Chapitre 2 : Action
Aizen remarqua très vite les deux shinigamis qui venaient vers lui. Ces deux- là ne lui étaient pas inconnus. Hiruma Youchi et Lelouch Lamperouge. Ils appartenaient à la sixième division. Aizen ne s'était pas spécialement amusé à retenir les noms de tous les shinigamis du Gotei 13, mais il avait une bonne mémoire. Et puis tout le monde connaissait Hiruma, le bouffon préféré du Seireitei. Il avait bien ri quand, après une farce de trop à l'encontre de Tousen, le jeune homme dissipé s'était retrouvé à subir régulièrement les discours moralisateurs du capitaine de la neuvième division.
Lamperouge était plus effacé, mais Aizen se souvenait qu'il faisait partie des shinigamis que Gin aimait particulièrement titiller. Lamperouge était si poli, si convenable…si coincé. Et c'était tellement facile pour Gin de le déstabiliser, de l'embarrasser. Gin adorait jouer au chat avec ce genre de petites souris.
Aizen était vaguement curieux. Ça n'avait aucune importance qu'ils soient là, ce n'était pas comme s'ils pouvaient faire quelque chose contre lui, mais c'était quand même surprenant de les trouver ici.
- Lelouch Lamperouge, Hiruma Youchi, vous choisissez des lieux bien étranges pour vous balader. La fausse Karakura et maintenant la vraie ville.
- Ah, j'étais sûr qu'on se ferait repérer, dit Hiruma
- Évidemment. Personne ne s'est occupé de vous, car vous n'êtes que des insectes insignifiants, répondit Aizen.
- T'entends ça, Lelouch, des insectes insignifiants…. KekekekeKeKEKEKEKEKE
- Hiruma, tu rigoles trop, dit Lelouch qui avait pourtant lui aussi un sourire aux lèvres.
- C'est bien d'être joyeux à deux doigts de la mort, dit Aizen.
Aizen fit un pas et….. culbuta en arrière ? Qu'est-ce que…. ? Aizen se redressa, essaya de nouveau d'avancer. Il bloqua contre quelque chose. Une barrière ? Il essaya de se déplacer sur les cotés et vers l'arrière. Puis il essaya de bondir, puis de briser le sol sous ses pas. Bloqué à chaque fois.
Il observa Hiruma et Lamperouge. Les deux vermisseaux tapaient sur des claviers ? Oh, ils avaient dû piquer une invention de la douzième division. Ah là là, ces insectes…. Il y en avait toujours pour se croire plus malins que les autres. Bon, Aizen voulait bien admettre que la structure de cette barrière était intéressante. Ce n'était pas du Kido, ça c'était certain. La barrière était constituée d'air ? Une compression, peut-être ?
Aizen arrêta brusquement de s'intéresser à la barrière. Hiruma ne tapait plus sur son clavier. Et la ville de Karakura avait disparu, ne laissant que Matsumoto sur place.
- Et de un, dit Hiruma en se remettant à tapoter.
Lamperouge s'arrêta de tapoter à son tour. Et les shinigamis et vizards qu'Aizen avait laissés dans la fausse Karakura apparurent (sauf Unohana), ainsi que Starrk et Halibel. Ils étaient tous aussi mal en point qu'il les avait laissés. Et il manquait Ichigo et Isshin. Lamperouge se remit à tapoter.
Aizen observa plus attentivement Hiruma et Lamperouge. Ils avaient le même niveau de reiatsu qu'il leur avait toujours connu, c'est-à-dire qu'il était toujours aussi faible. Leur zanpakutos étaient accrochés à leur ceinture, non dégainés. Donc, ils n'avaient toujours pas découvert leur shikai. Aizen rectifia ses conclusions : Urahara avait confié une de ses inventions à ces deux vermisseaux.
Les shinigamis qui se trouvaient dans le Hueco Mundo apparurent à leur tour. Puis Ulquiorra. Puis Grimmjow.
Bon, Aizen n'avait rien contre les réunions, mais il avait une clé à créer. Il donna plusieurs coups sur la barrière. Á force de frapper il sentait la barrière se fissurer. Il était sur le point de se libérer quand Lamperouge apparut devant lui et posa ses mains sur la barrière.
- Ne cède pas ! dit Lelouch.
Et instantanément, la barrière se ressouda. Lelouch ne s'attarda pas et s'approcha des shinigamis et des vizards mal en point. Avant que Lamperouge ne lui tourne le dos, Aizen avait aperçu un symbole sur les paumes du shinigami. Ça ressemblait à des ailes ? Curieux malgré lui, il observa le manège de Lamperouge. Il ne reprit pas son clavier. Au lieu de ça, il passait de shinigami en vizard en shinigami. Il apposait ses mains sur leur corps et ordonnait : « Guéris ! » ou « Vis ! Guéris ! » ou « Que ton âme réinvestisse cette enveloppe. Vis! ». Et un à un, shinigamis et vizards se redressaient, désorientés.
Aizen frappa de toutes ses forces sur la barrière. Il lui fallut plusieurs coups, mais ça y était, il était libre. Cette fois-ci, Lamperouge n'avait pas reformé la barrière. Aizen fit trois pas…. Et se retrouva de nouveau bloqué. Ça commençait à bien faire. Aizen se déchaîna contre la seconde barrière… qui s'avéra être bien plus solide que la première.
Aizen reporta son attention sur les shinigamis. Hiruma continuait de tapoter. Lamperouge continuait de jouer à Jésus. Et tous les shinigamis semblaient aussi perplexes que lui, même Kurotsuchi et Urahara.
- Je dois admettre que vos pouvoirs sont intéressants, dit Aizen en s'adressant à Lelouch et Hiruma. Mais vous espérez me battre en ressuscitant une armée que j'ai déjà vaincue ? Allons, allons. Même si vous avez encore quelques surprises dans votre manche, vous n'êtes pas assez naïfs pour croire qu'un bouffon dont tout le Seireitei se moque et qu'une petite souris qui n'arrive même pas à s'échapper quand Gin la tripote puissent faire le poids face à moi.
- Tu crois qu'il essaye de pousser nos boutons pour qu'on s'énerve ? demanda Hiruma à Lelouch, sans cesser de s'activer sur son clavier.
- Pff, il n'a toujours pas percuté, répondit Lelouch. Tu es décevant, Aizen. On pensait sincèrement que tu saisirais plus vite.
Hiruma et Lelouch braquèrent leur regard sur Aizen. Des regards à la fois détachés et moqueurs. Les regards de ceux qui savaient, mais ne disaient pas, de ceux qui …..et soudain, Aizen les reconnut. Hiruma et Lelouch étaient… comme lui. Des menteurs, des manipulateurs. Tout ce qu'il savait sur eux, tout ce qu'il croyait savoir sur eux, tout était faux.
- Bingo, il a enfin tilté, dit Lelouch. Mais, tu admettras que ça ne compte pas, Aizen. On t'as aidé. Nous, on a compris qui tu étais dès la première fois où on t'as rencontré.
Autour d'eux, les shinigamis, qui avaient décidément du mal à appréhender leur changement brutal de situation, ne perdaient pas une miette de la conversation. C'est qu'ils n'auraient pas été contre l'idée de comprendre ce qui se passait.
Aizen ne répliqua pas et se remit à frapper la seconde barrière. Comme pour la première, Lelouch vient poser ses mains sur la paroi invisible juste avant qu'elle ne se brise et ordonna « Ne cède pas ! ». Aizen se remis aussitôt à cogner de plus belle.
- La partie débute vraiment maintenant, constata Lelouch.
Ce dernier s'approcha des arrancars et les ressuscita de la même manière que les shinigamis.
