Auteur : Flot

Disclaimer : les personnages (enfin presque tous) et les lieux ne m'appartiennent pas (buuuuuuuuuuhhh), je ne fait que les emprunter (re-buuuuuuuuuuhhh).

Note : les passages en italique sont des souvenirs.

L'échéance

Jour J + douze mois (partie une)

Severus Snape regardait fixement le jeune homme de dix-huit ans allongé sur le lit de la petite pièce attenante à l'infirmerie. Harry Potter avait à peine changé en un an. Ses cheveux étaient seulement un peu plus long -ils lui arrivaient maintenant un peu en dessous des épaules- et il avait dû prendre quelques centimètres. Sinon, il paraissait toujours aussi mince, voir chétif, avec un teint toujours aussi pâle et une cicatrice en forme d'éclair toujours aussi présente sur son front. Il avait actuellement les yeux fermés, mais le professeur savait qu'ils étaient toujours les mêmes, les même que ceux de Lily Potter.

Le jeune homme ne bougeait pas et sa respiration, lente et faible, ne s'entendait quasiment pas. Il était plus facile de le croire mort qu'endormit. Le professeur se rapprocha du lit et s'assit sur la chaise qui était là. Qu'avait donc fait le Grand Harry Potter en un an ? Nul ne savait comment il avait vaincu le Maître des Ténèbres, ni pourquoi il avait disparu juste après, sans même passer ses examens et obtenir son diplôme. Et aujourd'hui, un an plus tard, il était de retour à Poudlard, avec vraisemblablement l'accord du directeur. Que savait donc Albus Dumbledore ?

Severus Snape pris alors une décision qui lui poserait encore bien plus de questions et de soucis par la suite. Il décida d'utiliser l'occlumencie sur son ancien élève endormit.

Harry était adossé à une souche dans une forêt dense et touffue dont la plupart des arbres étaient nus. Au milieu des feuilles mortes en grandes partie décomposées, il gisait, couvert de sang (le sien ?), ses bras reposant à ses côtés et ses poignets entaillés tournés vers le ciel. Les yeux à peine ouverts, il regardait une petite fille, d'une dizaine d'années, face à lui. Il était vraiment dans un piteux état et semblait avoir de plus en plus de mal à garder ses yeux fixés sur l'enfant. Cette dernière l'observait avec un léger étonnement et ne paraissait pas effrayée ni par le sang qui le couvrait et s'écoulait, ni par la douleur qu'exprimait les yeux du jeune homme. Elle portait les vestiges de ce qui avait sans doute été une robe et qui aujourd'hui était d'une propreté plus que douteuse, déchirée en de multiples endroits. Elle avait les genoux égratignés et couverts de boue, tout comme ses mains, ses coudes et ses pieds qui étaient nus. Une respiration sifflante et légèrement haletante -comme si l'air devenait subitement rare- se faisait entendre. Snape chercha d'où elle pouvait provenir, avant de comprendre que ce son rauque et irrégulier était émis par Harry lui-même.

La scène changea rapidement. Harry marchait lentement dans un couloir sombre. La peur l'oppressait et ses mains tremblaient. Une légère lueur provenait de sa baguette, qu'il tenait à la main. Des pas précipités et lourds se firent entendre derrière lui. Harry se retourna et se fit violemment plaqué au mur par un homme plus grand que lui habillé en noir. Il ne pouvait plus faire un mouvement et serrait convulsivement sa baguette. Celui qui l'entravait lui balbutia, dans un sanglot, quelques mots sans suite à l'oreille. « Non... pourquoi... partir... pas... non... perdu... non... mourir... pas... non... non... non... non... ». Son haleine empestait l'alcool -Snape le sentait alors qu'il se trouvait bien à un mètre de lui- et il était clair qu'il était sur le point de pleurer. Le professeur ne voyait pas son visage et se demandait qui pouvait être cet homme. Harry le serrât dans ses bras, dans la mesure où il le pouvait. Ses mains avaient cessé de trembler et lui aussi paraissait triste. Harry prononçât alors deux mots d'un ton où perçait tout l'amour et la peine qu'il ressentait pour cet homme en noir qui le serrait contre lui. Cela semblât apaiser immédiatement ce dernier.

« Je sais. ».

Severus Snape se retrouva dans une librairie vraisemblablement moldue. Harry conseillait les quelques clients éparses qui étaient encore dans les rayons. Le souvenir devait être relativement récent car il avait les cheveux aussi longs que sur son lit d'infirmerie, à Poudlard. La boutique allait bientôt fermer. Une femme d'environ vingt-cinq ans le regardait faire en souriant. Elle avait de long cheveux châtains, des yeux noisette et était un peu plus petite qu'Harry. Quand le tout dernier client eut payé son achat -Recettes de cuisine pour Magie des sens de Lee Tchi- elle s'approchât du jeune homme.

