Auteur Dark.drigger

Disclamer: Les G-boys ne m'appartiennent pas... sniff !

Couple : Quoi ! Vous n'avez pas encore deviné !

Ptit résumé:

Il s'agit d'un univers alternatif, Duo a une vie on ne peut plus tranquille, jusqu'au jour où il reçoit un appel de son père. Il va comprendre, à ses dépens, que ce n'est pas beau de mentir…

Note :

Roh lalala ! Je suis trop à la bourre ! Mais bon, c'est comme d'hab' quoi ! J'en profite pour remercier tous ceux qui m'ont laissé une review ! Merci ! Merchi ! Merchi ! J'espère que ce nouveau chap vous plaira !

Bonne lecture …

Apparence trompeuse.


Chap2 : Toi et Moi ? Tu rigoles ?

Duo laissa courir son regard sur l'étendue du lieu, il s'agissait d'une simple salle d'attente on ne peut plus classique, une série de fauteuils était disposé en U le long des murs – quoique le mot fauteuil n'était pas vraiment approprié pour désigner ces espèces de strapontin rétractable dont l'armature vous rentrait aisément dans les fesses, si bien qu'on se serait cru installé sur une planche à clou - une table basse au centre de la pièce était recouverte de vieux magazines fripés et les incontournables plantes vertes quelque peu défraîchi qui ornait le coin des murs.

Sans oublier, l'inévitable pôle d'accueil où une standardiste aux cheveux crépus et à la voix nasillarde répondait au téléphone entre deux couches de vernis. Un flux incessant de gens arrivait et sortait. On se serait cru dans une fourmilière. Tous ces costards-cravates qui couraient dans tous les sens, leur attaché-case sous le bras, distribuant leur sourire hypocrite et complaisant à tout va. Beurk. Tout ceci lui donnait la nausée. Sans compter cette cruche de standardiste qui n'arrêtait pas de le mater, l'assommant de sourire niais dès qu'il avait le malheur de détourner la tête. Mais que diable faisait-il ici ?

- « Quatre, tu peux me dire ce qu'on fout là ? » maugréa l'américain d'un air morne.

- « Venu sauver tes petites fesses pardi ! »

- « Hn. Alors dépêchons avant qu'il n'y ait plus rien à sauver » siffla-t-il entre ses dents, faisant référence à l'horrible créature qui le dévorait des yeux depuis plus de vingt minutes.

Il soupira une énième fois tout en marmonnant inlassablement des « Mais qu'est-ce que je fous là !» « C'est du suicide. » « Jamais j'aurai du accepter ! » « N'importe quoi !» « Mais quel con ! ». Ainsi occupé à se maudire, il ne remarqua même pas que son ami venait brusquement de se lever, pour enlacer affectueusement un brun aux cheveux hirsutes.

Ils échangèrent quelques banalités, l'un s'excusant de l'avoir fait attendre, tandis que l'autre lui exprimait la joie de le revoir après des mois de silence. Il fallut quelques minutes au brun pour s'apercevoir que Quatre n'était pas venu seul. Un jeune homme se tenait assis près de lui et ne semblait même pas s'être rendu compte de sa présence ou s'en fichait totalement.

Celui-ci était assis avec désinvolture, des jambes longues et nerveuses légèrement écartées, mises en valeur par un jeans délavé à apparence usé. L'une de ses jambes était relevé, sa cheville droite reposant négligemment sur le genou gauche, laissant découvrir une basket noire qui devait être une adepte des heures sup. Un pull marine col en V essayait vainement de cacher un large torse ainsi que des bras musclés reposant sur les accoudoirs. Ses doigts tambourinaient sa cuisse comme poussé par un tempo imaginaire. Le visage a demi dissimulé par une casquette noire, vissé sur le crane, ne laissant apparaître que quelques mèches rebelles de couleur miel.

Ce jeune homme n'était certes pas du même milieu que lui mais…

FOUTRE DIEU !

Il n'avait pas vu de mec aussi bandant depuis des lustres ! Il avait un corps de rêve ! Il ne fallut pas longtemps avant que l'esprit du brun ne commence à fantasmer sec.

