« Pourquoi as-tu fait ce tatouage à cet endroit-là ? On peut pas dire que tu aies choisi un coin discret… »

J'étais dans la bibliothèque privée de la Neuvième Division, occupé à plancher sur une mystérieuse affaire d'apparition accrue de Hollows dans la ville de Karakura. Kensei m'avait rejoint, et regardait par la fenêtre depuis un moment, appuyé à une étagère, alors que j'étais assis à un des bureaux, sur lequel j'avais disposé tout un tas de dossiers.

Il avait décidé de rompre le silence en commençant par une question agaçante, comme à son habitude…

Je fronçai les sourcils.

« Je…je ne sais pas. Ce n'est pas vraiment la question essentielle à se poser en ce moment, Kensei-Taicho ».

Kensei détourna la tête de la fenêtre pour plonger ses prunelles noisette dans les miennes.

« Nous sommes seuls. Alors je trouve que c'est au contraire bien le bon moment pour te poser la question. Et arrête de me vous-voyer, personne ne va venir : j'ai envoyé toute les équipes de la Neuvième Division sur une fausse mission »

Il ricana à l'annonce de son dernier canular.

Je relevai la tête et lui adressai un regard désapprobateur.

« Ca n'est vraiment pas malin…. » Rétorquai-je. Et je repris mon activité.

Kensei s'arrêta de rire pour me fixer silencieusement.

« Peut-être… Mais je voulais t'avoir rien que pour moi aujourd'hui, alors je n'avais pas vraiment d'autre option. »

Il se mit à jouer avec son zanpakuto, le faisant tournoyer rapidement dans sa main droite.

« Alors ? Tu n'as pas répondu. »

« Répondu à quoi ? »

« Pourquoi avoir gravé ce signe à un endroit aussi exposé aux regards ? »

Je me levai pour aller chercher un nouvel ouvrage dans les rayons.

« Ca devient parfaitement ridicule… je vous…je t'ai déjà dit qu'il n'y avait pas de raison particulière. Je l'ai fait faire impulsivement, un jour, et je n'ai pas vraiment réfléchi quand j'ai demandé que l'on me l'inscrive sur la joue ».

Kensei continuait à manipuler dangereusement son zanpakuto, tout en ayant le regard à nouveau plongé dans le paysage extérieur, à travers la fenêtre.

« Mmh, je vois » Il avait parlé en prenant un ton qui laissait suggérer que je n'avais pas été crédible le moins du monde, et qu'il n'avait pas l'intention d'en rester là.

Je finis par poser le manuel que j'étais venu chercher, réalisant que je ne serais pas tranquille avant de lui avoir livré une réponse plus convaincante.

« Bon, très bien, il y a une raison. Je crois que… je voulais que les yeux arrêtent de se poser sur cette cicatrice qui couvre le côté droit de mon visage. Ce tatouage était un moyen de détourner l'attention de ce…de cette balafre ».

Je portai ma main aux cicatrices qui avaient marqué à jamais ma joue droite.

Kensei arrêta brusquement le mouvement de sa lame.

« C'est bien ce que je pensais… d'où vient cette cicatrice ? »

Je lâchai un soupir d'exaspération

« Kensei, si tu avais écouté ce que je viens de dire, tu ne me demanderais pas de relater son histoire… je n'ai pas vraiment envie d'en parler »

« J'ai bien saisi que cela te rend mal à l'aise, mais j'aimerais vraiment que tu m'expliques, Shuuhei »

Je marquai un temps d'arrêt avant de lui répondre sombrement :

« Lors d'une mission que je supervisais dans le monde réel, les opérations ont mal tourné… je n'ai pas pu éviter le coup porté par un des Hollows que nous poursuivions. »

Voyant que ces souvenirs m'étaient plus que pénibles, Kensei prit le parti de changer le cours de la conversation pour revenir à ses taquineries habituelles.

