Un monstrueux gargouillis brisa le silence. Maka ouvrit difficilement les paupières avant de les refermer aussitôt. Il faisait encore sombre dans sa chambre, ce n'était sûrement pas le moment de se lever. Elle se retourna dans son lit pour trouver une position plus confortable pour se rendormir, cherchant le drap à tâtons. Elle n'en avait pas. Ce détail étrange l'intrigua quelques secondes avant qu'elle ne réalise qu'il faisait largement assez chaud sans couverture et que, si malgré tout elle avait froid, elle n'aurait qu'à se blottir un peu plus contre le corps à côté d'elle. Satisfaite de son raisonnement, il lui fallut un moment avant d'assimiler ses propres pensés. Cette fois, ses yeux s'ouvrirent sans protester tandis que les événements de la veille - mais était-ce vraiment la veille ? Ou il y a tout juste cinq minutes ? - lui revenaient à l'esprit. Le visage de Soul était là, à à peine quelques centimètres du sien, endormi. Elle resta sans bouger, profitant de cet instant volé où elle pouvait l'observer tout son saoul sans qu'il la voie, se nourrissant de sa présence comme une plante de lumière. Enfin, elle prit une lente inspiration et se tendit pour l'embrasser mais s'arrêta juste avant que leurs lèvres se rencontrent. Il avait l'air tellement bien... Avec un soupir elle souleva doucement le bras de son amant qui lui enserrait la taille. Son amant, cette idée lui faisait tourner la tête. Il n'y a pas si longtemps de cela elle s'apprêtait à le considérer comme son « ex » et les voilà maintenant amants... Elle se redressa en s'étirant, moins gênée par sa nudité qu'elle ne s'y était attendue. À pas de loup, elle s'approcha du mur ouest de la cabine sur lequel un miroir occupait la partie supérieure. Il était couvert de buée. Elle haussa les sourcils ; avaient-ils réchauffé la salle à ce point ? Un petit sourire aux lèvres, elle se pencha pour essuyer la glace et admirer ce à quoi elle pouvait bien ressembler. Le même gargouillement que celui qui l'avait réveillée retentit, provenant tout droit du ventre de son arme, lequel se retourna sur le dos en grognant. Elle dû se plaquer une main sur la bouche pour étouffer le fou rire qui menaçait de l'emporter. C'est vrai qu'ils n'avaient pas mangé depuis... depuis... depuis quand exactement ? Dans cet ascenseur, ils étaient comme hors du temps. Elle revint à son reflet et fit la grimace en s'examinant. Elle avait la peau rouge à cause de la lumière provenant du bouton d'alerte et les yeux brillants. Ses cheveux blonds étaient restés détachés tout le long de la nuit et elle avait la nuque trempée de sueur. Pas très glamour, tout ça. De nouveaux bruits dans son dos l'avertirent du réveil éminent de Soul mais elle ne se détourna pas pour autant, absorbée par la tache noire dans le creux de son cou. Finalement, c'est une voix ensommeillée qui la tira de sa contemplation :
« Maka...? Ah, tu es là, dit-il avant de laisser sa tête retomber sur le sol. »
Il grogna en ramenant le bras qui avait servi de coussin à Maka contre lui. Le sang recommençait tout juste à circuler, provoquant des fourmis de tous les diables. Quand il reposa les yeux sur elle, ils étaient aussi brillants que les siens. Elle rougit, mais il ne pouvait pas le voir avec la lueur ambiante, et revint au miroir. Elle sentait son regard peser sur elle, lui brulant le dos aussi sûrement que deux braises. Mais qu'est-ce qu'il avait à la fixer comme ça ?
« Putain, qu'est-ce que t'es belle... »
Elle se retourna vers lui, sans trop savoir s'il se moquait d'elle ou non. La sincérité dans ses yeux lui assura que non. Elle resta un moment plantée devant lui, ignorant comment réagir à ce genre de compliment subit. Finalement, devant son dilemme, elle opta pour le rire. Ne pas lui montrer à quel point elle était touchée par ses mots. Gênée par les battements frénétiques de son cœur dans sa poitrine, menaçant de la faire exploser. Elle lui lança un sourire taquin avant de s'adosser au mur.
« Je croyais que tu me trouvais plate ?
