HIIIII ! J'espère que vous avez tous passés de bonnes vacances. Pour les chanceux qui, comme moi, reprennent lundi, profitez bien ! Voici le second chapitre de cette histoire. Pour le troisième, il faudra attendre une à trois semaines puisqu'encore une fois, je suis en internat mais je ne rentre pas tous les week-ends. Bien que j'aie mon pc avec moi, j'n'ai pas la chance d'avoir une connexion internet donc, bah, voilà w même si j'ai du boulot, j'vais faire mon possible pour poster la suite le plus vite possible. Anyway, d'ici quelques minutes, le premier chapitre d'une autre de mes fictions sur le Puckleberry, I Am All Alone sera de nouveau disponible. Je posterai la suite en même temps que celle de cette fiction-ci.

Merci à elodielabe pour sa review, ça fait toujours ultra plaisir :)

DISCLAIMER → GLEEne m'appartient pas ― pas encore du moins mais on est jamais à l'abri d'un miracle ― tout comme la chanson utilisée dans ce chapitre. Si vous avez 3 minutes et 40 secondes à tuer, j'vous conseille d'aller jeter un oeil ― enfin, surtout une oreille pour le coup ― à l'interprétation de cette chanson par Lea Michele au cours de l'HRC National Dinner. Elle est divine, as always.

RATING → T pour le moment, parce que je suis parfois un peu vulgaire. Ça risque d'évoluer au fil des prochains chapitres.

Bonne lecture ! Et n'oubliez pas de laisser un petit commentaire, que ça vous ait plu ou non. Les critiques sont toujours bonnes à prendre (a).


Après une nuit très agitée, pleine d'une réflexion poussée, voire même un peu trop, Rachel Berry avait finalement décidé que la présence de son bourreau personnel au glee club n'avait absolument rien à voir avec l'amour qu'il portait à la musique. D'ailleurs, une personne telle que Noah Puckerman n'était décemment pas doté de suffisamment de sensibilité pour apprécier cet art-ci. Ou n'importe quel autre. C'était un être abject et frustre, cruel et dénué de toute intelligence. C'était, du moins, ce qu'elle s'appliquait à penser. De toute façon, Noah Puckerman était un connard. Un foutu connard. Et venant de Rachel, qui ne jurait jamais, c'était quelque chose. Elle refusait catégoriquement de souffrir sa proximité à la chorale. Il la poursuivait déjà chaque jour avec un slushie à la main pour lui faire payer Dieu seul sait quelle faute. C'en était assez. D'autant que depuis la reprise du club par monsieur Shuester, ses copains footballeurs et lui avaient toujours manifesté clairement leur hostilité. Non, non, non, son intégration n'était pas clair, pas clair du tout. Il fallait qu'elle, Rachel, en qualité de capitaine du glee club ― seule et unique capitaine du glee club, hors de question de partager cette responsabilité avec ce rustre ― il fallait qu'elle découvre le pourquoi du comment de ce soudain intérêt pour la chorale.

C'est pourquoi, peu avant le début de la première heure de cours, elle se tenait derrière lui tandis qu'il fouillait dans son casier, rassemblant manifestement ses affaires de classe. Un bref sourire passa sur son visage. Noah Puckerman n'était pas connu pour son assiduité en cours mais il y avait au moins une matière à laquelle il faisait honneur : les mathématiques. Elle était dans sa classe, pour ces cours-là, et ils commençaient tous deux la matinée par deux heures avec monsieur Harris, leur professeur de maths. Debout derrière lui, les yeux braqués sur ses larges épaules, Rachel se sentit soudain toute petite. Vulnérable. Certes, en cet instant précis, elle ne risquait rien puisque Puck n'avait probablement pas de granité en main. Mais quand même. Il était grand, elle était minuscule il était populaire, elle était taxée de loser il était charismatique, elle tapait sur les nerfs des autres. Il lui faisait peur et à plus d'un titre d'ailleurs. Prenant tout de même son courage à deux mains, elle inspira profondément et lui tapa sur l'épaule, non sans se racler la gorge au passage afin de signifier sa présence. « Excuse-moi, lança-t-elle alors qu'il ne s'était pas retourné.

― Tiens, Berry, la salua-t-il après une poignée de secondes, un sourire moqueur aux lèvres. T'es en manque de slushie ?

― Quel humour, grinça la jeune fille pour elle-même entre ses dents avant de relever fièrement le menton et de lui adresser un sourire éblouissant. Puisque tu fais désormais partie de la chorale, je pensais qu'il était d'usage de venir te saluer en personne ce matin.

― Bien sûr, oui. Histoire que tout le monde apprenne que j'tue le temps avec ta petite bande de bouseux, hein ? fit-il avec un bref ricanement. Qu'est-ce que tu veux ? ajouta-t-il, cette fois avec sérieux.

