Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas.
C'est une brise matinale trop fraîche qui réveilla Naruto le matin du premier septembre.
Il s'était endormi presque nu, en caleçon et en chaussettes, sur son canapé-lit. Après le départ de Kiba, le sommeil l'avait gagné en un instant et il avait oublié de fermer la porte-fenêtre de son balcon. Ce n'est qu'à partir de six heures du matin que Naruto commença à gesticuler dans son sommeil. Il faisait jour mais le soleil était timide : il faisait blanc. Le vent était trop frais et Naruto tremblotait. Instinctivement, ses mains se placèrent entre ses cuisses et il se recroquevilla sur lui-même, tout en frottant ses jambes contre le matelas blanc et sans draps sur lequel il dormait. Les yeux encore fermés et à tâtons, il chercha un semblant de couverture mais sans succès.
L'esprit encore embrumé par l'alcool de la veille et les yeux gonflés, pleins de sable de sommeil, il se leva enfin, en maugréant contre cette horrible journée. Le ciel était voilé de nuages blancs et ternes et ne laissait rien filtrer des rayons jaunes du soleil. Il se leva de très mauvais gré et referma la porte du balcon et avec un long soupir, puis se décida à se rendre dans la salle de bains : il savait qu'il n'arriverait pas à se rendormir. Titubant à moitié et trainant le pas, il finit par se cogner l'orteil contre le pied de sa table basse et pesta à voix haute cette fois. Il manqua de trébucher sur ses vêtements de la veille éparpillés sur le sol et atteignit enfin la salle de bains.
Arrivé devant son miroir, il se frotta les yeux puis gratta le gauche avec plus de force : un moustique avait dû le piquer là-bas la veille. Il se retourna et s'assit lourdement sur la cuvette des toilettes et ôta ses chaussettes avec difficulté. A sa droite, suspendu tout le long du mur, le radiateur. Il l'alluma afin que la serviette qui y était déposée soit chaude lorsqu'il aurait fini de prendre sa douche. Il urina assis et soupira de soulagement : la quantité d'alcool contenue dans sa vessie ainsi que son érection matinale commençaient à devenir pénibles. Il était tellement fatigué qu'il posa ses coudes sur ses genoux, assis, les deux côtés de son visage soutenus et posés contre les paumes de ses deux mains, ouvertes. Il se senti piquer du nez quand son ventre se contracta : tout ce qu'il avait ingurgité la veille allait sortir. Ces selles étaient particulièrement douloureuses et capricieuses. Alors il soupira et attendit, toujours assis, que cela passe tout seul.
Il arrachait sans conviction, l'air de rien, les minces poils noirs et les presqu'invisibles poils blonds qu'il avait sur les jambes. Il n'était pas très poilu. Ses jambes n'en contenaient que très peu, juste assez pour qu'il eut un minimum de virilité. Ses aisselles aussi étaient peu fournies. Seule une mince et presqu'inexistante ligne de poils châtains voire noirs allait de son nombril à ses poils pubiens.
Ses besoins finis, il se leva et s'essuya les fesses. Avant de se laver les mains, il ouvrit l'arrivée d'eau de sa baignoire et laissa couler une eau beaucoup plus chaude que tiède. Il nettoya ses mains dans le lavabo, se brossa les dents et se rinça la bouche. Il laissa définitivement tomber son caleçon par terre et se glissa dans son bain. L'eau commençait à peine à remplir la baignoire mais c'est comme ça qu'il aimait prendre son bain : sentir l'eau chaude monter petit à petit et recouvrir son corps.
Après quelques minutes, il était immergé dans la baignoire jusqu'au menton. Il se laissa glisser dedans jusqu'à ce que le sommet de son crâne soit noyé, et il resta ainsi un instant. Ses joues étaient à présent rouges son corps entier l'était en réalité. De la vapeur transpirait de sa peau et il soupira d'allégresse. Il s'essuya le nez puis les yeux, les referma et se laissa aller ainsi quelques minutes.
Il jeta un coup d'œil à son téléphone posé sur le rebord de la baignoire : six heures quarante-deux. Si peu de temps s'était écoulé depuis son réveil désastreux.
Il prit son gant de toilette et entrepris de se frotter la peau. Des petits filaments de peau tombaient au gré des passages de sa main. Il voyait les saletés et les impuretés le quitter et sa peau, devenait de plus en plus rouge au fur et à mesure que les minutes passaient. Satisfait après un longue demi-heure passée dans son bain, il se leva, se plaça sous le pommeau de douche suspendu au plafond de la salle de bain, ouvrit le siphon de la baignoire et laisser l'eau couler. Il passa une noise de shampooing sur ses cheveux blonds et il commença à malaxer son cuir chevelu et le masser, la tête penchée en arrière et les yeux fermés.
L'eau ruisselait le long de ses cheveux puis continuer sa course entre ses pectoraux et de ses dorsaux au gré de chacun de ses mouvements, rudes mais empreints de délicatesse. Il prit le flacon de lait corporel posé devant lui et en versa sur la paume de sa main droite. Il commença par en passer sur son torse. Au rythme du roulement de ses biceps sur ses pectoraux, son deltoïde se contractait imperceptiblement, mais suffisamment pour laisser quelques gouttes d'eau perler le long de son flanc.
Il se rinça une première fois, puis réitéra le mouvement pour laver son sexe cette fois. Son membre n'était pas dressé, mais la chaleur et l'atmosphère dans sa salle de bain pleine de buée le fit se gorger de sang et de fluide, juste assez pour qu'il soit suffisamment dur pour être bien lavé. Il frotta ses poils pubiens puis massa ses testicules et son membre jusque son périnée. Il passa ensuite ses mains savonneuses entre ses fesses et termina sa toilette par son intimité.
Propre, il ferma l'arrivée d'eau et sorti de sa baignoire pour se saisir de sa serviette de bain et l'enroula autour de sa taille. Elle tombait juste en dessous de son nombril, barrant à peine le « V » que dessinaient ses abdominaux, et couvrait ses cuisses jusqu'en dessous de ses genoux, laissant ses jambes à l'air libre.
De ses quelques poils, des gouttes ruisselaient. Il s'essuya les pieds sur son tapis de douche puis quitta la salle de bain pour retourner dans la pièce principale de son appartement. Dans le petit couloir, il s'arrêta devant sa penderie sur le long de laquelle était fixé un grand miroir qui allait du sol au plafond. Suffisamment sec, il retira sa serviette de sa taille et l'utilisa pour s'essuyer le torse, les aisselles ainsi que les mollets.
