Chapitre 1

Un lit pour deux

Lorsque Draco s'éveilla ce matin-là, il avait fait d'étranges rêves dans lesquels quelqu'un le bousculait à plusieurs reprises. Il prit conscience en ouvrant les yeux que cette impression n'avait en aucun cas été du fait de quelconques rêves mais plutôt de l'étrange garçon qui dormait avec lui dans son lit. Il ouvrit des yeux horrifiés. Sans perdre une seconde, il secoua l'endormi avec virulence, tentant simultanément de rassembler ses pensées pour comprendre. L'autre lâcha un grognement indigné et finit par marmonner entre deux bâillements :

« Appolin ! Lâche-moi ! On est samedi ! »

Appolin ? Draco se figea. Où se croyait cet olibrius ? Il le secoua encore sans ménagements, totalement agacé par cet intrusion dans son espace privé.

« Hé oh ! Toi ! Debout ! Hors de mon lit ! » L'autre se redressa instantanément en entendant sa voix.

« Papa ? »

Draco eut l'impression qu'un piano lui tombait sur la tête. Il fixa le garçon, horrifié, en constatant que celui-ci avait changé d'apparence : passant d'un brun corbeau à un blond cendré identique au sien. Et lorsque ces yeux inconnus s'ouvrirent, ce furent aux siens qu'il dut faire face. Draco sentit sa mâchoire se décrocher. L'autre ouvrit aussi de grands yeux en le voyant, totalement médusé. Puis, il fronça les sourcils après avoir jeté un coup d'oeil autour de lui. Il reporta son attention sur son double.

« Qu'est-ce que tu fais dans mon dortoir papa ? » demanda-t-il, suspicieux. Draco ne savait pas quoi répondre. La première chose qu'il pensa fut de nier un quelconque lien de parenté avec cet importun.

« Je ne suis pas ton père. » L'autre sembla sonné deux secondes puis explosa de rire avant de se recoucher et de lui tourner le dos. Draco pâlit singulièrement. PERSONNE ne lui tournait le dos en riant. Personne ne lui tournait le dos tout court. Il allait interpeller à nouveau le squatteur lorsque des cris de surprise se firent entendre de l'autre côté des rideaux du baldaquin.

Draco se leva et put constater, quelque peu soulagé, qu'il n'était pas seul à faire face à une invasion. Blaise regardait un gamin basané à l'oeil ensommeillé qui essayait lui aussi se rendormir. Quels sans gênes ! Ils avaient l'air un peu plus jeunes qu'eux. Ils devaient s'être trompés de dortoirs, il ne voyait pas d'autre explication. Mais Blaise le fixa alors, balbutiant : « Il m'a appelé papa ! » et Draco sut alors qu'il n'y avait aucun problème de dortoir. Il fut prit d'un doute affreux. Il regagna son lit à grandes enjambées et le contourna pour faire face à son colocataire de lit.

« Hé oh ! Toi ! » L'autre grogna dans son sommeil mais daigna ouvrir un œil.

« Oui papa ? » Draco ferma les yeux afin d'oublier comment l'autre l'appelait et persévéra :

« En quelle année sommes-nous ? » Il entendit ses compagnons de dortoirs qui retenaient leur souffle et les deux squatteurs ricaner en même temps. Il craignit soudain la réponse.

« Ah mais tu es sérieux ? » L'autre sembla retrouver son aplomb soudainement. Il le regarda longuement, jaugea à nouveau de la pièce, posa son regard sur Blaise, sur les autres occupants du dortoir et enfin sur l'endormi de Blaise. Il pâlit et l'appela :

« Edgar ! » L'autre se redressa à l'intonation de la voix de son ami. Le parasite du lit de Draco dit alors d'une voix sombre :

« Nous devons aller trouver McGo... » Et sur ce, ils se levèrent en quatrième vitesse, et sans trouver leurs vêtements, ils quittèrent le dortoir en pyjama et en courant.