Heero en était à se demander qui était cette magnifique créature qui venait d'accaparer toutes ses pensées quand celui-ci releva soudainement la tête. Il le considéra intensément. De fines paillettes d'or scintillaient dans ses yeux sombres. Une drôle de sensation parcouru alors le japonais. Mal à l'aise, il détourna le regard avant de reporter son attention sur son ami.

- « Heero, tu te souviens de Duo ? » s'enquit le blond sans remarquer le trouble du jeune homme.

Celui-ci se contenta de hocher la tête avant de les inviter dans son bureau pour discuter tranquillement, loin des oreilles indiscrètes. Tout en les guidant à travers les différents couloirs, il ne put s'empêcher de soupirer. Il était déçu. Cette magnifique créature qui venait de lui inspirer tant de désir n'était autre que Duo. L'insupportable meilleur ami de Quatre.

Il n'avait jamais compris pourquoi l'américain avait eu un tel comportement à son égard durant leurs dernières années de fac. Il s'était posé des tas de questions au début. A savoir, si cela venait de lui, s'il avait dit quelque chose de blessant à son encontre, s'il avait fait quelque chose de mal. Il avait même cru à un moment que c'était de la jalousie, qu'il ne devait pas supporter que quelqu'un s'approche trop près de Quatre, qu'il devait ressentir autre chose que de l'amitié pour le blond.

Mais il s'était vite rendu compte que Duo n'agissait ainsi qu'avec lui. Avec les autres conquêtes du blond, il se montrait agréable et chaleureux. Heero en avait donc conclu que cela devait être physique. Il y a bien des personnes que l'on n'arrive pas à encadrer sans raison particulière. Il devait être l'une d'entre elles. Et le moins que l'on puisse dire c'était que Duo l'avait dans le collimateur, en pleine ligne de mire.

Il soupira une énième fois alors qu'il refermait la porte de son bureau derrière lui. Il s'en voulait de ne pas l'avoir reconnu directement, cela lui aurait évité d'avoir d'aussi… charmantes pensées qu'il savait d'ores et déjà irréalisables. Pour sa dépense, il devait bien admettre que le petit Duo avait bien changé. Leur dernière entrevue remontait à deux ou trois ans et il n'en gardait pas un très bon souvenir. Bref, l'américain n'était plus aussi frêle, il avait pris en carrure et en force. Son visage n'était plus si angélique, il avait les traits plus prononcés et ses yeux avaient un je ne sais quoi de sauvage, oui c'est ça, quelque chose d'animal. Heero eut un frisson à cette pensée.

Bon sang, voilà t'y pas qu'il commençait à délirer !

Bref, c'était un mec ! Un vrai ! Un putain de mec!

Il espérait seulement qu'il avait aussi grandi mentalement sinon leurs prises de bec n'étaient pas prêtes de se terminer. Et il était hors de question qu'il cède du terrain face à ce perpétuel insatisfait.

Alors qu'ils s'installaient dans un petit salon adjacent, le japonais leur demanda, en parfait hôte, s'ils désiraient boire quelque chose. Tous deux déclinèrent gentiment l'offre avant que Quatre ne se lance dans le vif du sujet. Il lui expliqua le problème de Duo dans les grandes lignes, préférant passer sous silence les tenants et les aboutissants qui avaient conduit l'américain dans une telle situation.

Heero se sentait mal à l'aise. Le blond venait de lui déballer son speech comme l'aurait fait un avocat en pleine plaidoirie. A aucun moment, Duo n'avait ouvert la bouche pour exprimer son point de vue. C'était comme s'il subissait cet entretien. Comme s'il partait défaitiste ! Et Heero se retrouvait relayé au rôle de juge et de bourreau.

Quatre lui avait certainement demandé de se taire et de le laisser parler, tel un parfait médiateur. Mais quand même c'était l'américain qui avait besoin de son aide, non ? Alors quoi ! Il n'était pas assez bien pour que mossieu s'implique lui-même dans cette discussion ! Il ne supportait pas son silence, sa façon d'être là, sans l'être réellement.

Même dans ses affaires, il n'avait jamais négocié avec un médiateur ou un subalterne et ce n'était pas maintenant qu'il allait commencer !

Heero se leva brusquement du fauteuil dans lequel il était installé et se dirigea d'un pas sec vers la baie vitrée de son bureau. Il resta quelques minutes silencieux, laissant le blond déblatérer tout seul. Puis, sans se retourner, il déclara froidement.

