Auteur : Subaru-d Série : X ClampGenre : FantastiqueCouple : SubaruXSeishirô
POUR MA PEINE…
Chapitre 1
Persos de Clamp pas à moi, empruntés, rendus après usage, pas à but lucratif, pas de sous en plus sur mon compte en banque, adresser lettres de menace à mon avocat, bla, bla…
Le personnage d'Hiroki Ayama est ma petite invention, par contre
Cette fic est écrite dans un contexte réel assez trouble : les nipponisants le savent, Shinzo Abe, nouveau premier ministre japonais, prend (ou veut prendre) actuellement des mesures plutôt radicales (de mon point de vue, bien sûr ) : réarmement du Japon, rétablissement des châtiments corporels, etc, etc…L'analyse du phénomène étant plutôt de mauvaise augure pour le Japon, j'ai décidé que cette fic utiliserait ce contexte, qui sera bien entendu détourné. Pour ceux et celle qui ne voient pas de quoi je parle, voir actualité politique japonaise (au 29/01/07 du moins).
Cette fic ne retrace PAS la réalité et ne reflète ni message politique, ni discrimination particulière. Elle prend appui sur un fait d'actualité qui me semblait propice à une de mes idées.
Merci pour vos reviews
« Depuis QUAND au juste les tribunaux japonais condamnent-il à la peine maximale en moins de quatre heures ? »
Suteru Furana eut un soupir déchirant. Il aimait les femmes vives, engagées, énergiques et décidées. Comme quelques rédacteur en chef de magazines d'actualité, il estimait que les plus fermes étaient de bonnes journalistes.
Mais Hiroki Ayama n'était pas une femme. En Europe, on employait le terme « harpie », en référence à des femmes oiseaux aux cris perçants et aux serres tranchantes. Il trouvait le portrait très ressemblant avec sa jeune rédactrice. En désespoir de cause, il se réfugia derrière son premier ministre en citant :
« Un beau pays, le Japon. Un pays plein de vitalité, d'opportunités et de compassion ; un pays qui favorise les valeurs de l'autodiscipline…Et selon Abe, l'autodiscipline commence par le gouvernement lui-même. Sakurazuka était un tueur à gage engagé politiquement, il fait le bouc émissaire exemplaire.»
« EXEMPLAIRE ? Non mais je rêve…Tu ne m'as pas dit toi-même que tu étais contre la peine de mort ? »
« Ayama, être contre la peine de mort ce matin, c'est être contre le gouvernement. Tu te crois assez forte pour aller hurler sur Abe ? Je t'en prie…le palais de la diète est à vingt minutes en métro. »
Elle s'étrangla et crispa les lèvres…enfin, il avait eu le dernier mot, un exploit avec ce bâton de dynamite en jupe. Il ne s'étonnait pas qu'elle ne fût pas encore mariée…d'ailleurs, à ce propos…
« C'est par ce qu'il y a un lien avec Sumeragi, c'est ça ? » Demanda-t-il avec un vague sourire, provoquant, à sa grande satisfaction, une légère rougeur sur les pommettes d'Ayama.
« Subaru-san…sera affecté par la mort de Sakurazuka. »
« Subaru-san ? Je ne vous savais pas si intimes… » Continua-t-il à la taquiner.
« Arrête ! Tu sais très bien que Subaru Sumeragi est un foutu hypocondriaque monomaniaque et asocial, et… »
« Et que je me rappelle ta tête le jour où tu as rencontré le foutu hypocondriaque. Tu roucoulais, Ayama. »
« Réaction féminine type pétasse primaire. J'étais pas au meilleur de ma forme. » Eluda-t-elle « Et de toute manière, je l'intéresse pas. »
« C'est ce que j'avais cru comprendre, en effet…Alors tu as perdu ton seul candidat au mariage ? »
Elle le fusilla du regard mais se résolut –enfin – à battre en retraite, non sans claquer la porte.
Furana put enfin souffler. L'entretien avait duré moins de dix minutes, un exploit.
Subaru avait retrouvé un peu de sa sérénité, mais ses mains étaient encore agitées de tremblement lorsqu'Ayama vint sonner à sa porte.
« Vous m'amenez les croissants ? » Demanda-t-il en jetant un œil critique sur son horloge.
