Disclamer : Le monde et les personnages d'Harry Potter ne m'appartiennent pas... Malheureusement !

Titre : Certe Vivere

Résumé : "Certe Vivere est une potion permettant de faire revivre à une personne ses épreuves physiques et morales. Ainsi, elle se manifeste par des crises de "souvenir". De plus, les personnes possédant des capacités en occlumencie auront tendance à souffrir plus que les autres." Et si Draco Malfoy faisait boire cette subtance à Potter, quelles en seraient les conséquences ?

Personnages : Severus Snape / [Harry Potter / Luna Lovegood] / Draco Malfoy

Bêta : Mael Galant, qui a écrit une belle et magnifique fanfiction Harry Potter en cours... Malheureusement, ce méchant Québecois passe la publication de deux fois par mois à une fois par mois... Mais bon. Je ne peux pas dire grand chose comme je ne publie pas régulièrement !

Note : À partir de maintenant et pour rassurer mes lecteurs, je vais poster mes avancées pour que vous sachiez où j'en suis dans toutes mes fanfictions !

- La vengeance des Malfoy, chapitre 4 : Pas commencé

- Il ne faut pas mentir, chapitre 2 : En cours (2000 mots environ)

- Les 100 façons de dire "Je t'aime", chapitre 2 : En cours (1000 mots environ)

- Le coup du Destin, chapitre 2 : Pas commencé

- Social Work, chapitre 7 : En cours (2000-3000 mots environ)

- J'aurai mon indépendance, chapitre 6 : En cours d'écriture par Noyr Desyre


Certe Vivere


Chapitre 1


- Mais que vous est-il arrivé ? Murmura Severus.

À cette question, Harry poussa un gémissement pitoyable en se cognant la tête contre le mur à plusieurs reprises, voulant oublier définitivement ce qu'il avait subi, ce qu'on lui avait fait endurer pendant seulement quelques minutes mais qui lui avait semblé être des heures. Lorsqu'il voulut percuter une nouvelle fois la pierre sans tenir compte de la douleur provoquée, une main amortie l'impacte, le faisant gémir de désespoir.

- Mr Potter, souffla la voix du maître des potions avec une patiente surprenante, calmez-vous, regardez-moi et prenez ma main.

En entendant le verbe "regarder", un rire amer franchit ses lèvres. Il aimerait tellement voir les cheveux gras du directeur de Serpentard, ses robes lugubres possédant une centaine de bouton à elle seule, ses regards haineux… Oui, il préférait voir tout ça que d'être plongé dans le noir. Harry la sentait cette sensation familière, celle d'être perdu. Comme quand il était petit et enfermé dans son placard, le brun cherchait la sortie. Généralement, il arrivait à trouver la grille et restait accroché à elle jusqu'à que sa tante vienne l'ouvrir mais là… dans ces ténèbres, il n'y avait rien pour s'accrocher, il lui semblait glisser sur une paroie sans fin. Perdu et seul, le survivant serrait ses bras autour de lui, espérant ressentir un peu de chaleur, n'importe quoi tant que ça lui enlevait ce grand vide.

- M'entendez-vous monsieur Potter ? Questionna patiemment la voix grave de son professeur.

- Oui, murmura pitoyable Harry en se tassant contre la statue.

- Alors prenez ma main que je vous aide à sortir de là, vous avez impérativement besoin de soin, souffla Snape.

Avec un souffle tremblant, Harry tendit sa main face à lui, espérant rencontrer celle de son vis-à-vis, mais rien, si ce n'était encore ce vide. Alors aussi rapidement qu'elle était apparue, il la ramena vers lui sans réussir à retenir les larmes qui ne demandaient à couler depuis le début de cet enfer. Certes, il avait sans doute connu pire chez ses moldus mais… Poudlard était sa maison. Alors se rendre compte que finalement, même chez soi, rien n'était sûr, qu'il pouvait souffrir autant qu'avec son oncle, c'était douloureux, ça faisait bien plus mal que le doloris.

"Où est chez moi ?", s'interrogea-t-il alors que les larmes ne cessaient de couler, silencieusement.

