Chapitre 2 : Questions
- Il m'a laissé affronter Quirrell ! Tu ne t'es jamais demandé pourquoi il n'avait pas détruit la pierre philosophale ? Demanda-t-il calmement. Il la voulait pour lui ! Il avait certainement promis à Flamel de la détruire mais ne l'avait pas fait.
Il se leva et d'un informulé sans baguette se mit un boxer, avant de continuer en faisant les cent pas devant mes yeux perdus.
- En deuxième année, il m'a laissé être isolé, ne m'expliquant pas pourquoi j'entendais et parlais la langue des serpents. Il sait quasiment tout ce qu'il se passe dans cette école. Je suis sûr qu'il savait que Ginny était possédée. Encore une fois, il n'a rien fait.
- Je croyais que Fumseck était venu à toi dans la chambre grâce à ta loyauté envers lui ? Me hasardai-je à demander.
- Je me posais déjà beaucoup de questions, je ne pense pas que cela soit ça. Je ne sais pas pourquoi il est réellement venu. Mais certainement pas pour cette fameuse loyauté. Ça, c'est ce qu'il m'a dit pour me le faire croire. Parce qu'il savait que je n'avais pas confiance. Pourtant je peux te dire qu'il m'a lancé tellement de sorts d'amnésies que je ne peux même pas les compter. Il a fait mettre des potions de docilité et d'obéissance dans ma nourriture.
- Comment ? Demandai-je étonné.
- Par les elfes. C'est quand Dobby est venu me remettre une de ses potions l'année dernière, en main propre. J'avais été à l'infirmerie trop longtemps sans l'avoir reçue et j'étais parti dormir le soir même sans manger, il me l'avait apportée de sa propre initiative. Pour me soigner d'une soi-disant maladie que je n'ai jamais eue ! Dit-il fou de rage. En quatrième année, il n'a rien fait de plus pour protéger la coupe. Pour empêcher que quelqu'un mette mon nom dedans, il connaît Fol'œil… pourtant il ne s'est rendu compte de rien ? Laisse-moi rire ! Dit-il d'un ton polaire qui ne prêtait absolument pas à la rigolade.
Une rage m'envahissait, j'aurais dû me poser ces questions. J'avais dû le faire… Encore des sorts d'amnésies ? Cette hypothèse s'impose de plus en plus à mon esprit. Tout cela est trop étrange, tout ce qu'il me dit depuis le début de la conversation est trop étrange. J'avais forcément dû me poser des questions à un moment donné. Mais j'étais fou de rage contre Potter, souvent, peut-être trop souvent ? En y repensant, c'est toujours Albus qui me rappelait la soi-disant vie parfaite d'Harry, alors que j'avais la preuve sous les yeux que ce n'était pas le cas. J'éprouvais toujours une haine incontrôlable envers le garçon à chaque fois que je sortais du bureau directorial. Avait-il amplifié ces sentiments en moi pour que je ne pense à rien d'autre ?
Souvenir
Dans ma mémoire lointaine survient le souvenir d'un soir, Albus me regardait étrangement, puis il me parla d'une voix doucereuse que je ne lui connaissais pas.
- Harry ? Dit-il froidement. Harry Potter battu ? Ne voyez pas le mal partout Severus ! Sourit-il faussement sincère. Je vous ai déjà dit que ce jeune garçon était choyé ! Il a plus d'elfes de maison que n'importe quel Sang-Pur ! Tout lui est donné d'un claquement de doigts. Dit-il en se rapprochant doucement de moi. J'ai bien peur qu'il ne devienne comme son père… Dit-il soudain pendant que ses yeux pétillèrent de la lumière de la victoire.
Les barrières d'Occlumencies étaient tombées, remplacées par un profond doute. Le sort ne s'entendit pas, juste un mouvement de baguette et un brouillard épais s'insinua dans mon esprit.
