Notes : Je voudrais d'abord remercier mes trois reviewer, qui m'ont motivé pour écrire ce premier chapitre. Et bien sûr, mille mercis à NVJM Eonarde pour m'avoir patiemment relue et corrigé mes fautes (particulièrement mes oublis de majuscules et de points d'interrogation).
Les noms des personnages d'Alyssa et de Jarl sont un hommage au grand G.R. , auteurs de la saga le Trône de Fer.
Bonne lecture !
8 octobre 3018, Troisième Âge
La fille du marchand de jouets
Elle courait, sans s'arrêter, à perdre haleine. Elle sentait ses longs cheveux flotter en arrière, la terre trembler sous sa course, les distances s'effacer. Elle courait à découvert, dans le vent, ses cheveux tournoyant autour de son visage formaient un halo. Elle accéléra encore, éclata d'un rire clair et enjoué, et étendit ses bras comme si elle allait s'envoler. Enfin, elle parvint en bas de la colline, et s'effondra dans l'herbe. Allongée dans la verdure, elle ferma les yeux et reprit calmement son souffle.
« Alyssa, Alyssa, attends-moi ! »
Un jeune garçon efflanqué, aux cheveux châtain clair, accourut derrière la jeune fille. Il s'arrêta, rouge et haletant. Alyssa rouvrit les yeux et le regarda d'un air ennuyé. Elle resta nonchalamment allongée, quelques brins d'herbe fusant de sa longue crinière de cheveux auburn. Ses yeux verts pétillaient malicieusement.
« Et bien mon cher Bjorn, déjà fatigué ?
- Ne te moque pas ! Tu sais bien que personne ne peut te battre à la course. Pourquoi es-tu partie comme ça ?! Tu sais bien que je ne dois pas te perdre de vue.
- Et c'est justement pour ça que je suis partie en courant. dit-elle, en se mettant à rire. « Tu pensais vraiment qu'un orque m'attendait en bas de la colline ?
- Ton père a mis sa confiance en moi. Je ne désire pas m'en montrer indigne.
- Ah, mon cher Bjorn, tu es le chaperon le plus consciencieux du monde, mais je crois que mon père me couve un peu trop.
- Et je pense qu'il a raison. Si je n'était pas là, tous les garçons des environs seraient déjà à te tourner autour.
- Tu crois vraiment que ta présence les décourage ? » Le garçon rougit. « Tu es vraiment trop timide pour un gardien. Bon, allons-y, sinon nous n'aurons pas le temps de rentrer avant la fermeture des portes. »
Alyssa se releva et débarrassa sa jupe beige des dernières brindilles qui la parsemaient. Le visage de Bjorn était écarlate, et il haletait toujours, encore à bout de souffle. La jeune fille haussa les épaules, indifférente, et rejoignit le sentier en contrebas.
« Non, attends, tu n'as jamais demandé la permission de sortir de la ville.
- Écoute, j'ai déjà vingt ans. Ce n'est pas parce que mon père se comporte comme si j'en avais dix que tu dois t'y mettre toi aussi.
- Si tu continues…
- Et bien quoi, tu vas le dire à mon père ? »
Alyssa sourit, et s'éloigna. Son compagnon hésita, puis la suivit. Il pouvait crier, et faire beaucoup de menaces, il ne dirait rien, elle le savait. Pauvre Bjorn. C'est un bon ami, mais il désirerait être plus à mes yeux que cela. Malheureusement pour lui, elle le considérait depuis toujours comme son petit frère. Sa propre mère était morte il y a longtemps, et Bjorn avait perdu son père. Ils avaient été quasiment été élevés ensemble, et son père avait pris le jeune homme pour apprenti. Il lui confiait également d'autres tâches subalternes, comme surveiller sa fille quand elle sortait le dimanche.
Les deux jeunes gens cheminaient dans l'endroit qui avait été un temps appelé la Désolation de Smaug. Nulle trace de cette affliction désormais. L'air était doux et embaumait la rose. Là où se trouvaient jadis terre brûlée et pins calcinés, étaient désormais jardins fleuris, champs fertiles et vergers pleins de pommes. Le cidre que l'on faisait à Dale était une merveille. C'était justement les pommes qui l'attiraient.
Au bout d'une heure environ, il parvinrent à un grand rassemblement auprès d'un immense verger de plusieurs hectares. Des tentes jaunes avaient été dressées, et une foule de gens de toutes générations s'y pressait. Alyssa se fraya un passage, et alla saluer un homme d'un certain âge, un peu bedonnant.