Sa réplique le prit au dépourvu et il resta silencieux avant de laisser échapper un rire discret. Se redressant sur ses coudes, il tendit le bras vers elle.
_ Viens là, dit-il en accompagnant sa phrase d'un signe de la main. »
Elle s'approcha de lui sans qu'il la quitte des yeux, suivant du regard les courbes de son corps fin et musclé. Le poids de sa partenaire le ramena à la réalité tandis qu'elle s'installait à califourchon sur son ventre. Devant son regard surpris elle crut bon d'expliquer :
« Je me mets en position de force. »
Ça, pour être en position de force, elle l'était. Il avait déjà du mal à se rappeler ce qu'il voulait dire tant la chaleur de ses cuisses lui faisaient tourner la tête. Un long frisson lui fit dresser les cheveux sur la nuque et il se força à reprendre contenance.
« Regarde, commença-t-il.
Il posa délicatement sa main sur son sein, l'enveloppant totalement. La peau de Maka se couvrit instantanément de chair de poule et il sentit son mamelon se dresser d'appréhension dans sa paume mais l'ignora. Il leva les yeux pour croiser son regard vert et la lueur d'excitation qu'il y vit ne fit qu'accroitre celle qui grandissait dans ventre.
« Tu vois ? articula-t-il difficilement.
_ Je n'avais jamais remarqué que tes mains étaient aussi grandes, lui murmura-t-elle plus pour elle-même que pour lui. Mais cela ne fait que prouver que j'ai de petits seins, non ?
_ Tu ne comprends pas.
Il se redressa encore un peu et appuya plus franchement sur sa poitrine, faisant de son mieux pour ne pas penser à son souffle court et ses joues rosées.
_ Ils font exactement la taille pour entrer dans ma main, continua-t-il. Ils sont parfaits. »
Sur ces mots il leva la tête, attendant de voir sa réaction. Il eut le souffle coupé par l'amour sans borne qu'il lut dans ses yeux aussi brillants que des émeraudes et il lui fallut plusieurs secondes avant de se rappeler comment on respirait. Elle se pencha lentement vers lui et Soul se laissa retomber au sol, ses mains se posant sur ses hanches au moment où leurs lèvres se touchèrent enfin. C'était le premier baiser qu'ils échangeaient depuis leur nuit d'amour et ils le savourèrent comme si, par ce geste symbolique, ils acceptaient tous deux la vérité que ce qui s'était passé et l'ancraient définitivement dans la réalité. Une lueur de malice passa dans le regard de Maka mais son compagnon était bien trop absorbé par le contact de sa peau contre la sienne pour la remarquer. Elle délaissa sa bouche pour partir à la conquête de sa mâchoire puis descendre jusqu'à la base de son cou, comme il l'avait fait un peu plus tôt. S'il fut surpris il ne dit rien, se contentant de continuer d'embrasser chaque parcelle d'elle passant à sa portée : joue, pommette, tempe. Puis il remarqua que sa meister ne bougeait plus, apparemment concentrée sur un unique bout d'épiderme.
« Maka, qu'est-ce que tu… Arrête, tu vas me faire un suçon ! »
Elle se redressa et, cette fois, il put admirer aux premières loges l'espièglerie dans ses beaux yeux verts.
« J'espère bien ! répliqua-t-elle. Ce serait la moindre des choses, non ? continua-t-elle et pointant du doigt son propre suçon qui s'étalait dans son cou.
_ Rancunière ?
Il se gifla mentalement ; il savait déjà ce qu'elle allait répondre. Et elle ne le loupa pas.
_ Juste équitable, lui dit-elle en souriant. »
Vaincu, il se rallongea avec un grognement tandis que, en riant, elle reprenait son labeur. Il allait devoir porter une écharpe pendant un mois au moins… Mais ça en vaut la peine, se fit-il la réflexion en refermant ses bras sur elle. L'arme se concentra dès alors sur l'agréable de la situation ; après tout, il aurait tout le temps plus tard pour ressasser ses erreurs. Autant profiter de sa chaleur tant qu'il en était encore temps…
Maka, elle, avait mis son cerveau au repos - ce qui était assez rare chez elle. Elle avait depuis longtemps compris que ce qu'ils vivaient était loin de l'ordinaire et que d'y réfléchir aurait tout gâché. Ses mains agiles glissèrent lentement le long du torse de son amant, savourant le grain de la peau sous ses doigts. Comment pourrait-elle un jour s'en passer ? Elle l'ignorait. Quand elle estima son suçon en bonne route elle se décolla de lui et se rassit confortablement sur son ventre. Un début d'érection contre ses fesses la fit hausser les sourcils.
