JE SUIS IMPARDONABLE !
J'ai oubliée de remercier ma Bêta Titou Douh qui a eu l'amabilité de corriger cette petite fic. Qui est terminée et dont le dernier chapitres sera posté dimanche.
Elrika : Huhu merci beaucoup.
Serpenta: Je suis contente que ça t'ai plu.
Yume resonnance: On est d'accord ne pas se prendre la tête ça fait du bien aussi (j'avoue m'être fait un peu plaisir sur cette fic)
Angemewmew: Oh merci toi !
Usule: Merci beaucoup n_n.
Cybriel : Ahahaha merci beaucoup. J'aime ton enthousiasme. La suite est là mais presse toi, Harry est sur le coup aussi XD.
.
SERDAIGLE CŒUR SEREIN
.
Harry se réveilla la conscience claire en sachant parfaitement ce qu'il devait faire de sa journée. Il sortit de son lit et se dirigea avec sa baguette vers la salle de bains. Il observa son reflet et pinça les lèvres. Il fit disparaître ses lunettes et fit apparaître une paire de ciseaux puis débuta les changements qu'il devait opérer sur sa personne.
- Ronald.
Ron grogna mais ça ne se sembla pas vouloir arrêter la main qui le secouait.
- Ronald !
Le roux décolla difficilement ses yeux et ouvrit une vue brouillée par le sommeil sur son voisin de chambre destructeur de grasse matinée.
- Harry ?!
- Jusqu'à preuve du contraire, c'est encore mon prénom, en effet. Je me dirige vers la salle commune afin de me sustenter et ensuite j'irai à la bibliothèque pour mettre cette seule journée de clairvoyance à profit afin de réussir mes ASPICs. Du moins, les faire réussir à mon moi normal.
- Qu… Susten… Quoi… Clairvoiquoi… ?
Harry se redressa et Ron se demanda si c'était vraiment son meilleur ami, parce qu'il manquait beaucoup de choses. Mais avant qu'il ne dise quoi que ce soit, Harry était partit.
Draco Malfoy essaya de voir si son visage avait convenablement repris les couleurs qu'il n'avait pas. Après une étude pertinente d'un teint aspirine adéquat, il se décida à se préparer pour retourner dans la salle commune. Il n'arrivait pas à croire qu'il avait du fuir l'infirmerie comme une pucelle énamourée mais c'est comme ça qu'il avait réagi. Pour ensuite découvrir qu'il était aussi rouge que les tomates qui décoraient les robes de Luna Lovegood. La phrase d'Harry avait été tellement soudaine qu'il ne s'était pas attendu à rougir comme ça. Mais avec un peu de chance, il était guéri et avait oublié tout ce qu'il s'était passé. De cette façon, Draco pourrait envisager une approche différente qui ne nécessiterait pas de s'humilier comme il l'avait fait. Si vraiment Harry avait agi comme la personne la plus sincère du monde, il avait au moins la certitude de ne pas subir un refus.
C'est donc tout guilleret comme une autruche en période de chaleur qu'il se rendit dans la grande salle. Il était encore tôt et les seules personnes qui s'y trouvaient étaient Granger et Zabini.
Draco s'assit à coté de son ami et commença à manger puis les portes de la grande salle s'ouvrirent de nouveau. Il leva les yeux sur la personne et le bruit de couverts qui tombent au sol se répercuta dans toute la pièce. Hermione venait de faire tomber assiette, fourchette et couteau.
Sa bouche était grande ouverte et ses yeux fixaient le nouveau venu. Draco le trouva étrangement agréable à regarder, il était plutôt mince, un peu petit certes mais il était extrêmement bien habillé. Sa chemise blanche n'avait aucun pli malvenu, tout comme son pantalon noir. Sa cravate aux couleurs rouge et or était parfaitement nouée. Son visage sérieux avait de jolies courbes : des lèvres pleines légèrement rouges, un nez fin sur lequel reposaient des lunettes à montures noires et carrés. De grands et beaux yeux verts couvés par de longs cils noirs. Ses cheveux étaient coupés très courts et étaient d'un noir de jais. Puis les yeux de Draco s'arrêtèrent sur un petit défaut. Trois fois rien. Juste une cicatrice en forme d'éclair.
Il laissa tomber sa fourchette, qui rebondit sur son assiette dans un fracas l'emportant au sol, tout en recouvrant Zabini de porridge.