Draco et Blaise se regardèrent, légèrement apeurés. Puis, après un hochement de tête de connivence, s'élancèrent vers la sortie à leur tour et Blaise gueula :

« On doit absolument voir Dumbledore ! »

De tous les discours de Dumbledore, celui qui fut proclamé ce matin dans la Grande Salle au petit-déjeuner fut le plus écouté. En effet, Draco et Blaise n'étaient pas des cas isolés. Beaucoup d'élèves s'étaient réveillés dans la même situation que la leur : avec un intrus dans leur lit. La plupart du temps, l'individu en question affublait son hôte de « papa » ou « maman ». Ainsi, lorsque le vieux sorcier se plaça devant son pupitre avant que les plats ne soient remplis de mets succulents, tous les élèves, hôtes et intrus, se tournèrent vers lui, pleins de curiosité et légèrement stressés.

« Mes chers élèves.

J'ai eu vent des légers incidents de dortoirs qui se sont déroulés ce matin. Avec le professeur McGonagall et grâce à vos témoignages, nous avons pu éclaircir quelque peu la situation. Je pense que certains d'entre vous auront déjà supposé, sans vraiment y croire, de quel ordre relève ce phénomène étrange et unique. Car ce qui se déroule aujourd'hui est sans précédent dans l'Histoire de la Magie à une échelle aussi importante. »

Il marqua un temps d'arrêt qui permit à tous les élèves d'assimiler la gravité de la situation. Puis, s'éclaircissant la voix, il demanda aux intrus de s'avancer jusqu'à l'estrade des professeurs. Ils prirent place devant Dumbledore en rangs serrés, intimidés et... apeurés ? Le Directeur leur adressa un sourire chaleureux avant de reporter son attention sur l'assemblée des élèves assis aux tables des quatre maisons.

« Mes enfants,

Je vous prie d'accueillir dignement ces nouveaux pensionnaires qui resteront parmi nous pendant une durée indéterminée. » De faibles applaudissements fusèrent pour approuver ses propos mais bien trop timides et hésitants aux yeux du vieil homme qui soupira.

« Je vous dois une explication. Il semblerait qu'un incident temporel majeur se soit produit. » Il se tut un instant pour jauger de leurs réactions. Tous pâlirent, comprenant lentement, si ce n'était pas déjà fait auparavant, ce que cette phrase impliquait.

« Ainsi... Certains élèves de Poudlard, appartenant à notre futur, ont été envoyés par mégarde dans notre présent. Je vous présente donc la promotion 2016-2017. »

Visiblement, l'enthousiasme de Dumbledore n'était pas partagée par la promotion du présent qui ouvrit des yeux effarés et décrocha ses mâchoires. Certains se reprirent vite cependant et commençaient à chercher leur intrus parmi les nouvelles têtes, ne comprenant que trop bien que certains d'entre eux étaient leur progéniture future. Et les questions quant à ces progénitures fusaient dans toutes les têtes. Le Directeur sembla saisir ce qui se tramait dans toutes les têtes et se racla la gorge pour les rappeler à l'ordre.

« Je vous prierai toutefois de bien vouloir garder vos questions pour vous. En effet, tous parmi vous saisissent les complications apportées par les voyages temporels. Il ne faut en aucun cas que des informations du futur soient lancées dans le passé sous peine de modifier le présent et le dit futur. Dans le pire des cas, une information capitale qui aurait été dévoilée sur notre futur pourrait entraîner un paradoxe temporel. »

Les élèves hochèrent tous la tête, dépités.

Blaise, qui était à côté de Draco, lui souffla à l'oreille :

« Trop tard... Je sais déjà que mon fils s'appelle Edgar. Et jamais je n'accepterai à nouveau de donner un nom pareil à l'un de mes enfants. » Il ricana mais reprit son attitude stricte lorsqu'il constata que Draco ne réagissait pas. En effet, le Prince des Serpentards fixait le garçon qu'il avait trouvé dans son lit le matin, en proie à une vive émotion. Non seulement il avait un fils, ce qui signifiait qu'il avait réussi à fournir un héritier aux Malfoy, mais en plus, celui-ci était visiblement Métamorphomage, ce qui était un certain signe de puissance. Et vu qu'il l'avait trouvé dans son pageot, il pouvait également en déduire que le rejeton était chez les vert-et-argent. C'était P-A-R-F-A-I-T. Son père serait ravi de l'apprendre. Il semblait avoir fait les choses dans les règles dans le futur. La voix de Dumbledore le fit sortir de ses réflexions.

