Disclaimer : Rien n'est à moi, tout est à JKR

Résumé général : Recueil de One-shot, conversations après coucheries.

Résumé du chapitre : 1992. Remus Lupin, 32 ans, et Nymphadora Tonks, 19 ans, viennent de passer leur première nuit ensemble. Elle ne sait pas qu'il est un loup garou, elle n'est pas encore aurore, il n'a pas encore été professeur à Poudlard. C'est un peu un univers alternatif, parce qu'à priori, ils se sont rencontrés alors qu'elle était déjà aurore.

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C'est lui qui se réveilla le premier. Il regarda la jeune fille endormie à ses cotés, et lui sourit. Il la trouvait vraiment magnifique. Ses cheveux avait une teinte rose pétante et elle avait l'air paisible. Il avait envie de soulever le drap pour observer ce corps aimé, mais par respect pour sa pudeur, et par crainte de la réveiller, il se contenta de faire appel à ses souvenirs. Il l'observa longuement, tentant de graver chaque millimètre de son corps dans sa mémoire, pour le moment où elle partirait. Car elle finirait par le quitter, il en était sur. On ne construit pas sa vie avec un loup. Il jeta un coup d'œil à sa montre, et se rendit compte qu'il était temps de la réveiller. Il passa donc une main dans ses cheveux et l'embrassa avec tendresse. Tonks se réveilla et un sourire s'installa sur son visage fin. Remus l'embrassa encore, goutant à la tiédeur de ses lèvres, puis lui dit tendrement :

« Bonjour toi...
- Salut...
- Bien dormi, mademoiselle ?
- Non, t'as ronflé... ronchonna-t-elle en fronçant les sourcils.
- Oh pardon...
- C'est pas grave. »

Il eut un petit sourire d'excuse, et elle soupira amoureusement. Cet homme était beau. Il n'avait pas la beauté froide d'un mannequin, son visage, marqué par les cicatrices, était touchant. Il avait une certaine douleur dans le regard, une ombre qui ne quittait pas ses yeux. Elle ne se souvenait pas avoir déjà vu son visage parfaitement serein... A l'exception de la nuit dernière.

Tonks se laissa aller à ses rêveries. Elle repensa au verre qu'ils avaient pris dans un petit pub du Londres moldu. Elle repensa à leur discussion si interminable qu'ils avaient fait le choix d'aller dîner à l'appartement de Remus pour la continuer. Il ne vivait pas très loin de l'université magique, où étudiait Tonks dans la section des aurors, donc elle avait accepté de passer la nuit avec lui. Il s'était allongé, l'un près de l'autre, et avait continué à bavarder. Soudain, il lui avait coupé la parole en l'embrassant, d'un baiser plus passionné que jamais. Elle en avait eu le souffle coupé. L'union de leurs lèvres s'était transformé en union de leur corps. Une étreinte, parfois douce, parfois sauvage. Elle avait aimé le corps nu de son amant, elle avait aimé son coté si animal, elle avait aimé leur complicité nouvelle, elle avait aimé voir son visage alors qu'il jouissait en elle, elle avait aimé sa tendresse alors qu'elle s'endormait dans ses bras.

Elle revint à la réalité, et en s'étirant, féline, elle demanda :

« Il est quelle heure ?
- Sept heures cinquante-trois.
- Dans une heure je dois être à la fac... grogna-t-elle en secouant la tête, ses cheveux devenant plus long et d'un violet profond.
- Évite de me rappeler que tu n'as que dix-neuf ans, s'il te plait...
- Désolée. »

Depuis leur rencontre, depuis l'aveu de leur attirance mutuelle, Remus Lupin ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter à propos de la différence d'âge qui les séparait. Il avait trente-deux ans, il était un homme adulte alors qu'elle n'était qu'une gamine. Il y aurait forcément un moment où cet écart allait se rappeler à eux, et il s'efforçait de l'oublier. Mais elle, avec la légèreté de son âge, ne semblait pas faire grand cas de cette petite particularité de leur couple et elle avait l'air de se moquer parfaitement de ses angoisses. Il eut une petite seconde de rancœur envers elle, lui qui avait quitté l'insouciance alors qu'il était encore très jeune. Trop jeune. Il eut honte de ses sentiments et lui proposa, tentant de masquer sa gêne :

« Tu veux un café avant d'aller en cours ?
- Non merci mon ange.
- Mange quelque chose, sinon tu ne tiendras pas la matinée, lui conseilla-t-il calmement.
- Oui papa ! Claironna-t-elle, moqueuse.
- Arrête de me rappeler que je suis vieux !
- T'es pas vieux...
- J'ai trente-deux ans !
- Tu les fais pas ! »

Il la regarda dubitatif, et vit à son regard qu'elle était parfaitement sincère. Elle devait être vraiment accro pour ne pas remarquer la marque des années sur son visage. Les transformations que lui imposait chaque pleine lune avaient laissé sur son corps leurs traces, et on lui donnait plus facilement quarante ans que la trentaine. Il savait qu'il devrait être rassuré par ce commentaire, elle n'était absolument pas dérangée par son âge, mais il ne put s'empêcher de demande encore :

« Tu te rends compte que quand j'avais ton âge, tu avais six ans ?
- Alors on a bien fait d'attendre. »

Elle avait dit ça d'une voix neutre, mais elle éclata de rire devant l'incrédulité de son amant. Vêtue d'une simple culotte noire, elle quitta à regret le lit et demanda à Remus la permission de prendre une douche. Elle sembla ne pas remarquer le trouble de l'homme qui regardait les courbes parfaites de sa petite amie, mais un éclat de jubilation brillait dans ses yeux quand elle entra dans la salle de bain. C'était agréable de savoir qu'on plaisait.

