Deux chapitres de suite, c'est pas trop dans mes habitudes, je sais. Mais je vais essayer de toujours fonctionner comme ça avec cette fiction. En espérant qu'elle vous plaira!


-Aouch... ! Jarvis !

Le cri de Regina avait figé l'activité de l'ordinateur instantanément. La jeune brune s'était tournée vers l'écran et le dévisageait d'un œil noir. Dans sa main, la pièce métallique qu'elle essayait de souder avec le reste de son invention finissait de refroidir.

-Je t'avais dis de viser à 27° précisément pour éviter de me toucher, râla la jeune fille en se penchant à nouveau vers son œuvre, prenant d'un geste sec l'outil dont elle avait besoin des doigts mécanique d'un robot.

- Pardonnez-moi, miss. J'ai appliqué vos coordonnées. Peut être avez vous commis une erreur, suggéra l'intelligence artificielle.

-Je ne fais jamais d'erreur, rétorqua Regina d'un ton cassant.

Continuant de marmonner et de maudire l'ordinateur, la jeune femme termina de souder la dernière pièce avant de se reculer avec un sourire ravi. Aussitôt, l'accrochage s'effaça de son esprit, entièrement accaparé par sa nouvelle création. Sautant sur un siège, elle se laissa rouler jusqu'à une table encombrée de bric à brac et y attrapa une plaque de plastique, fine et légère, sur laquelle s'afficha au contact de ses doigts un duplicata de l'écran principal. Ses doigts agiles appuyèrent sur une série d'icone dans un ordre précis et la machine qu'elle venait de terminer s'anima.

-Yes ! exulta-t-elle en reposant la plaquette. Jarvis, tu saurais en prendre le controle ?

-Tout de suite, miss.

Regina leva les yeux au ciel mais ne dit rien et attendis de voir. Ses yeux habitués virent aussitôt lorsque le transfert de contrôle fut effectué. Battant des mains comme une gamine, elle se propulsa jusqu'à l'autre bout de la pièce et, appuyant sur un bouton, fit se mettre en place deux cibles.

-Vise celle de droite d'abord, ordonna-t-elle d'une voix sure d'elle.

Elle sourit de plaisir en entendant la machine chargé, atteindre son point maximal, prête à tiré...

-Regina Maria Willow Stark !

La voix de sa mère fit se tasser Regina. La colère qu'elle y entendait ne lui annonçait rien de bon.

-Désengage, Jarvis... soupira-t-elle en sortant de derrière les cibles.

L'ordinateur obéit aussitôt et la nouvelle création de Regina s'éteignit aussi vite qu'elle avait prit vie. D'un pas trainant, la jeune fille s'approcha de sa mère.

-Je peux savoir ce que tu étais en train de faire ? N'avions nous pas convenu que tu ne devais plus activer tes inventions dans ta chambre ?

Regina resta silencieuse. Elle se souvenait très bien de ce qui était arrivé la dernière fois. Son bras en était encore rouge et il restait ça et là des traces de l'incendie qu'elle avait provoqué. Baissant la tête, elle se mordit la lèvre pour ne rien rétorquer.

-Tu es impossible, jeune fille. Attend que j'en parle à ton père.

-NON !

La réaction de Regina avait été immédiate. Tony n'avait pas été tendre avec elle, la dernière fois qu'elle avait désobéis. Et ça n'avait même pas impliqué de mettre le feu à la maison, cette fois là.

-S'il te plait, maman, ne le dit pas à Papa... S'il te plait... Il n'y a pas de dégât, et je ne le ferais plus, c'est promis. Mais ne dis rien.

Pepper soupira longuement avant de prendre sa fille dans ses bras. Sa réaction surprit Regina un instant. Sa mère n'était-elle pas en colère, trois seconde plus tôt ? Pourtant, la jeune fille se laissa faire et rendit même l'étreinte, rassurée. Son père ne serait pas au courant de son écart.

-Mais qu'est ce qu'on va faire de toi ? soupira Pepper en se relevant. Allez... Je ferme les yeux pour cette fois. Range tout ce bazar avant que ton père ne rentre...

