Note : Vous avez de la chance, voici le chapitre suivant dès ce soir :D J'espère qu'il vous plaira ! Sinon pour le prochain, rendez-vous à vendredi prochain ^^ Bonne lecture !
Chapitre 2 : Danse
Il sembla que toute l'assemblée venait d'être électrocutée. Des danseurs trébuchèrent, des bouche s'ouvrirent, béantes, certains sursautèrent, d'autres se pincèrent. Tamao elle-même, les yeux baissés, ne savait plus où se mettre. Elle était désormais le centre de l'attention. Bien sûr elle l'était déjà avant, mais alors ne s'en rendait-elle pas compte, perdue dans sa contemplation des danseurs. A présent, elle sentait braquée sur elle une centaine de paires d'yeux et était incapable de regarder Hao, ce qui amusait d'autant plus ce dernier.
- Bason, Goldenpunch ! s'exclama Ren en bondissant, imité par Horohoro.
Cependant rien ne se produisit et les deux garçons cherchèrent du regard leurs fantômes absents. Quand ils les trouvèrent, Bason et Kororo étaient chacun d'un côté de Yoh, l'air terriblement gêné.
- Ne leur en voulez pas, fit Hao d'une voix décontractée. Ils ont juste voulu vous éviter la disqualification du Shaman Fight. Dois-je vous rappeler que tout over soul est interdit jusqu'à minuit ?
Horohoro et Ren grognèrent mais ne commentèrent pas. Hao attrapa sans plus attendre le poignet de Tamao, l'entraînant au centre de la piste de danse alors que la musique précédente finissait et que les autres couples s'écartaient sur leur passage. Un slow débuta et presque la totalité de l'assemblée se retourna pour fusiller du regard Radim, qui s'occupait de la musique. Ce dernier avait l'habitude de ne pas être apprécié mais à cet instant là se sentit tout petit, gêné lui aussi de mettre encore plus dans l'embarras Tamao.
Il voulut se rattraper mais la musique avait démarré et Hao avait déjà enlacé la jeune fille, nouant ses bras derrière sa taille. Se résignant, Radim prit la fuite devant un Goldova en colère qui pestait que « les slows n'étaient pourtant pas prévus pour tout de suite ». Il ne décolèrerait pas avant un bon moment et tous les « mais je voulais juste les embêter un peu » de Radim ne risquaient pas de l'adoucir.
Dans un coin de la piste, Anna venait de massacrer Yoh, lui reprochant de ne pas avoir invité lui-même Tamao.
- Mais je pensais que tu ne voudrais pas…
En entendant cela, Pirika se mit à crier, englobant dans sa réprimande Horohoro, Ren, Yoh et même Chocolove qui pourtant était en train de danser avec elle juste avant. Le groupe des X-laws au complet ne commenta pas, mais leurs regards accusateurs portés sur Lyserg voulaient tout dire. Décidément, Hao s'amusait beaucoup.
…
Celle qui s'amusait bien moins, c'était Tamao. Son visage était enfoui dans la cape beige du plus puissant shaman qui existe, celui que Yoh et tous les autres combattaient et avaient pour but d'anéantir, celui qui souhaitait l'extinction des humains et des shamans faibles, dont elle faisait partie. Son cœur battait si vite qu'elle se demandait si elle ne pouvait pas rentrer dans le livre des records pour cela. Elle ne savait pas vraiment quoi faire de ses mains, n'ayant pas suffisamment d'espace pour les poser sur les épaules de son cavalier, et se contentait donc de les tenir à côté de son visage, contre le torse d'Hao.
Elle était si près de lui qu'elle pouvait entendre son cœur battre sous sa poitrine. Ainsi lui aussi en avait un. Pas qu'elle en ait réellement douté, on ne pouvait pas vivre sans, mais c'était étrange de pouvoir l'écouter. Elle sentait sa poitrine se soulever et s'abaisser lentement contre sa joue. Sa vue se résumait aux bras qui l'enlaçaient, mais parfois elle pouvait apercevoir les pieds de son cavalier ou les visages tantôt choqués, tantôt soupçonneux que leur adressait leur entourage, et aussitôt fermait les yeux. Il sentait bon, bien qu'elle ne puisse définir son odeur exacte. Un mélange de chocolat et de caramel peut-être…
Elle le sentit rire contre elle et rougit encore plus si cela était possible. Elle avait totalement oublié qu'il pouvait lire dans les pensées. Enfin, peut-être n'était pas cela qui l'amusait, peut-être s'agissait-il de quelque chose qu'elle ne pouvait pas voir. Toutefois, en sentant l'étreinte autour d'elle se resserrer elle comprit que si, c'était bien d'elle dont il riait.
