Titre : Les humeurs de Yûki Eiri.

Auteur : Hini.

Fandom : Gravitation.

Disclaimer : Gravitation n'est guère à moi. Gloire à Murakami Maki !

Résumé : Privé de toutes substances rendant ses jours meilleurs, le caractère déjà bien acerbe de Yûki ne s'arrange pas dans le bon sens, et son nouveau slogan est : je suis beau, je suis riche, et je n'ai jamais tort. Compris ! Shûichi n'a qu'à bien se tenir...

Genre : humour, romance, shonen-ai, OS.

Pairing : Yû/Shû.

Rating : T

Note : Cette gamme est faite avec plus ou moins de sérieux. Elle est surtout ici pour m'alléger l'esprit.

Second OS : Soirée mondaine orgasmique ou la palme de la superficialité.

Bonne lecture !


Les humeurs de Yuki Eiri.

...

.

Chapitre II : Soirée mondaine orgasmique

ou

La palme de la superficialité.

Du bruit à n'en plus finir, des gens hypocrites au-delà du possible et un dégoulinement de superficialité dont il se serait bien passé et à vous en donner la nausée en voyant une majorité des femmes présentes, si pas toutes, arborer leur plus belle robe et leurs plus belles parures de bijoux, se dandinant telles des pintades désarticulées sur des talons ridiculement trop hauts.

Voilà ce dont Yûki était entouré depuis maintenant plus d'une heure, et si jusqu'à présent il gardait un semblant de calme en restant assis à cette table dans une pose qui se voulait décontractée : une jambe par-dessus l'autre et un bras sur le dossier de la chaise vide à ses côtés, la main posée sur la table et pianotant frénétiquement une mélodie, encore inconnue jusqu'ici, était assez pour montrer son état d'agacement avancé à ceux qui le connaissaient un tant soi peu pour décrypter ses humeurs, comme le jeune homme face à lui.

Chez ce dernier justement, ce n'est pas l'agacement qui transparaissait, mais un profond ennui. La petite moue boudeuse était là pour l'en persuader.

Si au début Shûichi s'était montré heureux de se rendre à cette soirée organisée par N.G Production, il avait très vite déchanté en ne voyant aucun de ses amis.

Hiro, Ryuuichi, Noriko et même le jeune Suguru que le chanteur commençait à apprécier certains jours. Personne. Ils avaient tous trouvé une excuse pour ne pas venir. Même le fou de la gâchette n'était pas dans les parages.

Pour une fois qu'ils font quelque chose d'intelligent ceux-là.

Faire du chantage à autrui était mal... Pas pour le claviériste de génie qu'était Tohma. Ce manipulateur n'avait rien trouvé de mieux que de le menacer, gentiment, bien évidement, de lui envoyer Mika pour les trois derniers mois de sa grossesse s'il ne venait pas.

Il avait donc dit oui, de peur de voir sa très chère sœur débarquer pour s'installer dans son appartement. Il devait déjà supporter les sauts d'humeur constants de Shûichi -voir son appartement à la limite de l'inondation à cause des larmes et ses murs se fissurer à cause de la boule de nerfs qu'était l'énergumène aux cheveux roses étaient déjà une épreuve en soi-, mais si en plus il devait gérer Mika.

Non ! Définitivement, non ! Puis quoi encore... On l'avait déjà privé de ses clopes et de tout le reste, alors hein, fallait pas abuser non plus.

Il y a des limites à ce que je peux supporter tout de même ! À croire qu'on veut ma mort...

Le vocaliste avait essayé d'engager la conversation, mais au bout de cinq minutes, il avait craqué. Le jeune homme racontait tout et n'importe dans le seul but de se distraire, il l'avait donc rembarré avec son légendaire cynisme et des mots dont le tranchant était comparable aux plus fines lames de katanas.

Il soupira las. Ce qu'il faisait chaud, c'était incroyable et apparemment il n'était pas le seul à souffrir de l'air ambiant. Shûichi venait de déboutonner un bouton supplémentaire de sa chemise noisette, s'éventant vainement de sa main.

Qu'est-ce qu'il essayait de faire cet idiot ? Un strip-tease. Comme si les trois premiers boutons n'étaient pas suffisants.

