Hello, hello
Il y a, du coup, un risque de spoilers ; notamment sur les films et les séries Marvel !
Un gros gros merci Bleunvenn, qui a revu les premiers chapitres pour me donner son avis ! Je me suis tellement emballée pour CFJB que je n'étais plus vraiment (rd : plus du tout) objective. Un gros merci à chocobi6, à qui j'ai parlé pendant 1h au téléphone de cette fic et qui a lu tout le plan (et qui ne m'a pas tué malgré tout, donc ouais... merci à elle). Un énoooorme merci à LiliEhlm pour avoir, encore une fois, corrigé cette fic !
Evidemment, tout ça n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas (et croyez-moi : j'en pleure tous les soirs)
Chapitre 02 : Hey Hey What Can I Do
Mars 1981
Clint repère un endroit idéal pour eux. Comme demandé, il tire sur la manche de Barney pour lui montrer sa trouvaille. Ils y vont. Au milieu des buissons, protégés du vent par ceux-ci et abrités par toutes les branches qui s'entrecroisent des arbres environnants, le lieu, s'il n'est pas idéal, n'est pas trop mal.
Barney ouvre le premier sac à dos et sort plusieurs paires de chaussettes. Son frère est intrigué. Les sourcils froncés, la tête penchée sur le côté, il l'interroge silencieusement. Les lèvres de l'aîné s'étirent alors qu'il retire les chaussures du plus jeune. Il lui fait enfiler une paire supplémentaires avant de les lui relacer après avoir soigneusement coincé le bas de son pantalon dans l'élastique des chaussettes. Le vent ne lui facilite pas la tâche. Charles prend ensuite un de ses propres sweats et fait comprendre à Clint qu'il doit retirer son manteau pour l'enfiler ; et aussitôt se ré-emmitoufler dans le vêtement d'hiver. Le moment où il enfile deux paires de grosses chaussettes supplémentaires aux mains de Clint, est le moment où son frère commence à ne plus le comprendre.
« A défaut d'une paire de gants, nabot. »
Clint fronce les sourcils puis, de ses deux mains coincées dans les chaussettes, tape sur le torse de Barney. Ce dernier sourit péniblement.
« Toi d'abord. On verra ce qui reste pour moi. »
Sauf que l'autre n'est pas de cet avis et fait déjà pour retirer une des chaussettes qui emprisonne les doigt de sa main gauche. Barney l'arrête. Une fois n'est pas coutume, pourtant, Clint se débat pour s'éloigner et continuer ce qu'il est en train de faire. Il lui lance ensuite les deux chaussettes à la figure et, sans surprise, cette fois-ci, en revanche, elles atterrissent l'une sur l'autre sur la tête de Barney, pendouillant sur son visage et devant ses yeux.
« Toi. »
Barney secoue la tête et refuse. Ils ne sont pas sortis de l'auberge, à ce rythme. Il retourne près de Clint, l'approche tel un animal apeuré et méfiant vis-à-vis des hommes, lui reprend les mains et les lui remet. L'air renfrogné de son frère cadet le fait rigoler. Histoire de l'apaiser un peu, Barney prend une paire (leur dernière) et l'agite devant son nez.
« Je la mets tout à l'heure. »
A son regard assassin, Clint ne va pas le laisser ne pas le faire. Barney lui ébouriffe les cheveux avant de mettre la capuche de son sweat sur lea tête de Clint et tirer sur les cordons pour la serrer. Le petit blond plisse le nez et n'aime pas ça. Il n'essaie pas de l'enlever. Il laisse même Barney mettre celle de son blouson par-dessus et remonter la fermeture tout, tout en haut.
Ce n'est pas parfait, loin de là, mais c'est le mieux qu'il puisse faire pour que Clint garde la chaleur.