Regina haussa les épaules avant de s'exécuter. Elle n'y pouvait rien si elle avait hérité du besoin d'inventer de Tony Stark.


-Papa ? Est ce que je peux t'accompagner, demain ?

Assise face à son père dans la salle à manger, Regina réitérait une demande qu'elle faisait déjà depuis un long moment. Elle aurait donné n'importe quoi pour voir ce qui ce passait dans l'entreprise de son père.

-Tu n'as pas cours ? s'étonna ce dernier, la regardant droit dans les yeux, l'air de dire « je sais que tu as fait des conneries ».

-Non, je... Je m'ennuie, en classe.

La jeune fille se plongea dans la contemplation de son assiette vide. Son père allait encore refuser, comme il le faisait toujours, lui dire que c'était bien trop risquer pour elle, que sa place n'était pas encore sur le terrain... Regina connaissait toutes les raisons par coeur. Et rien ne la tuait plus que de devoir rester assise sur une chaise, à écouter ce qu'elle connaissait déjà, en songeant à ce que son père pouvait bien être en train d'inventer. Regina ne remarqua pas le regard de Pepper vers son mari ni ne perçu le discret soupir de capitulation de son père.

-Bon, d'accord. Tu peux venir avec moi, demain, lança Tony sur le ton de la défaite.

Aussitôt, Regina releva la tête et le regarda avec adoration.

-C'est vrai ? Oh, merci papa !

Elle se leva de sa chaise et se précipita dans les bras de Tony, qui l'accueillit avec maladresse, comme toujours. Il n'avait pas vraiment la fibre parentale.

-Regina, tu dois me promettre de ne toucher à rien, de rester dans les zones que je t'autoriserais à voir et surtout, surtout de m'obéir, compris ? demanda-t-il d'un ton autoritaire en faisant s'écarter Regina de lui afin de la regarder dans les yeux.

La jeune fille acquiesça avec vigueur. Elle aurait promis d'aller décrocher la lune pour accompagner son père au travail. Ce dernier lui lança un regard demandant une promesse, que Regina s'empressa de formuler. Satisfait, Tony se détourna de sa fille, un demi sourire aux lèvres lorsque celle ci ce mit à sauter un peu partout dans la pièce en criant de joie. Pepper secoua doucement la tête en riant. Enfin, Regina se calma un peu et se laissa tomber dans le divan. Elle regarda longuement le plafond avant de se redresser et de regarder vers ses parents, discrètement. Sa mère s'était rapprochée de son père et ils parlaient à voix basse. Elle savait que ce n'était pas sur elle car Tony jouait tendrement avec les doigts de sa femme. La jeune fille adorait ces moments simples où elle était témoin de l'immense affection de ses parents l'un pour l'autre. Indirectement, ça lui rappelait que, même si sa naissance avait été loin d'être prévue, elle était tout de même à sa place. Pepper se rapprocha encore de son mari et Regina se laissa retomber sur le divan, une expression dégoutée en travers du visage. Elle détestait les voir s'embrasser. Roulant sur le ventre, elle passa la main sous le divan et en sortit une playstation portable, dernier cadeau en date de son père et modifiée par ses soins à elle. Un petit sourire diabolique aux lèvres, elle lança sa partie et se perdit vite dans son jeu.

Elle s'endormit sans même s'en rendre compte. Au dessus d'elle, comme on se serait penché sur le berceau d'un nouveau né, ses parents la regardaient avec adoration. Tony avait beau avoir énormément de mal à lui montrer son amour de père, il ne l'en aimait pas moins. Elle était devenue toute sa vie le jour où elle était née. Pepper vint s'appuyer sur l'épaule de son mari.

-Elle est belle, quand elle dort, n'est ce pas ? chuchota-t-elle.

-Elle est belle tout le temps, répondit Tony sur le même ton. Comme sa mère.

Pepper sourit et se retint de dire que leur adorable fille ressemblait bien plus à son père que ce dernier ne voulait l'admettre.

-Tu devrais la mettre au lit. Je m'en voudrais de la réveiller, reprit-elle. Elle va avoir une longue journée, demain.

-Je n'en reviens pas que tu m'ais fait accepter de la prendre avec moi, maugréa Tony en prenant doucement sa fille dans ses bras.

