D'habitude, pour changer de scène, je saute deux ou trois lignes pour que l'on sache qu'on "passe à autre chose" dans l'histoire. Le problème c'est que le site me les enlève systématiquement. Alors je suis en grande dilemme. C'est pareil pour les points d'exclamation. Je ne peux pas en mettre deux à la suite. C'est inadmissible ! Non mais vraiment ! (désespérée)


Chapitre 1 – Excursion

Le lendemain, les membres de l'équipage se levèrent, mangèrent le petit-déjeuner et se préparèrent à visiter l'île où ils venaient d'accoster, quelques jours plus tôt. Au loin, derrière une épaisse forêt, on pouvait apercevoir les toits et quelques fenêtres des plus hautes maisons d'une ville, signe de civilisation et de ravitaillement. Cela faisait un bon moment qu'ils voyageaient, et, bien que le Log Pose n'indiquât pas du tout cette île, ils furent obligés d'accoster pour acheter de l'eau et de la nourriture.

Obligeant Zoro à porter un Luffy toujours inconscient, ils marchèrent pendant deux heures à travers la forêt, avant, enfin, d'arriver à l'entrée de la ville. Mais elle était très différente de tout ce qu'ils avaient pu imaginer. Triste, déserte, étrangement silencieuse. Chaque bâtiment était fait de pierre, donnant un air froid et maussade à la ville. Les fenêtres cassées et les portes barricadées n'arrangeaient pas l'ensemble, et le vent se faufilant entre les étroites ruelles rendait l'endroit plus triste que jamais. On voyait encore des étalages de marché, sur lesquels s'étalaient des fruits pourris. L'endroit était vide, mais, étrangement, on aurait pu voir un passant apparaître à n'importe quel moment, comme si tous les habitants s'amusaient simplement à une partie de cache-cache.

Sanji partit explorer quelques maisons. Les autres s'installèrent au pied d'un arbre et commencèrent à manger le déjeuner, composé de boules de riz et de sandwich. Nami grignotait un panier repas dont la moitié des aliments étaient en forme de cœur, tout en observant les étranges bâtisses, lorsque Chopper demanda brusquement :

« Vous avez vu Sanji ? »

Personne ne répondit. Peut-être parce que Zoro dormait, qu'Usopp écrivait rapidement sur un carnet, que Robin lisait, bref, que personne ne l'écoutait. Le petit renne répéta sa question. Et ce fut Nami qui lui dit :

« Il a dit qu'il explorait les alentours… Ca ne fait qu'une demi-heure qu'il est parti, il n'y a pas de quoi s'inquiéter. »

« Il ne faut quand même pas trente minutes pour explorer de simples maisons en pierre. » Grogna Zoro, apparemment réveillé.

« Alors vas le chercher » Soupira-t-elle.

« Comme si j'avais que ça à faire. »

« Aaah, Zoro, ce serait quand même dommage que ton petit secret soit découvert… »

L'épéiste cria, se reprit, jeta un regard noir à Nami, puis se leva et traîna en direction de la forêt. Il mit deux minutes pour faire demi-tour et aller en direction des maisons. Pendant ce temps, ses compagnons jetaient des regards intrigués à la rouquine. Celle-ci leur sourit en chantonnant une chanson étrange.

Zoro et Sanji revinrent pile à l'heure du dîner. En réalité, ce fut Sanji qui retrouva Zoro en premier, et ils perdirent tellement de temps à se disputer et à se battre, que la nuit tomba sans qu'ils aient découvert quoi que ce soit d'intéressant au cours de leur expédition.

Pour festoyer, nos joyeux compagnons s'installèrent dans un majestueux manoir, qui appartenait probablement à quelqu'un d'extrêmement riche, étant donné sa taille. Chopper et Usopp tenaient à rentrer au Vogue-Merry, car l'endroit leur paraissait très, très, suspect. En effet, l'immense manoir était entouré d'immenses grillages, noirs, pourvus de pics, délimitant un jardin d'une taille impressionnante, dont la végétation laissée à l'abandon s'était largement étendue et recouvrait presque chaque mètre carré de terre. Les arbres, buissons, fleurs semblaient s'être adaptés, et, revenus à l'état sauvage, semblaient assoiffés d'espace, envahissant le chemin qui menait au manoir, grimpant sur les épais murs de pierre de la bâtisse. Mais, plus que le jardin, le manoir lui-même était le plus effrayant. Il les dominait de toute sa hauteur, élégant, majestueux. Lorsqu'ils s'engageaient sur le chemin, évitant les ronces et les roses, il semblait grandir, s'élever, il semblait les appeler, mais n'était-ce sûrement qu'un effet de leur imagination. Il semblait y avoir au minimum deux étages, et les innombrables fenêtres, chacune encore intacte, laissait deviner un nombre incalculable de pièces. « Un luxe ! » S'écriait Nami, « Une maison hantéée ! » Se lamentaient Usopp et Chopper.