― Mais absolument rien Noah, je cherche simplement à faire preuve de politesse et―

― Qu'est-ce que tu veux ? » répéta abruptement le footballeur. Il portait sur elle un regard dur, sans équivoque et Rachel ne put s'empêcher de frissonner. Il était vraiment effrayant, dans le genre armoire à glace sans scrupule. Tout le contraire de son ami Finn Hudson qui, lui, avait tout l'air d'être la gentillesse incarnée et― concentre-toi Rachel, se morigéna-t-elle mentalement. Ce n'était pas le moment de rêvasser sur un garçon qui a) ignorait tout de son existence et b) sortait avec la capitaine des cheerleaders qui, elle, la connaissait parfaitement puisqu'elle s'était fixée pour objectif de ruiner ses années lycée. Bref. Ce n'était pas du tout le moment de songer à ça alors qu'elle se trouvait en face de Puckerman. Elle s'était fixé un objectif il lui fallait l'atteindre. Coûte que coûte.

Secouant vivement la tête, comme pour chasser une mouche importune, Rachel reporta son attention sur son vis-à-vis. A présent appuyé contre les casiers, il l'observait avec.. avec le sourire. Celui de la veille, durant son interprétation de cette stupide chanson de Billy Joel. C'était perturbant. Non, plus que perturbant. C'était bizarre. Très, très, très bizarre. Déstabilisée, incapable de supporter plus longtemps l'intensité de son regard fille, la jeune fille baissa la tête. Une rougeur subite colorait à présent ses joues. « Je― je― je―, bafouilla-t-elle sans pouvoir formuler la moindre phrase.

― Tu tu tu ? » la moqua-t-il, s'amusant visiblement beaucoup. Vexée, elle serra les poings et redressa la tête, les yeux étincelant de colère. L'espace d'un instant, Puck eut peur qu'elle ne lui saute dessus tant son mouvement ressemblait à s'y méprendre avec celui des vieux pantins sur ressorts qui traînaient dans le grenier, chez Nana Connie. Sa grand-mère adorait ces vieux trucs. Probablement s'agissait-il de vieux souvenirs d'enfance mais c'était plutôt effrayant. Hep, minute ! Rachel Berry n'était pas censé être effrayante. Effrayée, ouais, foutrement ouais même, par lui, d'ailleurs, mais pas l'inverse. L'inverse était.. bizarre. Le pire, c'est que c'était déjà la deuxième fois qu'il la trouvait flippante en deux jours. Deux fois en deux jours. Ça n'allait plus du tout là.

Elle tourna les talons si vite qu'il n'eut même pas le temps d'inverser la tendance. Puck la regarda s'éloigner sans rien dire.

Au moment où elle tournait pour passer dans le couloir de gauche, sa courte jupe se releva légèrement, lui laissant apercevoir l'innocente culotte de coton qu'elle portait. Sans qu'il sache très bien pourquoi, Puck trouva ça bizarrement sexy.


Lorsqu'il vit arriver Rachel Berry, Kurt sut que quelque chose se tramait. Quelque chose d'assez grave pour la mettre dans tous ses états. Quelque chose qui avait donc rapport avec le glee club. Une fois son casier refermé, il inspira profondément, se préparant mentalement à l'arrivée de la diva brune. « Kurt, il faut que tu m'aides, annonça-t-elle de but en blanc.

― Bonjour Rachel, répliqua-t-il avec hauteur, je vais bien, merci.

― Oui, oui, oui, éluda-t-elle d'une voix aigüe. C'est important, vraiment, vraiment, vraiment important » ajouta-t-elle. Grands dieux, ça paraissait sérieux. Le garçon lui jeta un bref regard. Ses grands yeux chocolat étaient encore plus écarquillés que si elle s'était adressée à Barbra Streisand elle-même. Oh my Gucci, songea-t-il, c'est sérieux. Pour qu'elle vienne s'en remettre à lui, ça devait l'être. Ils n'étaient pas du tout les meilleurs amis du monde, ils n'étaient même pas particulièrement amis, juste deux camarades se tolérant occasionnellement durant les répétitions de la chorale et se disputant très souvent les solos. Franchement, croyait-elle être la seule à avoir une jolie voix ? Lui aussi savait chanter, hein.

Prenant son bras, il l'entraîna avec lui en direction de la salle de mathématiques où ils avaient tous les deux cours en première heure. « Je t'écoute, lui souffla-t-il, qu'est-ce qui se passe ?

― Puckerman, articula Rachel avec un mépris apparent. Pourquoi est-ce que tu souris comme ça ? demanda-t-elle ensuite devant la mine malicieuse de l'adolescent.

― J'avais l'intention de te parler de lui, justement, expliqua-t-il avec un bref haussement d'épaules.

― Il faut qu'il disparaisse, enchaîna donc Rachel avant de préciser : du glee club, évidemment.

