Ohayo! Me revoilà après un peu plus d'une semaine d'absence! ^^
(se cache pour éviter les OVNI qu'on lui balance)
Oui oui je sais que j'avais dit que ce chapitre serait posté ce week-end, mais est-ce de ma faute si mes profs tuent mon inspiration à grands coups de cours chiants et de devoirs emmerdants? Je ne suis qu'une pauvre petite écrivaine accablée par le destin T_T *brique* -_-
ATTENTION: cette fiction est de catégorie M et est de surcroît un yaoi. Âmes sensibles s'abstenir, je vous aurai prévenu!
Retrouvailles,
ou une accolade, c'est pas mal non plus...
Mai 1897.
Ce fut par une belle journée ensoleillée que Kanda partit en mission. Le vent lui fouettait délicieusement le visage tandis qu'il courrait pour rattraper le train. Une puissante détente des muscles de ses jambes le propulsa sur le toit puis il pénétra dans son wagon et se laissa guider par le traqueur jusqu'au compartiment qui lui était réservé.
« Avez-vous besoin de quelque chose ? s'enquit l'homme d'âge mur.
- De solitude. répliqua sèchement le kendoka. »
Le traqueur referma la porte sans se faire prier et disparut dans le couloir à la recherche d'un en-cas. Kanda écouta attentivement ses pas s'éloigner, avant de sortir de sa poche une mitaine bleue. Il la caressa du bout des doigts puis l'enfila. Elle était légèrement trop grande pour lui, Lavi ayant des mains plus larges que les siennes. Elle avait dû tomber de sa poche lors de son départ précipité de la Congrégation onze mois auparavant.
Presque un an sans nouvelles.
Yû soupira et s'accouda à la vitre, laissant son regard se perdre dans le paysage nocturne et ses pensées dériver.
Après une semaine sans nouvelles, Komui l'avait envoyé lui et le Moyashi enquêter sur place. Lorsqu'ils étaient arrivés, ils avaient découvert une ville déserte balayée par les vents. Des lambeaux d'habits étaient accrochés ici et là, ou bien coincés sous des gravats l'absence de corps témoignant de l'attaque d'Akumas. Ils avaient fouillé les décombres durant des jours, appelant son nom, mais il n'y avait aucune trace du rouquin. Jusqu'à ce qu'Allen tombe sur cette immense tâche brunâtre sur un mur à demi éboulé.
Kanda se rappelait parfaitement de sa réaction à ce moment-là. Il était resté pétrifié puis son corps s'était mis violemment à trembler, si bien qu'il avait dû s'éloigner pour que le Moyashi ne s'en rende pas compte. Ce dernier était revenu quelques minutes plus tard, tenant dans sa main une mèche flamboyante maculée de sang : en séchant, celui-ci l'avait emprisonné et évité de se faire emporter par le vent. Komui avait conclu à sa mort. Tout le monde avait conclu à sa mort en voyant les mois défiler. Même Allen.
« Il faut se rendre à l'évidence. avait déclaré le blandinet d'un ton larmoyant. Lavi ne reviendra pas.
- Qu'est-ce que tu en sais ?! s'était immédiatement énervé le kendoka.
- S'il était vivant, tu ne crois pas qu'il aurait trouvé le moyen de nous contacter comme la dernière fois, Bakanda ?! »
Une violente bagarre s'en était suivie. Komui avait dû recourir à l'une de ses diaboliques fléchettes tranquillisantes pour l'empêcher de massacrer ce Moyashi de malheur.
Kanda semblait être le seul à s'accrocher encore à ce maigre espoir. C'était pour cela qu'il parlait de ''disparition'' et non de ''mort''. En effet, il croyait dur comme fer que Lavi était encore en vie quelque part. Blessé ou affaibli, il n'avait pas réussi à les contacter voilà tout. Toutefois, il le ferait dès qu'il trouverait le moyen et il reviendrait à la Congrégation, son habituel sourire plaqué sur le visage. Lenalee le serrerait dans ses bras en pleurant, Allen viendrait également se joindre à l'étreinte et Bookman lui collerait un bon coup de griffes pour avoir pris des vacances au mépris de son travail. Quant à lui, Yû se réservait le plaisir de lui mettre une bonne raclée pour l'avoir autant fait s'inquiéter puis il lui volerait un baiser brûlant au détour d'un couloir sombre.
* Tss... ridicule. songea le japonais sans pour autant essuyer la larme de détresse qui roula sur sa joue. *
oOoOo
La mission était censée être une mission de routine : récupérer l'Innocence tout en massacrant quelques Akumas. Cependant, ceux de niveau 1 n'étaient que la première vague. Très vite, Yû se retrouva entouré de nombreux Akumas de niveau 2 puis, de niveau 3. Les attaques pleuvaient sur lui et moins de la moitié des niveaux 2 avaient été décimés. Perclus de courbatures et couverts de sang s'échappant par de nombreuses blessures, le kendoka commençait à envisager de puiser dans son énergie vitale.
À ce moment précis, une boule d'énergie sombre perfora un Akuma de niveau 3 de part en part, le faisant disparaître dans une explosion. Plusieurs autres Akumas subirent le même sort, diffusant la panique dans leurs rangs. Jusqu'à ce que l'un d'entre eux désigne un toit au sommet de laquelle se tenait une silhouette sombre.
« Qui est-ce ? Un exorciste ?
- Tuons-le !
- Oui !
- Oui !