« Déjà d'attaque ?
Il rougit légèrement à sa remarque mais tâcha bravement de cacher sa gêne. Pourtant, sa phrase la fit vibrer.
_ Pour toi, toujours, lui répondit-il d'une voix de velours, aussi touchante qu'elle était sincère.
Elle se pencha pour l'embrasser tendrement. Prenant son geste comme un acquiescement muet, il allait la serrer contre lui quand elle roula soudain sur le côté, se retrouvant allongée à côté de lui.
_ Et qui te dis que j'en ai envie ? lui lança-t-elle entre deux éclats de rire.
Il rit à son tour avant de se tourner pour se retrouver au-dessus d'elle. Son rire se stoppa mais l'étincelle dans ses yeux était toujours là.
_ Non ? lui demanda-t-il dans un souffle, si proche de sa manieuse que ses lèvres frôlaient les siennes à chaque mot. »
Elle passa ses bras autour de son cou et lui chuchota au creux de l'oreille :
« Convainc moi. »
x
Shinigami-sama était posté dans son bureau, comme tous les matins, quand un pas se fit entendre dans l'allée des échafauds. Il se tourna vers le bruit et attendit patiemment de voir qui venait le consulter de si bon matin. 6h30, pour être exact. Un cri de joie s'éleva dans la salle dès qu'il l'eut reconnu - ce qui ne prit pas longtemps.
« Oh ! Mon cher fils ! Comment vas-tu, toi et tes si mignonnes petites barres asymétriques sur les cheveux ?
_ Père, ce n'est pas le moment, soupire Death the Kid en s'arrêtant devant son père. Je ne suis pas là pour ça.
_ D'accord, d'accord, céda son père d'un ton joyeux. Où sont Liz et Patty ?
_ Elles dorment, lui répondit-il le plus naturellement du monde. Elles vont sûrement sécher la première heure de cours.
_ Parfait, parfait ! Et donc, pourquoi es-tu venu ?
_ Je viens prendre des nouvelles de mes amis.
_ Ah ! Bien sûr ! C'est bien Maka et Soul qui sont enfermés dans l'ascenseur du sous-sol ?
Il hocha vigoureusement la tête en disant ces mots, riant sous son masque. Son fils se contenta d'un bref signe d'acquiescement.
_ Eh bien, que veux-tu savoir ?
_ Les réparations avancent ? J'ai remarqué qu'il n'y a toujours pas de lumières dans les couloirs…
Effectivement, l'école était plongée dans la pénombre, seul le bureau de Shinigami étant éclairé du fait qu'il n'utilisait exclusivement que des bougies.
_ Tout devrait être prêt dans une petite demi-heure, lui assura le directeur avec sa joie habituelle.
_ Ils ont mis du temps…
_ Ces hommes sont des travailleurs comme les autres Kid, ils rentrent chez eux à la nuit tombée. Je ne pouvais pas leur demander de faire une nuit blanche pour nous.
Il prenait rarement un ton sérieux, aussi le manieur fut-il surpris par les mots de son père. Néanmoins, il n'abandonna pas.
_ Soul et Maka sont coincés dans un ascenseur, ils auraient pu travailler toute la nuit.
_ Soul et Maka s'en sortent très bien, ils survivront, répliqua Shinigami. La vie de couple de ces hommes est bien plus fragile. »
Vaincu, Kid fut bien obligé de se ranger à ses arguments - bien que farfelus. Il ne pouvait nier que ce n'était pas une nuit sans manger enfermés dans une petite pièce qui allait tuer ses amis. Avec un grognement, il formula une dernière requête :
« Il y a un miroir dans l'ascenseur, juste un petit coup d'œil pour être sûr…?
