Nyssa
- Taher Al Safer ? C'est quoi cette langue ?
- Une langue très ancienne utilisée uniquement par les hommes de la ligue. Tu l'apprendras si tu décides de rester.
Je lui épargne le "si tu plais à mon père". La jeune fille vacille, je fais un pas vers elle et la retient pour ne pas quel tombe. Je l'aide à s'allonger sur le lit.
- Ne bouge pas, je vais te chercher à manger et à boire, tu es faible, je pense que tu dois être affamée.
Taher Al Safer
Je suis seule à nouveau, je me sens mal, vraiment mal. J'ai la tête qui tourne et l'estomac qui gargouille. Je me lève tout de même et me dirige vers le petit miroir, je me regarde, je ne connais pas la personne qui se reflète dans la glace, je suis sale et pleine d'ecchymoses. Je ne ressemble vraiment à rien, mais ce n'est pas mon apparence qui me chagrine le plus c'est de ne plus savoir qui je suis. Je me détourne du miroir, ravale mes sanglots et file m'allonger dans le lit. Je ne sais pas pourquoi mais quelque chose me dit qu'il ne vaut mieux pas contredire cette fille.
Je regarde autour de moi, la pièce est immense et luxueuse. Les murs sont recouverts d'une pierre grise. Je me demande vraiment ou j'ai atterri parce que rien ne me paraît récent tout à l'air d'être ancien. Même le lit sur lequel je suis allongée vient d'une autre époque, j'en suis sure car c'est un énorme lit à baldaquin et les draps ne sont pas du tout confectionnés dans un simple tissu en coton non, en les touchants je me rends compte qu'ils sont totalement différents de ce que j'avais chez moi. Chez moi, c'est drôle je ne me rappelle plus de mon prénom, mais je me souviens des visages, d'un en particulier, celui d'une fille avec de longs cheveux brun, un visage fin, des yeux sombres et un air joyeux sur le visage. Je me vois avec elle dans cette chambre nous disputant à propos d'un garçon. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'impression que ce gars est aussi important pour elle que pour moi. Pour le moment je ne sais pas de qui il s'agit mais j'espère que la mémoire me reviendra très vite.
Je suis sortie de mes pensées par cette fille. Je la détaille un peu plus que toute à l'heure, et je dois dire qu'elle est étrange, et elle me fait peur. Je ne sais pas si je peux lui faire confiance, elle a un air pincé sur le visage et des vêtements complètement étranges, personne ne s'habille comme cela de nos jours. Elle dépose le plateau sur le lit et m'ordonne de manger.
- Attends, tu ne restes pas ?
- Non, je suis attendue, je reviendrai dans la soirée. En attendant reposes-toi.
Je la laisse s'éloigner avant de jeter un œil sur le plateau. Il est vraiment bien fourni, de l'eau, du jus d'orange, des tranches de pain, du fromage, une coupelle de fruits, des yaourts et des biscuits. En voyant tout cela, mon estomac se manifeste. Je prends d'abord quelque fruits, il faut que je mange doucement, je ne sais pas à quand remonte mon dernier repas. Les fruits sont vraiment goûteux, juteux et délicieux, un vrai régal. Ça fait énormément de bien. Après les fruits, je m'attaque aux petits gâteaux puis je bois deux grands verres d'eau. Je me stoppe là, j'ai encore faim mais je préfère être sure que ça passe avant de tout engloutir. Je m'allonge à nouveau sur le lit.
Nyssa
Je n'ai pas pu rester longtemps avec la jeune fille, il est bientôt l'heure du repas et mon père déteste le prendre seul, il veut que je sois présente à table. Je file dans ma chambre me préparer et je déboule rapidement dans la salle à manger. Je souris en arrivant comme tout les soirs, mon père pense que c'est parce que je suis heureuse de me retrouver là mais en fait c'est toute autre chose. C'est la situation qui me fait sourire parce que nous avons beau avoir des centaines de soldats à nos ordres, nous sommes désespéramment seuls.
Cette table est immense et pourrait accueillir plus de vingt convives mais non, nous sommes toujours que deux attablés ici. Comme à mon habitude j'attends patiemment derrière ma chaise que mon père m'ordonne de m'asseoir. Ce soir est différent des autres parce que ce soir mon père met beaucoup plus de temps à émettre l'ordre. Il mâche un morceau de pain en me toisant. J'ai beau faire la fière et lui tenir tête la plupart du temps et j'ai beau le connaître parfaitement je dois tout de même avouer que lorsqu'il est ainsi, il me fait peur parce que je ne sais pas ce qu'il a en tête et que je ne sais pas ce qu'il risque de me demander ou de se passer. Il est tellement incertain.
- Assieds-toi !
L'ordre est donné sur un ton sec et cassant, cela ne change pas de d'habitude, mon père ne connaît pas la tendresse et la douceur. Il est hautain.
- Alors, ta protégé a dis quelque chose ?
- Non mais je lui ai trouvé un nom, Taher Al Safer.
- Parfait ! J'espère qu'elle sera aussi agile qu'un oiseau et me donnera entière satisfaction. J'espère que tu ne lui as rien dis sur la ligue !
- Non père, rien qu'elle ne doive savoir.
- Très bien, mangeons !
Après le repas comme convenue je remonte voir la jeune fille, je pénètre dans la chambre et je la trouve allongée sur le lit en train de se débattre et de hurler un nom "Oliver".
Je ne la réveille pas, je la laisse affronter ses cauchemars, peut être que ceux-ci me révéleront des choses au sujet de cette fille.
