Quelques jours avant ….
Les yeux de Klaus pétillaient comme il regardait Stefan faire glisser son bâtonnet de glace entre ses lèvres. La galerie Apollon du Louvre à cette heure-là de la journée était presque déserte. Ils étaient seuls devant une immense fresque représentant le dieu grec dans toute la splendeur de sa nudité. Les rayons du soleil d'été filtraient par la grande porte-fenêtre et tombaient droit sur Stefan, le nimbant fortuitement d'une aura éclatante.
L'œil appréciateur de Klaus ne loupait rien du spectacle que lui offrait le jeune homme. De son t-shirt d'une douce nuance taupe, tellement étriqué qu'il laissait parfois entrevoir le bas de son abdomen parfaitement plat et bien dessiné au hasard de ses mouvements, et dont ses manches ultra courtes ne cachaient rien de ses bras finement sculptés. A son jean clair juste suffisamment moulant pour laisser deviner le bombé de son petit derrière ferme et rebondi. Un beau corps masculin, musclé et gracile à la fois, et dont la sensualité involontaire ne cessait d'émouvoir Klaus jour après jour.
« Quoi ? », demanda Stefan en se tournant vers lui avec un de ses charmants sourires, innocent et coupable en même temps du trouble qu'il provoquait chez son ami. Sous le soleil, le vert translucide de ses yeux ressortait merveilleusement, et, même en pleine clarté du jour, sa peau au grain serré et lisse était parfaitement sans défaut.
Klaus lui rendit son sourire, captivé par la vision qu'il avait devant les yeux. « Je me disais que cet œuvre est loin de rendre hommage à la magnificence d'Apollon ». S'inclinant vers l'oreille de Stefan, il continua d'un ton enjôleur : « Je suis persuadé que ma version serait de loin meilleure pour peu que tu acceptes d'être mon modèle ».
« Tu veux dire que j'accepte de m'exhiber nu devant toi pendant de longues heures », se contenta de répliquer Stefan, pas dupe, en suçotant sa glace. C'était de ces glaces à l'eau multicolores de forme conique dont Stefan raffolait à cause de la sensation froide qu'elles procuraient plutôt que pour leur goût acidulé.
Le sourire carnassier de Klaus s'accentuait encore plus pendant qu'il passa un bras autour des épaules de Stefan et lui susurra à l'oreille : « Bah ! Ce n'est pas comme si je ne connaissais pas déjà en long, en large et en travers tous les coins et recoins de ce merveilleux corps que tu as, mon amour. C'est juste que le spectacle en live serait beaucoup plus … inspirant. D'un point de vue artistique, s'entend ».
« C'est ça ! Bien sûr … ». Stefan rigola et se dégagea de l'étreinte de Klaus pour reprendre leur promenade dans la galerie, rougissant malgré lui à l'évocation suggestive de ce dernier. Il était vrai que, depuis qu'ils étaient ensemble, son hybride de compagnon lui avait révélé bien des parties de son corps dont il était complètement inconscient.
Klaus quant à lui, adorait le voir rougir ainsi. Il fit quelques pas en silence puis, se pressant contre Stefan à nouveau en l'enlaçant par la taille, il revint à la charge. « Alors ?», insista-t-il d'un ton cajoleur.
Stefan poussa un soupir résigné, incapable de résister à la douce chaleur qui émanait du corps de Klaus ainsi que son souffle parfumé dans son cou. « Qu'est-ce que j'y gagnerais ? », marchanda-t-il un peu pour la forme.
Klaus sourit triomphalement d'une oreille à l'autre devant sa semi-acceptation. « J'ai déjà prévu une surprise ce soir. Tu ne seras pas déçu ».
Le jeune homme rendit les armes avec grâce. « Bon d'accord alors. Mais je veux une surprise par jour tant que tu n'auras pas fini. Parce que je sais trop bien comment ça se termine, dès que j'enlève mes vêtements devant toi ».