« Tu peux rentrer, je vais m'occuper de la fermeture. »

Elle passa devant lui en ramassant quelques livres tombés par terre et se dirigea vers la porte d'entrée qu'elle ferma à clef. Harry ne bougea pas.

« Johanna. »

« C'est jamais très bon quand tu utilises mon prénom en entier. »

« Jo. J'arrête de travailler demain. Ce sera mon dernier jour. »

Elle se retourna vers lui, visiblement en colère.

« Alors quoi, tu vas me donner ta démission ? Tu n'aurais pas pu me prévenir avant ? Tu me prends un peu de cours là. Harry, je n'ai que deux employés, si tu me lâches je vais avoir de gros problèmes, surtout avant les fêtes. »

Harry était triste, cela se voyait à l'éclat de ses yeux.

« Je ne pensait pas que ce serait si rapide. »

La colère de la jeune femme se transforma instantanément en inquiétude.

« Tu veux une chaise ? Tu es fatigué ? Tu veux que je te ramènes chez toi ? Ca va aller ? »

Harry opina de la tête.

« Ca va. »

« Sûr ? »

« Merci Jo. Je suis désolé de te prendre de cours, mais je n'ai pas le choix. Je suis tellement désolé. »

La Jo en question avait les larmes aux yeux et le regardait fixement, comme si c'était la dernière fois qu'elle le voyait.

Encore une forêt -la même que celle du premier souvenir ?- Snape l'ignorait. Il sursauta violemment quand il vit qui était face à Harry. Le Maître des Ténèbres semblait souffrir et une grimace de colère déformait encore plus son visage.

« Que m'as-tu fait ? »

Harry sourit à la question de son ennemi. Il avait réussi. Oui, il avait réussi, et Voldemort allait disparaître pour de bon cette fois. Severus Snape comprit qu'il voyait sans doute un aperçu du combat final. Potter fut soudainement pris d'un vertige, ce qui fit ricaner le mage noir. Ricanement qui se termina en toux et en crachats de sang. L'adolescent se repris et leva sa baquette, mais l'ennemi fut plus rapide et il fut envoyé au sol. De grandes plaies, profondes et sanguinolentes, couvraient son torse et son dos. Le sang coulait lentement sur ses bras et ses jambes, jusqu'à créer une petite flaque à ses pieds.

« Accio épée de Griffondor. »

Voldemort sourit à ses mots. L'enfant comptait vraiment le tuer avec ça ? Il devait vraiment être désespéré. L'épée arriva rapidement par les airs. Harry s'en saisi et fit face à l'homme qui était responsable de tout ses tourments.

Severus Snape reconnu le salon du 12 Square Grimmaud. C'est donc là que Potter s'était caché tout ce temps ? Il avait dû utiliser un sortilège et un gardien du secret. Une petite fille -la même que celle du premier souvenir, elle avait à peine grandie- était couverte d'un épais liquide rouge. C'est comme si elle avait trempé ses bras et ses jambes dans un baquet de teinture. Ses vêtements, auparavant blancs, étaient à présent éclaboussé de couleur, tout comme l'étaient son visage et ses cheveux retenus en une queue de cheval haute qui lui arrivait aux épaules. Le professeur, ancien espion de l'Ordre du Phoenix et assassin pour Voldemort, reconnut immédiatement l'odeur. Il s'agissait de sang. Sang qui n'était vraisemblablement pas le sien car elle ne portait aucunes blessures. Le liquide rouge foncé gouttait lentement sur le tapis et les deux lames courbes qu'elle tenait dans ses mains en étaient recouverts. Harry, debout face à elle, la regardait d'une expression neutre. Il était impossible de savoir ce qu'il pensait à cet instant.

« Je les ai tous éliminé. Les mangemorts ne sont pas très résistants. Les Oorgaïs sont bien plus difficiles à attraper. »

L'enfant disait cela distraitement, comme si il s'agissait d'une évidence.

« Merci Lizzie. ... Tu devrais aller te laver. »

« Tu as raison, je ne voudrais pas en mettre partout. ...Harry ? ...Je sais que tu veux limiter le nombre de morts, mais le choix n'existe pas toujours. ...Et je sais que tu le sais. »

« Oui, c'est sûr. ... Le choix ... et l'absence de choix... »

Il savait dit cela avec un sourire triste, voir désespéré. Lizzie se détourna, posa les lames sur la table basse et se dirigea vers la sortie. Harry n'avait pas bougé et semblait littéralement perdu dans ses pensées.

Il faisait vraiment très sombre. Le professeur indiscret ne reconnaissait rien. Impossible de savoir où il se trouvait, mais il sentait la présence d'Harry non loin de lui. Potter soupirât et il y eut comme un bruit de draps froissés.

« Lily... »

Ce n'était pas Harry qui avait prononcé ce mot d'un ton endormi, où perçait les accents de l'amour inconditionnel mêlé à la satisfaction, la tristesse et le désespoir. Il s'agissait de la voix de Severus Snape. Sa propre voix, réalisa alors l'homme. Comment cela était-il possible ?