Pepper haussa les épaules et laissa son mari porté la jeune fille dans sa chambre. Sans perdre son sourire, la jeune femme eu un mauvais pressentiment qui lui traverser le coeur. Mais comme il n'avait fait que passer le temps d'une seconde, elle n'y prêta pas plus attention que ça. Qu'est ce qui pourrait arriver à Regina alors qu'elle avait son père pour veiller sur elle ?


L'explosion retentit dans tout le complexe. Soufflé comme un fétu de paille, le toit du bâtiment s'envola littéralement pour aller s'écraser quelques mètres plus loin. Les restes enflammés du réacteur produisaient une lourde fumée qui, ajoutée au chaos, bloquait la vue de tous à l'extérieur. Tony se redressa sur un coude, encore sonné par le choc. Son armure de secours l'avait protégé de la déflagration, l'ayant recouvert avant qu'il n'en ait véritablement formulé la pensée. D'un geste presque nonchalant, il déplaça le bloc de béton qui le coinçait et se releva. Il jeta un regard autour de lui, son casque lui permettant de voir clairement, malgré l'incendie qui se propageait rapidement et la poussière n'ayant pas encore fini de retomber. Sa première pensée se tourna vers sa fille, le prenant par surprise, lui qui ne s'était jamais vu comme un bon modèle de père.

-Regina ? se risqua-t-il à appeler, d'une voix hésitante.

Personne ne lui répondit. Indirectement, il s'y attendait. Mais ce a quoi il ne s'était pas préparer fut la vague d'inquiétude qui l'emplit. Fermant les yeux l'espace de quelques secondes, il chercha à retracer les événements dans sa mémoire. Sa fille, sage pour une fois, n'avait touché à rien et l'avait suivit avec attention et précaution. Durant leur visite, elle s'était intéressée à tant de chose qu'il avait décidé en silence de la faire venir plus souvent. Voulant la tester, il l'avait amenée auprès du nouveau réacteur en fonction. Elle était non loin de lui lorsque ce dernier, après une brève panne, avait explosé. Pour une fois, la raison du mal fonctionnement lui importait peu.

-Regina ? appela-t-il à nouveau, continuant de scanner la zone.

Soudain, son détecteur repéra quelque chose. Une forme plus petite que les autres, trop petite pour être un employer. Cette fois, ce fut de la panique qui le traversa et il se précipita vers la forme, faisant se rétracter le casque lorsqu'il fut à proximité. La jeune fille était, comme lui un instant plus tôt, prisonnière sous un morceau de mur. Une profonde coupure lui barrait le front et au vu des marques de blessures sur ses bras, elle avait tenté de se protéger des éclats avant de se retrouver bloquée et de perdre connaissance. Ses courts cheveux bruns semblaient avoir grisés avec la poussière et malgré le brouillard de fumée, Tony vit très bien la trainée rouge sur la joue de sa fille, partant de ses lèvres entrouvertes. Au loin, il entendit une sirène, puis une autre. Il devait sortir de là avant que l'incendie ne devienne un obstacle. Refermant son casque afin de ne pas respirer plus de fumée qu'il n'en avait déjà inhalé, il saisit fermement le morceau de béton recouvrant sa fille et le jeta au loin avec un soupçon de rage et d'impuissance. Il n'avait pas pu protéger son enfant correctement. Il prit délicatement Regina dans ses bras, la serrant contre lui avec douceur et crainte, avant de s'envoler hors du bâtiment en flamme. Vu d'en haut, le spectacle semblait dramatique. Mais il ne prit pas le temps d'examiner les dégâts. Il pourrait toujours le faire une fois que Regina serait en sécurité et prise en charge par des médecins. Plusieurs employés se précipitèrent vers lui lorsqu'il se posa sur le sol, certains blessés, mais tous en vie et soulagé de le voir enfin émergé à son tour. L'un d'entre eux eu l'idée de prévenir un groupe d'infirmier qui ne savait comment aider. D'une pensée, Tony fit tomber au sol l'armure qui le protégeait et ordonna qu'on le laisse s'occuper de sa fille lui même. Bien sur, personne n'osa aller contre son avis. C'était lui le patron. Avec une délicatesse qui lui était étrangère, il allongea Regina sur un brancard et, toujours coiffé de son casque, analysa la situation.