- C'est bon, dit Hiruma.
Aizen constata du coin de l'œil que Kyoraku, Ukitake, Yamamoto, Soifon, Matsumoto, Renji et Hinamori se redressaient à leur tour bien que Lelouch ne se soit pas approché d'eux. La seconde barrière venait de céder. Aizen ne fut pas surpris quand, trois pas plus loin, il rencontra une troisième barrière.
- Nous sommes tous présents, annonça Lelouch à la cantonade. On n'a pas vraiment le temps de vous expliquer, car les barrières ne retiendront plus très longtemps Aizen. On vous demande juste de nous obéir.
Un concert de protestations s'éleva de l'assistance.
- Silence ! tonna Lelouch.
Le silence qui se fit ne devait rien au Geass de Lelouch. Ne pouvant se permettre un ordre malencontreux, il avait préféré re-sceller complètement son zanpakuto. Il s'était servi de son bankai pour une partie des personnes présentes, mais pas sur toutes. Et il aurait certainement à croiser le regard de tout le monde dans les prochaines minutes.
Si tout le monde s'était tu, c'est que tout le monde avait été scotché par l'autorité qu'avait dégagée Lelouch avec un simple mot.
Hiruma prit la parole. Il s'adressa tout d'abord aux arrancars:
- Grimmjow, Ulquiorra, Halibel, Starrk et Lilinette, que diriez-vous de changer de camp ? Grimmjow, tu ne pourras pas prendre ta revanche sur Ichigo si tu continues à être du côté d'Aizen. Dès qu'il aura crée la clé, Aizen compte le dévorer. Mais pour le moment, Ichigo est encore bien vivant et tu pourrais l'être aussi. Ulquiorra, tu n'as pas eu le temps d'éprouver ton cœur et ce n'est certainement pas auprès d'Aizen que tu pourras en expérimenter les sentiments. Halibel, un sacrifice qui n'a pas de sens est au choix de la stupidité ou un concours de circonstances. Tu es sûre qu'Aizen t'aie offert un sens ? Starrk, Aizen t'as déjà prouvé qu'il n'avait pas mieux à t'offrir que des collègues qui se foutaient complètement d'être tes compagnons. Dans notre camp, j'en connais au moins deux qui seraient prêt à t'accueillir à bras ouverts avec Lilinette, et à devenir vos amis. Tous les cinq, vous avez une poignée de minutes pour vous décider.
- Ça suffit, insolent, intervint Yamamoto. Tes farces vont beaucoup trop loin.
- La ferme fucking commandant à deux balles, répliqua Hiruma. Ton arrogance et ton incompétence ont mené deux fois le Seireitei à la défaite. T'as plus voix au chapitre. Contente-toi d'être le plus fort des shinigamis, ce sera suffisant.
Lelouch repéra qu'Aizen était sur le point de briser la troisième barrière. Il passa silencieusement en shikai et murmura le plus discrètement possible « bankai » en se dirigeant vers la barrière. Son « Ne cède pas ! » coupa efficacement court à ce qu'aurait pu répliquer Yamato.
Hiruma en profita pour commencer à s'adresser aux shinigamis.
- Hinamori, tu n'es pas un jouet juste bon à être transpercé. Tu le sais. C'est le moment de leur prouver. Ikkaku, tout le monde sait que tu possède un bankai, enfin maintenant tout le monde le sait….Kekekeke.
- Espèce d'enfoiré, rugit Ikkaku.
- Ne me dit pas que tu as déjà oublié la leçon de ton combat pour le pilier, contra Hiruma. Je te rappelle que tu as une défaite à te faire pardonner. Yumichaka, la honte ne recèle aucune beauté.
- Je n'ai pas honte !
- Vraiment ? répondit Hiruma narquois avant d'enchaîner. Iba, t'en as pas marre, de l'ombre ? Kira, c'est pas le moment d'arrêter de relever la tête. Hisagi, quand est-ce que tu te rendras compte que ta force n'est pas ta peur, mais ta faculté à dépasser ta peur à chaque fois que c'est nécessaire ? Kenpachi, je peux savoir pourquoi t'as pas encore enlevé ton bandeau ? Tu vas pas me dire que tu ne trouve pas Aizen assez coriace ! Hitsuguya, Matsumuto, ce n'est pas en voulant régler vos comptes que vous accomplirez votre devoir, par contre en faisant votre devoir, y a moyen que vous régliez vos comptes.
Aizen brisa la troisième barrière. Et se retrouva face à la quatrième.
Hiruma enchaîna sans sourciller.
- Kyoraku, Ukitake, si y en a qui peuvent prouver l'équation 2 + 4 = 1, c'est bien vous. C'est le moment ou jamais d'essayer. Capitaine Kuchiki, Renji, le chemin a été chaotique, vous avez bien mérité de vous lancer dans la bataille ensemble en tant que lieutenant et capitaine, non ? Rukia, tu as déjà prouvé plusieurs fois ta force de caractère, je sais que tu n'hésiteras pas. Vizards, Urahara, Yoruichi, Soifon, Komamura, on vous offre une seconde chance contre Aizen. C'est suffisant, n'est-ce pas ? Lelouch et moi, on vous demande de nous obéir, mais au fond, le seul ordre qu'on va vous donner se résume en deux mots : attaquer Aizen.
Ça aurait été plus simple de commencer par là, ils auraient perdu moins de temps. Mais c'est Hiruma qui allait mener la bataille. Hiruma, à qui personne ne faisait confiance en tant que shinigami. Il fallait qu'ils sacrifient ces quelques instants pour ébranler l'image que les shinigamis avaient d'Hiruma.
- Arrancars, vous joignez-vous à nous ? demanda pour finir Hiruma.
- Ce n'est pas Aizen qui nous a réssucités, c'est vous deux n'est-ce pas ? demanda Ulquiorra.
- Oui, approuva Hiruma.
- Même si Aizen nous a abandonnés, c'est très risqué comme idée, fit simplement remarquer Halibel.
- Bien sur que oui, répondit Hiruma en souriant de toutes ses dents pointues, mais on projette de s'attaquer à Aizen d'ici une poignée de secondes de toute façon. On peut difficilement faire plus risqué. Au point où on en est, un peu plus, un peu moins, ça ne change pas grand-chose.
- C'est bon, j'accepte, déclara Grimmjow.
Starrk regarda Kyoraku et Ukitake. Ces derniers lui sourirent. Il regarda Lilinette, qui hocha la tête.
- Lilinette et moi, on accepte.
- Inoue Orihime est-elle toujours vivante ? demanda Ulquiorra.
- Pour l'instant, oui.
- J'accepte, dit simplement Ulquiorra.
- Puis-je ne choisir aucun camp ? demanda Halibel.
- Tu fais ce que tu veux Halibel, si tu as sacrifié même l'espoir, c'est vrai que ça ne sert à rien, répondit Hiruma. Si Aizen l'emporte, il ne restera aucun camp de toute façon.
- C'est…. d'accord, j'accepte.
- Parfait.
Pour la quatrième fois, Lelouch ordonna « Ne cède pas ! ».
De leur côté, les vizards et les shinigamis étaient un peu absourdis. Les plus déboussolés étaient les shinigamis qui connaissaient le mieux Lelouch et Hiruma. Ils n'arrivaient pas à réconcilier l'image qu'ils avaient d'eux avec leur attitude présente. Cependant, avec Aizen dans leur champ de vision, personne n'avait envie de perdre son temps à décortiquer la situation actuelle. On leur offrait une nouvelle occasion, ce n'était pas le moment de faire la fine bouche.
