Tu n'as peut-être pas tout perdu.

Un sourire sauvage réapparut sur les lèvres du maître-chien, et ce dernier lâcha un sifflement admiratif avant de fixer Ino Yamanaka dans les yeux. Cette dernière, en apparence, n'y faisait pas attention mais elle bouillonnait de rage et d'amertume.

Ce sale con ose me siffler et me sourire.

-Et si on rentrait dans le hall? Proposa Chôji en mettant une main sur son ventre rebondi. Je commence à avoir un petit creux après toutes ces retrouvailles.

Tous éclatèrent de rire, sauf Neji et Sasuke, qui se contentèrent de sourire poliment, cela dû à leur caractère plutôt réservé. Et Ino ne fit qu'une pâle copie de son rire si particulier d'habitude. Lorsqu'ils se dirigèrent tous vers le hall, par un coup du hasard, et surtout de Sakura qui avait attrapé Lee par un bras pour parler un peu avec lui et de Naruto qui avait pris d'autorité Hinata par la taille, Kiba Inuzuka et Ino Yamanaka se retrouvèrent seuls à l'arrière du groupe. Devant eux se trouvaient l'héritier Nara et Temari toujours en train de se taquiner gentiment. Ino eut une pensée heureuse pour son meilleur ami qui semblait avoir trouvé une femme digne de son caractère, même si il n'en avait pas encore pris conscience.

Kiba trottinait près de Ino, admirant la courbe gracile de sa nuque qu'il devinait sous les cheveux courts qu'arborait maintenant la blonde Yamanaka. Il se souvenait de tous les détails de son corps malgré le temps qui avait passé, ayant mémorisé à jamais les lignes de ce corps, sachant pertinemment qu'il n'aurait jamais plus l'occasion de le découvrir. Il était peut-être légèrement bourré mais ce moment avait été tellement important qu'il l'avait enregistré au plus profond de son corps.

-Alors?

Tournant la tête vers Ino, le maître-chien s'était décidé à lui adresser la parole, et la blonde continua à fixer devant elle, les lèves crispées. Elle ne répondit pas et continua de marcher derrière les autres. Le brun soupira et murmura : « Foutue princesse » tout en mettant ses mains dans ses poches de dépit. Mais l'Inuzuka ne s'avouait pas vaincu, au contraire. Il ferait tout pour que Ino Yamanaka lui adresse la parole avant qu'ils ne se partent tous. Et il avait un plan.

Arrivés au buffet, la jeune femme se hâta de rejoindre Sasuke, qui restait taciturne dans son coin, près de Naruto, qui était expansif, comme à son habitude.

-Tu essaies de lui échapper, constata Sasuke.

Ino leva la tête vers le brun ténébreux et fit la grimace en voyant son regard inquisiteur.

-Pas du tout, démentit avec force la blonde. Je n'ai juste pas envie de lui adresser la parole.

Mais tout à coup, Ino eut une pensée déplaisante.

-Tu es au courant c'est ça? Le questionna-t-elle, en mettant ses poings sur les hanches. Cet enfoiré s'est vanté à tous ses potes qu'il m'a sauté il y a dix ans?

L'Uchiwa eut un fin sourire sarcastique à la question de Ino.

-Faut vraiment être con pour ne pas deviner ça, Ino. Il se serait jamais vanté de ça. De une, parce que Shikamaru et Chôji l'auraient défoncé avec Naruto et Lee sûrement. Et de deux, parce qu'il avait ses raisons, évidemment.

La blonde resta bouche bée, même après dix ans, Sasuke savait toujours analyser ce qui n'allait pas et ce qui s'était passé. Shikamaru était peut-être un génie mais Sasuke se débrouillait pas mal non plus.

-Alors comme ça t'as couché avec lui?

Ino vit le sourire en coin de Sasuke Uchiwa s'agrandir encore plus, et maudit son impulsivité à avoir posé cette question. La blonde adopta un air angélique et relevant aussi fièrement qu'elle le pouvait la tête, elle réplique : « Mais qu'est ce qui te faire dire ça voyons Sasuke chéri? », ce à quoi Sasuke répondit par un léger hochement de tête signifiant qu'il ne dévoilerait mot de cette histoire.

