Je rappelle que cette histoire est notée M et que ce chapitre risque d'être particulièrement offensant! (comme ça, vous ne pouvez pas vous plaindre que je ne vous avais pas prévenu)
Alors, voilà le deuxième chapitre! Je n'en pouvais plus d'attendre de le publier...
Le niveau de langage va être plus élevé, étant donné que Furuichi est le narrateur, mais en fait ce chapitre risque d'être le plus horrible que vous aurez à lire dans cette fic. Pas horrible dans le sens mauvais, mais dans le sens choquant. Enfin, vous allez voir.
Sinon, j'aimerais bien avoir des critiques, si une personne me lit. Ça me motiverait beaucoup beaucoup! Vous pouvez tout me dire, y compris que vous trouvez ça mauvais (mais si c'est le cas, donnez-moi au moins une raison... je n'aime pas qu'on condamne sans explications). Évidemment, j'aimerais mieux avoir de bons commentaires. M'enfin...
Bonne lecture!
POV : Furuichi
- Boss, qu'est-ce qu'on fait avec lui?
- Il nous reste du temps avant qu'Oga arrive. Je ne savais pas que sa pute était aussi mignonne. Pourquoi ne pas en profiter?
J'ouvre lentement les yeux. Il fait trop noir pour voir quoi que ce soit. J'ai mal partout, je me sens nauséeux. Le béton est froid sous moi. Je ne suis pas attaché, ni bâillonné, mais je n'arrive pas à bouger ni à parler. J'essaie de me rappeler ce que je faisais. Si je me souviens bien, je marchais jusqu'à chez moi. Tatsumi n'était pas avec moi parce qu'il avait quelque chose à faire. C'est plutôt rare, généralement il m'accompagne pour tout le chemin.
Je marchais, et puis, soudain, plus rien. Et me voilà ici. J'ai le cerveau en compote, mais je réalise bien que j'ai été kidnappé. On m'a assommé puis trainé jusqu'ici. Pour la troisième fois depuis deux mois. Si seulement j'étais plus fort, rien de tout cela n'arriverait. Si je pouvais au moins me protéger...
- C'est le temps de s'amuser!
Je sens quelque chose de froid sur ma joue. Ça pince légèrement, puis la lame s'enfonce et me taillade la peau. Je voudrais hurler de douleur, mais je n'ai plus de voix. Le couteau se soulève et attaque mon autre joue. Je voudrais le pousser, riposter, mais je n'en suis pas capable. J'entends des rires autour. Ils sont plusieurs, au moins trois.
Soudain, quelque chose de chaud et humide parcourt mes blessures. Ça me fait mal, mais je n'y peux rien. Le couteau s'enfonce dans mon cou, puis la langue lèche le sang qui en coule. Je ne sais plus très bien ce qui se passe, mais j'ai mal. Pourquoi est-ce que je ne peux rien faire sans Tatsumi? Je lui cause toujours des tonnes de problèmes, il est obligé de me sauver à chaque fois. Je voudrais tellement pouvoir me défendre tout seul.
Je gémis sans le vouloir. Mon corps réagit malgré la douleur. C'est dégoutant. Je vois enfin son visage, son rictus.
- Je vois que tu y prends plaisir. Tu es vraiment une pute. Est-ce qu'Oga est le seul à t'enculer, ou tu laisses les mecs te sauter pour sauver ta peau?
D'autres rires fusent. J'entends une autre voix supplier le patron :
- Boss, laissez-moi le baiser aussi!
- Après, tu pourras faire ce que tu veux. Pour l'instant, il est à moi.
Non, non, non, il ne va pas faire ce que je pense...! J'ouvre la bouche, j'essaie de me débattre, mais rien à faire. Aucun son ne sort, mes muscles ne réagissent pas. Je suis pris.
