Bonjour,

Voici le nouveau défi que m'a lancé Violette b, qui est un peu plus court que le premier et qui cette fois, concerne uniquement l'univers Harry Potter.


Mots : bleu, nuit, chaud, bruit et licorne

Personnages : Ginny Weasley et Luna Lovegood

Cet OS se passe à la fin du tome 5, après les évènements du ministère et avant que les élèves ne retournent chez eux pour les vacances d'été.

Bonne lecture !


Un Soleil au Milieu de la Nuit


C'était le mois de juin, les examens étaient terminés depuis quelques jours et il n'était pas rare de voir des élèves hors de leur dortoir après le couvre-feu, surtout depuis qu'Ombrage n'était plus à Poudlard. Les autres professeurs rodaient aussi moins souvent, sauf Rogue, qui prenait un malin plaisir à attraper les étudiants pendant leurs balades nocturnes. Il suffisait donc d'esquiver ce dernier et de réussir à atteindre le parc pour être tranquille.

Il devait être près de minuit lorsque Ginny arriva à la lisière de la forêt, après avoir croisé pas moins de sept élèves, dont deux couples qui avaient vite disparu dans des salles vide. L'été approchant, il faisait plutôt chaud en ce moment et elle aimait profiter de l'air nocturne plus frais, surtout après les derniers évènements, elle avait besoin de s'aérer l'esprit. Elle ne savait pas trop comment elle se sentait, elle n'était pas vraiment en deuil, ne connaissant pas assez Sirius pour ça, mais elle était cependant très mélancolique. Elle avait néanmoins l'impression qu'elle avait besoin d'un déclic, que quelque chose vienne la sortir de cet état morose. Ses amis lui avaient posés des questions sur ce qui s'était passé mais elle avait refusé de répondre et avait préféré s'isoler un peu. Elle évitait aussi les autres dans la salle commune, c'est-à-dire son frère, Hermione, Neville et surtout Harry, qui passait de la tristesse à la colère en l'espace de quelques secondes. Il était devenu une vraie bombe à retardement et elle ne voulait vraiment pas se tenir près de lui lorsqu'il exploserait, car pour elle ça ne faisait aucun doute, tout ce qu'il essayait d'enfouir depuis son entretien avec le directeur finirait pas éclater.

C'est un bruit qui la sortit de ses pensées et la fit se retourner rapidement, baguette tendue devant elle.

- Luna ? demanda-t-elle avec hésitation après avoir scruté la lisière.

- Salut, sourit son amie en sortant du couvert des arbres.

- Tu m'as fichue la frousse, soupira-t-elle en rangeant de nouveau sa baguette. Qu'est-ce que tu fais là ?

- C'est toujours plus facile de réfléchir la nuit, répondit-elle de son air rêveur. C'est bien ce que tu es venue faire toi aussi, rajouta-t-elle.

Ginny haussa les épaules et Luna prit sa main dans la sienne, la tirant à sa suite.

- Luna, je n'ai pas très envie d'une balade dans la forêt au milieu de la nuit, dit-elle d'une voix tendue.

- Ne t'inquiète pas, lui dit-elle simplement.

Ginny ne répondit rien mais serra un peu plus la main de son amie dans la sienne, pas franchement rassurée mais elle décida de lui faire confiance.

Après plusieurs minutes, Ginny se détendit en remarquant que Luna ne s'enfonçait pas vraiment dans la forêt, restant à proximité de la lisière.

Elles finirent par déboucher sur une petite clairière et Ginny se figea lorsqu'elle vit où son amie l'avait emmené.

- Est-ce que tu viens souvent ici ? souffla-t-elle émerveillée.

- Oui, sourit-elle en tournant son regard vers elle. Tu en avais besoin, rajouta-t-elle.

- Merci, murmura-t-elle en plongeant son regard dans les yeux bleus de son amie. Est-ce qu'on peut…

- Bien sûr, viens.

Luna la fit approcher doucement et Ginny sentit son cœur tambouriner dans sa poitrine. Complètement hypnotisée, elle vit Luna murmurer des paroles sans les comprendre et lorsque sa main se posa sur le pelage blanc, elle respira de nouveau, ne s'étant même pas aperçu qu'elle avait bloqué sa respiration en avançant.

- Elles sont magnifiques, souffla Ginny et Luna hocha joyeusement la tête en caressant une des licornes.

Pour la première fois depuis leur retour du ministère, Ginny réussit à ne penser à rien alors qu'elle déposait sa tête contre l'encolure de la licorne qu'elle caressait.

Elle ne se rendit pas compte du temps qui passait et lorsque les licornes s'en allèrent, Ginny se laissa tomber au sol, le regard fixé sur le ciel étoilé.

- J'ai toujours pensé que maman était là-haut, veillant sur moi, murmura Luna en s'installant à côté d'elle. Cela doit être ainsi de toute façon.