_ Tu es trop mignon avec tes rayures totalement asymétriques, je ne peux rien te refuser . »
Et avant qu'il ait le temps de crier, son père se tourna vers le miroir à sa gauche. Il composa le numéro adéquat et attendit en chantonnant que la connexion se fasse. Quand l'image apparu, il prit une grande inspiration qui resta coincée dans sa gorge. Une lumière tamisée dans les tons rouges, une image floue, abstraite, une forme indistincte, deux peaux aux nuances différentes et qui semblent ne faire qu'une. Un nuage de vapeur se forma instantanément au-dessus du masque de Shinigami-sama qui coupa aussitôt, avant que son fils n'arrive et ait le temps de voir quoique ce soit.
« Père ? s'étonna ce dernier.
_ Ils vont bien Kid, ils vont très bien… »
x
Maka gémit doucement mais ne bougea pas d'un pouce. Il était agréable de se faire désirer parfois, et elle savait parfaitement comment faire. Les bras de Soul posés de part et d'autre de sa tête, son visage enfoui dans son cou, elle se laissait faire sous ses baisers sans l'aider pour autant. Une des mains de l'arme se décolla de la moquette pour venir explorer son corps, suivie de peu par sa bouche. Palpant ses seins, suçant ses mamelons, descendant encore et toujours plus bas vers cette zone magique et inconnue. C'était bien plus agréable que la première fois. Ses caresses s'étaient faites plus sûres, plus expérimentées, faisant résonner des sensations bien plus profondément en elle que la fois précédente. Le plaisir c'était fait plus connu - sans pour autant avoir perdu de sa fougue - et, de ce fait, bien plus facile à apprécier. Son manège ne dura pas longtemps et, de toute façon, ce n'était pas son but. Au bout de quelques minutes elle l'enlaça et répondit à ses baisers avec ardeur. Leurs lèvres se cherchèrent, se trouvèrent, se mêlèrent. Se séparant pour mieux se retrouver. Leurs doigts avides de l'autre, de sa peau et de sa chaleur. À part ça, rien d'autre ne comptait. Finalement, après de nombreux détours, la main de Soul arriva entre les cuisses de sa partenaire, tandis que sa langue suivait doucement le contour de son nombril. Maka ne dit rien, mais un long frisson lui remonta dans le dos. Pas de peur, non, un frisson de… excitation ? Son compagnon, lui, commença doucement à agiter ses doigts, sans ordre ou technique particulière, marchant à l'instinct avec ce sexe si différent du sien - mais déterminé à réussir. Convainc moi qu'elle a dit ? Eh bien il allait la convaincre ! Doucement, avec attention, il observa ses réactions face à ses différents essais. C'était comme jouer du piano, mais en beaucoup mieux. Mais il arrêta rapidement ses expériences, bien trop pris par son simple désir d'elle pour réfléchir à autre chose. Il colla son visage contre sa peau, aspirant par longues goulées son odeur, ses doigts jouant avec maelstrom un morceau qu'ils étaient seuls à connaitre. Sa manieuse criait et gémissait contre lui, se cabrant parfois, mais sans pour autant que ses mains quittent ses mèches blanches. Fort d'un savoir millénaire - et glané dans quelques revues peu recommandables - il avait une faible idée de ce qu'il pouvait faire de plus. Il glissa un doigt au cœur de sa féminité et la sentit avec satisfaction se cambrer contre lui, la respiration coupée par ce plaisir vif et soudain. Il l'entendit expirer son prénom et il se précipita sur ses lèvres pour l'avaler. Sans rompre leur baiser il inséra un deuxième doigt dans sa douce intimité, aspirant le gémissement qu'elle ne put contenir. Ces cris lui appartenaient. Lui, possessif ? Non, jamais. Il se souleva doucement, prolongeant leur baiser aussi longtemps que possible, jusqu'à être assis sur ses talons. Il la contempla. Alanguie sur le sol, les joues roses et les yeux brillants, jamais il ne l'avait trouvée aussi désirable. Elle le fixait de son regard brûlant et il sentit son cœur rater un battement. Il la détailla encore une fois, passant de ses cheveux