Soulagée, la jeune femme chipa un toast de foie gras, -l'université avait vraiment fait fort sur ce coup-là- et alla voir un sourire aux lèvres Chôji, qui s'attaquait aussi au buffet en compagnie de Ten Ten, que Ino soupçonna immédiatement être enceinte. Il y avait des choses qu'on ne pouvait pas tellement cacher. Elle apprit notamment en discutant avec la future madame Hyûga et Chôji Akimichi que Chôji était devenu un ingénieur des travaux publics après avoir eu une période difficile en tant qu'étudiant, faisant face aux critiques des autres qui argumentaient que l'Akimichi avait plus une physionomie d'ouvrier que d'ingénieur, encore heureux que Shikamaru était dans la même ville, étudiant lui aussi, mais en analyse et stratégie, dans une école spécialisée qui forme des personnes capables d'analyser n'importe quoi dans n'importe quel domaine existant. Un métier rare mais bien payé.

L'université avait décidé de ne mettre que de la musique classique comme musique de fond, et Ino voyait bien que quelques couples ou des anciens amours du lycée retrouvés se mettre à danser dans le jardin ou dans le hall lui-même. Ambiance trop niais-romantique au goût de la blonde, qui ne se sentait pas à l'aise: partout pouvait se remarquer les fortunes clinquantes de tous et d'un coup, des cheveux roux lissés à la perfection, et attachés en un chignon chic attirèrent le regard de la Yamanaka. Cette dernière reconnut sans peine Karin, qui avait toujours son petit air sophistiqué d'intellectuelle avec ses lunettes noires et carrées, et la rousse portait un fourreau noir simple, sans fioritures, ce à quoi Ino rendit justice. La blonde avait toujours su que derrière la façade superficielle que Karin arborait, tout comme elle-même, se cachait une réelle gentillesse et un instinct hors du commun.

Mais quelle ne fut pas sa surprise quand elle vit Karin lui faire un sourire et quand elle découvrit à quel bras était perchée la rousse: celui de Suigetsu. Suigetsu, la racaille du lycée, celui avec qui Karin s'engueulait tout le temps, celui qui vendait de la drogue aux plus jeunes et celui qui prétendait s'être teint les cheveux en bleus depuis qu'il était tout petit. Pour montrer qu'il était unique, disait-il. La fleuriste détailla l'ancienne racaille et le trouva un air beaucoup plus mâture, il avait incontestablement changé malgré le fait qu'il arborait toujours cette couleur de cheveux bleu clair vif, presque cyan. Mais Ino Yamanaka commença à douter légèrement. Ino se souvenait bien des moqueries que subissait Sakura enfin à propos de cette couleur rose bonbon étrange que ses cheveux avaient. Avait-il subi la même chose? Cela expliquait de beaucoup son comportement durant les années lycée...

-Tu m'accordes une danse? Lui chuchota une voix à l'oreille, qui lui fit perdre le fil de ses pensées.

Ino sentit une grande et large main d'homme lui presser la hanche à travers le fin tissu de sa robe. Sans mal, la blonde reconnut le propriétaire de cette main et de cette voix.

-Touche pas ma graisse, j'aime pas ça, répliqua la blonde retrouvant la gaminerie qu'elle avait au lycée à propos de son physique qu'elle trouvait sans cesse trop imposant alors qu'il était parfait, du point de vue de tous.

Elle frissonna involontairement en sentant le souffle de Kiba Inuzuka contre sa nuque. Sentant des regards posés sur eux, la blonde garda un visage impassible et accepta dignement cette danse, le prévenant que ce serait l'unique. Après tout, elle n'avait pas d'autres choix possibles, ses amis auraient eu forcément des doutes. Et elle se laissa emporter par les bras de Kiba Inuzuka, sans vraiment de remords.

*

-Voilà qu'ils recommencent à jouer au jeu du chat et de la souris, soupira Sakura, en observant le couple qui venait à peine de commencer à danser tout en croquant dans un petit-four.

-Le chat a déjà attrapé la souris, répliqua Lee, amer.