Il ouvrit le placard coulissant pour y prendre un caleçon bleu nuit aux motifs dessinant des arabesques blanches, son éternelle paire de jeans Levi's bleu clair dont la taille basse et ajustée se raccordait parfaitement à la silhouette de ses fesses et de ses jambes et enfin un simple tee-shirt blanc à manches courtes, le col en « V », coupé de telle manière à faire ressortir ses épaules et sa carrure et laisser percevoir le relief du haut de ses pectoraux. Il ouvrit un des tiroirs de son armoire pour y saisir un bracelet de perles noires et une montre en cuir marron surmontée d'un épais cadran rond et chromé. Enfin il mit des chaussettes blanches et courtes et une paire de Stan Smith qu'il avait choisies bleues, trouvant ridicule ce soudain engouement des gens pour leurs sœurs aux finitions vertes, réputées plus à la mode.
L'heure sur le récepteur de sa télévision indiquait à présent sept heures et demi. Il jeta alors un coup d'œil aux nombreux post-it apposés sur son petit réfrigérateur : « Rentrée – 8h30 ». Il sortirait dans une demi-heure, il n'avait besoin que de vingt minutes de marche pour se rendre à l'université.
C'est avec moins de difficulté mais beaucoup d'effort qu'il se leva pour se préparer un café. Une fois prêt, il se rendit dans son balcon et s'y assit pour boire dans son mug et fumer sa cigarette matinale. Entre temps le ciel avait viré du blanc au bleu et les rayons du soleil se faisaient moins timides. Il resta ainsi l'espace d'un instant, juste le temps de sentir cette chaleur matinale sur son visage, les yeux fermés. Un léger vent taquinait ses cheveux imperturbables alors que sa cigarette terminait de son consumer toute seule. Son mal de tête l'avait à présent quitté et c'est avec aplomb qu'il se leva d'une traite et s'étira avec énergie.
C'est tout sourire qu'il saisit son sac de cours et ses clés à la volée et qu'il claqua derrière lui la porte de son appartement.
Au détour de sa rue, il déboucha sur les eaux claires du canal qu'il longea vers le sud de la colline pavée. Certains magasins commençaient à ouvrir, mais pas ceux qui l'avaient accompagné durant tout son été. Les enfants avaient retrouvé leur sac à dos et leurs parents leurs costumes et tailleurs impeccables. Il lui semblait qu'en même temps que la fin de l'été, la bonne humeur des habitants s'en était allée : les visages qu'il croisait était plus graves, plus renfermés que la multitude de sourires qu'il avait rencontrés pendant les vacances. L'heure était à nouveau au sérieux et au travail, mais lui avait conservé sa bonne humeur. Aujourd'hui, il n'avait pas mis son casque sonore. Il voulait écouter cette nouvelle musique, celle d'un Konoha sur-animé. Et enfin, après une bonne vingtaine de minutes de marche, il arriva devant l'édifice qui se dressait fièrement à la vue de tous : l'Université de Konoha.
De nombreux étudiants s'agglutinaient pour passer le portail. La plupart d'entre eux se connaissaient déjà. Naruto lui-même savait qu'il allait rencontrer quelques connaissances dans les couloirs, mais personne dont il fut réellement proche. Il avisa la grande cour d'honneur de l'université et vit que des étudiants de deuxième année s'occupaient de l'accueil des nouveaux derrière un stand et leurs distribuaient des sacoches aux couleurs de l'université, le tee-shirt officiel ainsi qu'une série de stylos, crayons et autre matériel sommaire en guise de bienvenue. Il se mêla à la masse des étudiants pour récupérer les siens. Il consultait régulièrement son téléphone en guise d'occupation, ne sachant que faire d'autre en attendant.
Son pied gauche tapotait machinalement le sol, lorsqu'il sentit une main se poser sur son épaule :
« - Naruto ! C'est vraiment toi ?!
- Oh ! Tenten ! Je pensais pas te croiser aussi tôt !
- Oui ! Je t'ai vu de loin. Toi, on peut pas te rater, même de dos ! T'avais l'air un peu paumé, alors je suis venue voir si t'avais besoin d'aide.
- Been écoutes, si tu pouvais me faire gruger et me filer mes goodies, tu me rendrais déjà un très gros service.
- J'te reconnais bien là. Toujours le même escroc, comme d'hab ! Bon allez, viens, mais c'est juste parc'que Neji t'adore.
- Ah oui ! D'ailleurs, comment il va ?
- Il continue son sport-études en judo, avec Lee tu sais, celui qui fait du karaté.
- Génial ! Je lui ai toujours dit à ton cousin que y'avais moyen qu'il fasse carrière, dit-il sincèrement. J'espère que ça va aller pour lui et qu'il ira loin !
- En attendant, toi t'iras pas loin si tu continues à vouloir faire l'escroc. En même temps, j'dis ça mais toi aussi t'as été pris à UdK. Tu sais, ici c'est génial. Les cours sont top ! Même dans les cours les plus chiants t'as de ces pointures comme profs ! Ma première année était géniale et j'en garde que de bons souvenirs : les assos, les events, les soirées… Ahlala ! Bon, faut quand même prendre la peine de réviser une ou deux s'maines avant les partiels pour valider, mais tu verras, c'est du gâteau. Allez, tu me suis ? »
Cette première rencontre mit du baume au cœur de Naruto. Tenten était d'un an son aînée et avait rejoint l'université de Konoha un an plus tôt. Bien qu'ils ne furent jamais réellement proches, la voir procura à Naruto un plaisir non feint. Il se sentait tout de suite en territoire allié et moins hostile qu'il ne l'appréhendait. Elle l'emmena au bout du stand et le présenta à ses amis :
« - Mais c'est qu'il est mignon ton bizut Tenten !
- Tu l'as trouvé où celui-là ? Tu veux pas nous présenter ?
- Quand on aime, on partage Tenten ! »
Gêné, Naruto se contenta de serrer des mains, faire des bises et laisser ses fossettes se creuser malgré lui en souriant maladroitement, ce que les filles ne purent s'empêcher de trouver mignon. Il dit bonjour, prit son « welcome pack » et remercia Tenten :
« - Je vais pas te déranger plus longtemps Tenten. Merci beaucoup en tous cas, ça m'a vraiment fait plaisir de te revoir !
- Ne sois pas ridicule Naruto, prend soin de toi et on se capte dès qu'on peut pour s'faire une bouffe ensemble. Ah mais oui, pensa-t-elle, viens au bar de la fac ce soir ! Tout le monde sera là pour la première soirée de l'année !
- Ah euuh ok, je savais pas du tout ! Je vais essayer alors, promis ! »
Sur cette dernière note ils se dirent au revoir. Naruto n'était pas spécialement enjoué à l'idée d'aller dans ce bar. Il ne connaissait personne encore et savait qu'il ne se sentirait pas à l'aise. Bien sûr, il était d'un naturel sociable. Mais ayant connu le rejet plusieurs fois dans sa vie, il était particulièrement mal à l'aise au départ méfiant, sceptique et circonspect à chaque fois qu'il se retrouvait dans un nouveau milieu. Il avait alors pris l'habitude d'apprivoiser les nouvelles situations, les nouveaux environnements dans lesquels il se trouvait avant de se sentir en sécurité et laisser enfin libre cours à sa personnalité. Néanmoins, quelque part, il se disait : pourquoi pas.