« Je demande encore votre attention le temps de répartir les nouveaux élèves. » Il s'adressa aux nouveaux-venus qui pour la plupart se dandinaient d'un pied sur l'autre en signe d'impatience et d'inconfort. « Pour éviter que certaines... situations singulières ne soient dévoilées, je prierai à ceux qui possèdent deux noms de n'en décliner qu'un seul, celui de leur choix. Ceci en tenant compte des … éléments dont nous avons discuté plus tôt... » dit-il avec un clin d'oeil aux élèves du futur. Certains ricanèrent en regardant ceux qui rougissaient. Draco songea qu'il devait y avoir des couples improbables dans le futur au vu de ces réactions et sa curiosité fut aiguisée.

Les récents pensionnaires se mirent en file indienne, des plus âgés aux plus jeunes et la répartition commença lentement, des plus âgés aux plus jeunes. Certaines manifestations d'étonnement ou d'amusement se firent à l'entente de plusieurs identités des nouveaux.

Il y eut par exemple un Wilhelm Weasley qui s'installa en souriant à côté d'Hermione Granger avec un grand sourire, ce qui fit rougir grandement Ron et balbutier Hermione. Toutefois, le garçon aux cheveux roux choucroutesques et yeux noisettes détrompa tout le monde quand il affirma être le fils non pas de Ron mais de Percy Weasley. Les Serpentards ricanèrent, les Gryffondors levèrent des sourcils surpris, les Poufsouffles suivirent seulement l'échange et les Serdaigles ignorèrent royalement ce fait. L'adolescent de dix-sept ans fut bientôt suivi par son frère Appolin de Serpentard (c'était donc lui que son fils avait appelé au réveil...), sa sœur Paule de Poufsouffle et le cadet, Suzan de Serdaigle, respectivement de quatorze, treize et douze ans. Eh bien le castor et le préfet coincé avaient donc essaimé partout...

La première vraie surprise cependant, eut lieu lorsque Elzabée Nott, septième année, alla prendre place à côté de Parvati Patil, sourire aux lèvres. Théodore blanchit singulièrement en comprenant qu'il était marié à une rouge-et-or dans le futur. Blaise, plein d'humour comme toujours, lui glissa à l'oreille qu'il s'agissait peut être d'une erreur de jeunesse où l'alcool avait joué un rôle mais Lisa, quinze ans et Reine, quatorze ans, vinrent réfuter cette théorie en prenant place à côté de leur père. Draco pâlit singulièrement, s'inquiétant de plus en plus quant à l'identité de la mère de son fils.

Le métissage entre maisons se confirma avec l'intervention d'Ephèse Thomas, fils de Dean Thomas et Luna Lovegood visiblement, puisqu'il s'installa à la table des Serdaigles à ses côtés, un peu gêné des regards posés sur lui. Draco crut comprendre que Dean pâlissait sous sa peau d'ébène en se découvrant lié à Loufoca. Celle-ci adressa un sourire chaleureux à son fils avant de déposer un baiser tendre sur sa tempe, surprenant tout le monde. Le gamin fut de son côté totalement rassuré et adressa un clin d'oeil à ses sœurs Cassandre et Viviane, deux jolies métisses de treize ans, qui vinrent le rejoindre et un hochement de tête et à Antiochius et Délice, seize et douze ans, qui s'installèrent eux à côté de leur père, qui les regardait d'un air effaré. Seamus à côté de celui-ci, compta sur ses doigts avant de lâcher un « Cinq ! » sidéré, regardant Luna d'un autre œil.

Avec les sixième année, les surprises s'apaisèrent et on nota seulement que Neville Londubat, qui à l'époque du récit n'est pas parmi les garçons les plus prisés de Poudlard, sera dans le futur l'époux de Ginny Weasley, lui donnant deux charmants enfants bruns à tâches de rousseur et yeux bleus, ainsi nommés Lénore pour l'aînée et Jeremiah pour le Poufsouffle de cinquième année. À l'arrivée de Lénore à la table des Lions, Neville osa adresser un sourire plein d'espoir à Ginny, qui bien qu'ébranlée, lui répondit. Elle s'affairait déjà à tresser les magnifiques cheveux d'ébène de sa fille quelques minutes après.