- « Quatre, je te remercie pour ton charmant discours. Maintenant si tu le permets, j'aimerai m'entretenir personnellement avec le principal concerné. »

- « Bien » fit le blond pas le moins du monde surpris par l'attitude du nippon. « Bon, Duo je te laisse » lança-t-il alors qu'il posait une main rassurante sur l'épaule de ce dernier. « Faut que je rejoigne Trowa à la Galerie. Heero, on s'appelle. Tchao ! » ajouta-t-il tout en se dirigeant vers la sortie.

Juste avant de refermer la porte, Quatre jeta un dernier regard à l'américain, qui ne l'avait pas quitté des yeux, et lui fit discrètement signe de l'appeler une fois qu'il serait sorti d'ici. Tout aussi discrètement, le châtain lui répondit par un léger geste de la main.


Durant un long moment, aucun des deux ne prit la parole. Peut être que le fait de s'ignorer était leur façon de contenir l'étrange tension qui avait rempli la pièce après le départ du blond. Comment savoir ? Duo n'avait pas bougé d'un pouce. Toujours impassible.

- « Je ne savais pas que tu avais besoin d'un interprète pour venir me parler ? » lança sèchement le japonais, ouvrant ainsi les hostilités. « Tes capacités intellectuelles sont si réduites ? Ou me demander directement mon aide t'aurait arraché la gueule ? » ajouta-t-il alors qu'il se retournait pour faire face au jeune homme.

- « Tss… » siffla Duo tout en secouant légèrement la tête, un sourire méprisant aux lèvres.

- « Ne prend pas cet air condescendant avec moi, je te prie ! » s'écria-t-il agacé par le comportement de son vis-à-vis. « Ce n'était pas moi qui aie besoin d'aide ! » poursuit le brun, goguenard.

- « … »

- « Et bien, réponds-moi ! Qu'est-ce qu'il y a ? On t'a coupé la langue ? Tu as besoin d'un traducteur peut-être ? » cracha-t-il sèchement devant le silence obstiné de Duo.

N'en supportant pas d'avantage, l'américain se redressa et se dirigea vers la porte ayant la forte intention de sortir de cette pièce et de s'éloigner le plus possible de ce fou furieux. Ce dernier avait de la chance qu'il ait promit à Quatre d'être poli et courtois. Ce qu'il avait tenté de faire en jouant la carte de l'indifférence. Sinon cela ferait longtemps qu'il lui aurait volé dans les plumes à ce pignouf !

- « Où est-ce que tu crois aller ! J'en ai pas fini avec toi ! » lui lança Heero tout en se plaçant sur son chemin en signe de dissuasion.

Duo s'arrêta brusquement, quelque peu étonné que le japonais essaie de le retenir, bien qu'il n'en montra rien. Il le considéra de la tête aux pieds et il ne put s'empêcher de se demander de quelle façon au juste, le brun comptait le stopper s'il tentait tout de même de passer. Le jeune homme recula de quelques pas et éclata d'un rire moqueur en contemplant la mine déconfite de Heero.

- « Qu'est-ce qui te fait rire ! Je ne vois franchement pas ce qu'il y a de drôle ! » rétorqua le japonais, furieux.

- « Tu veux vraiment le savoir ? » répondit posément Duo en le regardant droit dans les yeux. « Tu veux savoir pourquoi je me marre ! » poursuivit Duo sur un ton calme mais froid. « J'étais seulement en train de m'imaginer la tête de ce pauvre Quatre quand je lui expliquerai pourquoi tu voulais me parler personnellement ! Lui, qui te met tellement sur un piédestal, ça va lui faire tout drôle ! Moi, ça ne m'étonne pas ! Je savais très bien que tu n'étais pas à la hauteur ! »

Il se tut quelques instants avant de poursuivre.