Lorsqu'il vit tous les étudiants autour de lui ouvrir la sacoche qui leur avait été offerte et en tirer une liasse de documents, il se rendit compte que la suite de sa journée devait être indiquée dans l'un d'eux. En effet, sur une feuille cartonnée orangée était inscrit le programme de ce premier jour. A neuf heures il devrait se rendre dans une salle et faire connaissance avec ceux qui allaient être ses camarades de classe – les quatre cent élèves de la promotion étant regroupés en plusieurs sections d'une vingtaine d'étudiants. Cela durerait trois heures. A midi, ils auraient une pause déjeuner, pour reprendre à quatorze heures dans un amphithéâtre avec toute la promotion et assister à une série de conférences obligatoires. S'il était réjoui à l'idée de découvrir ses nouveaux compagnons de galère, il était beaucoup moins enclin quant au fait de passer un après-midi dans le noir d'un amphithéâtre alors que dehors, le soleil avait désormais repris ses droits dans le ciel.
Sa montre indiquait huit heures quarante-huit. Il décida alors de rejoindre la salle dont il était question sur son emploi du temps… la 2412. Perplexe, il se demandait si le campus contenait réellement autant de salles de classe. Certainement pas. Il vit sur chacun des bâtiments un numéro allant de 1 à 5. Il se dit que le premier 2 de 2412 devait correspondre au bâtiment, le 4 à l'étage et le 12 à la salle. Oui, cela paraissait définitivement plus logique. Son intuition se révéla juste lorsqu'il arriva grâce à ses déductions devant une porte sur laquelle était inscrit « 2412 ».
Il ouvrit la porte et repéra un siège vide au fond de la salle qu'il s'empressa de rejoindre sans jeter un regard aux nombreux étudiants déjà présents. Certains avaient tourné leurs chaises afin de former un cercle : ils devaient certainement se connaître au préalable. Ainsi, trois petits groupes comptant au plus 3 ou 4 étudiants chacun étaient formés. Il fit le compte et vit qu'ils étaient 21 dans cette salle et, lorsqu'il fut neuf heures, tout le monde semblait avoir rejoint la salle qui en comptait à présent 26. Ils attendaient tous l'arrivée du professeur référent.
Discrètement, Naruto, assis au fond, commença à observer ses désormais camarades. Naturellement, son regard se posait sur les garçons – comme les garçons hétérosexuels jettent naturellement leur regard sur les filles. Certains discutant déjà avec leurs voisins et voisines de tables. Ceux qui ne parlaient pas, arboraient un air suffisant pour masquer leur inconfort. Mais deux retinrent l'attention de Naruto.
L'un d'eux était brun, avait les cheveux assez courts et les yeux marrons. Des manches courtes de son tee-shirt ressortaient des biceps assez développés et de son dos on pouvait deviner les muscles que ses épaules larges et sa carrure complétaient. Il lui rappelait Kiba. Il devait mesurer cependant une dizaine de centimètres de plus que Naruto et son meilleur ami, à peu près un mètre quatre-vingt-cinq. Naruto le trouva très séduisant. Après avoir imaginé son torse, au vu des muscles qui apparaissaient déjà, Naruto se fit en rigolant intérieurement la réflexion honteusement assumée qu'il coucherait volontiers avec.
Quant au deuxième, lui, il n'était pas brun. Il avait les cheveux et les yeux du même noir que celui d'une ardoise : bien qu'unis, on pouvait y lire plusieurs nuances. Celui-ci devait faire la même taille que Naruto. Sa peau, bien que portant les dernières traces du soleil d'été restait néanmoins relativement blanche. S'il était moins musclé que l'autre, il restait svelte et élancé. Surtout, il dégageait beaucoup de grâce, la même qu'ont les personnes nobles sans qu'elles ne cherchent à en faire preuve. Il portait un simple tee-shirt à manches courtes noir avec un col en « V », du même genre que celui dont Naruto était attifé et une paire de jeans gris, troués par endroit, laissant entrevoir une peau blanche, imberbe et des jambes fines mais développées, signe qu'il devait pratiquer de la course à pied de manière quotidienne. Naruto parvint même à percevoir l'imperceptible : les tétons du garçon à travers son haut, alors même qu'il lui donnait de trois quarts le dos. Il rit en se disant qu'il était vraiment un grand pervers au fond, puis se dit que ce garçon était somme toute un beau minet. Pourtant, il ne sût l'expliquer, mais une petite voix dans sa tête lui souffla : « mais pas que ».
Il arrêta d'observer ledit garçon quand celui-là même se retourna pour le toiser : il avait senti le regard de Naruto sur lui et dans son regard on pouvait lire un mélange de méfiance et d'indifférence. Confus, Naruto détourna le regard et continua l'inspection de ses camarades de classe. Une des filles avait des cheveux d'un roux particulier, qui virait vers le rose. Elle croisa le regard de Naruto et lui sourit de ses yeux verts. Il le lui rendit aimablement et mima un bonjour de sa bouche sans le prononcer. Elle répondit à nouveau par un sourire et se retourna. La voisine de cette dernière était blonde et elle aussi lui adressa un sourire. Naruto se dit alors qu'il devrait aller leur parler à la pause. Elles avaient l'air gentilles et seraient peut-être des personnes abordables.
Malgré lui, son regard se porta à nouveau sur le garçon aux cheveux noirs. Il vit qu'il portait exactement les mêmes chaussures que lui mais qu'elles étaient plus propres que les siennes. De son jeans au dos duquel on pouvait lire Sandro dépassait un caleçon Ralph Lauren rouge. Ses fesses aimantaient le regard de Naruto. Pourtant, le garçon en question avait tout sauf l'air de vouloir les mettre en valeur. Ce qui frappa Naruto, ce fut que malgré la chaleur ambiante et extérieure, le garçon aux cheveux noirs et au tee-shirt noir ne transpirait pas et n'avait pas l'air d'en être sous l'effet. Cela renforçait sa grâce naturelle. Oui, pensa Naruto, il y a des gens comme ça, qui sentent tout le temps bon et ne transpirent jamais. Il avait quelques minces poils noirs aux avant-bras, mais nulle part d'autre ailleurs. Il avait de petites oreilles, partiellement cachées par ses cheveux épais et un cou assez long. Non, un cou gracieux. En réalité, tout dans ce garçon n'était que beauté et grâce.
Naruto était sûr qu'aux yeux des autres, le garçon devait paraître mignon, voire beau tout au plus.
Mais à ses yeux, il était l'incarnation même du Beau.