Ce disant, il aspira avec force entre ses lèvres serrés son bâtonnet de glace qui commençait à dégouliner. Klaus n'en pouvait plus ! Au moment où ils passaient près des toilettes, il tira Stefan par le bras et le bouscula pour l'y faire entrer, pressé de goûter à cette bouche délicieusement givrée et sucrée sur laquelle il fantasmait depuis un bon moment.
Décidément, Stefan ne s'habituait jamais à ce côté très sexuel de Klaus. N'importe où. N'importe quand. Tout était prétexte pour le culbuter dans des endroits impossibles, publics de préférence, dans lesquels Klaus aimait le coincer, et ne le lâchait qu'une fois qu'il lui avait fait voir les étoiles et l'avait mis sens dessus dessous. Cela faisait partie de ces jeux érotiques auxquels l'Original l'initiait jour après jour, nuit après nuit. Et, Stefan avait beau être un élève surdoué en la matière, Klaus gardait toujours une longueur d'avance sur lui.
La vie aux côtés de Klaus était à la fois facile et épique. Ils avaient le monde entier à explorer ensemble et l'éternité pour le faire, et avaient décidé de commencer leur périple par l'Europe. Ils alternaient entre les cités célèbres et les régions plus reculées selon leur humeur du moment, prenant le temps de goûter à tous les divertissements qu'offrait chacun des endroits traversés. Ils firent halte de temps en temps comme en ce moment, lorsqu'ils se lassaient des palaces luxueux mais impersonnels, dans les pied-à-terre que Klaus possédait un peu partout dans le monde.
Même si Klaus avait beau déjà parcouru tous ces lieux, c'était autre chose que de pouvoir le refaire en compagnie de Stefan. Il redécouvrait tout sous un nouveau jour avec un plaisir renouvelé à travers le regard curieux et émerveillé de son petit ami.
Stefan quant à lui, découvrait au fil des voyages derrière le tueur impitoyable aux pulsions dévastatrices, un esprit extrêmement cultivé et un homme de goûts des plus raffinés, nourrissant une grande passion pour l'art en général, et la peinture tout particulièrement.
Et il s'épanouissait au contact de Klaus comme jamais il ne l'avait été depuis sa transition. C'était comme s'il avait d'un coup Damon, Elena et Lexi, combinés en une seule et même personne à ses côtés. Car Klaus, non content d'être l'amant passionné, remplissait aussi pour lui le rôle du grand frère initiateur, complice et protecteur, et se faisait en plus ami et mentor comme Lexi l'avait été pour lui.
Car le vieux vampire expérimenté prenait vraiment à cœur à enseigner à ce jeune vampire, si mal armé pour sa condition, à maîtriser ses pulsions face au sang humain, ayant compris que la nature profondément dépressive de Stefan et son mal-être latent prenaient source principalement de là.
Ainsi, Klaus veillait aussi bien à l'équilibre mental de Stefan, qu'il comblait sa vie affective et sentimentale. Alors, sous sa coupe, pour la première fois depuis longtemps, Stefan se sentait aimé, compris et en sécurité comme jamais il ne l'avait été. Pour la première fois, l'esprit tranquille et le cœur léger, délesté, du moins pour une grande part, du poids de la culpabilité et du dégoût de soi qui plombaient son existence et l'empêchaient d'avancer, Stefan autorisait enfin son esprit à s'ouvrir comme une fleur à la beauté du monde qui l'entourait.
Ce soir-là, Klaus l'emmenait d'abord voir un vernissage d'une connaissance qu'il avait tissée des années auparavant dans le cercle des peintres contemporains. Une des rares choses que Klaus s'efforçait de faire pour tromper son ennui et maintenir un semblant de lien avec la société, et, en même temps, assouvir sa passion pour la peinture.
En fin de soirée, ils allèrent dîner dans un de ces grands restaurants parisiens renommés où il fallait en temps normal réserver des semaines à l'avance. Avec Klaus, évidemment, l'hypnose était faite pour contourner ce genre d'inconvénient.