emmêlés à ses petits seins dressés et s'arrêta sur ce puits mystérieux au creux de ses cuisses. Elle dû comprendre ses intentions ; elle se redressa à moitié pour l'arrêter. Elle voulut protester, crier, le repousser ? mais tout ce qui sorti de sa bouche fut un faible « Soul, n- » qui se termina en un cri étouffé. Il la fit taire de la plus douce des manières, goutant sa fleur au moment où elle élevait la voix. Elle ne put rien faire, rien. Gémissante, se tortillant au sol pour se rapprocher encore plus de lui, lui haletant de continuer lorsqu'elle le sentait hésiter. Elle ne savait pas ce qu'elle faisait, mais elle savait ce qu'elle voulait : que ça dure. Oh oui, pourvu que ça dure. Son cerveau tentait vainement de lui transmettre une multitude d'informations sur le pourquoi du comment, mais elle les repoussa sans même y penser. C'était juste trop bon, voilà tout. Soul, lui, explorait en silence le cœur de la rose. Il en avait trouvé le bouton qu'il stimulait à coups de langue délicats, chacun d'entre eux provoquant un nouveau cri chez sa partenaire. Il se sentait comme enivré et c'est avec fièvre qu'il se redressa pour l'embrasser. C'était étrange, elle sentait son propre goût sur ses lèvres. Elle ne s'en formalisa pas et répondit avec fougue au baiser de son amant. Elle écarta les jambes, lui enserrant la taille, attendant avec impatience de le sentir en elle.
C'est ce moment que choisit la lumière pour se rallumer.
Les néons les éblouirent après toute une nuit passée à la seule lumière du bouton de secours et le ronronnement du moteur se remettant en marche leurs parut soudain assourdissant. Ils restèrent un moment immobiles, trop étonnés pour faire quoique ce soit, et c'est la mise en mouvement de l'appareil quand il se remit à descendre qui les réveilla. D'un même élan, ils se jetèrent tous les deux sur le tableau de contrôle, appuyant avec violence sur l'interrupteur provoquant l'arrêt de l'ascenseur. Il s'immobilisa net, les replongeant dans ce même silence qui avait bercé leur soirée. Le cœur battant à tout rompre - autant par peur que par excitation, ils échangèrent un long regard où ils semblaient hésiter entre rire et larme. Alors que Maka cédait au premier, Soul se leva d'un bond et commença à faire le tour de la pièce sous le regard étonné de sa compagne.
« Qu'est-ce que tu fais ?
_ Je me rhabille, tu vois bien. Tiens, ça, c'est à toi, ajouta-t-il en lançant son chemisier dans sa direction. »
Elle ne fit rien pour le rattraper, le laissant choir au sol avec un bruit mat. Les sourcils froncés, elle le fixait de ses yeux émeraude. Mais il était hors de question qu'il se rhabille ! Le brasier dans son ventre lui faisait presque mal à force de désir et elle voyait bien que le sexe de son amant était toujours aussi dressé. D'un mouvement fluide, elle se releva et vint poser une main douce mais ferme sur le torse de son arme qui la regarda en frissonnant.
« Tu n'as pas besoin de t'habiller, commença-t-elle.
_ Mais, Maka, le courant et revenu, on ne peut plus rester bloqués ici !
Elle se moula un peu plus contre lui, le plaquant presque au mur. C'était étonnant de voir toute la force qu'elle pouvait avoir malgré sa frêle silhouette, sûrement qu'elle n'était pas manieuse pour rien.
_ Et pourquoi ? On vient de stopper l'ascenseur et ils n'ont aucun moyen en bas de savoir si c'est nous ou s'il continue de mal fonctionner.
_ Mais… mais…
Il avait de plus en plus de mal à se concentrer et trouver des arguments cohérents. Il sentait sa poitrine pressée sur son torse, ses cuisses infiniment chaudes contre les siennes. Mais il avait un peu peur. Coucher avec sa copine durant la nuit en étant bloqué dans un ascenseur est une chose, coucher avec elle alors que l'ascenseur est en parfait état de marche en est une autre. Il aurait voulu lui dire tout cela, lui expliquer que les gens allaient se poser des questions mais Maka le coupa avant même qu'il prenne la parole.