Fin du Souvenir
- En cinquième année ! Continua-t-il dans une rage froide, sans s'être aperçu que j'étais parti quelques secondes dans un souvenir oublié. Il a laissé Ombrage nous torturer avec des plumes de sang ! Même le ministre n'aurait pas admis ça ! Et pourtant… J'ai bien peur que notre pauvre Ministre n'était pas que débile de base. Il écoutait un peu trop le grand Albus Dumbledore. Pourquoi crois-tu que ce cher Tom Jedusor ait peur de notre bon vieux directeur ? Oh oui, ils sont aussi manipulateurs l'un que l'autre, sauf que l'un ne s'en cache pas. C'est ça qui fait peur à Voldemort. Albus cache bien des choses, mais ne se salit pas les mains en torturant ou tuant ses ennemis lui-même.
Harry arrêta de marcher. Puis me regarda dans les yeux.
- Tu penses que ce cher Albus a inventé tout ceci pour me faire gagner plus de puissance ? Non, il sait déjà comment tout cela doit finir. Il voulait juste me détruire un peu plus. Il sait que je n'ai pas besoin de puissance magique.
J'étais perdu. Harry essayait de me faire comprendre quelque chose. Et pour une fois depuis longtemps, j'avais peur de comprendre. Je commençais par la vérité que je pensais la moins douloureuse à entendre.
- Il veut te détruire avec moi ? Demandai-je à voix basse.
- Il sait que… Tu ne m'es pas indifférent. Il le sait depuis que nous nous sommes embrassés l'année dernière. Dit-il en laissant passer dans ses yeux un éclair de douleur.
- Je ne t'ai pas… Commençai-je avant de douter me rappelant de ce manque que j'avais ressenti quand je l'avais embrassé après être entré dans la salle. On s'est embrassé ? Demandai-je mon cœur pris dans un étau de douleur, j'avais pu oublier une telle chose ?
- Regarde. Me répondit-il simplement.
Je compris tout de suite. D'un mouvement, je me lève sans même enfiler un vêtement. Puis lance le sort de Legilimancie avec ma baguette.
Souvenir
Harry est moi étions à une séance de Legilimancie. Je me voyais être dans l'esprit d'Harry, mais après être sorti de sa tête, je reculai la tristesse au fond de mes yeux.
- Excuse-moi Harry. Dis-je avec une sincérité que j'avais rarement eue.
- Vous n'y êtes pour rien, Professeur. Dit-il en détournant les yeux.
Je m'approche doucement de lui, je lui soulève le menton pour y voir un océan d'amour. Mes lèvres se posent sur ses lèvres pour un baiser chaste et doux qui prit vite de l'ardeur. Nous étions à la fin de ce doux moment, pantelant mais heureux.
Fin souvenir.
- Je ne m'en souviens pas. Dis-je sincèrement.
- Le lendemain, je t'ai demandé si tu regrettais.
- Je t'ai demandé quoi. Dis-je en me souvenant de cela. Et tu m'as répondu : de la plus belle chose qui me soit arrivée jusque-là. Dis-je la gorge nouée.
Il me regarde avec un sourire triste. Je peux y voir toute la douleur que j'ai pu y lire quand je lui avais répondu, cette douleur que je n'avais pas comprise. Je m'étais rapidement dit que cet ingrat ressemblait à son père, je me l'étais dit bien trop rapidement. Ce n'est pas mon genre de juger aussi vite, même un Potter.
- Je t'ai répondu qu'avec la vie que tu avais chez toi, tu n'avais pas à être encore plus heureux ici. Dis-je pendant que mon cœur explosa de douleur en comprenant ce que lui avait pu comprendre.
- Si tu savais comme ces mots m'ont fait mal… Mais je ne t'en veux pas. Tout est de la faute de Dumbledore. Depuis ce jour-là, j'ai tout fait pour faire semblant de te haïr, pour faire croire à Dumbledore que je te haïssais pour m'avoir repoussé. Je devais te protéger Severus, que pourrait faire Dumbledore s'il savait que je pourrais mourir pour toi ? Dit-il en posant ses mains de chaque côté de mes joues. Mais tout cela n'a plus d'importance. Dit-il dans un murmure en s'éloignant de moi pour faire face à la fenêtre.