- Putain, Malfoy !
L'inconnu, qui en fait devait être Harry Potter, marcha d'un pas hautain en direction d'Hermione. Elle se leva, droite comme un I. Harry attrapa deux toast et but une tasse de thé rapidement. Ils discutèrent tous les deux puis Potter tourna la tête vers lui. Il avança, s'approcha il n'était plus très loin. Draco sentit sa gorge s'assécher totalement.
- Bonjour Draco. Tu permets que je t'appelle Draco ? Après tout nous sommes amis à présent et à mon humble avis - il étira le mot humble d'une voix traînante qui fit frissonner le blond - nous devrions nous appeler par nos prénoms. Qu'en penses tu ?
Draco était subjugué. C'était Harry sans être Harry. On aurait dit un Harry à qui on venait d'offrir des cours de bonne tenue.
- Je pense, dit-il en avalant sa salive, que c'est une bonne idée.
Le visage d'Harry s'illumina d'un sourire satisfait. Un petit sourire qui fit battre le cœur de Draco.
- Je me disais qu'afin de solidifier nos nouveaux liens d'amitié, nous pourrions réviser ensemble, si cela ne te dérange pas de partager un peu de temps avec mon amie Hermione. Tu peux si tu le désires, et s'il est d'accord, inviter Blaise Zabini.
Draco se tourna vivement vers Blaise. Ce dernier avait oublié de s'essuyer parce qu'entendre Harry prononcer plus de cinq mots intelligibles était en train de le faire réfléchir au fait de devoir jouer au loto ou non.
- Je vous laisse y réfléchir, vu que vous n'avez pas terminé de déjeuner. Je ne serais pas difficile à trouver. La bibliothèque est un endroit facile d'accès.
Sur ces mots, il se tourna et sortit de la grande salle avec Hermione.
- Ce n'était pas Potter, Draco ! C'est un piège, c'est un monstre qui a pris l'apparence de Potter et il va aspirer ta cervelle comme on sirote un martini…
Mais Draco n'écoutait plus. Harry pouvait bien aspirer toutes les parties qu'il voulait, il était consentant à ce que ça arrive.
Il trouva effectivement Hermione et Harry dans la bibliothèque.
- Donc tu dis que tu as trouvé une solution ?
Il vit Harry secouer la tête et ce dernier leva les yeux vers lui. D'un geste de la main, il invita Draco à s'asseoir. Le blond s'exécuta et remarqua qu'Hermione ne fit aucun commentaire ou ne lui lança de regard mauvais. Aujourd'hui, il était béni des dieux.
- Je n'ai pas trouvé de solution. Je pense que Fred et George ont raison : ce n'est que temporaire, mais j'en ai deviné le schéma. Heureusement que c'est cette partie de moi qui arrive en deuxième, même si j'aurais préféré me manifester en premier.
- Qu'est ce que tu entends par « manifester en premier » ?
Harry tapota des ongles sur la table.
- Hier, vous avez découvert une partie de moi dont le seul but était de dire tout ce qu'il pensait. Ce n'était pas un sort pour lui faire dire la vérité. Non, moi, ou mon moi d'hier avait comme seule préoccupation d'avoir le courage d'être franc. D'où ce spectacle affligeant de dévoiler tous nos petits secrets et nos appréciations. Ça n'a pas fait que des heureux mais il semble que ça a été un mal nécessaire.
En disant ça, il coula un regard vers Draco.
- Et donc, dit le blond qui buvait les paroles pleines de sens du nouveau Harry. Qui es-tu aujourd'hui ?
- Je pense que cela se voit.
- Tu es sa partie réfléchie. Tu es le Harry intelligent.
Harry secoua la main.
- Je savais que tu avais une piètre estime de moi. Harry a toujours été intelligent, il s'est juste un peu trop longuement reposé sur Hermione pour user de son cerveau à bon escient. Tout ce que l'autre Harry a dit était vrai. Il n'y avait pas de mensonge et tout ce que je dirai et penserai aujourd'hui s'avérera tout aussi vrai.
- Donc tu vas encore dévoiler de nouveaux secrets ?
- Non. Je vais faire en sorte que nous conservions un peu de dignité. Même si ça me semble compromis.
- Que veux-tu dire ? dit Hermione.
- Vous ne remarquez rien ?
- Et bien tu as changé de style vestimentaire. Tu parles comme un robot, ou un professeur robot.