― Entièrement d'accord, approuva son camarade, et j'ai d'ailleurs une idée.

― Quel genre ? » fit la jeune fille, appréhendant grandement la réponse à la manière dont Kurt souriait. Ils n'étaient certes pas proches du tout mais elle le connaissait assez pour savoir qu'il avait parfois des idées saugrenues capables de ridiculiser n'importe qui. En l'occurrence, ce serait elle qui se couvrirait de honte, elle en était certaine. Il était probablement hors de question qu'il se réalise. « Il faut qu'on lui fasse peur, répondit le garçon et pendant un très court instant, Rachel se prit à espérer. Que tu lui fasses peur, reprit-il au moment où la cloche annonçant le début des retentit. Viens, on va être en retard »

Il l'entraîna à l'intérieur de la classe et, à la grande surprise de la jeune fille, se laissa sur la chaise à côté de celle qu'elle occupait d'ordinaire. Quelque peu méfiante, elle prit néanmoins place sans le lâcher du regard. L'entrée du professeur l'empêcha de demander des précisions quant à cette stupide proposition mais son voisin ne tarda pas à faire glisser une demi-feuille de son côté. Il faut que tu lui sortes le grand jeu, avait-il écrit rapidement, sans conteste très excité par sa propre idée, que tu fasses comme Jacob Ben-Israel. Oh. Mon. Dieu. Rachel jeta à son voisin un regard affolé. Il n'était tout de même pas sérieux ? Tu n'y penses pas, répondit-elle en tentant de maîtriser le tremblement qui agitait sa main, il croit déjà que je suis folle. A la lecture des mots qu'elle lui avait adressés, Kurt leva les yeux au ciel. Damn, elle était idiote ou elle le faisait exprès ? Justement, ça sera beaucoup plus simple. A moitié penchée sur lui, la jeune fille lut avant qu'il n'ait terminé. Un grognement de mécontentement lui échappa, arrachant à son camarade un haussement de sourcils surpris. Sans attendre, il se pencha à nouveau sur le feuillet. Et ce n'est pas comme si tu comptais le faire changer d'avis sur toi, non ? Pas faux, songea l'adolescente. Elle connaissait assez Noah pour savoir qu'une fois son opinion faite sur quelqu'un, il ne cherchait pas plus loin, surtout lorsque le jugement qu'il portait s'avérait être péjoratif. Certes, elle n'avait jamais compris pourquoi elle le dérangeait tant mais comme l'avait si bien écrit Kurt, elle n'avait aucunement l'intention d'essayer d'effacer les préjugés ressentis par Noah Puckerman à son encontre.

Le papier en main, lentement mais sûrement, elle inscrivit avec application quelques mots. Très bien. Je vais le faire. Kurt lut par son épaule et ne put retenir un petit cri de joie qui attira l'attention d'Harris. « Hummel, Berry, prêtez donc un peu plus attention à ce qui se passe » les morigéna-t-il avant de se désintéresser totalement d'eux. Rouge comme une pivoine, Rachel baissa les yeux sur son cahier et, réalisant qu'il était toujours fermé, l'ouvrit d'une main tremblante. Jamais elle n'était reprise par ses professeurs pour son manque d'intérêt en classe. Bien au contraire. « Il faut que tu t'y mettes aujourd'hui, murmura son voisin en l'imitant, cet après-midi, au glee club, il faudra passer à l'action. Pense à l'équipe, Rachel » précisa-t-il. Elle le gratifia d'un regard noir. Nul besoin de tenter de la faire culpabiliser ainsi, il n'y parviendrait pas. Dans les minces rangs de la chorale, elle n'avait pas d'amis ou, en tout cas, personne dont elle fut assez proche pour utiliser ce dénominatif. Ce n'était pas nouveau et à force, elle avait l'habitude. Ce n'était donc pas pour le bien de l'équipe qu'elle ferait ça mais pour elle-même. Juste pour elle.


La sonnerie annonçant le début des activités extrascolaires se fit entendre beaucoup trop vite au goût de Rachel. La boule au ventre toute la journée durant, elle avait espéré pouvoir échapper à la répétition de la chorale. Oh, bien entendu, elle aurait pu se contenter de rentrer chez elle sans rien dire à personne mais ainsi Kurt aurait compris qu'elle avait peur. Avoir peur de Noah Puckerman était normal, cela dit. Crever de trouille qu'il ne se voit convaincu qu'elle était définitivement aliénée était déjà beaucoup plus étrange. C'était le cas et c'était en partie pour ça que Rachel était docilement restée au lycée. L'autre raison.. well, elle ne pouvait décemment pas s'avouer vaincue au glee club, face à Noah Puckerman. Entre les murs de la salle de musique, c'était elle, l'être supérieur. Pas lui. Et elle allait lui montrer. Elle allait l'effrayer comme le lui avait suggéré Kurt. Si elle ne mourrait pas de peur avant.