« Quand même, c'est sacrément aguicheur à mon égard, ce tatouage… »

« Ca n'était pas l'objectif premier. Je l'ai fait faire de manière impulsive, je te l'ai dit, parce qu'il symbolisait pour moi tout ce que je n'étais pas à ce moment-là : force, courage, maîtrise. »

« Parce que tu l'avais vu lorsque je t'avais protégé de ce hollow des années plus tôt ? »

Je fus surpris par sa remarque, et écarquillai les yeux.

« Euh…et bien, oui, en fait. »

« Pourquoi tu fais cette tête ? »

« C'est que…je ne pensais pas que tu te rappelais »

Kensei se passa la main dans les cheveux, embarrassé.

« Pour tout t'avouer, je ne m'en rappelais pas avant que tu m'en parles ce jour dans la Quatrième Division, alors que tu te remettais de tes blessures. Ca m'avait trotté dans la tête tout le reste de la semaine, jusqu'à ce que je me souvienne enfin de ce gamin braillard qui avait tenté de protéger ses amis »

Je me sentis rougir.

« J'étais petit… n'importe qui dans ma situation se serait mis à pleurer aussi »

Kensei afficha un sourire ample.

« Haha, oui, c'est vrai. Tu étais quand même bien mignon… tu l'es toujours autant d'ailleurs, mais différemment »

Je passai du rouge vif à l'écarlate, sans oser relever sa dernière remarque.

Observant ma réaction, Kensei décida de poursuivre son attaque :

« Tu réalises que c'est une véritable déclaration que tu as là sur ta joue ? »

« Plutôt une admiration à un type de conduite et à une division précise du Gotei 13 »

« Ah oui, et ce 6 alors ? »

Je restai coi, et balbutiai :

« Co..comment ? »

« Et bien, le 9 rend évidemment hommage à la Neuvième Division. Mais le 6, lui, est plus personnel : tu as bien dû le remarquer, il s'agit de l'un des kanji utilisés pour écrire mon nom. Alors ? »

*Gloups* J'avalai ma salive avec difficulté.

« Je te l'ai déjà dit, j'étais jeune, et il s'agissait d'un symbole, parce que ta force et ton contrôle de la situation m'avait frappés quand tu nous avais sauvés, mes amis et moi. Je voulais avoir une trace sur moi, en permanence, de ce vers quoi j'aspirais ».

Après un regard pénétrant plongé dans mes prunelles, Kensei rangea sa lame, me rejoint, et effleura la surface de mon cou du bout de ses doigts, avant de prendre tendrement ma joue dans la paume de sa main. Il caressa de son pouce le 69 qui s'y trouvait.

« Et maintenant ? »

Je ne pus m'empêcher de sourire devant son insistance…Kensei se comportait en véritable gamin parfois….

Je décidai de jouer le jeu.

« Maintenant ? C'est clairement le signe que je t'appartiens Kensei, n'est ce pas ? »

Kensei, comme je l'espérais, fut décontenancé par ma réponse crue. Un sourire se dessina sur ses lèvres.

« Si seulement… » Soupira t il. « Mais tu es aussi insaisissable que le vent Shuuhei »

Je passai mes bras autour de son cou et rapprochai mon visage du sien.

« Ce n'est pas vrai. Je prends juste mon poste de vice-capitaine très au sérieux, tout comme toi tu te consacres à 100 % à ta fonction de Capitaine… et puis, compte tenu de la nature de ton zanpakuto, maîtriser le vent ne semble pas être une chose aussi compliquée que cela pour toi »

Je fermai les yeux, et déposai un baiser voluptueux sur ses lèvres entrouvertes.

Kensei ne s'arrêta pas là, et prolongea le baiser en insérant sa langue dans ma bouche, pour y venir chercher la mienne. Je m'écartai finalement de son visage, le souffle court.

« Non… pas ici… Kensei, quelqu'un pourrait venir »

Kensei me répondit de manière distraite alors qu'il caressait mon cou en descendant petit à petit vers mon torse :

« Je t'ai dit que j'avais envoyé tout le monde en mission, personne ne va nous déranger, ne t'inquiète pas… et sois honnête avec toi-même Shuuhei : tu crèves d'envie de me sentir en toi »

Je rougis légèrement sur ces dernières paroles.

