Disclaimer : Les personnages de Miraculous appartiennent à leur concepteur, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.


Héros en fuite

Chapitre 2)Le choix d'Adrien

Le premier réflexe d'Adrien lorsque le Papillon le contacta, fut d'attirer à lui le corps de Marinette pour la protéger. Il ne répondit pas à la proposition. Pour l'heure il n'en avait ni l'envie ni la capacité. Il en était encore à essayer de comprendre ce qu'il se passait et à refuser que tout cela puisse être réel.

Il était trop choqué, trop révolté et trop meurtri pour réussir à admettre que son amie soit morte.

Plus exactement il ne voulait pas l'accepter, il le refusait de tout son être.

La perte de Ladybug, celle de Marinette, tout cela était trop pour lui.

Il était encore endolori par le combat qu'il avait mené et perdu, il avait cruellement conscience de cela, il n'y avait pas d'autres mots pour résumer la situation, il avait perdu, échoué...

Sa respiration restait difficile, il entendait un sifflement de mauvais augure s'échapper de son corps à chaque inspiration qu'il prenait mais il s'en moquait, tout comme il se moquait de la douleur de ses poumons malmenés par son séjour dans la sphère.

Il ne voulait pas s'en soucier ! Il était vivant ! Pourquoi ?

Le Papillon revint à la charge, contrarié que sa cible ne semble pas disposée à lui répondre. Il avait pensé que le jeune garçon, ébranlé physiquement et mentalement, serait une proie facile, et voilà qu'il ne semblait même pas prêter attention à ce qu'il avait à lui dire. Il décida de durcir le ton, de faire comprendre à cet insupportable trouble fête, qui était désormais le dernier obstacle entre lui et la réalisation de ses rêves, qu'il n'avait pas intérêt à s'opposer encore à lui.

- Chat Noir, tu ne dois pas laisser échapper l'unique chance de la retrouver qui s'offre à toi. Si tu refuse ma proposition je prendrai vos miraculous sur vos cadavres. Si tu ne me crois pas consulte internet par le biais de ton téléphone, tu pourras voir de tes yeux que sans mon aide tu n'as aucune chance de te tirer du mauvais pas dans lequel tu te trouves.

Malgré son état Adrien entendait chaque mot et il s'alarma de l'information plus que de la menace.

De quel mauvais pas le Papillon était il donc en train de parler ?

Il prit donc son téléphone portable comme le lui conseillait le Papillon, ce qui l'obligea à une certaine gymnastique, il ne voulait pas laisser Marinette retomber sur le matelas, ni l'y recoucher, il fit donc ce qu'il fallait pour la garder contre lui d'une main et tenir l'appareil de l'autre, puis se connecta à internet du bout des doigts. Les appareils tactiles avaient clairement toute leur utilité dans certaines situations.

Très vite les images qui s'affichèrent sur le petit écran de son appareil le renseignèrent effectivement sur la gravité de la situation.

L'homme qui l'avait pris en photo près des corps du méchant et de Ladybug n'avait pas perdu de temps pour diffuser photos et racontars, et comme cela était prévisible, les médias s'étaient fait un plaisir de répandre l'information, d'utiliser le scoop qu'il leur apportait, sans se soucier de vérifier sa véracité. On leur offrait du sensationnel, ils s'en emparaient sans vergogne et sans le moindre respect pour celui qui, peu de temps auparavant, était encore un héros se battant pour eux.

Il était visiblement devenu officiellement un meurtrier en moins d'une heure, et également le kidnappeur de l'héroïne de Paris, certains allaient même jusqu'à suggérer qu'il avait sans doute fait bien pire que l'enlever. Adrien survola du regard quelques commentaires peu flatteurs puis éteignit le téléphone et le laissa tomber sur le sol sans se soucier qu'il se brise. Il était désormais bien loin de telles préoccupations.

Le Papillon avait tout à fait raison, il était vraiment en très mauvaise posture, c'était encore pire que lorsque l'imposteur avait volé le Louvre et fait en sorte que ce soit lui qui porte le chapeau.