Bien qu'elle ait beaucoup traîné pour se rendre en salle de répétition, la petite brune fut tout de même la première arrivée. Avec un profond soupir de soulagement, elle vint déposer son sac sur sa chaise attitrée ― enfin, pas vraiment attitrée mais c'était tout comme, elle s'asseyait là tout le temps.. c'était sa chaise ― puis gagna le piano devant lequel elle s'installa. D'instinct, ses doigts se posèrent sur le clavier. La mélodie naquit doucement, les paroles montant à ses lèvres immédiatement.

On my own
Pretending he's beside me
All alone, I walk with him till morning

Without him, I feel his arms around me

When I lose my way I close my eyes

And he has found me

Appuyé contre le chambranle de la porte, Puck ne put se résoudre à interrompre la jeune fille bien qu'il s'agissait de son intention première. Sa voix était stupéfiante. Il le savait, il l'avait déjà entendue chanter mais chaque fois il ne pouvait s'empêcher d'être émerveillé. C'était stupide, certes, et pas très virile, d'être ému par cette tout petite fille mais merde, elle lui filait la chair de poule chaque fois qu'elle interprétait une chanson. Bon, il n'était pas un grand fan des comédies musicales et tout ce genre de conneries mais Berry lui donnait l'impression que chaque chanson avait été écrite pour elle, spécialement pour elle, pas pour correspondre à une histoire ou à quelqu'un d'autre. Pour elle.

In the rain the pavement shines like silver

All the lights are misty in the river

In the darkness, the threes are full of starlight

And I see is him and me forever and forever

L'espace de quelques secondes, il se demanda à qui elle pouvait bien penser en cet instant précis, pour faire sonner si juste, si vraie cette chanson. Immédiatement, l'idée que Rachel ait pu avoir un petit-ami ou même être amoureuse lui sembla ridicule et, plus étrange, désagréable. L'envie de slusher le mec en question ne se fit pas attendre. La voix de la jeune fille, forte mais mélodieuse, le calma, attirant de nouveau toute son attention.

And I know it's only in my mind

That I'm talking to myself and not to him

And although I know that he is blind

Still I say, there's a way for us

I love him

But when the night is over

He is gone, the river's just a river

Without him, the world around me changes

The threes are bare and everywhere

The streets are full of strangers

I love him

But everyday I'm learning

All my life I've only been pretending

Elle tint la note si longtemps que Puck crut que la chanson était finie. Légèrement désappointé, il laissa échapper un léger soupir. Bien vite, pourtant, Berry continua. Et bizarrement, il s'en trouva ravi. Quoi ? Elle chantait bien, merde.

Without me his world will go on turning

A world that's full of happiness

That I have never known

Nom de dieu. Il lui arrivait de respirer parfois ? Ce n'était pas humain de pouvoir brailler ― okay, okay, chanter ― durant autant de temps une note aussi.. well, aussi justement. Cette fille était foutrement douée en plus d'être foutrement sexy― wait, venait-il juste de penser que Rachel Berry, Rachel Crazy Berry était sexy ? Bordel, l'écouter chanter était en train de détraquer son cerveau. Une bonne partie de jambes en l'air lui remettrait sans doute les idées en place. Santana. Oui, voilà, il fallait qu'il trouve Lopez, qu'il la pousse dans le placard à balais le plus proche et qu'il lui fasse son affaire. Ça irait mieux ensuite.

Mais alors qu'il s'apprêtait à extirper son portable de la poche arrière droite de son jean, elle reprit.

I love him

I love him

But only on my own

Le piano se tut. Elle avait donc fini. Dieu merci. Ou il allait finir par avoir des pensées vraiment tordues. Enfin, dans le genre cinglé-cinglé. Parce que des idées tordues à propos de Berry, il en avait déjà eu. Difficile de les éviter avec les jupes qu'elle mettait. Elles étaient bien trop courtes et il fallait bien avouer qu'elle avait une paire de jambes à n'en plus finir, entre autres choses. Rachel Berry était bien foutue, c'était indéniable, et son look, sans être sexy, n'était pas sans rappelé l'attirail de l'écolière sexy utilisé dans les pornos diffusés tard sur le câble. Alors forcément, de temps en temps, il lui arrivait de la visualiser lorsqu'il, disons, entretenait son matériel. D'autant qu'il passait son temps à lui balancer des slushies au visage, slushies qui finissaient par mouiller ses chemises, chemises par ailleurs très, très, très serrées. Forcément qu'il avait des idées tordues concernant Berry. Mais de là à fantasmer― okay, okay, il fantasmait de temps en temps sur elle. Mais seulement de temps en temps. Et jamais juste en l'écoutant chanter ― non qu'il fasse ça souvent but still. C'était la première fois et c'était flippant.