- Essayez toujours. »
Ceux qui avaient parlé se retournèrent vivement... trop tard. Ils furent coupés en deux. Le souffle de leur explosion lui masqua le reste du combat mais Kanda put très clairement entendre les hurlements des autres Akumas se faisant décimer. Lorsque la fumée retomba, le japonais pu enfin apercevoir son sauveur.
Il abaissa la pointe de Mugen sous le choc.
« La... Lavi ? »
xXxXx
Juin 1896.
Lorsqu'il se réveilla, Lavi se trouvait dans une pièce sombre, aux curieux ténèbres violacés. Il cligna plusieurs fois de l'œil, encore anesthésié, et essaya de remuer : trois vives douleurs se firent ressentir dans sa jambe et ses épaules.
Et soudain, tout lui revint en mémoire : l'attaque des Akumas, Road et ses bougies, le coup sur la nuque puis le noir. Le jeune homme se redressa d'un coup et gémit lorsque ses blessures le lancèrent. Il constata à cette occasion qu'on avait bandé ses plaies et habillé simplement d'un pantalon et d'un t-shirt blanc comme ceux des hôpitaux. On avait cependant confisqué son Innocence et ses bottes. Il balaya de son regard aiguisé d'héritier des Bookmen la pièce, enregistrant soigneusement chaque détail : un large lit aux draps blancs jurant avec la noirceur des murs, une bibliothèque remplie de nombreux ouvrages, un bureau sur lequel reposait un encrier et deux portes. L'une d'elle menait certainement à l'extérieur mais l'autre ?
Avec une grimace douloureuse, Bookman junior posa un pied au sol. Il dut s'y reprendre à trois fois avant de pouvoir se tenir debout. Il réussit à faire deux pas chancelants avant de trébucher et de tomber dans un cri de souffrance. Comme si elle avait attendu ce signal pour entrer, Road apparut à côté de lui.
« Enfin réveillé ?
- Pourquoi ne pas m'avoir tué ? Pourquoi avoir pansé mes blessures ? Pourquoi me retenir prisonnier alors que vous haïssez les humains ? questionna d'emblée Lavi. »
Road sourit et éclata de rire.
« Je te l'ai dis Bookman. Je veux que l'on joue de nouveau ensemble. »
L'archiviste frémit au souvenir de son combat dans l'Arche contre l'aînée Noah.
« Je suis dans la nouvelle Arche n'est-ce pas ?
- Oui, le Prince a accepté de te garder ici.
- Dans quel but ?
- Tu aimerais bien le savoir n'est-ce pas ? se moqua la fillette en s'asseyant sur Relo. »
Le rouquin fronça les sourcils et Road lui envoya un sourire enfantin.
« Jouons à nouveau, Booookman. »
Une aura violette s'étendit autour d'elle et Lavi sentit son esprit aspiré dedans.
xXxXx
Mai 1897.
Sa voix tremblait et son cœur menaçait de jaillir de sa poitrine. Lavi se tenait devant lui, plus magnifique que jamais : ses cheveux roux avaient poussé de telle manière qu'il pouvait à présent les nouer en une courte queue de cheval, son œil vert brillait d'un éclat nouveau et son magnifique sourire étirait ses lèvres fines. Son costume sombre et son long manteau noir mettaient en valeur sa stature, désormais plus homme qu'adolescent. Il lui semblait même qu'il avait grandi de quelques centimètres durant son absence.
Le rouquin s'avança jusqu'à lui d'une démarche féline, et s'appuya sur son long sabre noir.
« Ça faisait longtemps, Yû. »
Kanda sentit un frisson glacé remonter le long de sa colonne vertébrale. Jamais Lavi n'avait prononcé son prénom d'une manière aussi froide et détachée. Quelque chose clochait. Il raffermit automatiquement sa prise sur son katana et se mit en garde.
« Où étais-tu durant tout ce temps ? interrogea-t-il hargneusement.
- Comme si cela pouvait t'intéresser ! Ne fais pas celui qui se soucie des autres, ça ne te ressemble pas. dit-il sèchement en fronçant les sourcils, tout sourire envolé. Nous savons tous les deux que je n'étais rien à tes yeux. »
Ses mots durs se plantèrent dans le cœur de l'exorciste, le déstabilisant. Jamais Lavi ne l'avait traité avec autant de mépris. Quelque chose s'était passé durant sa disparition. Quelque chose qui l'avait profondément transformé.
« Que fais-tu ici ?
- Je suis venu pour toi. »
Sans prévenir ni qu'aucun signe avant-coureur ne le laisse présager, l'archiviste se rua sur Yû, qui eut à peine le temps de parer son attaque. Les lames crissèrent sinistrement en s'entrechoquant puis se séparèrent. Ils bondirent tous deux en arrière, évaluant silencieusement l'autre. Ils restèrent ainsi quelques secondes, puis passèrent à l'attaque. Ils frappaient avec la même précision, paraient avec la même dextérité, esquivaient avec la même rapidité.
Kanda comprit très vite que son adversaire maniait son sabre aussi bien que lui, son katana. Lavi avait toujours manipulé son marteau à deux mains et ressemblait plus à un faucheur qu'à un épéiste. Pourtant, il émanait de lui une grâce meurtrière qui trahissait d'une pratique intensive. Yû devait le ramener au QG pour comprendre ce qui s'était passé.
« Mugen, activation. »
Un sourire étira à ce moment les lèvres du jeune homme. Bien que le japonais le remarqua, il n'y prêta pas attention et lança sur lui des insectes illusoires. Ceux-ci furent éliminés impitoyablement et Lavi bondit sur lui à une vitesse presque irréelle. Toutefois, cette fois-ci, Yû savait à quoi s'attendre. Il para aisément et déploya la deuxième illusion, attaquant encore plus férocement maintenant qu'il avait l'avantage.