Il se rendit dans la cuisine et commença à préparer le petit déjeuner tout en écoutant la radio.

« Je te fais un café alors ou pas ? interrogea-t-il d'une voix forte
- Je t'entends pas avec le bruit de l'eau, cria-t-elle
- Dommage, j'étais en train de te demander en mariage... répliqua-t-il un peu plus fort
- Quoi ??? »

Elle sortit de la salle-de-bain, en serviette, le regardant d'un air totalement perdu. Mais... Il ne se connaissait que depuis quelques semaines. Ils n'allaient pas...

« Ah tu vois, tu entends bien ce qui t'arrange ! dit-il, réprimant le fou-rire qui montait.
- Non, c'est juste qu'il y a des mots qui font peur... ronchonna-t-elle, comprenant que c'était une simple plaisanterie, avant de laisser tomber sa serviette à coté d'elle. Dis, tu n'aurais pas vu mon soutien-gorge ?
- Par terre, à droite du lit.
- Merci. »

Elle l'enfila et, en sous vêtements, posa un baiser sur les lèvres de l'homme qui la regardait, avec toute la nonchalance dont il était capable de faire preuve, une tartine de marmelade à la main. Elle retourna dans la salle de bain pour se regarder et grommela :

« Merde, va falloir que je repasse par chez moi, j'ai pas de brosse à dents ici...
- Tu n'auras qu'à en laisser une là pour la prochaine fois.
- Ma brosse à dents à côté de la tienne... Je crois que ça va un peu trop vite entre nous là...
- Embrasse moi au lieu de dire des conneries. »

Elle se jeta à son cou, renversant au passage une bouteille de biéraubeurre vide qui trainait sur la commode. Ni l'un ni l'autre ne sembla s'en soucier et il restèrent un moment enlacés l'un contre l'autre. Elle s'éloigna d'un pas, à regret, et il la détailla des yeux, la faisant rougir. Elle était toujours en sous-vêtements au milieu de la pièce, et elle baissa la tête.

« J'ai envie de te refaire l'amour, lui dit-il, joueur.
- Sur le principe, je ne suis pas contre, au contraire. Mais je ne suis pas sûre qu'on ait le temps... »

Il lui tira la langue et la fit tomber sur le canapé, avant de se mettre au dessus d'elle, à genoux, lui bloquant les poignets. Il l'embrassa dans le cou, et ils se chamaillèrent joyeusement, avant qu'elle ne cède et qu'il l'embrasse dans le cou. Il la laissa partir et rejoignit la cuisine où il s'installa devant un café fumant qu'il bu à petite lampée. Tonks le rejoint en terminant de boutonner son chemisier et s'assit en face de lui, mordant du bout des dents dans un toast beurré. Il lui caressa la cuisse, et fit remarquer d'un air moqueur.

« Oh tu as une tache là !
- Ça, je crois que c'est les spaghettis bolognaise d'hier soir. Donc c'est entièrement ta faute.
- Ben attends, je vais l'enlever, commença-t-il en sortant sa baguette.
- Non laisse, de toute façon je rentre chez mes parents demain pour faire des lessives, refusa-t-elle en posant sa main sur celle de Remus
- Tu vois, tu recommences à me rappeler ton âge !
- Arrête de bloquer sur notre différence d'âge ! dit la jeune fille en fronçant les sourcils. L'obsession de son amant pour leur différence l'agaçait prodigieusement. Elle se demandait même si elle ne cachait pas une autre différence, que Remus garderait secrète.
- T'as quand même treize ans de moins que moi. Imagine si tu me présentes à tes parents un jour...
- Bon alors à partir de maintenant, on va se promettre un truc : pas de maths entre nous ! »

La formule amusa le sorcier. Un air de tristesse passa alors, fugacement, sur son visage. Elle allait vraiment lui manquer quand elle le quitterait en apprenant qu'il était un loup-garou. Il ne lui avait pas encore avoué son secret, et ne réussissait pas à le faire. Maintenant qu'ils avaient fait l'amour, il ne pouvait pas nier que leur relation devenait plus sérieuse, et il faudrait bien, à un moment ou à un autre, lui avouer. Mais il s'y refusait, voulant préserver, autant que faire se peut, le bonheur qui était le sien depuis qu'il l'avait rencontrée.

Tonks enfila sa veste, pris son sac et embrassa son petit-ami avant de lui souhaiter une bonne journée. Elle se dirigea vers la porte, mais il la retint par la main :

« On se voit ce soir ?
- Y a intérêt parce qu'après on va pas se voir pendant tout le week end, alors... »

Elle avait interrompu sa phrase, rougissante.

« Alors je vais te manquer ? termina-t-il pour elle.
- Ben oui... »