- Que veux-tu dire Harry ? Tu as dit que tu n'avais pas besoin de plus de puissance… Pourquoi ? Demandai-je sachant au fond de moi que j'allais souffrir comme jamais auparavant.
Il ne me répondit pas. Laissant planer un silence douloureux. Puis, il reprit sans vraiment répondre à ma question, mais me faisant m'en poser encore plus.
- Sais-tu pourquoi je parle la langue des serpents Severus ? Demanda-t-il sans me laisser le temps de répondre. Pourquoi j'ai un lien avec Voldemort ?
Ce fut à mon tour de ne pas répondre. J'entendis comme une voix lointaine, ces mêmes questions mais avec ma propre voix : « Albus… Pourquoi parle-t-il le Fourchelang ? Le Seigneur des Ténèbres le pouvait aussi… » Puis un « Oubliette » tout aussi lointain résonna à mes oreilles. Je me rappelle ce que j'avais pensé, ce que j'avais pensé plusieurs fois avant qu'on me le fasse oublier. Harry me répondit ce que je savais déjà, cela n'en était pas moins douloureux, au contraire.
- Je suis un Horcruxe. Je dois mourir de la main même de Voldemort. Dit-il implacablement, faisant s'écrouler le monde autour de moi.
- Il doit avoir créé plusieurs Horcruxes… On doit avoir un peu de temps pour trouver une solution… Suppliai-je de désespoir en l'enlaçant autant que je pus.
Il se tourne pour me faire face, tout en restant dans mes bras. Je pus voir les larmes couler sur ses joues et la profonde tristesse dans ses yeux.
- Quand cette semaine sera terminée, Dumbledore ne tardera pas à détruire les horcruxes, il les a tous retrouvés. Il voudra que tout cela finisse au plus vite pour mettre la main sur ma fortune plus rapidement.
- Ta fortune ? Dis-je étonné.
- Il est mon tuteur dans le monde de la magie, et en tant que soi-disant mentor, personne ne trouvera rien à y redire. De plus, il tuera certainement Voldemort lui-même après ma mort. Dit-il calmement en laissant ses larmes couler le long de ses joues pâles. Il aura une drôle de surprise. Ajouta-t-il dans un murmure en souriant légèrement. J'ai laissé un beau testament aux gobelins, quand il verra qu'il ne recevra rien… J'aimerais certainement être encore vivant pour voir ça. Dit-il en lâchant un petit rire qui sonnait faux.
- Je… Je ne veux pas… Dis-je d'une voix blanche. Jamais je ne te laisserai mourir ! Tu m'entends Harry ? Dis-je en prenant son visage en coupe. Jamais ! Pas tant que je serai vivant !
Mes lèvres cherchèrent les siennes qui ne tardèrent pas à répondre à mon baiser désespéré. J'eus une idée, totalement folle, totalement dingue, une idée impossible mais à laquelle je me raccrochais. Mais je le voulais lui, je voulais son corps, je voulais son être. Et s'il devait mourir, alors je le suivrais. Ma décision était prise, et elle ne changerait pas.
- Ne parlons plus de ça Harry… Profitons de nous. Dis-je dans une supplique. De nos derniers instants…
Il savait très bien que je ne voulais que détourner l'attention de cette horrible vérité. À mon plus grand bonheur, il ne dit rien mais répondit à mon baiser avec encore plus de passion.
Je lui arrache son boxer d'un geste violent et le jette sur le lit pour sauter sur ses lèvres. Je prends le lubrifiant pour en imbiber mes doigts et mon sexe tendus. Je glisse deux doigts en Harry, encore bien dilaté de notre première union, une bonne heure plus tôt, avant d'avoir entendu toutes ses horreurs. Un troisième doigt rejoint rapidement les autres avant qu'Harry me supplie.