« Monsieur Angot! » L'homme se retourna, un large sourire se dessina sur son visage rond et il serra sans ménagement la jeune fille dans ses bras.
« Alyssa, cela faisait longtemps ! Comment vas-tu ? Et ton père ?
- Très bien, la boutique marche mieux que jamais. Comment va la récolte ?
- Magnifique, c'est une merveilleuse année pour les fruits, la récolte promet d'être abondante. Oh, tu es là aussi Bjorn ?
- Bonjour monsieur.
- Je vous laisse, j'ai beaucoup de monde à saluer. »
La jeune fille regarda Angot s'éloigner, puis alla avec Bjorn prendre un panier. Ils s'enfoncèrent ensuite parmi les pommiers. Ils saluèrent nombre de gens en passant. Beaucoup de monde était venu, des gens de la campagne, de Dale, d'Esgaroth… Elle ne vit en revanche que peu de nains. Je suppose que ça doit être vexant pour eux de nous voir cueillir facilement les pommes, alors qu'ils ont besoin d'une échelle pour les atteindre. La jeune fille aperçut des gens de la noblesse mêlés au peuple, qui riaient et remplissaient de grand paniers d'osier de grosses pommes colorées. Elle vit même… Non, ne me dites pas qu'elle est là ! Elle se faufila à la poursuite de la chevelure brune qu'elle avait aperçue, passant entre un homme de riche apparence et une famille qu'elle connaissait, grâce de leurs excellents vignobles à l'est de la montagne.
Une jeune femme aux longs cheveux marrons, si foncés qu'ils en paraissant noirs, se tenait là, ramassant une magnifique pomme d'un rouge soutenu. Vêtue d'une simple robe de satin vert, elle laissait sa chevelure ondoyer librement jusqu'à ses reins «Aileen !» L'interpelée se retourna, un sourire surpris se dessinant sur ses lèvres.
« Alyssa ! Que fais-tu ici ?
- Et toi ? Une princesse sans escorte, participant à la récolte ?
- Voyons, le peuple finirait par oublier le visage que possède sa princesse, si elle restait cloitrée chez elle.» Aileen la serra dans ses bras dès qu'elle fut à son niveau.
«En tout cas, je suis très heureuse de te revoir. »
Les deux jeunes filles se tutoyaient, malgré le fait que l'une d'entre elle soit la fille du roi Brand, et l'autre celle d'un marchand de jouets. La mère d'Alyssa avait été la nourrice de la princesse, et toutes deux étaient donc sœurs de lait. Maintenant qu'Aileen avait atteint l'âge adulte, et qu'on lui cherchait un époux, elles ne se voyaient plus souvent, mais leur amitié était restée vive. Bjorn les rejoignit, et ils continuèrent la cueillette ensemble. Alyssa demanda à son amie si celle-ci en savait plus sur le choix de son futur mari. Elle lui répondit que son père n'était pas pressé de la voir quitter le palais. Le roi était en effet fort soucieux ces derniers temps. Les peuples voisins se préparaient à la guerre, ils s'étaient multipliés et forgeaient des armes. Mais le pire de tout…
« …le messager est revenu, et à La Montagne également. C'est la troisième fois qu'il vient, et il a prévenu que la prochaine sera la dernière.
- Que va faire ton père ? murmura Bjorn.
- Je ne sais pas, je ne suis même pas sensée vous en parler d'ailleurs, mais je craint qu'il n'accède à sa demande.
- Pourquoi ferait-il cela ?
- Mon père est le roi, son devoir est de veiller sur son peuple. Sauron est puissant.
- Mais loin ! objecta Alyssa. Il est loin dans le Sud, et ne peux nous atteindre.
- Certains disent qu'il se serait allié avec les orientaux…, est-ce vrai ? interrogea le jeune homme. »
Un sombre pressentiment étreignit le cœur d'Alyssa.
« On dit bien des choses, qui sont pour la plupart fausses. Laissons cela de côté, voulez-vous ? »
Ils changèrent donc de sujet de conversation et parlèrent de choses plus légères. Quand leur panier fut remplit, ils le ramenèrent vers les tentes, où d'énormes balances avaient été installées afin de peser la récolte. Le pressentiment qui assombrissait le cœur d'Alyssa s'estompa. Quelques personnes avaient sorti des instruments de musique et on improvisa un bal en plein air. Aileen alla saluer une de ses connaissances, Bjorn se fit héler par un groupe d'amis et il rejoint la farandole qui s'était formée. Alyssa préféra se rapprocher des musiciens. Il y avait un vieil homme, soufflant dans une flûte à bec, un joueur de tambourin et un jeune homme grattant un luth. Fascinée, Alyssa contemplait ses doigts fins et nerveux courant sur les cordes, un spectacle qu'elle avait vu des centaines de fois, mais qu'elle ne se lassait pas de contempler. Le jeune homme chanta un air. Sa voix douce et grave fit lui donna la chair de poule.
