Plop, Chapitre Deux en avant ! Petit disclaimer : oui, c'est vrai que les persos sont un peu OOC, je suis désolée pour ça.
En réalité, c'est inspiré d'histoires vraies, mixées entre elles...
D'ailleurs, si F. passe par là, c'est pour toi :)

Chanson : Miss Missing You - Fall Out Boy


Le matin du rendez-vous

J'arrange une mèche de mes cheveux avec le peu de cire me restant sur les doigts. J'inspire fébrilement. Je fais n'importe quoi...
Shikamaru a été suffisamment sympa pour traîner Kiba hors de la maison pour le week-end, me laissant prétexter une charge de devoirs monstrueuse. J'ai quand même une pointe de culpabilité quand je vois la confiance aveugle qu'il m'accorde...
Culpabilité ? En soi, c'est simplement pour le rembarrer que je vais à ce stupide rendez-vous, je n'ai aucune raison de me sentir coupable de quoi que ce soit... Malgré tout, j'attrape mon téléphone et envoie un rapide "Je t'aime" à Kiba.

Don't panic
No not yet
I know I'm the one you want to forget
Cue all the love to leave my heart
It's time for me to fall apart

L'heure est presque arrivée. Je suis assis sur un banc un peu à l'écart, d'où je peux juste voir le coin de rue et un bout de la porte d'entrée. D'un doigt, je rehausse mes lunettes de soleil sur mon nez.
« Pourquoi tu rentres pas ? »
Je fais un bond minable en me tournant vers sa voix. L'enfoiré, il savait parfaitement que je n'irais pas l'attendre à l'intérieur.
« Je voulais pas te faire croire que j'attends après toi. »
Il a un petit sourire en coin. Et mon cœur a un sursaut. Un sursaut dur, qui me fait presque mal tellement il est puissant. Et merde.
« On y va ? »
Je hoche la tête et croise les bras en me relevant. Cette histoire commence très mal et ça serait une très bonne idée de faire machine arrière. Mais têtu, comme je suis, je prends sa suite en direction du restaurant.

Now you're gone
But I'll be okay
Your hot whiskey eyes
Have fanned the flames
Maybe I'll burn a little brighter tonight
Let the fire breathe me back to life

Le patron a changé, mais la qualité est toujours là. J'essaie de me gaver le moins possible pour éviter de lui faire croire que j'apprécie. Et surtout, je n'arrive pas à le rembarrer. Parce que c'est toujours le même qu'il y a cinq ans. Il dégage toujours cette aura qui m'a fait succomber la première fois, et qui n'a jamais cessé depuis.
« Tu m'as manqué. »
La boulette de viande que je viens de mettre dans ma bouche s'égare et je manque de tout recracher en toussant comme un dératé.
« Pas... Pas moi... » je suffoque en essuyant une larme au coin de mon œil. Bordel, d'où tu me sors un truc pareil ?
« C'est ce que j'ai cru voir. Ca fait combien de temps que vous êtes ensemble ? »
Je murmure « deux ans » du bout des lèvres et le vois hocher la tête. Mon regard se porte à travers la fenêtre.
« Il a rien dit pour le rencard ? »
Je rosis légèrement. « C'est pas un rencard. Et il est pas au courant. » Rebonjour, culpabilité !
« Ah. »
Tiens, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas entendu, ce son...
Il se lève. « Bon, je vais payer et on va au ciné. »
« Heu... Non et non ? » je lui lance un regard de merlan frit. « C'est PAS un rencard ! J'ai un copain et rien à foutre de toi ! »
« Et pourtant tu es là. »
J'ouvre la bouche à plusieurs reprises sans trouver quoi dire.
« De toute façon j'ai déjà les places. »
« Un cinéma et tu me fous la paix. »
« Si tu y tiens. » me répond-il avec un sourire en coin.
Je me maudits moi-même en sortant mes lunettes de ma chemise et en les posant sur mon nez avant de l'attendre à l'extérieur.