Il fut interrompu dans ses réflexions scabreuses par l'arrivée de leur professeur : Mei Terumi. La femme était assez grande de taille et ses longs cheveux bruns tombaient jusque ses reins. Qu'est-ce qu'elle est bien habillée, fut la première pensée qui traversa l'esprit de Naruto. Elle portait un pantalon noir extrêmement moulant, de taille haute, ainsi qu'un chemisier en soie d'un blanc crémeux, rentré dedans. Elle était mince et ses bras fins se saisirent d'un feutre qu'elle utilisa pour inscrire sur le tableau blanc ''Breaking the Ice'' :
« Bonjour, bonjour ! Je m'appelle Mei Terumi et je suis super, super ravie de vous voir aussi beaux devant moi ! »
Les élèves répondirent d'un bonjour collectif. Après quoi, le professeur poursuivit :
« - Alors, aujourd'hui on va briser la glace et ce qu'on va faire c'est que vous allez vous mettre avec votre voisin direct et vous aurez cinq minutes pour en savoir le plus possible sur l'autre. Et après, chacun de vous présentera son voisin. Allez, go ! »
Certains, dont le garçon aux cheveux noirs, haussèrent les sourcils en signe de lassitude. Naruto lui, apprécia l'exercice : mieux valait cela, que prendre la parole pour se présenter soi-même.
Les élèves présentèrent leurs voisins à tour de rôle. Naruto apprit donc que les deux filles qu'il avait repérées s'appelaient respectivement Sakura et Ino et que le garçon brun à la belle carrure s'appelait Obito. Puis vint le tour d'un garçon dodu qui s'était présenté à Naruto plus tôt. Il commença la présentation de son voisin :
« Ce beau gosse s'appelle Sasuke Uchiha, dit-il d'un ton qu'il voulait drôle. Il a 19 ans et habite à Konoha avec ses parents depuis qu'il a dix ans. Avant, il vivait à Oto où vit aujourd'hui sa famille qu'il rentre voir très souvent. Ses parents sont repartis à Oto cette année eux aussi. Il m'a dit qu'il n'y avait pas grand-chose qu'il n'aimait pas. Il aime la course à pied et court tous les jours. Je crois qu'c'est tout. ».
Alors comme ça, le beau garçon aux cheveux noirs s'appelle Sasuke, se dit Naruto. Bof pour la présentation, il aurait pu en dire plus à l'autre. Alors comme ça il aime courir ? Il s'en était douté…
« Mon voisin s'appelle Choji Ikimichi… ».
Naruto était suspendu à la voix qu'il venait d'entendre mais cessa de l'écouter. La voix seule l'importait, ainsi que la personne à qui elle appartenait. Sasuke parlait lentement et distinctement, toujours avec ce même charisme troublant qui le caractérisait à présent aux yeux de Naruto. Ce dernier comprit que Sasuke n'avait pas l'air réellement intéressé par ce qui était en train de se passer. Il le comprit parce que d'une part il avait écorché le nom de son voisin et d'autre part parce que sa voix et son ton traduisaient l'ennui qui devait le saisir. Il ne le voyait que de dos, mais Naruto devinait l'expression flegmatique de Sasuke.
Peut-être le fixait-il avec tellement de profondeur que Sasuke le sentit encore une fois et se retourna, s'interrompant dans la présentation de son voisin. Toute la classe se retourna vers Naruto qui baissa aussitôt les yeux de gêne et sentit ses joues rougir. Mais Naruto était quelqu'un d'extrêmement impulsif et, le sang pulsant dans ses tempes, il improvisa :
« - Akimichi !
- Pardon ? fit le professeur.
- Akimichi, son nom c'est Akimichi alors qu'il a dit Ikimichi. Je le sais parce qu'il me l'a dit toute à l'heure !
- Ah ! Je comprends mieux, dit le professeur. Voyons Sasuke… tu aurais pu faire l'effort de te souvenir du nom de ton voisin, ajouta-t-elle en riant. Allez, très bien, on passe au suivant ! »
Le manège dura ainsi jusqu'à dix heures et quart. Après coup, le professeur Terumi les laissa prendre un quart d'heure de pause. Naruto avisa Sasuke que tout ceci indifférait. Il avait sorti son téléphone, avait appuyé son visage contre la paume de sa main gauche et naviguait sur son portable de la main droite.
Il décida de quitter la salle pour aller fumer une cigarette dans la cour. Sans doute y rencontrerait-il d'autres étudiants. Il avait un briquet, mais comptait feindre de ne pas en avoir afin de le demander à quelqu'un et ainsi amorcer une conversation. En bas, il croisa le garçon aux cheveux bruns nommé Obito. C'est à lui qu'il le demanda :
« - Je peux avoir ton feu ? demanda Naruto
- Vas-y, lui dit Obito en lui tendant le briquet.
- Merci, dit Naruto en expirant. Tu t'appelles Obito, c'est ça ?
- Ouaip, et toi Naruto. Ca va ?
- Tranquille. Il fait trop beau pour qu'on reste enfermés dans une salle, mais à part ça, ça va.
- J'avoue... sourit-il. Sinon, tu viens d'où ?
- Je suis d'Uzushio. J'ai vécu là-bas jusqu'en Terminale. Et puis j'ai réussi l'examen d'entrée à l'UdK. Et toi ?
- Je suis de Konoha. Enfin… de la banlieue de Konoha, près de l'académie. C'est pas très loin en métro, une demi-heure à peu près. Tu connais un peu Konoha ?
- Mouais, ça va. J'me suis installé ici y'a deux mois et d'mi. J'ai eu l'temps de visiter un peu et j'ai passé l'été ici. J'ai assisté au Summer Festival avec des potes.
- Ah génial ! J'y étais aussi ! C'est con, aurait pu se croiser dis moi !
- Bah oui bien sûr, au milieu de trois mille personnes, répondit Naruto avec ironie. ».
Obito sourit et Naruto lui rendit son sourire. Ils continuèrent à échanger des banalités jusqu'à ce que Naruto réussisse à placer entre deux phrases la question qu'il voulait tant lui poser :
« - Dis moi, si tu t'appelles Uchiha, ça veut dire que tu connais le gars là… je sais plus trop son prénom, celui qui m'a lancé un regard chelou !
- Pas du tout ! Tu sais, on est pas consanguins, on s'connait pas tous ahah !
- Non mais te fous pas d'moi, ç'aurait pu être probable !
- Ouais, j'sais, mais non. On doit être des cousins éloignés. J'ai grandi à Kiri donc bon. Mais on a des amis en commun apparemment.
- Ah ouais ?
- Ouais, une pote à moi m'a demandé si je connaissais un certain Sasuke Uchicha qui lui aussi serait à l'UdK. J'lui ai dit non et elle m'a fait la même réflexion que toi. Après elle m'a dit qu'il a vécu à Oto jusqu'à ses dix ans, puis qu'il s'est installé ici pour le boulot de son père et que cette année il restait ici alors que ses parents étaient retournés à Oto quoi.
- Ah, ok. Bon ben… cool sa vie, tenta Naruto en riant. Sinon, t'as pris quoi comme cours ? »
Et ils continuèrent ainsi à échanger tout autant de banalités jusqu'à ce qu'il fut l'heure pour eux de remonter. A leur retour, leur professeur avait imaginé une mise en situation. Ils avaient une liste d'accessoires et devaient déterminer de manière individuelle un classement de ceux qui leurs seraient les plus utiles en cas de survie. Puis, elle les mit au hasard par groupe de cinq et ils devaient confronter leurs classements respectifs pour aboutir à un consensus.
