Updated le 06/08/11
Voici le chapitre 1 !
Merci à ceux qui m'ont laissé une review : Sunny Angel, Cap'tain Rily, Mordax6 et Coralie91.
Bonne lecture !
Chapitre 1
Quelques mois plus tard...
Les cloches de l'église, d'une petite ville côtière située en Bretagne, sonnaient les cinq heures de cette après-midi pluvieuse. Un homme marchait les épaules rentrés, le col remonté, les mains enfoncées dans les poches. Les bourrasques de vent faisaient claquer les pans de son long manteau marron. Il se mit à courir lorsque la pluie se fit plus violente. Rapidement, il s'abrita sous un porche et se servit de la cloche pour prévenir de sa présence. Il n'attendit que quelques secondes avant que la porte ne s'ouvre et il se dépêcha de rentrer dans la demeure. Un violent frisson lui parcourut l'échine face à l'écart de température. L'homme se passa la main dans les cheveux pour les coiffer en arrière, découvrant un regard chocolat qui semblait avoir vu bien plus que le commun des mortels.
- Docteur Smith, je suis heureux de vous revoir. Monsieur sera ravi de votre présence.
L'homme dénommé Smith se tourna vers la personne qui l'accueillait. Le maître d'hôtel était un grand homme d'une cinquantaine d'années aux yeux verts qui pétillaient de malice. Smith se contenta de lui répondre par un petit sourire, avant de laisser errer son regard dans le vaste vestibule où la statut d'un chevalier en armure côtoyait un tableau représentant une scène de chasse. Le maître d'hôtel pria Smith d'un geste de le suivre. Les deux hommes longèrent un vaste couloir, puis finirent par s'arrêter devant une grande porte en bois.
- Je vais prévenir Monsieur de votre arrivé, fit le domestique en ouvrant la porte.
Le docteur Smith hocha simplement de la tête et entra dans la pièce en refermant derrière lui. La pièce était une vaste bibliothèque dont les murs étaient recouverts jusqu'au plafond d'étagères pleines à craquer de livres. Smith poussa un long soupir comme s'il était soulagé de se trouver ici. Il s'avança vers la cheminée où un feu crépitait, tout en se débarrassant de son manteau sur le dos d'un des deux fauteuils club. Il se réchauffa un peu avant de se laisser tomber sur un des confortables sièges. Il se laissa aller en arrière, visiblement épuisé et ferma les yeux.
Smith sursauta, quand la porte s'ouvrit sur le maître d'hôtel. Celui-ci déposa théière et tasses sur une petite table installée entre les deux fauteuils. Puis, il servit une tasse de thé. Smith se passa une main sur son visage. Il avait dû s'endormir, ce qui ne l'étonnait guère. Il était plus qu'épuisé de courir sans cesse.
- Monsieur s'excuse, rapporta le domestique en reposant la théière, mais des affaires importantes le retienne. Cependant, il viendra vous rejoindre dès qu'elles seront terminées.
- Merci Louis. Je vais l'attendre.
Louis quitta la pièce laissant à nouveau seul le docteur Smith dans la bibliothèque. Celui-ci se redressa légèrement et attrapa la tasse de thé. Il but quelques gorgées. Le liquide chaud semblait lui procurer un peu de réconfort. Il laissa errer son regard dans les flammes. Après seulement quelques minutes, incapable de lutter, ses paupières se fermèrent et il s'assoupit.
Il courrait, la main tendue vers une jeune femme blonde. Elle lui priait de la rattraper, de ne pas la laisser partir. Leurs doigts se touchent quelques secondes puis glissent. La jeune femme hurle son nom. Un cri qui lui fait mal. Un froid qui envahit ses entrailles. Il court à en perdre haleine. Il doit rattraper la jeune femme. Il veut la prendre dans ses bras, la blottir contre lui, lui chuchoter que c'est fini, qu'il ne voulait pas la perdre. Elle est là, si prés de lui. Il a beau courir, il n'arrive pas à l'atteindre. A son tour, il crie son prénom. Il trébuche et tombe alors que le cri de la jeune femme résonne douloureusement dans tout son être. Brusquement, la jeune femme disparaît sous ses yeux, engloutit par les ténèbres.
Smith, la respiration coupée, ouvrit les yeux subitement en se redressant. Il était en sueur. Ses mains agrippaient les bras du fauteuil, tandis que ses ongles s'enfonçaient dans le tissu, tentant sans y parvenir de faire cesser les tremblements qui parcouraient son corps. C'était encore ce cauchemar. Le même qui ne cessait de le hanter. Dès qu'il fermait les yeux l'image de la jeune femme le suppliant de la retenir lui apparaissait. L'homme donnerait tout ce qu'il possédait pour retourner dans le passé, afin de changer les terribles événements de cette journée maudite qui avait transformée sa vie en un véritable tourment. Il pourrait le faire. Il pourrait éviter la catastrophe. Il peut le faire. Seulement, il n'en avait pas le droit. Il était capable de faire bien des choses, sauf de jouer avec la ligne du temps.