Et cette fois, les cinquième année provoquèrent de grands esclandres. Car on comptait parmi ceux-ci, des représentants de couples plutôt atypiques. En effet, une Sophie Flint ressemblant comme deux gouttes d'eau à une Angelina Johnson absente, prit place à la table des Poufsouffles sous le regard horrifié des membres des équipes de quidditch de Serpentard et Gryffondor. Mais Lucie Dubois, proclamée fille de Padma Patil, rejoignant celle-ci à sa table, rassura au moins les joueurs de Gryffondor, qui s'apaisèrent lorsque son frère cadet d'un an, Léandre, la rejoigne.

Mais la bombe, la vraie bombe... explosa lors que trois garçons aux longs cheveux couleur blé, et ondulés, s'avancèrent avec des airs d'anges d'un même mouvement. Leurs traits étaient identiques et ils respiraient l'espièglerie. Ils déclinèrent leur identité avec un charmant sourire aux lèvres, défiant du regard la table des Gryffondor et celle des Serpentard :

Bilius

Arcturus

et Ricus …

Brown-Bullstrode.

Draco laissa échapper un couinement indigné qui fut suivi par des bruissements écœurés du côté des rouge-et-or. Les trois garçons causant tant de vives réactions se contentèrent de ricaner et se dirigèrent vers la table des Poufsouffle. Tout le monde observa alors la réaction des deux adolescentes supposées être leurs parents. Lavande avait ouvert sa bouche en en rond parfait et Millicent haussait pour l'occasion ses deux sourcils, les yeux légèrement écarquillés. Puis, à la surprise de tous, elles se regardèrent pendant quelques instants avant de s'adresser un sourire. Les murmures s'élevèrent vivement sous le regard inquiet de Dumbledore qui ne réagit pas pour autant. Il appela enfin les élèves restants une fois l'agitation passée.

Anatole Weasley fut envoyé à Serdaigle mais les commentaires qui sillonnaient la salle permirent à Draco de savoir que visiblement, le garçon de quatrième année était le fils de Ronald Weasley. Le blond n'aima pas le regard complice et un peu triste que le garçon échangea avec son propre fils. En quel honneur un Malfoy et un Weasley seraient-ils amis ?

Ce fut enfin le tour d'Edgar Zabini qui s'installa à leur table sans aucune timidité, lançant toutefois des regards hésitants vers la table des rouge-et-or. Blaise, qui était d'un naturel curieux, tenta de faire parler son fils. Comme celui-ci ne crachait pas le morceau après quelques tentatives habiles pour lui soutirer le nom ou même simplement la maison de sa mère, Blaise prit une grosse voix et le toisa sévèrement :

« Je suis ton père et je t'ordonne de me dire qui est ta mère. » Le garçon afficha un sourire amusé avant de répondre sournoisement : « Ce n'est pas toi qui fait la loi à la maison, papa. » Et Blaise de pâlir singulièrement et Draco de rire comme une baleine.

Mais il s'interrompit car le premier des troisième année à s'avancer était son fiston. Une étrange sensation se propagea dans son ventre tandis qu'il entendait la jolie voix claire du gamin énoncer avec flegme : « Sylvestre Malfoy. ». Sylvestre le regarda alors et fit quelques pas vers lui, après avoir jeté un coup d'œil inquiet vers la table des Serdaigle. Draco l'observa alors que contrairement aux autres enfants, il ne prenait pas place à côté mais en face de lui, plantant son regard d'acier dans le sien. En cet instant, il était en tous points semblable à Draco. Celui-ci était certain que l'adolescent souhaitait l'intimider en usant de son propre regard. Mais le serpentard ne se démonta pas, laissant un sourire amusé modeler ses lèvres et d'une voix posée s'adressa à lui :

« Bienvenue à Serpentard Sylvestre. Tu as un très beau prénom. » L'autre sourit également et Draco eut l'étrange impression de se regarder dans un miroir. Le visage de l'adolescent se fendit alors pour qu'il parle :

« Ce n'est pas toi qui l'a choisi. » Il avait dit cela comme on glissait un indice mais c'était si peu que Draco ne chercha pas à creuser la piste. Il n'allait pas se faire avoir comme Blaise. De plus, il préférait être en privé pour découvrir les détails de sa future vie.