Elle n'était pas la seule à observer le joueur de luth. Une jeune fille, aux beaux cheveux blonds remontés sur sa nuque en chignon, avait l'air également fascinée par le jeu du musicien. Alyssa la jugea insipide. Elle se retourna et tomba nez à nez avec un jeune homme, qui ne devait pas avoir plus de cinq ans de plus qu'elle. Il s'inclina galamment devant elle et l'invita à danser. N'ayant aucune raison de refuser, elle accepta. Les trois musiciens avaient entamé une rapide bourrée. Alyssa ne se débrouillait pas trop mal, et son partenaire était doué. Il la guidait de façon sûre, suivait le rythme avec précision, et tournait toujours au bon moment. Elle le dévisagea. Il était vêtu assez richement d'un doublet bleu brodé de motifs floraux. Ses yeux étaient d'un bleu très pâle, presque transparent, et ses cheveux les mêmes que ceux de… Oh mon Dieu ! Elle rata un pas.
« Que faites vous ! souffla-t-elle.
- Alyssa, voyons, il fallait tourner dans l'autre sens.
- Si quelqu'un nous voit…
- Soyez rassurée, tout le monde peut nous voir sans problème. »
Alyssa tenta de quitter la piste de danse, mais alors qu'elle essayait de se dégager, les couples se remirent à tourner, et elle fut emportée dans l'autre sens.
« Arrêtez ça tout de suite ! C'est ridicule, je suis une fille du peuple et...
- Il n'y a aucune honte à danser avec une fille du peuple, surtout quand elle est si jolie.
- Taisez-vous, je vous en supplie…
- Allons, vous étiez moins timide quand vous aviez cinq ans. »
Un regrettable incident, datant de l'époque où elle se rendait souvent au palais pour y voir Aileen, et impliquant son amie, le prince, la reine et un seau plein d'eau lui revint en mémoire, et elle se sentit rougir jusqu'à la racine des cheveux.
« Je vous assure que ma mère ne vous garde pas rancune pour la robe que ma sœur et vous avez gâché.
- Pitié, arrêtez je vous en prie. supplia-t-elle »
Le prince se contenta de rire. Alyssa se rendit compte que la plupart des regards s'étaient tournés vers eux. Faites que ça s'arrête. Son père allait forcément savoir qu'elle était sortie de la ville sans sa permission. Et tout Dale allait parler de cette danse pendant plusieurs jours au moins. La fille au chignon blond lui lança un regard meurtrier. Le prince se souciait aucunement de tous les regards tournés vers eux. Pire, il semblait s'en amuser.
« Détendez-vous un peu Alyssa, vous êtes toute crispée.
- Comment voulez-vous que je me détende !
- Ne trouvez-vous pas que ces musiciens sont incroyablement doués ? Dites-moi, comment se nomme le joueur de luth ? »
De nouveau, Alyssa se sentit rougir de la tête aux pieds.
« Il…c'est Jarl, il joue souvent comme ça dans la rue. »
Bard dissimula un sourire mi-moqueur, mi-amusé. Soudain, Alyssa en eu assez de cet insupportable prince, qui la tournait en ridicule depuis le début. Elle lui écrasa le pied. Il esquissa une grimace de douleur.
« Aïe !
- Excusez-moi, j'ai raté un pas. »
De nouveau, le prince éclata de rire. Alyssa rit elle aussi devant le ridicule de la situation. Elle s'efforça de se détendre, et de profiter de la danse. Un fois la bourrée achevée, les musiciens entamèrent une gavotte. Bard s'inclina de nouveau devant elle et le relâcha. Alyssa s'enfuit, avant qu'il ne lui vienne l'idée de lui demander de danser la gavotte elle aussi. Une fois hors d'atteinte, elle se retourne et le vit aller proposer à la plus jeune fille d'Angor d'être sa partenaire pour cette danse. La jeune fille, rougissante, accepta. Il va faire danser toutes les filles présentes dans l'assemblée. réalisa Alyssa. Remarque, ça valait mieux pour elle. On ne parlerait pas de sa danse en particulier. N'a-t-il rien de mieux à faire ? Quand décidera-t-il à se comporter en prince !
