Maikan fixait distraitement sa fenêtre de statistiques en se disant qu'il avait été bien loin de la vérité, il y a deux mois, en se disant que le Dieu de ce monde était un programmeur cinglé. En fait si ce monde devait avoir une religion ses Dieux porteraient quatre noms bien connus de tous les joueurs : force, vitalité, dextérité, agilité. Dans ce jeu qui était devenu leur monde c'était ses quatre éléments qui avaient le plus d'influence sur leur vie de tous les jours, qui décidait d'à quelle vitesse il pouvait fuir les monstre, de quels items ils pouvaient s'équiper en passant par quelles actions ils pouvaient effectuer et avec quelle efficacité.

Dans les autres jeux auxquels il avait pu jouer, Maikan avait toujours eu une préférence pour les personnages ayant des attaques à distance comme les archers ou les sorciers mais comme SAO n'avais rien de cela il aurait préféré utiliser une arme à deux mains comme une lance ou une hallebarde… Enfin c'est ce qu'il aurait fait si ce n'avait été de ses désastreuses statistiques de base. Le jeu offrait une variété d'armes remarquables et ce dès les premiers niveaux : épée à une main, à deux mains, hache, lance, massa d'arme, lames courbes et bien d'autres mais comme seulement sa dextérité et son agilité avait été développé ses meilleurs options avaient été la dague et la rapière… Deux armes qu'il dédaignait totalement et pourtant s'était maintenant une mince lame effilé qui pendait à sa ceinture alors qu'il venait tout juste d'atteindre le niveau dix. Dans un autre jeu que celui-ci, même en ne pouvant pas changer de personnage, il aurait sans doute profité du fait de n'être que niveau un pour réajusté ses points en montant de niveau mais il ne lui avait pas fallu longtemps pour abandonner cette idée pour deux raisons. D'abord son cousin l'avais assuré que dans leur situation ce serais une perte de temps presque suicidaire et qu'il valait mieux qu'il mise sur ses forces plutôt que de tenter vainement de compenser ses faiblesses… Et la seconde était l'endroit où ils se tenaient.

Près de la place centrale de la ville du départ, au bout d'un long boulevard séparant la ville en son centre, se trouvait le château de fer noir et à l'intérieur se trouvait un monument bien particulier… Et surtout morbide au possible. Une grande stèle de pierre ou étaient inscrite les dix milles noms des avatars s'étant connecter au jeu le premier jour et chaque fois que l'un d'entre eux mourrait son nom se rayait de la liste. Quelque jours après leur arrivée ici, après qu'ils eurent passé le niveau cinq, Loudor l'avais mené ici et déjà plusieurs centaines de noms étaient barré. Il avait bien tenté de les dénombré lui-même mais une fois passé les deux cent-cinquante, et sachant bien que cela dépassait à peine les deux cent-treize pauvres bougres qui avaient été déconnecté de force le premier jour, il avait abandonné l'idée… Sans parler du fait que pendant qu'il les dénombrait cinq autres s'était ajouté à la liste des disparus. Ce jour la Maikan sortit du château de fer noir résigné à être un personnage basé sur l'agilité et la dextérité au détriment de la force et ce même si ça le dégoutait, s'était une question de survie.

Voir tous ces noms rayer d'un trait lui avait aussi fait comprendre une chose importante, jusque-là il s'était voilé la face dans les grandes largeurs à propos de sa vie dans ce monde. Chaque fois qu'ils étaient sortie des murs de la ville pour chasser, s'entrainer ou encore tenter une petite quête son coéquipier et lui avaient assisté au même spectacle. Des gens combattant seul ou en groupe disparaissant soudainement en un petit nuage de polygones lumineux après avoir reçu un coup de trop. S'il avait fallu que les corps ne disparaissent pas ainsi les plaines et les forêts du premier étage seraient devenu un charnier sans nom, mais ce n'était pas le cas et la seule preuve de leur existence en ce monde se trouvait sur cette stèle. Cette stèle qui démontrait crument la terrible réalité qu'il avait voulu nier à chaque jour, des gens mourraient, des dizaines de gens disparaissaient chaque jour sans laisser d'autre trace que ces traits sur des noms qui n'étaient même pas les leurs.

