Chapitre 1 : Paranoïa d'après guerre

Harry Potter, sauveur du monde magique, héros de guerre, Golden Boy et sorcier talentueux, fixait sans le voir le feu magique réchauffant la salle commune des Gryffondors en cette douce après-midi d'automne. Ce feu lui rappelait ses conversations avec Sirius Black, feu son parrain. Bien sûr, la guerre avait fait de nombreuses victimes et Sirius n'était qu'un grain de sable sur la plage des morts au combat. Harry releva la tête en entendant le tableau de la Grosse Dame s'ouvrir, laissant apparaître ses deux meilleurs amis. Ron Weasley et Hermione Granger semblèrent se disputer à voix basse au vu des sourcils froncés d'Hermione et des oreilles cramoisies de Ron. Mettant fin à leur conversation houleuse, le rouquin releva la tête, croisant le regard mélancolique de son meilleur ami et avança à grand pas dans la pièce pour le rejoindre. La jeune femme le suivant, boitant légèrement suite une blessure dolorisquesse dont elle n'avait jamais pu se faire soigner. Sa blessure la faisait régulièrement perdre l'équilibre, et elle tombait tellement souvent que ses amis avaient acquis des réflexes étonnant pour la rattraper.

- Harry ! s'exclama Ron. T'étais où, vieux ? T'es parti plus vite qu'un Billywig effrayé !

- Désolée Ron, j'avais besoin d'être un peu seul.

Hermione balaya son argument du revers de la main.

- Hors de question que tu broies du noir seul. Il y a tellement de choses à faire, Harry. Les ASPICS ne vont pas réussir par magie. Enfin, tu vois ce que je veux dire, ajouta-t-elle face au regard étrange de Ron. Une partie du château est toujours en reconstruction, je suis sûre que le Professeur McGonagall ne serait pas contre un coup de main. J'ai entendu dire que les caisses du château étaient vides. C'est une expression moldue pour dire que Poudlard est ruiné, Ron !

- Je sais bien que Poudlard est en ruine, Hermione, on y a pas été de main morte à la bataille finale, répondit son ami avec bon sens.

- On pourrait aussi donner des leçons de rattrapage aux plus jeunes qui ont du mal à DCFM. Et pourquoi ne pas te remettre au Quidditich ? Continua la jeune femme, comme si elle n'avait rien entendu. Après tout, la guerre est finie et…

Le rire des deux garçons éclata dans la salle vide.

- Quoi ? demanda Hermione, étonnée.

- Pour la plupart des huitièmes années, la guerre n'est pas vraiment finie, commença Harry. Il y a plein de rumeurs sur leurs, et donc nos, comportements paranoïaques d' « après guerre ».

- Des rumeurs ? relava la jeune femme avec dédain. Si c'est tout ce que tu…

- Il paraît que quand tu vas lire au pied du grand chêne dans le parc, tu lances des sortilèges pour te prévenir si quelqu'un arrive, comme lorsqu'on chassait les Horcruxes, lança Ron d'un ton désinvolte.

Hermione rougit légèrement.

- Je… Je ne veux pas être dérangée, c'est tout !

- Il paraît que Terry Boot, ce type de Serdaigle, lance un sort anto-flamme sur ses rideaux la nuit et même sur ses vêtements tous les matins ! expliqua Ron, sans tenir compte de l'intervention de son amie. Si ça c'est pas de la paranoïa d' « après guerre » !

- En même temps, il a faillit mourir brûlé par un incendie lancé par Rodolphus Lestrange, raisonna sombrement Hermione.

- Ah ouais… Hé ! Ca me rappelle que Malfoy garde toujours près de lui des potions de soin. Et paraît même qu'il a toujours un bézoard dans sa poche !

- Hum, en même temps je crois qu'il ne se remet toujours pas de ne pas avoir pu sauver la sœur de Daphnée Greengrass quand elle a été empoisonnée … réfléchit Harry. Par contre, je sais de source sûre que Pansy Parkinson scelle les rideaux de son lit d'un sort si puissant qu'ils sont aussi durs que la pierre pour éviter quiconque de venir la tuer dans son sommeil !

