Titre : Noir et Blanc
Rating : T
Disclaimer : Les personnages de Bleach appartiennent à Tite Kubo.
NDA : Voici le premier chapitre de ma nouvelle fiction. J'espère que vous apprécierez. Bonne lecture.
Toute la famille était réunie autour de la grande table ovale de la salle de réunion. Chacun posait un regard indéchiffrable sur l'homme qui se trouvait debout devant eux. L'air était lourd et trop solennel pour ce second homme qui se trouvait à droite du premier. La ressemblance était frappante, personne n'aurait pu dire le contraire. Leurs longs cheveux noir ébène, leurs yeux anthracite qui brillaient de la même lueur, leur carrures fines mais musclées se dessinaient dans le costume hors de prix qu'ils avaient revêtus. Le plus âgé des deux prit alors la parole.
-Comme je vous l'avais indiqué il y a quelques semaines de cela, je cède ma place de Chef de Clan. Je veux profiter des années qu'il me reste et aussi pouvoir vivre une vraie vie, et non une vie scrutée et passée au crible par les paparazzis. Il prit un objet sur la table et fit lever l'homme près de lui. Pour cela, je cède la Clé Kuchiki à mon fils, Kuchiki Byakuya, qui va me succéder au rôle de Chef de Clan. Je lui cède également mon siège de Directeur des Hôtels Kuchiki à travers le monde.
Sojun Kuchiki se tourna vers son fils en lui souriant et tendit l'objet. Une clé en or massif créée par l'un des chefs de Clan il y a plus de huit cent ans. Cette clé représentait le pouvoir de la famille Kuchiki sur le Japon. Cette famille noble a débuté son ascension dans la hiérarchie japonaise depuis le début de l'époque de Kamakura (1185-1333) Elle fut créée par Kuchiki Nazomi, et fut transmise de génération en génération par les chefs de Clan à leur successeur. Cet objet représentait à cette époque le pouvoir qu'avait la famille ainsi que la richesse qu'elle possédait. Maintenant elle était conservée dans un coffre-fort dans un lieu inconnu de tous, sauf des Chef de Clan et de quelques personnes de confiance.
Byakuya la reçue avec tout le sérieux du monde. C'était un moment unique dans la vie d'un Kuchiki, et Sojun était fier de lui transmettre ce précieux objet. Il s'inclina devant son père avant de se tourner vers les membres.
-Je suis ravi de succéder à mon père et je ferais de mon mieux gérer le Clan et les Hôtels.
Tous les membres quittèrent la salle après avoir félicité le jeune homme, et lorsque tous furent partis, Sojun prit son fils dans ses bras et le félicita chaleureusement. C'est à ce moment-là que Sojun lui apprit qu'il déménageait pour Nagasaki. Le noble en fut très surpris, mais ne l'en empêcha pas. Après tout, son père avait passé la majeure partie de sa vie à s'occuper du Clan et à accéder au moindre désir de celui-ci, relayant sa famille en seconde position. Ils rentrèrent au Manoir Kuchiki un peu plus tard dans la journée. Une petite fête avait été préparée par la femme du noble, Hisana, qui était enceinte et prête à accoucher.
Deux ans plus tard.
Une berline noire se gara contre le trottoir de l'avenue tokyoïte où s'élevait l'immense Hôtel Kuchiki. Établissement hôtelier regroupant un hôtel hors de prix et un restaurant gastronomique. Un homme vêtu d'un costume trois pièces griffé d'un grand couturier français sortit de la BMW aux vitres teintées. Ses cheveux mi-longs noirs emprisonné dans deux luxueux bijoux volaient au gré de la petite brise qui soufflait. Enlevant ses lunettes de soleil, il posa ses yeux anthracite sur l'établissement. De l'autre côté de la berline, un autre homme vêtu d'un costume gris sortit également, celui-ci se remarqua avec ses longs cheveux rouge lâchés dans son dos. Il rejoignit son patron et lui tendit un porte-document. Ils entrèrent dans l'hôtel accompagné des deux réceptionnistes qui s'inclinèrent très bas.
Kuchiki Byakuya, célèbre homme d'affaire venait de pénétrer dans son établissement, ou plutôt l'établissement qui faisait la fierté de son père. Cet homme était reconnu dans tout le Japon pour être un homme froid et distant. Et encore plus depuis la mort subite de sa femme, décédée d'une maladie incurable. Les journalistes avait fait de lui un sujet des plus croustillant, cherchant la moindre petit erreur pour en faire un scandale. Malheureusement pour eux, Byakuya Kuchiki était aussi futé qu'un renard et jamais rien ne passait, les laissant sur leur faim.
Le noble traversa le hall, faisant claquer ses chaussures sur le marbre de la réception. Ses yeux se posèrent sur les dorures des grands escaliers en chêne massif qui montait au premier étage. Il se dirigea vers l'ascenseur panoramique sans daigner répondre à son personnel qui le saluait. Quand les portes furent fermées, le noble prit enfin la parole.
