CHAPITRE I : Confrontation
La porte s'ouvrit dans un grand fracas. Harry releva la tête avec cette habituelle lassitude qui l'habitait depuis la disparition de Sirius. Tenant la porte, un grand rouquin se tenait là, jambes écartées et une main sur la hanche. Son regard colérique laissa place à la confusion ?
« Oh, excusez-moi. Je pensais y trouver quelqu'un d'autre ? »
Harry, un sourire en coin, ne le contredit pas. Une petite silhouette, sur la pointe des pieds, réussie à regarder par-dessus l'épaule de dit embarrassé.
« Harry ! »
Faisant chanceler le jeune roux, Hermione se précipita sur Harry, le prenant dans ses bras. Abasourdi, Ron Weasley entra dans le compartiment refermant la porte derrière lui, et s'assit en face de son plus cher ami.
« Harry, je ne t'avais pas reconnu. Il faut dire que l'on ne s'est pas vu cet été, malgré toutes nos visites et nos courriers sans réponse.
-Oh, Harry, ne l'écoute pas. On se faisait juste du souci à ton sujet. »
Hermione détacha ses bras du cou d'Harry pour s'assoir près de lui, lissant les pans de sa robe de sorcière. Seul Harry avait gardé ses vêtements de moldus. Un silence pesant s'installa. Harry ne prêta pas attention à ses deux acolytes, laissant son regard voguer le long des paysages illuminés par un soleil éclatant. Hermione s'était lancée dans un discours sur les cours de cette année, les Aspics ainsi que les manuels qu'elle avait bien entendu déjà lu et assimilé. Ron répondait par des petits grognements d'ennuis fixant Harry et son insensibilité quant au monologue d'Hermione.
Brusquement, Harry se tourna vers Ron qui arborait un air de satisfaction. Il ne se souvenait pas de ce qu'il avait bien pu dire et il s'en moquait bien. Un seul nom résonnait dans son esprit « Drago ». Ron ne se montra pas choqué de la réaction de son ami. Il se doutait bien que tout ce qui touchait à ce serpent de Malfoy, leur rival détesté, le ferait réagir et pour cela, il était assez fier de lui. Harry voulut parler mais aucun son ne sortit de sa bouche. Hermione, outrée du changement soudain du ton de la conversation, proposa à Harry d'aller se changer.
En effet, les tours de Poudlard déchiraient un ciel gris remplaçant le beau temps de tantôt. Se levant avec maladresse, Harry prit sa robe de sorcier et s'apprêta à sortir du compartiment.
« Harry, où vas-tu ?
-Me changer. Ce n'est pas ce que tu m'as demandé, Hermione ?
-Mais tu peux très bien le faire ici. Je t'ai déjà vu torse nu, cela ne me dérange pas.
-Je préfère quand même. Je serai à côté. »
Il ferma la porte sans un regard pour ses amis. Hermione baissa les yeux, ses joues ayant prises une teinte rosée.
Malfoy, seul, somnolait bercé par les mouvements du wagon. Il n'entendit pas la porte s'ouvrir, mais seulement un bruit sec comme des boutons de chemise que l'on ouvrait puis un bruissement de soie. Il entrouvrit lentement les paupières et retint son souffle ; un reflet sur la vitre lui offrait l'image d'un jeune homme. Il n'était visible que de dos mais Drago Malfoy le reconnut aussitôt. Ne pouvant détacher son regard du reflet qui s'imposait devant lui, il s'attarda sur ce corps. Comme il l'avait supposé plus tôt, son corps avait terriblement changé ? Ses maigres bras avaient été remplacés par des muscles saillants, « des bras qui promettaient la sécurité » pensa Malfoy. Son dos lui paraissait tel un bloc de marbre, solide et d'une blancheur soutenue. Son regard s'attarda sur les marques plus foncées qui striaient son dos. Ses sourcils se froncèrent… « Des griffures ». Non pas des griffures dues à la défense ou pour faire mal, mais des griffures empestant la passion. La robe de sorcier recouvrit ses marques. Drago referma ses paupières, ses yeux ne pouvant plus supporter ce spectacle, son esprit imaginant une femme, peut être même une moldue !, donnant forme à sa jouissance en utilisant des ongles manucurés avec soin la veille. La nausée le prit. Il priait pour entendre la porte s'ouvrir puis se refermer incessamment.
Silence. Il ne pouvait plus soutenir ce silence, son cœur se serrait sans raison apparente. Des pas se rapprochant. Le parfum qu'il dégageait le submergeait. Il sentit ses cheveux frôler sa joue.
« Je sais que tu es éveillé. »
Le cœur de Drago fît un bond dans sa poitrine à l'écoute de se murmure étouffé par le silence. Ce Potter… avait-il toujours eu cette voix si suave ? Il sentait ses fascinants yeux verts posés sur lui, son visage qui se rapprochait dangereusement du sien, et son souffle… son souffle si près. Ne pas bouger, surtout ne pas bouger. Les dernières paroles qu'il avait dû prononcer, Drago ne les entendit pas, avec regret. Qu'importe. La surprise de ce geste de ce Potter de malheur lui fit tout oublier. Lorsqu'il sentit les lèvres de Potter appuyant sur les siennes, son esprit était dans une telle confusion qu'il n'entendit pas la porte de son compartiment se refermer.
Les insistances de Crabbe et Goyle le sortirent de son songe.
« Malfoy ! Eh, Malfoy ! »
La nausée le reprit lorsque, ouvrant les yeux ; il vît le visage de Goyle près du sien.
« Qu'est-ce qu'il y a ? hurla Drago repoussant Goyle avec une telle violence que ce dernier se retrouva projeté contre un mur derrière lui.
-Ben….euh…c'est que…P-P-P-Poudlard…bégaya Crabbe. On est arrivé.
-Ah !... » Seul fût la réponse de Malfoy se relevant et réajustant sa robe.
« Eh bien allons-y.
-Euh…
-Quoi encore, Goyle ? le ton de Malfoy se fît menaçant.
- Euh… je …on… c'était pas Harry Potter qu'est sorti de ton compartiment t'à l'heure ?
-Tu te trompes. »
Drago était déjà dans le couloir lorsqu'il prononça ces mots. Crabbe et Goyle regardaient son dos qui s'éloignait, se fixèrent, puis essayèrent de rattraper leur chef dans le flot des élèves essayant de sortir du train.