_ Tu peux dire tout ce que tu veux, tu ne partiras pas d'ici. Je suis bien trop excitée - et toi aussi - pour que l'on s'arrête là. »
Sur ce, elle l'embrassa violement, le collant définitivement au mur. Il répondit à son baiser, bien qu'une partie de son cerveau continue de lui hurler d'arrêter. Il la fit taire et referma ses bras sur la taille fine de sa compagne qui s'empressa d'enrouler ses jambes autour de ses hanches. Ce fut à son tour de se retrouver plaquée contre la paroi mais elle ne protesta pas en sentant la surface dure contre son dos, bien trop concentrée sur la bouche de Soul sur ses seins. C'est comme cela qu'il la prit.
Il pénétra en elle sans prévenir et elle se cambra aussitôt. Il entama son lent va et vient, se contenant pour ne pas aller trop vite et savourer l'instant présent. Les mains de sa manieuse dans les cheveux, il l'entendait gémir et lui répondit lorsqu'elle ondula contre lui. Elle sentit ses mains chaudes glisser de son dos jusqu'à ses reins, la faisant frissonner, avant d'arriver à ses fesses qu'il pétrit avec passion. Ils découvraient tout deux que, plus encore qu'un anti-amour, la peur était un merveilleux aphrodisiaque - surtout combinée avec son ami l'interdit. Après quelques minutes à ce rythme, l'arme décida de retourner au sol. Il lui fit quitter le mur et commença à se baisser mais, surpris par le poids de sa compagne, tomba à la renverse et atterrit sur le dos. L'éclat de rire que poussa Maka était communicatif et il ne mit pas longtemps à la rejoindre malgré la douleur de ses fesses. Elle se pencha pour l'embrasser et il réalisa soudainement qu'il était toujours en elle. Elle aussi dû le sentir car elle stoppa en plein mouvement et il vit une lueur de surprise passer dans son regard. C'était comique et il rit à nouveau avant de se dresser sur ses coudes pour compléter leur baiser. Il contempla ses beaux yeux verts tandis qu'ils scintillaient malicieusement. Elle se redressa et commença lentement à bouger sur lui, expérimentant cette nouvelle position. Il étouffa un hoquet de surprise. S'il avait pensé un instant à se remettre en missionnaire il oublia instantanément cette idée saugrenue. C'était bon, bien trop bon pour qu'il songe à l'arrêter. Il la détailla un moment, passant de ses yeux fermés à sa poitrine qui se soulevait sous son souffle haletant. Avouons-le, la vue n'était pas mal non plus. Sa compagne, elle, était aux anges. C'était une impression étrange de dominer mais cela lui plaisait. Elle ne pouvait s'empêcher de bouger les hanches, tout le gênant de la situation éclipsé par le plaisir qui en découlait. Les mains de Soul sur ses fesses la guidait, lui donnant le rythme à suivre bien qu'elle puisse à tout moment décider de ne plus l'écouter. Elle accéléra ses mouvements de bassin, plus guidée par l'instinct que par la raison, gémissant de concert avec son compagnon. Elle le sentait se soulever sous elle, pour rester le plus longtemps possible en contact, et ses gémissements furent bientôt entrecoupés de cris de plus en plus forts. Il se tendit. Ça y est, il venait. Elle se figea dans un dernier coup de rein et, tremblants comme des feuilles, ils atteignirent la délivrance.
Les mains posées sur son ventre, elle le regardait dans les yeux, le souffle court. Il se demanda vaguement si ses yeux étaient aussi brillants que les siens avant de laisser sa tête retomber au sol. Dormir, il avait envie de dormir… L'écoulement d'un liquide inconnu contre son sexe puis sa cuisse le réveilla aussi sûrement qu'une bonne douche. Il se redressa pour en voir l'origine. Maka était toujours au même endroit, haletante, et ne semblait pas réaliser qu'il se passait quelque chose d'étrange. Avec un grognement elle se laissa glisser au sol, se séparant de lui par la même occasion, et finit allongée en étoile sur la moquette de l'ascenseur. Il comprit rapidement l'origine du liquide et sentit aussitôt l'angoisse lui serrer le cœur. Oh merde.
« Je… on ne s'est pas protégé, déclara-t-il tout haut.
_ Hum… ouais, je sais…
_ Qu'est-ce qu'on va faire ?
Elle dû entendre la peur dans sa voix car elle se retourna vers lui avec une mine inquiète. Il était très pâle tout un coup. Elle se blottit contre lui avec un sourire réconfortant.