- Guerriers du Gotei 13, Vizards, Arrancars, écoutez-moi ! dit Lelouch d'une voix forte et impérieuse. Vous connaissez tous la puissance d'Aizen. Vous savez que vous avez peu de chances de le battre. Si vous décidez néanmoins de l'attaquer, ne le faites pas en pensant que vous n'avez pas le choix. Faites-le parce que c'est le seul choix qui vous convienne. Aizen n'est pas tout-puissant. Il aimerait vous le faire croire, comme il voudrait vous faire croire qu'il a tout anticipé. Mais c'est faux ! Vous l'avez peut-être entendu dire à Kurosaki Ichigo qu'il avait orchestré tous ses combats, que Kurosaki devait le développement de ses capacités au talent de manipulateur d'Aizen. Foutaises ! Peut-être que l'enchaînement des combats de Kurosaki est un peu trop idéal pour être naturel. Mais souvenez-vous qu'il y a d'autres forces à l'œuvre dans cet univers. Des forces qu'Aizen ne contrôle pas ! Notre présence ici en est la preuve. Hiruma et moi-même sommes des imposteurs, nous vous avons menti pendant 15 ans, mais ne doutez pas que nous soyons là pour infliger une défaite à Aizen. Et cette défaite sera votre victoire ! Cette bataille ne connaîtra pas la même issue que les précédentes, car pour la première fois, vous allez vous battre sans qu'Aizen l'aie prévu. Nous…
- Yo, la fucking compagnie ! lança Hiruma. Faites comme si vous continuiez d'écouter Lelouch. Je communique avec vous au travers de mon bankai. Aizen ne peut pas m'entendre. Ce qui tombe bien puisque je vais vous exposer la stratégie de la bataille. Aizen n'a plus que deux barrières à briser. Lorsqu'il émergera de la cinquième barrière, l'idée n'est pas de vous précipiter tous en même temps. Vous allez y aller par vagues. C'est moi qui vous indiquerai l'ordre d'assaut. Ne vous inquiétez pas du zanpakuto d'Aizen. Lelouch et moi, on est immunisé contre son hypnose. En fait, aucune attaque qui utilise les illusions ou la perturbation des perceptions ne marchent sur nous. C'est lié aux capacités de nos zanpakutos qui nous permettent de modifier le réel. Lancez vos attaques selon ce que vous indique vos yeux, je me chargerai de rectifier les positions pour que vous touchiez bien Aizen et non pas une illusion.
— Pardon ? — Mais c'était quoi, les pouvoirs de ces deux-là ? — Comment est-ce que personne ne s'était rendu compte de rien ? — Pourquoi Hiruma et Lelouch n'étaient pas intervenus plus tôt….
Si Hiruma perçut ce tourbillon de confusion et d'indignation dans les pensées de son auditoire, il n'en laissa rien paraître.
- Lelouch et moi, on est là pour détruire le Hogyoku. On y arrivera si vous occupez Aizen assez longtemps. Une fois le Hogyoku détruit, on improvisera. L'idéal serait qu'Aizen soit assez diminué physiquement et moralement pour décider de se retirer. Sinon, faudra de nouveau gagner du temps jusqu'à l'arrivée de Kurosaki.
Aizen brisa la quatrième barrière et se retrouva face à la cinquième, la dernière.
- Yamamoto, vous restez en arrière. Vous êtes le dernier rempart au cas où tout se passe mal. Rukia, on t'a fait venir ici parce nous avons besoin du plus de monde possible, mais on préférerait ne pas avoir besoin de te faire participer aux combats. Au pire, n'hésite pas à fuir et à rejoindre Inoue, Chad, Ishida ainsi que la Captaine Unohana qu'on a transportée à Karakura. Comme ses amis humains, tu es importante pour Kurosaki Ichigo. Et au bout du compte, Kurosaki est notre joker à tous. On ne voudrait pas le déstabiliser bêtement en te mettant trop en danger.
La cinquième barrière était en train de céder.
- Oups, on n'a plus beaucoup de temps. Que tout le monde prenne sa forme la plus puissante. Sauf Soifon, Ukitake et Kyoraku. Vous trois, restez en mode Shikai.
- …Shinigamis ! Vizards ! Arrancars ! Emparez-vous de l'imprévu ! Faites de ce combat le chant de votre liberté ! conclut Lelouch.
- OUI, répondirent-ils tous (au fond, qu'auraient-ils pu bien dire d'autre ?)
Les secondes suivantes furent un brouhaha de commandes et une explosion intense de reiatsu alors que tous les guerriers à l'exception de Yamamoto libéraient leur puissance.
Hiruma et Lelouch regardèrent leur armée. Oui, leurs soldats étaient fin prêts. Il ne manquait plus que la touche finale.
- Bankai, clama Hiruma.
Son uniforme de shinigami laissa place à un pantalon noir ajusté et un tee-shirt de la même couleur. Ses cheveux qui lui tombaient habituellement aux épaules, se redressèrent dans une coiffure tout en pics, révélant ses oreilles aux extrémités pointues et aux lobes ornés d'anneaux. Un fusil mitrailleur avait remplacé son sabre.
- Blacknote, Matrice du Réel.
-Bankai, clama à son tour Lelouch.
Tout comme pour Hiruma, sa tenue se modifia. Pantalon blanc. Longue tunique blanche à revers bleus, décorée d'or et de rubis, maintenue par une ceinture bleue sertie elle aussi d'or et d'un énorme rubis en son centre. Son sabre avait été remplacé par une épée à la garde ouvragée.
- Geass, Verbe Divin.
Dans un autre contexte leur nouvelle apparence aurait pu déclencher un fou rire général. Entre la tenue trop ordinaire d'Hiruma et celle trop recherchée de Lelouch, l'absence notable d'augmentation de reiatsu, les noms incongrus et des armes qui semblaient tout sauf dangereuses, il aurait été facile de prendre les bankais d'Hiruma et de Lelouch pour des parodies.
Mais, après avoir été témoins de ce dont les deux shinigamis étaient capables d'accomplir en quelques minutes (des facultés de transportation inédites, des capacités de guérison supérieures à toutes de la quatrième division et Inoué réunis, une méthode d'emprisonnement plus efficace que les formules de kido les plus élevées, un moyen de communication proche de la télépathie pure), ces bankais soulignaient à quel point Hiruma et Lelouch étaient différents. Leur pouvoir ne ressemblait à rien de connu.
En fait, ces transformations, c'était de la poudre aux yeux. La forme réelle des bankais d'Hiruma et Lelouch étaient tout aussi invisibles que celles de leur shikai. Hiruma avait libéré son bankai avant même le début des affrontements dans la fausse Karakura (et en réalité, depuis la trahison d'Aizen, il n'avait presque jamais re-scellé son bankai) et quant à Lelouch, il n'avait pas arrêté de passer de forme en forme (scellé, shikai, bankai) depuis qu'ils étaient arrivés à la vraie Karakura.
Cependant, ce n'était pas par simple vanité qu'ils avaient modifié leur allure. Tout d'abord, la théâtralité (celle d'un tragédien pour Lelouch et celle d'un prestidigitateur pour Hiruma) faisait partie intégrante de leur mode de fonctionnement. Ensuite, être enfin libre d'endosser à nouveau ces tenues leur donnait l'impression de renaître, de se dépouiller de 15 ans de contraintes et d'immobilisme.