Une main se posa sur son épaule, le faisant sursauter. Il jeta un coup d'œil derrière lui, prêt à expliquer pourquoi il se trouvait là, sur le seuil de la salle de musique, à écouter l'une des pires losers du lycée chanter une stupide chanson de Broadway. Certes, il n'avait pas d'explication mais il était tout à fait capable d'inventer un mensonge sur le champ. Ça n'était pas difficile, il le faisait tout le temps avec sa mère. Le fait est que ça ne servait pas à grand-chose, elle le grillait dans les deux secondes suivant son bobard mais ce n'était pas fort heureusement pas à elle qu'il avait affaire mais à Shuester. Un soupir de soulagement lui échappa. « Content que tu prennes au sérieux ton engagement au sein de la chorale ! » lui lança son professeur d'espagnol. Puck fronça les sourcils. Engagement, mon cul. Il était forcé d'être là, c'est pas comme s'il avait lui-même décidé de venir chanter. S'effaçant pour laisser passer Shue, il s'autorisa à lever les yeux au ciel lorsque celui-ci lui eut tourné le dos. Il capta ensuite immédiatement le regard interrogateur de Berry, posé sur lui. Sans doute se demandait-elle depuis combien de temps il était là mais elle ne se risquerait probablement pas à lui poser la question. Ils ne se parlaient pas, du moins, elle ne lui parlait pas. Comment aurait-il pu en être autrement ? Ils appartenaient à deux mondes différents : il était populaire, elle était tout en bas de l'échelle sociale du lycée il jouait dans l'équipe de foot, elle était capitaine du glee club il avait des amis, elle était toujours seule. Ils étaient très différents. Sans compter qu'il passait son temps à la martyriser depuis leur entrée à McKinley.

Se désintéressant du joueur de foot, debout là, à la regarder, la jeune fille reporta son attention sur le directeur de la chorale. Monsieur Shuester ne l'appréciait pas beaucoup, elle s'en était rendue compte toute seule mais il aimait sa voix et ça, Rachel en était tout aussi consciente. La musique était, certes, leur terrain d'entente mais aussi un grand sujet à discordes. « Monsieur Shuester, je pensais que―

― Je t'arrête tout de suite Rachel, l'interrompit-il, même si je ne doute pas que ton idée soit très bonne, j'ai déjà un devoir pour vous.

― Qu'est-ce qu'on va faire ? demanda Mercedes en pénétrant dans la salle, suivie de Kurt et Tina poussant le fauteuil d'Artie.

― Des duos ! répondit leur professeur avec enthousiasme, attendant qu'ils se fussent tous installés pour poursuivre : nous avons besoin d'unité pour réussir et pour donner envie à vos camarades de s'inscrire. De plus, certains d'entre vous ne se connaissent pas très bien et il va sans dire qu'il faut que ça change. Vous êtes tous très différents. Chanter peut vous permettre de passer au-dessus de tout ce qui vous sépare » conclut-il avec un sourire. Perché sur le piano, il les regardait avec bienveillance. Ces mômes étaient plein de potentiel et il était certain qu'en les poussant à aller les uns vers les autres, ils pourraient faire de grandes choses ensemble. William se souvenait de l'esprit d'équipe régnant dans les rangs de la chorale dont il faisait partie ici même, à McKinley, dans les années 90. C'était ça, l'esprit glee. C'était ça dont il avait besoin.

Le coup d'œil que lui lança Kurt n'échappa pas à Rachel. Il lui rappelait ainsi leur petit échange du matin. S'appliquant à respirer lentement, la jeune fille tenta de calmer le tumulte de son cœur. Elle savait pertinemment ce que son camarade avait en tête et elle n'était pas du tout mais alors pas du tout rassurée. « Et je suppose que c'est vous qui allez déterminer la composition des équipes ? fit-il, feignant la contrariété bien qu'il exultait mentalement ― Shuester obligerait forcément Rachel et Puck à chanter ensemble puisqu'il ambitionnait d'en faire les leaders de la chorale.

― En fait, non, répondit le professeur, surprenant tout le monde, vous allez tout simplement tirer au sort le nom de votre partenaire » expliqua-t-il, prenant ses élèves au dépourvu. Rachel poussa un soupir de soulagement. Elle avait quatre chances sur cinq de tomber sur quelqu'un d'autre que Puck. Il faudrait donc un fichu hasard pour qu'elle tire son nom. Cette éventualité n'était pas du tout du goût de Kurt qui eut du mal à dissimuler son mécontentement. Voilà qui bousculait ses plans. S'en remettre au destin ne lui plaisait guère mais il n'avait pas le choix. Si Rachel ne choisissait pas le papier sur lequel le nom de Puckerman était inscrit ― ou inversement ― il lui faudrait trouver autre chose pour forcer la jeune fille à suivre son plan. C'était le seul moyen de virer Puckerman du glee club puisque la force physique était de son côté à lui.