Il rata le rouquin d'un cheveu. Un cheveu que ce dernier mit à profit pour sauter habilement sur un toit bas. Il bondit de toits en toits, Kanda sur ses talons. Après quelques minutes de course poursuite, l'ancien exorciste s'arrêta sur le toit de l'église et défia son ancien camarade du regard de le rejoindre. Le kendoka se propulsa vers lui d'une puissante détente des jambes.
Et tomba directement dans le piège que lui avait tendu le borgne.
Cinq boules d'énergie fusèrent dans sa direction. Kanda réussit à les parer mais le choc le projeta contre un toit où il s'enfonça avec un cri rauque. Il allait se relever lorsqu'une poigne solide se saisit de sa gorge, le maintenant au sol.
« Bienvenue dans la bande. le félicita Bookman junior avant de l'assommer. »
oOoOo
Une douleur diffuse pulsait dans son crâne à rythme régulier, comme un second rythme cardiaque. Yû en déduisit qu'il n'était pas mort et se força à ouvrir les paupières. Sa vision trouble s'habitua rapidement à la semi-obscurité de la pièce. Il s'agissait d'une chambre relativement vaste, meublée d'un lit deux places, d'une bibliothèque et d'un bureau sur lequel étaient disposés des feuilles, un encrier et une plume. Deux portes permettaient d'en sortir.
Le jeune homme chercha à tâtons le manche de Mugen à côté de son lit. Ses doigts ne rencontrèrent que le vide. Il bondit sur ses pieds et retomba aussitôt sur le matelas en se tenant la tête entre les mains comme si ce simple geste pouvait l'empêcher de tourner. L'estomac au bord des lèvres, il se força néanmoins à prendre de profondes inspirations pour se calmer. Une fois sa nausée atténuée et supportable, Kanda esquissa un premier pas, puis un second et réussit à tituber vers l'une des portes qu'il ouvrit. Elle donnait sur une petite salle de bain équipée d'une baignoire, d'un lavabo surmonté d'un miroir et d'une toilette, le tout dans des tons sombres. Il en profita pour se passer un peu d'eau sur le visage. Il constata à cette occasion qu'on lui avait détaché les cheveux et habillé d'une tenue hospitalière.
Perplexe, le kendoka sortit et tenta d'ouvrir la seconde porte, en vain. Il cherchait un moyen de l'ouvrir lorsqu'un déclic sonore retentit. Il recula de quelques pas et se mit en garde, prêt à se jeter sur son kidnappeur. Quelle ne fut pas sa surprise quand le panneau de bois dévoila une gamine accompagnée de l'horrible parapluie rose du Comte Millénaire, en lieu et place de Lavi ! Il reconnut Road, l'aînée des Noahs, dans la description que lui en avait fait les autres.
« Bonjour Yû ! le salua-t-elle en souriant. Oh ! Pardon ! Peut-être préfères-tu que l'on t'appelle par ton nom. N'est-ce pas, Kanda ? »
L'exorciste fronça les sourcils : comment savait-elle cela ? La réponse lui parvint en un instant, limpide.
« Est-ce Lavi qui t'a raconté cela ?
- Ha ha ha ha ! Je n'ai pas besoin de lui pour tout connaître de toi.
- Je sais. Il paraît que tu puises dans les souvenirs de tes victimes pour les torturer.
- Oh ! C'est amusant ! Je suis curieuse de voir comment tu vas t'en sortir.
- Je n'ai ni le temps ni l'envie de jouer avec toi. répliqua froidement l'épéiste.
- Tu n'as pas le choix. répondit-elle en souriant sadiquement. »
Une aura violette se diffusa autour d'elle et, malgré sa volonté de s'y soustraire, Kanda fut engloutit.
oOoOo
Juin 1897.
Yû parvint enfin à s'échapper du rêve, au bout de ce qui lui parut une éternité. Son souffle était rauque et il avait l'impression que son cerveau tentait de fuir par ses deux oreilles. Road lui jeta un regard amusé et nostalgique.
« Tu apprends vite. le complimenta-t-elle. Cependant tout comme Bookman, tu finiras par te laisser briser. »
Cela faisait un moment que Kanda avait établi le lien entre le changement de comportement de Lavi et les tortures qui lui infligeaient Road.
« Tu... hh... le contrôles ?
- Non. répondit-elle en faisant la moue. Il s'est montré étonnement résistant au cours des six premiers mois. C'était amusant de le voir se débattre avec ses fantômes... »
Sa voix se fit rêveuse tandis qu'elle se souvenait.
xXxXx
Juillet 1896.
« Arrête ! hurla Lavi en s'extirpant du rêve de Road. »
Il réintégra brutalement son propre corps comme si on l'avait projeté dedans. Il tomba à la renverse du lit, glapissant lorsque son épaule heurta le sol. Sa respiration était erratique et une migraine pointait entre ses deux yeux. La fillette lui jeta un regard mi-amusé, mi-ennuyé.
« Tu as réussi trop vite à sortir. C'est pas du jeu.
- Mauvaise joueuse. la provoqua l'archiviste. »
Un nouveau hurlement déchira le silence pesant de la pièce.