Mais à quoi bon ressasser tous cela...
La jeune femme était piégée dans un univers qui n'était pas le sien. Elle était en vie, en sécurité, avec sa famille tout autour d'elle. Peut-être que cela devait se passer ainsi... Elle était partie. Rien ne pouvait les réunir. Sauf un miracle. Et pourtant, il souhaitait secrètement qu'un tel miracle se produise...
- Vous pensez encore à Elle, Docteur ?
Smith sursauta et se tourna vers l'autre fauteuil. Un sourire étira ses lèvres en un mince trait en apercevant la personne qui s'était installée sans un bruit. L'homme avait une soixantaine d'années, des cheveux et une barbe, malgré leur blancheur apparente, trahissaient des restes d'un roux vif entourant un visage long et fin. L'homme avait la stature et le maintien d'un britannique et plus particulièrement celui d'un écossais ! Et l'homme était fière de ses origines.
Il se nommait Georges McDonald et s'était installé, avec femme et enfants depuis une bonne trentaine d'années en France. Il tenait une société qui exportait des produits français vers l'Angleterre et vice-versa. Depuis quelques temps, ses deux fils avaient repris la petite entreprise familiale, bien qu'il gardait toujours un œil avisé sur l'affaire. Sa femme avait été emportée par la maladie, il y a de cela quelques années, maintenant. Depuis Georges passait beaucoup de temps à compléter sa collection de livres, qu'il disait bien plus fidèles que les hommes. Et le Docteur trouvait qu'il n'avait pas tout à fait tort.
- Oui... Lâcha le gallifréen à contrecœur.
Georges remua dans son fauteuil et croisa les jambes.
- Je sais que la jeune femme était chère à vos yeux, tout comme l'était ma femme pour moi. Son souvenir vous fais souffrir. Et malgré le temps qui passe, l'intensité de cette douleur ne diminue pas. Cela vous feras sans cesse mal. Mais c'est ce qui vous fais prendre conscience que la vie continue malgré tout.
Le Docteur détourna le regard de son hôte, et se perdit dans les flammes. Georges avait raison. La jeune femme avait disparu brutalement, laissant en lui une plaie béante qu'il n'arrivait pas à cicatriser. Et, elle ne le sera jamais, lui rappelant à chaque seconde qu'il vivait, encore. Alors que quelque part en lui, il se sentait mourir à petit feu. Il avait perdu sa raison d'être, le sens de son combat, sa raison de vivre. Et il ne souhaitait qu'une chose que tout cela se termine. Il n'y arrivait plus.
Il avait tenté de reprendre pied, d'aller de l'avant comme toujours, sans regarder en arrière. Sauf que dans ce cas-ci, il ne pouvait pas. Parce que c'était Elle. Il ne pouvait plus avancer, faire semblant que tout allait bien. Il ne voulait plus courir pour sauver sa vie. Avec sa disparition, le souffle de la vie avait déserté une partie de lui, et pas la moindre.
- Vous m'aviez dit la dernière fois que l'on nous nous sommes vu que vous aviez trouvé une jeune femme. Martha, si ma mémoire ne me fait pas défaut, pour vous accompagner dans vos voyages. Qu'en est-il ?
- Elle est partie.
Martha avait été une compagne intelligente, pleine de ressources, sur qui compter. Mais... Il y a toujours un mais. La jeune femme avait voulu plus qu'il ne pouvait en donner. Alors qu'il ne cherchait qu'une amie, un peu de soutien. Une personne pour le maintenir dans la réalité, capable de le raisonner, pour éviter de sombrer. Elle avait eu des sentiments pour lui, bien au-delà de l'amitié que lui éprouvait sincèrement pour elle. Martha avait compris que c'est tout ce qu'il pouvait lui offrir. Il savait qu'il l'avait blessée, bien malgré lui. Peut-être avait-il été trop vite à la recherche d'une nouvelle compagne ? Il se voilait la face. Il n'était pas là, le problème. Inconsciemment, il avait sans cesse comparé Martha à la jeune femme blonde. Parce que finalement, c'est à Elle qui voulait prendre la main. C'est Elle qu'il désirait comme compagne.
- Malgré tous vos compagnons, toutes vos séparations, c'est Elle qui vous fait le plus de mal...
- En effet. Mais, Elle était unique, spéciale...
Le Docteur se tourna vers Georges et plongea son regard sombre dans le sien.
- Vous m'avez vu sous mes différents visages. Vous savez qui je suis. Et vous êtes sans doute la personne de ce monde, de cet Univers même, qui me connaisse le mieux. Pensez vous que ce serez égoïste de ma part de...
