Ben oui, normalement j'aurai dû envoyer ce chapitre dimanche mais voilà ce week-end je serai à la convention Heaven In Hell ! Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! Mode hysteric on !
Grande bouffée d'oxygène ! Calmons-nous ! Comme je sais que parmi vous certains n'auront pas cette chance, je me suis dit que ce ne serait vraiment pas sympa de ma part de vous faire attendre jusqu'à la semaine prochaine donc le voici, le voilou, le chapitre suivant ! Alors j'aurais aimé qu'il soit « Ouh Maman, j'ai peur ! » et aussi un peu de « Passe-moi la bassine, j'vais vomir ! » ! Dites-moi si j'ai atteint mon objectif ! Ou pas ! lol !
Merci à tous ceux qui lisent cette fic, qui m'envoient des reviews, des messages persos ou qui mettent cette histoire en alerte. Je ne peux pas toujours vous répondre en direct mais merci beaucoup ! Bisous et bonne lecture !
Chapitre 2
Quelques heures plus tôt.
- Eh, Ray ! Viens voir !
L'interpellé se retourna en direction de la voix de son ami. Il venait lui aussi de remarquer une trace intéressante mais le ton employé par Franck le fit accourir vers lui.
- Qu'est-ce qu'il …
Il s'interrompit devant le spectacle qui s'offrait à ses yeux. Les lambeaux d'une toile de tente déchiquetée voletaient au gré du vent, accrochés ça et là à la végétation environnante. Au milieu de la minuscule trouée, s'étalaient les restes d'un feu de camp. Mais le plus inquiétant résidait dans ces lignes écarlates à même le sol. Elles étaient discontinues et accompagnaient deux sillons, certainement creusés par les pieds d'une personne qu'on aurait traînée. Il regretta presque qu'il fasse encore jour pour devoir assister à une telle horreur. Détournant le regard, il remarqua une marque sur l'écorce d'un arbre près de lui. Il s'en approcha et la caressa du bout des doigts pour en apprécier pleinement la profondeur et la forme.
- Un ours ? Demanda Franck d'une voix étranglée alors qu'il venait de se poster à côté de lui.
- Non, ce n'est définitivement pas un ours. Il ne ferait pas de telles entailles. Ce sont les mêmes traces que celle qu'on a vue ce matin. C'est vraiment bizarre. Il leva la tête tout en suivant l'énorme tronc du regard. Et surtout les ours ne montent pas aux arbres, ajouta-t-il en désignant une seconde empreinte près de trois mètres plus haut.
Les deux hommes se regardèrent, anxieux. Franck rompit de nouveau le silence :
- Tu crois que c'était le campement des jeunes qui ont disparu ?
- J'pense pas. Je ne me rappelle pas les avoir vu avec une tente. Ils ne devaient en avoir que pour la journée. Par contre, je me souviens bien que le jeune couple, qui est parti il y a deux ou trois jours, en avait une. Ils devaient randonner pendant une semaine. Personne n'a dû s'inquiéter de leur absence …
- Qu'est-ce qui a bien pu leur arriver ? S'inquiéta réellement son ami en faisant le parallèle avec son propre fils.
Ray n'était pas en mesure de lui répondre. Il s'aperçut que l'ombre du feuillage qui bougeait sur Franck, lui donnait un visage grave et sombre. Ce n'est qu'à cet instant qu'il comprit que le soleil avait considérablement baissé dans le ciel.
- Quelle heure est-il ? Demanda-t-il à haute voix alors qu'il regardait son poignet pour répondre à sa question. Merde, il est presque seize trente et on ne les a pas appelés. Il tendit la main vers son ami. Passe-moi le téléphone satellitaire !
- Je croyais que c'était toi qui l'avais !
- Quoi ?
Ils se mirent à fouiller frénétiquement dans leur sac mais ils durent se rendre à l'évidence : l'appareil était resté dans le 4x4.
- Merde ! Qu'est-ce qu'on fait ? S'inquiéta Franck.