Le bankai d'Hiruma leur permettait si facilement ce genre d'esbroufe (comme le clavier d'Hiruma dont il n'avait en fait pas besoin ou le symbole du Geass sur les paumes de Lelouch qui ne servait à rien, à part entretenir une certaine confusion) qu'ils ne s'étaient pas privés. Un vrai petit bijou, ce bankai. Il transformait la base de données du shikai d'Hiruma en matrice. Une matrice composée de lignes de codes, de programmes et de systèmes d'exploitation. Á la manière d'un informaticien, d'un programmeur, Hiruma pouvait modifier cette matrice. Et toute modification se répercutait instantanément sur le réel, car la matrice n'était pas un univers virtuel, elle n'était pas non plus une simple représentation, elle était la réalité. Enfin, plus exactement elle était la réalité qu'elle avait captée / capturée grâce aux informations qui lui avaient été fournies.
Il allait donc sans dire que pour être vraiment efficace, le bankai d'Hiruma nécessitait une quantité de données phénoménale. Hiruma pouvait alimenter la matrice grâce à ses capteurs (bien plus efficaces, nombreux et discrets sous forme bankai que sous forme shikai), mais aussi en rentrant manuellement des données. Ce qui lui avait permis, en matérialisant un clavier relié à la matrice, de mettre Lelouch à contribution.
Si au début, Lelouch ne s'était occupé que de que la saisie, il avait acquis une connaissance assez fine de la matrice pour pouvoir aussi faire de la programmation. Hiruma devait seulement ouvrir au préalable le bon système ou le bon programme et qu'il valide le travail de Lelouch afin de l'intégrer à la matrice. Un vrai gain de temps.
Parce que oui, le gros point noir du bankai d'Hiruma, c'était la lenteur et la complexité des préparations requises, surtout pour être utilisé en situation de combat. Car qui dit combat, dit adversaire et qui dit adversaire dit généralement être conscient. Et sérieusement, capter et programmer le conscient, c'était la plaie.
D'accord, qui dit combat dit aussi normalement terrains, armes, ressources etc…toute une myriade de paramètres pour lesquels Hiruma pouvait préparer à l'avance des applications capables de modifier la matrice en un clic. C'était suffisant pour un combat face à un hollow ou un shinigami ordinaire. Face à quelqu'un de la trempe d'Aizen, c'était nettement insuffisant.
Le problème, ce n'était pas le zanpakuto d'Aizen. En shikai comme en bankai, les cinq sens d'Hiruma faisaient partie des capteurs de son zanpakuto. Cela aurait pu être un des points faibles du zanpakuto d'Hiruma, les attaques manipulant les perceptions ou les illusions auraient pu devenir des formes de virus. Sauf que les capteurs d'Hiruma n'avaient pas la capacité de capter autre chose que le réel et ses sens ne faisaient pas exception. Rien ne pouvait prendre possession des sens d'Hiruma dans la mesure où rien ne pouvait faire percevoir à Hiruma autre chose que la réalité.
Entre parenthèses, le Geass de Lelouch le protégeait lui aussi de ce type d'attaque. Ou plus exactement, en y ayant installé sa manifestation, le Geass protégeait les yeux de Lelouch, et donc sa vision. Un autre Geass aurait pu passer ce barrage (il en avait eu assez de fois la preuve dans son monde d'origine), mais dans cet univers, il était l'unique détenteur de ce pouvoir. Un seul de ses sens échappait aux illusions, mais c'était suffisant pour que ses capacités intellectuelles entrent en jeu et qu'il reconstruise une perception correcte de la réalité.
Bref, pour en revenir à Aizen, si un combattant était assez doué et rapide pour s'adapter aux modifications de l'environnement généré par la matrice, ça devenait difficile pour Hiruma d'éviter de se faire couper en deux. Après tout, la matrice n'était pas une arme à proprement parler et elle ne disposait pas d'une forme d'attaque pure. Avec les années et l'accroissement de la matrice, Hiruma en était arrivé à un point où il pouvait matérialiser et diriger des attaques puissantes (certaines qui appartenaient aux meilleurs shinigamis du Seireitei, d'autres qu'il avait lui-même inventées), mais toujours par le biais de la matrice. Son niveau de reiatsu ne lui permettait pas de contrôler directement de fortes charges d'énergie spirituelle. Face à un combattant expérimenté, ses attaques manquaient de fluidité, de rapidité, d'âme.
Il avait bien essayé d'augmenter, au moins temporairement, son niveau de reiatsu, mais à chaque fois le surplus de reiatsu avait été immédiatement rejeté par la matrice. De façon plus globale, la matrice rejetait toute modification profonde d'Hiruma. Il pouvait modifier la couleur de ses yeux ou de ses cheveux si ça lui chantait, mais il ne pouvait pas par exemple changer son métabolisme. C'était un système de protection de la matrice, car toute modification trop profonde menaçait sa stabilité.
Donc assez logiquement, Hiruma avait pensé à manipuler les exécutants des attaques plutôt que les attaques en elles-mêmes. La matrice était idéale pour qu'Hiruma devienne le marionnettiste du champ de bataille. Et c'est là qu'on en revenait à la problématique du conscient. L'enveloppe corporelle, le reiatsu et les techniques de combat ne posaient pas de problème. Mais comment transcrire une « âme » en lignes de code binaire et en algorithmes ? Réponse, très difficilement, et très lentement, en la copiant bout par bout.
Aucune extrapolation, aucune reconstruction virtuelle n'était permise. Il fallait s'approcher au plus près du sujet et lancer les capteurs dans toute l'étendue de son esprit, ne laissant aucun recoin inexploré jusque dans les tréfonds de l'inconscient. Et une fois que la matrice avait enregistré cette cartographie exhaustive d'une âme, ce n'était pas fini, car un esprit était en perpétuelle modification et ces modifications ne pouvaient être calculées par aucun programme. Il fallait donc régulièrement effectuer des mises à jour, le tout sans qu'Hiruma et ses capteurs ne se fassent repérer.
Vu l'ampleur de la tâche, Hiruma et Lelouch avaient décidé de se concentrer sur une poignée de shinigamis. Leur premier cobaye avait été Renji. Encore sixième siège de la onzième division à l'époque, Hiruma et Lelouch l'avaient choisi, parce que son caractère sociable en faisait quelqu'un de facile à approcher. Ils entretenaient déjà de bonnes relations avec lui, il n'avait donc pas fallu grand chose pour qu'ils deviennent amis.
Dès qu'Hiruma était en compagnie de Renji, il lançait ses capteurs. Les sondages progressaient lentement mais sûrement, quand Renji avait fini par percevoir qu'il ressentait une sensation un peu étrange quand il était en compagnie de ses nouveaux amis. Renji n'avait pas perdu de temps pour confronter Hiruma et Lelouch.
Lelouch et Hiruma avaient expliqué (faussement) penauds, que pour se sentir enfin des shinigamis utiles, ils avaient pensé qu'ils pourraient exploiter leur faible niveau de reiatsu. Leurs attaques ne seraient jamais puissantes, mais s'ils arrivaient à les dissimuler complètement, peut-être que ça pourrait servir à quelque chose. Honnêtement, ils n'en n'étaient pas encore au point où ils pouvaient lancer de vraies attaques, mais ils arrivaient à cacher de mieux en mieux de faibles manipulations de reiatsu. Ça prendrait du temps, mais s'ils s'entraînaient, ils étaient sûrs d'y arriver. Mais tant que ce n'était pas au point, ils ne voulaient rien dévoiler, surtout pas à leur camarade de la sixième division. Ils voulaient pouvoir leur faire une surprise et les rendre fiers d'eux et donc ils s'entraînaient toujours pendant leur temps libre. Et pendant que Lelouch et Hiruma, toujours plus (faussement) gênés, s'empêtraient (tout aussi faussement) dans leurs explications, Renji avait éclaté de rire.