Le maître d'hôtel les accueillit chaleureusement en clients habitués, Klaus ayant visiblement fréquenté les lieux plus d'une fois. Il les guida jusqu'à une table situé un peu à l'écart, donnant sur une terrasse ouverte servant entre-autre de fumoir. L'ambiance luxueuse et feutrée du lieu était rendue intime par l'éclairage aux chandelles par des bougies disposées à chaque table et par une musique live discrète dispensée par un petit groupe de musiciens. Au-delà de la terrasse, on pouvait voir s'étaler la ville lumière dans toute sa splendeur.
Stefan dut reconnaître que Klaus ne détonnait pas du tout dans ce cadre extrêmement huppé. Il était sobrement en veste et jean noirs sur une chemise grise foncée dont les premiers boutons ouverts laissaient apparaître le début de sa poitrine, mais ses vêtements étaient extrêmement seyants et dénotaient une grande classe.
Ses gestes et sa manière de se mouvoir étaient également empreints d'une élégance naturelle qui naissait d'une combinaison entre l'aisance, l'assurance et la souplesse d'un félin dans un beau corps délié. Stefan était d'autant plus captivé et admiratif devant cette façade infiniment séduisante, qu'il connaissait aussi le prédateur impitoyable aux pulsions sadiques qu'il y avait derrière.
Tout le repas, Klaus se montra charmant comme il pouvait l'être quand il le voulait. Sa conversation était par ailleurs toujours intéressante et plein d'esprit, Klaus connaissant des tas d'anecdotes sur tout, emmagasinées au cours de sa longue existence, et qu'il se faisait un plaisir de partager avec son ami.
Stefan s'absorbait dans ses mots, subjugué par le charisme de sa personnalité. La bouche de Klaus l'hypnotisait, comme souvent. Une bouche presque féminine, tellement ses lèvres étaient rouges et charnues, qu'on les qualifierait volontiers de pulpeuses. L'émoi qu'il commençait à ressentir embarrassait Stefan et il détourna à grande peine ses yeux de Klaus pour le dissiper. Levant la tête, il croisa par hasard à travers la grande salle le regard d'un homme assis seul dans un coin à l'opposé de leur table.
Eclairé par la chandelle posée devant lui, l'homme avait une cinquantaine d'années et était de corpulence assez imposante, habillé élégamment, probablement un riche homme d'affaire ou diplomate. Lorsque l'homme vit qu'il avait capté l'attention de Stefan, il leva son verre en direction de ce dernier et lui adressa un sourire comme pour lui porter un toast, le tout accompagné d'un petit clin d'œil coquin.
Stefan détacha rapidement son regard de l'inconnu pour revenir sur Klaus. Ce n'était pas tant qu'il était gêné par l'intention lubrique à peine voilée derrière l'expression de cet homme. Après tout, il avait souvent déjà eu à se défaire de ce genre d'attention de la part d'inconscients humains qui ne voyaient en lui qu'une tentation charnelle. D'autant plus que, depuis qu'il était avec Klaus, il attirait encore plus, car ce dernier ne faisait rien pour cacher la nature de leur relation lorsqu'ils étaient ensemble en public.
En réalité, Stefan avait plutôt peur pour l'inconnu, que Klaus s'aperçut de son manège. Car il y avait bien quelques zones d'ombre dans sa relation avec son puissant et terrifiant compagnon, et l'une d'elles était l'extrême jalousie et possessivité de ce dernier à son encontre. Quelque chose qui frisait l'obsession et la maladie. Combinée à l'instinct meurtrier de Klaus, cela pouvait facilement dégénérer et résulter en de funestes conséquences pour qui aurait osé ne fût-ce que poser un regard sur lui de l'Hybride aurait jugé ambigu.
Une fois, par inadvertance, Stefan avait retourné machinalement le sourire à un inconnu, ne s'étant pas rendu compte sur le moment qu'il lui faisait de l'œil, signant ainsi purement et simplement l'arrêt de mort de ce dernier. Et Klaus lui avait fait une scène mémorable la soirée qui avait suivi, scène qui s'était soldée, bien entendu, par des excuses en nature de Stefan sur l'oreiller pendant toute une nuit.