Et sans savoir pourquoi, Severus fut choqué par cette vision, bien plus que face aux traces de sang et de coups. Ce qu'il avait devant lui, ce n'était pas son Potter, le fier et arrogant petit Survivant qui se pavanait dans les couloirs, le sourire aux lèvres. Non, ce n'était qu'un gamin de seize ans qui était perdu, qui était résigné à être seul et qui pleurait sans bruit, ni grimace, comme si l'eau coulait d'elle même. Et sans le vouloir, l'image d'un garçon aux cheveux noirs, allongé dans son lit alors que les gouttes cascadaient sur son visage, lui revint en mémoire, se superposant sur celle de son élève détesté.

- Ne voyez-vous pas ma main Mr Potter ? Demanda Severus en laissant sa main planer dans le vide.

- Non, répondit la voix rauque du Gryffondor. Je ne vois que du noir… Et… Et je crois que je me noie.

Délicatement, le professeur de potion prit la main de son élève, le faisant brusquement sursauter. Mais lorsque celui-ci se rendit compte que ce n'était que lui, sa main se serra douloureusement autour de la sienne.

- Je… Je l'ai trouvé professeur, souffla doucement le brun.

- Qu'avez-vous trouvé Mr Potter ? Questionna Severus.

- L'endroit où m'accrocher, répondit Harry en fixant ce qu'il imaginait être les obsidiennes de Snape. Comme dans mon placard…

Visiblement, Harry Potter était en état de choc à en juger par son calme presque surnaturel et ses paroles incohérentes. Les sourcils froncés sous la concentration, Severus se demanda s'il devait amener le rouge et or à l'infirmerie. Pompom n'aurait pas forcément le temps de s'en occuper et le brun resterait seul dans son lit, les yeux dans les vagues. Il pourrait éventuellement l'amener chez le directeur, mais il était trop tard pour cela. De plus, Albus était un vieil homme et devait sans aucun doute avoir besoin de sommeil, surtout avec ses nombreux voyages à l'extérieur du château. Avec un soupir, Snape sut que ce serait encore à lui de s'en occuper. Au moins pour ce soir…

- Pouvez-vous vous lever Mr Potter ? Interrogea le potionniste.

- Oui.

Ainsi, le maître des potions l'aida à se redresser en le tirant vers lui tout en le guidant pour éviter qu'il percute la statue. Une fois debout, Severus vit que les dégâts étaient encore plus importants qu'il ne le pensait au premier abord. En effet, le corps du brun était méconnaissable. À l'oeil nu, le mage pouvait voir des traces de strangulation, des coupures, des ecchymoses en formation, des brûlures et encore, Harry portait son uniforme. Le directeur de Serpentard n'osait pas imaginer ce qu'il verrait en enlevant ses vêtements. C'était d'ailleurs miraculeux que son élève soit encore sur ses deux jambes. En gardant toujours la main chaude dans la sienne, son professeur le guida jusqu'à ses appartements, même si Harry put remarquer que le potionniste marchait beaucoup plus lentement que d'habitude.

- Nous sommes devant la porte de mes appartements Mr Potter, informa patiemment Severus. Étant trop tard pour contacter ou aller voir qui que ce soit, vous dormirez dans ma chambre le temps d'une nuit.

Discrètement, le professeur souffla le mot de passe une fois qu'il fut sûr qu'Harry ait compris puis rentra dans son sanctuaire tout en évitant au Gryffondor de trébucher sur le tapis ou encore de se prendre la table. Celui-ci, qui était silencieux depuis le début du trajet, essayait vainement d'imaginer à quoi ressemblait le lieu où habitait Snape.

- Monsieur ? Souffla timidement Harry. Vous pourriez… Vous pourriez me décrir vos appartements, s'il vous plaît ?

Le silence fut long et pesant pour le survivant qui ne savait plus où se mettre. C'était pourtant évident que son professeur allait l'envoyer paître, ou du moins l'ignorer. En se traitant mentalement d'imbécile, Harry essaya de récupérer sa main mais celle du directeur des Serpentard était fermement serrée autour de la sienne.

- Les murs sont gris claire, commença Snape, hésitant, d'une voix guindée. Sur votre droite, il y a une grande cheminée avec des cadres photos. Non loin de celle-ci se trouvent deux bibliothèques de livres de potion avec en face une gigantesque table en bois massif. De l'autre côté de la pièce se trouve mon bureau où je corrige mes copies. À la droite de mon bureau, il y a la porte menant à ma classe et non loin de celle-ci, celle menant à ma chambre. Dans ma chambre, il se trouve qu'il y a également une porte menant à ma salle de douche.

