bras et le serra le plus fort possible contre elle. Elle pouvait voir son fils en sueur, les cheveux à moitié trempés, tout grelottant de peur. Un cauchemar. Ils restèrent dans cette position plusieurs minutes, l'adolescent évacuant toute la frayeur accumulée durant ses chimères tout en savourant cette protection qui lui manquait, Emma chuchotait à son oreille des paroles rassurantes tout en le berçant. Une fois le calme revenu dans son coeur, il quitta les bras de sa mère.

« Désolé... J'ai fait un cauchemar... » Murmura-t-il en s'essuyant les yeux à l'aide de son pyjama.

« Ce n'est rien, gamin, ça peut arriver... » Elle dégagea son front de ses cheveux humides. « Tu veux en parler ? »

Il hocha la tête en revenant se positionner contre elle. Elle l'enlaça de nouveau, il semblait si fragile, tellement vulnérable à cet instant, avec l'impression qu'il soit de nouveau un tout petit bébé.

« Je t'écoute... »

« Maman, elle... Elle mourait dans mon cauchemar... Elle mourait dans cet hôpital... » Expliqua Henry, des larmes coulant silencieusement sur ses joues.

« Je peux t'assurer que ce n'est qu'un cauchemar... » Elle recommença à le bercer en lui caressant les cheveux et l'embrassant sur le front. « Je suis persuadée que ta mère reviendra parmi nous, qu'elle rentrera à la maison... »

« J'ai peur... Tellement peur... »

« C'est normal... Mais tout va s'arranger, tu verras... »

« Et toi ? Tu n'as pas peur ? Tu sembles si forte, comment tu fais ? » Demanda-t-il en la fixant de ses yeux bruns humides.

Elle baissa la tête, un instant, comprenant la question de son fils. Elle jouait un rôle depuis le début de ce drame, ne voulant pas affecter son fils par sa propre tristesse. Elle le fixa de nouveau et dit :

« J'ai peur autant que toi... Cette peur me paralyse et je ne dors quasiment plus... Mais je garde espoir là... » Elle mit son poing contre sa poitrine. « Personne ne pourra m'enlever l'espoir de revoir ses beaux yeux. »

« Elle me manque... Si tu savais comme elle me manque ! »

Il se jeta de nouveau dans ses bras, les larmes redoublant d'intensité.

« Je sais mon chéri, à moi aussi et c'est tout à fait normal de ressentir ça mais... Je suis là et le serais toujours... »

Emma prit le temps de le consoler, de le cajoler, une nouvelle fois, elle-même au bord des larmes. Le silence régnait dans la chambre depuis une heure environ et quand elle s'aperçut qu'il dormait, elle voulut le rallonger mais il se réveilla aussitôt.

« Emma ! »

« Gamin ? »

« Je peux dormir avec toi ? »

« Comme quand tu étais petit... »

Il acquiesça légèrement de la tête, tout penaud de cette demande à son âge. Elle lui sourit chaleureusement et lui tendit la main qu'il attrapa rapidement. Il la suivit jusque dans la chambre d'ami et ils s'allongèrent tous les deux. La chambre plongeait dans le noir, Henry s'emmitoufla dans les couvertures avant de poser sa tête sur la poitrine de sa mère. Cette dernière se positionna du mieux qu'elle put et le serra fort.

« Emma ? »

« Oui, gamin ? »

« Pourquoi on est dans la chambre d'ami ? »

« Je ne peux pas dormir sans elle dans cette chambre. » Murmura-t-elle, la voix tremblante. « Allez maintenant, dors. »

« Bonne nuit... » chuchota le jeune homme, déjà dans les bras de Morphée.

« Bonne nuit gamin... »

Elle l'embrassa une dernière fois sur le front et jeta un œil à l'heure affichée par le réveil. 3h20. Elle ferma les yeux, espérant trouver le sommeil à son tour. Malheureusement sa tête faisait des siennes et elle devait se concentrer pour faire le vide total tout en ne bougeant pas pour ne pas réveiller son petit homme. Et finalement, elle s'endormit doucement, la respiration lente et régulière de son fils en musique de fond.


