Le 17 avril :

Asami sentit tous ses sens commencer à s'éveiller. Comme ses sens s'éveillaient, elle commençait à entendre le vacarme dans sa tête. Un martèlement incessant lui causait un mal de crâne épouvantable. Ce fut ensuite au tour de ses yeux de crier douleur. Même les paupières closes, elle ressentait la brulure de la lumière du jour. Puis son gout commença à se plaindre aussi. Elle avait l'affreux gout de l'alcool toujours présent dans sa bouche. Elle grogna. La gueule de bois… Elle avait la gueule de bois ! Bien longtemps que ça ne lui était pas arrivé. Malgré la brulure qui se faisait de plus en plus intense dès qu'elle essayait, elle ouvrit les yeux. La lumière était absolument aveuglante. Cependant, elle remarqua qu'elle était loin d'être dans sa chambre. Son lit était loin d'être aussi inconfortable. Les murs étaient gris et la porte était… en barreaux de prison. Elle s'assit sur le lit, prenant sa tête dans ses mains. Elle massa ses tempes dans l'espoir de soulager ses maux de tête, fermant de nouveau les yeux. Où était-elle ? Probablement en prison. Elle essaya de se rappeler comment elle était arrivée là… un long moment. Elle réfléchit et réfléchit, mais tout ce qu'elle réussit à faire est accentuer la douleur dans sa tête. Elle eut quelques flashs de la journée d'avant. Cependant, elle ne savait pas comment elle avait atterri ici.

La porte s'ouvrit avec un horrible grincement assourdissant, ce qui la sortit de ses pensées. Elle porta très vite ses mains à ses oreilles pour se protéger du bruit. Elle n'eut pas le courage de lever la tête pour voir ce qui se passait. Elle ouvrit les yeux. Deux pieds étaient plantés là devant elle. Elle leva la tête pour voir une femme à la peau foncée, les cheveux bruns et les yeux bleus. La femme la regardait avec un sourire.

J'ai pensé que vous auriez besoin de ça, annonça-t-elle.

Elle lui tendit un verre et un cachet d'aspirine. Asami hésita, mais finalement prit ce que la femme lui tendait.

- … M-Merci, dit-elle, retrouvant peu à peu sa voix.

Elle but avidement. La femme aux yeux bleus resta à côté d'elle en silence.

- Hum… Alors… Est-ce vous sauriez comment je suis arrivée ici ?

La femme la regarda, intriguée.

- Vous voulez dire… Vous voulez dire que vous ne vous rappelez pas comment vous êtes arrivée dans la cellule ou de l'arrestation et tout et tout ?

- En fait, je ne me rappelle même pas avoir quitté le mariage…

Elle avait l'air pitoyable. Elle avait presque oublié toute la soirée d'hier. Elle se maudit intérieurement pour tenir si mal à l'alcool. Elle regarda la femme passer de choquée à extrêmement amusée. Elle éclata de rire. Asami se boucha les oreilles, en la priant de de faire moins de bruit. La femme à la peau brune ralentit.

- Je suis vraiment désolée, Asami. C'est juste que quand vous m'avez dit que l'alcool ne vous réussissait pas, je ne pensais pas que c'était à ce point-là !

Asami fut en état de choc. Elle connaissait son nom ! Et elle avait apparemment parlé avec elle. Mais elle n'avait plus aucun souvenir de cette conversation.

- Et donc, on se connait ?

- Ah oui, vous avez dû oublié ça aussi. Donc, on va refaire les présentations : je suis Korra, la policière qui vous a arrêtée.

Elle tendit la main. Asami la secoua.

- Je suis Asami.

Puis elle se rendit compte de son erreur.

- Mais vous le saviez déjà…

Elle était trop embarrassée de cette situation. Elle plaqua son autre main sur son visage, essayant de dissimuler son trouble. Korra rit encore une fois, mais plus doucement cette fois. Asami se leva lâchant la main de Korra.

- Pourquoi vous m'avez arrêtée ?

- Excès de vitesse en état d'ébriété.

- Oh non…

- Dites-vous que c'est mieux qu'effraction en état d'ébriété, ou meurtre en état d'ébriété, ou…

- Merci, Korra, la coupa-t-elle. J'ai compris.