Kensei nous débarrassa de l'intégralité de nos vêtements en l'espace de quelques secondes seulement, par des gestes brusques. Il se mit à caresser ma peau de ses mains, alors que je faisais de même sur son propre corps. Je traçai la ligne parfaite de son torse viril et bien bâti, et m'attardai sur le 69. Je me penchai et passai fougueusement ma langue sur ces chiffres.

Je m'apprêtais à descendre vers la verge de mon Capitaine, raidie par le désir. Mais Kensei me stoppa en me relevant nerveusement par le bras.

Il me souleva dans ses bras, me collant à l'étagère, et je passai mes jambes de part et d'autre de son buste, prêt à l'accueillir entre mes cuisses. J'agrippai son large dos et me mis à malaxer cette tendre chair.

Il lécha ses doigts et me prépara hâtivement à le recevoir… je sentais qu'il brûlait d'impatience, mais il attendit mon aval pour commencer son insertion.

Etant moi-même submergé par l'envie de le sentir en moi, je remontai mes mains vers ses épaules et agrippai sa nuque, avant de lui glisser langoureusement à l'oreille :

« C'est bon Kensei, prends-moi ! »

Kensei me tint d'une poigne ferme, et pressa mon corps contre les étagères alors qu'il s'enfonçait précipitamment en moi.

Le choc de son mouvement fit dégringoler plusieurs livres épais de la bibliothèque, posés là en équilibre, qui s'affaissèrent au sol en un grand fracas.

J'haletai sous cette sensation, avant de pousser une exclamation de plaisir

« Kensei ! »

Je m'agrippai plus fermement à son dos, tandis que Kensei s'enfonçait plus profondément en moi, me clouant davantage aux rayonnages.

Il accéléra subitement ses poussées pour maintenir un rythme soutenu, allant et venant entre mes cuisses alors que je poussai des gémissements à chacune de ses attaques.

Il se pencha vers mon visage pour m'embrasser farouchement, sans ralentir sa cadence pour autant.

Puis il s'arracha à mes lèvres chaudes et humides pour laisser échapper un grondement de satisfaction.

Un grincement de porte mit tous mes sens en alerte, alors que j'intimai à mon Capitaine de stopper ses mouvements.

Kensei me lança un regard d'incompréhension, avant de percevoir à son tour ce qui m'avait inquiété.

On entendit des bruits de pas dans la piève voisine, puis une voix brisa le silence :

« Kensei ? Kensei, c'est moi Shinji ! J'aurais besoin d'un coup de main ! »

Shinji patienta quelques secondes, à l'écoute, avant de poursuivre :

« Quoiiii ?! Alors c'est comme ça que l'on traite ses vieux amis, en leur posant des lapins ? Franchement Kensei… enfin, je suppose qu'il n'est pas là »

Je chuchotai nerveusement :

« Tu avais renvoyé tout le monde, c'est ça ? Idiot ! » Je lui assenai un coup de poing sur l'épaule.

Il faillit me relâcher, puis murmura à son tour :

« Aïe, arrête Shuuhei, je ne pouvais pas savoir…je t'assure que je n'étais pas au courant que Shinji devait passer aujourd'hui. Ne fais pas de bruit, il va partir… »

Kensei reprit ses caresses sur mon entrejambe, comme si de rien n'était.

« Nnngh… partir ? » Ma voix venait de grimper dans les aigus sous l'effet de mon agacement.

« Lâche-moi tout de suite, il faut surtout pas qu'on nous voie »

Je tentai de l'écarter.

Kensei stoppa mon mouvement, avant de me décocher une expression courroucée.

Il resserra son emprise autour de ma taille de son bras. Il plaqua son autre main sur ma bouche et s'enfonça à nouveau en moi d'un violent coup de bassin. Son mouvement m'arracha un cri qui fût heureusement étouffé par sa main qu'il maintenait plaquée sur mes lèvres.

Kensei avait de nouveau émis un grognement sourd de délectation. Son regard enflammé par le désir plongea dans mes yeux.