« Ne pourrais-je voir ton sang que lorsque je te blesse réellement ? demanda Road en fixant le bras pâle, transpercé par une bougie. »
Le rouquin pressa sa plaie pour tenter d'arrêter le flot écarlate qui s'écoulait et grinça de nouveau des dents en jetant un regard venimeux à son tortionnaire. Depuis combien de temps était-il retenu ici ? L'absence de fenêtre et de luminosité l'empêchaient de se faire une idée du jour ou même de l'heure. Il pouvait bien être ici depuis une semaine comme depuis des mois. Les tortures qu'il subissait régulièrement lui avait fait perdre le fil, l'avait déconnecté de la réalité : seul comptait le court laps de repos entre deux « parties ». Pour l'instant, Road n'avait essuyé que des échecs, ce qui l'agaçait passablement et la rendait encore plus méchante et irritable.
Avec un soupir lassé, elle sortit, laissant la place à un Akuma qui le soigna. Cela avait surpris Lavi au début. Malgré les régulières attaques de l'aînée des Noahs, il était plutôt bien traité pour un prisonnier : trois repas par jour, une salle de bain annexe à sa chambre, et des soins réguliers. On lui apportait même des vêtements à sa taille ! Puis il avait saisi l'état d'esprit de la jeune fille : on ne pouvait pas conserver ses jouets longtemps si on les maltraitait trop.
Le borgne clopina jusqu'à la salle de bain et se lava sommairement, prenant garde de ne pas mouiller ses bandages. Il changea de vêtements et partit se coucher. Chaque moment de répit était précieux pour prendre du repos, repos qui était son seul moyen de résister à sa captivité.
oOoOo
« Pourquoi fais-tu une tête pareille Road ? Ça ne se passe pas comme tu veux avec ton jouet ?
- Non ! Je le torture tous les jours depuis un mois mais il résiste le bougre !
- N'est-ce pas ce qui rend le jeu plus intéressant ? ~
- Tu as raison. répondit Road en souriant. »
Elle partit d'un grand éclat de rire et s'éloigna sous le regard attendri de l'autre membre de sa famille.
xXxXx
Juin 1897.
« J'ai dû demandé de l'aide pour réussir à le briser. Mais il nous a rejoint de son propre chef.
- Tu mens ! s'énerva le kendoka en serrant les poings. Lavi ne nous aurait jamais trahi !
- ''Nous'' ? intervint une autre voix. Il n'y a pas de ''nous'' qui tienne. ''Nous'' ça n'existe pas. »
Lavi était entré dans la pièce sans qu'ils s'en rendent compte. Le cœur de Kanda sembla soudain se ranimer et battit un peu plus fort. Le rouquin était d'une élégance décontractée : il portait une chemise blanche aux manches retroussées, rentrée dans son pantalon coupé droit, et par-dessus laquelle il avait passé un veston sans manche noir. Son col était ouvert laissant apparaître de manière suggestive la naissance de ses clavicules. Il avait troqué ses habituelles bottes pour des chaussures plus civilisées et un ruban remplaçait désormais son bandana, retenant ses cheveux en une courte queue de cheval.
Adossé à la porte les bras croisés, il posait sur lui un regard froid et méprisant, qui glaça Kanda jusqu'à la moelle.
« Lavi ! s'exclama Road en se jetant dans ses bras. »
Elle posa un baiser sonore sur sa joue, qu'il lui rendit. Le jeune homme la souleva ensuite et la cala sur sa hanche pour pouvoir mieux la porter. La Noah nicha sa tête dans son cou en l'enlaçant et jeta un coup d'œil plein de sous-entendus à son prisonnier.
« Allons manger, Road. Le Prince nous attend.
- Ok ! Viens Relo ! »
Le rouquin se détourna et ne se retourna pas quand Kanda l'appela. Ce dernier eut beau frapper contre le panneau de bois en lui promettant mille tortures et en le maudissant s'il ne revenait pas, ses pas s'éloignèrent implacablement. Le japonais se laissa tomber à genoux, une douloureuse pointe déchirant sa poitrine. Il ne connaissait que trop bien ce sentiment d'absence, mais aujourd'hui s'y associait un autre encore plus douloureux : l'abandon. Il se rendait désormais compte de ce que Lavi avait pu éprouver à chacun de ses refus et pourtant, le borgne n'avait jamais cessé d'espérer. Un sentiment de culpabilité s'empara de lui et il crispa les poings.
Depuis combien de temps était-il retenu ici ? L'absence de fenêtres et de luminosité l'empêchaient de se faire une idée du jour ou même de l'heure. Les tortures qu'il subissait régulièrement lui avaient fait perdre le fil, l'avaient déconnecté de la réalité : il pouvait bien être ici depuis une semaine comme depuis des mois.
Et c'était la première fois qu'il revoyait Lavi. Bien que ce soit lui qui l'avait kidnappé et livré aux Noahs, Yû devait admettre qu'il s'attendait à plus : un sourire, une étreinte, un mot rassurant... mais pas à ce désintérêt total. Le kendoka ne pensait pas que le rouquin lui faisait délibérément payer sa propre froideur il n'en avait simplement plus rien à faire de lui.
Encore une fois, l'exorciste s'interrogea sur la raison de ce changement. D'après Road, il les avait rejoint de son plein gré. Néanmoins, Kanda ne le voyait pas les trahir.
« Il s'est montré étonnement résistant au cours des six premiers mois. J'ai dû demandé de l'aide pour réussir à le briser. avait déclaré la fillette. »
Kanda fut un instant saisi d'un élan de respect envers Lavi : subir tous les jours cette torture, affronter sans relâche ses démons les plus sombres sans jamais céder. Jamais il n'aurait cru que ce lapin lubrique puisse faire preuve d'une telle force mentale. Et pourtant, il faisait désormais parti du camp adverse. Qui pouvait bien être la personne qui avait aidé Road à briser son esprit ? Un Noah ? Le Comte Millénaire ?