Korra resta à côté d'elle en silence, encore une fois. Asami se demandait pourquoi elle était encore là. En fait pourquoi elle était venue tout court ? Korra la regardait avec un regard interrogateur. Elle était surement en train de se questionner intérieurement.

- Vous savez, ça fait bizarre de rencontrer une autre vous.

- Asami la regarda bizarrement. Que voulait-elle dire ?

- Est-ce que vous avez la moindre idée de ce que vous m'avez dit quand je vous ai arrêtée cette nuit ?

Asami secoua la tête. Dans ses yeux résidait une perle d'appréhension quant à ce qu'elle avait bien pu dire.

Korra la regarda avec un grand sourire, s'attendant à la réaction qui allait suivre.

- La première chose que vous m'avez dite, c'était : « Vous êtes bien le flic le plus mignon par qui je me sois faite arrêter jusqu'à présent ».

Le visage d'Asami se décomposa. Elle l'avait surement pensé, aucun doute, mais elle ne l'aurait jamais dit à haute voix, du moins dans des circonstances normales… Son visage se mit à rougir furieusement. Elle plaqua ses deux mains sur son visage, murmurant mal à l'aise quelques timides excuses :

- Je suis vraiment, vraiment désolée. C'est que… Je ne… euh… Je ne contrôlais pas vraiment ce que je disais.

- Oh mais non, ne vous excusez pas pour ça ! Vous avez fait bien pire après.

- Oh non, se lamenta Asami.

- Oh si ! Alors laissez-moi réfléchir… parce que vous avez dit beaucoup, beaucoup de choses.

Asami ne souhaitait qu'une chose c'était disparaitre. Et en même temps, elle voulait vraiment savoir le genre de trucs qu'elle avait pu dire. Korra commença alors une énumération :

- Alors, vous m'avez complimentée de nombreuses fois, de sorte que vous me mettiez assez mal à l'aise, mais ça vous dérangeait pas tant que ça. En fait, je pense même que vous vous amusiez à me voir rougir toutes les cinq secondes.

- Je suis tellement désolée.

- Attendez, attendez, attendez, je finis et après on verra pour les excuses.

Au fond, Korra s'amusait énormément de pouvoir lui rendre la monnaie de sa pièce.

- J'étais si infernale que ça ?

- Je ne dirais pas infernale, seulement que vous ne manquiez pas une occasion d'en placer une. Continuons… Vous saviez que vous étiez une fanatique des menottes ?

- Je suis quoi ?

- Une fanatique des menottes.

Elle imita Asami en lui disant :

- « Est-ce que vous allez me mettre les menottes pour m'emmener à ma cellule ? Quoique dans un autre contexte, ç'aurait pu être tout à fait intéressant ».

Les expressions d'Asami devenaient de plus en plus horrifiée. Son visage restait aussi rouge que sa robe à cause de tout ce qu'elle apprenait.

- Cette fois, je n'ai pas pu dire pire !

- Elle essayait de se rassurer. Ah oui, là aucun doute. Comment elle aurait pu faire pire ? Impossible ! S'il vous plait, faites que ce soit impossible !

Malheureusement, elle vit Korra agitant son doigt, signe que ce n'était pas encore fini.

- Quoi ! Non mais vous devez plaisanter là. Comment j'aurais pu faire pire ?

- Après que vous m'ayez dit ça, la voiture de police s'est pointée au bout de la rue. Et je vous ai priée de bien vous comporter devant mes collègues. Ce à quoi vous avez répondu que vous vouliez quelque chose en échange…

- Qu'est-ce que je vous ai demandé ?

- Je vous ai demandé ce que vous vouliez et là vous m'avez répondu, d'une voix toute à fait charmante : « Vous savez déjà ce que je veux ».

Asami haussa un sourcil. Korra s'approcha exactement de la même façon qu'Asami l'avait fait à ce moment-là. Ses lèvres frôlèrent la peau d'Asami qui eut exactement la même réaction que Korra. Elle se raidit. Korra lui susurra doucement à l'oreille :

- « Vous ».