- Il faut qu'on les rassure. On n'a pas d'autre choix que de retourner à la bagnole.
- Non ! On doit d'abord retrouver Jimmy !
- Franck, tenta-t-il pour le raisonner.
- Tu me l'as promis, Ray. Tu m'as promis qu'on ferait tout pour le retrouver, supplia son ami en le fixant droit dans les yeux.
- Je sais et on va le retrouver mais
- On a qu'à se séparer, suggéra Franck. Moi je suis les traces et toi …
- C'est hors de question ! On ne se sépare pas, s'énerva-t-il avant de lui expliquer plus calmement. On n'a aucune idée de ce qui peut bien se balader dans cette forêt. Tout seul, on devient une proie bien plus facile à choper qu'à deux. Devant l'état déplorable de son ami, il ne put que céder à sa requête. C'est d'accord ! On suit la piste tous les deux et on voit où elle nous mène.
Ils marchèrent pendant plus de deux heures. Les traces qu'ils suivaient étaient de plus en plus distinctes, ce qui ne plaisait pas plus que ça à Ray qui se sentait oppressé. Quelque chose clochait, il en avait la certitude. Ce n'est que lorsqu'il constata qu'ils étaient de retour dans une zone déjà visitée qu'il se décida à convaincre son ami.
- On est déjà passé là. Putain, on tourne en rond ! La nuit va bientôt tomber et l'obscurité est totale lorsqu'on est sous les arbres. Ecoute, c'est plus raisonnable de retourner au 4x4. Comme ça, on les rassure, on leur dit ce qu'on a trouvé et on leur demande du renfort. Plus nous serons nombreux et mieux ce sera. Franck, on ne peut rien faire de plus pour le moment.
Il observa la réaction de son ami qui le considéra un moment, totalement indécis avant de baisset la tête en signe d'accord tout en ajoutant :
- Ok ! On retourne au 4x4. On les appelle et on repart à la recherche de Jimmy. Il est forcément dans le coin. Je le sais. Je le sens !
Il se contenta de la condition de Franck et acquiesça de la tête. Lui non plus n'envisageait pas d'abandonner Jimmy. Il connaissait ce p'tit gars depuis si longtemps. Il n'osait même pas imaginer s'il devait lui arriver quelque chose. Ils reprirent le chemin du véhicule en silence.
Ray avait toujours cette sensation bizarre. Il avait l'impression d'être observé mais où qu'il regarde, il ne voyait rien. Il s'agissait sans doute de l'accumulation du stress et de la fatigue. Ils avaient marché des heures et la seule chose qui les faisait encore avancer était l'angoisse de savoir ce qui était vraiment arrivé à ce gamin. La trouvaille du camp dévasté ne les aidait pas à se sentir mieux. Le temps lui parut interminable jusqu'à la voiture. Et c'était pire de penser que, plus ils s'approchaient du 4x4, et plus ils s'éloignaient de la zone où ils étaient susceptibles de retrouver le p'tit. La nuit commençait à tomber et leur visibilité s'amoindrissait à mesure qu'ils avançaient.
Il ne leur restait que quelques centaines de mètres à faire lorsqu'ils entendirent un bruit effroyable qui se répercuta en écho sur tout le versant de la colline. Sans se dire un mot, ni partager un regard, ils se précipitèrent tous deux vers l'origine du vacarme. Lorsqu'ils arrivèrent à destination, ils s'aperçurent avec horreur qu'un arbre immense s'était écrasé sur leur véhicule, le réduisant à un tas de tôle inutilisable.
- C'est pas normal, chuchota-t-il plus pour lui-même qu'à l'attention de Franck.