Merveilleux Renji, qui les avait traités d'idiots et qui leur avait dit qu'ils auraient dû lui en parler plus tôt. Adorable Renji qui avait accepté qu'ils s'exercent sur lui si, en échange, ils s'entraînaient régulièrement aux techniques classiques de combat. Parce que les tours de passe-passe, c'était bien gentil, mais rien ne valait un bon coup de lame pour achever un adversaire. Foi de Renji, il arriverait à faire d'eux des combattants honnêtes.
Lelouch et Hiruma avaient été touchés par l'attitude de Renji et le considéraient vraiment comme un ami. Cela ne les avait pas empêcher de continuer à se servir de lui, mais ils avaient aussi essayé d'aider Renji en retour, notamment en lui donnant plusieurs fois l'occasion d'observer Kuchiki Byakuya lorsque ce dernier s'entraînait. Et ils avaient été ravi quand Renji avait été promu lieutenant de la sixième division (et peut-être qu'ils avaient un peu aidé leur capitaine à choisir son nouveau lieutenant).
Toujours est-il qu'Hiruma, en « s'exerçant » sur Renji, puis sur Yumichaka et Ikkaku (grâce là aussi à l'intermédiaire de Renji), avait réussi à affiner suffisamment sa technique pour passer à l'étape supérieure et commencer à enregistrer les lieutenants des divisions dans la matrice. Un par un, en commençant par l'ancien lieutenant de la sixième division et en finissant par Hisagi, Kira, Hinamori et Matsumoto, les quatre lieutenants les plus proches des trois traîtres. Ils avaient pris plus de précaution pour ces quatre-là, mais au final, Lelouch et Hiruma bernaient Gin, Tousen et Aizen aussi bien que tous les autres, sans vraiment plus de difficulté. Après tout, dès qu'il s'agissait de mentir, qui pouvait bien arriver à la cheville d'Hiruma et de Lelouch ?
La programmation des lieutenants achevée, Hiruma avait pris pour cible les capitaines. Dès le départ, Hiruma avait refusé d'intégrer Aizen à la matrice. Hors de question de créer un point d'entrée dans la matrice pour Aizen et ses acolytes (ils savaient que Gin n'était pas un vraiment un traître, mais sa position dangereuse le rendait trop facilement susceptible d'être manipulé à son insu par Aizen). Hors de question aussi d'introduire ce savant fou de Kurotsuchi, ce qui laissait neuf capitaines. Kuchiki Bakuya avait servi d'échauffement et ensuite….ensuite il avait bien fallu s'occuper d'Ukitake, Kyoraku et Unohana. Trois des quatre capitaines sur lesquels le Geass de Lelouch ne pouvait pas agir. La plaie intégrale. Trois shinigamis au minimum millénaire. Rien que la somme de souvenirs à capter était cauchemardesque. Hiruma avait plusieurs fois pété les plombs, mais il s'était quand même acharné. Et ça avait payé.
Autant dire que programmer les quatre capitaines restants lui avait semblé une promenade de santé par comparaison. Quand Kurosaki Ichigo avait débarqué avec sa bande de copains et chamboulé le Seireitei, il ne restait plus que le problème que posait papi Yamamoto. Á vrai dire, ni Lelouch, ni Hiruma n'étaient de grands admirateurs du commandant. Autant que faire se pouvait, ils auraient aimé se passer de lui. Ils reconnaissaient que Yamamoto était un guerrier exceptionnel, mais ils jugeait que sa position de chef des armée était l'une des plus grandes faiblesses du Gotei 13. Ils ne donnaient pas cher du Seireitei si c'était lui qui organisait la guerre contre Aizen. Enfin bon, ils n'avaient pas à se mêler de ça.
Par contre, vu l'ampleur de la tâche (plus de 2000 ans d'existence pour le capitaine le plus inabordable !), Hiruma se demandait si c'était bien nécessaire de l'intégrer à la matrice. Au final, Hiruma et Lelouch avait décidé d'effectuer une capture superficielle de Yamamoto si l'occasion se présentait, juste de quoi être capable de rétablir son intégrité physique et son niveau de reiatsu au cas où. Et l'occasion s'était présenté avec Wonderweiss.
En ce qui concernait les autres guerriers (Ichigo et sa troupe, Urahara, Yoruichi, les vizards et les arrancars), Hiruma n'avait tout bêtement pas eu l'occasion de les intégrer à la matrice. Pour assembler tout ce petit monde à la Soul Society ou à Karakura pour certains (minus Ichigo et Isshin qui eux n'avaient pas bougé du Dangai), il s'était essentiellement servi de programmes de localisation qui modifiaient les coordonnées spatio-temporelles de la zone qui englobait chaque combattant. Il s'était servi de programmes de sauvegarde pour restaurer Renji, Hinamori, Soifon, Matsumoto (afin de ne pas dévoiler les limites du Geass à Aizen), Ukitake et Kyoraku. Et pour Yamamoto, il s'était servi des données anatomiques générales présentes dans la matrice pour réécrire quelques lignes de codes de son enveloppe corporelle.
Et pour emprisonner Aizen, il avait juste replié l'espace qui entourait Aizen sur lui même. Chaque barrière brisée venait renforcer la suivante puisque la taille de l'espace replié augmentait. Il n'avait pas créé plus de cinq couches, car c'était la limite avant de causer de sérieux problèmes structuraux.
La suite du plan était presque aussi simple que ce qu'il avait raconté aux shinigamis et leur alliés. Il avait juste omis quelques détails. Comme le fait qu'il allait prendre directement le contrôle d'Ukitake, Kyoraku et Yumichika (il avait besoin que ce dernier se serve de son shikai pour récupérer l'Hogyoku). Ou encore qu'il allait faire varier constamment le niveau de reiatsu des attaques (ce n'est pas parce qu'Hiruma ne pouvait augmenter son propre niveau de reiatsu qu'il ne pouvait exécuter cette opération sur d'autres personnes, surtout qu'entre les combattants en présence et l'environnement de la Soul Society, il avait à disposition une source de reiatsu non négligeable). Ensuite, il se servirait de la matrice pour transférer le Hogyoku dans les mains de Lelouch. Après, ce serait à Lelouch de se servir de son Geass. Détruire le Hogyoku dans la matrice ne serait pas suffisant : vu la résistance du Hogyoku, il y avait trop de chances qu'en se contentant d'effacer le programme, il reste assez de traces pour que le Hogyoku soit restauré. Et ça, ce n'était franchement pas le but.
Leur mission serait accomplie quand le Hogyoku ne pourrait plus jamais exister. Enfin, normalement.
- Hé, fucking prince, dit Hiruma en s'adressant à Lelouch, t'es prêt ? On va enfin pouvoir s'amuser un peu. Kekekekekeke.
- Bien sur que je suis prêt, cher complice. Ça me rappelle tant de souvenirs de me retrouver au milieu d'un champ bataille, répondit Lelouch avec un sourire pervers aux lèvres.
- Je dois vous féliciter, dit Aizen en émergeant de la cinquième barrière. J'admets que vous…
Aizen dut s'interrompre pour éviter les lames de Kyoraku et d'Ukitake. Il n'eut pas le temps de les attaquer qu'ils s'étaient déjà reculés et c'était maintenant le petit capitaine qui s'élançait vers lui. Aizen remarqua qu'Hitsugaya était beaucoup plus calme que lors de la précédente bataille.
- Hitsugaya, tu as maitrisé ta colère, c'est bien. Mais tiens-tu tellement à…
Avant même de lancer son attaque, Hitsugaya avait battu en retraite, le dragon de glace fondant pour laisser apparaître Zabimaru. Aizen repoussa le serpent d'une pichenette, mais il ne put éviter tous les pétales de cerisier que Zabimaru avait libérés en se désarticulant. Pétales qui lui firent aussi peu d'effet que les crocs que la meute de Starrk venait de planter dans sa jambe droite.