Il posa sa tête dans ses cheveux, soufflant dans ses mèches roses.
- Tu n'es pas contente d'avoir le privilège d'être ma cavalière ? lui chuchota-t-il à l'oreille.
Tamao baissa la tête, se collant le plus possible à son torse pour ne pas qu'il la voie. Si elle était Anna, elle lui aurait sans doute fait remarquer que c'était tout sauf un privilège ! Sauf qu'elle n'était pas Anna et n'avait ni son caractère, ni son courage. Alors elle se contentait de garder le silence, tout en se doutant qu'il ne devait pas perdre une miette de ses pensées.
- Pourquoi ? eut-elle le courage de souffler.
Sa voix était si basse qu'elle-même s'entendait à peine, mais elle savait que de toute manière lui connaissait sa question.
- Pourquoi t'avoir invitée à danser ? fit-il en mimant l'étonnement. Je ne trouvais pas normal qu'une jeune fille reste sur le bord de la piste, tu n'es pas d'accord ?
Ca lui faisait mal de l'entendre et elle savait qu'il le savait. Tout le monde dansait, sauf elle. Elle aurait aimé qu'on l'invite, que n'importe qui l'invite. Bien sûr avec Ren, Horohoro ou un autre elle aurait été gênée, mais elle se serait quand même amusée. Avec Chocolove elle aurait ri, avec Yoh elle aurait profité de pouvoir être dans ses bras. Sur une autre musique, elle aurait essayé d'apprendre à Manta, aurait marché malencontreusement sur les pieds de son cavalier. Bien sûr elle n'aurait pas été tout le temps à l'aise, mais au final elle aurait apprécié quand même. Elle se serait sentie un peu plus fille, un peu moins enfant.
Avec Mikihisa, avec Pyrong, avec Yohmei, avec un des Ice-Men, avec quelqu'un qu'elle ne connaissait pas… Elle aurait voulu être invitée par n'importe qui. N'importe qui sauf lui.
- Et bien ça fait plaisir, murmura-t-il avec ironie.
- Pourquoi ? répéta-t-elle, en espérant qu'il répondrait correctement cette fois-ci.
- N'ai-je pas déjà répondu ? esquiva-t-il.
- Pourquoi vous jouez avec moi comme ça ? Le jeu est-il si amusant ? arriva-t-elle à formuler.
Il fallait avouer qu'elle n'était pas peu fière d'elle, car en temps normal elle n'aurait jamais posé ce genre de questions, pas même avec sa tablette. Mais peut-être que son emprisonnement dans ses bras et son parfum y étaient-ils pour quelque chose ? Son emprisonnement… Oui, elle avait l'impression d'être emprisonnée, privée de liberté, coupée du reste du monde.
- Oh oui, il l'est, répondit-il au creux de son oreille, la faisant frémir de toutes parts.
Tamao avait chaud, vraiment très chaud. Mais ce devait être dû au fait qu'elle se tenait dans les bras du possesseur de l'esprit de feu, pas autre chose, surtout pas autre chose. Il ne fallait pas penser à autre chose. Il fallait se demander pourquoi le jeu était si drôle.
- Tu ne vois pas ce que je vois, continua-t-il.
Tamao songea que serrée contre lui qu'elle l'était, elle ne risquait pas de voir grand-chose mais ce n'était pas de cela qu'il parlait.
- Tu n'entends pas ce que j'entends. Tous ces idiots, quelque soit leur âge, qui auraient tous voulu te voir danser sur la piste mais sans un seul ayant le cran de venir t'inviter. Entre ceux qui pensaient que ce n'étaient pas à eux de le faire et ceux qui se souciaient plus de toi que de leur cavalière actuelle, crois-moi c'était comique.
Il baissa un peu plus la tête et la jeune fille pouvait désormais sentir son souffle chaud dans son cou, ce qui fit courir des frissons sur tout son corps.