Hermione et Ron le regardèrent étrangement.

- Heu, c'est parce que Yolanda Reedham s'est introduit dans son dortoir au début de l'année pour essayer de la tuer, dit Hermione. Je me demande pourquoi elle a pas été renvoyée celle-là, d'ailleurs.

- Oh, je ne savais pas, murmura Harry.

- Ah ! Je sais ! s'exclama triomphalement Ron. Katy Bell dort avec sa baguette !

- Bordel Ron, grogna Harry. TU dors avec ta baguette, ne proteste pas, je sais que tu la caches dans ta manche gauche et que ta main droite est toujours collée à cette manche pour l'attraper rapidement ! ajouta-t-il en voyant le rouquin qui s'apprêtait à protester. JE dors avec ma baguette, HERMIONE dort avec sa baguette, absolument tous les élèves de notre année ne se séparent jamais de leur baguette.

Tous trois eurent soudain l'air sombre. Décidant de sortir prendre l'air, tous trois se levèrent.

- Au moins, notre paranoïa à nous est moins visible que celle de Michael Corner qui envoie tous les jours des lettres à ses parents pour être sûrs qu'ils vont bien, ricana Ron.

Silence

- Pour l'amour du ciel, Ron ! Ses parents ont été torturés par Voldemort !

Le jeune homme retint un juron, lorsque Cho Chang et Pamela Alton, deux Serdaigle de leur âge, passèrent en riant très fort.

- Et il paraît, raconta Pamela en se retenant de rire, que Blaize Zabini s'est mis à la culture moldu pour faire oublier son passé de mangemort !

Et elles éclatèrent de rire, sous le regard médusé du Trio d'Or. Les rumeurs étaient décidément bien étranges.

Plus tard, dans un couloir menant à la grande salle, Draco Malfoy, Serpentard, ex-mangemort, retourneur de veste et finalement héros de guerre, tentait de faire entendre raison à son meilleur ami, Blaize Zabini.

- Blaize, tu ne peux pas faire ça ! Ça ruinerait ta réputation, ma réputation, la réputation des Serpentards, et même la réputation des anglais !

Blaize Zabini lui jeta un regard blasé :

- Je suis plus italien qu'anglais.

- Et même la réputation des italiens ! Tu vois, il faut vraiment que tu abandonnes cette idée.

Un peu plus loin devant eux, Hermione Granger, héroïne de guerre, miss-je-sais-tout et nouvellement maladroite, heurta le sol parfaitement droit et poussa un cri lorsque sa tête s'avança rapidement à la rencontre du sol. Heureusement pour elle, la belette la rattrapa et, tout en continuant de parler avec le balafré, la remit sur pied.

Blaize fronça les sourcils et Draco éclata de rire. En entendant les deux compères Serpentard, les trois amis se retournèrent brusquement, baguettes levées, les mettant en joue. Draco Malfoy leva un sourcil aristocratique.

- Pas besoin de me menacer, je n'avais pas l'intention de m'en prendre à vous… cette fois-ci. Et puis, ajouta-t-il en regardant Hermione, vous n'avez apparemment pas besoin de moi pour vous ridiculiser.

Harry, ayant repris son masque d'ennui depuis qu'ils avaient quitté la salle commune, se contenta d'hausser les épaules. Ron eut plus de mal à se contenir.

- Si ta folle de tante n'avait pas torturé Herm…

- aaaaah, Bellatrix a toujours été un peu excessive, le coupa Draco en souriant, comme s'il parlait d'un chien trop joyeux. Mais dis-moi, j'ai entendu dire que vous jetez des sorts de protections dès que vous allez vous promenez, c'est vrai ? Vous avez peur qu'un fan un peu trop enthousiaste vous fasse tomber ? ajouta-t-il avec un grand sourire. Pas que vous en ayez besoin ceci dit, vous tombez très bien tout seul !