Le japonais secoua la tête en se reprenant. Ce n'était pas le moment de penser à ce baka usagi ! Il devait absolument trouver un moyen de s'échapper et de récupérer son Innocence. Une fois cela fait, il le ramènerait à la Congrégation par la peau des fesses (qu'il résiste ou non) où on aviserait du reste. Son esprit combatif ranimé, Yû se redressa et chercha des yeux un objet lui permettant de crocheter la serrure. Son regard tomba sur la plume et un rictus satisfait étira ses lèvres. Il passerait à l'action bientôt...
oOoOo
Yû explorait silencieusement les couloirs, se jetant dans l'ombre rassurante d'un recoin au moindre bruit suspect. Il en parcourait un autre lorsque des gémissements étouffés se firent entendre. De la lumière s'échappait de l'interstice sous une porte. Le japonais s'approcha lentement, guettant un éventuel piège, puis l'entrouvrit légèrement. Jetant un coup d'œil furtif à l'intérieur, il se raidit tandis qu'une atroce douleur explosait dans sa tête, déchirait sa poitrine et se répandait dans chacun de ses membres.
Lavi et Tyki étaient en train de s'étreindre passionnément.
Le rouquin chevauchant le brun, qui agrippait possessivement ses hanches, allait et venait sur lui, roulant du bassin à un rythme effréné. Il criait doucement, sans chercher à se retenir, tandis que le Noah laissait échapper des gémissements rauques.
L'adolescent rejeta la tête en arrière tout en se cambrant, soulevant ses cheveux avant de les laisser retomber dans un ensemble un peu désordonné mais incroyablement sexy. Aussitôt, comme s'il savait ce que le jeune homme voulait, Tyki fit migrer ses mains sur son ventre plat, son torse où il s'attarda, avant de remonter jusqu'à son cou. L'archiviste frémit sous ses mains, et le Noé du plaisir ne put retenir un soupir d'aise en sentant ses frissons se propager à son propre corps. Lavi se pencha encore plus en arrière, s'abandonnant entièrement aux caresses, sans cesser ses mouvements de bassin. Lorsqu'il sentit les doigts du portugais effleurer ses lèvres, le rouquin se pencha en avant et s'empara fiévreusement des siennes. L'excitation monta encore d'un cran entre les deux amants.
Kanda n'avait qu'une envie : fuir. Le plus loin possible de cette vision qui lui arrachait le cœur le plus loin possible de ces cris de plaisir toutefois le japonais en était incapable. Il restait pétrifié sur place, incapable de se détacher de cette horrible réalité : Lavi ne l'aimait plus.
Car c'était clairement de l'amour qui se dégageait des deux amants. Chacun était attentif au moindre geste de l'autre, ne laissant aucune brutalité transparaître dans leur ébat pourtant passionné. En les regardant, l'épéiste pouvait en déduire qu'ils étaient en total osmose non seulement avec le corps, mais aussi avec les sentiments de l'autre. Ils semblaient fusionner en une seule et même personne et cela lui sembla si beau qu'il sentit son cœur s'émietter lentement.
Lavi se redressa d'un coup lorsqu'une décharge électrique le foudroya.
« HAAA ! ~ »
Tyki sourit tout en réitérant son geste, arrachant un cri aigu à son partenaire. Ses mains retrouvèrent leur place sur ses hanches, accentuant la cadence.
« Hmm... HA ! Haa ! Ty...ki...appela-t-il en tendant les bras vers lui. »
Celui-ci se mit en position assise et Lavi s'empressa d'enrouler ses bras autour de son cou et ses jambes autour de son corps suant. Puis, dans un long cri, son corps s'arqua entre les mains du Noah qui donna un dernier puissant coup de rein, jouissant dans un râle.
Le portugais laissa sa tête retomber sur son torse. Leurs respirations haletantes résonnaient dans le silence de la pièce tandis qu'ils tentaient de reprendre leur souffle. Un rire secoua le brun.
« Ah ah ah ah... hh... hhh... ah... ah ah ah...ah... ah...hh »
Il embrassa tendrement la base du cou du plus jeune et redressa enfin la tête. Ses yeux croisèrent alors ceux de Yû...
Une étincelle de surprise passa dans l'or de son regard, très vite remplacée par un sourire carnassier. Il caressa l'intérieur des cuisses du borgne tout en donnant un doux coup de rein qui arracha un miaulement lascif à son partenaire.
« Nyaaah ~ »
Le Noé du plaisir sourit encore plus et, sans quitter Kanda des yeux, mordit gentiment son épaule, sa gorge puis son oreille. Lavi s'était remis à gémir tout au long de cette douce torture et avait resserrer son emprise autour du cou du Noah.
« Je t'aime. susurra Tyki en léchant sa mâchoire puis son menton.
- Hmm~ ! Moi...ha ! aussi...
- Alors embrasse-moi. »
Lavi s'empara de ses lèvres avec avidité en enfouissant ses doigts dans ses cheveux bouclés. Tyki jeta un regard victorieux à l'exorciste et saisit l'arrière du crâne du rouquin tandis qu'il approfondissait le baiser. Il le renversa brusquement sur le lit et reprit des mouvements de bassin plus violents et profonds qu'auparavant, arrachant d'emblée des cris de plaisir au jeune homme. Celui-ci griffa les épaules larges de l'adulte, qui augmenta encore le rythme.
« Tyki ! Tyki ! Ha ! Hmmm ! HAAA ! »
Horrifié autant que blessé par ce spectacle, Yû tourna les talons et s'enfuit, les hurlements de Lavi se répercutant à l'infini dans le silence du couloir comme une malédiction lancée sur lui.