« - Yûki, j'ai chaud et je m'ennuie ! pleurnicha le jeune homme, affalé dans son siège, les bras ballants.

- Et qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ? Supporte en silence comme les autres ou trouve-toi une distraction. »

Le jeune homme ouvrit la bouche mais le romancier le devança.

« - Autre que m'emmerder », grogna-t-il. « Ça ne m'enchante pas d'être ici et de jouer les sociables avec des gens que je connais pas et dont la vie ne m'intéresse absolument pas, mais si en plus je dois supporter ton babillage incessant, ce n'est pas la peine. Alors soit tu te tais ou tu dégages à une autre table. C'est clair ou il faut que je me répète pour que le si peu de neurones qui te restent enregistre le message ? »

Le leader et chanteur des Bad Luck se tassa dans sa chaise sous le regard meurtrier de l'écrivain. Privé de cigarettes et d'alcool, le blond était mille fois plus effrayant qu'à l'ordinaire. Un véritable bulldog enragé, prêt à mordre à la première occasion.

Telle une poupée robotisée, il hocha plusieurs fois la tête en signe de compréhension.

Si Yûki devait passer ses nerfs sur quelqu'un, il préférait éviter d'être dans les parages, mais s'il quittait cette table... Qu'allait-il faire ? Où se rendrait-il ? et surtout pour parler à qui ? Il se mordit l'intérieur de la joue. Comme l'avait dit son amant, il allait devoir prendre son mal en patience ou trouver une distraction sans pour autant l'embêter.

Mais quoi ? Là était toute la question.

Il tourna la tête à droite et à gauche, recherchant ce qui pourrait égayer son humeur et peut-être celle de son amoureux. Il devait bien avouer que les soirées de ce genre n'étaient pas son truc non plus. Les personnes présentes étaient trop fades à son goût. Personne ne brillait assez pour éveiller son intérêt. Il comprenait maintenant pourquoi son idole ne faisait pas acte de présence ce soir.

C'était d'un ennui... à en tomber à la renverse.

Il entendit soudainement quelques gloussements dans son dos et sentant un potentiel danger approcher, il se leva rapidement, préférant s'éclipser à l'autre bout de la salle. Il vit son amant se raidir à son tour, en voyant ce qu'il n'osait regarder : un troupeau d'autruches en approche.

« - Où comptes-tu aller, grommela sourdement le blond, ses sourcils se fronçant. Si tu me laisses seul avec ces stupides femmes, je te le ferai regretter par la suite.

- Mais...

- Assieds-toi, Shûichi ! » ordonna-t-il en les voyant s'approcher.

Mais qu'est-ce que j'ai fais pour mériter cet acharnement sur ma personne, maugréa intérieurement le romancier.

Il se redressa sur son siège, à l'instar de Shûichi, droit comme un piquet, priant toutes les divinités qu'il connaissait -un certain nombre soi-disant passant- de passer inaperçu aux yeux de ses hyènes.

Les chaises raclèrent sur le sol et le nuage sombre au-dessus de la jolie tête blonde de Yûki s'accentua. Shûichi déglutit nerveusement sous la force de l'électricité planant dans l'air.

Et dire qu'il ne pouvait pas s'échapper de cet enfer... L'horreur !

« - Yûki-san », minauda une des nombreuses trentenaires du groupe, celle assise à son côté gauche, battant outrageusement des cils au bel apollon blond.

Le chanteur serra les dents. Fallait croire qu'il était invisible...

« - Je suis ravie de vous voir à cette petite soirée, je suis Kuragi-san, sourit-elle en collant son énorme poitrine au bras de l'homme de ses rêves. Ça fait toujours plaisir de voir un aussi bel homme que vous. »

Un des sourcils de Shûichi se contracta.

Sale dindon ! C'est mon homme ! vociféra intérieurement le chanteur, s'imaginant planter une fourchette dans les seins siliconés de cette bimbo brune pour les faire dégonfler.

Elle se frottait contre son bras, bougeant son opulente poitrine sous son regard, alors que les autres souriaient comme des demeurées, mouillant leur petite culotte comme de vulgaires nymphos en manque.

Yûki était à lui ! Lui seul !