Les yeux d'Asami s'écarquillèrent. Elle avait réussi à faire pire ! Mais pour qui elle passait là ! Elle avait allumé cette femme pendant toute la durée de l'arrestation. Avant qu'elle puisse de nouveau s'excuser de son comportement impoli, la porte de sa cellule s'ouvrit. Korra recula brusquement en arrière, perdant l'équilibre. Asami attrapa sa main, la retenant avant qu'elle ne tombe. Elles se regardèrent droit dans les yeux, face à face, les mains toujours l'une dans l'autre.

- Mademoiselle Sato, c'est bon de vous revoir, dit une voix. Korra, que fais-tu ici ?

Elles se retournèrent en même temps pour voir la chef de la police se tenir là à côté d'elles.

- Lin, s'écria Asami.

- Chef, dit Korra.

Elles se regardèrent ensuite, constatant qu'elles se tenaient toujours là main. Une vague de chaleur circula dans leurs corps. Elles s'empressèrent de se relâcher.

- Alors, Korra ? J'attends.

- Je passais… Je… euh… C'est que nous…

- Elle m'éclairait quant aux circonstances dans lesquelles, je me suis faite arrêtée, dit Asami, fermement.

- Oui, voilà : ça. Elle ne se souvenait plus très bien.

Elle remercia Asami d'un bref coup d'œil. Laquelle essaya d'ignorer le rougissement de Korra. Elle la trouvait adorable. Elle comprenait maintenant pourquoi elle s'était amusée à la faire rougir : elle était tellement mignonne. Elle reporta son attention à Lin Bei Fong.

- Lin, c'est bon de vous revoir aussi. Bien que dans d'autres circonstances, ça aurait été surement plus plaisant. Alors qu'est-ce que je risque ?

- Pas grand-chose. Nous savons toutes les deux que la ville a besoin de vous, Asami. Ainsi, pour cette fois, nous vous laisserons vous en sortir avec une amende et des points en moins. Mais souvenez-vous la prochaine fois vous risquez la prison. Vous êtes libre d'y aller.

- Merci, Lin, je vous remercie infiniment.

- Pas de quoi. Korra, raccompagne donc mademoiselle Sato chez elle.

- Bien sûr, chef.

Elle fit signe à Asami de passer devant. Elle la remercia et avança, Korra sur ses talons. Elle attendit patiemment mais aucune d'entre elles ne parla.

- Qu'est-ce qui ne va pas, demanda-t-elle à Korra.

- Rien. Tout va bien.

- Non, quelque chose vous perturbe.

- Comment vous faites pour lire si bien à travers moi ? Je veux dire, même ce matin alors que vous n'aviez même pas les yeux en face des trous, vous saviez ce qui se passait dans ma tête.

- Vous devez être facile à lire. Alors, qu'est-ce qui ne va pas ?

- Vous êtes Asami Sato ?

- Oui et alors ?

- La Asami Sato ? À la tête de Future Industries ?

- Oui, encore une fois, et alors ?

- Je ne vous imaginais pas comme ça.

- Et c'est une bonne chose ou une mauvaise chose ?

- Une bonne chose. Vous semblez plutôt sympa. Même si votre côté effronté m'a fait un peu peur à vrai dire.

Asami rit.

- Ne vous inquiétez pas. Il n'apparait que très rarement.

Korra lui sourit. Elles passèrent récupérer les affaires personnelles d'Asami. Puis, elles se dirigèrent en dehors du poste de police. Là, Kuvira revenait d'une de ses missions.

- Kuvira, l'interpella Korra. Kuvira !

- Salut, Korra.

- Je peux t'emprunter ta voiture encore une fois ? Je dois la reconduire chez elle.

Kuvira regarda Asami avec un regard de jugement.

- Tu passes beaucoup de temps avec elle en ce moment, Korra.

- Écoute, ce n'est pas moi qui décide qui je vais arrêter et ensuite ramener chez lui. Alors, est-ce que je pourrais avoir tes clés s'il te plait ?

- Ouais. Tiens.

Elle lui lança les clés. Korra les réceptionna.

- Merci, Kuvira. Bonne journée !

Kuvira partit. Korra fit monter Asami dans la voiture. Elle s'installa après cela du côté conducteur.

- Vous étiez nerveuse avec Kuvira.