- Tu t'es coupé les cheveux et tu as changé de lunettes.
- Je ne parle pas de ça. Je parle de mon comportement. Ça ne vous dit rien ?
Hermione ferma les yeux.
- Aujourd'hui, tu es réfléchi…
- Et hier tu étais courageux…, tenta Draco.
Les deux élèves écarquillèrent les yeux et Harry leur adressa un sourire suffisant. Draco n'était pas sûr d'apprécier ça à sa juste valeur. Mais un sourire d'Harry, peu importe lequel, était toujours bon à prendre.
- Tu es possédé par les esprits des fondateurs.
- Pas possédé, mais il semblerait que la séparation des « moi » se base sur ça.
- Donc le « toi » qui est ici, va trouver une solution.
- Une fois que toutes mes facettes seront passées, je pense qu'il n'y aura plus nature à s'inquiéter. Je vais donc user de cette journée précieuse pour faire la seule chose que mes autres moi éviterons peut-être de faire.
Harry baissa la tête et se massa le crâne.
- Que veux-tu dire ? demanda Hermione.
Harry se redressa.
- Je vais remplir notre cerveau de toutes les données importantes afin que nous puissions réussir nos ASPICs, et si cela veux dire passer ma journée à établir des fiches pour que ma version Poufsouffle et ma version Serpentard fassent un effort, et bien qu'il en soit ainsi.
- Ta version Poufsouffle…
- Ta version Serpentard…
- Ne me dites pas que vous n'avez pas encore compris.
- Nous avons très bien compris, dit Hermione, mais les Poufsouffle sont connus pour être bons travailleurs et les Serpentard sont ambitieux, donc tu passeras sûrement les deux autres jours à étudier.
- Hermione, nous parlons d'Harry. Il a eu le courage de dire ce qu'il pensait, pourtant toi comme moi savons qu'il est d'un naturel franc quand il s'agit d'être blessant. Sauf qu'hier, il a aussi dit ce qu'il avait sur le cœur. Harry, ou moi, est du genre à réviser quand il le faut. Il n'est pas idiot, il se disperse juste très vite quand il à la tête ailleurs et pour le moment, j'ai la tête sur les épaules. Maintenant, reparlons de ce complexe du héros que tu lui, me, reproches assez souvent. Couple ça avec une attitude loyale et débordante de bonté purement Poufsouffle. Je crains devoir passer ma journée de demain à essayer de réparer tout ce que j'ai fait, sauver des animaux en détresse, rendre service…Être gentil avec tout le monde. Rien qui ne concerne mes études.
Hermione soupira et Draco ouvrit la bouche.
- Et ta partie Serpentard ?
Harry grimaça.
- Ce qui serait avantageux pour moi… C'est que vous m'enfermiez ce jour là.
- Pour quelles raisons ? demanda Hermione.
- Parce que je pense que c'est notre côté totalement imprévisible.
- Harry, quand as-tu utilisé cette partie Serpentard ? Parce que je suppose que tu crois que ce n'est pas vraiment une question de maison mais que c'est déjà en toi...
- Tu as raison, Hermione. Je pense que c'est la séparation du sort qui fait ressortir des traits grossiers que l'on peut apparenter aux différentes maisons. Mais la vérité, c'est que nous sommes tous comme ça. Chez moi, le côté Gryffondor est plus représenté parce que le choixpeau a fait de moi un Gryffondor. Le problème, c'est que ce n'était pas son choix premier.
- Que veux-tu dire ? dit Draco soudain très intéressé.
- Initialement, je devais me retrouver à Serpentard. Marchander avec le choixpeau, ça me semble être typiquement Serpentard.
- Tu quoi ?
Draco l'observa avec des yeux ronds.
- Voyons, Draco, tu n'es ni sourd ni idiot. Tu m'as très bien entendu. Quoiqu'il en soit, cette partie de moi a su faire tourner en bourrique Hagrid, a été du genre à répondre plutôt méchamment à Severus, à être odieuse avec Remus, à être extrêmement rancunière envers Ombrage et m'a poussé à me donner en spectacle lors du combat contre Voldemort. Franchement, crier « Il est à moi » devant tout le monde pour exposer comment j'avais réussi à déjouer ses plans... C'était mortifiant d'être aussi orgueilleux.
Draco n'en revenait pas. Harry aurait dû être à Serpentard. Il aurait dû être avec lui. Depuis le début.