Elle croisa sans le vouloir le regard de Jarl, le joueur de luth. Il lui fit un clin d'œil et un sourire signifiant quelque chose du genre : Belle danse. Elle se sentit de nouveau rougir et s'éloigna précipitamment. Il y avait uniquement deux hommes capables de lui faire perdre ses moyens, et il avait fallut qu'ils soient tout deux réunis dans ce champ. Elle soupira. L'après-midi touchait à sa fin, il était temps de rentrer. Elle alla chercher Bjorn, et après avoir piqué quelques pommes au passage, ils quittèrent les festivités. Alyssa se rendit compte qu'elle n'avait pas dit au revoir à Aileen. Tant pis, j'irai la voir une autre fois. Elle accéléra le pas, désirant atteindre Dale avant que le soleil ne se couche.
Alors que Bjorn et elle cheminaient en silence, elle se prit à penser aux nouvelles dont lui avait parlé son amie. La guerre ne viendra pas jusqu'ici. résolut-elle. Rassérénée par cette pensée, elle sourit à Bjorn, et marcha gaiement jusqu'à Dale.
oOoOoOo
Le compagnon de Thorïn Écu-de-Chêne
« Alors, c'est finalement arrivé. »
Le roi soupira. Ses épaules s'affaissèrent. Sa couronne avait l'air de lui peser lourd à présent. Il paraissait très fatigué. Dwalïn s'inquiéta de le voir ainsi montrer des signes d'âge. Il semblait soudain avoir vieilli de cinquante ans. Cela lui ferait trois-cents ans alors. Cela ne n'aurait pas dû être étonnant qu'il paraisse aussi vieux et usé. Mais Dáin Pied d'acier avait toujours fait moins que son âge. Ce devait être l'approche de la guerre qui l'avait fait vieillir de façon spectaculaire. Car invasion, il allait y avoir, il en était sûr. Sauron ne faisait pas de menaces en l'air. Le nain se demanda s'ils seraient en mesure de l'emporter. De retour chez lui, son peuple avait prospéré et Dale, leur alliée était une ville riche et puissante. Mais elle n'est pas préparée à une guerre, et ne possède pas de puissants remparts. Et qui savait de quelles malices et fourberies pouvait être capable le seigneur ténébreux ? Mais à la simple pensée d'accepter ses conditions, et de lui livrer Bilbon, les poings de Dwalïn se serrèrent de rage. Ils ne trahiraient pas le cambrioleur, il avait tant fait pour eux !
Dáin était du même avis que lui, mais sa plus grande crainte était que le roi de Dale, Brand, cède et révèle l'emplacement de La Comté. Il n'était pas né lorsqu'avait eue lieu la Bataille des Cinq Armées, et ne connaissait pas tous les enjeux durables de cette époque. S'il pouvait éviter une guerre dévastatrice à son peuple, il le ferait. Un sentiment louable, certes, mais qui n'arrangeait pas leur affaire.
Dwalïn dévisagea les personnes présentes dans la pièce. Le prince Thorïn était absent, il s'en était retourné aux Monts de Fer il y a trois jours. Le jeune fils de Glòin n'était pas là lui non plus. Outre le roi, étaient présents cinq de ses vieux compagnons : Bofur, Bifur, Nori, Dori et Glòin, celui que l'âge avait le plus épargné. Il ne pouvait pas en dire autant de lui-même. Ses bras avaient perdu leur vigueur d'autrefois, ses yeux n'avaient plus leur acuité ancienne. Il se demanda depuis combien de temps avait-il touché à sa hache pour la dernière fois. Des années déjà. Si je dois prendre part à une nouvelle bataille, je n'y survivrait probablement pas, réalisa-t-il.
« De combien de temps disposons nous pour prendre une décision ? demanda Nori.
- Un peu plus d'un mois, lui répondit le vieux Bofur.
- Quelle décision peut-il y avoir à prendre s'exclama avec fougue Dwalïn. Comment pouvez-vous envisager une seule seconde de révéler où se trouve Bilbo ?»
Les nains se regardèrent, un peu honteux. Puis Dori dit :
« Nous ne sommes pas obligés de révéler l'emplacement de La Comté. Bilbon est vieux, il n'a sans doute plus grand usage de son anneau. Il nous suffirait de l'obtenir et de le céder. Nous gagneront ainsi la paix. Et d'après le messager, il ne possède pas un puissant pouvoir. Sauron ne pourra l'utiliser contre nous. L'anneau de Bilbo contre les trois anneaux de nos pères, pourrait-on rêver d'un meilleur échange ?
- Méfiez-vous de ce messager, aux paroles douces mais pleines de traitrise. dit Glòin »
Le ton de Glòin était calme mais, ses yeux flamboyaient.