-Pardon ?! S'étonna Sakura, se tournant vers Lee, les yeux écarquillés et engloutissant maladroitement la fin de son petit four.

-Viens, on danse, intervint Sasuke en la tirant de force par la taille vers les autres danseurs et en sauvant Lee d'un interrogatoire brutal made in Sakura.

D'accord, ce n'était pas totalement désintéressé de sa part, il ne faisait pas ça uniquement pour protéger Ino Yamanaka. No, Sasuke Uchiwa avait aussi terriblement envie de danser avec Sakura Haruno. Il n'avait jamais eu le courage de l'appeler et le regrettait maintenant, mais Sasuke comptait bien réparer cette funeste erreur.

Quant à Sakura Haruno, de mémoire d'homme, elle n'a jamais autant rougi.

*

-Temari, galère.

-Quoi? C'est rien pourtant, répliqua la blonde à quatre couettes, un sourire de défi aux lèves.

Shikamaru soupira de frustration et reçut un regard complice de son meilleur ami, qui croquait dans un chou à la crème près d'eux, observant chacun de leurs mouvements et de leurs expressions faciales.

-J'ai pas envie de danser, murmura Shikamaru en mettant les mains dans ses poches de jean, les sourcils froncés, essayant à tout prix d'éviter le regard de Temari.

-Shikamaru Nara, écoute-moi bien, commença Temari, tu...

-J'ne sais pas danser, femme, avoua Shikamaru dans un souffle.

Chôji Akimichi était hilare face à cette scène et faillit s'étouffer avec la fin de son chou à la crème. Encore heureux que Hinata était derrière lui pour lui tapoter le dos discrètement. Temari était complètement éberluée face à ce revirement de situation aussi soudain que hilarant. Shikamaru Nara, le génie des génies, ne savait pas danser un simple slow.

Bah, il apprendra vite ce flemmard.

-Flemmard ! C'est une excuse pourrie ! Ramène-toi !

Et c'est comme ça que Shikamaru Nara, tiré par la main ferme de Temari, se retrouva les mains autour de la taille de la magnifique blonde galère, la tête de Temari posée sur son torse et ses cheveux blonds en épis lui chatouillant le nez, à bouger les pieds d'une manière ridiculement lente à son goût.

Quant à Temari No Sabaku, elle appréciait pleinement ce moment et espérait bien ranger le flemmard de Nara à son avis, c'est à dire l'aimer comme un fou jusqu'à la fin de sa vie. Oui, à peu près ça.

*

-On dirait que Shika a trouvé la femme de sa vie, se moqua Kiba en jetant un coup d'oeil à l'héritier Nara.

Ino observa le couple que formait Shikamaru et Temari, et acquiesça en son for intérieur, mais le ton moqueur de Kiba la mit hors d'elle.

-C'est magnifique, je trouve, répliqua sèchement la fleuriste.

-J'espère juste qu'elle est bonne au lit pour lui, continua Kiba guettant la réaction de la blonde Ino. Une réaction qu'il espérait incontrôlable. Ça avait toujours été ça avec elle. Friser les limites à chaque fois un peu plus, les repousser sans jamais reculer.

La blonde fut abasourdie quelques instants et comprit à cet instant que Kiba ne serait intéressé que par les femmes toute sa vie jusqu'à ce qu'il reçoive un coup tellement dur qu'il réalisera qu'il s'était trompé. Ou pas. Kiba ne changerait jamais. Cette constatation lui fit baisser la tête, et Kiba, qui s'attendait à des injures et à pouvoir admirer les yeux bleus océan de Ino briller de fureur et de dégoût, ne fut jamais autant surpris de sa vie. Sauf peut-être quand il avait réalisé que Ino Yamanaka avait été celle qui avait le plus compté, mais c'était il y a déjà huit ans. Il ne s'attendait pas du tout à cette réaction et vit les dents de Ino se serrer d'émotion contenue. Sa frange cachait ses yeux aux regard de Kiba et elle s'en félicita. La fleuriste Yamanaka n'aurait pas apprécié que Kiba la voie pleurer. Mais les soubresauts dont était secouée Ino silencieusement attirèrent l'attention du maître-chien qui ne bougea plus.