« Tyki ! TYKIIIIIII ! ~ »
Il ne sut pendant combien de temps il courut ainsi, au risque de se faire reprendre, assailli par des visions des deux amants enlacés, le cadet criant sous les puissants coups de rein de l'aîné. Il courut, courut jusqu'à perdre haleine et après, il courut encore. Ce ne fut que plus tard qu'il s'effondra à bout de forces, les oreilles résonnant toujours de la voix du rouquin appelant le nom du Noah sous le plaisir. Kanda sentit les larmes lui brûler les yeux.
« Merde ! jura-t-il en martelant le sol. Merde ! Merde ! MERDE ! »
Il se recroquevilla sur lui-même, en serrant sa poitrine comme pour tenter d'atténuer la souffrance de son cœur meurtri. Comment était-ce arrivé ? Pourquoi était-il tombé amoureux de nouveaux ? Parce que l'adolescent insolent l'attirait. Il semblait tellement resplendir que Kanda avait voulu s'emparer de ce brûlant soleil pour réchauffer un peu ses ténèbres glacés. Et pourtant... pourtant, il n'avait pas sût apprécier ce qui se trouvait juste devant lui. Maintenant que Lavi s'était donné à Tyki...
Un éclair de lucidité traversa la barrière de désespoir qui entravait ses pensées. Tyki Mikk était mort. Réduit en cendres. Ce qu'il avait vu ne pouvait pas être réel.
Road avait dû puiser dans ses cauchemars et créer une illusion pour le tromper. Une fois qu'il eut retrouvé ses esprits, le kendoka se redressa et scruta les alentours. Un écho lointain lui parvint : un son cristallin qu'il connaissait qu'il aurait reconnu entre mille.
« Mugen... murmura-t-il. »
Un nouvel espoir s'empara de lui, un espoir qui parait son avenir de nouvelles couleurs. Il se rua dans la direction du bruit, et découvrit une petite salle dans les profondeurs de l'Arche. Là, sur deux piédestaux distincts, reposaient deux Innocences. Kanda saisit précautionneusement Mugen et en caressa doucement la lame, presque avec tendresse. Celle-ci se mit doucement à luire et s'activa automatiquement. Rien n'était comparable au sentiment de réconfort qui l'envahit à ce moment-là. L'Innocence insuffla une nouvelle force en lui, qu'il lui semblait pouvoir soulever des montagnes. Ou ramener Lavi à la Congrégation avec lui...
« C'est partit.
- Tu n'as aucune chance de sortir d'ici. Vivant en tout cas. »
Yû pivota fluidement, la pointe de son épée près de la gorge du Noé du plaisir. Ce dernier, nullement impressionné, le toisait de son regard doré. Les cheveux ébouriffés et habillé à la va-vite témoignant de ses récents ébats, mirent le japonais dans une rage noire, qu'il en oublia que c'était un piège conçu pour le briser.
Et il attaqua aussi vif qu'un serpent. Le brun para aisément et lui rendit ses coups. Une véritable avalanche de coups s'abattaient sur les deux adversaires, sans qu'aucun ne parviennent à prendre clairement l'avantage sur l'autre. Un nuage de Teases se répandit autour d'eux, pareille à une nuée d'insectes dévorant tout sur leur passage. Un rire malsain secoua Tyki tandis que l'exorciste se contentait d'un sourire sadique.
« C'est tout ? se moqua-t-il. »
Sa lame décrivit une courbe harmonieuse et trancha impitoyablement tous les golems démoniaques. Un air de franche surprise se peignit sur le beau visage du portugais qui le fixa, intrigué. Une aura combative s'élevait du corps de l'épéiste tandis qu'il attaquait encore plus férocement qu'avant. Une jalousie démentielle rongeait son cœur rarement il avait haït quelqu'un avec autant d'intensité, au point d'avoir envie de voir son sang jaillir et sentir l'asperger. Il ressentait le besoin de défigurer ses lèvres si belles qui avaient goûté à celles de Lavi, de trancher dans sa chair pour avoir oser poser la main sur lui, de l'écorcher pour lui faire oublier le souvenir de leur peau l'une contre l'autre. À ce moment précis, une seule pensée occultait toutes les autres : Lavi était à lui.
Soudain, son sixième sens perçut un infime mouvement venant de derrière Tyki. Le Noah eut juste le temps de se pousser sur le côté avant de finir décapité un sabre noir s'abattit impitoyablement sur Yû qui para in extremis.
« Lavi ! s'exclama-t-il, surpris.
- Je ne te laisserai pas le toucher. répliqua froidement le jeune homme. »
Il dégagea son arme et frappa d'estoc, repoussant son ancien camarade trois mètres plus loin. L'arrivé soudaine du borgne ramena ce dernier sur terre. De nombreuses question l'assaillirent alors : pourquoi Lavi était-il également présent dans ce rêve ? Était-il une illusion comme Tyki ? Il jeta un coup d'œil à son Innocence et constata que celle-ci brillait légèrement, réagissant à la proximité de son porteur. Mugen était elle-même bien présente, il sentait la connexion qui les liaient. Le japonais en déduisit qu'il se trouvait bel et bien dans la réalité et que Road tirait les ficelles dans l'ombre, faisant intervenir Lavi pour mieux le manipuler. Dans ce cas, pour quelle raison le rouquin se sentait-il aussi proche de lui?
« Tu es venu. dit le portugais en caressant la joue de l'archiviste.