- Tout ça m'a l'air de tenir la route comme explication, dit Hermione, mais tu pourras l'endurer. Nous n'allons pas t'enfermer sous prétexte que tu as peur de laisser ton toi Serpentard s'enfuir. Qu'est ce que nous risquons ?!
- Justement, Hermione, ce qui m'inquiète c'est de ne pas savoir ce que nous risquons...
Personne ne répondit et Harry entreprit de faire ce qu'il avait prévu de faire. Et il le fit brillamment. Il passa sa matinée à dresser des fiches de révisions, demandant de l'aide à Hermione et Draco dans les matières qui lui étaient le plus difficiles. Il ne s'était pas transformé en génie, juste en garçon rationnel et propre sur lui. Au bout d'un moment, Hermione décida qu'elle n'en pouvait plus et les abandonna. Harry n'avait pas l'intention d'abandonner. Il fallait croire que sa partie Serdaigle était aussi la plus acharnée.
- Je peux te poser une question ?
- Je t'en prie, Draco.
Harry ne leva cependant pas son nez de son manuscrit.
- Lorsque tu as dit que tu étais gay, c'était une blague ou c'était sérieux ?
Le brun continua à gratter sur sa feuille.
- Ce n'était pas une blague. Mon autre moi était on ne peut plus sérieux. Quel idiot de dévoiler ça de cette manière... Quoiqu'il vaut mieux retirer le pansement rapidement.
- Depuis quand ?
- Depuis quand quoi ?
- Depuis quand tu le sais. Tu ne vas pas me dire que c'était une révélation ?
- Je suppose que nous avons commencé à douter dès notre cinquième année. Ensuite, rien ne nous a particulièrement laissé la liberté d'y repenser. Embrasser Ginevra était sûrement un moyen de nous convaincre que nous n'étions pas de ce bord-là. Il semblerait que nous soyons très persuasifs entre nous même.
Draco avait du mal avec la façon dont Harry découpait chaque partie de lui pour en venir à un « nous » mais il semblait être le plus raisonné de tous et discuter avec lui était facile.
- Alors pourquoi avoir couché avec Pansy ?
- Simple réaction physique d'euphorie après avoir fait et dit tout ce qu'il nous plaisait.
Draco sourit à cette réponse.
- Et tu n'es pas inquiet ?
- A propos de quoi ?
- Tes amis, ta famille… Les autres.
- Je n'ai pas de parents pour juger de mon orientation sexuelle. Si cela gêne mes amis et bien, c'est que mes choix amicaux étaient peu judicieux, mais j'en doute. Ensuite, les seuls points de vue auxquels je ferai attention à l'avenir seront ceux des personnes qui partageront ma vie. Intimement. Le reste n'a pas, n'a plus d'importance. Voldemort défait, je ne vois pas pourquoi je devrais encore dépendre des autres. Il est temps que je vive pour moi.
Draco remarqua qu'il avait parlé de lui à la première personne. Cela voulait dire que même la partie rationnelle d'Harry avait un avis tranché sur la question.
- Donc… Y a-t-il quelqu'un qui t'intéresse ?
Cette fois-ci, Harry reposa sa plume et un sourire mutin se posa sur ses lèvres.
- Si je ne te connaissais pas, Draco Malfoy, je serais en train de penser que tu flirtes avec moi.
Oui, Draco aimait bien cette partie d'Harry. Il afficha un sourire narquois.
- Et si c'était le cas ?
- Et bien, si je n'étais pas si préoccupé par mon avenir en cette journée fatidique, nous aurions été enclins à répondre à tes avances.
- Vraiment ? s'étonna Draco.
- Soyons lucides. Tu es ce que pont peut appeler, sans mentir, une gravure de mode. Tes yeux sont envoûtants. Nous sommes d'accord pour te considérer comme extrêmement baisable.
Draco frissonna en l'entendant parler de cette façon. Harry était si nonchalant dans ses propos mais ses yeux le scrutaient avidement. Il avait, semblait-il, réveillé toutes les parties d'Harry.
- Potter… On ne me baise pas. C'est moi qui baise.
- Est-ce une proposition ?
Harry avait croisé ses doigts sous son menton et quelque chose frotta la jambe de Draco. Potter lui faisait du pied !
- Il semblerait.
Le pied d'Harry se dégagea.