Oui, il y avait des concessions à faire quand on était en couple avec un être aussi redoutable que Klaus. Pour l'heure, Stefan était soulagé de voir que son compagnon ne semblait avoir rien remarqué de l'échange de regard qu'il avait eu avec l'inconnu. Klaus semblait préoccupé par quelques pensées, puis, il finit par sortir de la poche intérieure de sa veste une petite boîte damassée de couleur bleu nuit qu'il glissa sur la table vers Stefan.
Le jeune homme leva un regard interrogateur : « Qu'est-ce que c'est ? ».
« Un petit cadeau », répondit-Klaus en prenant une gorgée de sa coupe de champagne pour masquer sa subite nervosité.
Stefan caressa la boîte du bout des doigts en souriant. « En quel honneur ? Ce n'est pas mon anniversaire, ce n'est pas la Saint-Valentin, … »
« C'est … en souvenir de notre première fois », commença doucement Klaus, choisissant ses mots avec soin. Comme regard de Stefan devint vague alors qu'il essayait de situer de quelle première fois Klaus parlait, ce dernier lui facilita la tâche. « Cela fait un an, jour pour jour, que tu es venu me voir pour sauver ton frère ».
Le sourire se fana lentement sur les lèvres de Stefan en même temps qu'une ombre assombrit soudainement ses beaux traits à l'évocation de ce souvenir. Il s'était donné à l'Hybride ce jour-là en échange du remède pour sauver Damon de la morsure de loup-garou, et ce que Klaus lui fit subir alors était plus proche du viol que de rapports consentants.
Klaus ressentit un pincement au cœur en voyant sa réaction. « C'est pour … m'excuser ». Le dernier mot, inhabituel pour lui, avait du mal à sortir de sa bouche, même si les sentiments se bousculaient aux bords de ses lèvres pour s'exprimer.
Stefan fixa la petite boîte et sembla incapable de dire quoi que ce soit sur le coup. Ils n'avaient jamais pu en reparler ensemble, de ce qui s'était passé ce jour-là qui avait pourtant signifié véritablement le début de leur relation. C'était resté depuis un énorme non-dit tabou entre eux, même si c'était un souvenir douloureux qui hantait Stefan et le marquait au fer rouge et qui, en dépit de tout l'amour qu'il ressentait pour Klaus, surgissait comme un mauvais diable hors de son contrôle chaque fois que l'Hybride le prenait dans ses bras.
« Tu ne veux pas ouvrir ? » demanda-Klaus devant le silence qui se prolongeait, feignant la légèreté, alors que son cœur s'était arrêté momentanément de battre, suspendu à la réponse que Stefan voudrait bien lui donner à la question implicite. Est-ce que tu me pardonnes ?
Stefan poussa un léger soupir et ouvrit finalement la petite boîte, révélant à l'intérieur un bracelet souple en métal argenté, avec des mailles en forme de tresse.
« Cela fait partie de notre histoire, Stefan, qu'on le veuille ou non », reprit Klaus en se penchant par-dessus la table et lui saisissant une main. « Je pourrai très facilement te l'enlever de la mémoire, mais ce ne serait pas juste pour toi. Alors, je voulais que tu saches combien je regrette ce qui s'était passé ».
Il continua alors que l'émotion perçait dans sa voix. « Et je te fais la promesse aujourd'hui que jamais plus je ne forcerai ta volonté, et que je m'emploierai désormais à faire tout ce qui sera en mon pouvoir pour te rendre heureux, et cela pour l'éternité, si tu acceptais de la passer à mes côtés ».
Klaus souleva le bracelet et scruta le visage de Stefan. « Et ce bracelet sera là pour me rappeler cette promesse ».
Le silence qui se prolongeait oppressait douloureusement la poitrine de Klaus. « Est-ce que je peux te le mettre ? » Insista-t-il, son regard brûlant d'intensité.
Stefan n'osait pas trop y croire. Depuis qu'ils étaient ensemble, en ce qui le concernait, Klaus était devenu en peu de temps tout son univers. Il était son ami, son amant, son mentor. Et plus encore que Stefan ne pourrait l'exprimer par des mots.