- Allons, allons, dit Aizen. Quelque soit le nombre d'attaques que vous emboîtez en gigogne, ça n'aura aucun effet si toutes vos techniques sont trop faibles. Quelques belles paroles ne…
Deux grandes vagues d'eau portées par un vent tranchant s'écrasèrent sur les pieds d'Aizen. Décidément on ne voulait pas le laisser parler. Qu'à cela ne tienne, si la petite armée voulait tant que ça se prendre au sérieux, il allait leur faire plaisir.
Aizen se servit de Kyōka Suigetsu et fut ébranlé pour la première fois lorsque le (vrai) shikai de Yumichika s'enroula autour de son bras et qu'un des sabres de Kyoraku trancha son flanc, alors que les deux zanpakutos auraient dû toucher Ukitake. Ils avaient trouvé comment contrer son hypnose ? Il se dégagea, créa une illusion de lui-même et se déplaça pour arriver juste devant Lelouch et Hiruma… pour se rendre compte qu'il se retrouvait face à Yourichi, Soifon et Urahara dans la direction opposée, son illusion complètement ignorée.
Aizen ne chercha pas à éviter la queue de la deuxième forme de la resurección d'Ulquiorra qui venait de surgir dans son dos. Pendant quelques secondes, il laissa tous les coups l'atteindre. Qu'ils se défoulent donc. Ils avaient trouvé la parade à son hypnose ? Et alors ? Croyaient-ils vraiment qu'il n'avait que son shikai pour se battre ? Avait-il d'ailleurs seulement besoin de se battre face à des adversaires aussi faibles ? Ils s'épuiseraient tous avant qu'il ne mette un seul genou en terre.
Les deux vermisseaux n'étaient guère plus intéressants qu'Inoue Orihime, au bout du compte. Tout comme la jeune fille, ils avaient des pouvoirs différents, mais différents ne voulait pas dire plus dangereux. Á moins que…. Aizen balaya ses attaquants d'un geste de la main pour mieux observer Lelouch et Hiruma.
Hiruma Youchi. Lelouch Lamperouge. Ne devrait-il pas plutôt les comparer à Urahara Kisuke ? Pourquoi restaient-ils des observateurs immobiles ? Ils n'avaient pas levé un petit doigt depuis le début du combat. Leur intervention se limitait-elle à préparer le champ de bataille ? Non. Ils possédaient des bankais et ils les avaient libérés.
Aizen continuait de repousser ou d'encaisser les vagues d'attaques successives, mais une partie de son attention restait focalisée sur Lelouch et Hiruma. Les faux d'Hisagi lui entaillant légèrement le bras le réveilla en quelque sorte. La blessure était sans conséquence. Par contre, qu'il n'ait pas du tout vu venir une attaque aussi faiblarde prouvait à quel point Hiruma et Lelouch avait réussi à le déstabiliser… en ne faisant rien.
En ne faisant rien ? Aizen eut un déclic et perçut plusieurs choses d'un seul coup. Les attaques se succédaient de façon trop rapide et coordonnée pour des combattants qui, pour certains d'entre eux, n'étaient pas dans le même camp quelques minutes auparavant. Quelqu'un dirigeait les opérations en direct. Hiruma ou Lamperouge, de toute évidence.
Ses adversaires avaient subi aussi peu de dommages que lui. Normal, puisqu'il s'était presque contenté d'encaisser ou de parer. Il s'était laissé enfermer dans le rythme assaut-retraite de l'ennemi.
Matrice du Réel, Verbe Divin. Des noms intéressants qui correspondaient très bien aux pouvoirs qu'Aizen avait vus en action quand il était prisonnier des barrières. Soit Hiruma et Lelouch n'avaient jamais possédé de bankai, soit ils s'en servaient depuis le début. Dans les deux cas, ils n'avaient pas joker supplémentaire dans leur manche.
Aizen secoua la tête. Il s'était bêtement laissé distraire par deux très bons manipulateurs. Soit. Il voulait bien leur accorder cette victoire minime. Ce serait la seule. Il regrettait presque de ne jamais connaître le fin mot de l'histoire (parce qu'il était certain que les deux vermisseaux avaient un but caché). Mais il fallait savoir se discipliner. Il avait de grandes choses à accomplir, il ne pouvait pas passer tout son temps à jouer.
En plus, le jeu commençait à être ennuyeux. C'était de nouveau Kyoraku et Ukitake qui l'attaquaient, suivis de Kuchiki et de son lieutenant. Et encore Yumichaka. Ah, tiens, un variante, cette fois-ci le zanpakuto de Yumichika servait de leurre pour le bankai de Komamura. Rectification, c'était le contraire. Pathétique.
Il n'attendit pas que les deux attaques arrivent jusqu'à lui. Il chargea et se retrouva pile sur la trajectoire des tentacules du shikai de Yumichika. Alors qu'il portait un coup fatal, les tentacules se transformèrent brusquement. Aizen venait de s'empaler sur l'instrument qui lui avait permis d'arracher le Hogyoku à Rukia, et il se mit à rire.
- C'était donc ça, dit-il en s'adressant à Lelouch et Hiruma ente deux hoquets.
L'espèce de forme griffue se retirait en même temps que les tentacules et emportait le Hogyoku avec elle.
- Vous auriez dû vous approcher un peu plus lorsque Gin a essayé de me tuer. Vous auriez entendu qu'il n'était plus possible de me séparer du Hogyoku.
Le Hogyoku disparut et réapparut dans les mains de Lelouch.
- Malheureusement pour vous, la distance n'y change rien, continua Aizen.
- Moi, Lelouch Vi Britannia, j'ordonne !
Les yeux d'Aizen s'agrandirent. Lamperouge avait appelé son pouvoir Verbe Divin. Il avait de toute évidence la faculté de commander la vie. Que pouvait-il commander d'autre ? Possédait-il vraiment la puissance des dieux ? Les dieux ordonnaient, les dieux créaient, les dieux détruisaient…
Á partir de là, tout devint très confus. Aizen cherchait à atteindre Lelouch. Lelouch et Hiruma changeaient constamment de place. Les shinigamis et leur alliés empêchaient Aizen d'attaquer Lelouch en portant coup sur coup. Aizen tranchait, frappait, fracassait. Des sorts de kido pleuvaient sur Aizen. Certains guerriers restaient à terre, d'autres se relevaient toujours et encore. Le dernier rempart, les flammes de Ryūjin Jakka, fut utilisé dans un délai si serré que plusieurs alliés faillirent ne pas se mettre à l'abri à temps. C'était une vraie mêlée, un carnage qui avait pour seul but d'empêcher Aizen de lancer une attaque si puissante qu'elle les annihileraient tous. Juste retenir Aizen quelques secondes…
Les quelques secondes nécessaires à Lelouch. C'est pour ces quelques secondes que Lelouch et Hiruma s'étaient préparés pendant 15 ans, qu'ils avaient collecté autant d'informations, qu'ils avaient échafaudé des plans complexes, qu'ils avaient étudié toutes les stratégies possibles, exploré toutes les combinaisons d'attaques imaginables.