- Dans ce cas, il faudra revenir quand je ne serai plus là, ou que nous serons de nouveau nous même. En attendant, aussi alléchante que soit la perspective de t'avoir contre moi, ou en moi, elle ne fait pas encore le poids face à une future carrière d'auror.
Draco afficha un sourire conquis. Son sexe était douloureusement au garde à vous mais le fait qu'Harry joue avec ses nerfs comme ça était encore plus excitant.
.
POUFSOUFFLE CŒUR FONDANT
.
Harry hésitait énormément à sortir du lit. Il se souvenait parfaitement de tout ce qu'il s'était passé la veille et de la façon dont il avait aguiché Draco sans scrupule. Maintenant qu'il n'était plus aussi rationnel que son lui d'hier, il ne pouvait décemment par faire face à Draco. Et si ce dernier était déçu de ne plus voir l'autre lui ? Et si le lui de maintenant était beaucoup trop chiant ou insignifiant pour être apprécié par Draco ?
Harry ne pouvait pas se mentir à lui-même. Les deux autres avaient eu la force de ne rien dire. Mais ils avaient ouvert la porte qu'ils avaient normalement décidé de garder fermée. Avouer en face de lui qu'il était gay, faire en sorte qu'il soit ami et lui dévoiler qu'il était attiré par Draco, c'était bas. Et maintenant ils, ses autres lui, lui laissaient cette affaire entre ses mains.
Harry se tourna dans son lit et décida qu'il y resterait jusqu'à la fin de la journée et que si son lui intelligent avait raison, il valait mieux laisser cette épreuve à son lui de demainson lui imprévisible qui aurait sûrement une meilleure méthode pour appréhender la chose.
Le lui de maintenant serait incapable de lui faire face. Harry voyait le tableau d'ici : il se mettrait à bafouiller ou finirait dans une situation gênante où on se moquerait de lui. Pas question d'être la risée de l'école ! C'était déjà assez difficile comme ça d'être devenu le taré de service, il ne fallait pas qu'il en rajoute. Il s'était assez humilié comme ça.
Ses rideaux furent tirés violemment. Harry s'enfonça dans sa couverture.
- Harry, lève toi ! Je sais que tu n'es pas au meilleur de ta forme mais je sais ce qui peut te remonter le moral !
Harry dégagea le haut de sa tête et ses yeux et remarqua le regard intrigué de Ron.
- Tes cheveux…
- Mes cheveux ?
- Ils ont repoussé en une nuit !
Harry sortit timidement sa main et la passa dans ses cheveux. Ils n'étaient plus courts comme hier, ils avaient l'air plus long. Harry se leva et courut vers la salle de bains. Ils étaient encore plus longs que son lui de base. De grosses boucles brunes entouraient son visage et se terminaient dans son cou.
Harry invoqua des ciseaux et coupa de nouveau ses cheveux mais, presque immédiatement, sa mèche coupée repoussa. Harry écarquilla les yeux.
- Oh non…. Ça doit être un effet secondaire du sort !
- Vieux, ça va ?
Harry tourna un regard alarmé vers Ron.
- Je déteste tes frères !
- Écoute, dès demain soir ça sera terminé. Allons voler un peu, ça te fera du bien.
Harry n'osa pas repousser l'attitude réconfortante de Ron, pas après ce qu'il lui avait dit. Il s'habilla comme un zombie et ne prit pas la peine de s'observer dans le miroir. Il suivit Ron dans la grande salle, la tête basse.
Draco avait passé une nuit excellente. Une nuit remplie de Harry qui lui répétaient qu'ils étaient baisables et que ça serait chouette que Draco les baise tous. Sa journée d'hier avait été incroyable. Plus incroyable que toutes les autres journées. Le Harry intelligent était tellement intéressant à écouter... C'était une facette d'Harry qu'il n'aurait jamais cru voir et ça lui plaisait. Il en redemandait. Mais la réalité revint au galop. Ça ne serait pas cette Harry là aujourd'hui. Son autre lui avait parlé d'un Harry Serpentard ou un Harry Poufsouffle prêt à défendre la veuve et l'orphelin.
Draco regardait la porte de la grande salle avec appréhension. Allait-il débarquer avec une ribambelle d'animaux blessé entre les bras. Ou avec une multitude de badge au nom de la S.A.L.E.