Et Naruto se retrouva dans le même groupe que Sasuke.
Les deux étaient les plus silencieux du groupe. Naruto, parce qu'il n'était pas encore tout à fait à l'aise avec ses nouveaux camarades et Sasuke, parce que l'exercice l'ennuyait. Pourtant, Naruto fut surpris lorsque Sasuke pris la parole pour proposer des modifications dans la direction qu'avait prise leurs camarades. En réalité, il avait tout écouté aux conversations et avait décidé d'intervenir pour défendre son point de vue. Il ne lui fallut pas longtemps pour expliquer sa logique et convaincre les trois autres.
« Et toi, tu es d'accord avec ce classement ? »
Naruto était tellement concentré dans l'analyse du comportement de Sasuke qu'il ne fit même pas attention à la question.
« Euuh, Naruto, c'est ça ? Est-ce que t'es d'accord avec ce classement ? »
Confus, Naruto reprit ses esprits. Il était terriblement gêné et avait peur que ses camarades ne le prissent pour un idiot. En bon comédien il tourna la situation à son avantage :
« - Désolé j'faisais pas attention, dit-il d'un air faussement nonchalant. Ouais ouais, ça m'a l'air correct. C'est cool.
- Bien, répondit Sasuke. Se détournant de Naruto, il ajouta : maintenant ça va être le foutoir, la prof veut que toute la classe débatte et elle va noter le classement de toute la classe au tableau. Faut qu'on s'tienne à c'qu'on a dit, ok les mecs ?
- Oui, ça marche, dirent-ils à l'exception de Naruto.
- Ok, top ! finit Sasuke. ».
Naruto bouillonnait à l'intérieur. Il avait plus de mal à cerner Sasuke. Et plus il avait de mal à le cerner, plus il était intrigué. Lui qui avait l'air de n'en avoir rien à faire de ces petits exercices destinés à créer une cohésion dans la classe, était soudainement intéressé par ce qui se passait. C'était à n'y rien comprendre pour Naruto.
Et puis zut, se dit Naruto, pourquoi j'me prends la tête, ce gars est juste chelou.
Vingt minutes plus tard, toute la classe était en ébullition. Naruto n'osait pas encore parler, alors il restait en retrait. Sasuke, lui, semblait à nouveau totalement désintéressé par ce qui se passait, naviguant comme l'heure précédente sur son téléphone portable. L'instant d'après, il le rangea dans sa poche et dit à l'attention de Naruto :
« Tss, on dirait des sauvages, à gueuler comme des débiles pour une histoire de classement. ».
Naruto était surpris qu'à nouveau Sasuke s'intéresse à ce qui se passait. Surtout qu'il avait l'air d'avoir tout suivi des débats. Décidant de se donner un genre tout aussi impassible que son voisin – pour l'impressionner sûrement, il répondit :
« - Ca, tu l'as dit, ahah. C'est marrant, je trouve. Alors, t'en penses quoi de ce classement ?
- Bof, pas terrible. Ils font n'importe quoi. T'as vu, ils viennent de décider qu'une lampe torche devrait classée neuvième, alors qu'ils ont mis les raquettes de marche en quatrième position. C'est ridicule.
- Ouais, j'avoue. Toutes façons, c'est pas très intéressant, voulut encore une fois insister Naruto. Tu t'appelles Sasuke, c'est ça ? Ca va ?
- Hn, ouais. Tranquille et toi ?
- Ca va, ca va ! Alors, qu'est-ce que t'as pris comme cours ce semestre ?
- Hm, rien de spécial.
- Hein ?
- Oui ? Sasuke leva un sourcil interrogateur.
- J't'ai demandé c'que t'as pris comme cours ce semestre.
- Oui, je sais, j'ai entendu, rien de spécial j't'ai dit.
- A-ah, d'accord. Sinon, tu viens ce soir au bar ? J'ai entendu dire que y'avait une soirée.
- Hn ? Nan j'crois pas.
- Euh d'accord. T'as d'autres choses de prévues ? J'suis nouveau à Konoha. Enfin… j'me suis installé ici y'a deux mois et d'mi et j'ai passé l'été ici, mais je connais pas grand monde.
- Ouais, j'vais voir des potes.
- Ah, c'est génial. Vous comptez sortir où ?
- J'sais pas, vers le canal.
- J'habite juste à côté ! On pourrait se capter ! Ca s'rait cool si je pouvais rencontrer du monde.
-Hn. J'sais pas. ».
Visiblement, Sasuke n'avait pas l'air très réceptif aux propositions de Naruto. Ce dernier ne sût l'expliquer, mais il se senti blessé de l'attitude de son voisin de table. Il se dit alors qu'ils ne seraient pas amis et cette idée, pourtant si banale, le vexa terriblement. Il fit une moue intérieure et consulta à son tour son téléphone. Il attendrait que la séance soit finie pour essayer de rencontrer d'autres personnes. D'autres personnes qui voudraient de lui comme ami, elles.
Lorsqu'il fut enfin midi, madame Terumi les congédia non sans leur rappeler que leur présence aux conférences de l'après-midi était obligatoire. En bas, alors que Naruto allumait sa cigarette, quelqu'un l'interpela :
« Salut, toi. C'est Naruto, c'est ça ? »
Il reconnut Sakura, accompagnée de son amie Ino.
« - Hé, salut. Oui, c'est ça. Toi c'est Sakura et toi c'est Ino, non ?
- Oui, exactement ! dit Ino tout sourire. Tu vas manger au self ?
- Non j'crois pas, j'ai pas encore rechargé ma carte de cantine. J'vais plutôt aller me prendre un truc à emporter dehors.
- Ah ben ça tombe bien ! Ino et moi on comptait déjeuner à la crêperie juste à côté. Ca te dis de nous accompagner ?
- Ouais, bien sûr, pourquoi pas ! ».
Naruto suivit les deux jeunes filles. Elles parlaient de cette première matinée et se faisaient part de leurs impressions. Il était agréable de discuter avec elles car malgré le fait qu'elles se connussent et lui non, elles incluaient Naruto dans leur conversation en lui posant des questions et en demandant son avis. Ils déjeunèrent ainsi dans une ambiance somme toute très conviviale et payèrent chacun leur part de l'addition. De retour à l'université, un grand élan de fatigue les saisit :
« - J'ai trop mangé, dit Naruto. Je sens que je vais dormir dans cet amphi. J'ai tellement pas envie de passer l'aprèm là-bas.
- T'inquiète pas, nous non plus. Ca vous dit qu'on bouge ? proposa Ino.
- T'es sûre qu'on aura pas d'ennuis ? demanda Naruto.