- Je te cherchais. répondit-il en posant sa main sur la sienne. »
Tyki passa ses doigts dans ses cheveux défaits, puis le prit par les épaules et le tourna vers Kanda.
« Voici ton adversaire. chuchota-t-il à son oreille. Celui qui t'a toujours considéré plus bas que terre, qui s'est joué de tes sentiments...
- Arrête ! cria celui-ci en s'avançant, menaçant.
- Celui qui a souillé ton corps et détourné de la voie de Bookman pour te jeter ensuite.
- C'est faux ! protesta le kendoka.
- C'est vrai. contesta Lavi dans un murmure. Toujours repoussé et humilié...
- Toujours trahi par ceux pour qui tu as tout sacrifié. poursuivit le Noah comme s'il connaissait tout de ses sentiments. Toujours considéré comme faible et inutile.
- Faible et inutile... répéta-t-il en se crispant sur le manche de son sabre.
- Regarde-le, si fier et orgueilleux, cet homme qui se croit meilleur que tout le monde, meilleur que toi. Souviens-toi de ces émotions qu'il t'a laissé.
- Rancœur...
- Désespoir...
- Noirceur... (une larme roula sur sa joue).
- Détruis la source de ses pensées. Après cela, ton cœur ne sera plus perdu. »
Tyki cacha son œil valide de sa main et lécha son lobe, se délectant de la flamme malveillante qui s'était allumée dans les yeux de Kanda à ce simple geste.
« Montre-lui à quel point tu es fort. lui susurra-t-il au creux de l'oreille. Tue-le. Reviens vers ce lieu où tu es naît et ensuite... revient vers moi.
- Oui. répondit Lavi dans un souffle. »
Le Noé du plaisir abaissa sa main, dévoilant son œil.
Un œil qui pétrifia Kanda sur place.
Un œil aussi glacial que la mort, contrastant avec son brillant iris doré.
« Qu'est-ce que... »
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que déjà, Lavi s'élançait vers lui. Leurs lames produisirent des étincelles lorsqu'ils croisèrent le fer. Ils se dégagèrent dans un même mouvement puis Lavi se lança dans un nouvel assaut furieux. Les pensées de Yû tournaient à mille à l'heure dans sa tête. Qu'est-ce qui se passait ? Qu'est-ce que le Comte et Road lui avaient fait subir ?
« Tch' ! »
Déployant toutes les subtilités de sa technique, il parvint à le repousser et lui entailla profondément le bras, le faisant lâcher son sabre. Il allait s'attaquer à Tyki, dans l'espoir d'atteindre à travers lui Road, quand le rouquin se dressa sur son chemin, son regard flamboyant de détermination.
« Écarte-toi de mon chemin, baka usagi !
- Non. »
La réponse était tombée, froide et implacable.
Lavi tendit la main devant lui, paume vers le ciel, et une boule d'énergie violette crépitant d'éclairs violets grossit dans sa main. Il l'envoya sans hésitation vers l'exorciste qui dû se jeter sur le côté pour l'éviter. Plusieurs autres fusèrent dans sa direction, l'obligeant à fuir. Tyki riait à gorge déployée tout en encourageant l'adolescent.
« Efface-le du plus profond de ton cœur ! C'est le seul moyen pour toi de devenir un Noah à part entière et d'effacer tes tourments !
- Ne l'écoute pas baka usagi ! rugit Kanda.
- Arrête de m'appeler comme ça ! hurla ce dernier en redoublant ses attaques. Lavi l'exorciste n'a jamais existé et n'existera jamais ! Je suis un Bookman !
- Lavi !
- Je ne vis que pour observer l'Histoire ! Et je l'observerai désormais du côté de ceux qui m'acceptent tel que je suis ! »
Une des sphères toucha son ennemi au creux du ventre, l'envoyant contre le mur opposé où une sinistre tâche sanglante se peignit. L'épéiste cracha un flot de sang et sentit sa conscience vaciller. Du sang coula sur son visage. Il leva les yeux pour contempler Lavi qui s'avançait vers lui, sans se presser, déterminé à en finir.
« On m'avait ordonné de te ramener vivant la dernière fois. Cependant cette fois, je vais te tuer. »
L'air autour de lui explosa d'une aura maléfique et incroyablement puissante.
* Quel redoutable et imprévisible pouvoir ! pensa Kanda, incrédule. Je ne suis pas de taille contre lui. En fait, je ne l'ai jamais été. *
Le pied de Lavi butta contre le petit marteau, renversé lorsque Yû avait percuté le socle où il reposait. Il lui jeta un regard curieux avant de se pencher et de le ramasser. Son éclat s'accentua sans que le rouquin n'y prête attention, trop absorbé par sa victime qui luttait difficilement pour ne pas perdre pied. Toutefois, l'exorciste sentit ses derniers espoirs l'abandonner lorsqu'il prononça ces paroles :
« C'est la fin. dit-il en l'élevant au-dessus de lui. »
Kanda ferma les yeux.
« Maintenant... meurs !
- Lavi, arrête ! N'active pas ton Innocence ! le prévint Tyki. »
Trop tard. Dès que son compatible activa son pouvoir, l'Innocence fusionna avec son corps. Le jeune homme hurla de douleur lorsqu'il sentit la matière blanche pénétrer sa chair, qu'elle mordit comme si on passait un morceau de métal chauffé à blanc sous sa peau.
« Merde ! jura le Noé du plaisir en s'élançant vers lui. »
Un énorme serpent de feu se dressa soudain devant lui, sifflant de colère. Le Noah créa une sphère de vide et emprisonna le serpent qui, privé d'oxygène, cessa de se consumer. Pour aussitôt être remplacé par deux autres. Qu'importe qu'il les étouffe, ils se dressaient toujours sur son chemin telles des Érinyes (1).