- Tu ne t'en rendais pas compte mais l'attention de chacun était braquée sur toi. Alors quoi de plus drôle que de leur ravir l'objet de leur réflexion ? Quoi de plus drôle maintenant, alors qu'ils sont tous tendus, te veillant du coin de l'œil dans la crainte que je t'abîme, que d'enfouir ma tête dans tes cheveux ? Si tu savais ce qu'ils pensent… Juste en voyant les regards haineux qu'ils me portent et ceux inquiets qu'ils t'adressent tu pourrais le deviner.
Ses lèvres caressèrent sa joue, effleurèrent son front puis se perdirent dans ses cheveux alors qu'il redressait un peu la tête. Tamao sentait son corps la brûler et son ventre se contracter en tous sens. Mais surtout, elle pouvait imaginer sans peine le sourire narquois qu'Hao devait aborder en ce moment-même et cette idée l'inquiétait.
- De quoi as-tu peur ? se moqua-t-il. L'usage d'over soul est interdit avant minuit.
Ce n'était pas une attaque shamanique de sa part qu'elle craignait. Il pouvait la brûler de bien des manières, pas uniquement par le feu.
- Oui, tu as raison, dit-il tout bas. Et dans ce cas là, tu as bien raison de te méfier.
Le cœur de Tamao s'affola mais l'étau autour d'elle se resserra aussitôt pour étouffer dans l'œuf toute tentative de rébellion. La jeune fille se tint donc immobile et Hao la laissa un peu respirer.
- A leurs regards paniqués, j'ai l'impression de tenir une poupée de porcelaine entre mes bras.
Une poupée de porcelaine… Tamao trouva la comparaison jolie mais se garda bien de s'attarder dessus, ne souhaitant pas qu'il découvre le remue-ménage qu'il avait causé dans son ventre et dans son cœur avec cette simple appellation.
Une nouvelle évidence vint la frapper, c'est qu'elle devait être en train de rêver. Elle qui était plutôt maladroite, elle n'avait pas écrasé une seule fois les pieds de son cavalier, ce qui était tout à fait impossible dans la vie réelle. Oui, tout ceci n'était qu'un rêve, elle n'était pas réellement en train de danser dans les bras d'Hao.
Un rire moqueur au-dessus d'elle la fit revenir à la réalité et réaliser la puérilité de ses pensées. Dommage, elle y avait cru pourtant, à sa porte de sortie.
…
Les dernières notes de la musique résonnèrent. Tamao savait qu'elle aurait dû se sentir soulagée mais c'était loin d'être le cas. C'était sans doute lié à ce qu'il lui avait dit tout à l'heure, de se méfier. Qu'allait-il lui faire ? Ne pas la lâcher et l'entraîner dans une nouvelle danse ? Ou la forcer à passer la soirée à ses côtés ? Si tel était le cas, minuit serait redoutable. Ou alors tout simplement, elle craignait la toute dernière des notes car elle devrait se séparer de lui ? Serait-ce à regret ? Non ! Il sentait bon, il était chaud, mais sa tisane aussi était chaude et sentait bon, et pourtant elle ne regrettait pas d'être éloignée d'elle. Tout cela n'avait vraiment ni queue ni tête.
Un des bras d'Hao lâcha sa taille et elle sentit sa main remonter le long de son dos, lui provoquant des frissons le long de l'échine, et passer dans ses cheveux. Il la tira un peu en arrière avant de poser sa paume sur sa joue, la forçant à basculer la tête suffisamment pour croiser son regard un regard où semblaient danser des flammes. Elle était incapable de faire le moindre geste, immobilisée par ces simples yeux brûlants et brûleurs qui venaient de capturer les siens, l'empêchant même de ciller. Il la rapprocha encore de son autre main, la collant tout à fait à lui et la rendant encore plus rouge qu'auparavant si cela était possible.
Ses doigts glissèrent dans son cou pour passer dans sa nuque, laissant dans leur sillage des marques de feu.