Comment détourner l'attention d'une femme qui n'avait rien de naturel...

« - Beaux bijoux que vous avez là, Kuragi-san, » sourit Shûichi en portant sa flûte de champagne à ses lèvres.

Toutes tournèrent la tête vers lui, remarquant enfin sa présence.

« - N'est-ce pas, s'amusa-t-elle en tournant une mèche brune autour de son index. Je dois dire que je suis plutôt riche. »

On se demande grâce à qui...

Toutes pouffèrent.

« - J'adore votre pendentif ! couina la rousse en bout de table.

- Moi aussi, » répondit fièrement la brune en jouant avec le gros cœur en diamant niché entre ses seins.

Le chanteur reposa son verre, et capturant le regard de l'écrivain, traça lentement les courbes du verre, un petit sourire mutin aux lèvres qu'il perdit aussitôt quand la jeune femme brune posa une main sur l'avant-bras du blond.

La voilà qui revenait à la charge.

« - Avez-vous vu ma belle bague ? » s'extasia-t-elle en agitant sa main gauche devant les yeux des autres occupantes de la table.

Les nombreuses femmes piaillèrent avec extase devant le bijou scintillant : un ambre qui recouvrait quasiment la totalité de son auriculaire.

« - N'est-elle pas splendide, » soupira Kuragi-san en caressant lentement le bras de Yûki.

Shûichi était à deux doigts de l'étrangler, mais se ravisa et avança lentement la main vers la pierre précieuse. Il se sentait étrangement attiré. Peut-être parce qu'elle lui rappelait les yeux de son amant.

Au moment où la milliardaire comprit ses intentions, elle ramena rapidement sa main contre elle.

Ne fallait surtout pas que des mains ne lui ternissent l'éclat de son somptueux joyau.

« - Absolument magnifique ! s'extasièrent les autres femmes.

- Je sais, je sais, ne soyez pas jalouses très chères, » s'amusa-t-elle en agitant sa main devant son visage.

Shûichi soupira intérieurement. Mais que faisait-il ici ? Il n'était absolument pas à sa place parmi tant de futilité.

Leurs vêtements, leurs bijoux, leurs paroles, leurs comportements... c'était trop. Elles en faisaient beaucoup trop, surtout cette Kuragi. Où était passé le naturel, la simplicité ? Se comportait-on vraiment ainsi quand on était riche à ne plus savoir quoi en faire ?

« - C'est la bague que Seijiro m'a offerte à Singapour l'an dernier. »

Un 'oh' collectif fit écho à ses dires.

« - Et ma montre, vous l'avez certainement remarquée, » lança-t-elle.

Elle tendit son bras devant l'assemblée, montrant fièrement son poignet garni.

« - Oh oui ! Ravissante ! ronronna une fausse blonde un peu trop maquillé.

- Sublime, n'est-ce pas ? C'était à Rome. Il y a environ... huit mois si mes souvenirs sont correctes. »

Une salve de 'Ah' s'en suivit.

« - Et mon bracelet ! rit-elle en tendant l'autre bras. Il me l'a offert aux Maldives, il y a de cela six mois.

- Vous avez énormément voyagé, Kuragi-san, » sourit Shûichi, essayant tant bien que mal de s'intéresser au sujet de la table : les nombreux bijoux d'une femme grâce à la fortune de son pauvre mari septuagénaire.

Sous la table, il venait de retirer une de ses chaussures, frottant lentement ses orteils contre le sexe de Yûki.

« - N'est-ce pas très cher, sourit-elle, prenant des grands airs de diva. Tout ça aux frais de mon vieux mari. »

Toutes les femmes présentes rirent de bon cœur.

Ah ça, il l'avait bien compris. Le chanteur soupira. Pauvre homme... Sa jeune épouse profitait du luxe et de la renommée qu'il lui offrait, se moquant ouvertement de lui devant ses comparses. Honteux.

« - Comment trouvez-vous ma robe ? A couper le souffle, hein. »

Comment pouvait-on de façon journalière supporter une telle femme ? Il y avait de quoi s'arracher les cheveux.

Elle commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs avec ses grands airs. De plus, elle se collait à son amant telle une moule à son rocher. Il était à deux doigts de mordre.