Le lendemain...

Emma, dans la cuisine, préparait des œufs brouillés. Elle avait passé une bonne fin de nuit donc décida en se levant de faire un effort pour le petit-déjeuner de son fils. La bonne odeur le fit rapidement venir dans la pièce. Elle lui sourit chaudement à son entrée puis il l'embrassa sur la joue et prépara la table. Aucun d'eux ne voulant revenir sur l'événement survenu dans la nuit. Tout avait été dit, pas besoin d'en rajouter, pensait la blonde. Une fois le plat fini, elle l'apporta et lui servit une part avant d'en prendre une.

« Merci. » Dit-il en prenant sa fourchette.

« De rien. » Elle lui sourit en s'asseyant. « Aujourd'hui, tu as une journée chargée ? »

« Non, pas vraiment, cet aprem', j'ai pas cours ! »

« Cool ! Tu comptes faire quoi ? » Demanda-t-elle en prenant une gorgée de son café.

« Je sais pas encore, peut-être rentrer et potasser... »

Emma pencha la tête sur le côté en le regardant, les sourcils froncés.

« Tu ne fais que ça, en ce moment, tu devrais sortir et t'aérer la tête comme samedi dernier. Non ? »

« J'en ai pas envie... »

« Pourquoi ne passerais-tu pas l'après midi avec ton grand-père ? »

« Tu crois ? » Il la fixa intensément.

« Oui ! Ça lui fera plaisir et faire du sport pourrait te faire du bien ! Ça pourrait être marrant avec lui, tout essoufflé, non ? » Dit-elle dans un clin d'œil.

« Pourquoi pas ! » Il réfléchit quelques secondes. « Ouais ! Mais il travaille ? »

« T'inquiète pas pour ça, je m'en occupe. Alors ? »

« Avec plaisir ! Tu pourras lui dire ? » Dit-il enthousiaste à cette idée.

« Pas de soucis ! Il faudra juste que je le retienne de sauter dans tout le commissariat ! »

Ils éclatèrent de rire en imaginant la scène puis finirent leur petit-déjeuner avant d'aller se préparer. Henry partit rapidement pour attraper le bus scolaire. Emma, de son côté, finissait de se maquiller dans la salle de bain. Elle repensait au visage heureux de son fils, ce matin et elle sourit largement ce qui la fit rater son trait d'eyeliner. Quelle maladroite ! Elle râla tout en regardant le massacre dans le miroir, impossible de rattraper le coup, alors elle recommença le tout.

Quinze minutes plus tard.

Venant de finir, Emma s'observa rapidement dans le miroir, satisfaite, elle sortit de la salle de bain puis se dirigea vers la chambre principale de la maison et entra. Ses yeux balayèrent la pièce et un flot d'émotions contradictoires la parcourut, la tristesse, le chagrin tout comme la joie la saisissait, la laissant inerte. Elle secoua vigoureusement la tête, chassant ses pensées, ses souvenirs qui l'assaillaient de toute part. Elle ignora de toutes ses forces ce que ce lieu faisait naître chez elle et marcha jusqu'au dressing de Regina. La vue de ses vêtements, l'odeur qui s'en dégageait, Emma sentit une autre vague d'émotions s'emparer de son corps, la faisant frissonner. Elle cligna des yeux plusieurs fois pour retenir ses larmes et pris rapidement un chemisier blanc, un pantalon noir et un ensemble de sous-vêtement rouge/noir puis fourra le tout dans un sac et tourna les talons presque en s'enfuyant d'ici. Une fois dans le couloir, le calme revenu dans sa poitrine, elle respira profondément faisant disparaître ses vertiges et descendit dans le salon. Emma prit le reste de ses affaires et ferma à clé la demeure.