« Non, le journal du matin. » Ironisa-t-elle « Si vous n'avez pas encore allumé votre télé… »
« Je l'AI allumée. »
« Donc j'arrive trop tard. »
« Vous vous en remettrez. Moi ça m'arrive tout le temps. » Répliqua-t-il en allant s'asseoir sur son lit, les jambes croisées.
« Hé bien, je vous conseille de perdre cette mauvaise habitude, étant donnée la situation. Qu'allez-vous faire ? »
Il prit le temps d'allumer une nouvelle cigarette – afin de se calmer définitivement – avant de répondre d'un ton ferme.
« Rien. »
« Je vous demande pardon ? »
« Rien. » Répéta-t-il en insistant sur la première lettre pour être sûr qu'elle ne lui demande pas de répéter.
« Vous vous foutez de moi ? »
« Sakurazuka Seishirô est un meurtrier, et l'ennemi séculaire de mon clan. On le juge pour ses crimes et comme le prévoit la loi japonaise, l'homicide volontaire est passible de peine capitale. Je ne vois que de la logique et je n'ai vraiment pas de raison d'intervenir. »
« Allez vous faire foutre avec votre doctrine ! » S'enflamma-t-elle « C'est à Subaru Sumeragi que je veux parler, pas au chef de clan ! »
Les yeux de Subaru s'étrécirent et luirent de colère alors qu'il se levait :
« Très bien. Ce type m'a tabassé, traumatisé, manipulé, a assassiné ma sœur jumelle et m'a abandonné dans un état proche de la catatonie, non sans me promettre de revenir un jour finir le travail. Ca ne me donne que PLUS de raison de laisser faire. »
« Bien sûr la nouvelle ne vous a pas affecté ? »
« Non. »
« Pas un frisson ? »
« J'ai reçu plus de dix ans de formation pour pallier à ce genre d'inconvénient. » S'entêta-t-il, les bras croisés.
« Dites plutôt que vous faites tout pour lui ressembler ! » Attaqua-t-elle « La coupe de cheveux, l'imper, les cigarettes et maintenant cette pseudo froideur qui ressemble davantage à de la mauvaise foi ! »
« Si vous le voyez comme ça… »
« Vous en avez pas marre de vous composer un rôle ? »
« Vous en avez pas marre de jouer les dames marieuses ? »
« Vous reprochiez pas à votre sœur de le faire, que je sache ! »
Ils se fixèrent, en chien de faïence
« Ma sœur est morte. » Répliqua-t-il d'un ton cassant « Et vous le serez bientôt si vous continuer à vous immiscer entre moi et le Sakurazukamori. »
« Actuellement, le Sakurazukamori est détenu dans une prison d'état, sous haute surveillance, il ne peut rien me faire. »
« Et c'est pour ça qu'il doit y rester. A moi non plus, il ne pourra plus rien me faire. »
« Ha donc, c'est de la lâcheté, pas de la mauvaise foi. »
« Si c'est tout ce que vous êtes venue me dire… »
« Subaru, il ne s'agit pas du sakurazukamori ou d'un tueur à gage, il s'agit de vous DEUX ! Il compte sans doute sur vous pour lui apporter votre aide ! »
L'onmyôji secoua la tête et retourna s'asseoir.
« Tout le monde ne peut pas être bon juge de la nature humaine. J'en suis l'exemple vivant…et quand je dis vivant… »
« Il ne vous reste plus que lui ! »
« Non. Il ne me reste personne. »
« Ha ! Le laïus du mal-aimé solitaire ! Il y avait longtemps que vous ne me l'aviez pas resservi ! Vous faites dans le réchauffé par ce que vos arguments s'épuisent ? » Demanda-t-elle en levant les yeux au ciel.
« Très drôle. M'étonne pas que vous l'aimiez bien, vous avez le même humour douteux. J'aimerais que vous laissiez mon passé tranquille. J'ai assez peiné à en rassembler les miettes. »
« Très bien. »
Si elle restait une minute de plus, elle allait le gifler, l'insulter…dire des mots qu'elle allait regretter…Tournant les talons, elle lâcha tout de même avant de sortir :
« Mais ne comptez pas sur moi quand votre futur sera dans le même état. »
Il répondit par un haussement d'épaule qui acheva de la mettre hors d'elle. Elle sortit à nouveau en claquant la porte, à défaut de pouvoir le faire avec le deuxième homme exaspérant de sa journée.