- Merci, murmura Harry, les yeux dans les vagues, légèrement ému par l'effort de son professeur.

Avec un hochement de tête inutile, l'espion amena l'élu vers le canapé où il l'obligea à s'asseoir avant de rejoindre son fauteuil, près du feu. Face à lui, le gryffondor baissa la tête vers ses genoux, serra davantage ses bras autour de lui et resta ainsi sans bouger d'un seul millimètre. Avant de le soigner, Severus devait savoir qui était le responsable de ceci puisque le potionniste comptait bien donner une fiole de potion de sommeil sans rêve à Potter. Après tout, le repos était un facteur primordial dans la guérison.

- Je dois savoir qui a fait ça Mr Potter, exigea Snape d'une voix calme mais néanmoins ferme.

- Je ne peux pas vous le dire, répondit simplement Harry en se recroquevillant davantage sur lui-même.

- Et pourquoi cela ? Interrogea le directeur de Serpentard.

- Il a fait en sorte… Que je ne puisse pas, expliqua le rouge et or avec hésitation.

En entendant cela, le maître des potions retient un grognement de frustration. Pour l'instant, tout ce qu'il savait, c'était que l'agresseur était forcément un résident de Poudlard, sans doute un élève. Cependant, il ne pouvait pas encore présumer de ceci, donc les professeurs n'étaient pas à exclure.

- Que vous a-t-il fait ? Questionna alors Snape en mettant la question de la personne responsable de cotée. Peut-être préférez-vous me montrer ?

Tendu, Harry commença à se gratter discrètement les bras, secouant la tête de gauche à droite en laissant échapper de temps à autre des paroles incompréhensibles. Voyant que la situation commençait peu à peu à dégénérer, Snape agrippa les mains pour les empêcher de continuer le massacre. En effet, le grattement qui était anodin était devenu bien plus… agressif, allant jusqu'à déchirer la peau. En retenant un juron, l'homme se résolue à rester penché vers son élève - position plutôt inconfortable compte tenu son âge - pour lui tenir les mains, l'empêchant ainsi de se blesser. En étant aussi proche du Gryffondor, l'enseignant put enfin comprendre les marmonnements de son vis-à-vis :

- Je veux que ça parte, je veux que ça parte, répéta régulièrement celui-ci en essayant de se défaire de l'emprise de l'espion.

- Qu'est-ce qui doit partir ? Demanda sur le même ton Snape en caressant aussi tendrement qu'il le pouvait le dos de ses mains.

- Ses mains, je veux qu'elles partent, je veux… Je veux que ça s'arrête, murmura piteusement le brun. S'il vous plaît.

Brusquement, Severus devint aussi crispé que son élève, comprenant, ou du moins, pensant comprendre ce qui se cachait derrière cette litanie. En observant le fils de Lily malgré la grande quantité de sang le recouvrant, il put voir des traces de suçon dans le cou, des ecchymoses de main sur les épaules fragiles de Harry, des traces de morsure. Et une rage puissante envahit le corps du professeur des potions en voyant la confirmation de sa pensée. "J'ai échoué Lily, j'ai échoué", songea tristement et rageusement Severus. Mais ce n'était pas l'heure de se morfondre, il devait s'occuper d'Harry comme il ne l'avait jamais fait pour personne.

- Je vais vous amener à votre lit pour vous soigner, informa Snape d'une voix légèrement tremblante pour ceux qui le connaissaient. Au moins sommairement pour que vous puissiez dormir. Évidemment, il est inutile de préciser que demain et certainement pendant un très long moment, vous n'aurez pas cours. J'en informerai mes collègues.

Ne pouvant visiblement pas parler sans fondre en larme, Harry montra qu'il avait compris d'un hochement de tête et se laissa guider jusqu'à la chambre que Severus lui décrivit tout aussi précisément que le salon. Devant lui se trouvait un lit à deux places avec des draps noirs et deux tables de nuit en bois massif de chaque côté. Autrement, il n'y avait qu'une simple armoire pour mettre ses affaires ainsi que la fameuse porte menant à la salle de douche.

Toujours aussi précautionneux, Severus l'aida à se coucher puis sortit sa baguette d'ébène :

- Je dois vous enlever vos vêtements Mr Potter pour voir l'étendue des blessures.