Le gallifréen ne termina pas sa phrase. Cependant, l'essentiel était dit. Et Georges avait compris. Il connaissait assez l'homme, malgré les quelques mystères qui l'entouraient encore. Il savait qui était le Docteur, son histoire, sa vie. Leur rencontre remontait à une vingtaine d'années et depuis le Docteur revenait plus ou moins à échéance régulière. Une amitié solide s'était nouée au fil du temps entre les deux hommes.
- Docteur... Elle ne le voudrait pas. Il faut que vous continuez pour Elle. En sa mémoire.
Georges aperçut les yeux du Docteur s'embuer. Il ne l'avait jamais vu dans un état de dépression tel que celui-ci. Il se demanda alors, comment quelqu'un comme lui pouvait-il endurer toutes ces souffrances. Après la perte des siens, il avait fallu qu'il perde la seule personne qui avait pu lui panser cette blessure. Comment la vie pouvait_elle être si cruelle avec lui ?
Le Docteur posa ses coudes sur ses cuisses et sa tête entre ses mains. Georges avait raison. Elle ne voudrait pas le voir dans cet état là. Il lui avait souhaité d'avoir une vie fantastique. Il espérait qu'Elle ait réussi à tourner la page. Mais la connaissant, ce n'était sûrement pas le cas. Elle chercherait par tous les moyens de venir le rejoindre. Elle n'abandonnerait pas. Elle ne l'abandonnerait pas. Comme la fois où Elle était revenue sur le Satellite cinq, auréolée de cette lumière dorée, pour le sauver. Elle ne resterait pas là, à croiser les bras sans rien faire. Ce n'était tout simplement pas dans sa nature. Elle ne se laisserait pas aller. Elle continuerait à espérer. Elle était si jeune, si pleine de vie. Lui avait déjà tant vécu. Il était si vieux et si lasse. Il avait déjà tant perdu dans sa vie. Il ne se sentait plus la force de continuer.
Il ferma les yeux. Le visage de la jeune femme lui apparut et son adorable rire résonna dans sa tête. Si elle trouvait la force de continuer de son côté. Il devait en faire autant. Faire front. Lutter. Continuer pour Elle, en son nom. La jeune femme n'aimerait pas qu'il se laisse abattre de cette façon la. Ni qu'il ait de telles pensées sombres.
Le Docteur se leva en prenant appui sur les bras du fauteuil. Il avait besoin de marcher. Il s'approcha d'une rangée et parcourut d'un doigt les tranches des livres. Il eut un petit sourire quand il reconnut quelqu'un de ses auteurs préférés, comme Charles Dickens qu'il avait eu l'honneur de rencontrer lors d'un de ses nombreux voyages avec... Son regard s'assombrit. La jeune femme était, à ce moment là. C'était un de leurs premiers et si nombreux voyages.
Le gallifréen détourna la tête brusquement comme si la vison des livres lui était devenu pénible. Il se dirigea vers un large vitrail sertie de plomb. La pluie tambourinait contre celui-ci. Le temps était comme lui, triste et morose. Il inspira. Il était venu pour rendre visite à son ami. Il aimait venir ici, loin de tout, des combats qui se menaient dans l'univers. C'était un endroit neutre, rattaché à aucun de ses anciens compagnons. La compagnie de Georges lui était très agréable. L'homme avait de la conversation et un sens de l'humour hors du commun. Et, il était devenu au fil du temps un confident.
Le Docteur soupira et se passa la main dans les cheveux. Il retourna s'asseoir.
Georges avait observé le gallifréen silencieusement. Le Docteur était, contrairement aux apparences, une personne très pudique lorsqu'il parlait de ses sentiments. Pourtant, il ne lui avait jamais autant parlé de la jeune femme que de ses autres compagnons. A quel point, il en était fier, qu'elle était incroyable, courageuse. Il pouvait parler d'elle pendant des heures avec une telle admiration, une telle tendresse que Georges avait vite saisi qu'elle n'était pas qu'une simple compagne. Et sa disparition n'en était plus que douloureuse. Et son souvenir ne cessait de le hanter.
- Un de mes fils organise un dîner ce soir, déclara t-il. Vous lui feriez un grand honneur, si vous y assistiez.
- Georges, je ne suis pas d'une agréable compagnie en ce moment...
- Je sais que vous êtes parfois un vrai loup solitaire. Mais ressasser vos idées noirs ne vous seras d'aucune utilité ! J'ai déjà fait part au petit William que vous serez au dîner.
- Le petit William, répéta quelque peu amusé le gallifréen.
Le vieil homme lui sourit chaleureusement. Son fils vouait au Docteur une adoration aveugle. Et malgré son âge, aujourd'hui, il agissait toujours comme un gamin dés qu'il le voyait, lui demandant de lui raconter une de ses aventures. Cette soirée permettrait au gallifréen de lui changer un peu les idées et de lui faire oublier un temps son amie perdue.
- Vous me prenez en otage par les sentiments, Georges. Vous savez parfaitement que je ne peux refuser une telle invitation. Vous n'êtes qu'un vil renard...
