Mais

c'est

interdit.


Depuis que je suis toute petite, je connais tout de lui. Son sourire, sa façon de froncer le nez quand il n'est pas content,, la rougeur qui apparaît sur ses joues quand il est embarrassé.

Je sais ses moindres gestes et ses moindres paroles. J'ai appris à me nourrir de ça.

Et puis je n'ai plus réussi à accepter seulement ces quelques phrases que je tentais d'absorber pour être lui, ces quelques mots lancés au hasard des discussions fiévreuses que nous avions tard le soir, quand il était couché derrière ma porte.

Je ne pouvais plus, quand j'ai vu qu' Hermione lui tenait la main. Quand j'ai vu son sourire que je ne connaissais pas. Et c'était à elle qu'il le faisait ce sourire. Elle savait quelque chose que je ne savais pas.

J'ai arrêté de manger. J'ai arrêté de dormir. J'ai arrêté de vivre.

Mais il l'a vu. Malgré moi.

Ses yeux étaient fixés sur moi, toujours inquiets.

Un soir pas fait comme les autres, Hermione était malade. Tandis que je me pelotonnais dans le fauteuil le plus moelleux de la salle commune, il s'est approché de moi.

« Ginny. Ne mens pas. Ne me cache plus ce que tu es en train de me cacher. Dis moi. Qu'est-ce que tu as? Ou est passée ma joyeuse petite sœur? » Son ton étais las. Comme s'il abandonnait pour quelque chose.

Quatrième bièrraubeurre de la soirée. Rusard croit que je suis stupide. C'est tellement facile de les faire passer dans poudlard. Mais trop boire ce n'est pas bon.

Je me souviens de m'être sentie maussade, triste et révoltée. Je n'avais plus envie de me cacher à cet instant ou je noyais tout dans un canapé rapiécé au fond de la salle commune.

« Je t'aime Ron. »

Je me souviens l'avoir dit lestement, presque comme si je m'en moquais. Ce sentiment putride qui grandissait en moi.

« Moi aussi je t'aime Ginny. Tu es la seule sœur que j'ai et c'est pour ça que je m'inquiète tant. »

A ce moment là, je me suis dit que je laissais tomber. Il ne comprenait pas. Comment comprendre un sentiment aussi maladif?

Et je n'ai plus rien dit, pendant que son regard stupéfait et inquiet scrutait mon visage.