Draco fut tiré de ses considérations pratiques lorsqu'un murmure scandalisé secoua le public de la Grande Salle. En effet, Suu Goyle venait de rejoindre sa mère Cho Chang à Serdaigle. Draco haussa un sourire amusé cette fois. Comment ce gorille de Goyle avait-il pu attraper la Princesse Exotique de Serdaigle ? C'était intéressant... Mais après tout, Londubat avait bien écopé de la femelle Weasley alors tout était possible. Et visiblement, tout était possible deux fois puisque le petit Hadrien Goyle trottina ensuite vers Gregory Goyle, ses jolis yeux tirés ne laissant aucun doute sur l'identité de sa mère. Étrangement, le Serpentard balourd semblait plus content que surpris. Il regardait son fils presque avec sympathie, lui souhaitant honorablement la bienvenue dans la maison des serpents.

Les deux derniers représentants de la génération future s'avancèrent ensemble en se tenant la main. Il s'agissait de deux première année aux cheveux blonds et aux yeux rieurs mais leur mâchoire était carrée et peu élégante et ces traits coupés au couteau n'étonnèrent plus personne lorsque l'un d'eux tira maladroitement sur la manche de Pansy pour attirer son attention. Elle aurait probablement été contente d'avoir des fils aussi charmants malgré le lourd héritage dont elle leur avait fait part s'ils ne s'étaient pas nommés Rodrigus et Patrick Finnigan et que le premier n'avait pas rejoint un Seamus rouge pivoine.

C'en était désormais fini de la répartition et tous mangèrent avec entrain, les parents tentant tous d'en apprendre plus sur leur avenir, les enfants espérant faire le moins de gaffes possibles. Finalement, comme chaque maison en prenait un peu pour son grade question couples étranges, un accord commun pourtant non concerté fit que les moqueries ne reprirent pas. Soudain, à la table des Vert-et-argent, Edgar prit la parole, se tournant vers son paternel avec une moue mécontente :

« A votre époque on n'a pas le droit de changer de table ou quoi ? » Blaise le fixa quelques secondes avant d'expliquer : « A notre époque, les Serpentard sont les rois, les Serdaigles sont perchés trop hauts, les Gryffondor sont des abrutis et les Poufsouffles des cœurs trop faibles. Tout ce beau monde n'a rien à faire ensemble. » Edgar renifla dédaigneusement. Il se tourna vers Sylvestre.

« Je vais voir Anatole. Tu viens ? » Sylvestre amorça un mouvement pour se lever lorsque la voix de Draco s'éleva, claquante.

« Tu n'iras pas retrouver ce Weasley. » L'adolescent se rassit instantanément, baissant la tête sur son assiette. Edgar regarda Draco, choqué. Même Blaise eut une moue sceptique. Il se pencha vers le blond et lui glissa :

« On ne sait pas comment ça se passe dans leur temps. Peut être que dans le futur tu laisses ton fils fréquenter le fils de la belette. » Draco le lorgna avec méchanceté et répliqua :

« Dans aucun espace temps mon fils ne se lie d'amitié avec un Weasley. »

Sylvestre eut l'air accablé par les propos de son père. Ses épaules s'avachirent et il ne suivit pas Edgar des yeux tandis que celui-ci rejoignait Anatole après avoir lancé un regard noir à son père semblant signifier : « Si tu crois que toi tu vas m'en empêcher... ». Draco vit le fils de Blaise échanger quelques mots avec le fameux Anatole et ils regardèrent tous deux vers Sylvestre qui daigna quitter des yeux son porridge pour leur adresser un hochement de tête négatif.

Il fut convenu que les nouveaux élèves suivraient les cours correspondant à leur niveau. Toutefois, en ce qui concernait les dortoirs, chaque nouvel élève retrouverait un lit le plus similaire possible à celui qu'il avait dans le futur et dans la pièce où il était censé vivre. C'est ainsi que Draco découvrit que Sylvestre avait exactement le même lit que lui et qu'il était positionné à la droite du sien.