- Prends-moi Severus… S'il te plaît ! Supplia-t-il gémissant.
- J'arrive, mon amour. Dis-je en retirant mes doigts.
Je glisse doucement en lui, savourant une fois de plus la sensation d'entrer dans ce corps chaud et étroit. Le paradis. Sans attendre, je commence les va-et-vient essayant de trouver sa prostate. Je sus que j'avais trouvé le bon angle quand dans un coup de reins Harry balança la tête en arrière dans un cri plus aigu. Et je pris soin de le pilonner comme il se doit, profondément, rapidement. Laissant sortir dans mes coups de butoirs toute la colère que j'avais à l'idée de le perdre.
- Oh oui… Sev… Severus ! Dit Harry en s'accrochant à mes épaules encore plus fortement.
Les yeux d'Harry se révulsèrent et il jouit alors que je ne l'avais même pas touché. Je suivis quelques coups de reins plus tard. J'étais essoufflé mais j'avais mon sexe encore dur comme de la pierre en Harry, alors je repris mes coups de reins, puisant dans des forces que je ne croyais plus avoir. Harry retrouva la folie de l'orgasme, allant au-devant de mes coups de reins tout en tremblant d'un plaisir intense. Je me baisse sur lui et l'embrasse à pleine bouche, il répondit à mon baiser dans une demi-conscience.
- Oh Harry ! Dis-je en sentant mes yeux partir dans leurs orbites. Je t'aime ! Criai-je sans m'en rendre compte, en jouissant une nouvelle fois au fond de mon amour.
Je m'affale sur Harry, cette fois-ci réellement à bout de force. Je vis à peine l'aura rouge sortir de nos corps, mais je crus à une illusion due à l'orgasme, je n'y fis donc pas attention. Je me retire de mon amour, cette fois complètement vidé. Puis comme Harry, je m'endors sans attendre. M'emportant dans un doux rêve, pour une fois.
Rêve
- Sev ! Nous n'attendions que toi. Dit Lily le sourire aux lèvres. Nous n'allons quand même pas faire notre mariage sans toi ?
- J'espère bien que non ! Répondis-je tout sourire. Je suis quand même l'un des garçons d'honneur !
- Va donc retrouver mon futur mari alors ! Dit-elle en riant. Je vais m'habiller moi et… Ne le drague pas !
- Il n'est pas encore marié à ce que je sache ? Dis-je sérieusement.
Elle prit le coussin sur le canapé et me frappa avec dans un grand éclat de rire, et ce fut hilare que je partis vers l'un de mes meilleurs amis, James.
Le rêve changea, j'étais devant Lily, elle avait soulevé ma manche pour découvrir la marque des Ténèbres, j'arborais un masque impassible sur le visage.
- Pourquoi as-tu fait ça ? Demanda-t-elle perdu. Severus ! Je ne te reconnais plus. Tu n'aurais pas pris la marque ! Severus ! Supplia-t-elle.
- C'est de ta faute ! Dis-je d'un ton implacable. Toi et celle des maraudeurs ! Ils m'ont rendu la vie impossible et toi, tu t'es rangée de leurs côtés ! Dis-je en colère.
Je la vis me regarder avec surprise. Puis elle sortit sa baguette.
- Que t'a-t-il fait Severus ? Je t'avais dit de faire attention à Dumbledore ! Dit-elle d'une voix triste. Je suis ta meilleure amie, tu adores James et lui aussi t'adore ! Dit-elle essayant de me rendre des souvenirs que je n'avais plus.
- Ce n'est pas vrai ! Dis-je tout de même incertain de mes propres paroles.
- Severus… Je t'ai demandé de protéger Harry. Tu ne te souviens peut-être plus de ce qu'on était vraiment, mais j'espère que tu te souviendras de ça !
