Ce jour-là avait commencé comme tous les autres, Remus s'était levé tôt pour déjeuner avec sa mère avant qu'elle ne parte travailler. Puis, pendant que les Lupin écoutaient les nouvelles à la radio, un «toc toc toc» provenant de la fenêtre fermée s'était fait entendre. Madame Lupin s'était alors levée et dirigée vers la fenêtre avec sur le visage un air joyeux, triste, apeuré, interloqué et soulagé que Remus ne comprenait pas. Ensuite, sous le regard interrogateur de son fils, la mère de Remus avait ouvert la fenêtre à une chouette et, pendant que l'oiseau se posait devant son fils et lui tendait une patte, elle avait empli un bol d'eau et l'avait mis devant la chouette comme si elle avait fait cela toute sa vie. Madame Lupin avait ensuite dit à son fils de prendre le parchemin qui se trouvait sur la patte de l'oiseau, avant d'aller téléphoner à son bureau pour dire qu'elle ne rentrerait pas travailler, car son fils était malade et qu'elle devait l'amener à l'urgence. Elle était ensuite allée prendre une énorme malle dans sa chambre et l'avait amenée dans le salon, avant d'y appeler son fils.

«Tu as fermé la fenêtre après le départ de la chouette?, demanda madame Lupin.

«Oui.

«Bien. As-tu fini de lire ta lettre?

«Oui, mais j'ai rien compris.

«C'est normal. dit madame Lupin, Vient t'asseoir, je vais t'expliquer.

Remus s'exécuta et vint s'asseoir à côté de sa mère et devant la malle, ouverte, que celle-ci conservait dans sa chambre.

«Bon. J'ai énormément de choses à t'expliquer alors je vais commencer par le début sinon je ne finirai jamais, dit madame Lupin, Qu'est-ce que je t'ai raconté au sujet de mes origines et de ton père?

«Euh, je ne sais pas, tu as dit que papa était partit après que je sois devenu un loup garou et que, d'où on vient, c'est mal vu d'être un loup garou ou de les aider.

«Bien. Tout d'abord, tu dois savoir que le monde dans lequel tu es né est très différent de celui dans lequel tu as grandi. Avant que tu sois mordu, ton père, toi et moi vivions dans le monde des sorciers. Comme tu l'as dit, la plupart des sorciers croient que la lycanthropie est un crime punissable de mort et le simple fait de ne pas avoir renié un membre de sa famille qui a été mordu est un motif raisonnable pour être renvoyé de son travail. Mais les moldus, ceux qui font partie du monde dans lequel tu as grandi, ne savent rien des loups garous, donc il n'y a pas de problème, sauf qu'il faut qu'ils restent cachés. C'est pour cette raison que j'ai décidé de recommencer à vivre avec les moldus et de la même façon qu'eux, mais ton père, ayant été élevé dans une famille sorcière traditionnelle, ne voyait pas les choses de la même façon. Depuis qu'il était enfant, il se faisait dire que les sorciers étaient supérieurs aux moldus et que les loups garous étaient des êtres dont il ne fallait pas s'approcher, parce que, selon la plupart des sorciers, c'étaient, en gros, des animaux terriblement dangereux enfermés dans des corps d'humains. Quand tu t'es fait mordre, ton père avait arrêté de croire à ce qu'on lui avait appris sur les loups garous et la supposée supériorité des sorciers sur les moldus depuis longtemps, mais beaucoup de gens dans son entourage y croyaient encore et ton père n'arrivait pas à envisager une vie loin du monde qu'il avait toujours connu et de sa carrière, alors il nous a laissés seuls.

«Mais si mon père avait de la difficulté à quitter ce qu'il avait toujours connu, est-ce que ça a été difficile pour toi?

«Eh bien, vois-tu, ton père a passé toute sa vie dans le monde de la magie, alors que j'ai été élevée dans une famille moldue, tout comme mon frère Charlie, tu sais, il habite aux États-Unis et il a une fille nommée Isabella. Comme je connaissais déjà le monde moldu et que je connaissais des moldus, je n'ai pas eu beaucoup de difficulté à m'adapter à ma nouvelle vie. As-tu des questions à propos de ce que je viens de dire?

«Non.