- « Tu sais, quand je lui ai expliqué la situation, il m'a tout de suite dit « T'inquiète pas, j'ai le mec qu'il te faut » Connaissant Quatre, je me suis dit « Ok, aboule ! » Cependant, quand il m'a dit ton nom, j'étais perplexe. Je me suis dit « Putain, si c'est ça le mec idéal pour lui, on doit pas avoir les mêmes critères de sélection » s'exclama-t-il avec amusement. "Je lui ai dit d'ailleurs, qu'avec notre passé, notre animosité, ça n'allait jamais coller ! Qu'on ferait mieux d'abandonner ! Il m'a dit « Non, t'inquiètes pas, Heero a changé, c'est plus le même, il a grandit, il a mûrit » Pff ! L'américain le regarda avec mépris, et répliqua froidement. « Cela montre bien que les réductions cérébrales doivent être fréquentes chez toi ! Il ne t'a fallu que trois minutes quinze après son départ, pour te mettre à m'insulter ! Alors que je ne t'avais strictement rien dit ! Tu n'as absolument pas changé ! T'es resté le sombre connard prétentieux, arrogant et m'as-tu vu ! Toujours prêt à rabaisser les autres plus bas que terre, du moment qu'on te remarque ! Comme quoi, quand on est con, on est con ! » termina-t-il avec un sourire goguenard.

Le japonais était furibard, de vilaines rougeurs venaient d'apparaître sur ses joues. Duo les savoura avec une joie presque sadique avant d'estimer qu'il était temps de porter l'estocade.

- « Bon, c'est pas que je m'ennuie mais… J'aime pas perdre mon temps, encore moins avec un mioche ! Sans compter qu'il faut que je me trouve un mec ! » souffla l'américain en le détaillant sous toutes les coutures. « Un vrai, du genre consistant ! » précisa-t-il narquois. « Et puis, je me voudrais pas trop abuser de ton temps, tu m'as l'air surchargé ! Au plaisir de ne jamais te revoir ! » fit-il en contournant le brun avant de se saisir de la poignée de porte.

- « Duo Maxwell ! Tu n'as pas intérêt à passer le pas de cette porte ! » s'écria le japonais agacé par le comportement désinvolte du jeune homme et par toutes les remarques insultantes qu'il venait de lui envoyer au visage.

- « Sinon quoi ? Tu vas appeler ma môman ? » rétorqua Duo avec agressivité, alors qu'il se détournait pour fixer le nippon dans les yeux. « Arrête de délirer Yuy ! Je n'ai jamais voulu foutre les pieds ici, pour la seule et unique raison que tu n'es… Roh, laisse tomber ! Je vois franchement pas pourquoi j'userais ma salive pour toi ! T'en vaux vraiment pas la peine ! »

Alors que l'américain était sur le point d'ouvrir la porte, une main s'interposa, faisait claquer le bois contre le chambranle. Duo soupira fortement avant de jeter un regard au propriétaire de la dite main. Ses yeux bleus brillaient d'une lueur froide et ses traits étaient tendus par une colère sourde.

- « Maxwell, tu vas me faire le plaisir de reposer tes fesses ici et tout de suite, avant que je m'énerve ! » siffla-t-il sèchement laissant ainsi apparaître sa colère.

- « Dis Yuy, tu ne crois tout de même pas m'impressionner là par hasard ! » lança Duo d'un ton enjoué alors qu'il se redressait de toute sa hauteur.

- « Tu ferais mieux de ne pas me sous-estimer ! » rétorqua-t-il menaçant.

- « Oh mais je ne te sous-estime pas, c'est plutôt toi qui te surestime ! » Un sourire pince-sans-rire étirant ses lèvres fines.

- « Ben voyons… »

- « Bon, écoute tu as une tête de moins que moi et point de vue carrure, t'as dû salement cracher sur la soupe et les épinards, alors t'es gentil, t'évites les menaces à deux noises et tu me lâches ! » soupira l'américain, exaspéré.

- « Si tu crois pouvoir t'en tirer aussi facilement… » siffla froidement Heero, une poignée de centimètres seulement le séparant du visage de Duo.

- « Il y a un truc que tu n'as pas très bien saisi ! Je n'ai jamais voulu foutre les pieds ici et encore moins te demander de l'aide ! Je n'ai fait que suivre Quatre dans l'un de ses nombreux délires ! Alors on arrête là les discussions fébriles ! Je ne veux pas de toi et toi tu ne veux pas le faire ! Ça tombe très bien ! Maintenant si tu veux passer tes nerfs sur quelqu'un, appelle donc Quatre ! Moi, je me casse ! » Duo se tut avant de lancer au japonais un regard équivoque, entre ironie et compassion.