Il repoussa lentement sa chaise et se releva, ses lèvres ne se séparant pas de son sourire, alors que son amant le fusillait du regard, pas très heureux qu'il se soit soudainement arrêté dans son petit massage.

Les gens ne le prenaient jamais au sérieux, et pour cause, il trouvait beaucoup plus distrayant de jouer les idiots, bien que des fois il ne le fasse pas toujours exprès. Il préférait quand on ne le prenait pas sérieusement. Il ne voulait surtout pas briser leur idée toute faite sur son idiotie. C'est qu'il en avait dans le ciboulot, pas des tonnes, certes, mais suffisamment pour ne pas être con et pouvoir se faire une idée sur certaines personnes. Et là...

« - Désolé, mesdames, fit-il en s'inclinant poliment vers elles, je vais devoir vous laisser. Vos bijoux, votre apparence, c'est tellement superficiel que j'en ai mal à la tête, et ne parlons pas de votre hypocrisie. J'ai besoin de changer d'air. »

Sans demander son reste, il s'éloigna.

Plusieurs chuchotèrent entre elles, outrées qu'on se permette de leur parler ainsi, surtout un jeune garçon qui ne connaissait manifestement rien à la vie. Yûki, quant à lui, était fier que Shûichi les remette à leur place. Il aurait aimé le faire, mais la menace de Tohma planait au-dessus de sa tête telle une épée de Damoclès, le gardant de faire un quelconque commentaire. Il se devait de rester calme... surtout avec le pied de Shûichi glissant sournoisement sur son entrejambe vêtu.

Shûichi revint rapidement et sans rien demander à qui ce soit, se baissa sous la table avant de se relever.

« - Ne vous dérangez pas pour moi, j'avais juste oublié ma chaussure, » sourit-il en l'agitant, avant de s'éclipser de nouveau.

Un claquement de langue venant de Kuragi-san retentit, avant qu'elle ne reprenne la parole.

« - Yûki-san, pourquoi vivez-vous donc avec cet enfant prétentieux ? Que vous apporte-t-il de bien ? Il fait votre ménage, les repas ? Vous auriez tellement plus à gagner avec l'une d'entre nous. Si vous voyiez ce dont je parle. »

Ses yeux ambre s'étrécirent dangereusement.

Prétentieux, Shûichi, non mais elle s'était pas regardée avec sa poitrine ridiculement trop grosse, son visage recouvert d'au moins six couches de fond de teint. Personne n'avait le droit de se permettre de dénigrer son jeune amant, à part lui, ça va de soi. Pour qui se prenait-elle cette stupide bimbo !

« - Ce qu'il m'apporte, sourit-il charmeur, et bien... Figurez-vous qu'avant de venir ici, nous avons fait l'amour pendant presque deux heures, je vous laisse imaginer le nombre d'orgasmes que ça peut faire. »

Il se releva à son tour, s'arrachant de la prise de la brune. Elles le regardèrent toutes, surprises, tantôt blanches, tantôt rouges, leurs bouches entrouvertes.

« - D'ailleurs, je viens de voir mon amant se rendre aux toilettes privées et une érection à calmer... Vous savez la libido d'un homme ça n'attend pas, quoique avec vos maris vous devez avoir du mal à comprendre où je veuille en venir. De plus, Shûichi n'est pas particulièrement patient, et moi non plus. »

Il s'éloigna, un rictus amusé aux lèvres, s'amusant de leur visage horrifié en faisant soudainement le rapprochement entre la chaussure et l'érection, attrapant au passage deux flûtes de champagne sur le plateau du serveur passant à ses côtés.

Le jeune homme était peut-être un piètre cuisinier, un homme de ménage peu compétant en comptant le nombre de babioles qu'il avait dû jeter, mais quand il s'agissait de faire l'amour... Le chanteur était tout simplement parfait.

Peu importe les dires de Tohma et ses futures représailles.

Les pimbêches méritaient qu'on les remette à leur place.


Merci pour la lecture. Une review ?

Toujours le même sondage sur la page de mon profil : 'Quel genre d'histoires aimez-vous lire sur le site ?'

Pour le moment le YAOI est en tête, on se demande bien pourquoi... XD