_ Ne t'inquiètes pas, va. Quand on sortira d'ici j'irai voir Naigus-sensei et je lui demanderai la pilule.
La terreur dans son regard s'apaisa mais il demeura inquiet.
_ Pourquoi pas à la pharmacie ?
_ Mon père connait un peu trop bien toutes les pharmaciennes du coin, soupira-t-elle. Au moins, Naigus-sensei ne dira rien.
_ Tu es sûre ?
_ Secret professionnel. »
Sa phrase conclut leur discussion. Il la serra contre lui d'un bras et l'embrassa tendrement. Il se sentait bien, soulagé. La veille, il s'était endormi tout de suite après l'amour et n'avait pas eu le temps de penser à ce qu'il venait de se passer. Cette fois, les circonstances lui interdisant tout sommeil, il pouvait réfléchir. Maka et lui étaient réconciliés et même plus. Jamais il n'avait été aussi proche de quelqu'un et il ne désirait personne d'autre qu'elle à ses côtés. Jamais il n'avait été aussi heureux. Ni aussi amoureux.
Ils restèrent ainsi un moment, perdus dans leurs pensées dans les bras l'un de l'autre. Elle écoutait battre le cœur de Soul et, bercée par sa lente mélodie, commençait à somnoler quand un souffle chaud lui frôla l'oreille.
« Je peux me rhabiller maintenant ? Ou mademoiselle a-t-elle d'autres choses de prévu ? »
Un beau sourire étira ses lèvres malgré sa fatigue apparente et elle se souleva de lui pour lui permettre de se lever.
« C'est bon, je t'y autorise. »
Il rit d'un rire chaud et sincère qui lui retourna l'estomac. Elle observa un moment cet homme qui l'aimait et qu'elle aimait en retour, prise d'une fébrilité soudaine, puis le rejoignit dans sa quête de vêtements. Ils s'habillèrent au son de leurs rires qui redoublèrent d'intensité quand ils s'observèrent dans le miroir. Maka se rattacha les cheveux, tentant vaguement de prendre un air présentable, mais Soul abandonna dès que son regard se fut posé sur son reflet. Fin prêts, il tendit la main vers l'interrupteur qui remettrait l'ascenseur en marche. La main de sa manieuse l'en empêcha. Si son geste le surprit, son sourire malicieux beaucoup moins.
« Passons plutôt par-là, dit-elle en pointant le plafond du doigt.
Il leva la tête et un sourire désabusé naquit sur son visage.
_ Ah, il y avait bel et bien une trappe finalement.
_ Allez, viens. »
Souples et agiles, ils se faufilèrent par la petite ouverture et grimpèrent rapidement le long conduit obscur, s'arrêtant occasionnellement pour reprendre leur souffle. Une fois arrivés aux portes ce fut un jeu d'enfant de les ouvrir - Soul sous sa forme de faux servant de levier - et ils se retrouvèrent dans le couloir du rez-de-chaussée, fatigués mais contents d'eux.
« Pourquoi on est passé par ici, au fait ?
_ Je n'avais aucune envie de voir mon père ! déclara-t-elle en riant. »
Il l'observa avec son sourire en coin habituel et lui emboita le pas quand elle prit la direction de l'infirmerie. Il était tout juste 7h et Shibusen était encore désert, ils l'avaient pour eux tout seuls. Soudain, un terrible cri - typiquement Spiritien - brisa le silence.
« MAKAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! »
Ils éclatèrent de rire dans un bel ensemble et Maka partit en courant, attrapant la main de Soul au passage. Ce n'était pas utile. Il l'aurait suivie au bout du monde.
Bonjour/bonsoir !
Et voilà la fin de cette ficlet acidulée, le prochain chapitre étant plus un bonus humoristique qu'une véritable suite. J'espère qu'elle vous a plu !
Et oui Anthanasya, ça date ! Comme elle n'était plus accessible sur ff-fr je me suis décidée à la reposter ici pour qu'elle continue à vivre malgré tout. Mais je suis flattée que tu t'en souviennes ~
Sur ce je vous laisse, la suite ne devrait pas trop tarder, juste le temps que je la relise et corrige ! See ya !