Au loin, la dernière note retentit, tenue dans le silence qui régnait sur la piste. Hao approcha son visage du sien et avant même qu'elle ne réalise ce qui se produisait, il avait posé ses lèvres sur les siennes. Tamao n'eut même pas le réflexe de fermer les yeux, écarquillés qu'ils étaient, et toujours rivés dans ceux de feu du jeune homme qui avaient gardé les siens ouverts. Il sembla à la jeune fille que son ventre venait d'exploser à l'intérieur d'elle et ne parlons pas du rythme de son cœur qui avait fait sauter le compteur. Ses mains, moites, s'agrippèrent à la cape beige de son cavalier, cherchant quelque chose de tangible à quoi se raccrocher qui lui confirmerait qu'elle nageait en plein rêve, ou cauchemar, c'était selon.
Le regard d'Hao se fit moqueur alors qu'il pressait un peu plus sa bouche contre la sienne, sans pour autant forcer le passage. Il s'agissait d'un simple contact, mais quel contact ! Tamao n'aurait su décrire ce qu'elle ressentait. C'était doux malgré tout et elle ne put s'empêcher de se demander si au goût ce serait aussi sucré que l'odeur qu'il dégageait.
A peine avait-elle pensé cela qu'elle se dit qu'il allait la prendre pour une folle. N'empêche…
Il lui mordilla sans violence la lèvre inférieure avant de se reculer, un sourire satisfait peint sur son visage. Tamao se retint de passer sa langue à l'endroit où s'étaient posées les dents d'Hao, se disant que ce geste pourrait être extrêmement mal interprété. Par contre son regard passa des yeux amusés du shaman à ses lèvres, n'arrivant toujours pas à croire que ces dernières avaient été en contact direct avec les siennes.
Elle n'avait plus conscience du monde extérieur et de la foule autour d'eux, juste d'elle, de lui et de ce qui venait de se produire. C'était une première fois pour elle et elle avait trouvé cela fort étrange. Elle avait presque envie de recommencer.
…
Si Tamao ne se rendait pas compte de l'émoi que leur baiser venait de susciter, lui par contre en avait parfaitement conscience. A vrai dire, il ne l'avait embrassée que pour déclencher parmi l'assemblée cette réaction. Leurs pensées à eux tous l'amusaient, comme il s'en était douté, mais ce qui le faisait rire au plus haut point, c'était ses pensées à elle. Ses questionnements, sa surprise… Elle semblait avoir totalement oublié qui il était et surtout où ils étaient. Cela faisait déjà un moment qu'il l'avait libérée de toute étreinte, gardant sagement près de lui ses deux bras, et pourtant elle était toujours accrochée à sa cape. Elle n'avait pas le réflexe, ni même la pensée, ni de le lâcher ni de se reculer. Et cela ne faisait qu'accentuer le désarroi des personnes présentes autour d'eux.
Les paches avaient vraiment eu une très bonne idée avec ce bal.
Yoh venait d'arriver près d'eux, gêné.
- Tam ? appela-t-il.
Tamao sembla enfin sortir de sa transe pour regarder autour d'elle, l'air hagard, ne lâchant pas le poncho d'Hao. Anna, qui avait suivi Yoh de près, ne s'embarrassa pas de manière, attrapa Tamao par le bras et la tira vers elle. Ses mains libérèrent enfin le vêtement et elle tituba, cherchant à reprendre ses esprits. Hao avait cru qu'elle ne pouvait pas vaincre son précédent record de rougeur mais en fait si, son visage était encore plus cramoisi qu'auparavant.
- Toi, déclara une Anna furieuse en le pointant du doigt, tu as intérêt à la laisser tranquille.
- Calme-toi, on ne faisait rien de mal, lança-t-il avec ironie.
- Je te préviens Hao, je ne suis pas inscrite au Shaman Fight, donc je ne risque pas la disqualification si j'utilise mes compétences, contrairement à toi. Alors abstiens-toi de t'approcher d'elle et tout ira bien.
- Tu me menaces ? s'assura-t-il avec circonspection.
Anna ne répondit pas et tourna les talons, entraînant derrière elle une Tamao toujours sous le choc et un Yoh totalement désemparé. Vraiment une très bonne idée, ce bal.
…
- Tamao !
Ryu se jeta sur elle et la jeune fille ne put retenir un petit cri, paniquée.
- Ca va ? Il ne t'a pas fait de mal ? Tu es toujours intacte ?
Un coup de poing bien senti d'Anna mit fin à ses inquiétudes alors qu'il se retrouvait face contre terre.