Le shérif roula jusqu'à l'hôpital, d'habitude elle venait l'après midi, mais sachant que David la passerait avec son fils, la blonde avait décidé de rendre visite à sa femme, le matin. Elle gara rapidement sa voiture et après un bref arrêt à la réception, elle se faufila dans la chambre, le cœur lourd.

Elle s'approcha immédiatement du lit et lui caressa la joue.

« Bonjour, mon amour... Comment te sens-tu aujourd'hui ? »

Elle l'observa, toujours aucune réponse, même pas un mouvement fébrile de cils. Déçue, la blonde scruta ses blessures, il ne restait plus que les grosses coupures visibles, celles de l'arcade et de la lèvre. Les bleus avaient totalement disparu.

« C'est bien, on ne voit presque plus rien... À ton réveil, tu verras que tu es toujours magnifique... »

Emma eut un pincement au cœur au souvenir de ce visage tuméfié. Elle rompit le contact visuel, ne voulant pas fondre en larmes et secoua son sac.

« Tiens ! En prévision de ta sortie, je t'ai apporté des vêtements. » Elle alla ouvrir le seul placard de la pièce. « Bon, j'ai pris le strict minimum et du simple. » Elle installa les habits sur une étagère. « J'espère que ça te conviendra et si tu n'aimes pas, t'inquiète pas, je m'occuperais de te les enlever ! »

Elle se mit à rire quelques secondes, sous cette allusion qui aurait fait lever les yeux au ciel à sa femme. Elle revint près du lit et lui prit la main.

« Par contre, mon amour, je ne peux pas rester longtemps aujourd'hui. Mais ce soir, je serais là. Promis. »

La blonde posa ses yeux de nouveau sur elle, se haïssant de cette conversation, qui la mettait à la limite des portes de l'asile. Mais pour ne pas craquer, elle sentait le besoin de le faire.

« J'ai entendu dire que tu avais reçu de la visite ! Granny et Archie, il me semble, je suis contente pour toi... » Son regard changea, il devint plus doux, plus tendre encore. « Au moins, quand nous ne sommes pas là, tu n'es pas seule pour autant... »

Elle caressa sa joue, savourant le velouté de sa peau sous ses doigts.

« Tu manques à ton fils, mon amour... Tu me manques... Tellement... »

Sa voix s'étrangla à ces mots. Elle balança sa tête en arrière pour se ressaisir et posa son regard sur les fleurs. Elle fronça les sourcils et se dirigea vers deux nouveaux bouquets.

« Tu as vu... Encore des fleurs ! On va en faire une jardinerie de cette chambre à ce rythme ! »

Emma se figea, surprise par ses propres mots, elle gesticula dans tous les sens. Elle confondait réalité et rêve ou quoi. Celle-ci s'énerva contre elle-même, comment pouvait-elle déblatérer d'aussi grosses inepties ?

« Oublie, ce n'est pas drôle. Pas drôle du tout ! Mais quelle conne je fais, moi... »

Finalement, elle prit les petites cartes accompagnant les jolis bouquets et parcourut les quelques lignes. Un sourire illumina son visage.

« À ma coriace ennemie. À mon amie, si cher à mon cœur. Nous pensons à vous. Gold et Belle. »

« Tu as des amis fidèles maintenant ! Il est loin le temps de la guerre ! »

Emma s'avança une dernière fois vers le lit et posa ses lèvres sur celles de sa femme, goûtant avec douceur cette texture qui lui manquait tant. Elle souhaiterait tellement qu'elle lui rende ce baiser, qu'elle la prenne dans ses bras pour lui dire combien elle l'aime. Aucun mouvement. Les larmes montèrent rapidement aux yeux d'Emma, une tomba même sur le visage endormi. Ses humeurs pouvaient être si changeantes en ce moment, cela la rendait folle, cette situation mettant ses nerfs à rude épreuve. Elle se redressa et après un dernier sourire crispé entre ses larmes, sortit.

Une petite demi-heure de route et le shérif arriva sur son lieu de travail. Elle vérifia son maquillage dans le rétroviseur et monta dans les locaux.