Ce ne fut rien de tout ça. A la place, il trouva un garçon qui traînait des pieds derrière Weasley. Finis la chemise et le pantalon repassés : il avait enfilé un pull trop grand pour lui et un jean tout aussi déformé. Sa tête était baissée et de grosses boucles brunes recouvraient son visage. Il avait cependant gardé les lunettes carrées de la veille. Harry ne jeta pas un seul regard dans sa direction. En fait, il ne jeta de regard à rien d'autre qu'à ses pieds puis à son assiette. Draco vit que la cadette des Weasley se levait pour lui parler et Harry recula comme un animal blessé.
Le sang du blond ne fit qu'un tour. D'où cette rousse vulgaire se permettait-elle de l'agresser !? Harry avait levé les mains en geste de protection et Ron avait dû s'interposer ainsi qu'Hermione. Harry finit par se lever et fuir la grande salle en courant. Draco se leva immédiatement.
Harry était sûr maintenant qu'il n'aurait jamais dû quitter son lit. Mais le mal était fait. Il ne lui restait qu'une solution : se repentir et écrire des mots d'excuse envers toutes les personnes avec qui il avait été méchant. Se remettre en couple avec Ginny ne faisait cependant pas partie de ses futures excuses. A la place, il se contenterait de mettre des étoiles autour du mot « désolé ». Il n'avait pas l'intention de nier ce que ces autres lui avaient révélé. Il aimait les garçons. En fait, il n'aimait qu'un seul garçon.
- Harry ?
Un garçon qui avait exactement cette même voix. Harry se tourna vivement pour tomber nez à nez en face de Draco. Le blond le regardait bizarrement et Harry baissa les yeux pour constater qu'il ressemblait à une patate : rien à voir avec le lui très classe d'hier. Il se sentit mourir à l'intérieur. Il fallait qu'il fuie pour laisser à un autre lui le soin de gérer cette affaire.
- B... Bonjour Draco…
Draco n'en revenait pas. Il n'arrivait pas à comprendre quel Harry il avait devant lui. C'était clairement un Harry qu'il n'avait jamais vu. Il bafouillait, baissait les yeux, tirait ses vêtements déjà trop grands et se balançait sur ses pieds.
Le blond était un peu frustré de le voir regarder ses chaussures. Il s'avança vers Harry et attrapa son menton entre ses doigts pour lui faire relever la tête et la vision le frappa. Le brun était rouge de honte. Ses joues étaient roses et ses beaux yeux verts légèrement humides. Draco fut soufflé par l'apparence fragile du Gryffondor. Il n'était pas un Poufsouffle prêt à sauver toutes les créatures magiques. Non. A la place, il devait sûrement être la partie sensible du brun.
Harry respirait fort, les lèvres entrouvertes. Ses pupilles fixaient celles de Draco. Il était en train de réaliser que le blond lui tenait le visage. Jamais Draco ne l'avait touché comme ça. Il avait eu droit à un coup de pied dans le nez et des sorts jetés mais jamais ça. Et surtout pas avec ce regard.
- Dr…. Draco.
- Harry !
Harry se recula d'un coup. Derrière Draco, Ron accourait. Il poussa le blond.
- Qu'est ce que tu fous Malfoy ! Laisse-le tranquille !
Ron attrapa le bras d'Harry et l'éloigna du blond. Harry n'osa pas regarder en arrière mais il sentit le regard de Draco brûler sa nuque. Maintenant, c'était impossible que Draco le considère comme quelqu'un d'acceptable. Il était bien trop incapable...
Draco regarda Ron traîner Harry. Il était troublé. Ce regard lui avait définitivement tourné la tête. Maintenant, il n'avait qu'une envie : c'était de le revoir.
Ron mit l'éclair de feu entre les mains d'Harry et le brun observa le balai avec crainte.
- Il fait un peu froid pour voler, dit-il timidement.
- Qu'est ce qu'il te prend ? Dhabitude tu t'en fiches !
Bien sûr qu'il s'en fiche puisque d'habitude personne n'écoute sa voix !. Tout ses « lui » aiment faire des choses dangereuses. Lui n'apprécie ni la douleur ni tomber malade et voler par un froid pareil lui assurait de finir le nez bouché et la tête comme une pastèque. Mais Ron était beaucoup trop content d'enfourcher son balai. Alors Harry le suivit pour lui faire plaisir.
Il volait déjà depuis une vingtaine de minutes et il se sentait épuisé. Il était sur le point de redescendre quand il vit que Ginny et Dean Thomas étaient arrivés sur le terrain. Les deux élèves s'envolèrent pour arriver à leur hauteur.