- Arrête de l'importuner avec tes jérémiades, bien sûr qu'elle va bien, elle doit juste être sonnée ! gronda-t-elle.
- On est désolés Tam, marmonna Manta, on aurait dû prendre les devants et t'inviter.
- Ouais, ou du moins lui mettre un coup de poing quand il s'est approché de toi, renchérit Horohoro.
- Ca je ne vous le fais pas dire, confirma une Anna en colère.
- Non mais ce n'est pas grave, ne vous excusez pas, dit très vite Tamao en secouant les bras devant elle.
Tous la regardèrent bizarrement, remarquant les larmes au bord de ses yeux qui menaçaient de couler. Elle sentit soudain quelqu'un la prendre par les épaules et la serrer contre lui et crut que son monde avait cessé de tourner. Yoh la tenait contre lui, se voulant rassurant.
- T'inquiète pas, on ne le laissera pas te faire du mal, tout ira bien.
Les autres approuvèrent, entièrement d'accord.
Tamao se sentit confuse. Elle savait qu'il ne lui ferait pas de mal, elle n'avait pas vraiment eu peur qu'il lui en fasse. Cependant, si elle était rassurée de les voir la soutenir, elle s'en voulait d'éprouver de la curiosité pour Hao. Au souvenir de sa réaction au baiser, elle plissa très fort les yeux pour chasser ces images. Ca avait été tellement troublant, mais pas désagréable. Et elle s'en voulait de penser cela !
- Bon vous venez, on va manger, déclara Yoh.
Il aurait pu donner l'air d'être cool et décontracté si son ventre n'avait pas émis un grognement d'approbation, rendant leur petit groupe hilare.
- Hey, je ne savais pas que les hommes pouvaient tomber enceinte, s'exclama Chocolove.
Le rire général s'évanouit aussitôt pour laisser place à une atmosphère blasée. Ren était en train de maudire leur interdiction d'utiliser des over soul quand Pirika éclata de rire, s'agrippant à son frère pour ne pas tomber.
- Qu'est-ce que t'as fait à ma sœur ? s'exclama ce dernier en foudroyant le comique du regard.
Finalement ils se mirent tous en route vers la plage pour participer au barbecue. Arrivés au bord de l'étendue de sable, s'alignait plus ou moins de manière rangée une dizaine de paires de chaussures, personne n'ayant envie d'être gêné pour marcher. Le petit groupe ôtait les siennes quand Horohoro donna un vigoureux coup de coude à Chocolove en lui désignant une paire de chaussures en lego.
- Ce ne sont pas celles d'Hao ? demanda-t-il.
Tous deux échangèrent un regard complice, cherchant quelque chose des yeux qu'ils pourraient bien mettre dans ses chaussures.
- Je ne ferai pas ça si j'étais vous, les rappela à l'ordre Anna. Je vous rappelle qu'il lit dans les pensées.
Les deux garçons s'immobilisèrent subitement sous le regard dédaigneux de Ren, abandonnant l'idée.
- De toute manière ce ne sont pas ses chaussures, les siennes ce sont les noires là-bas, indiqua Tamao d'une petite voix.
- Hein ? Comment tu sais ça ? s'étonna Horohoro.
- J'ai essayé de ne pas lui marcher sur les pieds, s'exclama Tamao, mal à l'aise.
- Ah oui pardon, j'avais oublié, s'excusa le jeune homme.
- Mais pourtant il porte bien des chaussures lego, non ? releva Yoh.
- Idiot, il ne doit pas avoir qu'une seule paire de chaussures, pas comme toi qui portes toujours les mêmes sandales, répliqua Anna.
- Bien vu mademoiselle Anna, approuva Ryu. Celles-ci doivent être les chaussures d'un autre membre de son équipe.
- Quand vous aurez fini de parler pour ne rien dire, on pourrait peut-être y aller non, s'énerva Ren alors que les autres mettaient sa patience à rude épreuve.
- Du calme maître, vous êtes là pour vous détendre, vous ne devez laisser personne vous mettre en colère, tempéra Bason, inquiet.
- Je ne suis pas en colère, rétorqua le shaman.
Aux regards sceptiques que lui lancèrent les autres, il comprit qu'il n'était pas cru et leur tourna ostensiblement le dos, se mettant en route vers le barbecue sans vérifier qu'ils le suivaient.