« Il ne verra rien, ne fais pas de bruit c'est tout »

Je lui décochai un regard mécontent, auquel il répondit en léchant langoureusement le creux au-dessus de mes clavicules, pour remonter peu à peu vers mon cou.

Il arrêta son geste, et tourna la tête pour tendre l'oreille en direction de la pièce voisine. Du bruit se faisait toujours entendre de là-bas. Il reporta son regard vers moi, et reprit ses mouvements sauvages de va et vient sans me quitter des yeux.

Le fait de devoir retenir mes cris rendait l'instant encore plus excitant. Je me complaisais à étudier l'expression de pure jouissance qui s'était répandue sur la figure de mon Capitaine.

Kensei parut percevoir sur mon visage les marques de mon désir intense et croissant, et il esquissa un sourire alors qu'il se penchait pour m'embrasser passionnément.

Nos souffles se mêlaient frénétiquement, tandis que Kensei éloignait et rapprochait mon bassin du sien de plus en plus violemment. Les bruits indécents produits par nos deux corps se répercutaient dans la pièce, mais je ne m'en inquiétais plus. Je venais de me perdre à nouveau dans les plaisirs que me procurait cet homme de son corps nerveux et puissant.

Les étagères en bois craquaient dangereusement sous le mouvement de balancier que Kensei et moi leur imposions.

Une porte claqua dans la pièce voisine. Notre élément perturbateur venait de s'éloigner.

J'écartai alors mon poignet de ma bouche, que j'avais placé là afin d'atténuer la portée de mes gémissements. Kensei poussa plus profondément encore en moi. Je laissai échapper ma voix librement : un cri d'extase sortit de ma bouche, et Kensei mit encore plus d'ardeur dans son branle.

Mes mains agrippèrent ses épaules, et marquèrent la chair de son large dos. Des lourds halètements s'échappaient de lui comme de moi, tandis que Kensei poursuivait inlassablement ses allées et venues entre mes cuisses. Ses mouvements, les sons rauques qui s'échappaient de sa gorge, et ses mains puissantes qui pétrissaient mes cuisses et mes fesses, étaient étourdissants. Nous fondions l'un dans l'autre.

Je frissonnai, et geignis de satisfaction alors que je me vidais par à-coups sur son torse et sur le mien.

« Aah, Kensei ! »

Kensei plongea dans mon cou, grogna, et se déversa en moi dans un dernier assaut brutal. Il embrassa tendrement la veine palpitante de mon cou, avant de promener ses lèvres brûlantes sur mes joues, pour m'arracher finalement un dernier baiser enflammé. Je restai les yeux mi-clos alors qu'il se retirait de moi, et m'entrainait sur les tables derrière nous. Il s'assit, moi entourant toujours sa taille de mes jambes. J'ouvris les yeux pour nouer contact avec le regard ardent de Kensei. Ce dernier m'adressa un léger sourire, avant de me serrer contre son torse, et de prononcer mon nom d'une voix rauque et profonde :

« Shuuhei… »

Il ne dit rien d'autre, mais reposa sa tête sur mon épaule, sans relâcher son emprise.

Je glissai à mon tour mes mains dans son large dos et l'enlaçai tendrement.

Nous restâmes dans cette position encore de longues minutes, bercés par la lumière chaude du soleil qui tapait sur les vitres, avant de revêtir nos uniformes et de nous préparer à donner une explication crédible aux membres de la Neuvième Division quant à leur prétendue « mission ».

Kensei voulait par ailleurs savoir pourquoi Shinji avant tant tardé à partir lorsqu'il lui était apparu qu'il n'était pas dans les locaux de la Neuvième Division… Je le dissuadai rapidement d'en poser la question à Shinji, lui rappelant que nous n'étions pas censés nous trouver dans la pièce voisine…

Ce à quoi Kensei me répondit, une expression totalement neutre sur le visage :

« Oh, mais Shinji est au courant pour nous deux, tu sais »

« … »

Je lui adressai un royal punch dans les mâchoires avant de partir, furieux, vaquer à mes tâches de lieutenant.