- Tu vois, reprit le Papillon, sans mon aide tu ne parviendras pas à faire un pas hors de ce bâtiment, tu ne pourras pas sauver ta précieuse Ladybug. Accepte de me donner vos miraculous et j'arrangerai tout pour vous deux. Vous...

Il n'eut pas le temps d'en dire plus.

Adrien venait d'éclater de rire.

Agenouillé sur le bord du matelas, tenant Marinette entre ses bras avec précaution, comme si elle était encore vivante et qu'il ne voulait pas lui faire le moindre mal, la tête brune de son amie tout contre la sienne, il semblait à deux doigts de perdre la raison, si cela n'était pas déjà le cas.

Il riait et pleurait à la fois, berçant le corps qu'il étreignait avec douceur.

- Chat Noir, gronda le Papillon, si tu ne me donne pas ces miraculous je guiderai moi même les forces de police jusqu'à cet endroit et tout sera fini pour vous deux.

- Tu peux bien faire ce qu'il te chante. Répliqua Adrien d'un ton ironique. Je ne te donnerai rien. Ma Lady ne me le pardonnerait jamais. Tes menaces ne me font pas peur et tu n'as rien à m'offrir. Va posséder quelqu'un d'autre !

Brusquement rejeté loin du garçon par le refus de ce dernier le Papillon laissa échapper un juron. Les choses ne tournaient pas du tout comme il l'avait escompté.

Il avait cru qu'une fois Ladybug morte Chat Noir s'effondrerait et serait une proie facile, mais voilà que contre toute attente il se révélait impossible à convaincre.

Il décida de ne pas envoyer immédiatement un nouvel akuma mais d'attendre un peu. Sans doute s'était il par trop précipité. Chat Noir était encore sous le choc du décès de sa partenaire, il souffrait et n'était visiblement pas en mesure de réfléchir, une fois qu'il aurait réalisé pleinement ce qui lui arrivait il changerait d'avis.

Dans l'immeuble Tikki et Plagg étaient eux aussi dépassés par la situation.

Adrien continuait à bercer le corps de Marinette et à pleurer sans bruit. Il avait fermé les yeux et sans le mouvement régulier qu'il continuait à faire, ils auraient sans doute commencé à craindre qu'il n'ait perdu connaissance.

Sa façon de respirer les inquiétait beaucoup. Il était visiblement blessé et ils ne savaient pas dans quel état il était exactement, à quel point ses poumons étaient atteints ni combien de temps il allait tenir s'il était gravement touché.

- Adrien, il faut faire quelque chose, vous ne pouvez pas rester ainsi Marinette et toi, vous devez aller à l'hôpital. Dit Tikki d'une voix douce en se rapprochant de lui.

Elle avait tablé sur le fait que l'adolescent semblait refuser d'admettre que la jeune fille soit morte et que la mention de l'hôpital puisse le faire réagir, mais ses espoirs furent déçus. Adrien secoua la tête en signe de refus sans ouvrir les yeux pour autant.

Il commençait à accepter la réalité et elle lui donnait plus encore envie de tout refuser en bloc, de hurler jusqu'à ne plus avoir de voix... il restait cependant silencieux. Il réfléchissait et ses pensées étaient douloureuses et ne faisaient que l'enfoncer plus encore dans le désespoir.

Il savait que le kwami de Ladybug avait raison, il lui fallait prendre une décision... mais... l'idée que les parents de Marinette perdent ainsi leur fille bien aimée lui était insupportable. Ils n'étaient pas comme son père, froids et distants, ils adoraient Marinette, ils souffriraient terriblement de sa mort.

Il aurait mieux valu que ce soit lui qui perde la vie au cours de ce combat, son père s'en serait très vite remis, il avait son travail, ce travail qu'il faisait toujours passer avant leur vie de famille.

Pourquoi était il encore en vie alors que Ladybug, que Marinette, n'était plus ? Paris avait besoin d'elle, tellement de gens avaient besoin d'elle, pas seulement ses parents... Ladybug avait tellement de fans, tellement de gens qui comptaient sur elle, Marinette avait une famille qui l'aimait, une foule d'amis... lui en revanche ne manquerait à personne, ou alors pas longtemps, il ne se faisait aucune illusion à ce sujet.