-Kiba t'es vraiment trop con.

Sur cette phrase charmante, Ino Yamanaka s'éclipsa discrètement du hall pour atterrir dignement dans le jardin, ne regardant même pas où ses pieds la menaient. Elle était furieuse que Kiba ait vu une faiblesse en elle. Ce n'était pas la première fois mais Ino s'était jurée de ne plus lui montrer une seule faiblesse.

-Ino ! Ino, bordel ! Cria Kiba en lui courant quasiment après.

La blonde faisait claquer ses talons sur le petit chemin en pierre qui parcourait le jardin, qui leur servait autrefois comme aire de repos où ils mangeaient le midi ou lorsqu'ils avaient des pauses entre les cours. Mais...fuir n'avait jamais été dans son caractère, et pourtant, elle avait déjà fui Kiba une fois, elle avait fui les amitiés qu'elle avait construit avec Shikamaru, Chôji, Sasuke, Sakura, et tous les autres. Et là, ils lui avaient donnés tous une chance de se rattraper, et Ino savait que beaucoup d'entre eux étaient restés en contact les uns avec les autres, et elle...elle n'avait rien fait. Elle n'avait rien fait... Cette deuxième constatation lui donna un haut-le-cœur et Ino se maudit elle-même. Elle avait tellement tout gâché.

Kiba réussit de justesse à attraper un bras de la blonde et en tirant d'un coup sec, il la fit reculer brusquement, la serra contre lui, le nez dans ses cheveux, les bras autour d'elle, protecteurs, qui se voulaient rassurants. Il sentait que Ino était encore agitée de soubresauts infimes et la serra plus tendrement, ce qui la rassurait, au vu de sa respiration qui devenait de plus en plus calme. Instinctivement, le maître-chien enfouit son visage dans le cou de la blonde et renifla l'odeur du léger parfum fruité dont Ino s'était aspergée. Une fragrance délicate qui lui donnait envie de mordiller son cou. Mais il se retint juste à temps sachant que s'il faisait ça, le peu d'amitié qu'il restait entre eux, si ce reste existait encore, disparaîtrait pour de bon.

-Ino..., murmura Kiba.

-Ne m'adresse pas la parole.

Sa voix claqua, sèche et Kiba ressentit un frisson parcourir sa nuque.

-Comment peux-tu te permettre de te moquer de Shikamaru comme ça?

Elle parlait doucement mais Kiba avait l'étrange impression que ses mots étaient tranchants comme des poignards.

-Je ne me moquais pas de Shika, murmura Kiba, en resserrant sa prise sur la blonde. Je ne faisais que plaisanter, même si j'espère pour lui que..

-Arrête ! Tais-toi ! Tu ne crois vraiment qu'en ça ?! S'exclama Ino, en essayant de se dégager de l'étreinte de Kiba, mais c'était peine perdue.

-Non, je ne crois pas qu'en ça, Ino...Je crois en les chiens aussi !

Il ne fallait pas être doué d'une ouïe spectaculaire pour entendre les dents de Ino Yamanaka s'entrechoquer les unes contre les autres et Kiba se détestait de plus en plus. Ces mots étaient dits d'un ton léger pour essayer de la faire sourire ou de la faire rire, mais elle semblait vraiment retournée. Tout simplement parce qu'il ne voulait pas mentir à la blonde, elle attendait d'autres mots qui pourraient lui prouver que Kiba n'était pas si insensible que ça avec les femmes, mais il ne pouvait pas..Il était insensible avec les femmes, pour lui, elles n'étaient qu'un jeu, un moyen de se divertir comme un autre, et il avait fait des progrès au lycée en apprenant à se lier d'amitié avec Hinata, Ino et Sakura. Ten Ten ne comptait pas, c'était sa cousine après tout. Il la respectait surtout avant les autres parce qu'il avait toujours vu sa cousine Ten Ten comme Ten Ten et non comme une fille à part entière. En même temps, difficile d'imaginer une fille en Ten Ten qui se battait tout le temps avec lui quand ils étaient petits, avec qui il jouait à monter dans les arbres, etc. , avec qui il avait prit sa première clope et sa première cuite, avec qui il se comportait toujours comme avec un pote.