- Oui, comme je vous l'ai expliqué cette nuit, elle lit les gens plutôt bien et voit les liens entre plusieurs personnes. Ce à quoi vous n'avez pas manqué de me répondre : « Il y a déjà un relation entre nous deux. Vous allez vite ! » Je ne me suis donc pas gênée pour vous faire remarquer que c'est vous qui avez commencé à m'inviter à sortir.

- Je vous ai invité à sortir ?

- Ah… euh… ouais. J'ai oublié de le mentionner.

- Et vous avez répondu oui ?

Asami remarqua ensuite que sa question était un peu trop enthousiaste. Mais bon sang ! Si elle l'avait draguée ce matin, il y avait une bonne raison ! Même si maintenant, ses pensées étaient un peu plus claires et moins centrées sur la beauté de la femme qu'il y avait à côté d'elle, elle n'en restait pas moins charmée. Elle essaya pourtant de rattraper sa réponse :

- Je veux dire que vous auriez tout à fait le droit de dire non. Qui sortirait avec une femme qu'ils ont rencontrée cinq minutes avant ? Surtout quand il se trouve qu'elle est bourrée et en infraction. Non, mais c'est vrai quoi ! J'espère que je ne vous ai pas fait du chantage ou un truc comme ça. Parce que vous aviez tous les droits de refuser. Entre nous…

- C'est bon, Asami. J'ai compris.

- Bien, alors.

Elle attendit que Korra veuille bien lui donner la réponse. Korra contemplait le pare-brise, le regard perdu dans le vague.

- Je vous ai dit que je vous répondrai une fois que vous seriez sobre.

- Voilà chose faite.

Korra acquiesça.

- Votre proposition tient toujours ? Parce que je sais que vous ne saviez pas trop ce que vous disiez. Alors peut-être que vous ne vouliez pas m'inviter, peut-être que c'était juste à cause de l'alcool.

- Korra…

Asami posa une main sur l'avant-bras de Korra. Au contact, Korra se retourna vers elle. Elle ne savait pas si c'était une bonne idée de lui dire ce qu'elle allait lui dire, mais peu importe.

- C'est vrai que je n'étais pas tellement dans mon état normal. Mais chaque chose que j'ai dite, je le pensais vraiment.

- Comment vous pouvez le savoir ? Je croyais que vous ne vous rappeliez plus de rien.

- Parce que je le pense toujours.

Korra rougit encore un peu, mais c'était plus doux, plus calme. Elle se sentait plus en sécurité.

- Merci, dit-elle doucement. Dans ce cas, j'accepte. Je veux bien sortir avec vous un soir. Qui serait assez fou pour refuser ?

- Super !

Korra démarra la voiture. Elle commença à rouler demandant de temps à autre la direction à Asami. Le trajet fut paisible. Elles parlèrent un peu sans flirt évident qui les mettait un peu mal à l'aise. Elles parlèrent comme si elles étaient deux amies, parlant de leurs deux vies sans aucune gêne. Après les discussions qu'elles avaient déjà eues, elles n'avaient plus trouvé quoi que soit qui pourrait les déranger.

Elles arrivèrent à la maison d'Asami. Enfin… si on pouvait appeler cela une maison. C'était plutôt un manoir : le manoir Sato. Korra sortit la première de la voiture. Elle alla ouvrir la porte à Asami.

- Merci, Korra, dit Asami en sortant.

- C'est tout naturel.

Elle la raccompagna jusqu'à la porte.

- Eh bien, voilà. J'imagine que je vais vous laisser maintenant.

- Entrez donc un moment.

- Asami, je dois vraiment retourner au travail.

- Ce ne sera pas long. Je vous rappelle que je dois vous emmener diner un de ces soirs, alors laissez-moi vous donner mon numéro.

- Ouais, d'accord.

Elle suivit Asami dans cette énorme maison, et ne put qu'être impressionnée par ce qu'elle voyait.

- Et vous vivez là-dedans, dit Korra.

- La plupart du temps.

Elles entrèrent dans le salon. Asami fouilla ses tiroirs à la recherche d'un bout de papier et d'un stylo. Quand elle les eut trouvés, elle griffonna son numéro de téléphone et son nom.