Mais ils durent se rendre à l'évidence, il était tard, il faisait nuit noire et tous mettraient des heures pour rentrer au navire. Ils s'installèrent donc dans trois chambres, au premier étage. Nami et Robin dans la plus grande, Zoro et Usopp, Chopper, Sanji et Luffy dans deux autres.

Après avoir longuement papoté dans la chambre des filles, les garçons retournèrent dans leurs chambres respectives.

« Il est presque minuit » dit Sanji, en baillant sans retenue.

« Je vous avais déjà dit de dormir plus » Répondit le renne d'un ton sévère.

« Je ne me lève pas en pleine nuit pour aller surveiller le frigo juste pour le plaisir » Sourit le blond.

Le médecin soupira, vérifia l'état de Luffy (sans changement), puis tous deux allèrent se coucher, en éteignant au passage les lumières.


Tic. Tac. Tic. Tac.

Usopp frissonna.

Tic. Tac. Tic. Tac.

Dans l'autre chambre des garçons, blottit dans des couvertures moelleuses, l'adolescent ne cessait pourtant de frissonner. Non pas, en raison du froid, mais de la peur.

Cette fichue pendule lui faisait froid dans le dos. Si seulement il savait où elle était, il aurait pu l'arrêter, ou la casser. Malheureusement, la pièce était plongée dans le noir total, et il n'avait vraiment pas envie de se lever et de tâtonner dans le noir à la recherche d'un interrupteur. Et pourtant, dès qu'il fermait les yeux et tentait de dormir, il l'entendait.

Tic. Tac.

Ce simple bruit résonnait dans sa tête, régulièrement, sans s'arrêter. Son agacement grandissait à chaque battement, dont le bruit lui-même semblait s'intensifier, et il finissait par se retrouver les yeux grands ouverts, parfaitement réveillé.

Les ronflements réguliers de Zoro l'agaçaient également, mais s'ils venaient à s'éteindre, Usopp savait que, à ce moment-là, quelque chose n'irait vraiment pas.

La-lala...Laa…

Et voilà qu'il entendait des voix. Enfin, une seule voix. Une voix de femme, en fait. Qui chantait.

Dong ! Dong !

Il sursauta violemment. La pendule s'était mise à sonner. Il compta exactement douze coups. Quoi, seulement ? Cela voulait dire qu'ils s'étaient couchés il y a à peine cinq minutes, lui qui croyait être dans ce lit depuis une éternité. Lorsque la pendule s'arrêta de sonner, une lumière éclaira très brièvement la chambre. Usopp se releva brusquement, et, assis sur le lit, chercha des yeux l'origine de cette lumière. Il l'aperçut sous l'interstice de la porte, provenant du couloir. Une lumière blanche, pâle, transparente.

Elle se déplaçait, elle avançait, même.

Le cœur battant, il hésita. D'où pouvait bien provenir cette lumière ? Le manoir était pourtant censé être vide, comme le reste de l'île. Que faire ? La suivre ? C'était peut-être Robin, ou même Luffy, qui, s'étant réveillé, a décidé de faire un tour. Sans trop réfléchir, ou peut-être parce que Long-nez voulait à tout prix fuir cette pendule, il se leva, et, sans un bruit, enfila des pantoufles et se dirigea à tâtons vers la porte, poursuivant la lumière qui commençait déjà à disparaître. Dans la précipitation, il se cogna douloureusement la tête contre quelque chose de dur, une armoire, sûrement. Lorsqu'il parvint à ouvrir la porte, il vit que la lumière avait tourné en suivant le couloir. Il courut, tourna à l'angle, et vit, avec déception, ou soulagement, il ne savait pas, que la lumière provenait d'une sorte de mécanisme, une bougie accrochée à un fil métallique et tractée par d'étranges machines, le tout suspendu au plafond. Qui pouvait bien inventer des trucs pareils ? Songea-t-il en se grattant la tête.

Il retourna alors à sa chambre, s'apprêta à rouvrir la porte qu'il pensait avoir laissée ouverte, lorsque, soudainement, une voix résonna au loin. Un cri rempli d'horreur. Un homme criait, comme s'il subissait les pires souffrances. La voix semblait provenir du bout du couloir. Usopp était comme pétrifié, ce cri le glaçait jusque dans ses entrailles, il était incapable de réfléchir. Une bourrasque de vent s'engouffra ensuite dans le couloir et vint ébouriffer les cheveux du brun. Sursautant, il se précipita dans la chambre et se cacha sous la couverture, avant de découvrir avec effroi qu'il n'était pas seul, là-dessous. Quelque chose d'extrêmement froid entra en contact avec sa peau, avant de se volatiliser. Ayant trop peur pour faire quoi que ce soit, Usopp vérifia qu'il n'y avait rien d'autre sous la couette et se recoucha. Il pensait mettre des heures à s'endormir, mais sombra quelques minutes plus tard.

Le lendemain, il ne se souvenait plus de rien.