- De votre part, mon cher ami, je prend cela comme un compliment.
Les deux hommes marchaient côte à côte, silencieusement. Le petit William n'habitait que quelques rues plus loin de la demeure de son père. Le gallifréen avait dû régler son pas sur celui de Georges. Celui-ci boitait à cause d'une jambe mal soignée et devait donc marcher avec une canne. Il ne restait que du mauvais temps de cette après-midi, une légère pluie qui les accompagnait dans leur ballade nocturne. Une petite brise portant les embruns de la mer leur chatouillait les narines.
Le Docteur respira à plein poumons, puis s'arrêta en plein milieu de la rue. Il leva la tête vers le ciel. La lune, d'une lumière bleutée, arrivait à percer les nuages gris. Quelques étoiles scintillaient. Il chercha du regard et la trouva. Son étoile. Celle que la jeune femme avait choisi. La même qui lui rappelait maintenant celle qu'il avait perdu. Celle qu'il l'aimait.
Le vieil homme se rendant compte que le Docteur n'était plus à ses côtés, s'arrêta à son tour. Il poussa un long soupir. Il s'inquiétait énormément pour lui. Le gallifréen commençait à perdre pied à la réalité. Il préférait se perdre dans ses souvenirs. Et à chaque fois, il s'arrachait de plus en plus péniblement de sa léthargie. Même si Georges savait que le Docteur obéissait à une certaine déontologie, celle d'un génie quelque peu excentrique, il avait peur qu'il renie des principes pour Elle. Que le gallifréen fasse une bêtise en somme.
Georges fut chassé de ses pensées lorsque deux jeunes femmes riant aux éclats le dépassèrent en courant. Elles le saluèrent d'un sourire auquel il répondit bien volontiers. Il s'étonnait toujours de la façon dont les femmes arrivaient à courir avec leur robe et tous leurs jupons. L'une d'elle, la brune, stoppa sa course, essoufflée. La deuxième jeune femme, celle aux cheveux dorées se retourna vers elle. Elle ne vit pas l'homme, le nez en l'air sur son chemin et ne s'en s'aperçut que bien trop tard pour l'éviter.
La jeune femme blonde heurta le Docteur. Celui-ci fut brutalement arraché à ses souvenirs avec le choc. Il baissa les yeux et réagit avec rapidité lorsqu'il s'aperçut que la terrienne basculait en arrière. Il la saisit par les épaules et la colla à lui.
Brusquement, le temps s'arrêta autour de lui. Une chaleur se propagea en lui, insufflant un nouveau souffle de vie dans ses cœurs. Lentement, ils se remirent à battre, puis de plus en plus violemment dans sa poitrine. Cette chaleur se diffusa partout en lui, dans chaque particule qui faisait son être. La présence de la jeune femme réveillait en lui des sensations et sentiments qu'il ne voulait plus jamais ressentir. C'en était douloureux et doux en même temps. La jeune femme s'écarta de lui en baissant la tête.
- Je vous prie de m'excuser, Monsieur, lança t-elle.
La voix de la jeune femme résonnait en lui telle une douce et caressante mélodie.
- Louve ! Il faut qu'on y aille ! S'exprima la jeune femme brune.
- Oui... On y va...
Elle attrapa une main du Docteur et la lui pressa en relevant la tête. Leurs regards se croisèrent juste le temps d'une seconde.
- Je suis désolée, Monsieur. Je ferais plus attention dorénavant.
Elle ponctua sa phrase d'un petit sourire. Puis, elle se saisit d'un pan de sa robe et s'élança. La jeune femme brune la suivit aussitôt. Et elles disparurent au coin de la rue aussi vite qu'elles étaient apparues.
Le Docteur ne bougea pas. Il resta immobile. Après quelques secondes, il leva la main que la jeune femme blonde avait prise au niveau de ses yeux. Il ressentait encore sa douceur et sa chaleur. Il remua ses doigts et en recula sous la surprise. Il était troublé. Il n'arrivait pas à se défaire du regard de la terrienne. Des yeux chocolats comme ceux qu'il avait tant recherché.
- Qu'est ce qui se passe Docteur ?
Le gallifréen sursauta. Georges s'était rapproché de lui. Il avait le front plissé, soucieux pour son ami.
- Je ne sais pas... C'est...
Le Seigneur du Temps secoua la tête. Son cerveau devait lui jouer un tour. Pourtant... Non... Cela ne pouvait être qu'une coïncidence. Il fallait se rendre à l'évidence, ce n'était pas Elle. Ce ne sera jamais Elle. Combien de fois, faudrait-il qu'il se répète que le mur s'était refermé sur Elle pour toujours. Toujours. A jamais. Ces mots résonnaient douloureusement en lui...
Il baissa la tête, les yeux voilés, le visage sombre. Il enfouit ses mains dans les poches.
- Rien. Nous allons être en retard, Georges.