Il s'avança prudemment et examina avec attention le lieu où le tronc avait été sectionné. C'était un peu comme si un individu à la force herculéenne l'avait cassé et arraché pour le balancer sur la voiture, songea-t-il, tout en réalisant que c'était tout bonnement impossible étant donné le calibre imposant de l'arbre. Mais il devait être honnête avec lui-même : Comment se faisait-il qu'un arbre, un seul, tombe exactement sur le 4x4 qu'ils étaient justement en train de rejoindre ? Il s'agissait bien d'un acte malveillant de quelqu'un … ou quelque chose, qui cherchait à les piéger. Il sentit un frisson lui parcourir l'échine jusqu'à la nuque. Il ne put contrôler les réactions de son corps qui se mit à trembler et à se liquéfier de l'intérieur sous l'effet de l'immense frayeur qui l'envahit soudainement. Il se tourna vers son ami pour lui crier de courir mais ses cordes vocales refusèrent de lui obéir.
Il vit Franck ouvrir de grands yeux bourrés d'incompréhension vers lui. Puis un bruit sur sa gauche le terrorisa tant, qu'il fut incapable de bouger. Son ami, en revanche, réagit aussitôt et braqua son fusil sur l'ombre qui évoluait rapidement près d'eux. Alors qu'elle se jetait sur lui, Franck tira mais ne l'atteignit pas. La créature disparut un instant en poussant un cri horrible, montrant clairement son mécontentement.
- Que .. qu'est-ce .. que c'était qu'ça ? Finit-il par bafouiller à l'attention de Franck qui paraissait tout aussi terrorisé que lui.
Sans attendre de réponse qui ne viendrait pas de toute façon, il essaya de reprendre ses esprits et de trouver une solution de repli.
- Faut pas rester ici ! Ordonna-t-il, en saisissant son propre fusil et en retrouvant l'usage de ses jambes.
Ils s'éloignèrent en courant mais la même sensation le reprit. Cette fois-ci, il la combattit pour être maître de ses agissements. Il stoppa net et attendit un signe de la présence du monstre.
- Montre-toi, saloperie ! Hurla-t-il, tout en faisant sursauter son ami qui avait continué d'avancer encore quelques mètres.
Franck s'arrêta à son tour et se retourna. Il braqua lui aussi son fusil tout en scrutant les alentours. Ils se rapprochèrent l'un de l'autre, toujours à l'affût. Au bout de quelques minutes d'un silence oppressant, ils recommencèrent à respirer normalement.
- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Lui demanda son ami.
Ray ne savait pas quoi lui répondre. Ils n'avaient plus aucun moyen de prévenir qui que ce soit, l'obscurité envahissait peu à peu l'immense forêt et ils étaient devenus les proies d'une créature qu'il ne connaissait même pas. Devant le regard insistant de Franck, il émit la seule hypothèse qui lui venait à l'esprit :
- Normalement, les animaux ont peur du feu et par là, indiqua-t-il d'un signe de tête, il y a une petite clairière où on devrait pouvoir faire un feu de camp.
- Et pour Jimmy ?
- Ecoute Franck, pour le moment il faut penser à sauver notre peau ! On ne sera d'aucune utilité à Jimmy si on est mort. Alors on voit déjà si le feu est un bon moyen de persuasion et après, on voit ce qu'on peut faire.
Son ami céda à contre cœur. Ils se rendirent donc dans la clairière tout en ramassant du bois sec pour le feu, le fusil armé et prêt à tirer. Une fois que les flammes se mirent à danser au dessus du brasier, les deux hommes s'observèrent. Chacun pouvait lire la crainte dans les yeux de l'autre. Au bout d'une heure, ils commencèrent à se détendre et s'essayèrent près du feu. Ils gardaient, malgré tout, leur arme à portée de main et restaient attentif au moindre bruit. Ce n'est qu'une vingtaine de minutes plus tard qu'ils perçurent ce qui ressemblait à un chuchotement. Ils tendirent l'oreille et cette fois-ci, Franck se leva, suivi aussitôt par son comparse.
- Papa, aide-moi ! Entendirent-ils dans un murmure beaucoup plus distinct à présent.
Sans prendre le temps de la réflexion, Franck se précipita vers la voix de son fils.
- Non ! Hurla Ray dont chaque fibre de son corps lui criait que c'était un piège.