- Protéger Harry ? Dis-je en essayant de lutter contre le sort que l'on m'avait lancé.
- Oui, Severus ! Dit-elle en souriant. Tu te rappelles… Tu étais parti à Pré-Au-Lard et tu as entendu la prophétie de Trelawney… Je t'ai demandé de le protéger !
- Je… Je crois. Dis-je les sourcils froncés. Je dois y aller, Lily ! Repris-je d'un ton dur.
- Souviens-toi de ça, Severus ! Dit-elle d'une voix autoritaire. Tes souvenirs, les vrais, te reviendront quand tu seras avec la personne que tu aimeras le plus au monde.
- Mais c'est toi que j'aime, Lily ! Dis-je tristement.
- Non, ce n'est pas moi, Severus. Au fond de toi, tu le sais. Et l'amour finit toujours par remonter à la surface, surtout celui qui t'attend. Dit-elle avant de partir dans une envolée de cape si caractéristique à celle d'une terreur des cachots qui hantera les élèves pendant de longues années.
Fin du rêve
Je me réveille en sursaut. Je me souviens de l'intégralité de ce rêve, et au fond de moi je sais que ce rêve est un souvenir, le dernier comme le premier. Meilleur ami de James ? J'aurai presque envie d'en rire, mais au fond de moi je crus voir que cela était effectivement vrai. J'ai un vague sentiment de joie en pensant à lui, pour une fois.
Mes souvenirs reviendraient auprès de la personne que j'aime le plus au monde ? Est-ce Harry ? Je sais que je l'aime, plus que tout au monde, mais n'étais-je pas censé aimer Lily ? Je suis perdu, totalement perdu dans cet océan de questions. Je ne sais plus ce qu'est ma vie, ce qu'elle a été. Elle savait que j'aimerais Harry ? Je ne comprends pas… Je ne suis quand même pas tombé amoureux d'un bébé ? Rien que l'idée me révulse. Au fond de moi, j'ai l'impression d'entendre Lily me parler, j'entends le mot « prophétie » avec sa voix.
J'ai l'impression de devenir fou, je sais que mes souvenirs sont à portée de main. Juste là, sous mes doigts. J'essaie de me souvenir, mais plus j'essaie et moins j'y arrive. Je serre Harry dans mes bras, mon seul lien avec la réalité, mes questions s'estompent comme rassurées et je finis par m'endormir dans un sommeil réparateur.
HPSS HPSS
Je me réveille le souffle court, et je sens rapidement la raison. Harry a décidé de prendre en bouche une érection, matinale ou provoquée, je n'en sais trop rien. Je suis déjà au bord de l'extase, je n'imagine pas de réveil plus agréable. Sans avoir eu le temps de le prévenir, j'éjacule au fond de sa gorge, il ne se retire pas, avalant jusqu'à la moindre petite goutte. Le cri bestial que j'ai poussé me fait presque me sentir honteux, si Harry n'était pas déjà en train de remonter jusqu'à moi pour m'embrasser à pleine bouche, me faisant me goûter par la même occasion.
Je le bascule sur le dos pour être au-dessus de lui, c'est à mon tour maintenant de lui rendre cet agréable plaisir. Une nouvelle union eut lieu quelques minutes plus tard, avec toujours cette aura rouge quand Harry atteint l'orgasme.
Je compris que Dumbledore était bien un manipulateur, l'acte sexuel n'aurait rien fait. Il fallait un orgasme, si ce n'est plus que cela. Je n'avais malheureusement trouvé aucune information précise à ce sujet, en quelques heures, pas faciles de se renseigner correctement sur une très ancienne pratique qui ne l'est plus depuis bien longtemps.