Il commence à me taillader la poitrine. Je sens des larmes se mêler au sang sur mes joues. Il sourit toujours, il prend son pied pendant que je souffre. Et je ne peux encore rien faire. Je voudrais tant me débattre, mais la drogue m'en empêche. Si seulement j'avais été assez fort pour éviter de me faire kidnapper, je n'en serais pas là. Pourquoi ne puis-je rien faire sans Tatsumi? Il me protège sans se plaindre. Je dépends de lui pour ma sécurité, mais je ne le mérite pas. Pas avec ce que j'éprouve pour lui, tout au moins.
À l'aide de son couteau, il défait ma braguette. Ça y est, c'est le moment fatidique. Je ferme les yeux. Ça ne sert plus à rien d'essayer de me débattre. J'aurais voulu que Tatsumi soit mon premier, mais j'imagine que ça ne se fera jamais. Si je lui avais avoué mes sentiments plus tôt, peut-être que je n'en serais pas là aujourd'hui?
- Ah, tu es obéissant. Je savais bien que tu y étais habitué. Alors, sans plus tarder...
La douleur me fait rouvrir les yeux. Je voudrais hurler, mais je serre les dents ; un gout de sang envahit ma bouche. C'est dégoutant, dégoutant, et lui qui sourit toujours, à pleine dent, comme pour me narguer. Il sourit et coupe encore ma peau partout, partout où il y a de la peau à taillader. Il coupe, lèche le sang, coupe encore. Son mouvement de va-et-vient est rapide et chaque fois qu'il plonge en moi, je crois mourir. Je voudrais mourir.
Il bouge encore plus rapidement, puis, avec un grognement, éjacule en moi. Je me sens dégueulasse, j'ai envie de vomir. Il se retire, passe sa langue sur ses lèvres et dit, avec son rictus caractéristique :
- C'était décent, pour une pute.
- Boss, boss, est-ce que je peux?
- Vas-y, il est tout à toi.
- Merci, Boss.
Lui et son sourire s'éloignent, mais un autre gars s'approche de moi. Ça n'est pas fini. Il s'agenouille devant moi, je vois clairement le désir dans le regard qu'il me lance. Je ferme les yeux; plus rien n'a d'importance. Il me retourne sur le ventre, empoigne mes hanches fermement et s'enfonce en moi sans prévenir. Je hurle dans le vide, sans produire un seul son. Je suis totalement à sa merci. Je pleure de frustration et de douleur.
Il jouit rapidement en moi et me laisse retomber au sol. Je veux que tout ça s'arrête, que ça se termine, mais je sens encore d'autres mains sur moi, je ne sais plus qui me touche, je voudrais qu'ils me laissent tranquille, me touchez pas, me touchez pas, ME TOUCHEZ PAS!
- Takayuki, c'est moi, Tatsumi. Tout va bien, je vais pas te faire de mal.
- T-Ta... tsu... mi?
C'est vraiment lui? Je reconnais son sourire, son sourire qui n'a absolument rien de cruel, ses yeux qui sont remplis de tendresse et non pas de désir. Tatsumi, Tatsumi, tu es venu me sauver? Je n'en peux plus, Tatsumi! Tue-moi, je veux mourir, je veux mourir, lâchez-moi, lâchez-moi...
J'ouvre les yeux. Il fait clair. Le plafond est blanc comme neige. Je regarde autour de moi ; je suis dans un lit, dans un hôpital. Était-ce seulement un rêve? C'est ce que je voudrais penser, mais la douleur m'indique que ce n'est pas le cas. Je relève la tête et aperçois Tatsumi. Il est assis sur une chaise proche de mon lit. Il s'est endormi à moitié affalé sur le matelas, tout en ronflant et en bavant. Je reconnais bien là ses mauvaises habitudes de sommeil. Je souris malgré moi : il fait bon le revoir.
Je repose ma tête sur l'oreiller et tente de me rendormir, mais des visions de mon cauchemar me reviennent. Je réalise enfin ce qui s'est passé : je me suis fait violer. Par plusieurs hommes, dans un hangar sale. Et c'était ma première fois.