Mais c'était peine perdue. Son ami était déjà hors de sa vue. Il se rua à sa poursuite pour lui prêter main forte mais alors qu'il le rattrapait, il le vit se soulever dans les airs, comme suspendu dans le vide. Et avant même qu'il ait eu le temps d'esquisser un geste, il assista impuissant à l'écartèlement de son ami. Il l'entendit hurler de douleur alors que son bassin se détachait comme un vulgaire bout de viande de son buste. Son sang gicla de part et d'autre de son corps et Ray sentit le liquide encore chaud ruisseler sur son côté gauche.
- Noooooooooooon ! Frannnnnck ! S'époumona-t-il devant l'horreur de la situation.
Il braqua son arme en direction de l'ombre sadique et tira à trois reprises. Ses tirs de précision atteignirent la chose mais elle continuait de bouger. Il se replia dans la clairière tout en actionnant la pompe pour réarmer son fusil. Toujours sous le choc de ce qu'il venait de voir, il garda en joug la lisière de la prairie qu'il avait réussi à regagner. Lorsqu'il entendit un craquement derrière lui, il se retourna aussitôt et tira. Ce n'est que quelques secondes plus tard qu'il réalisa qu'il venait de tirer sur deux humains et qu'il prit réellement conscience que Franck était mort.
Ray avait eu du mal à terminer son récit et Dean comprenait exactement dans quel état il pouvait se trouver actuellement. Voir son ami se faire déchiqueter en deux, s'inquiéter pour le sort d'une personne qu'on considère comme son fils, faire face à une créature qu'il n'avait jamais rencontrée ni même penser qu'elle pouvait exister, tous ces événements étaient incontestablement difficiles à supporter, même pour un homme avec une telle carrure. Et pourtant, il avait réussit à reprendre le dessus, à regagner un certain sang froid et à dégager des éléments pertinents qui leur seraient profitables à l'avenir.
Il avait peur c'était incontestable. Mais c'était également un excellent traqueur et, avec quelques informations supplémentaires, il leur serait très utile. Les frères Winchester lui avait donc fait un topo rapide sur les Wendigos et il les avait écoutés parfois anxieux, parfois concentré mais jamais perplexe. Après ce qu'il avait vu, il ne pouvait que les croire. Au-delà de tout ça, il réfléchissait également à un moyen de piéger et d'exterminer l'horrible chose qui avait fait ça à son ami. Par ce comportement, il avait réussi à impressionner l'aîné des Winchester.
Comme l'avait souligné le contremaître, Ray connaissait parfaitement la région et de ce fait, il était un atout indispensable à la réussite de leur mission. Avec son 4x4, il avait réussi à emprunter des sentiers qui ne figuraient même pas sur la carte. Il n'avait aucun doute quant à la direction à prendre, son sens de l'orientation étant parfaitement aiguisé malgré la visibilité inexistante due à l'obscurité d'une part, et au feuillage dense et aux broussailles de toutes sortes, d'autre part. En bref, ce mec était un GPS humain ! En plus, son œil avisé lui permettait de déceler les empreintes aussi vite, et peut-être même plus, qu'eux pourraient le faire. Quant à son arme, un fusil à pompe Maverick 88 à canon rayé, elle indiquait sans aucun doute que cet homme était un sacré tireur et qu'il s'y connaissait en bon matos. Alors puisqu'il avait mis tant d'ardeur à vouloir les aider, pourquoi l'en empêcher ? D'autant plus que Dean avait pu lire la détermination dans ses yeux. Il voulait retrouver Jimmy et personne ne pourrait lui barrer le chemin, pas même le wendigo. L'aîné des Winchester lança un œil rapide à son frère qui marchait près de lui. Si Sam avait été à la place de Jimmy, rien, non rien, n'aurait pu l'empêcher de le retrouver. C'était pour toutes ces raisons qu'ils progressaient tous les trois dans l'épaisse végétation, en se dirigeant vers une grotte à proximité, résidence secondaire probable du wendigo. A côté de lui, son cadet avait cessé de ruminer depuis qu'il avait pris le temps de lui expliquer sa décision. Bien qu'il n'ait pas été totalement convaincu du bien-fondé des arguments de son aîné, il avait compris qu'ils auraient plus de chances à eux trois, s'ils restaient soudés. C'était déjà pas mal.