Subaru attendit quelques secondes que les effets de la tornade féminine s'estompent et contempla pensivement ses mains, vierges de tout pentacles bleus.
« Si tu voulais mon aide, tu m'aurais appelé…et puis…pourquoi aurais-tu besoin de mon aide, d'ailleurs ? Tu es puissant, la mort ne t'effraie pas…contrairement à moi, tu n'as rien à perdre… »
Il s'approcha de sa minuscule fenêtre et appuya son front tout contre, dans un soupir.
« Ca ne te fais rien de mourir, Seishirô-san ? »
Ses mots étaient prononcés si bas que la sonnerie de son téléphone couvrit les derniers comme un hurlement, le faisant tressaillir.
Un contrat sans doute…De quoi lui vider définitivement l'esprit de tout ce qui pouvait avoir un lien avec…
« Bonjour, Subaru-kun. »
Il eut soudain l'impression qu'on venait de lui faire avaler une livre de plomb. Il laissa la voix à l'autre bout du fil répéter son nom avant de demander, s'obligeant à garder une voix neutre :
« Comment es-tu sorti ? »
« Mais je ne suis pas sorti. J'avais droit à un appel. »
Subaru sentit ses tempes battre et la colère le reprit, aussi brûlante que contre Ayama :
« Et pourquoi m'appelles-tu ? Ca fait 9 ans qu'on a plus rien à se dire, il me semble ! »
« Oh, tu ne voulais pas entendre mes derniers mots ? »
« Arrête. »
« Alors dis-moi, que veux-tu ? Je t'aime ? Tu vas me manquer ? Ne m'oublie pas ? »
« ARRETE ! » Hurla-t-il, plus comme une supplique que comme un ordre.
« C'est ma tournée, Subaru-kun. » Poursuivit la voix calme, quoi que plus narquoise « Peut-être préférerais-tu…Aide-moi ? »
« Tu n'as pas besoin de mon aide. Tu n'as jamais eu besoin de moi ou de personne. »
« Non, pas jusqu'à maintenant. Alors que vas-tu faire ? Raccrocher ? Et m'effacer de ta mémoire ? C'est simple, non : il te suffit d'appuyer sur un bouton pour mettre fin à cette conversation…Exactement comme dans une semaine pour moi. On presse un bouton et… »
Subaru n'écoutait plus. La nausée le reprenait, plus violente…pourquoi ne pouvait-il pas le laisser en paix ?
« Seishirô…Tu ne m'as appelé que pour t'amuser ? »
« Non. Tu étais le seul que je puisse appeler. »
Subaru cru avoir mal entendu.
« Le…seul ? »
« Tu es mon seul proche qui soit en vie. » Précisa tranquillement le Sakurazukamori « Et puis je voulais m'assurer une chose. »
« T'assurer que ? »
« Tu avais compris. »
« Compris quoi, Seishirô ? »
« Selon toi, Subaru-kun…serais-je moins meurtrier en étant un souvenir ? »
Il y eut un silence et il conclut, presque gentiment :
« Tu ne dormiras pas mieux si je m'en vais. »
« C'est un appel au secours ? » Demanda le jeune onmyôji, désespéré de n'avoir pas même le dessus au téléphone.
Le sakurazukamori se mit à rire :
« C'est obsessionnel, chez toi…vouloir m'être nécessaire, hein ? »
« Utile, je m'en contenterais. »
« Nous n'avons pas la même notion de l'utilité, Subaru Sumeragi. »
« Chez toi, c'est un mot qui prend tout son sens pourtant. Il remplace affection, intérêt, désir, gentillesse, intelligence… »
« Insinuerais-tu que tu n'as aucun de ces attraits ? »
Subaru eut un rire méprisant, douloureux.
« Ce n'est pas à moi de le dire, tu sais… »
« Je pourrais te dire que c'est vrai, je serais sincère. »
A nouveau, le ton était presque gentil, consolateur.
« Tu oublies juste que ça t'indiffère. C'est de l'hypocrisie par omission. »
Le Sakurazukamori se remit à rire :
« Toi aussi, tu sais être blessant. »
« Je le serais si tu pouvais être blessé. »
« Très juste. Ha, on me signale que le temps est écoulé. Je te laisse Subaru-kun, passe une bonne journée. »
Clic.
C'est en reposant le téléphone que Subaru se rendit compte qu'il s'était mordu la lèvre inférieure au sang.
A SUIVRE…