Aussitôt, la respiration de son élève s'accéléra alors que les larmes recommençaient à couler et qu'il se disait de nouveaux des paroles sans queue ni tête. Avec un murmure d'excuse, le professeur de potion l'endormit d'un sortilège pour pouvoir le soigner correctement. Ainsi, l'homme lança un sortilège de diagnostic et fixa le parchemin qui venait d'apparaître, attendant la longue liste de blessure.

Diagnostic de patient : Harry James Potter

- Malnutrition

- Amiantose

- Anémie

- Perte importante de sang

- Lésion de la rétine

- Poumon droit perforé

- Cinq côtes cassés

- Entorse à la cheville

- Épaule déboitée

- Coupures

- Brûlures

Après avoir laissé échapper un soupire tremblant face au résultat du sortilège, il commença son "travail", sachant qu'il n'était pas prêt d'avoir terminé. En effet, il eut raison puisque cela dura deux longues heures et à la fin, il se trouvait recouvert de sang alors que Harry ressemblait maintenant à une momie. Fatigué, Severus décida d'aller se coucher, ne pouvant plus rien faire pour le jeune homme à l'heure actuelle, si ce n'était attendre.

Ainsi, le potionniste prit une oreiller et une couverture avant d'aller dans son salon et de s'effondrer sur son canapé. Perturbé, Snape prit le temps de méditer, comme chaque soir, pour vider son esprit et renforcer ses barrières. Ainsi, dix minutes plus tard, le professeur de poudlard se sentait nettement mieux et il put s'endormir tranquillement, sans aucune pensée pour la personne dans sa chambre, ni même pour sa Lys.

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Malheureusement, sa nuit ne fut pas longue et des cris, à peine quelques heures plus tard, brisèrent le silence de ses appartements. L'esprit en alerte, Severus se redressa aussitôt, la baguette à la main, et se précipita dans sa chambre. Cependant, lorsqu'il ouvrit la porte, il se figea aussitôt :

L'enfant souffrait énormément, se tortillant pour échapper à un ennemi invisible alors que les larmes et la sueur recouvraient son visage. Ses mains, tremblantes, s'agrippaient aux draps comme une moule à son rocher. En s'approchant du garçon, il remarqua un détail qui le surprit alors qu'un mauvais pressentiment le prenait à la gorge. Ses yeux étaient grands ouverts, fixés au plafond. En bref, rien d'étonnant pour un aveugle, si ce n'était la couleur presque surnaturelle qu'avait son regard. Il n'était plus vert comme des émeraude mais noir, presque comme les siens.

Et en le voyant ainsi, le professeur comprit le véritable problème de Mr Potter. Son agresseur lui avait fait avaler la potion Certe Vivere, ce qui n'était clairement pas un travail accessible à un débutant. "On peut donc enlever Londubat et les trois quarts des Gryffondors" souffla sarcastiquement une voix dans sa tête. Mais au lieu de laisser un sourire en coin apparaître sur son visage, celui-ci devint plus grave. Ce n'était pas une potion à prendre à la légère, c'était une véritable plaie inventée au Moyen-Âge par des hérétiques qui croyaient que vivre à nouveau les épreuves de notre vie purgeait notre âme. Cependant, quand le sujet soumis à cette… torture avait eu plus de difficultés que n'importe quel adolescent, c'était encore pire. De ce fait, les phases de transe apparaissaient au hasard, sans aucune logique, et l'individu ressentait tous les sentiments et les douleurs qui l'avait envahi à ce moment là.

Et bien évidemment, cette potion n'avait aucun antidote, si ce n'était le temps...

- Sirius, gémit piteusement Harry, interrompant les pensées de Severus.

"Par Merlin !", jura mentalement Snape en se retenant de grogner de rage. Il fallait évidemment que la première "vision" choisisse ce moment-là en particulier. Frustré et furieux, le professeur s'assit dans une chaise qu'il fit apparaître d'un geste brusque de la baguette et tint la main de son élève, et ce, durant toute la nuit, murmurant de temps à autre des paroles de réconfort, sans se rendre compte que sa deuxième main était plongée dans les cheveux d'ébène d'Harry Potter.

"Le réveil va être difficile…", songea l'espion avec une grimace.


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Je vous dis à la prochaine : Bizouille !

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