Ah, Sammy ! Il ne lui en voulait pas d'être parti au quart de tour sans même songer aux consignes de sécurité. Il comprenait son irrépressible envie de sauver des gens. Il avait besoin de se prouver à lui-même que jamais il ne pourrait basculer du mauvais côté comme leur père l'avait si « judicieusement » suggéré. Et puis il y avait eu Jess, Madison et Ava. Son petit frère ne se pardonnerait jamais d'avoir été incapable de les aider, de les protéger. Alors non, il ne lui en voulait pas mais c'était juste que, parfois, il avait envie de le secouer pour lui faire comprendre que sa vie était tout aussi importante que celles des personnes pour lesquelles il mettait tant d'ardeur à les sauver.
Soudainement, tous ses sens se mirent en alerte. Une fraction de seconde plus tard, Ray, qui marchait juste à sa gauche, s'arrêta brusquement.
- Vous le sentez ? Chuchota-t-il.
Les deux Winchester acquiescèrent d'un signe de tête. En dehors de la sensation d'être épié et le fait qu'ils soient en danger, l'intuition de Dean lui souffla une autre impression qu'il n'aurait su définir. Il éprouvait une grande tension comme s'ils étaient encerclés, pris au piège.
- Elle est encore loin la grotte ? S'informa-t-il en murmurant auprès de leur nouvel allié.
- Non … un bon kilomètre tout au plus.
- Je crois qu'on est sur la bonne voie. Alors faite gaffe et tenez-vous prêts ! On n'est pas les bienvenus, souligna-t-il tout en fixant son petit frère pour l'inciter à faire un peu plus attention à lui.
Bien sûr, il n'obtint pas de réponse si ce n'est un haussement de sourcils de son cadet lui indiquant clairement qu'il avait compris et que ce n'était pas la peine d'insister. Tous trois poursuivirent leur progression tout en se préparant à une attaque imminente. Ils arrivèrent malgré tout à l'embouchure de la grotte sans encombres, ce qui ne présageait rien de bon. L'accès de la caverne était plutôt réduit et n'offrait pas de sorties de secours. Plus ils approchaient de l'antre et plus une odeur d'humidité et de pourriture envahissait leurs narines. Dean jeta un coup d'œil rapide à l'intérieur. Bien qu'il n'y ait aucune trace de danger immédiat, son instinct lui criait de rebrousser chemin.
- C'est un putain de piège à rats, ne put-il s'empêcher d'exprimer en chuchotant. J'ai l'impression d'être un livreur de pizzas sauf que là, la bouffe c'est nous mais on a la bonté de lui apporter à domicile !
Il pénétra malgré tout dans la grotte, suivi de près par Sam et Ray. Ils avançaient prudemment, tellement concentrés qu'ils en oubliaient presque de respirer. Ils empruntèrent divers couloirs et boyaux tout en contrôlant les hauts le cœur dus aux relents cadavériques qui envahissaient progressivement l'espace autour d'eux. Au bout de quelques minutes, Ray s'arrêta, les incitant à faire de même. Puis il leur fit signe d'écouter. Ils tendirent l'oreille et décelèrent les gémissements de quelqu'un. Ils se dirigèrent prudemment dans cette direction.
