Bonjour !
Heureuse de vous avoir retrouvé pour le début de cette histoire. On retrouve nos amoureux là où on les avait laissé.
BerrySnake : Merci pour les pompons ! (par contre comme je suis nulle en sport, sous toutes ses formes, je vais poster tranquillement la fic, je serais capable de me faire une entorse du poignet en tapant trop vite lol)
yakusokuyumi : Merci ! Gabe aura aussi son rôle à jouer dans cette histoire.
Skaelds : Oui, à la base je pensais juste insérer un chapitre dans Maât sur leur chapitre, mais ça va être un peu trop long.
Chochobi6 : Merci, j'avais envie d'une rencontre un peu romantique, au bord de l'eau, avec les oiseaux qui chantent, etc... Et puis... Gabe est arrivé...
Barjy02 : Ah oui le dénouement, ne va pas être facile. Je l'ai déjà en tête. Mais bon, tout finira bien, et je pense que ce début est nécessaire.
Ignis : Merci, merci, nos porteurs d'âme, je crois que je vais garder cette expression, j'adore !
_ J'aimerais faire examiner ton ami par un médecin, expliqua Chabti.
_ C'est inutile.
_ Aucune blessure ne doit pas être prise à la légère. Il sera bien traité et aura droit à toute l'attention qu'un animal sacré requiert.
_ Contrairement à ce que, moi, je peux lui donner ?
Chabti fut surpris du ton employé par le jeune homme. On sentait la colère transpercer dans son voix. Vêtu d'un simple pagne court, on pouvait voir sa musculature parfaitement dessinée se tendre. Le prêtre fut choqué, par la réaction du paysan qu'il jugeait disproportionnée, mais aussi et surtout par le fait qu'il prenne autant de plaisir à le regarder.
_ En aucun cas, je n'ai dit cela. Il est évident que vous avez pris grand soin de cet ibis, et…
_ Gabe.
_ Pardon?
_ Il s'appelle Gabe, pas l'oiseau, l'ibis ou autre.
_ Bien, il est évident, disais-je, que vous avez pris grand soin de Gabe. J'aimerai juste que sa patte soit examinée par un médecin.
_ S'il menace de le tuer, je le…
_ C'est hors de question. Il s'agit d'un animal sacré.
_ Même s'il dit qu'il n'a aucune chance de remarcher correctement.
_ Même dans ce cas. Je viens de le nommer porte-bonheur de ce temple, personne ne lui fera de mal.
Demedj sembla hésiter. Il se mordilla la lèvre, il était évident qu'il s'inquiétait pour son ami, tout en craignant quelque chose d'autre, que le grand prêtre ne put définir.
_ Selon vous, qu'est ce qui est le mieux pour Gabe ? lui demanda-t-il.
_ Très bien, ça va j'ai compris. Mais tu te débrouilles à le convaincre.
Chabti sursauta légèrement sous le tutoiement, voilà longtemps que personne ne lui avait parler ainsi, si simplement.
_ Gabe. Veux tu venir avec moi te faire examiner ta blessure ?
_ Hunk.
L'oiseau se réfugia derrière, Demedj qui arborait un sourire victorieux.
_ Je suppose que ça veut dire non, soupira le prêtre.
Il regarda le jeune homme espérant un peu de soutien, mais celui-ci se contenta de croiser ses bras sur sa poitrine. Chabti s'agenouilla pour faire face à l'ibis.
_ Je te promets que personne ne te fera de mal, j'y veillerai.
_ Hunk, répondit il d'une petite voix, tout en se collent un peu plus au jambe de son sauveur.
Le prêtre entendit le jeune home rire, il releva la tête pour le reprendre, lorsqu'il vit son sac à la ceinture. Il venait d'avoir une idée qui devrait fonctionner.
_ Si tu acceptes de venir, je pourrais t'avoir du poisson frais…
_ Huuuunk !
Gabe tendit le cou, si était humain, on aurait pu deviner à son visage qu'il était plus qu'intéressé par la proposition. Chabti sourit, il savait qu'il avait gagné. Il se releva dignement.
_ Tu me suis ?
Il prit la direction de l'infirmerie, suivit par des bruits de pattes sur le sol. Il n'aurait pu le jurer, mais il lui sembla entendre le garçon jurer "sale traite", avant de leur emboîter le pas. Une fois arrivé, il entra vivement dans l'office où le médecin était déjà présent, prêt à recevoir ses patients. Il préparait à cet instant des remèdes à base de plante.
_ Le Grand Prêtre est malade ? Serais-tu anxieux à l'idée de recevoir Pharaon ?
_ Bonjour, Caïn. En fait, je t'apporte un patient quelque peu… bruyant ?
_ Bruyant ?!
Chabti laissa passer Gabe qui apparut, visiblement mal à l'aise et inquiet. Demedj entra après lui et ferma la porte. Lui-même ne sembla pas très à l'aise à l'idée d'être ici.