- Et voici ! Je vais enfin vous laissez tranquille. Vous allez pouvoir reprendre votre travail.

- Merci, dit Korra en se saisissant du bout de papier qu'Asami lui tendait. J'en prendrai grand soin.

- Je pense que même si vous le perdiez, vous arriveriez à me retrouver.

- Sans aucun doute.

- Je vous raccompagne ?

- Si ça ne vous dérange pas.

- Non, aucun problème.

Elles suivirent le même chemin qu'elles avaient précédemment emprunté pour rejoindre la porte d'entrée.

- Bon, j'imagine que cette fois je vais y aller, dit-elle avec une pointe de tristesse.

La vérité c'est qu'elle n'avait pas envie de quitter Asami. Les quelques heures qu'elle avait passé avec elle avaient été vraiment bien. Elles venaient de se rencontrer mais elle préférait de loin passer encore des heures à discuter avec Asami, plutôt que de retourner travailler. Pourtant, elle avait un devoir à accomplir. Elle devait retourner travailler. Elle sortit de la maison, commençant à marcher en direction de la voiture. Elle se retourna brusquement quand Asami lui dit :

- Korra ? Merci, pour tout. Et encore une fois désolée pour hier, ou ce matin. Peu importe. Je suis désolée de vous avoir mise mal à l'aise.

Korra, quand elle s'était retournée, se retrouva pile face à Asami. Elle ne s'attendait pas à se retrouver aussi près de la jeune PDG avant longtemps. Elle regarda ses lèvres, puis tâcha de se concentrer sur ses yeux et ce qu'elle était en train de dire. Après avoir fait en sorte d'avaler la boule dans sa gorge, elle lui répondit :

- Ce n'est pas grave, c'était plutôt amusant. Je ne vous en tiendrai pas rigueur. On se voit bientôt alors.

- Korra.

- Oui, Asami.

- Vous me devez toujours une faveur, non ?

Korra la regarda intriguée. L'espace d'un instant, elle avait cru voir revenir la Asami qu'elle avait rencontrée en premier. Asami avait un sourire au coin et ses yeux pétillaient de malice. Korra essayait toujours de rester concentrer sur ses yeux. C'était presque impossible. Parfois, ses yeux se posaient inopinément sur les lèvres d'Asami et elle dut lutter plusieurs secondes avant de pouvoir les remonter.

- Je vous dois une faveur ?

- Oui. Rappelez-vous. J'ai été sage devant votre collègue. Et je ne pense pas que vous ayez accepté de vous donner à moi.

- Non, vous pensez bien que j'ai refusé. Vous m'aviez dit que vous trouveriez autre chose. Vous avez trouvé, je présume.

Asami fredonna doucement en réponse.

- Allez-y, dit-elle sa voix presque comme le bruissement doux du vent contre les arbres. Embrassez-moi.

Korra réussit à remonter ses yeux sans difficulté cette fois.

- Quoi, déclara-t-elle, certaine qu'elle avait pourtant bien entendu.

- Embrassez-moi.

- Asami, on vient juste de se rencontrer.

- Je sais ça. Je sais aussi que vous regardez mes lèvres depuis tout à l'heure. Vous avez envie de m'embrasser et j'avoue que ça ne me déplairait pas non plus.

Korra était tellement flagrante. Elle ne souhaitait pas précipiter les choses mais sa proposition était plus que tentante.

- D'accord, dit-elle hésitante. Sûre ?

- Certaine.

Elle prit une grande inspiration, défiant sa nervosité. Elle se mit doucement sur la pointe des pieds. Elle rapprocha son visage de celui de l'autre femme. Tout en faisant cela, elle amena une main à caresser lentement la peau délicate du coup d'Asami. Ses lèvres n'étaient plus qu'à quelques millimètres. Elle regarda dans les yeux d'Asami, s'assurant une dernière fois que c'était bien ce qu'elle voulait. Son regard confiant l'ôta de tous ses doutes. Elle ferma les yeux alors, et savoura le tendre touché des lèvres de l'autre femme. Elle se demanda alors si elle devait lui en donner plus, ou peut-être s'arrêter là. Elle n'eut pas à se le demander très longtemps : Asami alla chercher ce qu'elle voulait. Elle approfondit le baiser. Ses mains se glissèrent dans le dos de Korra. Même à travers les tissus, elle sentait ses muscles. Korra, en réponse, mit cette fois c'est deux mains sur son cou, traçant les bords de sa machoire. La langue d'Asami se glissa délicatement dans la bouche de Korra, trouvant son homologue. Le baiser dura quelques secondes supplémentaires. Ensuite, elles se séparèrent, retrouvant une respiration constante. Toujours new contra nez, Korra annonça :