« Abandonne Noah. »
Lavi troua la muraille de feu, le corps d'un japonais au bord de l'inconscience et n'en revenant pas d'être toujours en vie, dans les bras. Ses cheveux roux détachés claquaient dans le vent soulevé par les flammes, et une étrange silhouette fantomatique se tenait derrière lui. Flottant silencieusement légèrement au dessus-de lui, une de ses mains reposaient sur l'épaule de l'adolescent. L'adulte comprit que l'Innocence avait pris possession de son porteur, et grinça des dents de frustration.
« Rends-le moi ! gronda-t-il en perdant petit à petit le fil de son self-contrôle.
- Abandonne. répondit-elle d'une voix profonde.
- Jamais ! Il est à moi ! »
Le Noah créa un espace de vide d'une rare violence, comme il l'avait fait avec Allen. Yû se sentit brusquement étouffé et s'agrippa instinctivement au rouquin, qui lui offrit un sourire rassurant. Un éclair jaillit, trouant la sphère de part en part, bientôt suivi par d'autres qui détruisirent des pans de murs entiers. Tout une partie du toit s'effondra sur eux et Tyki ne dût qu'à ses pouvoirs de survivre. Il toussa à cause de la poussière soulevée et chercha des yeux son adversaire. Celui-ci se dressait au milieu des ruines, couverts de blessures et néanmoins resplendissant, ses magnifiques cheveux rougeoyant à la lumière des flammes des serpents qui l'entouraient.
Ils passèrent un long moment à se contempler, puis tout à coup, les serpents se cabrèrent et passèrent à l'attaque dans une synchronisation parfaite. Tyki évita du mieux qu'il put les assauts, mais il fut bien vite couvert de suie et de brûlures. Il jeta un coup d'œil à Lavi qui se tenait debout sur la tête d'un dragon de foudre, son Innocence flottant toujours au-dessus de lui. Celle-ci leva les yeux vers le ciel dans un ordre muet et le dragon s'éleva dans la nuit.
« LAVIIII ! rugit Tyki. »
Sa rage libéra ses pouvoirs qui jaillirent de son corps et firent exploser toute l'aile de l'Arche. Il fusa hors des ruines, fouillant le ciel nocturne de son regard.
Mais les fugitifs étaient déjà loin.
(1) Érinyes: dans la mythologie grecque, elles personnifient la malédiction lancée par quelqu'un et sont chargées de punir les crimes. Justes mais sans merci, aucune prière ni sacrifice ne peut les émouvoir, ni les empêcher d'accomplir leur tâche.
Pas grand chose à dire sinon que le chapitre suivant aura plus de retard puisque j'ai pas mal de colles -_- (devoirs sur table pour ceux qui ne sont pas encore familiarisés avec ce magnifique système qu'est la faculté). N'hésitez pas à me faire des critiques constructives pour m'aider à améliorer mon style.
Prochain chapitre: Retour à la maison, ou quand on ne rentre qu'avec une moitié d'ami.
Ah oui! Une dernière petite chose: j'accepte le lancer de tomates pourries de la part de ceux qui me maudissent sur trente mille générations pour ce que j'ai osé écrire sur Lavi et Tyki. Courage! ^^ Fuuuuuyyoooooonnnnns!
P.S: suite à une review je me suis aperçue que je n'avais pas été très claire dans ce chapitre et je m'en excuse. Je vais donc répondre à deux de ses questions en espérant vous éclaircir tout cela:
1. "Premièrement, la Congrégation conclut très vite sur la mort de Lavi après un an alors que lors de sa dernière mort si je puis dire, il y avait un intervalle de deux ans, je crois."
→ La dernière fois, un grand nombre de témoins l'avaient vu se consumer en même temps que Tyki. De fait, ils ont immédiatement conclu à sa mort. Cependant Lavi est revenu 6 mois plus tard. Ici, la Congrégation ne dispose que d'indices, mais étant donné la très grande durée de temps sans nouvelles et le sang qui avait été retrouvé, elle s'est rendue à l'évidence.
2. "Deuxièmement, c'est quand Lavi "sauve" Kanda avec son katana. A moins que le sabre de Lavi soit spécial, il est répété une infinité de fois que seul l'Innocence peut tuer les Akuma. Son sabre n'est certainement pas une Innocence, peut-être une extension de ses capacité de Noah (enfin, c'est l'impression qu'il me donne actuellement avec ses pouvoirs actuels) mais en tout cas, un sabre ordinaire ne devrait pas pouvoir trancher des Akumas."
→ C'est vrai et si je n'ai pas précisé en quoi était fait le sabre, c'était justement pour le dire plus tard. Cependant, tu as raison de soulever le problème. Il me semble que les Noahs peuvent détruire un Akuma (ce qui serait logique étant donné la différence de niveau entre eux) et les Akumas de niveau supérieur peuvent tuer ceux de niveau inférieur (exemple des niveaux 3 qui dévorent les niveaux 2). Ainsi, le sabre "noir" (mais dans quelle matière peut-il bien être forgé?^^) de Lavi peut détruire les Akumas; de même que ses boules d'énergie.
Voilà je ne sais pas si c'est plus clair mais tu as eu raison de soulever ces incohérences. En outre, je ne suis pas parfaite donc du moment que la review est constructive et peut me permettre de m'améliorer, peu m'importe quelle soit stricte ou exigeante. ^^ Merci beaucoup!