- Hey Harry. T'avais pas dit que tu voulais être batteur ? dit Ginny.
- Je me contente de voler aujourd'hui… Je n'ai pas besoin de batte.
- Non, mais on peut s'entraîner tout de même.
L'instinct d'Harry lui criait que ça sentait le roussi. Peut-être méritait-il la colère de Ginny, vu comme il l'avait traitée... Il soupira et accepta la batte qu'elle lui jetait. C'était un deux contre deux et Ron avait tout l'air de bien s'amuser. Harry, lui, ne s'amusait plus du tout. Ginny lui envoyait le cognard avec violence et Harry faisait des efforts monstres pour riposter.
Au même moment, Draco arriva sur le terrain et vit ce qui se tramait. La rouquine avait vraiment mal pris le fait de s'être faite rembarrer devant tout le monde et avait bien choisi son jour : le jour où Harry Potter ne se défendrait pas.
Il s'empara de son balai et s'envola à son tour. Harry repoussa une énième fois le cognard mais son bras commençait à faiblir. Il se demandait où Ginny trouvait toute sa force. Finalement, il lâcha la batte et bien évidement, le cognard fonça de nouveau sur lui. Harry bifurqua pour l'éviter mais fut pris en chasse. Il se tourna et aperçut Draco Malfoy, batte à la main pour repousser le cognard avec force. Ce dernier fonça droit sur Dean. Harry glapit de pitié : Dean n'avait rien demandé.
Le blond se tourna vers lui l'air furieux.
- Descends Harry !
Harry frissonna de tout son long mais s'exécuta. Draco descendait aussi, ainsi que Ginny. La fille courut vers eux.
- De quoi tu te mêles, Malfoy ! Harry jouait avec nous !
- Tu appelles ça jouer ? J'appelle ça lyncher !
Ginny secoua ses cheveux avec un sourire dédaigneux.
- Bien sûr, tu ne vois que du lynchage partout vu que c'est ta seule façon de jouer... Viens, Harry ne traîne pas avec ce genre d'individu.
Mais Harry ne fit aucun mouvement. Il voulait juste retourner dans son lit. Ginny fronça les sourcils.
- Harry, bon sang, c'est quoi ton problème !?
- Il n'a aucun problème, Weasley ! Si t'es incapable de comprendre quand on te dit « je veux rompre », j'ai de la peine pour ton petit cerveau étriqué !
- Comment oses-tu !?
Ginny sortit sa baguette et Harry, qui sentait que ça allait trop loin, décida de faire la seule chose dont il se sentait capable. Il s'évanouit. Il entendit Ginny demander ce qu'il se passait et Draco lui répondre qu'elle l'avait poussé à bout. Harry garda les yeux fermés ; maintenant, il allait attendre qu'ils appellent Pomfresh et il pourrait simuler sa mort à l'infirmerie.
Au lieu de ça, il sentit son corps se soulever. Il écarquilla les yeux et comprit que Draco s'était mis à le porter. Il marchait droit devant lui en pestant.
- Stupide Weasley ! Stupide Gryffondor… Stupide Potter !
Harry gémit contre lui. Oui, il était stupide, mais les gens amoureux sont stupides. Une fois à l'intérieure du château, Harry se secoua et Draco raffermit sa prise.
- Draco…
- Ne bouge pas, je t'amène à l'infirmerie.
- Mais non… C'est bon… Je peux marcher.
- Tu es tombé dans les pommes.
Harry se sentit rougir jusqu'à la racine.
- Non, souffla-t-il, j'ai fait semblant.
Draco se figea et Harry se recroquevilla sur lui-même. Il se prépara à atterrir au sol sur les fesses mais la chute ne vint jamais.
- Tu… As fait semblant ?!
Harry osa un regard vers Draco et ce fut bien de la surprise qu'il lut sur son visage. Le blond le reposa doucement sur ses pieds. Harry se recula un peu et enfonça ses mains dans ses poches, baissant de nouveau les yeux.
- Harry ?
- … Oui.
- Regarde-moi.
Harry leva le nez et Draco plongea ses yeux dans les deux orbes verts. De nouveau, ce regard de chien battu et larmoyant qui écrasa le cœur du Serpentard... Il s'approcha du brun et ce dernier resta totalement figé. Draco prit son visage entre ses mains et lut la panique dans les yeux du Gryffondor.
