Aurora Jackson s'était, d'aussi loin qu'elle se souvienne, toujours intéressée à la loi. Enfant déjà, elle s'abreuvait de série policières et de textes de loi qui n'était pas du tout pour son âge.

Cette histoire commença durant cette enfance insouciante - aux trois ans de la petite fille -, alors que Aurora regardait un énième film policier et tentait de comprendre l'intrigue et les mots si compliqués qu'utilisaient les détectives.
Qu'est-ce que voulait bien dire '' fibre optique '' et '' médecin légiste ''.
Elle entendit la porte s'ouvrir et enfuit vite sa tête rousse sous son oreiller, s'empêchant difficilement de pouffer.

- Tu dors, ma chérie ? demanda-t-il doucement.

Elle ne répondit pas, attendant de voir s'il devinerait qu'elle n'était pas en train de dormir. Son jeu d'acteur devait être bon pour son âge car il s'éloigna à pas de loup vers la cuisine.
Non.
Pas vers la cuisine, mais vers l'entrée, d'où il venait.

- Entre, Aurora n'est pas réveillée.

Elle perçu des bruits de pas montant à l'étage, suivit d'autres plus sonores. Aurora sauta hors du canapé, curieuse, et monta discrètement. Elle colla son oreille à la porte, se croyant presque dans un film d'espionnage et écouta attentivement.

- C'est fou, Harry. Complètement fou, dit une voix inconnue et étouffé. Je ne peux pas croire que j'ai fait ça.

Aurora entrouvrit doucement la porte et jeta un coup d'œil. Elle vit deux hommes, l'un étant Harry Jackson, son père, et l'autre quelqu'un qu'elle ne connaissait. Ce dernier tenait serré contre son cœur un petit bébé aux cheveux noirs, recroquevillée.

« C'est qui ce bébé ? Pourquoi qu'elle pleure pas ? »

Son papa posa la main sur l'épaule de Jack, qui berçait amoureusement le petit bébé.

- Tu as fait le bon choix, Jack. Cette Ruth O'Connor, ou je ne sais qui, connaissait les enjeux de cette transmutation. Elle savait ce qu'il arriverait si elle acceptait. Elle voulait la sauver et c'est ce qu'elle a fait.

- Tu as sûrement raison, Harry...

Il parut ragaillardit et observa attentivement le petit visage du petit bébé. Aurora sourit, absolument ravie de l'effet que donnait son père au monsieur.

- Alors, Jack. Comment compte-tu appeler cette petite ? s'enquit Harry.

Il réfléchit longuement, sans quitter des yeux sa toute première et nouvelle fille.

- Ma mère s'appellait Eve et ma tante Angel. Je pourrais l'appeler Evangelynn, non ? C'est joli.

De sa cachette, Aurora vit une drôle de lueur dans les yeux de son père, quelque chose qu'on voyait dans les prunelles des criminels et qui lui fit peur un instant.

- Oui, très joli.