L'adolescent soupira alors que Shuester, revenu sur ses pieds, déposait sur le piano un chapeau sorti de nulle part. Il y disposa des bouts de papier avant de s'écarter. D'un geste du bras, il les invita à venir tirer au sort le nom de leur partenaire. Personne, cependant, ne semblait réellement motivé par l'idée et, un rien agacé, il appela Artie à commencer. Le garçon roula jusqu'au chapeau puis y plongea la main. « Kurt ! » lut-il avant de regagner sa place, à côté de Tina. Cette dernière se leva et gagna à son tour le piano. Tous les regards ― ou presque ― étaient braqués sur elle. Le nom qu'elle tirerait déterminerait le dernier duo. Rachel, tout comme Puck d'ailleurs, espérait qu'elle ne tombe pas sur Mercedes. Si c'était le cas, c'était fichu et ils se retrouveraient ensemble, ce qu'ils ne souhaitaient pas tous les deux, pour des raisons cependant bien différentes. Avec une lenteur qui semblait presque exagérée pourtant produit de l'imagination de la petite brune, Tina sortit le petit bout de papier du couvre-chef. La voyant ouvrir la bouche, Rachel retint son souffle. « Mercedes ! annonça joyeusement la jolie asiatique.

― Oh non, lâcha Rachel avant de se rendre compte de ce qu'elle venait de faire, non, non, non, non, monsieur Shuester, je ne peux pas chanter avec.. avec.. avec ça ! gémit-elle furieusement en désignant Puck de l'index.

― Oh merci, moi aussi j'suis enchanté de faire équipe avec toi, ricana Puck, amer, avant d'ajouter devant la mine effrayée de la jeune fille : rassure-toi princesse, j'ai pas non plus envie d'chanter avec toi. Sérieux, m'sieur Shuester, c'est pas possible, elle est.. nan, laissez tomber, j'ferai pas de duo avec elle, plutôt crever.

― Navré Puck, Rachel, mais vous allez devoir suivre le mouvement, répliqua leur professeur, las.

― Mais―

― Nan―

― Ça suffit, les coupa-t-il alors qu'ils s'apprêtaient à parler en même temps, certainement pour se plaindre. Vous chanterez tous les deux et vous avez intérêt à prendre ce devoir au sérieux. A moins que vous ne souhaitiez que je sévisse » conclut-il d'un ton qui n'appelait pas de réponse. Rachel serra les poings. La dernière fois qu'elle avait cherché à imposer son point de vue, il avait menacé de la virer de la chorale. Elle avait besoin d'être dans ce club. Elle s'y sentait bien, malgré les brimades des autres. Quant à Puck, il savait très bien ce qui lui pendait au nez si jamais il ne se montrait pas coopératif. Il faudrait donc qu'il obéisse et qu'il travaille avec Berry. Et si ça signifiait penser à elle tard le soir pour éviter que sa mère ne pète un câble, bah.. tant pis.

Les yeux baissés sur le sol, absorbée par la recherche d'une solution à son problème ― bon sang de bonsoir, elle allait devoir chanter avec Noah Puckerman, ce qui signifiait travailler une chanson avec lui.. seule avec lui ― elle sursauta lorsque son portable, dans la poche de son gilet, vibra contre son ventre. Ca n'attira pas pour autant l'attention de monsieur Shuester, lequel était parti dans de grandes explications sur la nécessité de prendre le travail de la chorale au sérieux, et caetera, et caetera. Discrètement, Rachel s'empara de son cellulaire. C'était Kurt, oui, Kurt, celui-là même qui se trouvait assis à moins de deux mètres d'elle, c'était lui qui venait de lui envoyer un texto. Appréhendant le contenu, elle l'ouvrit tout de même. Voilà, maintenant, tu vas pouvoir le faire flipper, avait-il écrit, mais fais attention. Je l'ai déjà vu essayé de regarder sous ta jupe. Il n'y a qu'une chose qui l'intéresse. Les joues toutes rouges, elle leva les yeux vers lui. Il affichait un petit sourire satisfait. Pourquoi cette mise en garde ? Franchement, ça n'était pas nécessaire. Noah faisait de sa vie un enfer depuis des années et il était impossible qu'il la trouve un tant soit peu attirante. Non qu'elle ne le soit pas, au contraire. Mais il pouvait avoir n'importe quelle fille dans ce lycée et s'il lui balançait des granités depuis toutes ces années, ce n'était pas parce qu'il était incapable de lui résister, hein.