Au bout de ces deux mois de jeu, alors qu'il regardait toujours distraitement sa fenêtre de statistiques, tous ceux rassemblés ici n'avaient que deux choses à la bouche, tout d'abord un nombre, deux milles. Finalement quelqu'un avait été masochiste au point de compter tous les noms barré d'un trait et cela dépassait maintenant les deux milles. L'autre chose qui accaparait toute l'attention de cette assemblée, une nouvelle qui était arrivé il y a deux jours du village de Tolbana, quelqu'un avait enfin découvert la salle ou attendais le boss barrant la route du deuxième étage et un groupe de raid avait été formé pour aller le combattre. Comme ce jeu n'offrait aucun moyen de transmission visuel en temps réel beaucoup de joueur rester cantonner dans la ville du départ s'était rassembler devant la pierre aux noms pour voir si une trentaine d'entre eux n'allais pas disparaitre d'un coup balayant tous leurs espoirs d'être libérer de ce monde.

- Nous devrions être avec eux nous aussi, marmonna Loudor en serrant les poings.

- Ça fait dix fois que tu le dit et tu auras beau le dire dix fois de plus ça ne changeras rien au fait que nous n'y sommes pas allé, répondit calmement son cousin.

- Mais nous aurions dù ! Nous sommes tous les deux de niveaux dix et ceux qui sont partit se battre n'ont même pas réussi à regrouper un groupe de raid complet pour s'attaquer à ce boss.

- Si tu voulais y aller tu n'avais qu'à le faire mais moi hors de question que je me fasse tuer en suivant une bande de fou incapable de se rendre compte qu'il leur faudrait au moins huit équipe de six pour s'attaquer à ce boss… C'est toi-même qui l'as dit. Même avec nous il aurait encore manqué une quinzaine de joueurs !

Loudor ne répondit rien, l'argument était valable mais en son for intérieur le jeune homme se doutait des raisons véritable de son parent. Comme pour chaque jeu que l'on commençait les deux cousins avaient dû en apprendre les mécanismes, le système de compétence à l'épée, la gestion des dommages, l'usure de l'équipement ainsi que toutes ces autres choses indispensable pour avancer et gagner des niveaux… Mais cette fois ils n'avaient pas le droit à l'erreur. Enfin, avec de la chance ils pouvaient s'en permettre une ou deux et, heureusement pour eux, ils avaient été très chanceux. Les exemples d'erreurs qu'ils avaient commises étaient nombreuse, mal calculé le temps de chargement des techniques les exposant aux coups, surestimer l'efficacité des potions de soins, s'en prendre à un groupe de monstre trop nombreux, négligé de combattre en équipe… Mais la pire chose qui leur soit arrivé étaient justement de la faute de Maikan, il avait surestimé à la fois son équipement et sa capacité à gérer un combat difficile.

La semaine précédente ils avaient croisé par hasard une vieille femme PNJ qui proposait une quête « Ballade sucrée », en gros elle leur demandait d'aller dans les bois tout proche pour collecter un peu de miel. Après leur avoir promis de leur donner quelque uns des bonbons qu'elle comptait faire pour ses petits-enfants avec le miel elle les prévint de la présence d'ours avant de les laisser aller. Ils avaient déjà complété deux quêtes du même genre et la journée était déjà bien avances mais comme ils n'avaient jamais croisé celle-là ils s'étaient dit qu'il serait intéressant de voir ce qu'il en était. Comme les avaient prévenu la vieille dame cette partie de la forêt était infesté d'une race d'ours noir particulièrement agressive. Presque tous les monstre de cet étage se trouvaient à être des dérivé de race d'animaux, exceptions fait des kobolds qui hantaient les couloirs du labyrinthe, c'était sans doute un moyen pour ne pas trop impressionner les nouveaux joueurs… Mais les choses avaient fini par mal tourné à la toute fin de la quête. Alors que les deux joueurs allaient enfin atteindre l'objectif de cette mission, une grande ruche dégoulinante de miel, un profond grondement se fit entendre derrière eux.

Dans un jeu traditionnel voir son personnage affronté une créature trois ou quatre fois plus grande que lui sur un écran est une chose habituelle et amusante mais on ne peut pas vraiment prendre conscience de l'échelle entre les deux… Alors qu'un grizzli de près de quatre mètre dresser sur ses pattes arrière lui faisait face Maikan, lui, en pris conscience. Sa première erreur fut de rester figée par la surprise et la peur face à la créature rugissante ce qui ne lui laissa pas le temps d'éviter la première attaque. In-extrémis il leva sa lame pour parer un coup de griffe dévastateur, pour se rendre compte de sa seconde erreur. Cassant net au niveau de la garde la lame de sa rapière s'envola au loin avant que les deux fragments ne disparaissent dans un bruit de verre brisé ne laissant derrière eux qu'un nuage de petits polygones lumineux. Totalement désarmé il ne lui restait plus qu'à attendre le prochain coup et la fin.