Ginny hocha la tête, incapable de répondre quelque chose à ça. C'était Luna, elle avait toujours été un peu dans son monde et parfois, elle aurait aimé pouvoir s'évader comme elle le faisait, réussir à positiver même dans les moments les plus sombres. Luna était un rayon de soleil en pleine tempête et être en sa compagnie, c'était comme prendre une bouffée d'air frais.

- Cet homme doit être là-haut lui aussi maintenant, enchaina-t-elle d'une voix douce. Je suis sûr qu'il continuera de veiller sur Harry, il faut juste qu'il accepte de ne plus le voir…

- Sirius n'a pas été vraiment là pour Harry, dit-elle la gorge serrée.

- Sirius ? releva-t-elle. C'est le nom d'une étoile, il pourra le voir chaque fois qu'il regardera le ciel étoilé alors. Regarde, il est là, murmura-t-elle en pointant l'étoile en question avec son doigt.

Ginny soupira en acquiesçant, Luna avait raison d'une certaine façon et ses paroles la réchauffèrent bien plus qu'elle ne l'aurait pensé.

- Il ira bien, on ira tous bien, rajouta Luna et Ginny la regarda étrangement. Les blessures se referment avec le temps, ne laissant qu'une simple cicatrice qui peut parfois se réveiller mais il suffit alors de simplement chasser les mauvais souvenirs.

Ginny hocha la tête en tournant de nouveau son regard vers les étoiles, songeant que Luna n'avait pas perdu son habitude à parler de façon énigmatique. C'était à la fois frustrant et rassurant, Luna était restée elle-même et elle avait l'impression qu'il faudrait bien plus d'une guerre pour lui faire perdre son air rêveur.

- N'es-tu jamais triste ? lui demanda curieusement Ginny.

- Parfois, répondit-elle avec un sourire en la regardant. Je l'ai été quand maman est morte mais elle n'aurait pas aimé alors je préfère être joyeuse, la vie est bien meilleure ainsi. Et puis quand je le suis, je me rappelle de tous les bons moments et cela me redonne simplement le sourire. Alors toi aussi, ne soit pas triste Ginny.

- Ce n'est pas si simple pour tout le monde tu sais, soupira-t-elle. Des familles se déchirent avec la guerre, ma propre famille n'est plus la même car j'ai un frère stupide qui préfère croire tous ces abrutis du ministère que nous, sa famille… Alors je suis triste en pensant à ce qu'on était avant, je suis triste lorsque je vois toutes ces personnes se faire tuer et que nos dirigeants ne veulent pas bouger le petit doigt pour essayer d'y mettre fin…

- Ce n'est pas important, l'interrompit-elle en prenant sa main dans la sienne. Le ministère a toujours été corrompu d'après papa alors laisse-les se prendre le mur dans lequel il fonce. Et pour ton frère, il est juste un peu borné mais ne t'inquiète pas, il finira par ouvrir les yeux et il reviendra vers vous. Laisse le temps faire les choses, après tout, l'herbe ne pousse pas en une journée, conclut-elle avec son air rêveur.

- Tu es fantastique Luna, vraiment, rit-elle.

Luna lui sourit et Ginny le lui rendit. C'était peut-être de ça qu'elle avait besoin, de parler avec quelqu'un à cœur ouvert, de parler avec Luna qui avait un don pour remonter le moral des autres.

Ginny se réveilla en sursaut et rencontra le regard amusé de son amie.

- Veux-tu rentrer ? s'enquit-elle.

- Je pense que c'est préférable, murmura-t-elle avant de jeter un tempus qui montra qu'il était bientôt quatre heure du matin.

Luna sourit et se remit sur ses pieds d'un bond, tendant la main à Ginny pour qu'elle en fasse de même.

Elles gagnèrent le château et se faufilèrent silencieusement à l'intérieur. Lorsqu'elles se séparèrent, Ginny murmura un remerciement à son amie qui ne fit que sourire pour toute réponse.

La Grosse Dame grogna de se faire réveiller si tôt mais accepta de lui ouvrir le passage et elle entra dans la salle commune encore silencieuse. Elle grimpa rapidement à son dortoir où elle se jeta sur son lit et tira les rideaux autour, après avoir enlevé ses chaussures.

En récupérant sa baguette, elle trouva un morceau de parchemin plié dans sa poche. Intriguée, elle le déplia et un sourire vint de nouveau fleurir sur ses lèvres.

Le temps est un allié, laissons-lui le temps de guérir nos blessures afin de nous rendre plus fort.

Luna était vraiment une amie en or.

Ginny se sentait apaisée et bien plus sereine, une première depuis les évènements du ministère. Elle se rendit compte que ses amis lui manquaient et qu'il était temps qu'elle arrête de les fuir. Elle laisserait cependant le temps à son frère, Hermione, Neville et surtout Harry, de trouver leur déclic, de trouver ce qui les fera de nouveau avancer.

Cette nuit-là, elle ne cherchait rien mais elle avait trouvé un rayon de soleil qui était venu chasser la grisaille qui l'entourait depuis plusieurs jours.


J'espère que vous avez appréciez, en tout cas, à bientôt pour un nouveau texte :)