A voir la danse des faisceaux lumineux sur l'ensemble des parois de la grotte, il était évident que les trois hommes sentaient la présence de leur ennemi près d'eux. Dean était même persuadé qu'il était un peu trop près. Seulement un machin de cette taille ne pouvait pas passer inaperçu et bien qu'il puisse bouger vraiment vite, la lumière des torches aurait dû l'éclairer à un moment ou à un autre. C'est alors qu'un frisson lui parcourut le corps. Il resserra sa prise sur l'arme qu'il avait fabriquée : une sorte de lance flammes à allumage spontané. Il prit une grande aspiration et orienta le faisceau lumineux au-dessus de leurs têtes. Ce fut sans réelle surprise mais avec une grande angoisse qu'il vit le wendigo accroché au plafond, telle une araignée silencieuse. Ses deux comparses eurent à peine le temps de relever la tête que la créature leur sauta dessus. Tout en s'esquivant, il trébucha et tomba sur le dos, son bras armé tendu vers la sale bestiole. Il appuya sur la détente et une flamme puissante jaillit comme un chalumeau. Le Wendigo hurla de douleur mais, loin d'être exterminé, il tenta de s'échapper en esquissant un mouvement rapide en arrière. Ce fut sans compter l'action de Sam qui lui barrait la retraite et l'alluma à son tour. Dean en profita pour se relever rapidement tout en maintenant la pression sur la gâchette. A eux deux, ils eurent raison de l'effroyable chose qui remuait en tous sens et hurlait à pleins poumons sous l'effet de la souffrance. Puis le crépitement des flammes s'intensifia et l'épiderme de la créature se marbra de couleurs flamboyantes avant de disparaître, révélant son ossature impressionnante.
Lorsque le wendigo cessa définitivement de bouger, l'aîné des Winchester vit Ray se précipiter vers le lieu où devait se trouver Jimmy et Sam qui le suivit à grandes enjambées. De son côté, il resta planté là. Il n'arrivait pas à se séparer de cette sale sensation. Il jeta un œil à l'amas informe qui se consumait sur le sol. Aucun doute possible, ils l'avaient bien eu. Alors pourquoi sentait-il que ce n'était pas fini ? Soudain des bribes de l'histoire de Ray refirent surface dans son esprit. Franck avait été écartelé, séparé en deux dans le sens de la longueur. Et même si cette bestiole était grande et forte, elle ne pouvait pas tirer sur les deux extrémités d'un homme de plus d'un mètre quatre-vingts ! L'envergure de ce qui lui servait de bras n'était pas suffisamment importante pour lui permettre un tel exploit. Et puis, il devait vraiment avoir la dalle pour prendre le risque d'aller jusqu'à Newhalem chercher sa bouffe. Même dans le cas où Jimmy aurait été l'appât d'un plan judicieusement orchestré pour attirer plus de monde et agrémenter son garde-manger ! Surtout que ce monstre était censé avoir déjà cinq personnes dans le bide. Ca ne pouvait dire qu'une seule chose : il n'était pas seul ! Merde, Sam ! Il se retourna vivement pour aller l'aider et voulut crier pour le prévenir mais le deuxième wendigo l'attendait patiemment, juste derrière lui. La chose horrible l'attrapa par le cou et le hurlement de détresse qu'il aurait dû émettre se transforma en un gargouillis lamentable. Elle le souleva du sol jusqu'à ce qu'il puisse croiser ses deux globes oculaires habités par une colère froide. Sa fureur était telle qu'il eut l'impression qu'elle traversait sa cornée et qu'elle se glissait insidieusement dans son cerveau pour mieux lui griller. Il plissa les yeux et tenta de trouver une solution rapide et efficace à son problème. Son « lance-flamme maison » était à terre et dans la mesure où ses pieds ne touchaient plus le sol, il voyait mal comment le récupérer. Il pensa alors à son colt, glissé dans la ceinture de son jean. Même s'il savait que ça ne tuerait pas cette sale bestiole, il avait l'espoir que ça ferait diversion et que Sam serait alerté par la déflagration. De sa main droite, il essaya de l'attraper. Malheureusement, le wendigo ne l'entendait pas de cette manière et il le balança durement contre la paroi de la grotte. Dean ressentit une violente douleur qui démarra du côté gauche et se propagea à la vitesse de l'éclair dans tout son corps. Son crâne fut le dernier à craquer sous la pression et tout devint noir.