- Du tout ! Si tu penses qu'ils vont s'amuser à faire l'appel dans l'amphi, tu rêves. En tous cas, Sakura et moi on y va pas. On va se poser au bord du canal, profiter du soleil avec quelques binges.
- Okay, ça marche, dit Naruto. J'vous suit ! ».
Ils quittèrent ainsi l'école jusqu'à déboucher sur le canal qu'ils entreprirent de longer. Ils s'arrêtèrent dans une petite épicerie afin d'acheter deux packs de bière, puis arrivés en haut de la colline, ils s'assirent au bord de l'eau.
« - Merde, on a pas de décapsuleur, dit Sakura.
- Laisse, répondit Naruto. Fais voir, j'vais t'montrer.
- Ah, tu vas l'ouvrir avec ton briquet ? Tu sais le faire ?
- Hmm, on peut dire ça, oui, sourit-il. ».
Il prit la bouteille et la porta au niveau de sa bouche. Là, il bloqua le tesson avec ses molaires inférieures, puis avec les supérieures décapsula la bouteille.
« - Aaargh, frissona Ino. T'es sérieux ?! Ne refais plus jamais ça, tu vas te niquer les dents !
- Bah ! Depuis l'temps qu'j'le fais, si c'est pas déjà arrivé c'est que ça arrivera jamais ! Et puis mate, regarde mes dents, leur dit-il en leur adressant son plus beau sourire, les yeux fermés.
- Oh, c'est vrai que tes dents sont parfaites ! Elles sont ultra blanches et y'en a pas une qui dépasse ! T'as porté un appareil ?
- Non, jamais ! dit-il fièrement. C'est comme ça depuis toujours ! ».
Il dit ça et, pour la première fois, Sakura et Ino eurent l'occasion de voir le sourire de Naruto. Celui qui avait fait chaviré autant de cœurs qu'il en a réchauffés. Ses fossettes en plus s'étaient creusées et les deux filles restèrent cois devant ce soleil qui, contrairement à celui dans le ciel, était rafraîchissant et agréable à regarder.
Elles prirent le temps d'observer Naruto pendant qu'il buvait sa bière. De profil, la tête penchée en arrière, ses cheveux se balançaient au rythme de la brise fraîche et agréable du canal. La peau de son visage était d'un caramel sans aucune imperfection, onctueux. Il avait quelques zestes de poils blonds tellement minces qu'ils en étaient imperceptibles, au niveau de ses mâchoires et sur le bord de ses lèvres, lesquelles étaient aussi roses qu'un lait à la fraise. Ses sourcils et ses cils étaient poivre blond, d'un gris clair mélangé aux tons vanille de ses cheveux. Tout dans son visage n'était que délice.
Les yeux fermés, toujours dans la même position, il buvait sa bière au goulot, et l'on voyait le contenu de sa bouteille traverser sa gorge au mouvement que sa glotte effectuait. Elles suivirent ainsi des yeux le parcours de la boisson jusqu'au creux de son cou et terminèrent la course de leur regard sur le haut de ses pectoraux que laissait entrapercevoir le col en « V » de son tee-shirt blanc. De ses mains fortes et régulières, il essuya sa bouche, ouvrit les yeux et se tourna vers les deux filles dont les joues avaient rosi. Les voyant le regarder ainsi, il sourit et ses yeux, ce grand bleu, finirent d'achever ses nouvelles camarades. Il les écarquilla, interloqué, et lança :
« - Bah alors ! Qu'est-ce qui vous prend ?!
- Oh, rien du tout, t'inquiète, dirent-elles en baissant les yeux. T'occupes !
- Bon bah d'accord ! sourit-il à nouveau. »
Leurs esprits retrouvés, les filles débutèrent une conversation avec Naruto. Il apprit que les deux camarades se connaissaient depuis l'enfance, originaires de Konoha et qu'elles étaient en colocation. Il apprit aussi qu'elles avaient longtemps été meilleures rivales en amour mais qu'aujourd'hui, le temps ayant fait son effet, ces querelles d'adolescence avaient laissé place à une amitié bien plus profonde qu'elle ne le fut par le passé. Naruto, lui aussi leur conta son enfance à Uzushio, leur parla de ses amis Kiba, Shikamaru et Neji, de sa passion pour le théâtre et la musique. Il apprit ainsi que l'université comptait parmi ses associations une troupe de comédiens et les filles lui conseillèrent vivement de postuler lors des auditions qui se tiendraient après le fameux weekend d'intégration.
« - Ca va être génial ! gloussa Sakura. Je suis impatiente d'y être, au weekend ! On part en bus jeudi soir, toute la promo. Et dans le bus, les rideaux sont tous tirés et cousus pour qu'on puisse pas voir c'qui s'passe dehors. On saura où on est que quand on s'ra arrivés. Y'aura des jeux, animations, tout tout tout et tout ! Et en plus, du matin au soir, alcool à volonté.
- Tellement ! ajouta Ino. J'vais ramener ma weed aussi pour l'occasion. Théoriquement on a pas le droit d'en emmener mais osef, j'vais la glisser dans mon soutien. Et toi Naruto, tu viens ?
- Bah ouais, bien sûr ! En plus, j'suis sûr que j'ai d'la meilleure weed que toi. J'vous f'rai goûter, dit-il avec un clin d'œil.
- Oh, matez là-bas, les interrompit Sakura. Il était pas avec nous en cours c'matin lui ? »
Ils suivirent du regard le doigt que pointa Sakura en direction de l'autre berge du canal : en face d'eux, Sasuke Uchiha était assis avec ceux que Naruto devina comme étant les amis que le garçon aux cheveux noirs avait évoqués ce matin. Le Sasuke que Naruto voyait était sensiblement différent de celui de la matinée : bien qu'il eusse toujours son téléphone à la main et son sempiternel air désintéressé, il était plus souriant et plus avenant. Il avait même l'air d'animer la conversation par moments, tapant ses amis sur le dos ou enserrant le cou de son voisin de son bras. Bah ! se dit Naruto, comme quoi, ça lui arrive de calculer autre chose que son portable.
« - Eh ben eh ben ! On dirait qu'on est pas les seuls à avoir décidé de sécher, dit Ino. Je t'ai vu lui parler ce matin Naruto, c'est qui ce gars ?
- Il s'appelle Sasuke Uchiha, il a notre âge. On a un peu discuté ce matin, il est vraiment cool comme gars, très sympa de c'que j'ai pu voir, mentit Naruto. »
Il ne sut pas pourquoi il mentit. Il eut l'impression sur le coup qu'en disant que Sasuke et lui avaient échangé et s'étaient bien entendus, il gagnerait en estime auprès des filles.
« - C'est bizarre, dit Sakura. Il avait l'air tellement inaccessible ce matin, alors que là, il déconne avec ses potes et tout.
- Tu dis n'importe quoi Sakura, c'est normal ! Il va pas s'mettre à nous faire des bisous partout alors qu'on s'connait pas, lui dit Ino.