La semaine passa rapidement, trop rapidement à mon goût. Nous ne faisions que l'amour, l'aura qui sortait d'Harry à chaque orgasme nous redonnait notre vigueur pour recommencer encore et encore. Nous remarquions tout de même, quand nous étions assez lucides au moment de l'orgasme, que son aura entrait en moi, nous ne comprenions pas ce phénomène et ne cherchions pas vraiment à le comprendre. Nous avions un désir qui nous consumait, nous ne faisions pas ce qu'on nous avait demandé de faire, nous faisions ce que nous voulions vraiment. Être unis, dans toutes les positions et sur tous les meubles que pouvait composer ce petit appartement.
Nous n'avions que peu reparlé des révélations du premier jour, aucun de nous n'en avait véritablement envie. Nous voulions, pour une fois dans notre vie, être heureux, coupés du monde extérieur. J'appris tout de même une grande partie de la vie d'Harry, dans sa « famille » et à l'école. Il lui est horriblement difficile de garder secrets certaines choses, mais il ne veut pas mettre ses amis en danger ou leur faire effacer la mémoire plus que nécessaire. Je comprends à ce moment-là qu'il est seul, horriblement seul. Son courage, sa détermination et sa ruse m'impressionnent. Au fil des heures que je passe auprès de lui, je comprends que je tombe doucement amoureux de lui, de l'être qu'il est réellement.
Mais des bribes de souvenirs que je ne comprenais pas toujours me revenaient sans cesse en mémoire. Des souvenirs que j'aurai cru impossible d'avoir, et je suis perdu, perdu parce que je ne sais plus différencier ma vraie vie de celle inventée. Si l'on m'avait dit que j'aurais des souvenirs de James me torturant de chatouille, j'aurai bien cru être fou, pourtant je n'aurai juré que cela était faux. J'avais même plutôt la sensation que ces souvenirs étranges étaient plus réels que ce que je pensais être ma vie. J'étais confus, essayant de retrouver une mémoire qu'Albus m'avait certainement effacé, mais avait-il modifié aussi radicalement ma mémoire, je ne voulais le croire et pourtant…
HPSS HPSS
En ce huitième jour au côté de ce jeune homme que j'aime plus que ma propre vie, je suis tout de suite alerte. Je sens au fond de moi une foule de sensations et sentiments. J'ai eu la phrase de Lily en tête pendant toute la semaine : « Tes souvenirs, les vrais, te reviendront quand tu seras avec la personne que tu aimeras le plus au monde. » Mes souvenirs sont revenus dès que j'étais près d'Harry, peut-être même avais-je eu d'autres périodes où ils m'étaient revenus mais bien vite étouffées par un sort d'amnésie ?
Hier était notre dernier jour, je sais que c'est notre dernier réveil ensemble. Je me suis entraîné tous les matins à ce qui allait m'attendre aujourd'hui, j'ai déjà de la chance qu'Harry n'ait rien fait pendant que je dormais. Je le regarde une dernière fois, ce n'est qu'une fois que je le sens s'agiter que je ferme les yeux pour faire semblant de dormir.
Il se tourne, je sens son regard sur moi. Je reforme mes boucliers d'Occlumencies à leurs maximums. Harry va vouloir me protéger, et je sais ce qu'il va faire, parce que c'est ce que j'aurais fait à sa place. Mais au lieu de cela, je reçus des mots inattendus, des mots que j'avais dit une fois sous le coup de l'émotion mais qui n'avaient pas franchi de nouveau la barrière de mes lèvres par la suite.
- Je t'aime Severus. Entendis-je Harry dire me pensant endormi.
Ses mots me bouleversent. Je l'avais deviné mais c'est tout autre chose de l'entendre. Mon cœur fit une embardée et tous les souvenirs éclatèrent dans mon esprit. J'essayais de me concentrer pour ne pas perdre mes puissantes barrières d'Occlumencies sachant qu'Harry me lancera sûrement le sort d'amnésie dans peu de temps. Mais les souvenirs sont trop puissants, tout est si radicalement différent de ce que je pensais être ma vie. Je suis envoyé dans un océan de souvenir, je redécouvre ma vie, la vraie.