Toujours était-il qu'elle n'avait plus d'échappatoire : il fallait qu'elle suive le plan de Kurt. Elle était coincée. Levant les yeux, elle réalisa que toutes les têtes étaient tournées vers elle et que monsieur Shuester la fixait non sans agacement. « Kurt, Artie, fit l'enseignant sans la regarder plus longtemps, vous passerez mercredi. Tina, Mercedes, jeudi. Puck et Rachel, vendredi. Je ne vous demande pas d'être les meilleurs mais seulement d'apprendre à vous connaître un peu mieux et de choisir un titre qui correspondent à chacun. C'est un travail d'équipe, n'oubliez pas » Difficile de l'oublier, songea Rachel en lissant machinalement l'ourlet de sa jupe noire. Le sms de Kurt la turlupinait un peu. Se pouvait-il que Noah la trouve assez jolie pour la.. la.. la mater ? Rougissant, elle trouva néanmoins le courage de jeter un coup d'œil par-dessus son épaule pour l'observer. Il avait pris place au fond, deux rangs derrière elle. Avec surprise, elle constata qu'il la regardait. Un sourire carnassier étira lentement ses lèvres. Le même sourire qu'il arborait lorsqu'il s'approchait d'elle, un slushie à la main. Un frisson courut le long de sa colonne vertébrale. Non. C'était tout simplement une grosse brute. Un crétin avec une belle voix.

S'il ne prêtait pas du tout attention au blabla de Shuester ― ce foutu hypocrite pouvait peut-être le forcer à faire partie de son stupide club mais il n'avait en aucun cas le pouvoir de le forcer à écouter son petit discours ― Puck ne rata pas un seul des coups d'œil que Berry lui lança au cours de l'heure réglementaire de répétition. Elle était nerveuse, ça se voyait, et chaque fois que leurs regards se croisaient, elle rougissait ou frémissait. Plus ses joues se coloraient, plus il se prenait à l'imaginer avoir pareille réaction en d'autres circonstances. Heureusement pour lui, l'heure fut bientôt écoulée et il ficha le camp rapidement. Encore dix minutes et son pantalong serait devenu définitivement trop serré. Cette fille était nocive pour sa santé mentale.

Il était parvenu au parking lorsque quelqu'un, derrière lui, l'appela. Non, pas quelqu'un. Il avait reconnu la voix. C'était elle. « Noah, attends ! » lança-t-elle, encore assez loin pour qu'il puisse faire mine de ne pas avoir entendu. Qu'elle l'appelle par son prénom aurait dû l'agacer. Elle était la seule à le faire en dehors de sa mère et de sa sœur. Même Finn qui était pourtant son meilleur utilisait son surnom. Dans la bouche de Rachel, cependant, c'était agr― ce n'était pas si ridicule que ça. « Noah ! » cria-t-elle alors qu'il avait ouvert la portière côté conducteur. En un éclair, elle se trouva à ses côtés. A ses joues rouges et à son souffle court, il devina qu'elle avait piqué un sprint. Il regretta presque de n'avoir pas pu assister à ça ― une nana qui court, en jupe et avec un chemisier aussi près du corps, c'était toujours agréable à mater après tout. « Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-il abruptement, faisant mine de monter en voiture.

― Non, non, non, tu restes là, maugréa-t-elle avant de fermer violemment la portière, il faut que nous discutions.

― Parce que tu crois que j'ai envie qu'on me voit discuter avec toi ? » répliqua-t-il, cruel. D'ordinaire, l'insulter était une partie de plaisir. Il ne se prenait pas à regretter ses mots. Là, pourtant, à la voir déglutir avec difficulté, à capter la furtive lueur de douleur qui passa dans ses prunelles chocolat, Puck ne put s'empêcher de se sentir coupable. Vaguement coupable mais coupable quand même. Il réalisa soudain qu'il ne la regardait jamais lorsqu'il s'en prenait à elle. Il se contentait d'un bref coup d'œil pour viser juste lorsqu'il lui jetait un granité à la gueule mais il ne la regardait jamais vraiment. « De quoi est-ce que tu veux parler ? » demanda-t-il, tentant d'être un peu plus avenant. Merde, elle était vraiment en train de le détraquer. Normalement, il aurait dû lui rire au nez et se tirer. Là.. manquait plus qu'il ne lui présente des excuses aussi. « Mh, je.. notre duo, bredouilla-t-elle en baissant les yeux, il faut qu'on en parle, qu'on choisisse la chanson selon tes capacités, ensuite qu'on répète et―

Mes capacités ? répéta-t-il, amusé, lui coupant la parole. Bébé, mes capacités dépassent largement tout ce que tu peux imaginer » ajouta-t-il avec un sourire charmeur. Immédiatement, Berry piqua un fard. Venait-il de la draguer ? Oh bordel. Il fallait vraiment qu'il se tire avant de faire pire. « Oui, je― tu― j'en doutes pas, marmotta-t-elle en tentant de retrouver ses esprits, je pensais que tu pourrais passer ce soir à la maison pour qu'on voit si tu― pour en parler.