- Mais j'ai pas dit ça, j'ai juste dit que c'était chelou, c'est tout ! Eh, pourquoi tu rigoles toi ! dit-elle à l'attention de Naruto.
- Oh, juste comme ça, répondit-il. Vous me faites rire. Vous m'faites penser à mon meilleur ami et moi. »
Ils parlèrent ainsi de ce qui pouvait leur passer par la tête durant tout l'après-midi. Quelques fois, Naruto jetait un regard furtif en direction de Sasuke. A un moment, leurs regards se croisèrent. Sasuke haussa un sourcil perplexe et hocha la tête de côté pour lui signifier un vague bonjour puis se retourna vers ses amis et ne fit plus attention à Naruto et aux jeunes filles de l'autre côté du canal.
Naruto oublia son camarade en face de lui et passa tout le reste de l'après-midi à discuter avec ses nouvelles amies. Vers dix-neuf heures ils décidèrent de quitter le bord du canal. Au même moment, ils virent Sasuke et ses amis se lever aussi et se diriger vers une voiture qui était garée à proximité, une Volkswagen Polo. Trois montèrent à l'arrière, dont Sasuke tandis que les deux autres prirent place à l'avant. Naruto se demanda s'il le verrait à la soirée organisée à l'université ce soir-là, mais se fit rapidement la réflexion que non, que peut-être qu'il aimait les soirées, mais avec ses amis en tous cas : il n'était certainement pas le genre à aller aux soirées étudiantes comme celle-là.
Les trois amis se levèrent avec lenteur et difficulté et s'étirèrent : rester assis tout l'après-midi avait ankylosé leurs muscles. Un peu émoustillés par les nombreuses bières qu'ils avaient bues, ils marchèrent lentement, le pas incertain mais le rire aux joues. Leur intonation se faisait beaucoup plus en dents de scie, et un rien les faisait s'esclaffer.
« - Ahlala, aide moi Naruto, j'ai du mal à marcher, pouffa Sakura.
- Tu l'as pas vu, il peut pas marcher correctement lui-même ! souligna Ino en rigolant.
- Ah, tu crois ? Ben on va voir ça ! »
Naruto courut à toute vitesse un sprint sur une cinquantaine de mètres, mais ses jambes fatiguées et l'alcool qu'il avait ingurgité tout l'après-midi firent qu'il s'essouffla très rapidement. Il se pencha en avant, les mains sur les genoux et le dos cambré, expirant et inspirant longuement, les joues rougies par l'effort.
Pendant ce temps, les filles arrivèrent à sa hauteur, pompettes. Ino se plaça derrière lui et entoura sa taille de ses bras. Naruto se redressa et suivant le même rythme que sa respiration, son torse se bombait et ses abdominaux se contractaient lentement, à intervalles réguliers. Quelques gouttes de sueurs solitaires perlaient sur ses tempes et sa nuque rouge, ce qui paradoxalement ne faisait que faire ressortir la fragrance de fougère fraîche, poivrée et mentholée du Mont Blanc Legend qu'il portait. Ino enfouit sa tête dans le cou de Naruto et l'enserra tendrement. Naruto, un temps surprit, se tendit puis, l'alcool aidant, se laissa aller et lui rendit son étreinte.
« - Bah alors ! Ca se chope dans son coin ou quoi ? dit Sakura, taquine. Dites le moi si j'vous fais chier, rit-elle. »
Gêné, Naruto s'avança mais Ino s'agrippa à son bras et tira la langue à sa meilleure amie, la traitant de jalouse. Naruto proposa aux filles de leur payer à tous un Uber pour se rendre à la soirée à l'université, ce à quoi les filles répondirent qu'elles préféraient qu'il les porte à tour de rôle sur son dos. Et avant même qu'il n'ait pu répondre, il manqua de s'écrouler sous le poids inattendu de Sakura, qui d'un bond se retrouva sur son dos. Elle lui enserra le cou et l'on pouvait voir à travers le tee-shirt blanc de Naruto ses biceps puis ses muscles dorsaux et costaux, fins, se contracter. Il parvint à courir quelques mètres, mais à nouveau essoufflé, il reposa très rapidement Sakura qui fit une moue boudeuse et enfantine. Son souffle et le sérieux des filles repris, ils marchèrent joyeusement en direction l'université.
Ils n'étaient plus qu'à une centaine de mètres du bâtiment mais déjà la musiques et les basses se faisaient sentir. Ce soir-là, on fêta la fin de l'été dans une ambiance féérique, presqu'euphorique. Dans la cour d'honneur, tous les étudiants dansaient sous un soleil qui commençait à se coucher. Le ciel avait de nouveau revêtu son voile rose orangé et au loin, la lune encore pâle et transparente veillait sur la soirée. Les flots de bière coulaient à profusion dans de grands gobelets en plastique et les corps des nouveaux élèves se mouvaient en rythme avec les musiques qui avaient régné sur l'été.
Naruto et ses amies dansaient en rigolant et en criant afin de se faire entendre les uns des autres, lorsqu'il senti un bras fort et bronzé entourer ses omoplates et une main ferme se poser sur son épaule droite. Il se retourna et vit ce garçon brun, Obito, une clope au bec et une pinte à la main gauche l'attirer vers lui et lui crier :
« - Oh ! Mec ! Comment ça va ! Mon p'tit Naruto !
- Ah ! Obito, c'est toi ! Alors, tu t'amuses ?
- Complètement ! Complètement bourré haha, ri-t-il de sa voix rauque. Alors comme ça, on chope déjà la blonde là, le premier soir !
- Haha, qu'est-c'que tu crois, bien sûr ! répondit Naruto tout sourire. »
Obito desserra son étreinte et passa sa main sur la tête de Naruto pour lui ébouriffer les cheveux. Il le salua, lui souhaita une bonne soirée et lui dit qu'il espérait qu'ils se recroiseraient au cours de la soirée comme sur le campus puis il s'en alla, laissant Naruto, les joues rosies en compagnie de Ino et Sakura. C'est avec un petit sourire benêt que Naruto se dit que Obito était définitivement un très beau garçon.
Il retourna vers Ino et Sakura qui dansaient dangereusement, les gobelets qu'elles tenaient aux mains levés vers le ciel, se déhanchant dans la même vague que les mouvements de leur tête. Naruto alluma une cigarette et les contempla. Sakura portait un haut noir qui laissait voir son nombril percé et Ino un chemisier à manches courtes blanc et satiné : elles étaient comme le jour et le nuit battant d'une même mesure.
Naruto commençait à se sentir de trop. Il avisa sa montre et se rendit compte qu'il était déjà minuit et demi. Il ne faisait pas encore assez tard, alors il décida d'aller se resservir un verre. En chemin, il aperçut de loin Tenten qui avait l'air d'avoir trouvé un jeune homme avec qui passer la nuit : ils étaient déjà en train de s'embrasser sans retenue. Il sourit et se dit qu'elle était bien différente de la fille réservée qu'il avait connue il y a de ça quelques années. Il songea que c'était pour le mieux, que Tenten ait pu se libérer avec le temps.