En tailleur par terre, sur le sac vidé de tout son contenu, Barney s'appuie contre le tronc de l'arbre juste derrière et prend de nouveau Clint sur lui. Il enroule ses bras autour du plus petit et l'étreint ; à croire, un peu, qu'il craint le voir disparaître en moins de deux. Tout de suite, Clinton pose la tête contre l'épaule de Barney. Il s'endort en dix minutes (pas montre en main). L'aîné est rassuré. Il commençait à craindre ses réactions et passer une petite éternité à l'endormir.
Quand Barney le sent trembler contre lui, il affermit encore un peu sa prise. Frictionne pour le réchauffer. Arrête quand des sanglots s'y ajoutent.
Qu'a-t-il fait ? Dans quoi a-t-il embarqué Clint ?
La joue qui se frotte contre son épaule ne change rien. Il a le cœur lourd et culpabilise.
« Je suis désolé, crevette. »
Le lendemain matin, il est encore exceptionnellement tôt lorsque Barney se réveille. Il est si fatigué qu'il n'a pas l'impression d'avoir dormi plus d'une heure (il espère faire erreur ; il fait erreur). Il secoue Clint pour lui faire ouvrir les yeux. Ils doivent se remettre en route, et vite. Essayer de trouver de quoi manger aussi. Au moins un peu. Au moins pour Clint.
Il le secoue une nouvelle fois, avec plus de vigueur. Clint grogne et... et c'est tout. Il n'ouvre pas les yeux, se cale plutôt encore plus contre Barney et continue de dormir à poings fermés. Juste dormir. Somnoler. Ou peut-être bien qu'il garde simplement les yeux fermés pour rester dans ce faux sentiment de sécurité et de normalité.
Barney réessaie une troisième fois. Toujours plus fort et plus insistant. Sans vraiment lui laisser le choix non plus. Clint ouvre (enfin) un œil. Grognon, il fusille son aîné du regard. Barney ne s'en formalise pas et s'en offusque encore moins.
« B'ney. » Râle-t-il un peu.
« On va devoir y aller, crevette. » Explique lentement Barney. Au réveil, surtout après la nuit qu'ils viennent de passer, Clint va avoir besoin d'un peu plus de concentration pour comprendre. « On va devoir y aller. » Répète-t-il.
Clint fronce le nez puis donne une tape dans le ventre de Charles.
« Oui. On va chercher de quoi manger aussi. »
Il ne sait juste pas comment il va faire. Peut-être Clint saurait-il amadouer les gens ? Les habitants de Des Moines ne peuvent pas être de plus gros enfoirés insensibles qu'à Waverly. Si ? Pourquoi se pose-t-il la question, lui... bien sûr que non, ils peuvent pas. Personne peut.
o o o
Barney ne se laisse pas intimider par les deux hommes et la femme qui lui font face. Barney essaie de ne pas se laisser intimider par les deux hommes et la femme qui lui font face. Il puise en lui pour trouver un maximum de bravade et d'assurance. Il les fixe et essaie de maintenir son regard dans le leur. Il essaie aussi d'ignorer que Clint, dans ses bras, encore une fois, commence vraiment à peser.
Son frère a les jambes enroulées autour de sa taille, ses bras autour du cou et somnole à moitié. Il est épuisé. Barney le comprend. Ça fait deux jours qu'ils dorment peu, mal et dehors ; après avoir marché des heures ou s'être cachés dans un coin de la bibliothèque pour lire des histoires et avoir chaud. Ça fait aussi deux jours qu'ils n'ont pas eu un repas chaud ; qu'ils n'ont pas eu un vrai repas tout court. À peine un demi-sandwich chacun et un croissant pour Clint. Il a refusé que la viennoiserie soit coupée en deux et partagée.
« Tu devrais l'poser à terre, gamin. » Conseille le plus grand des hommes.
« Ça va aller. » Se contente Barney.
Le plus vieux de la fratrie Barton se re-concentre sur la femme qui, le visage de marbre et seulement marqué par les rides et les années, ne les quitte pas des yeux et reste les bras croisés. Barney évite de regarder alentours. Il joue à l'aveugle et feint ne pas rêver de rejoindre une des roulottes aux couleurs tantôt attrayantes, tantôt défraîchies. Il fait comme s'il ne voit pas les différents forains qui s'entraînent, parlent entre eux, les zyeutent avidement, l'air de se demander ce qu'ils font là et quand est-ce qu'ils vont finalement déguerpir d'ici. Il remonte Clint qui commence à glisser, et qui grommelle, mécontent d'être déplacé.