Il était un mannequin célèbre ? La belle affaire ! Il y en avait des dizaines d'autres comme lui, il ne faudrait pas dix jours à ceux qui prétendaient l'admirer pour se trouver quelqu'un d'autre à aduler.

Il était le partenaire de Ladybug ? Tu parles ! Il n'avait même pas réussi à veiller sur elle correctement, il ne méritait pas de continuer à vivre alors qu'elle était morte.

Non... il n'avait pas le droit de continuer à vivre après un échec pareil. Il n'y avait plus qu'une seule chose à faire pour rattraper un peu sa faute. Il lui fallait payer pour ses erreurs mais pas seulement...

Il ne pouvait plus être Chat Noir, ou plus exactement, il pouvait l'être une dernière fois afin de s'assurer que plus jamais personne n'aurait à vivre ce qu'il avait vécu, ce que Marinette avait vécu.

Que plus jamais des parents traverseraient ce que ceux de Marinette allaient vivre à cause de lui.

- Plagg, transforme moi. Souffla t'il.

Comme rien ne se produisait il se résigna à rouvrir les yeux afin de s'assurer que son kwami allait bien, se faisant le reproche de ne pas avoir pensé plus tôt à lui. S'il était aussi mal qu'il en avait l'impression, comment allait Plagg ? Là aussi il avait failli. Il était vraiment quelqu'un de lamentable... en dessous de tout... Il était plus que temps qu'il disparaisse.

Il découvrit les deux kwamis flottant en face de lui et les étudia attentivement. Ils avaient l'air indemnes et cela le soulagea un peu, à peine à vrai dire, mais tout de même un peu. Ces deux là au moins s'en sortiraient.

- Vous avez pu vous restaurer ? Plagg, j'ai du fromage dans mon sac... et pour toi, kwami de Ladybug... j'imagine qu'elle avait aussi prévu de quoi te nourrir en cas de besoin... leur dit il avec effort. Je suis vraiment désolé, je ne suis pas à la hauteur... j'aurai du penser à vous.

- Tikki, mon nom est Tikki, et j'ai tout ce qu'il faut, mais je n'en ai pas besoin pour le moment. Répondit Tikki de sa petite voix flûtée.

- Nous n'avons pas faim. Grogna Plagg. Si tu veux te transformer pour faire ce que je crois, tu peux abandonner l'idée tout de suite, même si je disais oui, ce qui n'est pas mon intention, cela ne servirait à rien, tu es immunisé contre tes propres pouvoirs. Tu ne peux pas non plus détruire les miraculous et c'est tant mieux, tu as peut être envie de mourir, mais pas nous.

La honte et le remords accablèrent immédiatement Adrien, il baissa la tête pour ne plus les fixer et fuir leurs regards.

Plagg avait raison, le fait qu'il ait envie de mourir ne lui donnait pas le droit de les entraîner avec lui... quand cesserait il de se montrer si égoïste ? Ce n'était pas parce qu'il avait échoué à protéger sa Lady que d'autres ne pouvaient pas faire mieux.

Le monde n'avait plus besoin de lui, mais il avait encore besoin de Ladybug et de Chat Noir.

Mais... s'il mourrait maintenant, que ce soit sous l'aspect d'Adrien ou celui de Chat Noir, il reprendrait l'identité d'Adrien Agreste et déclencherait un autre scandale. Son père n'était pas le meilleur des pères, mais il ne méritait pas cela. Il lui fallait donc disparaître et emporter Marinette avec lui, s'ils disparaissaient tous les deux l'espoir leur survivrait et ce serait plus facile pour ceux qui prendraient leur suite. Ce serait également moins douloureux pour leurs familles et leurs amis. Ils pourraient se raccrocher à l'idée qu'ils étaient toujours en vie quelque part.

Oui, c'était la seule option possible, il devait fuir Paris et trouver un endroit discret où personne ne les retrouverait jamais.

A suivre