-Kiba ! Tu te rends pas compte que tu joues avec les femmes?! Que tu ne les respectes pas?!

L'Inuzuka ne trouva rien à répondre à cette accusation. Il assumait totalement séduire les femmes, abuser d'elles mais avec leur consentement et ensuite leur dire adieu sans plus. Mais ça c'était pour en oublier une autre et aucune menace au monde n'aurait pu lui faire avouer cela.

-Kiba, est-ce que tu te rends compte du mal que tu fais par la façon dont tu agis?!

Encore une fois, aucune réponse.

-Kiba...est-ce que tu te rends compte que ça peut marquer à vie une femme le fait que t'aies couché avec elle? Que tu lui aies fait l'amour? Que tu lui aies fait découvrir ce que c'était de partager tout avec toi le temps de quelques heures?

La voix de Ino Yamanaka avait baissé plus elle continuait dans son monologue. Le maître-chien comprenait dans ses mots que Ino parlait d'elle-même et non des femmes en général que Kiba avait eu depuis son adolescence. Il savait pertinemment qu'il l'avait blessé cette nuit-là. Il savait pertinemment qu'il avait été salement égoïste cette nuit-là. Mais il la voulait tellement, il la désirait tellement...Il n'avait pas pu s'en empêcher, depuis le temps qu'il rêvait de la tenir entre ses bras autrement qu'en simple amis...Depuis le temps qu'il rêvait de goûter à ses lèvres, dont il connaissait toujours la saveur même après toutes ses années.

D'un coup, elle se dégagea des bras de l'Inuzuka et préféra se mettre face à lui. Son regard était brûlant de rage et malgré toute la peine qui l'habitait face à celui qui hantait son cœur, Ino releva fièrement la tête face à l'homme qui hantait son cœur depuis des années déjà et ils restèrent quelques minutes en silence à se contempler en chiens de faïence. Kiba avança d'un pas, Ino en recula d'un. Et le maître-chien refit un pas en avant, un peu plus grand, et la fleuriste réitéra un pas en arrière, plus grand lui aussi. Ce manège continua trente secondes avant que Ino sente derrière son dos une haie, et difficilement elle retint un juron et eut le déplaisir de se sentir piégée. Il n'y avait jamais eu de haie avant ici, pourquoi diable le conseil d'administration avait décidé de faire des travaux de jardinage, hein?

-Tu ne peux plus reculer Ino, murmura doucement l'Inuzuka en s'approchant lentement d'elle.

-Je ne ferais pas la même erreur deux fois ! Fit la blonde pour lui tenir tête en passant nerveusement une main dans sa frange, ce que Kiba analysa automatiquement comme un signe de faiblesse évident.

-Tu en es sûre?

La voix de Kiba Inuzuka n'était plus qu'un doux chuchotis à l'oreille de la blonde, elle sentait son souffle sur son visage et son front était presque collé à celui du jeune homme. Alors que la blonde ne respirait plus que très lentement, le brun s'approcha de ses lèvres et Ino murmura difficilement : « Ne joue pas avec moi encore s'il te plaît. »

-Je n'ai jamais joué, répliqua Kiba le plus sérieusement du monde, les lèvres à quelques millimètres de celle de l'ancienne reine Ino, avant de s'en emparer légèrement, puis tendrement et enfin passionnément

La jeune femme avait les sentiments à vif et sentait son cœur s'affoler outre-mesure. Sans plus réfléchir malgré un énième avertissement de sa raison, la jeune femme répondit au baiser et laissa enfin le brun emmener le baiser là où il devenait dangereux. Les fines mains d'Ino s'étaient agrippées à la chevelure brune de son compagnon alors que les mains de Kiba maintenaient fermement la taille de Ino comme si il avait peur qu'elle ne lui échappe. Leurs corps semblaient s'emboîter parfaitement, et cette pensée faisait frémir Ino qui avait déjà remarqué cette complémentarité la première fois, à moins qu'elle n'imaginait tout ça, ce qui ne l'étonnerait pas. Mais au moment où Kiba changea légèrement l'angle du baiser, toute pensée cohérente disparut du cerveau de la blonde. Ils s'embrassaient à en perdre haleine, à en perdre la raison. Kiba réalisa qu'il avait toujours cherché à retrouver le goût du baiser de Ino dans toutes les femmes qu'il avait rencontré mais elle seule avait cette saveur sucrée, une saveur qu'il aurait pu déguster jusqu'à la fin de sa vie, ce qu'il n'avait pas compris la première fois. Troublé par ce concept de jusqu'à la fin de sa vie, Kiba quitta les lèvres gonflées d'Ino, qui retrouva plus lentement ses esprits que le brun. Leurs fronts se touchaient pendant qu'ils essayaient chacun de reprendre leur respiration.