Pendant ces quelques secondes, le rôle d'Hiruma consistait à exploiter au maximum toutes les possibilités qu'il avait réunies sous sa main. Tous les coups étaient portés avec une force qui dépassait la puissance normale de l'attaquant. Hiruma avait lancé l'exécution de plusieurs séquences d'attaques qui avaient été programmées à l'avance pour les combattants qu'il contrôlait complètement, auquel il associait des directives précises, elles aussi pré-programmées, qui étaient transmises à ceux qui ne faisaient pas partie de la matrice. Hiruma gérait en direct le minutage de ces directives, qui devait prendre en compte un temps de réaction moins immédiat ainsi qu'une redistribution constante des positions sur le champ de bataille. Hiruma s'était entraîné pendant plusieurs années afin d'avoir une telle maîtrise du chaos qu'il lui était possible d'improviser pour exploiter les quelques rares éléments qu'il n'avait pas prévus. Car aucune opportunité ne pouvait être négligée.
Pendant ces quelques secondes, le rôle de Lelouch était d'être imperturbable et de continuer sa chaîne de commandes.
- Hogyoku, je t'ordonne de disparaître. Ton existence s'achève maintenant ! Hogyoku, désintègre-toi jusqu'à la dernière particule ! Qu'aucune trace, qu'aucun résidu ne subsiste. Hogyoku, disparais pour ne jamais réapparaître ou renaître. J'ordonne qu'aucune copie, aucune restauration, aucune recréation ne puisse être possible. J'ordonne que plus personne ne puisse t'imaginer ou te concevoir. Ni maintenant, ni jamais. Hogyoku DISPARAIS !
Aizen émergea des flammes pour voir les dernières traces de l'Hogyoku s'évaporer. Furieux, il fonça sur Lelouch.
- STOP AIZEN ! RECULE ! ordonna Lelouch.
Les trois pas en arrière qu'Aizen ne put s'empêcher de faire furent suffisants pour qu'Hiruma réorganise une nouvelle fois le champ de bataille : les plus morts que vifs (les arrancars et presque tous les vizards, ceux qu'Hiruma ne pouvait pas guérir grâce à la matrice), derrière avec Rukia, les encore presque vaillants en seconde ligne, Hiruma et Lelouch en première ligne aux côtés de Kyoraku, Ukitake, Urahara et Yamamoto, face à Aizen qui se trouvait à quelques mètres de distance.
- Est-ce cela que vous appelez une victoire ? demanda Aizen. Je n'avais plus besoin de l'Hogyoku de toute façon.
- C'est bien pour ça qu'on l'a détruit maintenant et pas plus tôt, répondit Hiruma.
- Vraiment ? Vous voulez me faire croire que vous auriez pu le détruire plus tôt, mais que vous avez attendu qu'il me rende encore plus invincible ?
- Bah, ouais, dit Hiruma. En fait, on aurait pu le détruire le jour où tu l'as récupéré. Ou encore plus simple, avant que tu ne le récupères, on savait que c'était Rukia qui l'avait. Mais on a insisté très lourdement pour que nous attendions.
- Qui ça, on ?
- Des forces qui te dépassent, Aizen, répondit Lelouch.
- Ridicule. Il n'y a aucune force supérieure ou divine. Le roi n'est qu'une âme parmi d'autres et les cieux sont vides.
- C'est vrai, mais ce n'est pas toute la vérité, dit Lelouch. Nous ne sommes envoyés par aucun roi et par aucun dieu. Pourtant, on nous a fait venir de très loin. Des lois fondamentales et immuables ont été brisées pour que nous soyons ici aujourd'hui.
- Quelles lois ? Qui vous envoie ? Qui êtes-vous ?
- Pour les deux premières questions, tu as assez d'éléments pour trouver la réponse si tu y réfléchis et que tu fais preuve d'imagination, dit Lelouch. Après, qui sommes-nous….
Lelouch et Hiruma échangèrent un regard embarrassé. Ils avaient un peu honte, mais pour une fois, ils avaient envie de dire la vérité. Oh et puis zut, de toute manière, l'idée c'était de gagner de temps et la vérité ferait aussi bien l'affaire que des mensonges.
- Qui sommes-nous ? reprit Hiruma. Tu risques d'être déçu par la réponse, Aizen. Enfin, surtout en ce qui me concerne. Moi, je suis juste un étudiant qui adore le football américain.
- Le quoi ? demandèrent plusieurs voix parmi les shinigamis.
- C'est un sport d'équipe. En fait, je suis un sportif. Enfin, j'étais. Accessoirement, je suis aussi un maître chanteur et un dissimulateur de premier ordre. Mais bon, comparé au fucking prince qui me sert de partenaire, on peut dire que je suis un petit joueur, conclut Hiruma avec un grand sourire en se tournant vers Lelouch.
- Pff… Qui suis-je ? dit Lelouch à son tour. Lelouch Lamperouge, Zéro, Lelouch Vi Britannia. Un prince, un roturier, un terroriste, un empereur. Et bien sûr, je suis aussi, ou peut-être surtout, un menteur et un manipulateur.
- C'est tout ce que vous pouvez répondre ? demanda Aizen, menaçant.
- On a déjà fait l'effort de te dire la vérité, qu'est-ce que tu veux de plus ? dit Hiruma. Pose-nous les bonnes questions et peut-être que tu auras des réponses qui te satisferont.
- Vous ne voulez pas répondre à ces questions, dit Aizen en se préparant à attaquer.
Note pour plus tard, ne jamais jouer franc jeu en situation de crise, la vérité est un concept largement surestimé. Et voilà qu'ils étaient repartis à devoir se battre.
Encore heureux qu'ils avaient encore une dernière surprise dans leur manche. Au fond ça, aurait été dommage de ne pas saisir l'occasion de s'en servir.
Hiruma utilisa son bankai pour créer quatre sphères composées chacune d'un des quatre éléments : feu, eau, terre, air.
- Sphères, attaquez notre ennemi ! ordonna Lelouch.
Et les sphères obéirent.
Hiruma fit apparaître quatre nouvelles sphères:
- Nouvelles sphères, protégez nous !
Et les éléments devinrent un bouclier.
Hiruma créa de nouveau quatre sphères:
- Nouvelles sphères, grandissez ! Gagnez en densité ! Fusionnez ! Attaquez !
Hiruma et Lelouch répétèrent très vite le processus plusieurs fois. Certains jeux de sphères n'étaient lancés que pour lier toutes les autres entre elles, mais la plupart était utilisées pour faire croître la puissance des éléments qui se déchaînaient autour d'eux.
Cette attaque reposait complètement sur la coopération des bankais d'Hiruma et Lelouch. Elle se composait de trois phases. Lors de la première, Hiruma se chargeait de la puissance et Lelouch de l'intention des sphères. Le but était d'empêcher au plus vite leur adversaire de pouvoir les atteindre directement, puis de le forcer à contre-attaquer sur les sphères et non pas sur eux. Comme leur adversaire était Aizen, ils avaient un peu triché sur ces premières sphères. Ils avaient emprunté le vent de Kensei, l'eau d'Halibel, les glaces d'Hitsugaya, et surtout le feu de Yamamoto.
Lors de la deuxième phase, Lelouch disposant de relativement plus de temps pour formuler ses ordres, c'est lui qui se chargeait d'augmenter la puissance pendant qu'Hiruma s'occupait de diriger les éléments. Á ce stade, fini les emprunts. Le but n'était pas de concentrer des attaques ou même du reiatsu, mais de manipuler les éléments sous leur forme la plus pure.