« T'as faim, gamin ? »
L'absence de réaction de la tête blonde agace le grand. C'est toujours le grand qui parle, constate Barney. Ce n'est pourtant pas lui le responsable du Cirque Carson mais la femme (qui, en toute objectivité, fait un peu flipper). Il doit cependant être du genre important. Charles tapote l'épaule de Clint et lui repose la question.
Évidemment, la réponse est aussi immédiate que prévisible.
« C'est quoi son problème ? »
« Il a faim. » Claque Barney. « Il est fatigué. Ça fait deux jours qu'on est dehors, qu'on dort dehors, qu'on a rien à bouffer. Je... » Sa voix se casse. Il n'est pas le seul qui est à bout. Mais il est celui qui ne peut pas craquer et qui doit, en toutes circonstances, rester fort. « Je peux vous aider. J'peux être utile. Demandez-moi ce que vous voulez. N'importe quoi. »
Le deuxième homme donne un coup de coude dans les côtes de la responsable, sa voisine. Il lui murmure quelque chose à l'oreille. Les deux regardent soudain les deux frères avec un intérêt plus vif, piqué et prononcé. Barney commence à avoir espoir de, peut-être, recevoir une réponse favorable à sa demande. Ou peut-être pas. Le troisième, le grand, paraît toujours réticent et les regarde d'un œil torve.
« Vos parents ? »
« Morts. » Répond, sans attendre et sans faire de chichis, Barney.
En même temps, il lance un regard plein d'excuses à Clinton au moment où il le repose par terre. Il commence vraiment à être lourd. Clint rechigne et s'accroche à son pantalon. Il commence à sucer son pouce ; une habitude qui ne revient que quand il est vraiment fatigué et, donc, de mauvais poil. Si la réponse de Barney a l'air de plaire à son interlocuteur, le comportement de Clint non. Sa jeunesse doit le rebuter. Trop jeune, trop petit, il ne pourra rien leur apporter. Rien de bon, en tout cas.
« S'il-vous-plaît... »
« Vous êtes dans le système, c'est encore pire. On vous cherche. Vous imaginez un peu les ennuis qu'on pourrait avoir si on vous trouve ici ? »
« Vous refusez, si on est rattrapés, je vous dénonce et je dis qu'on a réussi à s'échapper d'extrême justesse alors que vous essayiez de vous en prendre à mon frère. »
Les trois adultes ont plus l'air amusé qu'inquiet de la menace. Le petit homme (pas qu'il soit petit mais il est moins grand que son grand collègue) finit par prendre Clint en pitié. Il trottine jusqu'à sa roulotte, arrêtée pas loin, et revient avec un sandwich sous vide, qu'il lance tout de suite aux gosses, et une bouteille d'eau. Barney sourit, fier comme un paon, lorsque Clint le réceptionne sans aucun soucis. Il sourit plus encore quand l'autre se sert seulement après avoir cherché son approbation.
L'homme petit (mais pas petit juste moins grand que le grand, toujours) lance, un peu après, la bouteille d'eau qu'il a pris aussi. Son collègue a l'air de lui demander le pourquoi de tout ça. Un haussement d'épaules est sa seule réponse. Encore, c'est Clint qui attrape. Barney aurait pu s'en satisfaire, encore une fois, mais non.
Oui, c'est Clint qui réceptionne... mais c'est un cas très rare de Clint de mauvaise humeur qui réceptionne. Rares sont ceux qui apprécient le Clint de mauvaise humeur. Lui l'aime plutôt bien. Il doit être parmi les seuls. Un Clint ronchon est un Clint un peu plus drôle et plus à l'aise avec le monde ; un qui se sent davantage à sa place et est plus disposé à mal se comporter.