- Maintenant qu'on a eu toute les deux ce qu'on voulait, je vais retourner au travail.

- D'accord. Cette fois, tu peux y aller.

- Au revoir, Asami. À bientôt !

Korra retourna à sa voiture. Asami resta à sa porte, la regardant partir. Elles allaient se revoir bientôt. Aucun doute là-dessus, c'était loin de s'arrêter là. Elle ne se satisferait jamais d'un seul baiser, aussi bon soit-il.

Asami serait presque restée là, devant sa porte d'entrée, à se remémorer ce magnifique baiser, si le téléphone n'avait pas demandé son attention. À contrecœur, elle rentra dans sa maison. Elle chercha le téléphone et répondit.

- Ouais, dit-elle en tant que bonjour.

Elle n'avait pas l'humeur pour les bonnes manières. Sa tête était partie dans les nuages.

- Asami ? Oh par les Esprits, tu vas bien ! Tu vas bien, n'est-ce pas ?

- Oui, Opale. Je vais bien.

Ses réponses étaient lointaines.

- Oh Raava merci, je me suis fait un sang d'encre. Je ne sais pas ce qui a pris aux garçons de te laisser partir dans l'état où tu étais. Non mais ils ne se rendent vraiment pas compte ! Tu aurais pu te faire arrêter ou pire encore, avoir un accident.

- En fait, je me suis faite arrêter.

- Quoi ! Ça va ? Ils t'ont relâchée ?

- Ouais, t'inquiète pas. Tout est rentré dans l'ordre. Ça va très bien, même merveilleusement bien.

- Euh… Asami ? Tu es sûre que ça va ?

- Mmm mmm.

- T'es sûre que t'as pas fumé un truc ou j'sais pas moi. Tu m'as pas l'air dans ton assiette.

- Non, Opale, ça va. Parfaitement bien. Bon, je vais te laisser ; j'ai des… trucs… à faire. Salut, Opale ! Et bon voyage de noces !

- Ouais, c'est sûr. Bonne journée.

Opale paraissait un peu incertaine des affirmations d'Asami. Mais finalement, elle décida de faire confiance à son amie et raccrocha. En fait, Asami n'avait rien de vraiment urgent à faire. Elle devrait surement aller prendre une douche, puis se reposer de son épuisante soirée d'hier, dans son lit plus confortable que celui des cellules du poste de police. Cependant, la seule et unique chose qu'elle voulait vraiment faire était de penser à Korra et à la prochaine fois qu'elles allaient se revoir. Elle ne pouvait attendre. À ce moment, son téléphone portable sonna pour indiquer qu'elle avait reçu un nouveau message. Elle déverrouilla son téléphone. Un SMS d'une personne inconnue venait de lui être envoyé. Elle l'ouvrit :

Inconnu : J'ai pensé que t'aurais surement besoin de mon téléphone, puisque j'ai le tien. ;) J'ai hâte de te revoir. Korra.

Asami tout d'un coup se sentit toute excitée. Son rythme cardiaque s'affola. « Calme-toi Asami, calme-toi. Et répond ! »

Asami : Je ne pensais pas avoir de tes nouvelles si tôt ! Mais j'adore ça. J'ai hâte de te revoir aussi Korra. Je vais programmer ce rendez-vous au plus tôt possible. Asami.

Korra : Ça me semble parfait :)

Asami se laissa tomber sur son lit.

Oui, définitivement, cette arrestation était la meilleure chose qui pouvait lui arriver.


Notes de l'auteur : Ceci était mon premier fanfiction. J'apprécierai énormément tout commentaire bon au mauvais. Merci d'avoir lu !