B comme Banane
Banane : fruit ou la baie dérivant de l'inflorescence du bananier.
Il ignorait ce qui l'avait réveillé, enfin pour être tout à fait honnête, il s'en doutait un peu. Quatre jours déjà que son compagnon n'était pas auprès de lui. Ce n'était pas de sa faute, il avait dû s'absenter pour régler une affaire avec un de leur numéro.
Il était rare que tous deux soient séparés aussi longtemps même avant que John s'installe avec lui et partage son lit. John faisait toujours attention à passer une fois par jour à la bibliothèque même lorsqu'ils n'avaient pas de mission.
Là, leur dernière mission l'avait conduit à la frontière mexicaine. En effet, leur dernier numéro était un trafiquant d'être humain faisant passer la frontière à des pauvres gens pour ensuite les exploiter dans des ateliers clandestins.
Un concurrent le trouvait trop gourmand et avait décidé de se débarrasser de lui. Ils avaient donc fait d'une pierre deux coups mettant hors-circuit, deux types extrêmement dangereux et sauvé une dizaine de personne qui roulait en direction de la frontière.
C'est John qui s'y était attelé, Lionel n'étant pas dans sa juridiction. Et Harold avait dû se résigner à le voir partir seul et s'était préparé à la longue attente qui en découlait. Il l'avait suivi cependant à la trace par le biais des satellites.
Il avait détesté se sentir impuissant car c'est bien ce sentiment qui l'avait dominé. Et même si John l'avait rassuré par téléphone lui indiquant qu'il allait bien. Il avait rapidement retrouvé le camion et les personnes étaient saines et sauves.
John lui avait annoncé qu'il reviendrait dans la journée du lendemain. Il s'était donc résigné à passer une nouvelle nuit en solitaire. Bien sur, Bear était là pour lui tenir compagnie mais il devait bien le reconnaître, il était en manque de John.
Il choisit donc de se préparer un thé qui l'espérait il l'apaiserait et finirait par lui redonner l'envie d'aller se coucher. Il s'apprêtait à s'en servir une tasse quand il sentit une présence derrière lui, il prit le premier objet à porter de main prêt à s'en servir comme d'une arme.
A cette heure avancée de lui, il ne se posa même pas la question du fait que Bear ne se soit pas manifesté. Un éclat de rire sonore résonna alors dans l'appartement et en quelques instants, l'objet tomba au sol lorsqu'Harold se fit emprisonner par deux bras puissants.
Bien plus tard, ce soir-là, alors que les deux amants reposaient épuisés. John reçut une petite tape sur le torse après qu'un nouvel éclat de rire l'ait repris à la pensée de leurs retrouvailles.
« Allons Harold, sois beau joueur. Tu dois bien avouer que c'était très drôle.
….
Ne me dis pas que tu boudes, dit il en lui caressant doucement le ventre.
John, dit Harold tentant de paraître.
Tu dois quand même avouer que menacer quelqu'un avec une banane, pouffa-t-il. C'est bon, c'est bon, je ne dis plus rien, dit John alors qu'Harold lui tournait le dos. »
Quelques minutes plus tard, des bruits de froissement se faisaient entendre. Sur le sol de la cuisine, une pauvre banane solitaire attendait qu'on la remette dans son compotier.
Fin
Prochain chapitre lettre C comme Confessionnal.