Le Clint de mauvais poil, donc, attrape la bouteille. Il la donne à Barney pour qu'il en retire le bouchon ; après avoir essayé de le faire avec les dents. Une fois de nouveau en sa possession, il en boit une petite moitié et la redonne à son aîné. Clint profite ensuite que son frère se désaltère (et la vide) pour lancer le bouchon (et voilà le Clint de mauvaise humeur « je lance des objets à la tronche des gens » dans toute sa splendeur) à la figure du type. Du petit, fort heureusement. Barney n'a pas le temps de le stopper que le bouchon a d'ores et déjà atterri pile entre les deux yeux du forain.
« Ils dorment avec toi, Buck. » Tranche finalement le plus grand.
Barney, ahuri, regarde Clint qui le dévisage, avec toujours son air grognon sur le visage. On s'approche d'eux de quelques pas puis on leur fait, d'un signe de tête, comprendre qu'ils doivent suivre. Les Barton n'hésitent pas longtemps et foncent. Barney reprend sacs et valise mais se garde, cette fois, de tenir Clint. Ils ne vont pas se perdre.
« Vous vous appelez comment, les gosses ? »
« Charles mais... Barney c'est mieux. Je préfère. »
« Charles c'est ridicule, toute manière. » L'adulte lorgne vers le plus petit. « Et l'ours mal léché ? »
« La crevette ? C'est Clint. Clinton. » Se corrige-t-il vite.
« Et c'est quoi son problème ? Il est muet ? »
« Il entend pas très bien. »
Le forain secoue la tête. « On fera avec. Maint'nant v'nez. Vous allez vous débarbouiller un peu, vous êtes crasseux comme pas permis, puis je vais vous donner un truc à grailler. Je te laisse lui dire, y a l'air de te comprendre. »
L'aîné Barton, une main sur l'épaule de Clint, acquiesce, un peu perdu. Il compte attendre qu'ils soient tous les deux propres et rassasiés pour poser ses questions et savoir pourquoi ils les gardent. Le changement a été si soudain qu'il ne le comprend pas.
o o o
Faute d'avoir deux matelas à proposer aux deux mômes ; il n'en a pas un seul en plus, même pas même un gonflable ; Buck va, après leur avoir montré la douche, les serviettes comme le savon, et leur avoir filé des fringues propres (juste un vieux T-shirt pour la crevette qui nagera bien assez dedans), chercher deux tapis d'entraînement sous le chapiteau. Ils les y mettent toujours, quand bien même ne ils ne sont pas en train de répéter un nouveau numéro à ajouter au spectacle.
Il les installe dans un coin. Les superpose pour un peu plus de confort pour eux. Les deux ont l'air d'avoir passé les nuits précédentes à la belle étoile, se partager un tapis quelques temps ne devrait pas les déranger outre mesure. S'il ne peut leur donner d'oreillers (il en a cinq mais compte bien ne pas en perdre un seul) il leur cède néanmoins une couette... et une couverture. Barney va certainement vouloir que son frère ait chaud, la nuit.
Après être resté dans la salle d'eau pour s'assurer que Clint s'en sortait avec les robinets et les températures, Barney renvoie son frère auprès de Buck le temps qu'il se décrasse à son tour. Le petit refuse et se serre contre lui. L'aîné soupire. Il sourit aussi. Le temps faisant, Clint pourrait commencer à s'éloigner de lui, le fuir un peu, trouvant de plus en plus flagrantes les similitudes qu'il a avec leur père. Chaque étreinte est un moment complice supplémentaire ; une petite victoire.
« J'en ai pas pour longtemps, crevette. Promis. »
Clint fait la moue et ne bouge pas. Barney roule des yeux, râle un peu, va à sa rencontre, le soulève et l'amène là où est le forain qui va les héberger. Immédiatement, d'un signe de tête, l'homme lui désigne les tapis.