-On aurait pas dû, murmura Ino, en essayant de se dégager faiblement mais Kiba tenait trop fermement sa taille.

Pendant que la blonde essayait de reprendre totalement ses esprits face à cet assaut qui l'avait laissé pantelante, Kiba admirait le visage de la jeune femme qu'il avait sous les yeux. Tout d'abord, son menton. Elle avait un menton haut, digne d'une princesse ou d'une reine. Un menton qu'il avait envie de mordiller, d'effleurer légèrement des lèvres. Puis il y avait sa bouche. Ses lèvres étaient pleines et charnues, et tout simplement diablement appétissantes. Il avait envie de les dévorer à n'en plus finir, de les suçoter, de les embrasser, de jouer avec elles. Il avait envie de faire une infinité de choses avec la bouche de la blonde Yamanaka. Après venaient ses joues, qui étaient beaucoup moins creuses qu'au lycée, et son nez fin, qui se relevait légèrement, très légèrement en trompette. Vinrent ses yeux, les yeux les plus beaux et les plus rares que Kiba Inuzuka ait vu. Et pourtant, il en avait vu des yeux magnifiques, mais ils n'arrivaient même pas à la cheville de ceux-là. Des yeux couleur océan, d'un bleu pur, presque cyan. Les yeux les plus pétillants qu'il ait vu depuis qu'il était en âge de comprendre ce qui se passait autour de lui. Trônait en haut de son visage, son front et ses sourcils ! Son front avait une taille moyenne et était bien entendu moins grand que celui de Sakura, ses sourcils étaient finement épilés. Pas la moindre trace d'imperfection.

-Kiba, lâche-moi.

Évidemment pendant ce laps de temps, la blonde avait repris totalement ses esprits et avait prononcé ces mots d'une voix affermie et assurée.

-Tu ne penses même pas ce que tu dis, répliqua le maître-chien, un sourire charmeur bien accroché aux lèvres.

-Si !

-Tu crèves d'envie que je te fasse l'amour, foutue princesse, souffla Kiba à son oreille droite avant de mordiller celle-ci affectueusement.

-Dans tes rêves, abruti !

-Voyons, Ino, sois raisonnable, se moqua l'Inuzuka.

-Ja-mais, répliqua Ino en détachant bien les deux syllabes, signe qu'elle commençait à s'énerver et que Kiba ne tarderait pas à être couvert d'insultes. Mais le brun préférait cela que de lâcher ce corps énergique qu'il sentait en sa possession.

-Ne jamais dire jamais.

Sur cette phrase plus ou moins philosophique, Kiba mit de nouveau le feu au sang de la Yamanaka par un long baiser. Il essaya de transmettre toute sa sincérité pour elle, il essaya de tout lui faire comprendre par ce baiser.

-Tu te l'étais pas déjà fait le cabot au lycée, blondasse?

Une voie aigrie et moqueuse les interrompit, et Ino reconnut sans peine la chevelure de feu de Tayuya, une sale gamine quand ils n'étaient encore qu'au lycée, mais une merveilleuse flûtiste également. Kiba, lui, cherchait dans ses souvenirs où est ce qu'il avait déjà vu cette rousse mal embouchée et reconnut enfin son ancienne voisine de classe au collège en sciences, qui avait atterri aussi dans son lycée un peu plus tard.

-Hé la rouquine, t'as toujours pas changé mais si t'allais prendre l'air ailleurs? On est occupés là, ajouta Kiba avec un fin sourire.