Le vieil homme hocha de la tête, ne préférant pas brusquer le gallifréen quand il était un état tel que celui-ci. Sinon il allait se renfermer encore plus, qu'il ne l'était, sur lui-même, plus lugubre, plus mélancolique. Les deux hommes se remirent en marche.
- Connaissez-vous ces jeunes femmes ? Demanda le Docteur après un long moment.
- Pas personnellement. Mais toute la ville en a plus ou moins entendu parlé.
Georges prit une grande respiration. Avec le Docteur, il discutait de tous les sujets. Mais celui-ci était délicat.
- Ces jeunes femmes sont les employées d'un modeste commerce.
- Un modeste commerce ? Répéta le Docteur en haussant des sourcils.
- Oui... Enfin, une maison close, si vous préférez.
- Oh...
Le Docteur connaissait les mœurs de l'époque. Et une maison close située en compagne était très différente à celle des grandes villes. C'était un commerce comme les autres. Les hommes y venaient comme s'ils allaient au café. Ils n'approuvait pas, bien sûr, ces agissements, il considérait cela comme une soumission, un esclavage. Et, il était bien conscient que malheureusement, c'était un mal qui rongeait les sociétés, même les plus évoluées de l'univers.
- Et cette jeune femme blonde, Georges ? L'interrogea à nouveau le gallifréen.
- Elle ? C'est la petite dernière que Madame la tenancière a pris sous son aile, si je peux le qualifier ainsi. Madame l'a accueillie alors qu'elle errait dans les rues depuis quelques jours. Cela doit faire environs six mois...
Le gallifréen acquiesça d'un mouvement du menton la réponse à sa question. Les deux hommes observèrent le silence, seul le martèlement de la canne de Georges sur le pavé osait le perturber. Le Docteur ferma les yeux. Il revoyait sans cesse ce regard noisette. Il ne parvenait pas à l'oublier. Il y avait quelque chose dans ces yeux qui lui semblait si familier, qu'il ne parvenait pas à s'expliquer. Il ouvrit la bouche. La referma. Il hésitait à demander plus de détail. Tout de même, il était avide d'en savoir un peu plus sur la jeune femme.
- Comment s'appelle t-elle ?
- Pourquoi cet intérêt ? Lui répliqua Georges un brin soupçonneux.
Le vieil homme savait que le gallifréen ne s'intéressait que à ce qui représentait un intérêt pour lui. Pourquoi donc s'intéressait-il en particulier à cette jeune femme ?
- Pour rien, fit le Docteur en haussant des épaules. Comme ça.
- Tout ce que je peux vous dire sur la jeune femme, c'est que c'est une anglaise d'une vingtaine d'années. Elle est un véritable mystère. Pas de nom. Pas de passé. Elle est devenue comme une sorte de curiosité en ville.
Georges jeta un coup d'œil vers le Seigneur du Temps. Celui-ci avait baissé la tête, déçu par la réponse. Qu'espérait-il finalement ? Que la jeune femme blonde soit celle qu'il avait perdu par le plus grand des miracles ? S'il se raccrochait à l'espoir d'un tel prodige, c'était que son état commençait à devenir de plus en plus critique, selon Georges.
- On raconte aussi en ville , continua t-il tout de même sur sa lancée, qu'elle aurait comme une sorte de tatouage sur l'une de ses omoplates qui serait à l'origine de son surnom, Louve. Il représente un loup d'une couleur ambrée.
Le Docteur se figea à ce détail. Cela ne pouvait pas être qu'un simple hasard cette fois-ci. Son âge, sa nationalité, la couleur de ses cheveux, des yeux chocolats. Tout coïncidait. Surtout ce tatouage. Elle en possédait un aussi. C'était aussi le dessin d'un loup, d'une couleur ambrée, au même endroit l'omoplate. C'était la marque de ce qu'elle était devenue à cause de lui, par sa faute, le « Méchant Loup ». Elle ne lui en avait jamais parlé jusqu'à ce qu'il le remarque alors qu'elle portait un débardeur. Il en avait été paniqué alors qu'elle ne semblait pas s'en soucier davantage. Il lui avait demandé quand et comment ce tatouage était apparu. Question qui s'avérait dans un sens inutile puisqu'il en connaissait déjà la réponse. Elle lui avait rétorqué en l'interrogeant avec une parfaite innocence sur la raison de son intérêt. Ce à quoi, il n'avait pas pu lui répondre, parce que c'était lui avouer des choses qu'il cachait volontairement. Devant son mutisme, Elle avait rajouté en haussant des épaules que c'était ce qu'elle était dorénavant, et qu'il n'y avait rien d'autre à ajouter ou à expliquer plus en détail. Et le sujet avait été clos entre eux. Sur le moment, il avait douté sur le fait qu'Elle en sache beaucoup plus que ce qu'Elle lui faisait voir.