« Va falloir partager quelques temps mais faute de mieux. » Buck grimace quand il voit Barney. « Faut que Grincheux te montre comment on se lave parce que c'est pas ça. »
« Je me suis pas lavé. » Corrige, pour rien, Barney. Il s'accroupit face à Clint, prend un de leur sac et en sort leur livre sur la mythologie nordique. « Je te lis la page que tu veux si tu restes sage pendant que je me lave. » Clint fait la moue. L'offre n'est pas encore assez à son goût. « Tu veux dormir avec un Barney qui pue ou un Barney qui sent bon ? »
Pour permettre à son cadet de lui répondre plus facilement, le jeune adolescent associe chacune des deux propositions à un geste ; une fois il baisse le pouce, l'autre fois il le lève. Son frère n'a alors plus qu'à l'imiter. Évidemment, Clint lève le pouce et refuse le Barney qui pue d'une grimace qui ne trompe pas. Avant de retourner les talons, Barney l'enroule dans la seconde petite couverture laissée par Buck (il en était sûr !) et lui ébouriffe les cheveux encore humides. Le blondinet plisse le nez et essaie de chasser les mains envahissantes.
« Fais au moins semblant de chercher, petit monstre. Je t'en voudrai pas de pas me faire lire Loki ce soir. »
Le forain réchauffe quelques plats tout faits pour nourrir les mioches. Il écoute et observe, distrait et discret. Une fois Barney parti, Clint est silencieux. Sa présence en est presque oubliée. Il feuillette son livre, regarde les images et paraît essayer de lire les titres en haut de chaque page.
Moins de dix minutes sont passées quand le second revient. Il remercie encore une fois Buck ; et Clint de l'avoir attendu. Il propose au premier son aide, qui n'est pas refusée. Plus rapides à deux que seul, ils sont vites tous les trois autour de la table.
À plusieurs reprises, Barney reprend Clint qui risque d'être malade cette nuit s'il continue à manger aussi vite. Il finit même par tout bonnement l'arrêter (et se dévoue pour finir l'assiette de Clint, du coup, quel sens du sacrifice).
« Y en aura encore demain. » Dit Buck.
Barney répète. Clint doute un instant mais cède tout de même. Le plus petit remercie maladroitement Buck pour la nourriture. Il se frotte les yeux. C'est le signal pour son frère qui lui fait comprendre qu'il est l'heure qu'il aille dormir. Le plus petit saute de son tabouret et se laisse guider jusqu'au lit improvisé. Barney va pour le coucher lorsque sa promesse lui est rappelée. Clint lui tend le livre, déjà corné à la bonne page.
La cornure n'est pas nouvelle.
« Encore ? » Se désole Barney, même s'il s'y est attendu. « Y a plein d'autres pages ; plein d'autres dieux... »
Clint tape sur le livre, désigne le titre avec insistance. Loki. Soit. Pas le choix. Il a promis. Barney soupire, fait s'allonger son frère au bout du lit, près du mur. Il le couvre de la couette et de la couverture puis s'installe en face de lui. Il laisse le livre ouvert devant Clint, qu'il puisse voir les images et suivre plus facilement. Barney ne le tourne vers lui qu'occasionnellement pour vérifier un élément. Ça ne prend pas longtemps à faire fermer les yeux à Clint. Quelques minutes suffisent pour que celui-ci se mette en boule sous les couvertures, se tourne vers le mur et serre le sweat que Barney lui a glissé au milieu de la lecture ; étrange doudou.
Barney retourne auprès de l'adulte.
« Je m'occuperai de l'entraînement de Grincheux. Je sais pas si Jacques sera là aussi ; même s'il finira forcément par s'en mêler. Au début, tu resteras avec nous pour lui transmettre les consignes jusqu'à ce qu'il puisse les prendre de nous directement. Moi et Jacques on va voir ce qu'on peut faire de toi. Sinon on t'enverra voir les autres. Z'ont toujours besoin d'aide, de bras en plus pour monter le chapiteau, les attractions, faire la bouffe... on trouvera bien un moyen de te rendre utile. »
« L'entraîner. » Relève Barney, aussitôt. « Non. C'était moi qui était supposé... c'est qu'un gosse. »
« Tout comme toi, kiddo. »
« C'est pas pareil. C'est... pas pareil. »
« Ah nàn ? Se moque Buck. « La seule différence que je vois, moi, c'est que toi tu as été forcé de grandir pour protéger le nain. »
Barney ne répond pas. Il serre les poings, essaie de savoir s'il faut partir ou rester.