-Abarai. Je veux que tous les dossiers des recettes des quatre hôtels soit sur mon bureau avant la fin de la journée. Je n'ai pas que cela à faire et je n'ai pas envie de m'éterniser là-dessus.
-Bien Kuchiki-sama.
Byakuya avait toute confiance en cet homme. Bien que ses tatouages l'avait rebuté quand il s'était présenté à lui deux ans plus tôt, son intelligence et son esprit vif l'avait immédiatement séduit. Depuis, Abarai Renji était devenu son bras droit, la personne la plus proche de lui. Plusieurs scandales avait éclaté à propos de cela. Certains magazines avaient parlé de relation charnelle entre les deux hommes, mais il n'en n'était rien. Abarai Renji venait de se fiancer avec la sœur du noble, Rukia, une semaine avant, dans le Manoir Kuchiki, avec seulement la famille Kuchiki et les parents de Renji.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et les deux hommes pénétrèrent dans l'immense bureau du Chef de Clan. De grandes bibliothèques remplissaient deux pans de mur, côté gauche et à l'entrée, de grande fenêtres blindés laissait entrer le soleil éclairant toute la pièce et un grand bureau en merisier avait sa place en diagonal à droite à côté d'un canapé en cuir marron. Quelques tableaux remplissaient les murs de couleurs. Byakuya s'approcha du bureau et trouva une pile de lettres. Il vit du coin de l'œil son bras droit s'installer sur le canapé en prenant son téléphone portable. Il alluma son ordinateur et pendant ce temps ouvrit quelques enveloppes. La plupart atterrirent dans la corbeille. Mais l'une d'entre elle le fit grimacer. S'asseyant dans son fauteuil, Byakuya lâcha la feuille et soupira. Il ne s'autorisait ce genre de chose qu'en présence de Renji. Ce dernier leva son regard vers son futur beau-frère.
-Encore une ?
-Oui. Quand auras-tu les dossiers ?
-Dans deux heures environ.
Renji ne releva pas le fait que le noble venait de le tutoyer. C'était devenu instinctif quand ils n'étaient que tous les deux. Ils n'avaient pas à se cacher, pas à se montrer courtois l'un envers l'autre. Renji connaissait le noble et savait que sa véritable personnalité était bien enfouie au fond de lui par obligation. Parfois, Renji voulait le prendre par les épaules et le secouer comme un prunier pour lui remettre les idées en place. Il n'aimait pas le voir se réfugier dans son mutisme et sa froideur. Mais malgré le lien qui les unissait, il ne pouvait se permettre de le faire.
L'assistant se leva et attrapa la lettre. Les menaces étaient claires, malheureusement, ce n'était pas la première de ce genre. Le noble les gardait toutes dans un tiroir de son bureau.
-Tu devrais peut-être envisager d'engager un garde du corps. Ce n'est peut-être pas la première lettre de menace que tu reçois, mais la première qui indique clairement cette envie de te tuer.
-Je ne veux pas. Je peux très bien me débrouiller tout seul, et je n'ai pas peur d'eux.
Renji vit sur le coin du bureau un magazine où une photo du noble apparaissait en couverture, avec comme titre « Kuchiki Byakuya menacé de mort ? Info ou intox ? »
-Byakuya… Prend un garde du corps.
Renji lui montra le magazine et le noble le feuilleta grimaçant de plus en plus au fil des pages. Il savait qu'on en voulait à sa vie. Mais pas à ce point-là. Byakuya découvrait qu'au fur et à mesure des pages, certaines preuves s'ajoutaient à celles que lui avait.
-Une personne t'en veut personnellement. Et a bien l'intention d'exécuter la menace.
-Contacte l'agence. Je veux un garde du corps à midi pile. Et engage le meilleur, je mettrais le prix qu'il faudra. Que cela soit fait le plus discrètement possible. Qu'il passe par l'une des portes de service et monte directement ici.
Byakuya se leva et s'avança vers la fenêtre, venant poser son front contre le bord, il plongea ses yeux sur la foule qui ressemblait à une colonie de fourmis du haut de ses vingt-trois étages. La semaine suivante, il devait se rendre à Mizushi Compagnie pour le sommet annuel des quatre familles noble. Pendant cette réunion, ils prenaient plusieurs décisions importantes pour le pays et le peuple. Leurs voix et leurs décisions étant prise via un rapport direct de l'Empereur en personne. Byakuya ne l'avait jamais rencontré, car celui-ci restait caché, malgré cela, il lui vouait un profond respect. Ses pensées furent interrompues par Renji.
-Le garde arrivera à midi. Il serait prudent, jusque-là de ne pas sortir d'ici.
-Je ne vais tout de même pas rester enfermé ici à cause d'une menace de mort ! Rappelle-toi le nombre de menaces que j'ai reçu depuis deux ans, s'il fallait que je reste cloitré à chaque fois, je serais devenu un ermite !
-Cent quarante-deux.
Le noble se tourna vers son futur beau-frère, les sourcils froncé.