« Il se dit la bouche de Sauron, mais chacun sait que cette bouche ne s'ouvre que pour proférer des mensonges. Nous avons lutté jadis contre le seigneur ténébreux, il nous arracha par la force les anneaux qui nous furent donnés par Celebrimbor, en symbole de l'alliance et de l'amitié entre les artisans d'Eregion et Khazad-Dum. Pourquoi nous les rendrait-il ? D'autant plus en échange d'un autre anneau insignifiant ? Il y a quelque chose là-dessous, une ruse de sa part.
- Glòin parle juste, renchérit Bofur. Que devons-nous à Sauron ? Comment ose-t-il exiger quelque chose en contrepartie de ce qui nous revient de droit ? Ce serait plutôt à lui de ramper au sol pour implorer notre pardon. Comment pourrions-nous songer un seul instant à compromettre Bilbon, qui a tant fait pour nous, nous qui n'aurons jamais assez de mille ans pour le remercier de ses bons et loyaux services ? Nous ne devons rien à Sauron. Derrière sa main d'amitié se dissimule un poignard aiguisé près à nous frapper dans le dos une fois qu'il n'aura plus besoin de nous.
- Ce sera donc un refus, et la guerre ? interrogea Bifur. Les espions de Brand ont rapporté que le seigneur ténébreux s'était allié aux orientaux. Ils se sont multipliés et sont prêt à la guerre. Sauron est en mesure de nous anéantir. Nous avons prospéré depuis notre retour à Erebor, il est vrai. Mais notre peuple n'est plus que l'ombre de ce qu'il était jadis, avant la venue du dragon.
- Si Sauron nous offre son amitié, c'est qu'il nous craint. résolu Dwalïn. Nous avons encore la force de lui résister. Ce ne sera pas sans douloureux sacrifices, mais nous pouvons le faire.
- Nous n'avons pas les moyens de soutenir une guerre ! Tu aimerais donc voir notre peuple et celui de Dale massacrés ? s'emporta Dori.
- Si il faut cela pour garder notre honneur, alors la mort ne me fait pas peur.»
Dori aurait bien répliqué quelque chose, mais Nori ne lui en laissa pas l'occasion.
« Que va faire le roi Brand, car le messager s'est également adressé à lui.
- Je ne sais, répondit le roi, mais je craint qu'il ne cède. La vie de son peuple lui importe plus que notre honneur. Le lieutenant de la tour noire lui a également donné cinq semaines avant de faire sa réponse définitive, et il s'est adressé à moi, en quête de conseil.
- Et quel sera-t-il ? interrogea Dwalïn. »
Le roi sous La Montagne inspira profondément et ferma les yeux. Soumis à un choix difficile, il prit tout son temps avant de répondre :
« Je lui conseillerais d'attendre. Je craint ne pas posséder suffisamment de sagesse et de connaissance sur ces choses pour prendre ma décision de suite. Nous devons trouver Bilbon, et en apprendre plus sur son anneau, pourquoi le seigneur ténébreux le désire s'il est si insignifiant. J'ai besoin de connaitre l'avis d'un sage, et qui en sait bien plus long sur les plans de Sauron que moi.
- Qui est ce sage ? s'étonna Dori.
-Il réside dans la dernière maison simple à l'Est de la mer.
- Elrond Peredhel, murmura Glòin, assurément, il sait quelque chose. Mais on a besoin de vous ici, Dáin, vous ne pouvez laisser votre peuple en ces temps de troubles. Que quelqu'un aille à Fondcombe à votre place.
- Et à qui penses-tu, Glòin ? interrogea Dwalïn.
- A moi. Je suis celui d'entre nous que l'âge à le plus épargné. Je me rendrais en votre nom, à Fondcombe, avec mon jeune fils Gimli, si vous me l'ordonnez.
- Je l'ordonne, déclara Dáin après un instant de réflexion. Ne tarde pas et reviens vite.
- Je partirais demain à l'aube. »
Le nain s'inclina, puis quitta en hâte la pièce. Dwalïn regarda tristement la porte qui venait de se refermer. Que n'aurait-il donné pour accompagner son vieil ami dans ce
voyage ! Hélas, les années l'avaient laissé trop affaibli. Serais-je encore capable de porter une arme quand le moment sera venu ?
Bofur poussa un profond soupir :
« Ainsi nous voilà ici, à attendre. Oh, que je voudrais que Gandalf soit avec nous.
- Je craint que le temps est venu pour nous de lutter seuls. répondit tristement Dwalïn. »
Merci d'être parvenu jusqu'à là. Review ?