_ Aurais-tu du poisson frais ? J'en ai promis à ton patient.
_ Non, mais je vais aller en demander. Je savais qu'en acceptant ce poste je ne m'ennuierais pas, mais là, tu fais fort, Grand Prêtre !
Cain laissa échapper un rire fort et gras. Il appela son aide, pour lui demander de lui apporter à manger pour l'oiseau mais également pour ses accompagnateurs humains.
_ Je suis sûr que tu n'as pas encore pris le temps de manger ce matin, n'est-ce pas ? On nous apporte une petite collation qui ne fera de mal à personne. Bien, maintenant que puis je pour toi, Ibis ?
_ Gabe, intervint Demedj. Il s'est blessé à la patte.
Caïn s'approcha, mais l'oiseau ouvrit ses ailes en poussant de grands hurlements. Le médecin recula en montrant ses mains tendues en signe d'apaisement.
_ Il n'aime pas les docteurs, ajouta l'ouvrier.
_ Je vois ça. Bien. Pourriez-vous le déposer sur cette table que je puisse ausculter sa blessure.
Demedj soupira et se baissa pour attraper Gabe, qui se laissa faire malgré sa visible inquiétude. Il le posa délicatement là où lui avait indiqué le médecin. Il resta à ses côtés, tout en lui caressant la tête pour le calmer.
_ Il a déjà reçu des soins.
_ Effectivement, répondit Chabti voyant que le jeune homme se murait dans le silence.
_ Fait par un autre médecin ?
_ Non, répondit le prêtre après avoir regardé l'ouvrier.
_ Voyons voir. Le bandage semble bien fait. Mais, il faut se méfier. Parfois, le traitement effectué par des gens qui croient s'y connaître, est plus dangereux que la blessure elle-même.
Il se munit d'une paire de ciseaux, et découpa les bandelettes.
_ Eh bien ! Si ce n'est pas un médecin qui a fait, dite lui de venir me voir, je l'engage tout de suite...
_ Comment ça ? demanda Chabti.
_ C'est du très bon travail. Le tissu est parfaitement serré, on a appliqué du miel comme antiseptique et de la graisse pour éviter que le tout n'adhère à la blessure. D'ailleurs, elle a été parfaitement nettoyé. Je vais refaire le bandage, mais tout me semble parfait. Je pense que d'ici quelques temps, Gabe sera parfaitement guéri.
Le grand prêtre fronça les sourcils et regarda sous un nouvel œil le jeune homme. Il n'avait pas bougé, ni même réagit au propos du médecin. Il continuait à caresser la tête de son ami en lui murmurant des paroles apaisantes.
L'assistant de Caïn arriva à cet instant, avec la nourriture et le poisson qu'on lui avait demandé. Gabe se leva précipitamment, il fût retenu par Demedj.
_ Ne bouge pas, le docteur n'a pas terliné. Tu auras ta friandise après, gros gourmand.
_ Ne t'en fais pas, j'ai bientôt fini. Nous en profiterons pour déjeuner également. Vous resterez avec nous ? demanda-t-il à l'ouvrier. Grâce à l'arrivée de Pharaon, tout le monde à bénéficier d'un jour de repos. Enfin, sauf moi. Mais, je ne vais pas me plaindre, je participe au festin ce soir, j'aurais même l'honneur de rencontrer notre souverain.
_ Je suis désolé, je ne reste pas. Merci d'avoir pris soin de Gabe.
Il se dirigea vers la porte, l'ouvrit suivit de l'ibis qui s'était dépêcher d'avaler ses derniers poissons et sortit sans même un dernier regard.
_ Tu penses vraiment qu'il s'agit de soin de bonne qualité ?
_ De premier ordre. Et ça n'a pas dû être donné.
_ Que veux-tu dire ?
_ L'onguent est fait à base de miel, ça coûte une petite fortune. Tu dois le savoir.
Chabti était vraiment intrigué. Il connaissait le solde d'un paysan, et il ne lui semblait que cela pouvait suffire pour lui prodiguer des soins de cette qualité.
_ Tu sembles inquiet, Grand Prêtre.
_ Je ne le nie pas. Tu crois que cette blessure justifiait la mise à mort de l'animal ?
_ Non, sûrement pas. Elle n'est pas anodine, mais avec des soins adaptés, il se remettra très bien. Pourquoi ?
_ Il semble que c'est ce qui ait failli arrivé ici.
_ Vraiment ? C'est inquiétant.
_ Pourquoi cela ?
_ Et bien, il est possible que le médecin soit incompétent, ce qui est suffisamment grave en soi…
_ Effectivement.
_ L'autre possibilité… un ibis… du moins sa momie, dans certains milieux, est très recherchée.
_ C'est un animal sacré !
_ Exactement ! Et celui-ci est magnifique.