- « Et qui t'a dit que je ne voulais pas le faire ! » rétorqua le brun de but en blanc, sans prendre réellement conscience de ce qu'il venait de dire, cherchant par tous les moyens à reprendre le dessus.

- « Roh Yuy je t'en pris ! » s'écria l'américain, horrifié à l'idée que le brun puisse accepter, s'éloignant inconsciemment du jeune homme. « Tu sais aussi bien que moi qu'on ne peut pas rester plus de cinq minutes dans une pièce sans en venir aux mains ! Alors de là, à rester continuellement ensemble et feindre le grand amour, il y a des limites à tout ! »

- « Dis plutôt que tu as la trouille, oui ! »

- « Et la trouille de quoi, je te prie ! » rétorqua l'américain, trouvant cela totalement absurde.

- « De devoir rester seul avec moi ! » affirma le japonais comme s'il s'agissait d'une vérité fondamentale.

- « Pff… Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre ! C'est la meilleure de l'année ! » s'écria-t-il tout en levant les yeux au ciel.

Duo se détourna une nouvelle fois et fit quelques pas vers la baie vitrée. Mettant ainsi de la distance entre lui et cette espèce de… et cette espèce d'ignoble créature. Il fallait qu'il trouve une solution et vite. Plus cela allait, plus il voyait le piège se refermer sur lui ! Et, il était hors de question qu'il se retrouve bloqué avec le prétentieux de service !

Heero se contenta de contempler l'américain qui se tenait debout au beau milieu de la pièce, tendu à l'extrême, les poings tellement serrés que ses jointures blanchissaient. D'accord, il s'était peut être un peu trop précipité. Tout cela pour déstabiliser le jeune homme et ainsi reprendre le dessus. Mais il devait bien s'avouer que passer deux semaines avec Duo pourrait s'avérer intéressant. Et puis, il aurait pu tomber sur pire. L'américain n'était pas désagréable à regarder. Sans compter qu'il avait bien envie d'accepter, rien que pour le faire chier. Il sourit d'un air satisfait et s'assit dans l'un des nombreux fauteuils avant de répliquer sur un ton supérieur.

- « Et cela consisterait en quoi ? »

- « Hein ! » Duo se retourna subitement, ouvrant de grands yeux, éberlué.

- « Bah oui, qu'est-ce que je devrais faire… Je veux dire… concrètement en tant que… petit ami ? » s'enquit-il après un raclement de gorge fort peu discret.

- « Roh non ! Ne me dis pas que tu envisages sérieusement de le faire ! » s'emporta brusquement le jeune homme, incrédule.

Heero haussa les épaules.

- « Ben si ! Pourquoi pas ! Ainsi, je pourrais te démontrer ce que je vaux ! » fit-il avec un petit sourire.

- « Roh merde ! Dites-moi que c'est pas vrai ! Ecoute Yuy, je sais pas ce que tu essaie de me prouver mais je m'en fous ! Je veux dire… »

- « Qu'est-ce qu'il y a ? Tu te dégonfles ! »

Duo lui jeta un regard glacial avant de répliquer.

- « NON ! C'est juste que pour notre santé mentale à tous les deux, on ferait mieux d'arrêter les frais ! »

- « Je t'ai toujours pris pour un demeuré, cela ne change pas grand chose ! » lança-t-il un sourire goguenard aux lèvres.

Un silence pesant s'installa de nouveau, jusqu'à ce que Heero perde patience.

- « Bon, tu viens t'asseoir maintenant, qu'on cause ! » lança-t-il plus rudement qu'il ne l'aurait voulu. « Qu'est-ce que je devrais faire ? » demanda-t-il plus calmement. « Oh Maxwell ! Je te parle ! »

Duo soupira avant de reprendre place dans le fauteuil qu'il avait occupé un peu plus tôt. Il évalua lentement la situation, jugeant les pour et les contre. D'accord Yuy était insupportable, arrogant, caractériel et j'en passe. Bref, une vraie plaie ! Mais il était aussi un très bon parti. Si son père apprenait qu'il sortait avec le grand Yuy, chef d'entreprise et unique héritier d'une famille de notoriété publique, il était tranquille jusqu'à la fin de ses jours ! Son paternel n'était pas près de revenir l'assaillir de questions sur sa vie sentimentale. Mais tout de même deux semaines… Cela allait être dur, très dur ! Mais bon, qu'est-ce que deux semaines sur une vie !