-Pardon ?
-Le nombre de menaces de mort qui pèse sur toi depuis deux ans.
La surprise s'afficha sur le visage androgyne du noble qui décroisa ses bras, les laissant pendre de chaque côté de son corps.
-Mais ce n'est pas…
-C'est le nombre exact.
-C'est le triple de ce que je pensais… Pourquoi me l'avoir caché ?
-Pour te protéger. C'est mon rôle. J'ai intercepté la moitié de ces lettres avant qu'elles n'arrivent ici. C'est Sojun-sama qui m'a demandé de faire cela.
-Mon père ? Pourquoi ?
-Parce qu'il s'inquiète pour vous. Il veut qu'aucun mal ne vous soit fait. Vous êtes son fils, il vous aime, mais vous êtes également un très bon chef de Clan et Directeur d'hôtel.
Renji vouvoyait volontairement son patron. Pour lui faire comprendre que oui, il était en danger de mort et qu'il ne devait aucunement plaisanter sur cela. Il le vit s'asseoir sur le canapé et plonger son visage dans ses mains. Pourquoi le lui avait-on caché ? Il n'était plus un enfant et pouvait très bien s'occuper de lui-même. Son père continuait de le protéger depuis son intronisation en tant que Chef. Alors si son père avait quitté Tokyo pour Nagasaki c'était pour cela. Oui, il devait certainement recevoir des menaces, malgré la cessation de ses activités. Personne à part la famille et quelques personne connaissait le déménagement de Sojun et il comprenait pourquoi à présent.
-Votre père cherche simplement à vous protéger, rien de plus.
-Je sais… souffla le noble et plongeant son regard dans les yeux marron de son assistant. Mais à présent, je veux connaitre toute la vérité, je ne tolérerais plus aucun mensonge.
Renji se plaça devant lui et répondit.
-La plupart des femmes du pays te voudrait comme époux. Pas pour toi, mais pour ton argent et ta position au sein du pays. Devenir la femme la plus riche du pays, voilà à quoi aspirent les femmes en pensant à toi.
-Je ne suis pas le plus…
-Si, depuis la chute de la compagnie Aizen, tu es l'homme le plus riche du pays.
-Mais ma fortune n'est pas…
-Sept-cent milliards de Yen. Coupa Renji. Voilà combien tu coûtes Byakuya. C'est la fortune du Clan Kuchiki, donc toi.
-Tu vas me laisser parler oui ? S'énerva le noble en fronçant les sourcils. Pourquoi vous m'avez caché des choses aussi importantes ? J'ai l'impression d'être le dindon de la farce à cette heure-ci !
L'énervement du noble était légitime. Son Clan et son assistant lui cachait des menaces de mort, mais aussi la véritable fortune qui pesait sur ses épaules. Il en avait assez de tous ces mensonges ! Il prit son téléphone et composa un numéro avant d'attendre que quelqu'un réponde. Lorsqu'il entendit décrocher, il attaqua froidement.
-Pourquoi m'avoir caché tout ceci ? Ne suis-je pas assez mature pour prendre en considération tout cela ? Vous avez si peu confiance en moi ?
Les cris de Byakuya résonnaient aux oreilles de son père qui avait dû éloigner le téléphone pour ne pas devenir sourd.
-Renji t'as donc avoué la vérité.
La voix calme de son père apaisa légèrement le noble qui baissa le ton, contenant son énervement.
-Oui… à l'instant. Pourquoi me l'avoir caché ?
-Je ne souhaitais pas te mettre la pression dès le début, c'est moi qui lui ai demandé de te mentir. Je ne voulais pas que cela t'empêche de faire ton travail.
-Je ne suis pas faible…
-Je le sais mon fils, mais je t'ai toujours aidé, et je le continuerais, même si je suis loin de toi pour l'instant. Tu as la réunion la semaine prochaine, tu devrais la préparer. Je te laisse mon fils, soit très prudent.
Le noble ne répondit rien et laissa son père couper la communication. Alors il avait fait tout cela pour lui, pour le protéger. Mais à trente-six ans, il pouvait bien se défendre tout seul ! Non... Il ne le pouvait pas, pas contre toute ces personnes qui en voulait à sa fortune, ou plutôt, à la fortune du Clan. Il soupira profondément, prenant seulement conscience de tout ce que cela impliquait. Il lui faudrait être doublement vigilant. Le téléphone du bureau sonna et Byakuya se leva pour répondre.
-Kuchiki Byakuya…
-Vous allez bientôt mourir… Comptez vos heures Kuchiki-sama …
La personne raccrocha immédiatement après et Byakuya en fit de même, complétement ahuri. Renji s'était approché de lui en voyant son visage.
-Byakuya…
-Je … Il…
Byakuya leva son regard vers son assistant et celui-ci put y lire le désarroi et la crainte. Il téléphona tout de suite à la sécurité de l'hôtel et demanda un enregistrement de la communication que venait de recevoir le noble.
J'espère que ce chapitre vous a plu.