Baby, you were my picket fence
I miss missing you now and then
Chlorine kissed summer skin
I miss missing you now and then
Sometimes before it gets better
The darkness gets bigger
The person that you'd take a bullet for is behind the trigger
Oh
We're fading fast
I miss missing you now and then

Il a probablement choisi le pire film de la salle. Il y a nous, un métalleux viking assez effrayant, et une vieille avec son sac en osier qui a sûrement dû se perdre. On est assis tout en haut dans un coin. Je pose ma tête contre le mur à ma droite et regarde fixement l'écran. Je déteste les films d'horreur mais si ça peut m'éviter de le regarder lui, je prends. Parce que je sens pertinemment ses yeux sur moi. Au bout d'un quart d'heure d'œillade incessante de sa part que je ne peux plus ignorer, je me tourne vers lui, prêt à l'envoyer bouler ou même à lui en décoller une si le cœur m'en dit.
« Arrête de me fixer... »
Il soupire et ne détourne pas le regard.
« Tu me laisses faire un truc ? Après tu pourras me jeter comme tu veux. S'il te plaît. »
Mauvaise idée, mauvaise idée, mauvaise idée.
Je hoche à peine la tête.
Je le vois s'approcher sans décrocher son regard du mien. Ne pas flancher, ne rien ressentir.
Il s'arrête tellement près de mes lèvres que je sens son souffle me caresser. Mon cœur ne connaît plus son rythme et j'ai le sang qui me fait tourner la tête. Au moment où je crois qu'il va reculer, sa main vient trouver ma nuque et il scelle la distance entre nous. Je ferme douloureusement les paupières, les souvenirs me poignardant de toutes parts. Mes mains vont machinalement se cacher dans ses cheveux et je me rapproche comme je peux. Il s'éloigne une seconde mais malgré moi, et animé par une force surhumaine, je recolle mes lèvres aux siennes et le sens sourire contre ma bouche. A bout de souffle, je m'écarte, reprend subitement ma position d'avant et fixe l'écran en croisant les bras, les lèvres parcourues de délicieux frissons. Mon cerveau est sur off, je ne comprends rien à ce qui se passe, et son regard ne m'a toujours pas quitté.
« Merci. »
« Ta gueule. »
Je le vois du coin de l'œil passer un doigt sur ses lèvres et il tourne ENFIN sa tête vers le film.
« Tu vois que c'est un rencard. »
« Ta gueule j'ai dit. »
« Ça avait pas l'air de te déplaire. »
« Non. Enfin, oui. Raaah, tais-toi bordel ! »
Le métalleux se retourne brusquement vers nous et je me fais tout petit sur dans mon fauteuil.
Ok, je parle plus... Je décroise les bras et les pose sur les accoudoirs en levant la tête. Ce plafond est remarquable... Je ferme les yeux sans trop m'en rendre compte.


« Naru. Naruto réveille-toi, le film est fini... »
J'ouvre les yeux, et les pose sur lui avant de bailler longuement.
« Viens, on va se reposer à l'hôtel. »
Encore dans le pâté, je ne cherche même pas à le contredire et je le suis.

Making eyes at this husk around my heart
I see through you when we're sitting in the dark
So give me your filth
Make it rough
Let me let me trash your love

« Je vais me doucher, prends à boire. »
« Je devrais rentrer. » Je reste au niveau de la porte d'entrée.
« Ton copain t'attend ? »
« Non mais… C'est n'importe quoi, Sas… » Son nom dans ma bouche a un goût amer.
« Ca va, on s'est juste embrassés. »
Je baisse le regard vers mes pieds.
« J'ai l'impression que tu te rends pas compte du mal que tu fais. »
Il se poste devant moi et me fixe. Il me dépasse de quelques centimètres, et il a pris des épaules. Il a peut-être un peu changé, finalement.
« Repousse-moi, alors. »
Facile à dire, je n'arrive même pas à soutenir ton regard… Il s'approche.
« Allez, j'attends. Dis-moi que tu ressens rien. Que tu es passé à autre chose. »
J'entrouvre la bouche mais aucun son n'en sort.
« Tu vois. »
Il attrape mon menton et me force à relever le visage. Il s'approche encore plus près. Je recule à peine et me retrouve contre le mur.
« Putain, tu me fous dans une merde noire. » je murmure.
Il a un sourire suffisant.
« Je pense pas que ça te dérange plus que ça. »
Ses lèvres se plaquent durement sur les miennes et je réponds machinalement. L'étape du baiser est rapidement franchie et ses mains se battent avec les boutons de mon col. Cerveau, déconnecté.