« Salut ! »

« Salut ! » Répondit son père d'un geste de la main.

« Désolé du retard... » Dit-elle en mettant sa veste sur le dossier de sa chaise.

« Ne t'inquiète pas pour ça. »

Elle s'assit et commença à feuilleter les dossiers sur son bureau. Cinq minutes plus tard, elle releva la tête et dit :

« David ! »

« Oui ? » Il la fixa tendrement.

« Henry voudrait passer l'après-midi avec toi, ça te ferait plaisir ? »

« Bien sûr ! C'est génial même ! »

Il sourit de toutes ses dents, une étincelle dans les yeux, visiblement heureux de cette nouvelle.

« Alors, c'est réglé ! » Dit-elle satisfaite en lui rendant son sourire.

Le reste de la matinée se déroula dans le calme, après avoir travaillé un peu les dossiers, ils s'amusaient à faire des paniers avec des boulettes de papier. Ce n'était pas très sérieux, ni productifs mais les rires embaumaient la pièce. David s'amusa aussi à faire le pitre sur un des bureaux tout en simulant un combat de son ancienne vie de prince. Sûrement inventé, pensa Emma. Mais le visage souriant de celle-ci encouragea son père dans cette voie, qui redoublait d'efforts. Ils n'avaient que très peu parler de ce drame tous les deux, David voulant la soutenir d'une autre manière, par le jeu, par ses nombreux câlins, par le rire quitte à faire l'idiot et il mettait un point d'honneur à faire cela à chaque moment passé auprès d'elle. C'était sa façon à lui de lui changer les idées, de lui montrer sa présence à ses côtés.


L'après-midi, au stade de Storybrooke...

Henry et David venaient de finir une partie de base-ball. Certes, il fallait adapter les règles pour seulement deux joueurs, mais l'important n'était pas là. Ils allèrent s'asseoir, tous deux essoufflés, sur un banc jonchant la limite du stade. David lança une bouteille d'eau à son petit-fils et but une grande gorgée dans la sienne. Il l'observait depuis le début de leur rendez-vous et il sentait bien le malaise habitant ce dernier. Son cœur se serra à cette constatation, ressentant presque cette douleur s'échapper du corps d'Henry. Il réfléchit, tout en récupérant son souffle, à une solution pour l'aider. Il ne savait pas trop comment s'y prendre, il devait se l'avouer. Henry pouvait avoir l'air d'un homme avec cette voix grave et cette barbe naissante, mais il avait encore le regard d'un enfant.

« Un petit duel à l'épée, ça te dit ? J'ai apporté le matériel... » Demanda le blond.

« Oui ! Pourquoi pas ? » Répondit l'adolescent dans un demi-sourire.

« Alors, c'est parti ! »

Ils se mirent en position après avoir récupérer leurs armes en bois et ils commencèrent le combat. David ne ménageait pas son adversaire, en l'assaillant de toute part. Attaquant ses jambes autant que son torse, faisant virevolter son épée au-dessus de sa tête avant de s'abattre dans une attaque puissante. Henry, quant à lui, se contentait de bloquer ou d'esquiver, l'esprit ailleurs. Le blond augmenta au fur à mesure la puissance de ses coups ainsi que leur rapidité. L'adolescent se retrouva vite débordé, n'arrivant pas à suivre le rythme du combat.

Soudain, un coup, un peu trop rapide, toucha Henry au bras. La douleur lancinante lui fit perdre son épée.

« Hey ! Mais ça va pas ! Tu m'as fait mal ! » S'écria-t-il, la colère habitant ses yeux.

« Tu n'as qu'à être plus concentré. Tu es meilleur que ça Henry. »

« J'y arrive pas ! »

« Je sais ! Je sais tout ce qui se passe ! »

« Alors, pourquoi fais-tu ça ? » Demanda Henry, soudainement triste.

David ouvrit en grand les bras, son épée toujours en main et lui lança un regard déterminé.