Je me sens sale, tellement sale. Je voudrais me laver, enlever toutes les traces de viol sur moi, toutes les coupures que son couteau m'a infligées, toute la salive qu'il a étendue sur moi, tout le sang qui a coulé, le sperme étranger au plus profond de moi. Je voudrais effacer son sourire cruel, ses yeux remplis de désir et de haine, les rires qui fusaient autour de moi. Je voudrais pouvoir nettoyer tous les endroits de mon corps qu'ils ont touché avec leurs mains sales.
Mais plus que tout, je voudrais pouvoir effacer cette vision de moi que Tatsumi a eue. Je voudrais tant qu'il n'en sache rien. J'aurais voulu mourir là, plutôt qu'il me voit dans cette situation honteuse. Maintenant il sait combien je suis sale, sali pour toujours. J'aurais dû lui avouer mon amour avant que cela n'arrive. Il est trop tard maintenant. Il ne pourra jamais aimer quelqu'un d'aussi souillé que moi. Sans compter que je ne pourrais rien lui offrir. Je ne crois pas que je pourrai jamais envisager avoir du sexe avec quelqu'un d'autre. L'idée me donne la nausée, même s'il s'agit de Tatsumi. Même le contact de celui que j'aime le plus au monde me répugnerait.
J'essuie les larmes qui menacent de couler et m'assois dans le lit. J'observe mon meilleur ami avec un vague sourire. Il a toujours été là pour moi. Il me protégeait des autres enfants quand nous étions au primaire. J'étais victime d'intimidation à cause de ma peau pâle et de ma couleur de cheveux, mais lui m'a toujours défendu sans jamais rien demander en retour. Ensuite, au collège puis au lycée, il n'a pas arrêté de me protéger de tous ceux qui me voulaient du mal. Vraiment, il a toujours été mon prince charmant, du plus loin que je me rappelle. Je l'ai toujours aimé.
Mais sottement, j'avais peur de sa réaction. Peut-être me laisserait-il s'il savait ce que je ressentais pour lui? Je n'aurais pas supporté d'être séparé de lui, aussi ai-je décidé de taire mes sentiments et de rester son meilleur ami pour toujours. Ainsi, je pourrais continuer à le voir chaque jour. Maintenant, je songe amèrement que j'aurais dû lui dire, au risque de le perdre, parce qu'il est trop tard.
Il bouge légèrement. Il se frotte les yeux, bâille, puis me voit enfin. Il se redresse et me montre son plus beau sourire. Je crois fondre. Je sens mes joues brulées de gêne et je détourne les yeux.
Il me demande :
- Ça va, Takayuki?
Son ton de voix est doux et réconfortant. J'ai toujours aimé sa voix profonde, mais en ce moment, je ne peux pas supporter l'inquiétude que je sens en elle. Je voudrais lui répondre, mais j'ai une boule dans la gorge. Je regarde mes mains, joue avec, pour éviter son regard.
- Est-ce que tu as mal?
Oui, j'ai mal, mais physiquement, ça va quand même bien. Je veux lui répondre, je ne veux pas qu'il s'inquiète pour moi, mais je n'en suis pas capable. Ma vision s'embut.
- Takayuki, réponds-moi, s'il te plait.
Les larmes coulent sur mes joues, je ferme les yeux et enfouis mon visage dans mes mains. Je n'en peux plus de sa gentillesse, alors que je suis sale, souillé. J'entends Tatsumi se lever, puis je le sens s'assoir près de moi, sur le lit. Sans un mot, il me prend doucement dans ses bras. Je pleure de plus belle. Il frotte mon dos de ses mains, me murmure que tout va bien, que tout est beau, et je veux le croire, mais je sais bien que ce n'est pas le cas. J'écoute son battement de cœur régulier : ça me réconforte un peu.
Je me laisse aller à pleurer dans son étreinte tout en souhaitant que tout ça ne soit jamais arrivé.