-Jarvis, localise toutes les blessures, internes et externes.

-Fractures ou autres ? demanda l'intelligence.

-Tous ce qui peut lui faire du mal... souffla le milliardaire, encore surprit de l'inquiétude qui le submergeait.

Laissant sa création répertorier chaque blessure, il attrapa un masque d'oxygène, qu'il posa sur le visage de sa fille. Elle avait respiré la fumée de l'incendie, hautement toxique et il savait qu'il n'y avait que ça à faire pour l'aider à purifier ses poumons.

-Analyse terminée, monsieur, annonça, sans émotion, Jarvis.

-Bien, montre moi et explique moi en même temps.

Sans hésitation, l'ordinateur afficha une série de fracture, donnant des conseils sur comment les réduire, puis une autre série de blessures, coupures diverses, dommages musculaires... Avant d'afficher une image qui semblait un peu trop familière à Tony.

-Qu'est ce que c'est que ça ? demanda ce dernier d'une fois sourde, priant pour ne pas recevoir la réponse à laquelle il s'attendait.

-Une série de fragment de métal quasi microscopique ont pénétré jusqu'au cœur, s'arrêtant à quelques centimètres. Il me semble que cette situation ne vous est pas inconnue.

-Merci pour l'ironie, Jarvis, répliqua Tony d'un ton sec et fermer.

Son pire cauchemar, ce qui l'avait si souvent poussé à interdire à sa fille d'actionner ses inventions sans supervision, était en train de se réaliser sous ses yeux. Portant involontairement une main sur son torse, là où se trouvaient quelques années au part avant la seule chose capable de le maintenir en vie, il ferma les yeux en retenant ses larmes. Sa fille se retrouvait dans la même situation que lui. En danger de mort s'il ne lui fabriquait pas rapidement un modèle de réacteur semblable au sien. Passant tendrement sa main dans les cheveux de Regina, il se retourna un instant pour donner ses ordres. Et avant même de vérifier si on lui obéissait ou non, Tony fit revenir l'armure sur lui.

-Jarvis, prépare « le garage ». Je veux que tout soit opérationnel quand j'arrive.

-Bien, monsieur. Dois-je prévenir madame Stark ?

-Bonne initiative, rétorqua Tony en prenant Regina dans ses bras une nouvelle fois, passant la bouteille d'oxygène dans son dos. Profites en aussi pour me tenir informé de son état.

-De madame Stark ?

-De ma fille, idiot !

Tony aurait rit, d'ordinaire, de la confusion de sa création. Mais l'heure n'était plus au rire. L'instant d'après, l'armure le portait vers chez lui, loin de l'accident, en sécurité. Sauf qu'il était trop tard.


Une sensation de brulure ramena Regina à la réalité. Son dernier souvenir était une étincelle sur le réacteur et son intention de prévenir son père. Puis un bruit monstrueux, de la fumée, des éclats dont elle avait tenté de se protéger... Et enfin, le néant. Jusqu'à cette brulure sur sa poitrine. Cherchant à bougé, elle eu un élan de panique lorsqu'elle se rendit compte qu'elle était immobilisée. Se battant avec elle même un instant, elle parvint à ouvrir les yeux. Il lui fallut un moment pour comprendre qu'elle était dans sa chambre. Avait-elle juste rêvé sa visite de l'entreprise de son père et l'explosion ? Son œil perçu un mouvement non loin d'elle et elle tourna la tête. Son père se tenait là, à ses côtés. Endormi dans une position qui ne devait pas être des plus confortables, à moitié sur sa chaise, à moitié couché sur le bord du lit, il semblait très fatigué, presque vieillit. Et très inquiet, ce qui surprit la jeune fille encore plus que sa présence dans sa chambre. Voulant se redresser, Regina imprima un léger mouvement au matelas, ce qui éveilla son père en sursaut.

-Regina...