La petite rousse porta la cigarette qu'elle tenait à ses lèvres et en tira exhaustivement une bouffée avant d'acquiescer avec un sourire moqueur. Elle ajusta son bonnet profondément enfoncé sur son crâne et tourna les talons. Ça lui avait fait plaisir de revoir Kiba Inuzuka, elle l'avait toujours bien aimé, et puis la cerise sur le gâteau, c'était de le voir dix ans après toujours aussi fou de la Yamanaka et cette dernière toujours aussi aveugle, et réciproquement. La rousse partit en ricanant toute seule, avec une pensée pour Kiminaro.

Repose en paix, vieux frère. Personne n'a vraiment changé ici.

*

-Mais regarde-les !

-Qu'est ce que fout Tayuya avec eux ?! Bon sang, putain, qu'elle les laisse conclure bien comme il faut là !

-Ten Ten arrête de t'exciter, j'suis pas d'accord moi.

-T'as toujours été amoureux de Ino, de toute façon ! Arrête ta jalousie à deux balles !

-Dis donc toi, tu sais très bien que j'étais amoureux de Sakura !

-Comment ça, t'étais amoureux de moi ?!

-J'ai rien dit, ma fleur de cerisier !

-Hn.

-Un problème Uchiwa?

-Galère. Vous les regardez ou pas?

-Scronch, Ninou mérite son bonheur avec quelqu'un comme Kiba. Scronch...

-Infidèle? Chieur? Égocentrique?

-Lee, par tous les dieux, Kiba a toujours été sincère concernant Ino ! Tu sais très bien putain que les taquineries et les insultes qu'ils se lançaient, c'était pour cacher leur attirance mutuelle !

-Ten Ten, arr-rrête de ju-jurer.

-Hinata je t'aime !

-Que c'est romantique... J'en suis toute émue.

-Il t'en faut peu, Sakura...Mouchoir?

-Merci Sasuke, smphronnnnngh.

-Tu fais du bruit Sakura !

-Galère, vous allez vous taire oui? Appréciez la fin dégoulinant de guimauve !

-T'aimes pas la guimauve, flemmard?

-Galère..qu'avec toi. Pas chez les autres.

-Yataaa Kiba se penche vers elle ! C'est encore mieux qu'au cinéma !

-Naruto, t'aimes ce genre de film?

-Ben non, là y'a pas le son.

-Idiot.

*

Ino Yamanaka et Kiba Inuzuka ne se doutaient en rien que leurs « amis » étaient en train de les espionner un peu plus loin. Même Temari et Neji étaient présents, la fin les intéressait peu mais ils suivaient leur moitié.

-Depuis dix ans, je ne pense qu'à toi...

-Chut Kiba, tais-toi, je t'en supplie, le repoussa Ino en sentant une pointe d'espoir lui vriller le cœur.

-Non, écoute-moi Ino. D'accord, je suis un beau parleur. D'accord, dès qu'une fille me passe sous le nez, je me mets à la draguer. D'accord, dès que j'ai couché avec une femme, je la rejette aussitôt après.

Sans aller plus loin, Kiba l'embrassa une nouvelle fois, échauffant leurs corps. Il avait pris sa décision, il lui était impossible maintenant de vivre sans elle, après avoir goûté à ses baisers une nouvelle fois. Il lui était franchement impossible de s'éloigner encore de cette frimousse blonde dont les yeux pétillaient comme les étoiles.

-Il y a dix ans, cette nuit-là, souviens-toi Ino, qu'est ce que je t'ai dit quand nous avons fini de faire l'amour? Qu'est ce que je t'ai dit, hein? Lui demanda Kiba en lui prenant le menton doucement.

La blonde écarquilla ses yeux de surprise. Elle avait toujours cru avoir rêver ses mots, elle s'était toujours convaincue que c'était un rêve, qu'il n'avait rien dit et qu'il était parti sans un mot quand elle avait vu le lit vide près d'elle se réveillant un peu plus tard.

-«Je t'aimerais toujours Ino.» cita le brun.