Se redressant, il croisa négligemment les bras sur son torse puis dit sur un ton égal.

- « Jouer les amoureux transis et m'héberger moi et mon père durant deux semaines. »

- « Parce qu'en plus cela se passera chez moi ! » s'offusqua le brun, ne pouvant retenir une grimace.

- « Bah excuse-moi, mais mon appart ne répond certainement pas à ton standing et en plus il est trop petit ! »

- « Ne me dis pas que tu vis dans un studio ! » s'enquit-il d'un air méprisant.

- « Excuse-moi, si je ne suis pas pété de thune ! »

- « Hn. » Le japonais se contenta de hocher la tête, l'air songeur. « Et c'est tout ! »

- « C'est bien suffisant, pour moi c'est déjà le bout du monde ! » s'exclama l'américain, choqué rien qu'à l'idée de devoir passer ne serait-ce qu'une journée avec lui.

- « D'accord. Ok, je marche » fit-il posément. « Mais dis-moi, j'y gagne quoi moi dans tout ça ! »

- « Ecoute, c'est pas moi qui aie voulu le faire, ok ? Alors euh… » se déroba l'américain, se demandant lequel des deux on devrait payer pour supporter l'autre.

- « Hn, c'est juste » admit le brun alors qu'un petit sourire éclairait son visage.

Apres tout, il trouverait bien une façon de se rembourser pour service rendu. Oui. Il n'osait imaginer les scènes compromettantes et autres gestes qu'il pourrait faire subir à l'américain sous prétexte de rendre leur « couple » plus crédible.

Hum oui… je sens que cela va devenir extrêmement intéressant !

Les yeux cobalt du japonais brillèrent d'une lueur amusée, et ses lèvres se courbèrent en un sourire ironique.

- « C'est quoi ce sourire en coin encore ? » s'enquit Duo qui n'avait rien loupé du spectacle, se demandant encore s'il ne venait pas de faire une énorme boulette. « Si c'est pour me faire faux bond à la dernière minute, c'est pas la peine ! »

- « Non, j'ai donné ma parole, je le ferai ! » répondit le brun avec sincérité.

Ne voyant plus rien à rajouter et désirant plus que tout quitter cet endroit de malheur, l'américain se leva et se dirigea avec la sacro-sainte sortie. Alors qu'il était sur le point de partir, une question saugrenue lui vint à l'esprit. Il avait beau se dire que dans la situation dans laquelle ils se trouvaient, celle-ci prenait tout son sens. Il avait l'étrange impression d'être indiscret, pire de jouer les marieuses ! Beurk ! Passant outre son embarras, il demanda subitement.

- « Dis-moi, tu as quelqu'un dans ta vie en ce moment ? » curieux malgré lui.

- « Et en quoi cela te regarde ! » rétorqua le brun qui avait immédiatement reprit son air supérieur et son regard impassible.

- « Ecoute Yuy, loin de moi l'idée de me mener de ta vie sexuelle. Mais je vais devoir partager ta vie durant deux semaines et je ne souhaite pas que par un malheureux hasard, quelqu'un me tombe dessus en pleine crise de jalousie maladive ! » s'expliqua-t-il vivement, remerciant son esprit fertile.

- « Oh… je… euh… non. Non » bredouilla le brun quelque peu confus.

- « Ok. Teins, voici mon numéro de portable » fit en fouillant dans ses poches pour en retirer un morceau de papier, « si tu as besoin de me joindre, on ne sait jamais. »

- « Hn » marmonna le brun alors qu'il regardait attentivement le numéro.

Duo ouvrit la porte pour de bon cette fois. Ne demandant pas son reste, il lança un « Sur ce, bonne journée ! » tout en faisant un léger signe de la main et partit sans se retourner.

Laissant derrière lui un Heero souriant qui ne le quittait pas des yeux. Détaillant allégrement, la silhouette souple et athlétique qui progressait dans le couloir. Bien que ses yeux s'étaient longuement attardés sur une région plus au sud et extrêmement bien moulé.

Alors que l'américain venait de disparaître au coin du couloir et que le japonais refermait doucement la porte menant à son bureau, on put l'entendre dire :

- « Putain ! Et en plus il a un cul d'enfer ! »


A suivre…

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Merchi ! Dark.