La voix de Tony était si basse, si brisée, que sa fille cru un instant qu'on avait remplacé son père par quelqu'un d'autre. Avant qu'elle n'ait pu répondre, son père la prit contre lui et la sera de toutes ses forces.

-Oh, Regina, ma princesse... J'ai cru te perdre...

-Euh... Qui êtes vous et qu'avez vous fait de mon père ? Est ce que... tu pourrais m'expliquer ce qui ce passe ? demanda la jeune fille d'une voix hésitante et incrédule.

-Tu ne te souviens pas ? demanda soudain la voix de sa mère, elle aussi pleine d'inquiétude.

-Je... J'étais avec papa devant le réacteur. Il y a eu une étincelle et j'ai trouvé ça bizarre. J'ai voulu le lui dire et puis tout à exploser. Et je me réveille ici... Et qu'est ce qui me brule sans cesse ? demanda-t-elle après une pause dans son explication.

Elle leva son bras, qui lui obéit enfin, mais son père le stoppa. Regina le regarda sans comprendre.

-Regina... Il faut que tu sache deux, trois choses à propos de ce qui as suivit l'explosion... s'expliqua-t-il. La plupart de tes blessures sont de l'histoire ancienne et normalement, à part une ou l'autre coupure, il n'en reste rien.

Regina acquiesça. C'était une des inventions de son père dont elle était la plus fière. Une machine qui permettait de reconstruire tissus et os en quelques jours. Mais si ses blessures n'étaient plus, pourquoi cette inquiétude ?

-Seulement, il est une blessure que je n'ai pu soigner. J'aurais voulu que tu puisses avoir le même genre de soin que moi, mais tu es encore trop jeune et c'est beaucoup trop risquer tant que maintenant.

-Papa, de quoi tu parle ?

Tony fut soudain incapable de répondre. Son regard croisa celui de sa fille et il ne pu s'empêcher de regarder vers le centre de sa poitrine. La main qui retenait le bras de Regina se posa contre son gré sur son torse et la jeune fille en profita pour se rendre compte elle même de ce qui la brûlait. Le petit cercle de lumière bleutée qu'elle découvrit la fit pâlir.

-Tu te souviens de l'histoire que je t'ai racontée cent fois sur la raison qui m'a poussé à créé l'armure d'Iron Man ? demanda Tony, d'une voix brisée.

Regina baissa la tête, fermant les yeux. Son père en avait assez dit. Cette histoire, elle la connaissait par cœur, probablement mieux que son père lui même. Combien de fois ses jeux d'enfant ne l'avaient pas poussée à la reproduire? Combien de fois n'avait-elle pas trouvé amusant de collé un rond de papier colorié au centre de sa poitrine ? Son père l'avait toujours grondée fermement, plus encore que lorsqu'elle désobéissait, lorsqu'il l'attrapait à faire ça. Elle n'avait jamais compris pourquoi. Maintenant, elle savait. Une larme perla sur sa joue.

-On dirait que mes jeux ont fini par me rattraper... souffla-t-elle, incapable de retenir ses larmes.

Tony la reprit contre lui. Pepper vint s'asseoir près d'eux, prenant la main de sa fille dans la sienne. Après un long silence, Regina demanda à être seule et ses parents ne purent le lui refuser. Son premier désir fut d'arracher ce cercle lumineux de sa poitrine, mais elle savait que cette fois, ce n'était plus juste un morceau de papier inoffensif. C'était sa vie. La jeune fille se leva et alla près de la fenêtre, regardant la ville à ses pieds. Personne là en bas ne la regarderait plus jamais comme avant. Même ses parents, elle le savait, allait changer de comportement. Et c'était ce qui la blessait le plus. Elle était en vie et grâce à son père, le resterait encore de nombreuse année. Et on allait la traité comme une mourante. Regina s'effondra sur le sol en pleurant de rage. A cet instant, la merveilleuse jeune fille ouverte et généreuse qu'elle était s'effaça. Son cœur, à jamais menacé, se ferma au reste du monde. Et à part pour ses parents, qu'elle aimait trop que pour les blesser, Regina se promit de ne laisser personne se comporter avec elle comme si elle était faible. Plus personne n'aurait jamais accès à son cœur.