_ Je vais me renseigner…
_ Tu fais bien. Bien maintenant assis toi et mange, où tu ne tiendras jamais jusqu'à l'arrivée du Pharaon.
_ J'ai encore beaucoup à faire, si tu veux bien m'excuser.
_ Vraiment ?demanda Caïn avec un sourire en coin.
_ Bien sûr, qu'insinues tu ?
_ Tu as pris le temps de venir faire soigner ton nouvel ami, mais tu n'as pas le temps de déjeuner avec moi…
_ Comme je te l'ai dit, il s'agit d'un animal sacré, il est de mon devoir en tant que Grand Prêtre de ce temple, de prendre soin d'un envoyé des Dieux.
_ Tu aurais pu me l'envoyer, sans te déplacer. Tu aurais même pu partir dès que tu me l'as confié.
_ Je ne comprends pas…
_ Tu devrais mettre au clair ton esprit. C'est tout ce que je dis.
Chabti le salua et sortit en prenant la direction du temple. Il devait préparer le prochain office, celui qui avait lieu lorsque Ra atteignait son point culminant, il devait également finir d'organiser le festin pour ce soir et l'accueil du Pharaon. Il rangea ses préoccupations dans un coin de son esprit et se laissa emporter par ses activités de la journée. Il courut dans tout le site, veillant à chaque détail, répondant à chaque question, vérifiant que toutes ses instructions avaient été suivies. Plus que jamais, il sentait le manque d'un intendant. Il avait besoin de quelqu'un pour le seconder et alléger ses tâches.
Peu après la seconde cérémonie, le grand prêtre et son cortège avait revêtu leurs plus beaux atours. Le cœur battant Chabti attendait que l'escorte du Roi, que l'on apercevait au loin, arrive. Il avait chaque jour, rempli sa mission du mieux qu'il avait pu, Pharaon qui lui avait accordé sa confiance, venait voir son travail. Il espérait lui donner entière satisfaction. Il ferma les yeux tâchant de se calmer, il était beaucoup trop nerveux. Un bruissement d'aile lui vit lever la tête. Il vit un ibis, à la patte bandée le survoler, puis s'éloigner. Il repensa au jeune homme de ce matin, à son regard vert et à son sale caractère. Les cavaliers arrivèrent à cet instant, et le prêtre les reçut avec le sourire. Son porte-bonheur jouait son rôle à la perfection.
_ Salut à toi, Pharaon. Je suis heureux de t'accueillir dans ce sanctuaire.
_ Bonjour, Chabti. Tu as bien travaillé à ce que je vois. Ces constructions sont sublimes. Maât sera ravi, j'en suis sûre. Lorsque nous aurons éveillé le ka de la statue, le temple sera complet.
_ Il reste encore beaucoup à faire. La maison de vie n'est pas encore commencé, nous ne pourrons pas récolter nos premiers champs avant plusieurs mois, nous manquons d'ouvriers, et…
_ J'ai compris, mon ami. Il reste encore beaucoup à faire. Mais il te faudra apprendre à accepter un compliment, surtout s'il vient de Pharaon en personne.
_ Pardonnez moi, je ne voulais pas vous offenser.
_ Il n'y a rien à pardonner.
_ Merci. J'ai fait préparer une collation pour vous et votre escorte, pour vous remettre du voyage.
_ Mes hommes seront ravis d'en profiter quand à moi, je déjeunerais après que ma tâche soit effectuée.
_ Je vais vous conduire votre majesté.
_ Bien.
Ils s'éloignerent tous deux en direction du temple. Lorsqu'ils furent assez loin, le Pharaon s'enquit.
_ Ton coeur semble troublé.
_ Je suis inquiet, il est vrai.
_ De quoi ? Le désert qui s'étendait ici, devient une terre riche qui perdurera pendant des millénaires grâce à toi, s'il plaît aux Dieux, évidemment.
_ Je ne sais pas au juste, un mauvais pressentiment.
_ Est ce un sentiment diffu, ou quelque chose en particulier ?
_ Je ne voudrais pas, sans fondement nuire à quelqu'un.
_ Porter de fausse accusation est en effet très grave, c'est violer la règle de Maât et c'est un crime sévèrement puni.
_ Je le sais et c'est la raison pour laquelle mes lèvres sont scellées. Toutefois, je ne peux m'empêcher d'être méfiant envers certaines personnes.
_ Tu serais fou de ne pas l'être. Le mal est partout, il est attiré par la jalousie qui suit le succès, mon ami. Ce temple n'y fait pas exception, malheureusement.
_ …
_ Trouve toi un homme de confiance en qui tu pourras t'appuyer.
_ Je n'ai personne… Enfin, si. Mais un oiseau, même sacré, ne fera pas l'affaire, j'en ai peur.
_ Hum, voilà qui semble être une intéressante histoire.