I will sing to you every day
If it will take away the pain
Oh and I've heard you got it, got it so bad
'Cause I am the best you'll never have

J'attrape le coussin à côté de moi et le plaque sur mon visage pour crier dedans. Il est parti se doucher. Je viens de faire une belle boulette… Je me redresse, attrape mes vêtements éparpillés et me rhabille en vitesse avant de partir. Une connerie. Rien de plus qu'une erreur. Je dirai la vérité à Kiba, il m'en voudra mais il me pardonnera. Ça ne se produira plus. Je martèle le pavé en marchant d'un pas rageur. J'ai envie de me doucher à l'eau bouillante pour faire disparaître son odeur de ma peau, d'oublier ce qui vient de se produire… C'est en tous cas ce que mon cerveau me dit de faire… Mon cœur, lui, est loin d'être décidé.

Baby, you were my picket fence
I miss missing you now and then
Chlorine kissed summer skin
I miss missing you now and then
Sometimes before it gets better
The darkness gets bigger
The person that you'd take a bullet for is behind the trigger
Oh
We're fading fast
I miss missing you now and then

Une fois sorti de ma douche, je me couche et me cache sous la couverture, le téléphone dans la main. Cet abruti m'a envoyé trois messages pour savoir où j'étais passé… Je me demande vraiment comment il réfléchit… L'écran du téléphone s'allume brusquement et la photo de Kiba apparaît. Mon cœur se tord quand je décroche.
« Salut monsieur. Tu t'en sors dans tes révisions ? »
Je ferme les yeux.
« Salut. On va dire que oui mais tu me manques. Beaucoup. »
« Arrête, ça fait même pas un jour qu'on est partis. Franchement tu rates, c'est trop beau ici. Bon, pour dire la vérité c'était Shika qui voulait te parler mais il a plus de batterie, je te le passe. Je t'aime. » J'entends quelques bruits de mouvements et la voix de Shika retentit.
« Bien révisé ? … C'est bon je me suis éloigné. Tu l'as envoyé bouler alors ? »
« Shikamaru… »
« Oh non. Non, non, non, sale blond. »
« J'ai merdé. Vraiment, vraiment merdé. » J'attrape le coussin de mon lit, le tire avec moi sous la couette et le mets sur ma tête.
« A quel point merdé ? »
« La totale ? »
Je l'entend jurer comme jamais.
« Quand je rentre, je t'en retourne une, deux, trois, tu vas faire le tour de la terre. Homme sans cervelle. »
J'entends la voix de Kiba en arrière plan.
« Bon allez, retourne bosser. A lundi ! Et commande pas n'importe quoi à manger, tu vas grossir. »
J'esquisse un demi sourire et raccroche. Mon sourire fane rapidement et je soupire. Tant qu'à faire, pourquoi ne pas réviser pour de vrai ? Je sors du lit et vais chercher mes cahiers de cours.

Oh
Now and then
Now and then
Now and then

J'ai dû m'assoupir à un moment sur mes révisions puisque quand je rouvre les yeux, il fait nuit noire. Je m'étire, attrape une brique de lait dans le frigo, en descend la moitié et vais me coucher. L'enfoiré ne m'a pas relancé de la soirée, apparemment il a compris la leçon. Je crois que c'est à mon tour de la comprendre.

Baby, you were my picket fence
I miss missing you now and then.