Harry tira la manche de Ron pour lui faire signe de ne pas répondre et de venir s'assoir dans la grande salle. L'air morose et triste de son ami lui fit plus mal que les paroles de la fouine. Remarquant l'expression affligée de Ron, Harry décida de faire un effort et de lancer une pique au blond :

- Et toi Malfoy, c'est vrai que tu gardes des potions de soin sous ton lit ? Un peu paranoïaque comme comportement pour quelqu'un qui n'a rien à se reprocher. Lança Harry d'une voix morne.

Malfoy et Zabini écarquillèrent les yeux de surprise en entendant le Golden Boy répliquer.

- Woaw Potter qui répond ! On croyait que tu avais perdu ta voix, Potty ! lança Blaize, mais qu'est ce qui t'intéresse au juste, ce qui se passe sous le lit de Draco ou sur le lit de Draco ?

Harry rougit au sous-entendu de Zabini. Mais il insinuait quoi là au juste ? Hermione se décida à intervenir.

- Laissez tomber, on s'en fout. Et toi, Zabini, retourne à tes poèmes moldus et laisse-nous tranquille.

Sur ce, le Trio d'Or se dirigea à grand pas vers la grande salle, Hermoine trébuchant une fois de plus sur un objet invisible. Tournant le dos aux Serpentards, ils ne virent pas l'expression surprise de Malfoy ni celle un peu paniquée de Zabini.

- Mais qu'est ce que… ?

Agacés plus qu'énervés, le Trio d'Or s'arrêta à quelques mètres de la porte de la grande salle, Hermione tentant de calmer Ron, Ron tentant de faire réagir Harry et Harry… et bien, haussa les épaules comme à son habitude. Tout à leur conversation ils ne virent pas une ombre s'approcher d'eux. Lorsqu'elle ne fut plus qu'à quelques pas d'eux, tous trois distinguèrent un mouvement à la périphérie de leur regard. Sans se concerter, tous trois sortir leurs baguettes d'un mouvement vif et maîtrisé à la perfection, et s'exclamèrent :

- Stupéfix !

Les trois sorts combinés touchèrent de plein fouet le pauvre Terry Boot, venu leur annoncer que la directrice allait prendre la parole et souhaitait que tout le monde entre dans la grande salle.

Se confondant en excuse, le Trio levèrent le sort, et bredouillèrent quelques explications, qu'un Terry sonné balaya d'un revers de la main :

- Ca va, je sais ce que c'est… paranoïa d'après guerre…

Les trois amis échangèrent un regard embarrassé avant d'entrer dans la salle.

Quelques minutes plus tard, alors que tous les élèves s'apprêtaient à commencer leur repas, Minerva McGonagall, nouvelle directrice de la prestigieuse et quasi reconstruite école de sorcellerie, Poudlard, regardait avec espoir l'avenir du monde sorcier. Le calme s'installait dans la grande salle, bien loin de l'animation qui y régnait autrefois. Elle regarda la table des Poufsouffle, dépourvue de huitième année. Celle des Serdaigle, qui chuchotaient quelques conseils de révisions. Celles des Serpentard, amputée d'un bon tiers de ses élèves, et enfin celle des Gryffondors. Autrefois la plus animée, elle était aujourd'hui morose et triste. La mélancolie se lisait dans de nombreux regard et la souffrance était toujours présente.

Résolue à faire changer les choses, elle se leva, et prit la parole.

- Bonsoir à tous. Le Professeur Snape et moi-même avons décidé que l'ensemble des élèves de huitième année seraient dispensés de cours durant quelques jours.

Ignorant les regards étonnés, elle poursuivit :

- Dans le but d'une réconciliation totale et d'une entente plus cordiale, nous vous emmenons en excursion pour vous incitez à mieux vous connaître. Il s'agit également de passer à autre chose et de pouvoir enfin apprécier le calme et retrouver votre joie de vivre. Cette sortie ne sera pas pour autant des vacances sur le sable d'Espagne. Nous voulons que vous découvriez un lieu important de l'Histoire de la Magie et comprendre comment les moldus l'ont eux-mêmes intégré à leur culture.

Devant les regards dubitatifs de ses élèves, elle conclut :

- Nous partons dans une semaine pour la Chaussée des Géants.

Une idée de ce dont Draco et Blaize parlaient?
Vous connaissez la Chaussée des Géants?

A très vite !