Sa lèvre inférieure trembla. Son cœur était vrillé de plus en plus de pointes effilées d'espoir. Espoir qu'elle se réprimait à accueillir de bon cœur. Kiba Inuzuka ne pouvait pas décemment l'aimer. C'était comme demander à la mer de se vider, au soleil de ne plus briller et à elle d'aimer le professeur Orochimaru.

-Je t'aime Ino, susurra le brun avant de déposer un léger baiser sur ses lèvres.

-T'as pas le droit de dire ça, tu le penses pas, rechigna Ino en sentant les larmes affluer dans ses yeux et baissant la tête.

Kiba releva tendrement sa tête et la fixa dans les yeux pour qu'elle puisse lire toute la sincérité des sentiments qu'il avait pour elle..

-Je ne te crois pas, affirma Ino se dégageant une fois pour toute de l'étreinte du maître-chien.

L'héritière Yamanaka put lire de la tristesse et de l'incompréhension passer dans les yeux de celui qui faisait battre plus vite son cœur, et c'était comme si elle se déchirait le cœur elle-même.

-Je ne te crois plus Kiba...

*

-Pourquoi mon cousin baisse la tête putain? Pourquoi elle est plus dans ses bras ?!

-T'es toujours aussi vulgaire Ten Ten !

-Galère, ça sent le roussi.

-Merde.

-TEN TEN !

-Oh ça va Sakura, tu devrais essayer un jour ou l'autre de jurer, ça te fera du bien !

-Je le fais déjà intérieurement !

-Bon les filles, l'histoire à l'eau de rose tourne au boudin.

-Génial !

-LEE !

-C'est bon, c'est bon.

-Laissez-les enco-encore un peu de t-temps. Kiba est vrai-vraiment amoureux d'elle.

-Ça c'est ma Hinata !

-Ferme-là Naruto.

-Scronch, il est bon ce gâteau. Ninou va le choper, vous inquiétez pas.

-Chôji, tu dis ça parce que toi aussi tu es inquiet, mais tu veux nous rassurer.

-Scronch...

*

-Bordel, pourquoi tu ne me crois pas?

-Parce que tu es Kiba Inuzuka tout simplement, répondit Ino, lasse.

Le brun attrapa fermement son poignet, la douleur le rendait fou, il ne pouvait pas admettre que Ino ne le croive pas.

-Ino je t'aime, bordel. Tu crois que ce soir, je suis venu pour qui principalement, hein?

-Tu mens ! T'as toujours menti ! Répliqua Ino, lasse de ce petit jeu.

-Ino...

Kiba ne comprenait pas. Le soir où il acceptait enfin le fait qu'il aime Ino et arrive à le lui dire, elle le repoussait. D'accord, il avait fait plein d'erreurs mais ils pouvaient s'aimer normalement maintenant non?

-Je suis désolé Kiba, adieu, le salua Ino avant de se dégager complètement et de partir en courant vers sa voiture, en passant rapidement par le hall et en faisant un rapide signe de mai à ses amis qui la regardaient, tous, même Sasuke, totalement abasourdis.

Kiba, lui, était resté planté au même endroit où elle l'avait laissé, les poings fermés et les larmes coulant sur son visage. Si d'habitude, c'était lui qui rejetait les femmes, pour la première fois, une femme avait rejeté Kiba Inuzuka et il avait fallu que ce soit la femme qu'il aimait.

*

-Ah non bordel, ça devait pas finir comme ça !

-Ten Ten...


Voilà la deuxième partie de cette mini-fiction, hé non, ce n'est pas la fin, rendez-vous pour la fin dans la troisième et dernière partie, d'après moi.

Comment vous avez trouvé cette partie? Perso, je l'ai trouvé un peu bâclée & moins bien que la précédente. Mais bon...peut-être l'affinerai-je avant de poster la troisième partie, j'en sais trop rien.

Merci à Nikita Lann (toujours là pour lire ce que j'écris, merci. :x), cam (Je suis comme toi, je n'aime pas voir Ino complétement cruche. ;D), Lisia (Merci, ça m'a fait super plaisir que tu commentes ! :p), Keiko-hime (J'espère ne pas avoir trop tardé, merci de la review ! :D), Karikiro (merci du commentaire, j'espère que tu as aimé la seconde partie ! :p)

Bisous & à la prochaine ! :)