Et lors de la troisième phase, Lelouch et Hiruma s'occupaient conjointement de la puissance et du contrôle des éléments. Ils n'étaient pas trop de deux pour maîtriser cette dernière étape. Ils avaient essayé une fois de faire l'impasse sur les deux premières phases et de lancer dès le départ les éléments à pleine puissance. Ils avaient frôlé la catastrophe. Ils avaient besoin des deux premières phases pour asseoir leur contrôle. En effet en augmentant indéfiniment la masse des éléments en ajoutant de plus en plus de sphères (ce qu'Hiruma aurait pu pré-programmer grâce à sa matrice ou ce que Lelouch aurait pu ordonner directement grâce à son Geass), c'était l'essence même du monde et toute sa puissance intrinsèque qui fondaient sur Aizen. Et évidement, ce n'était pas sans danger pour le monde en question, d'autant plus qu'Hiruma avait ouvert des portails entre la Soul Society, le monde humain et le Hueco Mundo, menaçant ainsi la stabilité des trois dimensions. Et si ces trois dimensions devenaient trop instables, elles menaceraient à leur tour l'équilibre de la dimension royale et des enfers.
Si Hiruma et Lelouch continuaient à déchaîner ainsi les éléments, qui sait si l'ensemble que constituaient ces cinq dimensions n'allait pas s'écrouler et s'abattre sur les barrières qui le séparait des autres univers parallèles….
Aizen, de son côté, n'en menait pas large. Pendant qu'il étouffait sous la charge des éléments, il se demandait comment il s'était encore fait avoir par ceux qu'il avait considéré comme des vermisseaux. Ils avaient de nouveau pris Aizen par surprise alors que cette fois-ci, il avait été sur ses gardes, prêt à combattre de toutes ses forces.
Mais il n'avait pas su comprendre assez vite l'attaque de Lelouch et Hiruma. Et maintenant, il était trop tard et en fait, il ne comprenait toujours pas comment ces deux-là pouvaient déclencher un tel déluge de puissance. Comment avait-il pu passer à côté d'une telle force pendant toutes ces années ?
Il se souvenait maintenant de sa première rencontre avec Hiruma et Lamperouge. Une petite fête entre soldats comme il y en avait eu tant avant et après celle-là. Il avait échangé quelques mots avec les deux nouveaux shinigamis et il n'avait rien perçu. Était-ce sur cette première invisibilité que s'étaient construites toutes les autres ? Était-ce à cause de cet aveuglement initial qu'il perdait aujourd'hui ?
Du côté des shinigamis et de leur alliés, la peur commençait à se faire sentir. La plupart d'entre eux avaient des perceptions assez affinées pour se rendre compte que des équilibres fondamentaux étaient en train d'être brisés.
- Hiruma, Lamperouge, cessez cette folie ! cria Byakuya, bien obligé d'élever la voix pour se faire entendre dans le vacarme que généraient les éléments.
- Youchi, Lelouch, mais qu'est-ce que vous foutez ? cria à son tour Renji.
- Kuchiki, demanda Urahara, ils appartiennent à ta division, ces deux-là ?
- Oui.
- Tu savais qu'ils avaient la capacité de détruire le monde ?
- Non.
- Attendez, dit Renji, détruire le monde ? Y a une erreur. Youchi et Lelouch sont de braves gars, ils ne feraient jamais ça.
- Peut-être que ce n'est pas leur souhait, dit Urahara, mais à la moindre erreur de contrôle, c'est ce qui risque d'arriver.
- Youchi, Lelouch, cria Renji, vous avez entendu Urahara ? Arrêtez, c'est trop dangereux.
- Désolé, Renji, dit Lelouch, on ne peut pas arrêter maintenant.
- Mais vous ne comprenez pas…
- Si, Renji, on comprend, dit cette fois Hiruma pour qui il était plus facile de parler tout en poursuivant à contrôler les éléments. On connaît exactement les conséquences de cette attaque. Et c'est bien pour ça qu'on continue.
- Non… c'est pas possible, murmura Renji tristement. Vous ne pouvez pas être des traîtres vous aussi.
- Renji, dit Byakuya en s'approchant de son lieutenant.
- Oui je sais, dit Renji désabusé. C'est à nous de nous en occuper, n'est-ce pas ?
Byakuya acquiesça.
- Attends Byakyua, dit Ukitake. Urahara, tu comprends leur pouvoir ? Leur puissance ne vient pas de leur énergie spirituelle, non ?
- Exact. Je crois qu'ils ne sont pas des shinigamis. Ni des hollows. Je parierais qu'ils sont essentiellement humains. Mais leurs pouvoirs sont encore différents de ceux des amis d'Ichigo. Ce qui m'inquiète le plus, c'est à quel point ils ont réussi à combiner leurs forces. Ils faut qu'on les oblige à se dissocier, mais…
- Oh, c'est pas bientôt fini les parlottes, intervint Kenpachi. Faut leur foncer dessus et point barre. Vous n'arriverez pas à jouer au plus malin avec des mecs qui ont réussi à être plus futés que cet enfoiré d'Aizen.
- Vous avez raison, Zaraki, dit Yamamoto. Prenez la tête de l'assaut. Que tout ceux dont les capacités de leur zanpakuto n'est pas lié à un élément suivent le capitaine Zaraki.
- Décidément, vous êtes toujours à côté de la plaque, fucking commandant, intervint Hiruma qui n'avait pas perdu une miette de la conversation des shinigamis. Á votre avis, il se passe quoi si Lelouch et moi sommes tués ou gravement blessés ? Vous croyez que les éléments vont bien sagement s'apaiser ? Non, il n'y aura juste plus personne pour les contrôler. Et puis…
Kenpachi, Komamura, Soifon, Matsumoto, Ikkaku, Yumichika, Hisagi, Iba et Omeda s'écroulèrent au sol.
- Youchi, mais quel démon es-tu donc ? s'exclama Renji.
- Panique pas, Renji, je les ai juste endormis, répondit Hiruma. Rien de bien méchant, sauf que je suis le seul à pouvoir les réveiller. Kekeke.
- PAS…VO...TRE… RÔ...LE...AR...RÊ…TEZ... , tonna soudain une voix hachée que personne ne connaissait.
Une voix désincarnée qui semblait surgir du rugissement du vent, du crépitement du feu, des craquements de la terre, du ruissellement de l'eau.
- Enfin, dit Hiruma. T'as pris ton temps pour réagir, fucking entité. Non, on n'arrête pas.
- VOUS…ECHOU…EZ…MISSION...
- Pas encore, rectifia Lelouch. Mais effectivement, nous pourrions réaliser exactement l'inverse de ce qui nous a été demandé.
- VOS…MONDES….. VOS… AMIS...
- La suite du plan est déjà en place, annonça Lelouch. Nous savons comment les protéger.
- POUR… QUOI...
- Parce qu'a partir de maintenant, nous reprenons les rênes, répondit Lelouch. Nous ne cherchons ni le chaos, ni la tyrannie. Qu'on nous donne la liberté, et tout rentre dans l'ordre. Mais si on ne nous accorde pas la liberté, nous l'arracherons de force.
- LI…BER...TÉ… ?
- Nous nous déplaçons comme bon nous semble. Nous ne provoquerons pas de déséquilibre et s'il y a des requêtes, nous les écouterons. Mais il est hors de question que nous devenions des chiens de garde.
Les secondes qui s'écoulèrent parurent une éternité à tous ceux qui étaient encore assez conscients pour suivre la conversation.
- AC…COR…DÉ.
- Á la bonne heure, se réjouit Hiruma.
Il ferma aussitôt les portails entre les trois dimensions. Puis il matérialisa deux claviers. Avec Lelouch, il se remit à tapoter. Les éléments se calmèrent, la vraie Karakura apparut à nouveau, Lelouch, Hiruma et toute la troupe disparurent.
Aizen, secoué, mais encore bien vaillant, regarda d'un air perplexe autour de lui. La situation était redevenue la même qu'avant Hiruma et Lelouch n'interviennent. Á un détail près le Hogyoku avait bel et bien disparu.
Aizen n'eut pas le loisir de s'interroger plus longtemps. Ichigo arrivait.