« Je le fais pour toi, Henry. Tu as de la peine, tu as peur, tu as de la colère en toi et je suis là pour que tu l'exprimes. Je veux être celui qui recevra cette rage. »

« Mais... »

« Il n'y a pas de « mais » qui tienne ! Prends ton épée et défoule toi, fais sortir tout ce qu'il y a en toi. Je t'attends ! Si tu te retiens, tu n'es pas un homme ! »

David finit cette phrase dans un cri, cela lui faisait mal de se comporter de cette manière, de lui parler sur ce ton, mais il voulait le faire réagir. Il tapa juste car Henry se rua sur lui de toutes ses forces, les yeux noircis par la colère, la haine. Il la laissa contracter ses muscles, se déverser dans ses veines. Son esprit se concentrant sur cette rage qu'il n'arrivait pas à exprimer, cette rage contre sa mère de l'abandonner, contre cet accident. Le souffle déjà court, il continua à asséner autant de coups possibles, libérant cette détresse qui vivait à chaque instant, en lui. Il essayait d'en venir à bout chaque soir, au fond de son lit mais il en était incapable. Tout lui faisait trop mal, cette douleur le paralysait sous les couvertures, l'angoisse lui coupait le souffle, l'idée de la perdre le terrifiait. Il ne pouvait que pleurer toutes les larmes de son corps jusqu'à épuisement. Il ne supportait plus cette situation, il devenait fou de rage.

« POURQUOI ? » Cria Henry.

David ne put être que spectateur de la fureur, de la douleur de son petit-fils, son bras s'engourdissait sous ses coups puissants mais il résista pour lui, pour qu'il puisse continuer à tout évacuer.

« Pourquoi la vie est si injuste ? Je ne veux pas la perdre ! Je ne veux pas me retrouver encore avec une seule maman... »

Les coups redoublèrent d'intensité alors que l'adolescent laissait sortir des cris de rage à chaque coup d'épée. Ne voyant plus que cette tristesse devant lui, qu'il devait combattre.

« Pourquoi ? Pourquoi ? Je suis si impuissant, pourquoi je ne peux pas l'aider ? »

Il laissa, soudainement, tomber son arme et s'écroula, à genoux, en larmes. Toute la fureur ayant fait place au désespoir. David se précipita et l'enlaça immédiatement. Il lui caressa les cheveux tendrement et murmura à son oreille :

« Je suis là... Chut... Je suis là... Je serais toujours là pour toi... »

Il le berça inconsciemment, le rassurant peu à peu puis reprit :

« Tu es vraiment un bon garçon... Je suis fier de toi, Henry... Vraiment très fier de toi... »

Henry continua à pleurer pendant encore quelques minutes, au creux de ses bras. Il se sentit bien mieux après les dernières larmes versées, les mots de David tournant en boucle dans sa tête. Un souffle d'apaisement s'engouffra dans son cœur. Il releva la tête et dit d'une voix timide :

« Tu n'as pas été gentil mais merci... »

« Et ça m'a fait mal de l'être ! Mais il le fallait pour que tu te défoules... » Répondit le blond tout en posant sur lui, un regard protecteur.

« Je suis tellement fatigué par tout ça, grand-père, tellement... » Dit Henry, les yeux encore rouges.

« Je sais mon grand... Et je suis là pour te soutenir, toujours... Viens me voir autant de fois que tu en as besoin... Pour parler, pour jouer... Et si tu veux, on se refera un duel, ok ? »

« D'accord ! »

La fin d'après-midi se passa très bien, entre rire et blagues, le tout agrémenté de sport. Henry ne se rendit compte du bien que cette journée lui procurait seulement le soir quand pour une fois, il s'endormit doucement, sans pleurs, ni crise d'angoisse, sans qu'Emma ait besoin de lui caresser la joue...


A suivre... Merci à tous et je vous donne rendez-vous pour la semaine prochaine^^ N'hésitez pas à me laisser vos impressions :)