Ce jour-là, s'il n'avait pas été en compagnie de Loudor il serait certainement mort sans pouvoir se défendre et toute cette périlleuse situation n'était survenu que parce qu'il avait négligé de vérifier les points de durabilité de son arme avant le début de cette quête. Voyant Maikan en difficulté Loudor avait paré le second coup de l'ours de sa grande épée à deux mains et occupa la bête le temps que celui-ci choisisses une autre arme dans son inventaire, une dague. Il n'avait pas vraiment commencé à développer cette compétence de combat mais s'était toujours mieux que rester les mains vides. Finalement la grande bête avait été vaincue sans trop de difficulté, malgré la puissance accablante de ses attaques elles restaient plutôt simple et prévisible sans parler de leurs lenteurs frisant le ridicule. Ils avaient terminés la quête, amasser de l'expérience, des cols et quelques bonbons au miel avant de finalement se trouver une chambre pour la nuit comme si de rien n'était… Mais ce n'était pas vraiment le cas. Après être passé si près de la mort la peur panique et le sentiment d'impuissance qu'avait ressenti Maikan était loin de s'être dissipé quand, trois jours plus tôt, ils avaient appris pour les préparatifs du raid contre le boss de l'étage. Loudor s'en était aussitôt enthousiasmé et avait voulu rejoindre les autres combattants mais Maikan l'en avait dissuadé… En fait il avait tout simplement opposé un refus ferme à cette idée en donnant à son cousin toute sorte de raisons plus ou moins valable mais l'ainé des deux n'avait pas été dupe. Même en oubliant le fait qu'ils se connaissaient depuis leur naissance, dissimulé ses émotions dans ce monde restait un défi constant. Leurs expressions faciales révélaient bien trop souvent au gout du jeune homme leurs sentiments profonds et s'était encore pire pour les émotions violentes qui provoquaient des réactions exagérées au possible. Pas plus tard que la veille Maikan avait vu le visage d'un jeune garçon devenir instantanément rouge vif alors qu'il était abordé par une fille d'environs son âge. Soit cela était due à un Kayaba Hakihiko cinglé qui voulais compliquer encore plus la vie de ses cobayes soit s'était tout simplement une des conséquences d'avoir une équipe de production japonaise trop influencé par les mangas et les animes ayant voulu ajouter une touche de légèreté à leur jeu… Dans tous les cas ils devaient vivre avec maintenant.

- Tu crois que ça a commencé, demanda Loudor tout en fixant la pierre noir.

- Aucune idée, on sait qu'ils ont quitté le village à dix heures, de là tout dépend du temps qu'ils ont mis à se rendre à la salle ou est le boss.

C'est à ce moment que l'un des noms gravé dans la pierre s'illumina le temps qu'un trait se forme pour le barrer en son centre.

- Diavel… C'est pas le type qui a rassemblé le groupe de raide, demanda le plus grand.

- Ouais… Merde ! Perdre leur meneur en premier, ça vas pas être facile pour les autres de s'en sortir maintenant.

Maikan était d'accord mais plus encore il était vraiment inquiet de la tournure que prenais les évènements. Que se passerais-t-il si ce groupe se faisait décimé, après toutes les morts des deux derniers mois ils représentaient sans doute les joueurs les plus puissant et surtout les rares qui étaient encore en activités. Pratiquement toute la population avait déjà perdu espoir de sortir par eux même de ce monde et une catastrophe de cette ampleur ne ferait qu'empirer la situation.

Combien de temps faudrait-t-il pour rassembler un nouveau groupe capable d'aller défié le boss, est-ce que ce serai seulement possible ? La majorité des survivants était déjà prête à abandonner tout espoir de revoir le monde réelle un jour et à se retrancher dans les rares espaces sure de l'étage pour y attendre la mort ou une aide extérieur… Une aide qui ne viendrais peut-être jamais, s'était tout du moins ce que commençait à croire Maikan car si après deux mois rien n'avais été fait il ne fallait peut-être plus compter que sur eux, les joueurs… Mais s'était le genre de pensées qu'il ne fallait pas énoncer à voix haute ici et en ce moment. Après les premier jours de panique et de chaos, nombreux était ceux à avoir céder au désespoir, il y avait même eu des cas de suicide, et encore maintenant on pouvait voir de nombreuse personne avachi dans les rues, le regard vide et attendant qu'on vienne les sauver. Les derniers souffles d'espoir de ces personnes ne reposaient maintenant plus que sur cette expédition qui déterminerait s'il était possible ou non d'avancer dans ce jeu… Et cette possibilité semblais bien sur le point de s'effondré, si leur dernière planche de salut disparaissait sous leur yeux les prochains jours ne serais pas joli à voir.