Non, cela ne pouvait être Elle. Même s'il y avait eu une infime probabilité...
Cependant, cette chaleur qui l'avait électrisé, ce regard qui l'avait hypnotisé.
Il n'y avait qu'Elle pour provoquer ces effets là sur lui.
Et s'il y avait eu une faille qui lui avait permis de rejoindre cet Univers ? Non, le Tardis l'aurait repérée. Elle ne pouvait pas être de retour. C'était tout simplement improbable. Mais l'impossible n'avait jamais fait parti de son vocabulaire. Les chances étaient si infimes, si insignifiantes... Et, il se raccrochait à cela malgré tout.
Et si le miracle qu'il souhaitait tant avait eu lieu ?
Le gallifréen se sentit submerger par une immense vague d'espoir qu'il avait grande peine à contenir.
- Docteur ?
Il sursauta et rencontra le regard préoccupé de Georges.
- Que se passe t-il ? Vous me semblez bien agité, tout à coup ?
- Où est la maison ? Demanda le Docteur en ignorant la question qu'on venait de lui poser.
- La maison close ? A quelques rues de l'église. Pourquoi cette question ? Est-en relation avec la jeune femme blonde ?
Le vieil homme n'eut aucune réponse à ses interrogations, mais il comprit ce qui se passait. Il n'y avait qu'une seule chose pour le mettre dans un état pareil. Et plus particulièrement, une seule personne dans l'Univers pour le sortir de sa léthargie.
- Docteur, cela ne peut pas être Elle, votre compagne perdue. Dois-je vous rappeler qu'Elle est piégée dans un autre monde ?
Georges était tout de même perplexe de son affirmation, car il connaissait assez le gallifréen. Celui-ci possédait un instinct bien plus développé que le sien. Seulement, il espérait sincèrement que le Docteur ne se créait pas de faux espoir. Il savait son désir de la retrouver à ses côtés. Malheureusement, ce fol espoir jouait des tours parfois bien cruel, même aux meilleurs. Il reporta son attention sur le Docteur. Il avait retrouvé la stature du Seigneur du Temps qu'il était. Droit, fier et digne.
- Georges, il n'y a jamais de hasard ou de coïncidence dans l'Univers ! Il faut que je vérifie. Je ne peux pas faire comme s'il ne s'était rien passé !Ce n'est pas parce qu'Elle est sensée être piégée dans l'autre monde, qu'elle ne peut pas être de retour ! Cela pourrait être Elle !
Le vieil homme lui fit signe d'un geste autoritaire de se taire et pointa une canne menaçante vers son torse.
- Vous voulez y croire, je le comprends ! Je vous souhaite de la retrouver, mais pas dans ces conditions là !
- Georges...
- Non ! Le coupa durement Georges. Vous vous emportez souvent pour un rien ! Vous foncez tête baissée vers le mur ! Vous ne réfléchissez pas sur les conséquences que certains de vos actes entraînent ! Vous vous rendez compte de ce que la jeune femme vit dans une maison close ? Réveillez-vous, bon sang ! Souhaitez-vous vraiment que ce soit Elle en sachant cela ?
Le gallifréen resta coi devant la réaction virulente de son ami, avant de baisser le regard, quelque peu honteux de son comportement, comme un gamin qui venait de se faire sermonner.
- Malgré tout ce que je pourrais vous dire, je sais parfaitement que vous ne pourrez pas faire l'impasse ! Ni faire semblant que la jeune femme n'existe pas. Il faut que vous alliez vérifier, ne serait que pour comprendre que vous avez tort. D'ailleurs, je me demande bien ce que vous faites encore là ! A m'écouter ! Alors que vous devriez être déjà à sa poursuite !
Le Docteur releva la tête quelque peu décontenancé de ce revirement de situation. Georges venait de lui remettre les idées en place et pourtant, il le poussait à vérifier. Il ne put que bredouiller qu'un vague merci.
- Passez par là, Docteur, lui indiqua le vieil homme en pointant sa canne une ruelle.
Le gallifréen ne perdit pas une seule seconde. Il salua Georges d'un signe de tête avant de s'élancer dans la direction qu'on venait de lui indiquer.
Le Seigneur du Temps parcourut la ruelle de son regard sombre, mais habité d'une petite étincelle qui venait de naître et qui ne demandait qu'à s'enflammer. Déserte. A cette heure ci, tout le monde était à la maison à dîner. Il avança scrutant les maisons à la recherche de quelque chose en particulier. Il aperçut une lumière rouge un peu plus loin et s'élança vers elle. C'était une petite lanterne derrière une treillage éclairant le numéro de la rue. Il réprima un frisson. Il avait trouvé. Une nausée le prit. De toute sa vie, de ces neuf cent ans d'existence, il n'avait jamais mis un pied dans ce genre d'établissement. Il ne comprenait pas ce comportement, ce manque de respect envers les femmes. Ce qui se passait à l'intérieur le répugnait. Et dire qu'il avait fallu attendre la moitié du vingtième siècle pour que ces « maisons » soient enfin fermées. Quelque part en lui, le Docteur approuvait ce que Georges lui avait dit. Il ne voulait pas la trouver ici. Même si c'était douloureux de se l'avouer. Il ne valait pas ce lourd tribut. D'un autre côté, que ferait-Elle là ? Elle ne serait pas là de son plein grès. Elle si fière, si libre, si forte...