― Maintenant ? » demanda-t-il, un peu surpris qu'elle ne lui ordonne pas de la suivre en voiture pour qu'ils commencent sur le champ. Il avait pensé que Rachel était une sorte de machine de guerre musicale ou un truc du genre. Mais bon, c'était pas si mal. Avec un peu de chance, il pourrait faire un saut chez Lopez ― pour la sauter, justement ― et rentrer à temps chez lui pour tondre. La pelouse s'entend quoi qu'il ne lui déplairait de passer un peu plus tôt chez Berry pour― argh. Il fallait qu'il arrête de penser comme ça. De toute façon, non, il avait des choses à faire avant ― sa mère lui prenait la tête depuis déjà deux semaines à propos de leur jardin ― et il était hors de question qu'il se tape la reine des losers du glee club. D'ailleurs, elle était probablement vierge et les vierges, ça n'était pas son truc. Ca rechigne avant, ça se fait prier et ensuite, ça pleurniche, très peu pour lui. Les femmes un peu trop sensibles et larmoyantes, il avait toujours eu du mal. Ca ne datait pas d'aujourd'hui. La première fois que son père s'était tiré, un peu avant la naissance de Sarah, sa petite sœur, sa mère avait fondu en larmes. L'impuissance ressentit à ce moment-là l'avait profondément marqué ― traumatisé, en fait. Depuis, il avait du mal à voir qui que ce soit pleurer. Lui-même n'avait jamais versé une larme, jamais.

Au moment où la jeune fille croisa le regard surpris de Puck, Kurt sembla se rappeler à son bon souvenir. Elle l'entendait presque lui dire qu'elle devait effrayer Noah. Sérieusement, comment une crevette de son acabit ― même si elle clamait haut et fort à qui la traitait de naine que sa taille était tout à fait normale, Rachel reconnaissait bien volontiers que face à lui, elle était minuscule ― pouvait-elle bien lui faire peur ? Il faut que tu sortes le grand jeu, que tu fasses comme Jacob Ben-Israel. Jacob qui passait son temps à la harceler et à lui faire des propositions plus qu'indécentes, Jacob qui jouait les fans un peu trop obsédés avec elle. Rachel avait toujours considéré son attitude comme un excellent entraînement pour plus tard, lorsqu'elle serait célèbre. Jamais elle n'aurait pensé qu'il serait une source d'inspiration. Mentalement, elle nota qu'il vaudrait mieux qu'elle évite de lui répéter ou même tout simplement de le faire savoir à qui que ce soit. Inspirant profondément, elle s'appliqua à regarder son vis-à-vis avec admiration, avec adoration même. « Je dois tout préparer, susurra-t-elle avec un grand sourire.

― Pardon ? lâcha Noah, manifestement sans comprendre. Qu'est-ce que tu dois préparer ?

― La maison et.. ma chambre, fit la jeune fille dans sa plus parfaite interprétation de Ben-Israel, et.. moi » précisa-t-elle en battant des cils. Dire qu'elle se sentait ridicule était un euphémisme. C'était plus que ridicule, c'était pathétique. S'il ne prenait pas peur, il pourrait au moins se foutre de sa gueule. Pourtant, non, il n'éclata pas de rire comme elle s'y attendait. Il se contenta de hocher la tête lentement comme s'il n'avait pas tout saisis. « Okay, fit-il avec un sourire forcé, à plus tard.

― Oui, à tout à l'heure Noah, babilla la petite brune sans bouger pourtant, le regard braqué sur lui.

― Euh, tu peux.. te pousser ? demanda-t-il, clairement mal à l'aise cette fois. Faut que je passe.. par la portière, se crut-il obligé d'ajouter.

― Oh, oui, bien sûr, bien sûr » concéda Rachel, suivant son moindre mouvement des yeux tandis qu'elle reculait de quelques mètres. En direction de son propre véhicule, pensa-t-il d'abord. Mais non. Elle resta là, à le regarder manœuvrer. Lorsqu'il parvint à la sortie du parking, un coup d'œil dans son rétroviseur lui apprit qu'elle le regardait toujours, à la même place. Damn, cette fille était dingue.

Quand enfin la vieille camionnette de Puck eut disparut, la petite brune poussa un soupir de soulagement. Quelque chose lui disait que jouer les fans obsédés serait très compliqué mais elle avait au moins réussi à le mettre mal à l'aise. Maintenant, restait à lui faire clairement peur. Pour ça, elle allait avoir besoin de conseils. Dégainant son portable de la poche de son gilet, elle le colla directement à son oreille après avoir appuyé sur la touche bis. Son interlocuteur décrocha à la première tonalité. « C'est bon, j'ai commencé du bon pied, lança-t-elle sans prendre le temps de se présenter ― il attendait très certainement son coup de fil de toute façon. Mais il faut que tu m'aides pour la suite Kurt »