«Parfait. Donc, quand tu es né, ton père et moi vivions dans la communauté magique, nous nous étions rencontrés alors que nous étudions à Poudard, l'école de sorcellerie et de magie la plus reconnue d'Angleterre. C'est d'ailleurs à ton âge que j'ai appris que j'étais une sorcière, car les lois magiques interdisent, sauf dans de rares cas, de révéler notre existence aux moldus. Donc, quand je suis entrée à Poudlard, j'ai appris comment contrôler ma magie, entre autres… Attends, tu vas mieux comprendre, madame Lupin se leva alors pour fermer tous les rideaux de la pièce, dans le but que personne ne puisse voir à l'intérieur.

«Maman!, s'exclama Remus, Je vois presque plus rien!

«Accio Baguette, dit madame Lupin, ne prêtant pas attention aux protestations de son fils, avant que sa baguette ne viennent se loger dans la main de sa propriétaire, Lumos maxima, la lumière revint alors dans la pièce, comme si les rideaux n'avaient jamais été fermés.

«Maman? C'est toi qui as fait ça?, demanda Remus, épaté. C'est ça de la magie?

«Oui, c'est moi qui ai fait cela, répondit madame Lupin, et oui, c'est de la magie. C'est l'une des multiples choses qu'ils enseignent à Poudlard.

«Je vais apprendre à faire des choses comme ça?, s'exclama Remus qui n'en croyait pas ses oreilles.

«Oui. Mais avant tout, est-ce que ta lettre parle de ta lycanthropie?

«Oui, dit Remus en prenant un des morceaux de parchemin amenés par la chouette, il y a un mot signé par, Remus regarda son papier pour être certain de ne pas se tromper, le professeur A.P.W.B. Dumbledore, c'est le directeur. Le mot dit que le personnel médical, le corps enseignant et lui-même ont déjà pris les mesures nécessaires pour assurer ma sécurité et celle des autres étudiants les soirs de pleine lune.

«Je peux voir ce mot?, demanda madame Lupin en tendant la main vers son fils qui lui donna le parchemin.

«Je n'arrive pas à croire que le professeur Dumbledore est encore directeur, dit madame Lupin après avoir parcouru la lettre de Dumbledore des yeux, il occupait déjà ce poste quand ton père et moi étions étudiants. Bien, montre-moi ta liste s'il-te-plaît.

«Tu ne veux pas savoir ce que sont ces «mesures nécessaires» dont parle le professeur Dumbledore, demanda Remus, en donnant à sa mère la liste des choses qu'il devait se procurer en prévision de l'année scolaire.

«Dumbledore est l'un des plus grands sorciers de ce temps et probablement de tous les temps, j'ai donc complètement confiance que les mesures qu'il a prises sont très efficaces et sans danger.»

Madame Lupin commença alors à sortir, magiquement, les différents articles qu'elle avait utilisés durant ses années à Poudlard et qu'elle pouvait donner à Remus pour ne pas tout acheter neuf. Puis elle avait dressé une liste avant de se rendre au guichet automatique pour prendre de l'argent et de rentrer chercher Remus pour se rendre avec lui à Londres, plus précisément sur le chemin de traverse.

En premier lieu, les Lupin se rendirent à Gringotts pour changer l'argent moldu que madame Lupin avait retiré de son compte le matin même en argent de sorcier. Ensuite, madame Lupin avait amené son fils chez le fabriquant de robes de sorciers en expliquant à Remus que les sorciers ne connaissaient pas vraiment les pantalons. L'arrêt suivant fût à la librairie, Fleury et Bott, puis ce fût le temps d'aller acheter un chaudron, du matériel pour potions, de l'encre, des plumes, du parchemin et d'autres accessoires nécessaires à la première année d'études de Remus. Enfin, madame Lupin avait mené son fils chez monsieur Ollivander, un des meilleurs fabriquant de baguettes.

Avant de sortir du magasin tenu par le marchand de baguettes, madame Lupin avait conté l'argent qu'il lui restait. Remus et sa mère s'était ensuite rendu dans un magasin nommé «au Royaume du Hibou», où madame Lupin avait acheté un petit hibou brun et une chouette lapone qui fascinait Remus.

De retour chez elle, madame Lupin avait expliqué à son fils que les sorciers utilisaient des plumes, de l'encre et du parchemin pour écrire et que, pour s'envoyer du courrier, ils utilisaient des hiboux, des chouettes et d'autres oiseaux entrainés pour cela, comme les oiseaux qu'ils avaient achetés plus tôt. Madame Lupin expliqua aussi à son fils que la chouette qu'elle avait achetée plutôt lui était destinée, car, lorsqu'elle vivait encore dans le monde des sorciers, la plupart des gens qu'elle connaissait avaient reçu leur premier oiseau courrier pour leur entrée à Poudlard.