Le Docteur se mit à cogner violemment la porte de ses deux poings. Si c'était bien la jeune femme malgré tout, il la sortirait de là. Il l'emmènerait loin d'ici. Le plus loin possible. Il ne permettrait pas une nouvelle fois qu'on la lui arrache. Il ne la perdrait plus. Il ne la fuirait plus. La trappe dans la porte s'ouvrit brutalement et un grognement lui ordonna de se calmer. Le gallifréen lança un regard noir. On ne lui ordonnait pas et il n'était pas question qu'il se calme. Une boule d'angoisse le prenait à la gorge. Il devait la voir. Il devait savoir. C'était une question de vie.
- Je veux voir Louve, imposa le gallifréen d'une voix sombre.
- Revenez dans une heure.
Sans attendre une réponse, la trappe se referma. Le Docteur fulminait. On ne lui fermait pas la porte au nez ! Il se remit à frapper la porte en redoublant d'intensité. Elle s'ouvrit, avec un léger grincement, découvrant un homme qui faisait à vu de nez, plus de deux têtes que le Docteur, et charpenté comme un bûcheron canadien. Bien malgré lui, le Docteur déglutit devant le M. Muscle. Il savait qu'il ne ferait pas la taille si par d'étranges circonstances il devait se battre contre lui. Il lui semblait qu'une simple baffe pouvait le mettre K.O durant un moment. C'est d'ailleurs pour cela qu'il utilisait plutôt son intelligence que ses poings. Il n'avait jamais été adepte de la violence mais il était prêt à en user, en dernier recours. Il passa une main dans une de ses poches de manteau et en ressortit son papier psychique et le pointa sous le nez de M. Muscle. Le surnom collait parfaitement au personnage. Brute épaisse aurait très bien pu faire l'affaire aussi.
- La police ? S'étonna M. Muscle en baissant le bras du gallifréen. Qu'est-ce que vous voulez ?
- Je suis venu voir Louve. Je dois lui parler.
M. Muscle le toisa quelques secondes et lui fit signe d'entrer puis referma la porte. Ils passèrent devant une porte entrebâillée où des tonnerres de cris et beuglements éclataient avant de monter par un petit escalier aux marches recouvertes d'un tapis débouchant sur une petite porte. Puis Brute épaisse fit signe au Docteur de pénétrer dans une pièce qui ressemblait plus ou moins à un bureau, avant de disparaître. Le gallifréen respira profondément. Il n'avait pas la patience d'attendre et prit sur lui pour ne pas retourner la maison à la recherche de Louve. Et pourtant, il appréhendait leur rencontre. Ses sentiments étaient mitigés. Quelque soit le dénouement, il aurait mal. Mal si ce n'était pas la jeune femme. Mal de la retrouver ici et de savoir ce qu'Elle avait traversée.
La tenancière apparue comme une être fantomatique. Madame était grande, charnue, très avenante. Son teint pâle luisait comme sous un vernis gras du par l'obscurité de ce logis toujours clos et son visage poupin donnaient d'elle un aspect juvénile qui jurait avec la maturité de ses formes. Elle paraissait surprise de voir l'homme qui se tenait dans son bureau dans un premier temps. Il émanait de lui une présence et un charme incontestable qui imposait. Madame fut quelques secondes déstabilisée par le regard transperçant de l'homme puis se ressaisit. Les hommes ne voulaient qu'une seule chose et elle leur vendait les services de ses filles en réponse. Un sourire de circonstance, alors, étira ses grosses lèvres et s'avança vers le gallifréen en lui tendant la main.
- Bonsoir, je suis Madame, la tenancière de ce modeste établissement...
- Passons les politesses, la coupa brutalement le Docteur. Je suis ici pour voir Louve. Et je veux la voir de suite !
Madame perdit son sourire. Elle n'aimait pas du tout ce comportement, ni les manières de cet homme.
- Que lui voulez-vous ? Demanda-t-elle d'un ton beaucoup moins complaisant. Louve est une de mes protégées.
- Des affaires qui ne vous regarde aucunement ! Je veux la voir. Tout de suite. Et seul.
Elle avança vers lui, approchant leurs visages pour qu'ils ne soient plus qu'à quelques centimètres d'écart.
- J'aime les hommes qui savent ce qu'ils veulent... C'est souvent la promesse d'un agréable moment.
- Dite-moi juste où elle se troue, siffla le Docteur entre ses dents.