Alors que ces sombres pensées l'envahissaient et que dans son esprit il imaginait le cauchemar que deviendrais leur avenir proche, les gens derrière Maikan commencèrent à s'agiter tandis que l'écho d'une nouvelle y parvint.

« Le portail de téléportation viens de s'activer. »

- Ils ont réussi, soupira Maikan avec soulagement.

Entendre ces simples mots suffit pour ramener les gens autour de lui à la réalité et plusieurs se mirent immédiatement en route pour la place centrale, pour ceux qui était resté cloisonné dans la ville du départ depuis le début s'était la première chance qu'ils avaient de découvrir de nouveaux endroits sans courir le moindre risque. Voulant suivre le mouvement Loudor se mis en marche mais rapidement la main de son cousin se posa sur son épaule pour l'arrêter.

- Loudor, on devrait peut-être attendre quelques jours pour y aller.

Cette fois s'en était trop pour lui, tout comme son équipier le croyait Loudor était parfaitement conscient que c'était par peur d'affronté un monstre aussi fort qu'un boss d'étage que Maikan avait refusé d'y aller et il pouvait l'accepter, pour le moment, mais cette fois il ne le pouvait pas.

- Merde Maikan, si ton plan est de rester planquer ici et d'attendre que quelqu'un vienne te sauver ne compte pas sur moi pour te suivre !

- Ce n'est pas ça, regarde autour de toi ! Ils se dirigent tous vers le portail, plusieurs centaines de personnes si ce n'est des milliers vont envahir la zone sure du deuxième étage. Plutôt que de perdre notre temps à ne rien pouvoir faire là-bas on pourrait tout aussi bien profiter du fait que cet étage seras pratiquement abandonner. Repense à toutes ces quête et ces zones de chasses que nous ne pouvions pas approcher parce qu'elles étaient trop occupé. Dans deux ou trois jours on ira au deuxième étage, les autres auront le temps de repérer les principaux risques de l'étage et avec un peu de chance nous aurons gagné un ou deux niveaux sans parler de quelques items intéressant avant de nous y montrer avec de bonnes informations.

Loudor réfléchit un instant avant de sourire grandement, visiblement intéresser par l'idée.

- Tu me rassure Maikan, pendant un instant j'ai bien cru que tu étais juste trop lâche pour continuer à te battre, se réjouis le jeune homme en prenant son parent par l'épaule.

- Ne sois pas trop rassurer, je n'ai toujours pas l'intention de jouer au suicidaire en me frottant aux boss d'étage… C'est juste que je croie qu'il y a un truc bien plus effrayant que les monstres dans ce monde et je veux être prêt quand le moment viendras.

- Un truc plus effrayant que des monstres sauvages ayant pour seul but de nous mettre en pièces, demanda Loudor septique.

- Ouais, je ne sais pas pour toi mais dans mon cas j'ai bien eu peur de devenir cinglé une bonne dizaine de fois depuis que nous sommes ici et je me suis toujours considéré plutôt solide alors imagine les autres. Regarde autour de nous, la moyenne d'âge des joueurs actifs tourne autour de quoi environs… Quatorze et seize ans ? Il y en a qui vont flancher avant la fin, c'est certain. Tu sais, il y a une idée qui m'est passé par la tête il y a quelques temps, on n'est pas obliger de risquer notre peau face aux monstres. Le jeu autorise le PVP alors nous n'aurions qu'as nous attaquer à des joueurs plus faible alors qu'ils reviennent de leur chasse, de toute façon rien ne prouve qu'on meurt vraiment dans le monde réelle si on est Game over ici.

Loudor dévisagea son cousin un long moment avant de finalement rire de bon cœur.

- Merde, depuis quand t'es un psychopathe en puissance, s'inquiéta-t-il exagérément ensuite.

- Je ne suis pas un psychopathe, ce n'est pas parce que j'en ai eu l'idée que je vais le faire… Mais à un moment ou à un autre quelqu'un vas en venir à cette extrémité, à ce moment je veux être capable de me défendre.

- Tu t'inquiètes trop Maikan, les gens ne sont pas aussi timbré que ce que tu as l'air de le penser.

- J'espère que tu as raison.