« Pas Clint. Il est trop petit. »
Le forain jette un œil vers les tapis et la silhouette qui y est endormie. « Y va grandir. J'espère pas qu'il soit dans nos numéros avant plusieurs années. Vois ça comme un investissement à long terme. »
« Pourquoi lui ? Je pourrais... je ferai ce que vous voulez, vraiment. »
« Ce qu'on veut c'est ton frère. » Fait posément remarquer Buck. « Il a déjà l'air de savoir réceptionner, tirer et viser. Si on était une équipe de Baseball, je lui apprendrais le Baseball mais, pas de bol pour vous, les gars, j'en suis pas. »
« Vous êtes quoi ? Un jongleur ? Un lanceur de couteaux ? »
« Ouais. Pas que. Avec Jacques on a des numéros de tir à l'arc. » Barney hausse un sourcil. Il trouve difficile de ne pas se moquer. « Ris pas, gamin. C'est les numéros vedettes. »
« Et vous êtes quand même encore impressionnés par un môme de sept ans ? » »
« Si moi et Jacques l'entraînons, il pourrait devenir un excellent archer. »
« Ça va lui servir à quoi ? J'veux dire... dans la vie, désolé hein, mais... ça sert pas à grand chose. »
« Ça me sert à bouffer chaud trois fois par jour et dormir au chaud et au sec. T'en penses quoi ? »
Barney ferme les yeux. Sa jambe droite sautille sans cesse. Son pied cogne contre le sol d'une façon aussi stressante que pénible ; on ne lui fait aucune réflexion à ce sujet. Il est encore à réfléchir. La réponse ne vient pas d'elle-même, ne s'impose pas. D'habitude, s'il ne pense pas direct « Oui ! Fais le » il préfère en conclure qu'il ne faut pas le faire (même s'il est en train de penser que « Oui ! Fais le »). Ils pourraient ne plus avoir une chance pareille.
« D'accord. »
« D'accord quoi ? » Insiste Buck.
« D'accord vous entraînez Clint. Mais vous le touchez jamais. Et vous me laissez lui apprendre à lire, calculer, tout ça. »
« Fais ce que tu veux de ton temps perso, j'm'en carre l'os. » Buck se relève. « Maintenant au lit. Repose-toi aussi. Si vous avez un creux, allez vous servir cette nuit. Soif, idem. On commence dans deux jours. Demain, Grincheux se repose. » Il ignore Barney qui lui rappelle le vrai prénom du Grincheux en question. « Et on vous présente aux autres. »
L'adulte attrape sa veste et se dirige vers la sortie. Il donne un coup de pied dans la valise qui se trouve sur son passage ; mais pas dans le passage.
« Vous partez ? »
« T'as dormi à la rue, gamin. Tu peux rester seul dans une roulotte, tu crois pas ? »
Hey Hey What Can I Do - - - Led Zeppelin
Fin du second chapitre (si si, sans blague).
Si vous avez la moindre question (pour ce chapitre ou même pour plus tard, hein !), la moindre remarque, fin le moindre truc, quoi, n'hésitez surtout, surtout pas ! Toutes les remarques sont bonnes à prendre, après tout :) ! Surtout que je me sens (et suis) encore nouvelle sur le fandom Marvel !
J'ai une page facebook sur laquelle je poste une fois par jour une fanfic (souvent anglaise ; très souvent avec Clint) ; où je poste également de extraits d'OS à venir (il y en a une paire Avengers / AoS) ; éventuellement aussi des extraits du prochain chapitre (très probable, même) etc. etc.
Je réponds aux reviews anonymes sur skatyskayt . wordpress . com
Skayt