Mais que ressentait Klaus exactement pour lui, il n'était sûr de rien. L'Hybride cachait bien ses sentiments derrière une façade de libertinage. Certes, il agissait avec Stefan en propriétaire possessif et aimait le soumettre par le sexe, mais jamais il ne lui avait fait de déclaration ni de promesse.
Au contraire, il lui laissait parfois entendre à mi-mot que son passé était peuplé de multiples conquêtes, aussi bien féminines que masculines. Rien dans son comportement ne permettait à Stefan de croire que Klaus le considérait comme autre chose que son 'petit ami du moment' dans sa longue et riche existence.
Et, secrètement, Stefan avait au fond de son cœur la hantise qu'un jour Klaus l'abandonnât. Comme finissaient par le faire d'une manière ou d'une autre tous les êtres qui avaient un jour compté le plus pour lui. Telle était la tragédie de la vie de Stefan.
Que ce soit sa mère, son père, son frère, Lexi, Katherine et Elena, tous ces êtres qui lui étaient les plus chers avaient un jour marché hors de sa vie à son grand désespoir. Et le pire dans tout ça c'était qu'il était dans la plupart du temps responsable, directement ou non, de son propre infortune, même sans le vouloir.
Alors, Stefan angoissait de reproduire ce schéma-là, de finir par commettre une faute impardonnable qui aurait détruit sa relation avec l'Hybride.
Et là, Klaus était en train de lui proposer l'éternité à ses côtés. Le plus puissant, arrogant et égocentrique vampire existant au monde était en train de lui demander pardon, se mettre en situation de quémandeur et laisser apparaître son humanité et sa vulnérabilité pour lui. C'était un rare et inestimable présent que Klaus lui faisait.
L'émotion enserrait la gorge de Stefan lorsqu'il tendit enfin son poignet et laissa l'hybride lui attacher le bracelet.
« En fait, c'est pour mieux me lier à toi si je comprends bien », dit-il quand il put enfin parler d'une voix normale en tripotant le bijou. Levant son regard brillant de larmes, il adressa à Klaus un de ses sourires désarmants qui ne manquaient jamais de faire fondre le cœur pourtant endurci de l'Hybride. « Alors soit, si cela signifie que tu ne me quitteras jamais et que tu me dois une éternité de bonheur ».
L'émotion faisait chavirer le visage de Klaus à ces paroles de Stefan qui, implicitement, reconnaissait par là leur engagement mutuel jusqu'à la fin des temps. « Oui, Stefan. Je te le promets ».
Il se leva et entraîna Stefan sur la terrasse où il l'enlaça doucement mais fermement par la taille, le guidant langoureusement aux sons atténués par la distance du slow qui les berçait à ce moment-là. La main de Klaus au creux du dos de Stefan éprouvait la souplesse et la chaleur de la chair qu'il devinait à travers la fine étoffe de sa chemise. En même temps, ses yeux fixèrent sans pouvoir s'en détourner les lèvres légèrement entrouvertes du jeune homme, si roses et pleines et dont il connaissait exactement la douce texture et l'extrême tendresse.
Klaus pencha sa tête et approcha sa bouche jusqu'à pratiquement frôler ces lèvres si tentantes et qui semblaient déjà s'enfler de désir d'être écrasées et malmenées. Mais il s'arrêta à un cheveu de les toucher, prenant plaisir à humer l'odeur délicieuse de Stefan, jouissant du trouble visible qu'il provoquait chez ce dernier. Ce n'était encore qu'un petit prélude à la nuit divine et exquise qui se profilait à l'horizon.
Pendant qu'il le tenait entre ses bras, Klaus savourait la sensation victorieuse d'avoir au final conquis Stefan corps et âme et, maintenant, son cœur. Il y avait tant de choses que Klaus aimerait vivre ou revivre avec ce jeune compagnon à ses côtés et l'éternité lui semblait désormais trop courte pour toutes les réaliser. Un sentiment de plénitude et une chaleur douce l'envahissaient. Klaus était heureux.