Le Docteur et Madame s'affrontèrent un moment du regard. Elle mit fin à leur lutte silencieuse et se dirigea vers un petit meuble pour aller se servir un verre de vin.
- Robert, va chercher la petite, finit elle par déclarer avant de rajouter d'un ton acide, et emmène là dans la chambre puisque Monsieur veut la voir seul.
M. Muscle, qui se tenait sur le pas de la porte, lança un regard mauvais au Docteur avant de partir.
- Puis-je vous servir un verre en attendant, pour vous détendre, reprit Madame avec un léger ton ironique. Vous me semblez sur les nerfs.
Le Docteur lui jeta un regard meurtrier. L'ambiance de la pièce, déjà pas très chaleureuse, chuta d'une dizaine de degrés. La comtoise égrenait les secondes avec une lenteur insupportable. Madame but une gorgée de vin et observait l'homme qui s'impatientait. Robert ne revient qu'au bout de cinq longues minutes qui parut au Docteur comme la plus affreuse des tortures.
- Robert va vous y conduire, déclara Madame.
- Indiquez moi simplement le chemin ! Trancha le gallifréen.
- Tournez à droite, traversez un salon qui débouche sur un couloir et ce sera la troisième porte sur votre gauche.
Le gallifréen ne se le fit pas répéter une seconde fois, il se précipita pour sortir du bureau. Mais Brute Épaisse lui bouchait la porte. Celui-ci poussa un grognement et retroussa les lèvres comme un chien le ferait avec ses babines.
- Robert, laisse-le passer ! Ordonna Madame. Je ne veux pas d'ennuis avec la Police ! Et retourne à ton comptoir ! Les filles sont toutes seules pour servir les clients !
Robert affronta encore quelques secondes le Docteur avant de se décider à obéir. Se contenant, le gallifréen sortit du bureau calmement avant de se mettre à courir vers Elle. Droite. Ses cœurs menaçaient de lâcher d'un instant à l'autre. Salon. Il allait enfin savoir. Gauche. Plus que quelques secondes. Une. Deux et trois.
Ça y est. La troisième porte. La jeune femme était derrière, dans la chambre. La main tremblante, il posa la main sur la poignée. Ce n'était pas le moment d'hésiter. Il poussa la porte doucement et avança. La jeune femme se tenait face à la fenêtre, prenant appuie de sa hanche sur le rebord. Le Docteur avait de plus en plus de mal à contenir les tremblements qui parcouraient tout son corps. Hypnotisé par sa vision, ce n'est qu'inconsciemment qu'il claqua la porte. Un pas après l'autre, il parcourut la moitié de la distance qui la séparait de lui.
Le jeune femme se tourna lentement vers lui. Ses longs cheveux dorés tourbillonnant tout autour d'elle comme une auréole. Les cœurs du Docteur s'arrêtèrent de battre. Il cessa de respirer. Un gémissement s'échappa de ses lèvres. Une fièvre brûlante prit brutalement possession de son corps, le faisant tituber. Il dût prendre appui sur le bord du lit pour éviter qu'il ne s'effondre.
C'était Elle.
La jeune femme était Rose.
Rose Tyler.
Le Docteur observa son visage avec une délectation extrême, savourant de pouvoir replonger à nouveau son regard dans le sien.
Ce regard chocolat qui le faisant fondre.
Ce sourire ravageur qu'elle ne réservait qu'à lui.
Ce si beau visage qu'il avait tant dessiné pour ne pas oublier le moindre détail.
Sa gorge se noua, ses yeux se troublèrent.
Cette distance qui la séparait de lui devient totalement atroce. Le Docteur se précipita vers elle pour la soulever dans ses bras. Il la blottit contre lui, la serrant toujours plus fort contre lui. Nichant le nez dans son cou, respirant avec avidité son parfum, étreignant avec fouge ce corps fin et bouillonnant de vie, posant une main sur sa peau, sentant le sang couler dans ses veines. La vie. Sa vie. Cette même vie qui revenait prendre possession de son corps, qui faisait rebattre ses cœurs. Il avait si chaud, le bonheur, la joie, le soulagement lui brûlaient les entrailles. Il comprenait maintenant qu'elle lui était vitale.
- Rose... Murmura t-il.
Ce prénom qu'il venait de chuchoter avec toute la tendresse et l'amour qu'il ressentait pour elle. Ce prénom qu'il avait cru ne jamais pouvoir prononcer de vive voix sans avoir mal. Rose... C'était elle. Belle, têtue, impossible à vivre. Sa détermination et son énergie dans chacun de ses gestes. Sa témérité et sa force dans les pires situations. Sa douceur et sa gentillesse avec chacun. Son sourire et son éclat lorsqu'elle est heureuse. Elle était tout ça et bien plus encore. Et elle était là dans ses bras, plus réelle que jamais, Rose Tyler. Le Méchant Loup. Sa lumière. Sa vie.
- Monsieur ?