- Tu te souviens de ce dont on a parlé hier ?
Harry se mordit la lèvre et ses pupilles se détachèrent du visage de Draco. Le blond avait envie de jouer avec cette bouche mais il regrettait légèrement le regard franc du Harry d'hier.
- Harry ?!
- Je m'en souviens, oui.
Draco dégagea les mèches du visage du brun.
- Tu es quel Harry ?
La question alarma Harry qui tenta un mouvement pour se dégager de Draco mais sa prise était ferme. Le blond appuya de son corps et coinça Harry contre le mur.
- Dis-le moi.
Harry continua à se murer dans le silence. Draco embrassa son front.
- Dis-le.
Il embrassa sa joue, le coin de sa bouche. Harry s'agrippa à sa chemise et gémit doucement.
- Dis-le moi, Harry.
Harry entrouvrit la bouche mais mal lui en prit. Celle de Draco se colla immédiatement sur la sienne. Harry écarquilla les yeux mais quand la langue de Draco se faufila entre ses lèvres, il se sentit totalement défaillir. Il avait chaud partout. Il ferma les yeux rapidement pour faire fuir les points blancs qui dansaient devant lui.
La langue de Draco était brûlante, elle le caressait de l'intérieur et c'était délicieux. Mais le blond rompit le baiser, laissant Harry chancelant et la respiration haletante.
- Tu es quel Harry ?
- Je… Je sais pas.
Draco eut l'impression d'entendre quelque chose gronder au fond de son ventre. Il avait faim ; faim des lèvres d'Harry. Il les récupéra rapidement et Harry l'accueillit avec ardeur. Cette fois-ci, ils se partagèrent le baiser. Leurs langues s'enlaçaient, se frottaient l'une contre l'autre. Après ça, pensa Draco, il ne pourrait plus embrasser personne d'autre.
Sa main lâcha le visage d'Harry et glissa contre la hanche du brun. Elle passa sous le pull difforme et chercha une peau à caresser. Elle la trouva vite : le pantalon d'Harry dévalait ses hanches comme une serviette mal nouée. Harry serrait sa chemise entre ses doigts et la main de Draco courut dans son dos. Leur baiser n'avait pas de fin et Draco s'en délectait avec plaisir. Il appuya son bassin contre celui d'Harry et ils gémirent de concert.
Quand il sentit la bosse qui se profilait à travers le jean du Gryffondor, Draco devint fou. Sa main abandonna son dos et tenta de venir plonger à l'intérieur du jean du garçon. Mais Harry eut un sursaut de lucidité et repoussa Draco.
- Nn… Non !
Draco ne l'écouta pas et attaqua le cou d'Harry. Il mordilla sa peau et Harry le repoussa de nouveau. Le blond le regarda furieusement.
- Alors quoi ?! Ça ne te dérange pas de sauter Pansy dans les placards et maintenant tu fais ta prude ?
Le visage choqué d'Harry le fit immédiatement regretter ses paroles. S'il n'avait pas pleuré une seule fois depuis le début de cette histoire, il suffit que Draco aperçoive une larme pour se sentir comme le pire des monstres. Il attrapa le bras d'Harry.
- Harry, je suis désolé.
Le brun se dégagea et se détourna de Draco. Une fois assez loin, il se retourna et le fusilla du regard.
- …. Ça ne signifie rien si tu ne m'aimes pas un peu !
Draco resta choqué par ses paroles. Harry partit en courant et ne fit plus aucune apparition de toute la journée.
Draco venait de blesser la meilleure partie d'Harry. Sûrement la plus douce, la plus fragile et celle qui aurait quémandé plus de choses. Des choses que Draco avait envie de lui donner : des baisers, des caresses, des étreintes et sûrement de l'amour... Parce que c'est exactement ce qu'il aurait aimé recevoir d'Harry. De l'amour.
Harry avait raison : ça ne signifiait rien s'il ne l'aimait pas un peu. Le truc, c'était que Draco aimait Harry. Depuis trop longtemps maintenant.
Demain, il irait s'excuser. Demain, il ferait les choses bien avec Harry. Mais demain, ça serait quelqu'un d'autre. Draco souhaita pourtant que ça soit le même Harry ou le Harry normal. Parce que, pour une raison qu'il ignorait, il avait peur de tomber sur le Harry de Serpentard.
.
.
A suivre.
Oh c'est un peu plus sérieux ici XD.