Avant de rejoindre la foule au dehors, il voulut se rendre aux toilettes : il ne fallait pas surestimer sa vessie. Kiba l'avait bien prouvé cet été lorsque, noyé sous l'effet de l'alcool, il se laissa aller devant tous leurs amis. Soucieux de ne pas se retrouver dans la même situation, il gagna les WC du bâtiment et se soulagea dans une cabine. Il se rendit même compte que, sans qu'il ne le réalise, l'étreinte d'Obito et la sensation qu'il avait eue lorsqu'il se trouvait dans son bras protecteur, contre son torse ferme et musclé, avait fait réagir son membre. Il n'était évidemment pas dressé, mais il était quand même sous le coup d'un semblant d'érection.
Il se dirigea vers un lavabo et y vida son gobelet de bière. Il avait besoin de boire un peau d'eau, car de toute la journée il n'avait bu qu'une tasse de café et de la bière. Pauvres abdos, songea-t-il, j'espère que tout ça ne te fera pas prendre un p'tit bidounet mon p'tit ventre.
Puis en sortant des toilettes, l'air de rien, il eut la surprise de tomber nez à nez avec Ino, qu'il avait laissée plus tôt en compagnie de Sakura. Elle s'arrêta net devant lui et lui sourit sans le quitter des yeux. Naruto esquissa une quinte de sourire et murmura des bribes gênées de convenances, lui demandant si ça allait toujours. Elle se rapprocha de lui, dangereusement, et, sans le prévenir, l'embrassa. Un instant surprit, il se dit qu'il ne pouvait faire autrement que de lui rendre son baiser. Il se laissa aller à ce baiser qu'Ino approfondit. Il décida alors qu'il n'avait d'autre choix que de se montrer plus entreprenant. Dans ce milieu machiste qu'était son université, il sentit que c'était ce que l'on attendait lui.
Il prit le visage d'Ino en coupe et l'embrassa. Avec ses mains il lui intimait de la force et avec sa bouche il lui procurait de la sensualité. Ils pivotèrent afin qu'Ino se retrouvât dans le creux d'un angle du couloir et Naruto baissa ses mains au niveau de ses hanches. Elle saisit un pan du tee-shirt de Naruto pour le relever et passa sa main gauche sur le bas de son torse. Elle touchait ses abdominaux finement dessinés pour en découvrir le relief. Naruto lui, de ses mains parfaitement régulières caressait le flanc d'Ino à travers son chemisier et le frottement de la soie que rythmait la main de Naruto la fit frissoner.
Perdu dans cet échange qui lui procurait des sensations fongibles, entre le plaisir et la mise en scène, Naruto était cependant rassuré en pensant qu'Ino ne tenterait certainement pas d'aller plus loin avec lui ce soir-là. Il était même certain que ce baiser resterait la simple aventure du premier soir à l'université et qu'Ino ne se soucierait pas de le relever après.
Enfin, ils s'écartèrent un instant et se sourirent. Ino lui prit alors la main pour l'attirer dehors où la foule dansait. Dès qu'ils fussent de retour dans la cour, ils allèrent trouver Sakura et dansèrent avec elle.
Même si ce n'était pas le genre de flirt auquel Naruto avait l'habitude, il ne put s'empêcher de sourire bêtement, sa fierté et son égo d'homme flattés qu'il ait pu ''choper'' une des plus belles filles de la promotion dès le premier soir.
Une fois auprès de Sakura, Naruto se rendit compte que de nouvelles têtes l'accompagnaient. Elle fit les présentations en criant afin que sa voix couvrît la musique qui battait son fort. Il fit ainsi la connaissance de Gaara et Deidara, cousins respectifs de Sakura et d'Ino. Ils étaient eux aussi en première année, mais dans un autre programme. Ils n'allaient donc pas très souvent se rencontrer. Ils étaient très sympathiques ces nouveaux camarades, roux pour le premier et blond pour le second. Ils passèrent ainsi tout le reste de la soirée à boire, à danser et à faire sommairement connaissance.
Après plusieurs danses effrénées sur des rythmes de musique électronique, Naruto était désormais rouge d'effort et de sueur. Ses cheveux blonds collaient désormais à son front et quelques gouttes de transpiration coulaient de sa tête jusqu'au creux de son torse et des auréoles commençaient même à se dessiner au niveau de ses aisselles. Ceci, qui aurait pu paraître répugnant sur n'importe qui d'autre, le rendait terriblement attirant. Il ne s'en rendait pas encore compte, mais plusieurs regards s'étaient posés sur lui depuis le début de la soirée.
Il était cinq heures du matin lorsque Naruto dit au revoir à ses nouveaux amis. Les filles avaient commandé un Uber pour rentrer et Gaara et Deidara rentrèrent à pied, chacun de son côté.
Les mains dans les poches, car une fois quittée la foule et sa chaleur il ressentait la brise fraîche de la nuit, Naruto rentrait chez lui. Il trainait les pieds et remarqua que ses Stan Smith blanches portaient les traces de cette soirée. Après une demi-heure de marche lente qui lui fit l'impression d'un parcours du combattant, Naruto arriva enfin chez lui.
L'air ambiant dans son appartement était très chaud. Il enleva son tee-shirt blanc et le mit sur son épaule droite. Il se retrouva torse nu, avec son jeans et ses chaussures comme seuls vêtements et sa montre et son bracelet marrons comme seuls accessoires. Son jeans retombait sur sa taille et l'épousait parfaitement, quelques centimètres en dessous du haut de son caleçon. Il se dirigea vers son balcon et sortit sur sa petite terrasse. L'air frais lui fit une agréable chair de poule et fit dresser ses tétons. Il s'assis avec nonchalance sur une des chaises, ses fesses à moitié en l'air, le dos cambré en arrière. Cette position courbait son ventre et faisait davantage ressortir ses abdominaux caramels au rythme de sa respiration. Il ferma les yeux et fuma une dernière cigarette. Il resta ainsi un long moment, les yeux fermés, puis décida de se lever, non sans difficulté et de rentrer à l'intérieur.
Il n'eût pas à défaire son canapé-lit qui était resté ouvert et s'assis à son bord. Il se pencha pour enlever ses chaussures et ses chaussettes, puis s'allongea pour enlever sa paire de jeans. Le tout par terre, il remonta en rampant sur le dos jusqu'en haut du lit. Il posa sa tête à même le matelas et pris dans sa bras sa couette, pour s'y lover, l'enserrant entre ses cuisses et ses bras, comme s'il avait voulu que ce soit quelqu'un. Et c'est enfin l'esprit embrumé par l'alcool qu'il s'endormit en se disant qu'il avait passé une très bonne première journée.
Il ne le savait pas encore, mais c'était la première et la dernière nuit de l'année qu'il se coucherait sans penser au garçon aux cheveux noirs.
YMKL
